Médiateurs et médiatrices globalisé.e.s : enjeux économiques, politiques, identitaires
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Ce dossier s’attache aux circulations et transactions d’acteurs de changements sociaux au cœur des enjeux contemporains de la globalisation. Évoluant entre les marges et les centres, ces personnalités d’influence gravitent dans une pluralité de champs sociaux où elles se font l’écho d’injonctions morales ou normatives plus ou moins impératives, générant des tensions politiques et idéologiques parfois vives. Influenceurs sur Internet, icônes de la mode ou de la chanson, porte-paroles des luttes sociales, personnages religieux, artistiques, politiques ou encore scientifiques de renom : dotés de certaines formes de charisme ou d’autorité, ils bousculent les schémas établis, imposent de nouveaux langages, tissent des liens entre des acteurs économiques et moraux divers, et participent à des processus de co-construction d’identités collectives, sociales, culturelles, professionnelles ou cognitives. Certains scientifiques se muent en passeurs promouvant leurs manières de faire de la recherche au sein de la communauté internationale ; dans le domaine religieux, des figures marquantes émergent, prédicateurs vedettes ou chefs spirituels, pour qui la ressource de pouvoir se réfère prioritairement à la foi comme étalon de légitimité. Par ailleurs, le champ artistique (musique, cinéma, théâtre, littérature, etc.) regorge de figures dont les influences, en contexte globalisé, induisent des crispations normatives, tout en motivant des dynamiques transformationnelles. Ces acteurs, nouveaux médiateurs et médiatrices dans un monde globalisé, sont en mesure, lorsque les conditions sont réunies, d’investir de nouvelles fonctions protestataires et tribuniciennes.
À la différence des luttes sociales organisant sous forme horizontale leurs revendications et leurs conflits, ces nouvelles figures médiatrices s’articulent autour du racisme, du féminisme, de l’écologie, du capitalisme, etc., de manière individuelle. À simple titre d’exemple, nous pensons à des figures militantes comme Assa Traoré, Adèle Haenel, Amanda Mitrovitch, Malala Yousafzai, Éric Zemmour, Dieudonné M’bala M’bala, Tariq Ramadan, Pierre Rabhi, José Adolfo, Park Jae-Sang, etc. Ces médiateurs et médiatrices qui génèrent souvent des phénomènes d’adhésions collectives contribuant à transformer les rapports de pouvoir, peuvent être inconnus du grand public, en dehors de leur champ de prédilection, mais aussi être dénués d’une véritable assise sociale ou même rejeter leurs fonctions de leadership, leur notoriété étant alors construite artificiellement par certains médias. Internet est l’un des espaces clés d’émergence et de construction de ces figures et du déploiement des débats les concernant, dans le contexte de la reconfiguration des relations spatiales par le numérique, permettant un agir commun.
Au niveau méthodologique, nous accordons une importance aux articles qui rendent compte d’une démarche réflexive et reposent sur des matériaux de terrain. Sur ces bases, nous proposons trois angles d’analyse :
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Questionner les trajectoires, raisons d’agir et subjectivités des acteurs pour identifier les chemins qui mènent à leur engagement, et saisir la manière dont les ruptures biographiques et les compétences qu’ils ont acquises façonnent leurs pratiques, leurs représentations et leurs discours. En centrant l’analyse autour de ces individus, nous nous proposons de nous interroger sur l’esprit entrepreneurial qu’ils développent dans leurs stratégies de négociation, pour participer aux sphères du pouvoir et provoquer le changement social. En tirant un certain profit des circulations du capital à des fins individuelles et/ou collectives, comment contribuent-ils à déconstruire, consolider, contester ou à détourner certaines normes globalisées, à travers des dynamiques sociales plurielles et contradictoires ?
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Questionner les changements sociaux que donnent à penser ces figures d’influence : quelle part jouent la performance et la mise en scène dans les modes de réception du politique que portent ces individus ? Dans quelle mesure donnent-ils accès à une réappropriation sensible et incarnée du politique ? Comment cette personnification concoure-t-elle à réduire ces changements sociaux à des phénomènes identitaires, au risque d’occulter les enjeux de domination politique ? Et comment ces figures d’influence génèrent-elles des espoirs qui s’imposent à travers certains consensus moraux ou à travers des passions empêchant le débat critique sur les dynamiques sociales dont elles se font les représentantes ? A contrario, dans quels cas contribuent‐elles à rendre visible l’intolérable ?
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Questionner les allégeances partisanes et les rapports aux institutions politiques. Il s’agit de mettre au jour les liens de ces nouveaux médiateurs et médiatrices avec l’univers politique et la nature de leurs engagements dans des actions concrètes capables de peser sur lui. Cela nécessitera d’éclairer les relations entre les différents réseaux en compétition et les liens de loyauté à l’œuvre. Cet axe intègre l’analyse des formes de lobbying voire de diplomatie qui se jouent aux plans local, national et transnational ainsi que le capital symbolique dont disposent ces médiateurs grâce à leur insertion dans un vaste réseau interconnecté.
Modalités de soumission
Les propositions d’articles comprendront un titre, un résumé entre 2 500 et 4 000 signes, et 5 mots-clefs.
Elles mentionneront les noms et prénoms des auteurs, leur statut et organisme de rattachement, ainsi que leur adresse électronique.
Elles seront adressées aux deux coordinatrices du dossier et à la revue
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Fatiha Kaoues : fatiha.kaoues@cnrs.fr
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Kassia Aleksic : kassiaaleksic@gmail.com
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Journal des anthropologues : afa@msh-paris.fr
Calendrier
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Date limite d’envoi des propositions d’article : 30 novembre 2020
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Réponse aux propositions d’article : 31 décembre 2020
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Rendu des articles : février 2021
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Rendu des articles retravaillés : juin 2021
Parution : novembre 2021
Globalized Social Mediators: Economy, Politics and Identity
This volume examines the movements and transactions of social change actors at the centre of current global issues. Evolving between the periphery and the centre, these influential people gravitate in multiple social realms where they voice more or less imperative moral or normative injunctions, creating at times strong political and ideological tensions. Internet influencers, fashion or music icons, spokespersons for social struggles, figures of religious, artistic, political or even scientific renown: gifted with various forms of charisma or authority, they shake up established schemas, impose new languages, create ties among an assortment of economic and moral actors, and participate in building processes of collective, social, cultural, professional and cognitive identities. Some scientists transform themselves into messengers promoting their research methods within the international community; in the religious domain, striking figures emerge, such as star preachers or spiritual leaders, for whom the resource of power draws namely on faith as a mark of legitimacy. In addition, the artistic domain (music, film, theatre, literature, etc.) is replete with figures whose influences, in a globalized context, lead to normative tensions, all while propelling transformational dynamics. Under the right conditions, these actors, new mediators in a globalized world, are able to take on new positions of protest and advocacy.
In contrast to social movements who organise their demands and conflicts laterally, these new media figures express themselves on racism, feminism, ecology, capitalism, etc. in an individual fashion. For example, we can think of militant figures such as Assa Traoré, Adèle Haenel, Amanda Mitrovitch, Malala Yousafzai, Eric Zemmour, M’bala M’bala, Tariq Ramadan, Pierre Rabhi, José Adolfo, Park Jae-Sang, among others. These social mediators, who often generate situations of collective adhesion, contribute to the transformation of relations of power. They may be unknown to the greater public outside their particular domain, but they may also not have an established social standing or even have rejected their leadership roles, their notoriety then being constructed artificially by certain media. The Internet is one of the key spaces of these figures’ emergence and formation and of the debates that concern them, in the context of the digital reconfiguration of spatial relations and allowing for common action.
In terms of methodology, we seek out articles that represent a reflexive process and rely on fieldwork data. On this basis, we propose three lines of analysis:
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To examine the trajectories, motivations and subjectivities of these actors to identify the paths that lead to their engagement, and to capture the ways in which biographical fractures and acquired skills shape their practices, their representations and their discourses. In focusing the analyses on these individuals, we propose investigating the entrepreneurial spirit they develop through their negotiation strategies for participating in power spheres and provoking social change. While deriving a certain profit from the circulation of capital for individual and/or collective aims, how do they contribute in deconstructing, consolidating, contesting or diverting various global norms, within plural and contradictory social dynamics?
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To examine social changes associated with these influential figures: what is the role of performance and display in these individuals’ modes of delivery of the political? To what extent do they give access to a sensitive and tangible re-appropriation of the political? How does this personification combine to reducing these social changes to identity phenomena, at the risk of obscuring the stakes of political domination? And how do these influential figures create hopes that impose themselves through moral consensus or through passions that prevent critical debate on the social dynamics which they claim to represent? And in contrast, in which cases do they contribute to make the intolerable visible?
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To examine partisan allegiances and relations to political institutions. The idea is to shed light on the ties between these new mediators and the political sphere and on the nature of their involvement in concrete actions capable of impacting this sphere. This will require elucidating relationships between competing social networks and the loyalties involved. This line includes the analysis of forms of lobbying/diplomacy that take place on local, national and transnational levels as well as the symbolic capital available to these mediators thanks to their insertion in a vast, interconnected network.
Submission requirements
Article proposals should include a title, an abstract of 2.500 – 4.000 characters, and 5 keywords.
Please include your first and last names, position and affiliation, and email address.
Submit proposals to the two volume coordinators and the Journal:
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Fatiha Kaoues: fatiha.kaoues@cnrs.fr
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Kassia Aleksic: kassiaaleksic@gmail.com
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Journal des anthropologues: afa@msh-paris.fr
Calendar
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Proposal submission deadline: November 30th, 2020
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Proposal response: December 31st, 2020
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Article submission: February 2021
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Revised article submission: June 2021
Publication: November 2021



