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Notes
Cette recherche a été réalisée dans le cadre du projet financé par le Conseil européen de la recherche (ERC) Locus Ludi. The Cultural Fabric of Play and Games in Classical Antiquity dirigé par Véronique Dasen à l’Université de Fribourg à l’intérieur du programme de recherche et d’innovation de l’Union européenne Horizon 2020 (contrat de financement n° 741520) : https://locusludi.ch/. Je suis très reconnaissant à Sylvain Forichon, Hélène Ménard et Thierry Wendling pour leurs conseils précieux et leur relecture des versions précédentes de cet article.
R. Gary, Les racines du ciel, Paris, Gallimard (Folio), 1988, p. 211.
Concernant le débat philosophique autour de la douleur animale dans l’Antiquité, voir Sorabji 1993.
En ce qui concerne les annonces d’initiative législative visant à interdire l’exploitation de certaines espèces d’animaux sauvages en France, voir T. Liabot, « Cirques, delphinariums, fourrures : voici les mesures annoncées par le gouvernement pour le bien-être animal », Le Journal du Dimanche, 29 septembre 2020.
Sur la sémantique de ludus et lusus en rapport avec les émotions du plaisir ludique, voir Nuti 1998, 133-146. À propos du lien étroit entre jeu et émotion exprimé par le terme grec paidia (παιδιά), voir Kidd 2019, 20-48.
Plutarque, Sur l’intelligence des animaux, 965 A-B. Sur ce dialogue et sur ce passage, voir Li Causi & Pomelli 2015, 219-226 ; 478-479 (commentaire ponctuel du passage).
Forichon 2020, 184-190.
Ville 1981, 88-99. À propos du théâtre de Pompée, voir Frézouls 1983. Les deux monographies de référence sur le théâtre de Pompée sont : Monterroso Checa 2010 et Madeleine 2014. La dédicace du temple de Vénus ne coïncida probablement pas avec celle du théâtre en 55 av. J.-C. Ce temple fut plus probablement dédié en 52 av. J.-C., sous le troisième consulat de Pompée, Aulu-Gelle, Nuits attiques, X, 1, 6, rapportant des informations tirées de Varron (fr. 218 Funaioli). Pour une description détaillée de différents épisodes d’exploitation animale pendant les jeux et les chasses à Rome, voir Fedeli 1990, 135-146.
Pline l’Ancien, Histoire naturelle, VIII, 20-21 (éd. et trad. par A. Ernout, CUF, 1952). Sur les éléphants dans l’Antiquité grecque et romaine, voir notamment Scullard 1974.
À propos des pratiques ludiques où les animaux sont forcés à jouer, voir Wendling 2018 (en ligne : https://www.ethnographiques.org/2018/Wendling).
Hamayon et al. 2020, 206 : « Créer des “réalités virtuelles”, par exemple un espace virtuel où entretenir des relations virtuelles avec des êtres virtuels, est bien un objet de la pensée religieuse, comme de tout rite ou de tout jeu. […] Un décalage est donc indispensable, mais il doit ne pas empêcher de reconnaître, derrière le virtuel, l’empirique correspondant. Il doit être de l’ordre du “comme si, mais pas tout à fait” ».
Laporte 2015, 104-107, pour les origines cynégétiques de la tenue guerrière des cavaliers africains, dont les Gétules. La mise en scène de véritables spectacles ethnographiques joués sur le thème cynégétique n’est pas un cas isolé, d’autres épisodes de ce genre sont rapportés entre autres par Pline l’Ancien, Histoire naturelle, VIII, 96, à propos de la chasse aux crocodiles organisée par M. Scaurus en 58 av. J.-C., sur laquelle on renvoie aux considérations de Forichon 2018.
Sur les enjeux complexes de la manifestation des émotions dans le contexte des spectacles dans le monde romain, voir Vial-Logeay 2016, 77-80.
Ricottilli 2000, 188-193.
Sur le pouvoir des larmes du peuple dans la mémoire culturelle romaine, voir surtout Rey 2017, 110-115, où ce passage de Pline n’est pourtant pas pris en compte. Un cas similaire de pitié pour un animal, qui n’aurait pas dû mourir dans l’arène, se trouve dans l’anecdote célèbre du lion apprivoisé de Domitien dont la mort fortuite (et indigne) est racontée par Stace, Silves, II, 5. Sur ce passage, voir Krasser 2009. Il faut rappeler que la présence des larmes de l’empereur à l’égard de la mort du lion est dans ce passage pour le moins hypothétique, car le texte latin utilise l’expression ora tangere, litt. « toucher (ou altérer) l’expression du visage ».
Le vocabulaire de l’extraordinaire – en large partie tiré des sources paradoxographiques – chez Pline est très complexe et les mêmes mots peuvent acquérir des sens différents allant de la critique au scepticisme, en passant par l’adhésion de l’auteur aux faits naturels ; voir Naas 2002, 243-262. Il est important de souligner que la gestuelle des éléphants et leurs larmes, ainsi que celles des hommes à leur égard, sont beaucoup moins extraordinaires et incroyables dans la façon plinienne de les présenter que la violence que ces animaux subissent. Sur le terme miraculum employé par Pline dans ce passage, voir Mastrorosa 2003, 138, n. 43, avec l’indication d’autres références bibliographiques.
Les éléphants avaient déjà été décrits par Pline comme les animaux les plus proches de l’homme en ce qui concerne les émotions et les sensations ; voir Pline l’Ancien, Histoire naturelle, VIII, 1. Sur ce passage et notamment sur les facultés reconnues aux éléphants (de la memoria au pudor), voir Mastrorosa 2003, 130-137.
Il est possible de noter que les larmes des éléphants représentent un premier niveau, plus émotif et moins contrôlable, du rapprochement communicatif avec les hommes, d’ailleurs les textes latins confirment largement la capacité de pleurer de la part des animaux, voir Virgile, Énéide, XI, 89-90 ; Suétone, Vie de César, LXXXI, 4.
Manetti & Fabris 2011, 222-223.
Sur la gestuelle codifiée de la supplication, voir Freyburger 1988.
Le parallélisme entre le geste de la supplication avec les paumes de la main tournées vers le haut et celui de l’éléphant levant sa trompe vers le ciel est encore plus prégnant si l’on pense aux différentes représentations anciennes, notamment celles de la tradition naturaliste, qui faisaient de la trompe un analogue fonctionnel de la main humaine préhensile, comme dans le probable néologisme de Lucrèce anguimanus, un composé de « main » (manus), voir Lucrèce, De la nature, II, 537 ; voir déjà Aristote, Les parties des animaux, I, 16 (658b). Mais c’est de manière très significative chez Pline l’Ancien, Histoire naturelle, VIII, 31, que le terme latin manus est utilisé tout court pour indiquer la trompe de l’éléphant (invenit luxuria commendationem et aliam expetiti in callo manus saporis…).
Dion Cassius, Histoire romaine, XXXIX, 38, 1-4.
Pline l’Ancien, Histoire naturelle, VIII, 3 (Alienae quoque religionis intellectu creduntur maria transituri non ante naves conscendere quam invitati rectoris iureiurando de reditu / « Par leur capacité de comprendre aussi les rites d’autrui, on dit que lorsqu’ils vont traverser la mer ils ne consentent à s’embarquer qu’après que leur cornac leur a promis par serment le retour », éd. et trad. par A. Ernout, CUF, 1952, légèrement modifiée). Pour une analyse détaillée de ce passage plinien par rapport notamment au texte de Dion Cassius, voir surtout Citroni Marchetti 2011, 246-247 ; 252-258. À propos de la présence divine témoignant de la validité du serment dans le monde romain, voir Freyburger 2004.
Les amphithéâtres et les cirques étaient des lieux où une véritable communication entre communauté humaine et communauté divine avait lieu, les statues des dieux, les petits temples où elles étaient placées, les éléments architecturaux à thème divin et apotropaïque qui définissaient le périmètre de l’espace de la performance et finalement les processions elles-mêmes qui anticipaient le déroulement du spectacle ne cessaient de souligner que le spectacle cruel était adressé aux dieux et en quelque sorte maîtrisé par les divinités qui en assuraient le bon déroulement. Sur le rapport entre divinités et jeux, voir notamment Soler 2016.
Concernant l’entrée dans le jeu et ses implications psychiques, voir Hamayon 2012, 214-222.
Sur ce rapprochement que le public romain était amené à faire compte tenu des circonstances du spectacle de cirque, voir encore Citroni Marchetti 2011, 258.
Sur le contrat d’auctoratio des gladiateurs, voir Ville 1981, 248-249. La formule du serment nous est conservée par quelques textes anciens, notamment Pétrone, Satiricon, CXVII, 5 et Sénèque, Lettres à Lucilius, IV, 37, 1-2 (Uri vinciri ferroque necari).
Benveniste 1947.
Esquerre 2017, 106.
Les éléphants sont souvent présentés par les sources antiques comme capables de reconnaître la puissance divine et d’entrer en contact direct avec les dieux, voir Juba II, FGrHist 275 F 53 ; Plutarque, Sur l’intelligence des animaux, 972B ; Élien, La personnalité des animaux, IV, 10 ; VII, 44. C’est précisément sur la pietas naturelle des éléphants que porte l’épigramme de Martial où un pachyderme reconnaît, sentit, spontanément la nature divine de l’empereur lors d’un spectacle dans l’arène (Martial, Livre des spectacles, XVII).
À propos d’un spectacle organisé par Germanicus en 6 apr. J.‑C. qui avait marqué les esprits et où les éléphants s’étaient exhibés dans des tours d’adresse, y compris l’équilibrisme, voir Pline l’Ancien, Histoire naturelle, VIII, 5 ; Élien, La personnalité des animaux, II, 11.
Citroni Marchetti 2011, 239-247.
Sur ce point spécifique à propos des catégories émiques des rapports des animaux aux humains chez les Achuars d’Amazonie, et en particulier sur la catégorie de tanku, un terme intraduisible comme « domestique », voir notamment Descola 2005, 72-113.
Gaius, Institutions, II, 16 (texte établi et trad. par J. Reinach, CUF, 1950). L’adverbe fere, utilisé dans le manuscrit de Vérone qui transmet le texte des Institutions, a suscité un débat critique parmi les commentateurs du texte gaïen. Certains éditeurs l’ont considéré comme une erreur supposée, dont J.F. Ludwig Göschen par exemple a proposé la correction en ferarum. Julien Reinach, dont on suit le texte dans notre article, choisit de garder l’adverbe fere en accueillant aussi la proposition ferarum proposée par J.F. Ludwig Göschen.
Gaius, Ad edictum provinciae, VII (Digeste, IX, 2, 2, 2) : … quasi mixti sunt – nam et iumentorum operam praestant et natura eorum fera est - … Il s’agit du commentaire que Gaius a élaboré sur le premier chapitre de la lex Aquilia, qui réglementait la punition de toute personne tuant ou endommageant gravement la propriété d’autrui (damnum), qu’il s’agisse d’un esclave ou d’un animal de travail, appartenant à la catégorie des pecudes.
Pour une présentation exhaustive concernant le débat juridique avec une analyse approfondie de la bibliographie critique, voir Onida 2012, 207-243.
Ibid., 253-263.
Sur la societas entre hommes et bovidés dans la culture romaine, voir le célèbre passage de Varron, Économie rurale, II, 5, 3-4 ; voir Columelle, De l’agriculture, VI, praef. 7. Pour ce qui est de certains moments de repos et de l’exemption particulière du travail dans les champs pour certains animaux de bât et de trait à l’occasion de moments précis prévus par le calendrier religieux romain, voir Caton, De l’agriculture, 138 ; Columelle, De l’agriculture, II, 21 ; Denys d’Halicarnasse, Antiquités romaines, I, 33 (à propos des Consualia) ; pour un commentaire de la question délicate du repos sacral prévu pour les animaux mancipi, voir Onida, 2012, 64-70. Sur le traitement des bovidés dans la société gallo-romaine en rapport avec les rites agraires, voir Renard 1995.
Sur une certaine mise à l’écart de la violence dans la représentation du sacrifice du bœuf sur les reliefs romains, voir Huet 2005.
Quelques interventions législatives comme l’edictum de feris ou encore la lex Aufidia de feris Africae, qui devaient faire face et régler l’arrivée et les possibles dangers de l’introduction d’animaux exotiques sauvages dans la ville de Rome, témoignent de nouveaux rapports interspécifiques ; voir Onida 2012, 170-174.
Il est utile de noter à cet égard que dans les listes que les auteurs anciens dressent des ferae bestiae l’éléphant a du mal à trouver sa place, à la différence par exemple d’autres animaux considérés plus prototypiques de l’animal sauvage et hors du contrôle humain tels que les grands félins, les loups, les ours, voire les singes, voir e.g. Augustin, Commentaire littéral sur la Genèse, III, 11, 16. Il est d’ailleurs très intéressant que, parmi les animaux sauvages cités dans l’edictum de feris, l’éléphant ne soit pas mentionné ; voir Ulpien, Ad edictum aedilis curulis, II (Digeste, XXI, 1, 40, 1).
Une liste complète décrivant le lien entre spectacles, animaux et traitement réservé à ces derniers a été récemment dressée par Nelis-Clément 2017, 223-227. Cette liste, tirée essentiellement de sources écrites, montre que les éléphants sont rarement l’objet de chasse ou de tuerie dans le cirque sur une large période, durant l’ère impériale. Pour une synthèse sur la présence des éléphants dans les jeux de cirque, voir Scullard 1974, 250-254. Voir Fagan 2011, 249-252, qui voit le moment déclencheur du changement d’attitude de la part de la foule pour les animaux dans la tentative de fuite des éléphants qui pouvait mettre en péril la vie des spectateurs. Il est important d’indiquer que les données archéozoologiques n’offrent pas de témoignages directs d’ossements d’éléphants dans le Colisée par exemple, où en revanche des restes d’ours, de sanglier et de grands félins ont été retrouvés ; voir De Grossi Mazzorin et al. 2005.
Dans cette perspective, il faut aussi rappeler que le lien direct entre éléphants et autorité publique est encore plus étroit en raison du probable monopole impérial concernant la détention et l’élevage de ces animaux sur le territoire de Rome, comme le laisse croire la figure du procurator ad elephantos, une fonction de l’administration des biens de l’empereur normalement associée à un affranchi. Voir CIL, VI, 8583 ; Scullard 1974, 253.
Cicéron, Lettres aux familiers, VII, 1, 3 (éd. et trad. L.-A. Constans, CUF, 1936).
Une telle interprétation est donnée entre autres par Shelton 2006, 24 : « […] when the Romans saw or thought of elephants, their response was negative. First, they perceived elephants as elements of the wild nature which threatened human security. Second, they believed that elephants trained for war could never be trusted not to revert to wild behavior, that they were resistant to attempts to give them a role in human culture, and thus that they betrayed their handlers. Third, the Romans associated elephants with their most memorable military challengers, Pyrrhus and the Carthaginians ». Il resterait en tout cas à expliquer pourquoi les Romains auraient attendu entre 100 et 150 ans avant de mettre en scène pour la première fois, comme le note Pline l’Ancien, ces spectacles de chasse aux éléphants pour rappeler les victoires contre Pyrrhus ou Hannibal. La même clé de lecture se trouve encore dans Shelton 2014, dans un contexte plus large portant en général sur la violence sur les animaux dans les spectacles humains en Grèce et à Rome.
Sur la genèse historique, datant de l’époque de la science moderne, plus précisément à partir du XVIIe siècle, de la conception de la nature comme objet à contrôler ou à exploiter par la raison de celui qui est présenté comme le seul animal culturel, voir récemment Calame 2015, 57-70.
Bettini 2013, 183, avec ample discussion des sources latines, notamment Cicéron et Virgile : « […] to “hold where one wants” or “attract with bait”, which is the basic meaning of this term. Indeed delecto is a compound of the verb lacio which, in turn, derives from a root word lax, which means “bait, cunning, deception, seduction” ».
Derrière l’utilisation de l’adjectif indéfini par Cicéron (quandam… societatem, « quelque chose d’une societas », « une espèce de societas »), on peut également voir une précaution terminologique de nature philosophique selon laquelle les animaux ne peuvent pas vraiment être impliqués dans des relations pleinement humaines comme celle de la societas. Il pourrait s’agir ici d’une reprise des célèbres réflexions philosophiques stoïciennes pour lesquelles le comportement animal ne serait compréhensible que de manière analogique par rapport au comportement humain, de sorte que les animaux seraient « comme s’ils étaient reconnaissants », « comme s’ils se souvenaient », etc., voir Cicéron, De la nature des dieux, II, 29 à ce sujet. Dans ce cas, il y aurait « comme une société » entre les hommes et les éléphants. Un écho polémique à cet égard se trouve chez Plutarque, Sur l’intelligence des animaux, 961F. Pour cet argument logique élaboré par la philosophie stoïcienne, voir Dierauer 1977, 224-238. Sur le débat ancien concernant la capacité des animaux à ressentir des émotions, voir Finkelpearl 2015.
Pline l’Ancien, Histoire naturelle, IX, 29-32. Les mêmes traditions concernant des opérations de chasse ou de pêche conduites par des hommes et des animaux formant une societas se trouvent encore chez Pline l’Ancien, Histoire naturelle, IX, 33 (à Iasos entre Halicarnasse et Milet, toujours à propos des dauphins) ; X, 23 (à propos des accipitres, les faucons, en Thrace). Sur la sociabilité à l’intérieur du monde animal, voir notamment Lhermitte 2015, 320-334. Sur la catégorie de philanthrôpia concernant les rapports interspécifiques dans l’Antiquité, voir Vespa 2021.
Pour le logocentrisme qui structure la hiérarchie des vivants chez Sénèque, voir Tutrone 2012, 184-195.
Sénèque, De la brièveté de la vie, XIII, 5-7 (texte établi et trad. par A. Bourgery, CUF, 1930). Sur ce passage, voir notamment l’analyse de Tutrone 2012, 222-227, qui suggère que derrière la stigmatisation de la violence « contre nature » dans les jeux du cirque à l’égard de l’homme et des animaux, il est possible de voir la persistance d’éléments pythagoriques de l’école des Sextii qui avait formé la pensée de Sénèque pendant sa jeunesse.
Sur la catégorie politique de l’humanitas dans la culture romaine, voir récemment Bettini 2019.
Il y a eu d’autres événements importants dans l’histoire républicaine de Rome au cours desquels la violence fut exercée sur les éléphants. Le premier fut à l’occasion du triomphe de L. Metellus (250 av. J.-C.), qui vainquit les Carthaginois à Palerme et ramena quelques éléphants à Rome. En réalité, il n’y a aucune certitude quant au sort de ces éléphants : Pline rappelle que certains avaient affirmé que les pachydermes n’avaient jamais été introduits dans le cirque, tandis que d’autres parlaient simplement d’une poursuite non violente et non mortelle des quelques spécimens emmenés à Rome. Dans les autres épisodes précédant la chasse de Pompée, en revanche, les combats auraient eu lieu contre d’autres animaux, ou entre éléphants eux-mêmes (Pline l’Ancien, Histoire naturelle, VIII, 17 et 19).
Sur Clodius Aesopus, voir la brève notice de la Neue Pauly (s.u. « Aesopus Clodius », Blume 1996). Pour la référence cicéronienne à Clodius, protagoniste des jeux scéniques de Pompée, voir Cicéron, Lettres aux familiers, VII, 1, 2.
Pline l’Ancien, Histoire naturelle, X, 141-142. Sur ce passage et sur l’anthropophagie comme isotopie narrative à l’intérieur du texte plinien, voir notamment Citroni Marchetti 1991, 262-269.
Sur la composante principalement sociale et en quelque sorte « spectaculaire » du déshonneur exprimé par turpitudo, voir Thomas 2007, 157-162, où l’auteur met l’accent sur le regard qui est porté par la communauté sur l’homme qui se rend horrible à voir par ses actes.
Valère Maxime, Faits et dits mémorables, IX, 1, 2.
Bateson 1987, 138-148.
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