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Dossier : La notion de « polis-religion » à l’épreuve des normes et de l’autorité religieuse

En guise d’ouverture

Vinciane Pirenne-Delforge et Antoine Chabod
p. 103-109

Texte intégral

  • 1 Soulignons que le champ de l’histoire grecque s’est également saisi de cet objet, en regard de l’af (...)
  • 2 Parker (2024 [2018]), p. 140. L’article a été réparti en deux publications différentes en raison de (...)
  • 3 Sourvinou-Inwood (2000a [1990]), p. 19–20.
  • 4 Ibid., p. 13.

1Depuis le début du siècle, une controverse savante agite le petit monde des spécialistes de la religion grecque antique. Elle porte sur la pertinence et l’intérêt de convoquer la notion de « polis-religion » pour étudier le polythéisme grec. Même si la thématique de la « religion civique » remonte bien plus haut que les deux dernières décennies, ce sont deux articles de Christiane Sourvinou-Inwood, respectivement publiés en 1988 et en 1990, qui ont donné à l’expression « polis-religion » le statut d’idole polémique au sein de ce champ de recherche1. Les deux publications trouvent leur origine dans la participation à un volume collectif sur la cité, fondé sur des séminaires organisés à Oxford2. De là vient la formulation anglaise de l’expression. L’autrice était déjà bien connue pour ses nombreuses publications sur la religion grecque, où elle pourfendait inlassablement les déterminismes culturels qui menaçaient, selon elle, une juste interprétation des données antiques. Dès lors, dans l’exercice imposé d’une réflexion sur la polis, elle a interrogé la cité comme cadre de référence de la religion, en l’absence d’instances normatives du type Église, clergé centralisé ou écriture sainte3. Un constat s’impose rapidement dans son propos : « The polis provided the fundamental framework in which Greek religion operated. Each polis was a religious system which formed part of the more complex world-of-the-polis system4. » La cité devenait ainsi un passage obligé pour appréhender la religion grecque, quelle que soit l’échelle à laquelle on se plaçait : panhellénique, régionale, associative, familiale, individuelle.

  • 5 Ibid., respectivement p. 15 et 24.
  • 6 Kindt (2009), (2015), (2023) ; Bremmer (2010) ; cf. Harrison (2015). Encore tout récemment, la crit (...)

2Au cœur d’un argumentaire nuancé affleuraient certaines affirmations péremptoires : « The polis anchored, legitimated and mediated all religious activity », ou encore « In the Classical period the polis had ultimate authority in, and control of, all cults, and polis religion embraces, contains and mediates all religious discourse5. » Ces propositions sont devenues autant de fers de lance d’une polémique qui associe la polis-religion à une perception de la cité comme structure étatique. Résumons d’une phrase le cœur de la critique : le concept de « polis-religion » ne donnerait pas la moindre place aux autres entités politiques grecques que la cité, mais surtout, elle n’offrirait pas de prise au vécu des individus et à leurs démarches personnelles à l’égard des dieux6.

  • 7 Parker (2011), p. 57–61 ; Jim (2014), p. 130 ; Pirenne-Delforge (2016) ; Parker (2024 [2018]). Voir (...)
  • 8 Pirenne-Delforge (2016).
  • 9 Par ex., ibid., p. 13, n. 1 : « I cannot consider ethnos religion here. The differences between eth (...)
  • 10 Beck — Kindt (2023), p. i.
  • 11 Entre autres : Rüpke (2011) et (2013) vs. Scheid (2013).
  • 12 Voir à ce sujet Parker (2024 [2018]).
  • 13 Sur ce dernier point, voir les articles de Carmine Pisano et Nicole Belayche, ici même.

3Comme il a été souligné à maintes reprises et l’est encore ici7, C. Sourvinou-Inwood ne faisait pas abstraction des individus et des différents contextes et cercles de sociabilité où fleurissait l’expérience religieuse des anciens Grecs8. Quant aux structures politiques différentes de l’organisation en cités, elles n’étaient tout simplement pas l’objet de son investigation9. C’est pourtant dans un contraste polémique avec ses travaux qu’ont été revendiqués les aspects individuels, voire personnels, de la religion grecque, ainsi que des échappées hors du territoire circonscrit des poleis. En d’autres termes, il s’agissait de placer la réflexion sur la religion grecque « above and below the level of the polis10 ». En outre, le débat s’est étendu au monde romain, en des termes similaires, même si la centralité de Rome elle-même a conduit la discussion sur des voies distinctes11. Il en résulte un fort dossier bibliographique, qui repose tout d’abord sur un malentendu : l’attribution contestable d’une théorie totalisante à Christiane Sourvinou-Inwood12 ; ensuite, sur une vision institutionnelle et étatique de la cité ; enfin, sur des manières proprement contemporaines de concevoir la relation entre l’individu et la société13.

  • 14 Voir l’introduction de l’article de Paulin Ismard, ici même.
  • 15 Il est intéressant de voir que ce point émerge sous forme de question à la fin de l’article de Jan (...)

4 La rencontre dont le présent dossier émane n’a pas été conçue comme une énième charge, plus ou moins rude, pour ou contre le cadre de réflexion associé à la polis-religion. Il s’agit plutôt d’en affiner l’usage — pour ceux et celles qui lui trouvent un intérêt analytique — ou de se positionner par rapport à cet usage — pour ceux qui souhaitent prendre leurs distances, plus ou moins grandes selon les cas. Pour ce faire, il faut éviter deux écueils qui ont jusqu’ici parasité la discussion. Le premier consiste à ériger la polis-religion en un « modèle », qui ferait de la cité l’alpha et l’omega des activités religieuses des Grecs. Ce point de vue totalisant et surplombant est encore trop souvent attribué à la notion de polis-religion par ceux qui la critiquent. Ils construisent ainsi un adversaire quelque peu fantasmé14, auquel sont opposés des exemples de démarches individuelles — voire « personnelles » engageant une « croyance » — ou considérées comme « marginales ». Mais la question de l’autorité et des normes que soulève nécessairement la problématique n’est guère abordée qu’en passant15.

5Le deuxième écueil découle du premier et se traduit par un effet de loupe documentaire : on privilégie un texte ou un type de document mis en exergue dans une argumentation à charge pour attester que le vêtement de la polis-religion est mal adapté à ce qu’il doit habiller, à savoir la religion grecque dans toute sa complexité. Une fois encore, tout dépend de la manière dont on définit l’objet « polis » et dont on appréhende les modalités et les effets de son autorité. Or, quand Christiane Sourvinou-Inwood écrit que « la polis ancre, légitime et médiatise toute l’activité religieuse » et qu’elle « embrasse, contient et médiatise tout discours religieux », les propositions ainsi énoncées soulèvent, même implicitement, la question du rapport à l’autorité de la cité et aux vecteurs de la transmission des normes des discours et des pratiques. C’est dans cette direction que s’engage le présent dossier, en mettant en œuvre un questionnement collectif, favorisant les croisements documentaires, sur les notions de norme et d’autorité religieuse dans le monde grec antique.

6Une interrogation préalable et préjudicielle est celle de savoir quelle polis se trouve engagée dans ladite polis-religion, tant dans la perspective de ceux qui contestent la valeur heuristique de l’outil que de ceux qui l’endossent. Comme le rappellent Carmine Pisano et Paulin Ismard, ceux et celles qui en critiquent l’usage privilégient une vision très étatique et institutionnelle de la cité. Or, la polis est aussi — et peut-être même avant tout — une communauté de citoyens ou, plus précisément encore, un corps social où se déploient maintes expressions de l’identité civique, à différentes échelles, ce qui est susceptible de donner une grande souplesse à l’outil d’analyse qu’est la notion de polis-religion. Pour éviter qu’elle ne se dilue dans cette extension, la prise en compte des contextes de l’action individuelle et collective est essentielle, ainsi que leur enchevêtrement, notamment en matière de décision — et donc d’autorité. Ainsi les voies par lesquelles s’exprime l’autorité en matière cultuelle sont-elles explorées par Carmine Pisano et Paulin Ismard, mais également par Antoine Chabod, qui interroge plus globalement l’ordre normatif des cités, en y incluant l’autorité religieuse. Comme il est bien connu, cette autorité ne repose pas sur une ou plusieurs écritures mais sur des coutumes (les patria) et des actes de langage. Or, les cités grecques ne connaissent ni clergé ni corps de juristes en droit canon voués à la conservation de ces traditions. Elles confient l’autorité en matière de normes religieuses à des figures tout aussi familières des institutions politiques et judiciaires que des traditions rituelles. Ainsi les exégètes athéniens ou les mnēmones crétois étudiés par Antoine Chabod apparaissent-ils comme des figures reconnues par la cité pour leurs compétences rituelles et leurs connaissances des normes civiques. Ainsi perçue, la polis-religion ne désigne pas une religion administrée par la cité, depuis le cœur d’un État centralisé en direction de ses périphéries, mais l’imbrication de deux domaines — politique et religieux — et de plusieurs échelons — civique et infra-civiques — que l’on voit évoluer de concert, au point de brouiller les frontières de catégories tenues pour acquises.

  • 16 Voir les exemples analysés dans Carbon — Pirenne-Delforge (2013).

7La fondation de cultes est un autre cas intéressant pour tester la question de l’autorité religieuse et c’est celui que déploie Emily Kearns. Trois agents se profilent potentiellement en ces circonstances : un individu, une cité, une divinité, à des degrés et en des proportions variables selon les cas et selon les genres documentaires qui en témoignent. L’autorité qui prévaut peut être variable : la tradition des pères, le prestige du fondateur au sein d’une communauté, un contact direct entre le fondateur et le dieu, que ce soit lors d’une consultation oraculaire, en rêve ou par d’autres types de signes. Il s’agit, d’une manière ou d’une autre, de négocier l’imprévisibilité du divin. Les traditions narratives attestent les effets délétères de la résistance de certaines cités à certains cultes, comme celui de Dionysos, dont Robert Parker rappelle ici le caractère éminemment civique. Ces récits parlent d’un passé lointain et la cité peut alors se prévaloir d’avoir instauré et conservé l’équilibre dans la relation avec les dieux. Dans le temps de l’histoire, nombre de fondations mises en place par des individus sont enchâssées dans des processus d’installation et des modalités d’affichage de type civique qui ne permettent guère de parler de « religion personnelle16 ».

8 Cette dernière catégorie ne s’applique pas non plus au dossier des mal nommées « stèles de confession » anatoliennes. Ces inscriptions rapportent le parcours d’individus frappés par la colère d’une divinité et contraints de poser un certain nombre d’actes rituels qui s’achèvent dans la glorification de l’instance divine enfin apaisée. Comme le rappelle Nicole Belayche, les entités territoriales dont émanent ces documents n’étaient pas à proprement parler des cités, mais faisaient partie de leur territoire et en reproduisaient « les structures administratives et sociales, les bâtiments collectifs et les valeurs ». Les récits gravés dans la pierre ne témoignent pas d’« expériences personnelles », mais d’une construction discursive stéréotypée qui manifeste le souci des autorités sacerdotales locales d’exalter la figure du dieu dont elles avaient la charge. Une fois encore, l’analyse contextuelle d’un corpus soigneusement défini permet de rendre toute leur complexité à des données qu’il faut arracher, plus encore que d’autres, aux déterminismes des lectures modernes que pourfendait à juste titre Christiane Sourvinou-Inwood.

  • 17 Sourvinou-Inwood (2000a [1990]), p. 19.

9Cette autrice affirmait aussi, dans l’un des articles dont nous sommes partis, que la religion grecque était « above all, a way of articulating the world, of structuring chaos and making it intelligible17 ». C’est un tel présupposé que discute Paul Cournarie dans son étude des cérémonies d’accueil des souverains hellénistiques au prisme de la polis-religion. Ces rituels ont été interprétés comme des événements socio-politiques, avant que leur dimension religieuse ne soit davantage élaborée par les chercheurs. La question qui est ici posée touche aux ressorts et aux effets de ces occasions festives organisées par les cités : ces processions, bien documentées, donneraient-elles à voir l’effervescence collective, dont Durkheim faisait l’un des moteurs de la religion, et la construction de la solidarité civique que Sourvinou-Inwood associait à la polis-religion ? La réponse donnée par l’auteur est négative et conteste la dimension cognitive de la religion civique comme système de sens. En revanche, proposant lui aussi d’abandonner les discours généralisants au profit d’études de cas, l’étude se penche sur le célèbre hymne ithyphallique prononcé à Athènes lors de l’entrée de Démétrios Poliorcète en 290. Il en montre le caractère creux et emberlificoté : l’hymne sert à dire quelque chose au roi, tout en n’exprimant rien d’autre que la peur du vide. De la même manière, la joie des cérémonies « n’est pas ancrée dans le secret des consciences » : c’est dans le social qu’il faut réinscrire le religieux et, à cet égard, la polis-religion a encore des choses à nous dire.

  • 18 Harrison (2015), p. 168 : « In our exaggerated anxiety to differentiate ancient and modern, it now (...)

10La question de la chronologie est tout particulièrement posée par Francesco Massa, dont l’étude referme le dossier. Est-il pertinent de recourir à la notion de polis-religion pour rendre compte des religions du monde romain de l’Antiquité tardive ? Qu’en est-il de la religion civique lors des changements inaugurés par la politique de l’empereur Constantin ? C’est la longue durée du cadre civique des pratiques polythéistes qui est ici esquissée, dans le monde du ive siècle de notre ère qui est toujours un monde de cités. L’édit de Caracalla a étendu la citoyenneté romaine à tous les habitants de l’Empire mais, en dehors de lois généralisant le culte impérial, « les sources de l’autorité en matière rituelle demeurent principalement les instances civiques ». En fait, le modèle historiographique de l’abandon de la religion civique au temps de Constantin est largement ancré dans le discours des historiens ecclésiastiques et leurs stratégies apologétiques. En d’autres termes, nos grilles de lecture modernes sont encore et toujours informées par les déterminismes culturels hérités de ces auteurs. Christiane Sourvinou-Inwood n’aurait pas désavoué la mise au jour de ces mécanismes, qui restent autant d’écueils sur le chemin de notre compréhension du polythéisme grec, quoi qu’on en dise18.

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Bibliographie

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J. Bremmer, « Manteis, Magic, Mysteries and Mythography », Kernos 23 (2010), p. 13–35 (https://doi.org/10.4000/kernos.1559).

J.-M. Carbon, V. Pirenne-Delforge, « Priests and Cult Personnel in Three Hellenistic Families », in M. Horster, A. Klöckner (dir.), Cities and Priests: Cult Personnel in Asia Minor and the Aegean Islands from the Hellenistic to the Imperial Period, Berlin, 2013 (RGVV, 64), p. 65–120.

P. Fröhlich, « La citoyenneté grecque entre Aristote et les modernes », CCG 27 (2016), p. 91–136.

T. Harrison, « Review article : Beyond the Polis ? New Approaches to Greek Religion », JHS 135 (2015), p. 165–180.

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J. Kindt, « Personal Religion: A Productive Category for the Study of Ancient Greek Religion ? », JHS 135 (2015), p. 35–50.

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J. Kindt, « Localism and the Study of Ancient Greek Religion : The Example of the Divine Persona », in Beck — Kindt (2023), p. 1–27.

J. Ma, Polis: a New History of the Ancient Greek City-State from the Early Iron Age to the End of Antiquity, Princeton, 2024.

R. Parker, On Greek Religion, Cornell, 2011.

R. Parker, « Religion in the Polis or Polis Religion ? », in Id., Cleomenes on the Acropolis and Other Studies in Greek Religion and Society, Liège, 2024 (Kernos, suppl. 42), p. 139–154 [1re éd. Πρακτικά της Ακαδεημίας Αθηνών 93 B’ (2018) [2019], p. 20–39].

V. Pirenne-Delforge, « Review of J. Kindt, Rethinking Greek Religion (2012) », Asdiwal 11 (2016), p. 222–224.

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J. Rüpke (dir.), The Individual in the Religions of the Ancient Mediterranean, Oxford, 2013.

J. Scheid, Les Dieux, l’État et l’Individu. Réflexions sur la religion civique à Rome, Paris, 2013.

C. Sourvinou-Inwood, « What is Polis Religion ? », in R. Buxton (dir.), Oxford Readings in Greek Religion, Oxford, 2000a, p. 13–37 [1re éd. in O. Murray, S. Price (dir.), The Greek City from Homer to Alexander, Oxford, 1990, p. 295–322].

C. Sourvinou-Inwood, « Further Aspects of Polis Religion », in R. Buxton (dir.), Oxford Readings in Greek Religion, Oxford, 2000b, p. 38–55 [1re éd. in AION(archeol) 10 (1988), p. 259–274].

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Notes

1 Soulignons que le champ de l’histoire grecque s’est également saisi de cet objet, en regard de l’affirmation de C. Sourvinou-Inwood selon laquelle « Religion was the very centre of the Greek polis » : Sourvinou-Inwood (2000a [1990]), p. 37. Ainsi la contradiction peut-elle également venir des spécialistes d’histoire institutionnelle promouvant une définition de la cité strictement politique et reléguant le religieux à l’arrière-plan. Voir e.g. Fröhlich (2016) ou dernièrement Ma (2024) qui, p. 432, : « […] propose[s] seeing polis religion as performing the same mystifying role as other political metaphors ».

2 Parker (2024 [2018]), p. 140. L’article a été réparti en deux publications différentes en raison de la longueur du manuscrit.

3 Sourvinou-Inwood (2000a [1990]), p. 19–20.

4 Ibid., p. 13.

5 Ibid., respectivement p. 15 et 24.

6 Kindt (2009), (2015), (2023) ; Bremmer (2010) ; cf. Harrison (2015). Encore tout récemment, la critique traverse le collectif Beck — Kindt (2023).

7 Parker (2011), p. 57–61 ; Jim (2014), p. 130 ; Pirenne-Delforge (2016) ; Parker (2024 [2018]). Voir les contributions de Carmine Pisano et Emily Kearns, ci-après.

8 Pirenne-Delforge (2016).

9 Par ex., ibid., p. 13, n. 1 : « I cannot consider ethnos religion here. The differences between ethnos and polis religion do not impinge on our investigation. »

10 Beck — Kindt (2023), p. i.

11 Entre autres : Rüpke (2011) et (2013) vs. Scheid (2013).

12 Voir à ce sujet Parker (2024 [2018]).

13 Sur ce dernier point, voir les articles de Carmine Pisano et Nicole Belayche, ici même.

14 Voir l’introduction de l’article de Paulin Ismard, ici même.

15 Il est intéressant de voir que ce point émerge sous forme de question à la fin de l’article de Jan Bremmer (2010), p. 33 : « The concept of polis religion, however, cannot be used without also asking who exerted authority in this religion. Who actually had the power to shape and control religion ? » Citons également, sur ce point, les justes remarques de Robert Parker (2024 [2018]), p. 142 : « … in religious matters, the polis was almost exclusively, in the modern cliché, not proactive but reactive », et p. 151 : « More important than all this is the question of religious authority, control. »

16 Voir les exemples analysés dans Carbon — Pirenne-Delforge (2013).

17 Sourvinou-Inwood (2000a [1990]), p. 19.

18 Harrison (2015), p. 168 : « In our exaggerated anxiety to differentiate ancient and modern, it now seems as if we overprivileged the role of Christianity… »

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Pour citer cet article

Référence papier

Vinciane Pirenne-Delforge et Antoine Chabod, « En guise d’ouverture »Kernos, 37 | 2024, 103-109.

Référence électronique

Vinciane Pirenne-Delforge et Antoine Chabod, « En guise d’ouverture »Kernos [En ligne], 37 | 2024, mis en ligne le 13 juin 2025, consulté le 15 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/kernos/7503 ; DOI : https://doi.org/10.4000/146mr

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