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Christine chez les Bourguignons. La réception de Christine de Pizan à la cour de Bourgogne et dans les anciens Pays-Bas bourguignons

Dominique Vanwijnsberghe

Résumés

Cet essai dresse un bilan de la réception de l’œuvre de Christine de Pizan à la cour de Bourgogne et dans les Pays-Bas bourguignons sous les règnes de quatre ducs de la Maison de Valois (1363-1477). Initiées sous Philippe le Hardi par la commande d’une biographie de son frère, le roi de France Charles V, les relations de Christine avec les Bourguignons se poursuivent sous le règne de Jean sans Peur, qui soutient financièrement l’autrice avant qu’elle ne se rapproche plus franchement du camp armagnac. Après la mort de Christine, son œuvre connaît un remarquable regain d’intérêt sous Philippe le Bon, essentiellement dans les cercles rapprochés de la cour, dont les membres – appartenant souvent à l’ordre de la Toison d’or – font réaliser des copies luxueuses d’une sélection de ses textes. En revanche, aucun texte de Christine n’apparaît dans les quelques manuscrits commandés par Charles le Téméraire, le successeur de Philippe le Bon. Ceux-ci percolent par ailleurs très peu chez les fonctionnaires ducaux et dans les villes, restant largement confinés au lectorat aristocratique auquel ils étaient initialement destinés.

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Notes de l’auteur

Abréviations
Anvers, KMSK – Anvers, Koninklijk Museum voor Schone Kunsten
Aylesbury, Waddesdon Manor – Aylesbury, Waddesdon Manor, James A. de Rothschild Collection
BM – Bibliothèque municipale
Bruxelles, AGR, CC – Bruxelles, Archives générales du Royaume, Chambres des comptes
Dijon, ACO – Dijon, Archives départementales de la Côte-d’Or
Dresde, SLB – Dresde, Sächsische Landesbibliothek
Erlangen, UB – Erlangen, Universitätsbibliothek
La Haye, KB – La Haye, Koninklijke Bibliotheek
Lille, ADN – Lille, Archives départementales du Nord
Londres, BL – Londres, British Library
Oxford, BL – Oxford, Bodleian Library
Paris, BNF – Paris, Bibliothèque nationale de France
Toronto, Fisher Library – Toronto, University, The Thomas Fisher Rare Book Library
Yale, Beinecke – Yale, Beinecke Rare Book and Manuscript Library

Texte intégral

Paris, 1403

  • 1 De Winter 1985, no 62, p. 139-141. L’inventaire de 1404 comporte dans la marge, en regard de la men (...)
  • 2 Deux exemplaires de ce texte sont mentionnés dans l’inventaire de Jean sans Peur (1420). Voir Bruxe (...)
  • 3 Paris, BNF, ms. fr. 1188. Présenté au duc le 20 mars 1403 (n. st.). Voir Taburet-Delahaye 2004, no  (...)
  • 4 Bruxelles, KBR, ms. 9508. Présenté le jour de l’an 1404 (n. st.), comme Christine le relate au débu (...)
  • 5 Autrand 2009 p. 253.
  • 6 La Haye, KB, ms. 78 D 42. Voir Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, no 23, p. 438-447.
  • 7 Collection particulière (ex-Phillipps 207). Voir Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, no 25, p. 458-466

1Lorsqu’en 1403, Philippe le Hardi (1342-1404) convoque Christine de Pizan au Louvre, ce n’est pas la première fois que l’autrice se trouve face au duc de Bourgogne. À trois reprises déjà, elle lui a présenté de luxueuses copies de ses écrits : un exemplaire de l’Epistre Othea (1400-1401), absent quand est dressé l’inventaire de la bibliothèque ducale en 14041 ; le Livre du chemin de lonc estude (1402-1403)2, également offert à Jean de Berry3 ; le Livre de la mutacion de Fortune (1403)4, enfin, copié à la hâte pour être présenté au Hardi lors des étrennes de 14045. Elle en fait don aussi au duc de Berry6 et, peut-être, à Louis d’Orléans7.

  • 8 Pizan, Livre des fais et bonnes meurs, 1, p. 8-9.
  • 9 Pizan, Livre des fais et bonnes meurs, 1, p. 5-6.
  • 10 Paris, BNF, fr. 10153.
  • 11 Willard 1984, p. 170 ; Autrand 2009, p. 253 ; Schnerb 1999, p. 141-142.

2L’entrevue du Louvre a un tout autre but : cette fois, c’est le duc qui a mandé Christine au palais royal et il a une requête à lui adresser. Il veut lui confier la rédaction d’une biographie de son frère, le roi de France Charles V, et il entend lui en révéler « la maniere »8. Le choix de cette « simple femelette », « non instruicte de science en aucun atouchement de degré »9, comme elle aime à se disqualifier, peut paraître étonnant à première vue, mais Philippe sait que cette remarquable écrivaine a bien connu et fréquenté la cour de Charles V dans le sillage de son père Thomas de Pizan, conseiller et astrologue du roi. En outre, Christine n’en est pas à son coup d’essai. En 1403, elle s’est déjà taillé une solide réputation dans les milieux curiaux, par ses œuvres poétiques, mais aussi en publiant plusieurs « dits » et « enseignements » destinés à l’entourage royal et favorablement accueillis par ses membres. Philippe le Hardi n’aura toutefois pas le plaisir de prendre connaissance du Livre des fais et bonnes meurs du sage roi Charles V, achevé en novembre 140410. Il décède quelques mois plus tôt à Hal, dans ses territoires du nord, le 27 avril. Christine ne peut que déplorer amèrement la mort de celui qui était devenu son principal protecteur11.

  • 12 Pizan, Livre des fais et bonnes meurs, 1, p. 152.
  • 13 Dijon, ACO, B5520, f. 94vo. Cité par Schnerb 2005, p. 451 et 766 n. 24.
  • 14 Bruxelles, KBR, ms. 10309. À moins qu’il ne s’agisse d’un exemplaire du Livre des trois vertus, déd (...)
  • 15 Lille, ADN, B1878, f. 124r-124vo. Édité par Cockshaw 1969, no 64. Bertrand Schnerb pense que l’un d (...)
  • 16 Dijon, ACO, B1554, f. 74vo (Cockshaw 1969, no 68).
  • 17 Dijon, ACO, B1556, f. 73vo et B1560, f. 188 (Cockshaw 1969, nos 72 et 76).

3Jean sans Peur (1371-1419) lui succède et poursuit l’œuvre de son père en prenant Christine de Pizan sous son aile. La relation avec celui qu’elle qualifie dans un premier temps de « prince de toute bonté, de conscience salvable, juste, sage, benigne, doulz et de toutes bonnes meurs »12 commence sous les meilleurs auspices. Jean sans Peur avait déjà aidé Christine en 1403 en la gratifiant de 20 écus pour un livre dont elle lui avait fait don13. L’écrivaine lui présente un nouveau texte, probablement l’Avision Christine (1405)14 (fig. 1), ce qui lui vaut, le 20 février 1406 (n. st.), une gratification de 100 écus « en recompencacion de deux livres qu’elle a presentéz à mon dit seigneur ». Le premier est le manuscrit commandé par son père (le Livre des fais de bonnes meurs du sage roi Charles V), l’autre, un ouvrage que « mon dit seigneur a voulu avoir ». Et ils lui sont tous deux « très agréables »15. D’autres textes, dont nous ignorons le nombre et les titres, sont offerts par la suite au duc et gratifiés de dons : le 17 novembre 1407, 100 francs d’or pour « plusieurs livres en parchemin contenant plusieurs notables et beaux enseignements »16 ; 100 francs à nouveau en mars et juin 1408 « en recompensacions de certains livres »17.

[Fig. 1]

[Fig. 1]

Maître de l’Épître Othéa, Christine de Pizan écrivant dans son cabinet de travail. – Christine de Pizan, Avision Christine, Paris, 1405-1406 (Bruxelles, KBR, ms. 10309, f. 1).

© Bruxelles, KBR.

  • 18 Dijon, ACO, B1572, f. 31vo-32 (Cockshaw 1969, no 81).
  • 19 CCB 5, 3.127.
  • 20 Bruxelles, KBR, ms. 9393.
  • 21 Bruxelles, KBR, ms. 10987.
  • 22 Bruxelles, KBR, ms. 10476. Vraisemblablement acquis par Jean sans Peur, le livre ne figure pourtant (...)

4Christine reste en contact avec Jean sans Peur après la formation de la ligue de Gien, l’alliance qui marque la naissance du parti armagnac en avril 1410. Deux ans et demi plus tard, le 3 décembre 1412, elle reçoit encore 50 francs pour « plusieurs notables livrez qu’elle avoit presenté et donné à mondit seigneur »18. Parmi tous ces manuscrits dont le contenu nous échappe, certains figurent sans aucun doute dans l’inventaire de la bibliothèque de Jean sans Peur, dressé peu après sa mort, en 1420. Ainsi, le Dit de la Pastoure (1403)19, le Livre de la Cité des dames (1404-1405)20, les Sept psaumes allégorisés (1409)21 et, peut-être, le Livre des fais d’armes et de chevalerie (1410)22 (fig. 2). C’est sans compter d’autres titres qui, pour une raison ou une autre, pourraient ne pas avoir été repris dans cet inventaire.

[Fig. 2]

[Fig. 2]

Maître de la Cité des dames, Christine de Pizan, dans son cabinet de travail, s’adresse à la déesse Minerve, suivie d’un groupe de cavaliers. – Christine de Pizan, Livre des fais d’armes et de chevalerie, Paris, vers 1410 (Bruxelles, KBR, ms. 10476, f. 3).

© Bruxelles, KBR.

  • 23 Willard 1984, p. 171.
  • 24 Bruxelles, AGR, CC, no 2394 (1408-1409). Édité par Pinchart 1860, 2, p. 111-112.
  • 25 Bruxelles, AGR, CC, no 2394 (1408-1409), f. 379vo. Édité par Quicke 1928.
  • 26  Solente 1924, p. 297.

5De toute évidence, Christine cherche à s’attirer les faveurs d’autres membres de la fratrie de Jean sans Peur23. Elle se rapproche avec succès de son frère cadet, Antoine de Brabant (1384-1415), alors comte de Rethel, qui avait assisté à l’entrevue du Louvre avec son père, Philippe le Hardi. Le 18 mai 1408, Antoine gratifie Christine de vingt livres pour un superbe volume (« eenen altescoene boec ») qu’elle lui avait présenté24. L’année suivante, le 28 février (n. st.), Christine lui fait porter un « livre faisant mention du gouvernement des femmes » (« eenen boec mencye makende van den gouvernemente van den vrouwen »), une Cité des dames donc, qui lui vaut un contre-don de vingt couronnes25. L’autre frère de Jean, Philippe, comte de Nevers (1389-1415), avait sans doute été approché par Christine lui aussi : elle le mentionne en tout cas dans l’Epistre de la Prison de vie humaine (1416-1418). Dans ce texte, rédigé au lendemain de la bataille d’Azincourt, elle déplore la mort du jeune homme, tombé sur le champ de bataille26.

  • 27 Pizan, Livre de la Cité des dames, p. 708.
  • 28 Notons que la fille cadette de Jean sans Peur, Agnès de Bourgogne (1407-1476), épouse de Charles Ie (...)

6Deux Bourguignonnes ont droit à des éloges appuyés dans le Livre de la Cité des dames. Elles sont signalées parmi les « princesses et grandes dames du royaume » au chapitre 68. Marguerite de Bavière (1363-1424), épouse de Jean sans Peur, est louée pour sa vertu, sa fidélité au duc, son noble maintien et ses mœurs irréprochables. Elle est « sans quelconques vice ». La sœur du duc, Marguerite de Bourgogne (1374-1441), comtesse de Hainaut, fait l’objet de louanges plus flatteuses encore : celle que Christine « singulièrement aimes […] pour ce que en recevant bénéfices d’elle […] estendus par charité et bonne amour [elle est] tenue » doit « estre mise entre les plus parfaites »27. L’autrice avait donc réussi à attirer l’attention de l’épouse de Guillaume IV (VI) d’Ostrevent, duc de Bavière, comte de Hollande, Zélande et Hainaut. Ajoutons que c’est à la fille aînée de Jean sans Peur, Marguerite (1393-1442), dauphine de France jusqu’à la mort de son époux Louis de Guyenne en décembre 1415, que Christine dédie son Livre des trois vertus (1405), un ouvrage destiné à l’éducation des dames de la noblesse28.

  • 29 Bruxelles, KBR, ms. 10366.

7En 1412, le vent tourne pour les Bourguignons. Après la « paix fourrée » d’Auxerre (22 août), le parti armagnac prépare son retour à Paris. Le don du 3 décembre est la dernière des gratification que Jean sans Peur accorde à Christine de Pizan. Elle pourrait encore lui avoir offert une copie révisée de son Livre de paix (fig. 3), achevé à la suite de la révolte cabochienne, qui avait été attisée par le camp bourguignon (mai-août 1413)29.

[Fig. 3]

[Fig. 3]

Maître de la Cité des dames, Christine de Pizan écrivant dans son cabinet de travail– Christine de Pizan, Livre de paix, Paris, vers 1414 (Bruxelles, KBR, ms. 10366, f. 3).

© Bruxelles, KBR.

  • 30 Autrand 2009, p. 273-274.
  • 31 Pizan, Livre des fais d’armes, p. 14-19.
  • 32 Autrand 2009, p. 302.
  • 33 Autrand 2009, p. 357.

8Toujours est-il qu’à partir de ce moment, les ponts semblent coupés entre le souverain et l’écrivaine. Après l’exil des Cabochiens, à la fin de l’été 1413, Jean quitte précipitamment Paris, laissant la ville aux mains des Armagnacs. Christine, admiratrice de la première heure de Louis d’Orléans dont elle avait cherché la protection, épouvantée par son assassinat en novembre 1407, puis par les émeutes qui ensanglantent Paris, bascule peu à peu dans le camp armagnac. Comme l’a bien montré Françoise Autrand, dès 1405, dans l’Avision Christine et le Livre de la Prodommie de l’homme (1405-1406) écrit pour le duc d’Orléans, Christine se montre critique vis-à-vis de la politique de diffamation et des campagnes de désinformation menées à Paris par Jean sans Peur, pourtant très prodigue alors à son égard30. Ces livres reflètent à mots couverts le discours orléanais, avec lequel l’autrice a des affinités, sans toutefois être « vendue au prince ». Christine s’oppose plutôt à la guerre des clans, cette politique partisane qui divise et met en péril le royaume. Elle défend avant tout le roi et la Couronne. Et l’on constate que son discours est modelé sur l’évolution de la situation politique. Alors qu’une certaine indécision se lit encore entre les lignes du Livre des fais d’armes et de chevalerie (1410)31, les critiques à l’égard de Jean sans Peur sont moins voilées dans le Livre de paix32 (1412-1414) et dans l’Epistre de la Prison de vie humaine (1416-1418). Sans être nommément cité, l’ancien « prince de toute bonté » se transforme en modèle du souverain tyrannique33.

  • 34 Bruxelles, KBR, ms. 10476.
  • 35 Un ajout au f. 36v contient un commentaire élogieux sur la victoire de Jean sans Peur à la bataille (...)
  • 36 Pizan, Livre des fais d’armes, p. 16.
  • 37 Pizan, Livre des fais d’armes, p. 17.
  • 38 Paris, BNF, ms. fr. 1182, f. 72vo-73. Tardif, il reproduit le texte d’un original, peut-être l’exem (...)
  • 39 Autrand 2009, p. 256. C’est également l’avis de Villela-Petit. Elle estime peu probable que le livr (...)
  • 40 Bruxelles, KBR, ms. 10366. Peut-être acquis par Jean sans Peur, même s’il n’apparaît pas dans l’inv (...)
  • 41 Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, p. 698.
  • 42 Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, p. 691-694 ; LDB 5, p. 245.
  • 43 Willard 1984, p. 193. Sur Guillebert de Lannoy, voir Hasenohr et Zink 1992, p. 534-535.

9Plusieurs auteurs ont montré comment, dans cette période de carrousel politique, Christine adapte ses écrits pour qu’ils soient présentables dans les deux camps. Dans l’exemplaire bourguignon du Livre des fais d’armes et de chevalerie34 (1410), encore hésitante après l’assassinat du duc d’Orleans, elle relate les exploits militaires de Jean sans Peur dans un cahier réaménagé35. Elle atténue aussi des passages qui auraient pu être perçus comme hostiles aux Anglais36. Lucien Dugaz avance par ailleurs l’idée qu’un blanc laissé au f. 36vo; comblé pour passer inaperçu, était initialement prévu pour un « développement délicat » sur Jean sans Peur, auquel Christine aurait finalement renoncé37. Mais le plus bel exemple de réaménagement opportuniste s’observe dans le Livre de paix où, dans la version destinée au camp armagnac38, le duc de Bourgogne n’aurait pas manqué de se reconnaître derrière le portrait du « detestable tirant ». Pour Françoise Autrand, ceci suffit à disqualifier le texte, qui, selon elle, n’aurait jamais pu pénétrer sous cette forme dans la Librairie de Bourgogne39. C’est toutefois compter sans la copie enluminée par le Maître de la Cité des dames, absente de l’inventaire de 1420 mais qui figure dans celui de 1467-146940. Il s’agit du seul exemplaire original de ce texte dédié au beau-fils de Jean sans Peur, le dauphin Louis de Guyenne, un livre vraisemblablement acquis sous le règne du duc41. Des passages ajoutés sur grattage, remplacent la critique de la tyrannie visant sans ambiguïté Jean sans Peur par des propos plus vagues à l’encontre d’un « mauvais prince »42. Charity Willard remarque en outre que ce texte a probablement été lu à la cour de Bourgogne, car il exerce une influence patente sur le Livre de l’instruction d’un jeune prince que Guillebert de Lannoy, diplomate au service de Philippe le Bon, adresse au futur Charles le Téméraire43.

  • 44 Le prieuré royal des dominicaines de Poissy est généralement cité dans la littérature, mais cette h (...)

10Lorsqu’en mai 1418, les Bourguignons opèrent un retour en force à Paris, c’est tout le camp armagnac qui prend ses jambes à son cou, à la suite du dauphin Charles. Les règlements de compte et les massacres s’intensifient. Des « proto-humanistes » étiquetés armagnacs, tels Gontier Col et Jean de Montreuil, qui avaient croisé le fer avec Christine dans le fameux Débat sur le Roman de la Rose, sont assassinés. Craignant pour sa vie, Jean Gerson, chancelier de l’Université de Paris, lui aussi impliqué dans le Débat, fuit Paris pour échapper à la répression. Le propre fils de Christine, Jean de Castel suit le dauphin à Bourges. Quant à l’écrivaine, elle quitte la ville pour trouver refuge dans une « abbaye close »44.

Trente ans plus tard, dans les « pays de par delà »

  • 45 Willard 1984, p. 213.

11Vers 1445, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Christine de Pizan et ceux qui l’avaient connue à son heure de gloire, ont définitivement quitté la scène. La querelle des Armagnacs et des Bourguignons appartient elle aussi au passé. La Paix d’Arras, signée en 1435 par Philippe le Bon et Charles VII, a rapproché Bourguignons et Français. Elle bouleverse la géopolitique européenne et accélère la fin de la Guerre de Cent Ans. C’est dans ce contexte que l’œuvre de l’écrivaine connaît une seconde période de fortune littéraire sous le règne de Philippe le Bon45 (1396-1467), un étonnant regain d’intérêt qui va générer quelques-uns des plus beaux manuscrits enluminés des textes christiniens.

12C’est le moment où Philippe, qui a atteint la cinquantaine, commence à s’intéresser pour de bon à sa librairie. Il cherche à l’accroître tous azimuts, faisant passer la collection de quelque deux cent cinquante manuscrits hérités de son père, à huit cent soixante-cinq volumes. Plus de six cent cinquante livres qui sont acquis, pour les plus prestigieux, par des commandes spéciales du duc, mais aussi achetés de seconde main, reçus d’auteurs en attente de reconnaissance ou tout simplement saisis.

  • 46 Bruxelles, KBR, ms. 10476.
  • 47 Bruxelles, KBR, ms. 10366. La reliure est apparentée à celles de (Vincent) Gohon, un artisan lilloi (...)
  • 48 Bruxelles, KBR, ms. 9559-9564 ; Bruxelles, KBR, ms. 11102 ; Erlangen, Universitätsbibliothek, ms. 2 (...)
  • 49 Bruxelles, KBR, ms. 11074-11078.
  • 50 Bruxelles, KBR, ms. 10205.
  • 51 Bruxelles, KBR, ms. 10973. Van Hoorebeeck 2014, p. 151, 280, 283, 579. H. Wijsman émet l’hypothèse (...)
  • 52 Bruxelles, KBR, ms. 10437-10440. Le Livre du corps de policie figure aux f. 139-200.
  • 53 Paris, BNF, ms. fr. 12439.

13Si l’on s’en réfère aux seuls inventaires – une source précieuse, mais incomplète et parfois imprécise – , le nombre de volumes contenant des œuvres de Christine passe de huit à la mort de Jean sans Peur, à seize en 1467-1469. Parmi ceux-ci, au moins deux, réalisés à Paris sous la supervision de l’autrice, appartenaient sans doute déjà à Jean sans Peur : un Livre des fais d’armes et de chevalerie46 et le Livre de paix47. Philippe acquiert cinq exemplaires supplémentaires d’un titre à succès, l’Epistre Othea48. Il met aussi la main sur d’autres textes, transcrits dans des manuscrits non décorés : un recueil avec le Livre de Prudence49, un Art de guerre, version remaniée des Fais d’armes et de chevalerie (famille B)50, un Livre des trois vertus acheté à Baudouin d’Oignies, gouverneur de Lille51 et un autre recueil contenant le Livre du corps de policie52. Philippe fait réaliser un second exemplaire de ce texte, richement enluminé cette fois par Loyset Liédet53.

  • 54 Sur la biographie de Guillebert, voir récemment Vanwijnsberghe et Verroken 2017.
  • 55 Croenen 2025.
  • 56 Vanwijnsberghe et Verroken 2017, doc. A38, p. 540.
  • 57 Vanwijnsberghe et Verroken 2017, doc. A40, p. 541.
  • 58 Vanwijnsberghe et Verroken 2017, doc. A25 et A26, p. 535-536.
  • 59 L’enlumineur travaille pour le duc, mais aussi pour deux de ses épouses, Michelle de France et Isab (...)
  • 60 Vanwijnsberghe et Verroken 2021.

14Un acteur important du marché du livre est employé tour à tour par Jean sans Peur et Philippe le Bon : le copiste, auteur et libraire grammontois Guillebert de Mets54. Ce personnage aux multiples talents, également actif dans la politique locale, se rend tout jeune à Paris. Il travaille dans l’entourage de Jean sans Peur, dont il se dit le libraire. Tout récemment, Godfried Croenen a reconstruit la phase parisienne de la carrière de Guillebert55, qui semble avoir développé une activité considérable de scribe et de libraire dans la capitale française avant de se replier sur ses terres flamandes après l’assassinat de Jean sans Peur en 1419. À Grammont (Geraardsbergen), il poursuit son activité de libraire à la mode parisienne, dans une grande auberge située sur la Grand Place, un endroit stratégique où il peut recevoir une clientèle de haut rang comprenant de nombreux Bourguignons. Les services de Guillebert sont prisés par Philippe le Bon, qui lui achète des manuscrits56, lui confie des travaux de traduction57 et en fait son intermédiaire auprès des autorités grammontoises quand la ville se rebelle contre son souverain58. Philippe recourt aussi à son enlumineur attitré, le Maître de Guillebert de Mets, récemment identifié avec Johannes Ramont, un peintre actif à Gand dans la première moitié du xve siècle59. De façon remarquable, une liste après-décès des biens de Guillebert (1441) nous apprend qu’il possédait la copie d’au moins huit textes de Christine de Pizan, probablement collectés lors de son séjour à Paris60. Il a pu dès lors jouer un rôle dans la diffusion de ces écrits dans les Pays-Bas bourguignons, même si, nous le verrons, ce succès fut relativement limité, restant confiné dans les hautes sphères de la société bourguignonne.

  • 61 Croenen 2025 distingue désormais un Maître du Décaméron, distinct de Guillebert.
  • 62 Bruxelles, KBR, ms. 9559-9564.
  • 63 Notons que quatre des manuscrits de ce groupe (Cambridge (Mass.), Harvard University, Houghton Libr (...)
  • 64 Bruxelles, KBR, ms. 10205. Voir Delsaux 2016. Dulac et Richards 2016 expliquent ce remaniement par (...)
  • 65 Vanwijnsberghe et Verroken 2017, L11 et L19, p. 571 et 573. Cette pratique de compilation-réécritur (...)

15Deux manuscrits christiniens acquis par Philippe le Bon sont copiés par Guillebert ou par un de ses proches collaborateurs61. Le recueil KBR 9559-9564 comprend un texte autographe, la Description de Paris et de l’excellence du Royaume, compilation mêlée de souvenirs personnels glanés par le Grammontois lors de son séjour dans la capitale française. Il est illustré d’un frontispice enluminé par Johannes Ramont62 (fig. 4). L’Art de guerre, quant à lui, est non seulement un autographe de Guillebert datant de sa période parisienne, il s’agit probablement aussi, comme l’a montré de façon très convaincante Olivier Delsaux, d’une réécriture du Livre des fais d’armes et de chevalerie (famille B)63, dans laquelle toute référence à Christine a été gommée, sans doute pour plaire à un lectorat masculin64. Que Guillebert soit l’auteur de ce remaniement semble confirmé par la mention à deux reprises dans la liste de 1441 d’un Art de guerre, nommé dans ces termes exacts65.

[Fig. 4]

[Fig. 4]

Maître de Guillebert de Mets (Johannes Ramont), Dame Justice, assise sur un trône, entourée de Miséricorde et d’Information– Christine de Pizan, Epistre Othea, Grammont et Gand, 1434 ou peu après (Bruxelles, KBR, ms. 9559-9564, f. 6).

© Bruxelles, KBR.

  • 66 Erlangen, UB, ms. 2361. Ce décompte n’inclut pas la miniature frontispice du f. 2, probablement ajo (...)
  • 67 Barbier 2020 ; Barbier 2021.
  • 68 Vanwijnsberghe 2015, p. 40-44.
  • 69 Paris, BNF, ms. fr. 12439.
  • 70 Bruxelles, KBR, ms. 9392.
  • 71 Barbier 2012, p. 234-239, 270-275, 302-305, 321-337 et passim.
  • 72 Sur ce remaniement, voir Schoysman 2002-2003 ; Van Hemelryck et Van Hoorebeeck 2010.
  • 73 « Pour ce que souvent briefveté rende les materes obscures aux liseurs et afin que les cent gloses (...)
  • 74 Brown-Grant 1994.

16Pour enluminer ses autres manuscrits christiniens, Philippe le Bon fait appel aux meilleurs artisans actifs dans ses territoires du nord, des peintres établis, presque « attitrés » auxquels il a régulièrement recours. Willem Vrelant, l’un des principaux enlumineurs brugeois du troisième quart du xve siècle réalise cent scènes historiées dans l’Epistre Othea conservée à Erlangen66. Ce cycle iconographique, dont Anne-Marie Barbier a montré l’originalité, dévoie l’intention première, didactique, du texte christinien. En prise avec le climat culturel et les valeurs de la cour, déterminé aussi par les visées politiques du duc, il sert à des fins de propagande67. Contemporain et collègue de Vrelant, Loyset Liédet est originaire d’Hesdin dans le nord de la France. Il travaille pour Philippe à partir de 1460 et sera surtout mis à contribution après la mort de ce dernier en 1467 pour illustrer ses nombreux livres « non parfaits », des manuscrits laissés inachevés, dix-sept textes en dix-neuf volumes que Liédet illustre entre 1468 et 1472 pour le compte de Charles le Téméraire68. Le recueil comprenant le Livre du corps de policie conservé à Paris69 a été enluminé avant la mort de Philippe, tandis que l’Epistre Othea de Bruxelles70 est très probablement l’un des inachevés décrit comme « enluminé et non hystorié », c’est-à-dire décoré mais dépourvu de scènes à personnages. Liédet ne réalise pas moins de cent deux miniatures, un impressionnant programme, à l’origine d’une nouvelle tradition iconographique71 (fig. 5). En outre, ce vaste cycle illustre l’un des deux seuls exemplaires conservés d’une révision du texte de Christine, réalisée à la demande du duc par son secrétaire Jean Miélot72. Ce remaniement entend améliorer la lisibilité de l’Epistre en équilibrant des chapitres de longueur variable et souvent trop elliptiques73. Ce faisant, Miélot détourne toutefois l’intention première de Christine en mettant l’accent moins sur la portée morale et spirituelle du texte que sur son contenu narratif : la vie et les exploits des personnages mis en scène, très prisés à la cour de Bourgogne. Le programme iconographique du manuscrit, novateur, appuie ce biais narratif74. Que Philippe le Bon ait pris l’initiative de commander un tel travail de réécriture montre en tout cas l’intérêt qu’il portait au texte de Christine.

[Fig. 5]

[Fig. 5]

Loyset Liédet, Jean Miélot présente son remaniement au duc de Bourgogne (Philippe le Bon ou Charles le Téméraire)– Christine de Pizan, Epistre Othea, révision de Jean Miélot, Lille, 1460 (écriture), Bruges, après 1467 (enluminure) (Bruxelles, KBR, ms. 9392, f. 1).

© Bruxelles, KBR.

  • 75 Barstow 1992 ; Legaré 2005b ; Wijsman 2010, p. 190-198.
  • 76 Dresde, SLB, ms. Oc. 55 (non répertorié dans Barstow 1992).
  • 77 Kren et McKendrick 2003, p. 158-162 ; Bousmanne et Delcourt 2011, p. 421-424.
  • 78 Kren et McKendrick 2003, p. 190-198, 305-308, 316-329.
  • 79 Les mêmes bordures apparaissent dans les manuscrits suivants commandés ou possédés par Marguerite d (...)

17Charles le Téméraire (1433-1477), successeur de Philippe et dernier duc de la Maison de Valois, n’a pas le temps de poursuivre l’accroissement de la Librairie de Bourgogne. Après avoir fait achever les livres « non parfaits » de son père, il ne commande plus que quelques ouvrages et, parmi ceux qui nous sont connus, ne figure aucun texte de Christine de Pizan. En revanche, son épouse, la très dévote Marguerite d’York (1446-1503), constitue une bibliothèque appréciable, dont une vingtaine de volumes ont pu être repérés à ce jour75. Son exemplaire mutilé du Livre des trois vertus, conservé à Dresde, a perdu toutes ses scènes historiées76 (fig. 6). Mais l’on y reconnaît aisément les bordures ornant d’autres ouvrages associés à Marguerite, la plupart attribuables au scribe ducal David Aubert et enluminés par des Gantois actifs dans les années 1470 : le Maître des traités de morale77, dont elle est la principale cliente, et le Maître du Premier livre de prières de Maximilien78. Dans les pages enluminées du manuscrit de Dresde, sauvagement découpées, s’observent ces bordures très aérées, ponctuées, dans les coins de la page, d’acanthes souples bleu et brun clair, rehaussées de traits d’or liquide79.

[Fig. 6]

[Fig. 6]

Vignetteur du Maître des traités de morale et du Maître du Premier livre de prières de Maximilien. – Christine de Pizan, Livre des trois vertus (fragment d’une page décorée). Dans le bas de page, armes effacées de Marguerite d’York, Gand, vers 1475 (Dresde, Sächsische Landesbibliothek – Staats- und Universitätsbibliothek, Ms. Oc. 55, f. XX).

© Public Domain Mark 1.0.

  • 80 Sur sa bibliothèque, voir Van den Bergen-Pantens 1993 ; Van den Bergen-Pantens 1996.
  • 81 Turin, Archivio di Stato, Biblioteca Antica, J.b.II.15.
  • 82 Cologny, Fondation Bodmer, ms. 49.

18Un autre fils de Philippe le Bon était bibliophile : Antoine de Bourgogne, le « Grand bâtard » (1421-1501)80. Il possédait un Livre des fais d’armes et de chevalerie de facture flamande, appartenant à la famille B (celle de l’Art de guerre)81. Pour son exemplaire de l’Epistre Othea82, il fait appel au Maître des Chroniques de Pise, un émule brugeois de Willem Vrelant (fig. 7). Le texte du manuscrit fait partie du même groupe que les copies en possession d’un autre Brugeois, Louis de Gruuthuse (Louis de Bruges), et de son hôte dans la ville flamande, le roi Édouard IV d’Angleterre.

[Fig. 7]

[Fig. 7]

Maître des Chroniques de Pise, Othéa, jaillie d’une nuée, offre son épître à Hector. Dans la marge : armes d’Antoine de Bourgogne. – Christine de Pizan, Epistre Othea, Bruges, vers 1460 (Cologny, Fondation Bodmer, ms. 49, f. 7).

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Bourgondisation ?

19Cet intérêt marqué des ducs de Bourgogne et de leur entourage familial pour l’œuvre de Christine de Pizan a-t-il eu un impact chez les courtisans, la haute noblesse ou auprès de la bourgeoisie de leurs États du nord ? C’est la validité du concept de « bourgondisation » qui peut être mise à l’épreuve ici, en prenant Christine comme point de référence.

  • 83 Prevenier et Blockmans 1983, p. 198-213.

20La bourgondisation est un processus avant tout politique, dont les ressorts ont été exposés par Walter Prevenier et Wim Blockmans en 198383. Pour les ducs de Bourgogne, qui n’étaient pas des princes naturels, le terme désigne l’aspiration à unifier la mosaïque de territoires qu’ils avaient patiemment assemblée dans les anciens Pays-Bas. Il s’agit d’encourager une identité et un nationalisme bourguignons par la création d’institutions communes et la diffusion d’une culture propre au nouvel état en formation. À cette fin, une véritable propagande se met en place, un « État-théâtre » qui se manifeste, côté ville, dans des festivités, des joyeuses entrées, des représentations théâtrales. Dans les hautes sphères de la société, le duc fidélise sa cour et la haute noblesse en l’impliquant dans la gestion de l’État, dans des opérations militaires et des activités de conseil et par la création de sociabilités exclusives dont la plus emblématique est bien entendu l’ordre de la Toison d’or.

  • 84 Stroo 2002 ; Wijsman 2003 ;Van Hemelryck 2007; Wijsman 2007 ; Wijsman 2010 ; Van Hoorebeeck 2009 ; (...)
  • 85 Voir la synthèse critique très lucide de Van Hoorebeek 2009.

21Les recherches les plus récentes ont montré comment les livres – et parmi eux les manuscrits enluminés – ont joué un rôle important dans cette diffusion d’une culture littéraire bourguignonne destinée à l’élite, par la circulation de textes richement décorés84. L’opinion largement acceptée veut que les goûts du souverain aient percolé dans les différentes strates de la société, à divers degrés, à commencer par les milieux de la cour. Les écrits de Christine de Pizan, d’abord destinés aux souverains et diffusés ensuite, pour certains d’entre eux, par un phénomène de « trickle down », jusque dans les cercles périphériques de l’État bourguignon85, nous permettent d’évaluer le bien-fondé de cette vision pyramidale, stimulée par une dynamique d’émulation.

Autour de la Toison d’or

  • 86 Ils sont représentés dans le groupe de droite du fameux frontispice des Chroniques de Hainaut (Brux (...)

22Les principaux commanditaires et possesseurs de textes christiniens appartiennent sans surprise au cercle rapproché du duc, à des membres de la haute noblesse admis parmi les chevaliers de l’ordre de la Toison d’or. Certains faisaient partie du conseil aulique qui réunissait les plus proches conseillers ducaux86. Tous les grands bibliophiles de ces cercles exclusifs possédaient les ouvrages les plus en vogue de Christine de Pizan.

  • 87 On conserve son portrait peint par Rogier van der Weyden (Anvers, KMSK, inv. 25). Voir la base de d (...)
  • 88 Jean et Antoine de Croÿ. Sur Jean : de Smedt 2000, no 22, p. 48-50 (notice de P. De Win) ; sur Anto (...)
  • 89 de Smedt 2000, no 74, p. 174-176 (notice de M. Debae).
  • 90 Debae 1996, p. 202-204 ; Devaux 2001 ; Wijsman 2010, p. 322-324.
  • 91 Bruxelles, KBR, ms. 9009-9011, f. 117-226vo.

23Primus inter pares, Philippe de Croÿ (1436-1482), deuxième comte de Chimay, fait partie des Hainuyers attachés de près à la personne du duc87. Les faveurs dont il bénéficie, ainsi que ses proches, lui valent l’animosité du comte de Charolais, le futur Charles le Téméraire, et l’exil provisoire des Croÿ. Rentré en grâce un an après la mort de Philippe le Bon, Croÿ devient l’un des hommes de confiance du nouveau duc, son conseiller et son chambellan. Comme son père et son oncle avant lui88, il est fait chevalier de l’ordre de la Toison d’or, au chapitre de Valenciennes en 147389. Il était bibliophile90 et, engagé dans les armées et la politique militaire du duc, il se devait de posséder un exemplaire du Livre des fais d’armes et de chevalerie91 (fig. 8), non pas dans le remaniement probablement effectué par Guillebert de Mets (l’Art de guerre), mais dans une version fidèle à l’original de Christine.

[Fig. 8]

[Fig. 8]

Maître de l’Arbre des batailles, Christine de Pizan écrivant dans son cabinet de travail– Christine de Pizan, Livre des fais d’armes et de chevalerie, Hainaut (Mons ?), vers 1465 (Bruxelles, KBR, ms. 9009-9011, f. 118v).

© Bruxelles, KBR.

  • 92 Bruxelles, KBR, ms. 9235-9237. Il s’agirait plutôt de Louise d’Albret (vers 1470-1531), épouse de C (...)
  • 93 Esch 2002, p. 655.

24Ce texte apparaît dans un recueil très martial comprenant, en première partie, l’Arbre des batailles d’Honorat Bovet. Pour l’enluminer, Philippe de Croÿ ne fait pas appel à un peintre de l’entourage ducal, mais il préfère s’adresser à un miniaturiste hainuyer, probablement montois, le très pittoresque Maître de l’Arbre des batailles. Par ailleurs, son épouse, Walburge de Meurs (vers 1440-1472), possédait un volume comprenant, outre l’édifiant Mélibée et Prudence de Renaut de Louhans, la Cité des dames (fig. 9) et le Livre des trois vertus92. Ce recueil passe ensuite, de femme à femme, entre les mains de la belle-fille de Walburge, Louise d’Albret. Pour l’illustrer et le décorer, c’est à nouveau un enlumineur du cru, resté anonyme93, qui est préféré à un artiste de cour, une façon, pour les Croÿ, de se distinguer subtilement des goûts ducaux, tout en affirmant un ancrage local.

[Fig. 9]

[Fig. 9]

Enlumineur hainuyer, Christine de Pizan, accablée, voit apparaître Raison, Droiture et Justice– Christine de Pizan, Livre de la Cité des dames, Hainaut, vers 1460-1475 (Bruxelles, KBR, ms. 9235-9237, f. 5).

© Bruxelles, KBR.

  • 94 de Smedt 2000, no 104, p. 245-246 (notice de R. Wellens).
  • 95 Une centaine de manuscrits portent son ex-libris. Voir Debae 1996, p. 204-205 ; Wijsman 2010, p. 32 (...)
  • 96 Londres, Bernard Quaritch, août 1871, lot 140, p. 33.
  • 97 Londres, Bernard Quaritch, 1er janvier 1902, lot 147, p. 65.
  • 98 Bruxelles, KBR, ms. 10437-10440.
  • 99 Bruxelles, KBR, ms. 9551-9552.
  • 100 Vanwijnsberghe 2020, p. 307-310, ill. 12.9, 12.10.

25Leur fils Charles, troisième comte de Chimay († 1527), accède lui aussi à l’ordre de la Toison d’or, lors du chapitre de Malines en 149194. Grand guerrier et diplomate habile au service de Maximilien d’Autriche, de Philippe le Beau, puis de Charles Quint, Charles de Croÿ poursuit l’accroissement de la bibliothèque de son père, moins par des commandes que par des acquisitions. Il réunit l’une des plus grandes collections de manuscrits de son temps, qui rivalise en nombre avec celles de Louis de Gruuthuse et de la Maison de Nassau-Breda95. Sa bibliothèque rassemble quatre écrits christiniens : l’incontournable Epistre Othea, datée de 1486 et portée disparue depuis 187196, un Livre des fais d’armes et de chevalerie sur papier97 et un autre recueil, également sur papier, contenant un traité plus rare, le Livre du corps de policie issu de la Librairie de Bourgogne et encore mentionné dans l’inventaire de 148798. Aucun de ces livres de facture modeste n’est historié et le texte des deux derniers présente des picardismes, indice d’une vraisemblable production locale. Seul un autre manuscrit, un recueil composé du Livre des trois vertus et du Mélibée et Prudence99, est illustré de trois grandes miniatures. Les traits picards du texte rendent très probable l’origine hainuyère du codex, que l’on peut dater vers 1420-1425 (fig. 10). Il s’agit vraisemblablement d’un livre commandé par Jean de Croÿ, grand-père de Charles, transmis par voie de descendance100.

[Fig. 10]

[Fig. 10]

Enlumineur hainuyer, Raison, Droiture et Justice s’adressent à un groupe de dames– Christine de Pizan, Livre des trois vertus, Hainaut, vers 1420-1425 (Bruxelles, KBR, ms. 9551-9552, f. 66).

© Bruxelles, KBR.

  • 101 Lemaire 1981 ; Martens 1992 ; Wijsman 2007 ; Hans-Collas et Schandel 2009.
  • 102 de Smedt 2000, no 61, p. 148-151 (notice de M. Martens) ; Haemers 2007. Il sert ensuite Charles le (...)
  • 103 Paris, BNF, ms. fr. 1185. Comme on l’a vu, Philippe le Bon disposait d’une autre copie de ce texte, (...)
  • 104 Paris, BNF, ms. fr. 585.
  • 105 Paris, BNF, ms. fr. 1177.
  • 106 Londres, BL, Harley MS 4431. Voir, sur cette question, Wijsman 2010, p. 360 et n. 561. La Librairie (...)
  • 107 Contrairement à ce qu’affirme G. Mombello, après d’autres auteurs (Mombello 1967, p. 207), ou encor (...)
  • 108 Bruxelles, KBR, ms. IV 1093. Sur ce statut douteux, voir Cinq années d’acquisition 1979, no 54, p.  (...)
  • 109 Bruxelles, KBR, ms. 10987.

26Si Charles de Croÿ n’apparaît pas comme un grand bibliophile, en dépit du nombre important de volumes qu’il parvient à réunir, le Brugeois Louis de Gruuthuse (vers 1427-1492) est bel et bien un amateur de beaux livres101. Contrairement à Charles, il passe de nombreuses commandes de manuscrits de grand luxe aux meilleurs ateliers brugeois de son temps. Gruuthuse s’illustre très tôt dans le proche entourage du duc Philippe le Bon en tant que conseiller, chef de guerre et diplomate, ce qui lui vaut d’être élu chevalier de l’ordre de la Toison d’or au chapitre de Saint-Omer en 1461102. Sa collection d’écrits christiniens est remarquable tant par leur nombre que par leur qualité. Il possédait un exemplaire de l’Epistre Othea enluminé par Loyset Liédet103. Sa bibliothèque comprenait également trois autres titres à succès de Christine, dont il confia l’illustration au Maître de Marguerite d’York, peintre brugeois très prolifique, actif dans les années 1470-1480. C’est à lui que l’on doit l’illustration du Livre des fais d’armes et de chevalerie (famille B de l’Art de guerre)104, et d’un recueil contenant le Livre de la Cité des dames (fig. 11) et le Livre des trois vertus105. Deux autres volumes ont un statut moins assuré : dans le fameux Manuscrit de la Reine conservé à Londres106, Gruuthuse a ajouté son nom et sa devise, alors que le codex se trouvait dans la collection d’Anthony Woodville (1440-1483), le traducteur des Proverbes moraux en anglais, mais il est peu vraisemblable que ce manuscrit ait appartenu au bibliophile brugeois107. Il n’est pas certain non plus qu’un livre beaucoup plus modeste, les Sept psaumes allégorisés de Bruxelles, ait fait partie de sa collection108. Son texte est conforme à celui de l’exemplaire acquis sans doute par Jean sans Peur et faisant partie de la Librairie de Bourgogne109, ce qui montre que la collection ducale a pu servir de réservoir de textes pour des proches du souverain.

[Fig. 11]

[Fig. 11]

Maître de Marguerite d’York, Christine de Pizan, accablée, voit apparaître Raison, Droiture et Justice– Christine de Pizan, Livre de la Cité des dames, Bruges, vers 1470-1480 (Paris, BNF, ms. fr. 1177, f. 3v).

© Gallica.

  • 110 de Smedt 2000, no 63, p. 153-154 (notice de C.T. Allmand).
  • 111 Ross 1997, p. 264.
  • 112 McKendrick 1990 ; McKendrick 1992 ; McKendrick 1994.
  • 113 Londres, BL, Royal MS 14 E.ii.
  • 114 Londres, BL, Royal MS 17 E.iv.
  • 115 Mombello 1967, p. 215 et n. 1. Au même groupe appartient l’Epistre Othea d’Antoine de Bourgogne (Co (...)

27Dans le sillage de Louis de Gruuthuse, il faut signaler le roi d’Angleterre Édouard IV (1442-1483), fait chevalier de la Toison d’or lors du chapitre de Bruges en 1468110. Deux ans plus tard, Édouard est forcé à l’exil et se réfugie dans la Venise du Nord où il est reçu par Gruuthuse. La passion bibliophilique de ce dernier semble avoir été contagieuse111, car après avoir regagné l’Angleterre, le roi fait réaliser en bloc, en l’espace de quelques mois (1479-1480), plusieurs dizaines de manuscrits dans des ateliers brugeois, sans doute pour assouvir un intérêt passager pour la culture bourguignonne112. Parmi les vingt et un livres qui nous sont parvenus, deux sont des recueils comportant l’Epistre Othea, enluminés vers 1480 par le Maître aux inscriptions blanches113, un miniaturiste brugeois au service du marché anglais, et par Philippe de Mazerolles et le Maître aux mains volubiles, également actifs à Bruges114. L’analyse du texte montre que ces deux manuscrits sont philologiquement apparentés à l’exemplaire de Louis de Gruuthuse115.

  • 116 Willard 1996 ; Gil 1999, 1, p. 249 et n. 851 ; de Smedt 2000, no 23, p. 51-53 (notice de B. Schnerb (...)
  • 117 Gil 1998.
  • 118 Toronto, Fisher Library, Fisher MS 05041. Marc Gil y voit un enlumineur de l’entourage de Lieven va (...)
  • 119 Schandel 2011b ; Vanwijnsberghe 2015, p. 44-45.

28Jean V de Créquy (vers 1400-1472) appartient à la même génération que Philippe le Bon dont il devient le chambellan et l’un des plus fidèles conseillers116. Ce seigneur artésien est très tôt récompensé pour ses services dans les armées ducales : il accède à l’ordre de la Toison d’or dès sa création à Bruges en 1430. Il était féru de livres et de littérature et se trouve cité parmi les narrateurs des Cent nouvelles nouvelles, ce recueil d’histoires courtes et piquantes, rédigé à la cour de Bourgogne dans l’esprit du Décaméron de Boccace. Jean de Créquy possédait une petite bibliothèque de livres richement enluminés, dont une bonne vingtaine ont pu être repérés117. Parmi eux figure un superbe exemplaire du Livre de paix de Christine de Pizan, décoré dans l’entourage de Jean Hennecart118, peintre et valet de chambre de Charles le Téméraire de 1456 à 1470 au moins119 (fig. 12). Cette commande passée à un miniaturiste probablement basé à Bruxelles est insolite, Créquy se tournant d’habitude vers des artisans issus de sa région d’origine.

[Fig. 12]

[Fig. 12]

Jean Hennecart (entourage), Christine de Pizan présentant son livre à un souverain– Christine de Pizan, Livre de paix, Pays-Bas méridionaux (Bruxelles ?), vers 1460-1470 (Toronto, The Thomas Fisher Rare Book Library, Fisher MS 05041, f. 1).

© Toronto, Fisher Library.

  • 120 Devillers 1890-1891 ; Born 1986, p. 200-204.
  • 121 Lille, BM, ms. 335 (392). Les armes des Lalaing, dans la marge du frontispice possèdent un lionceau (...)
  • 122 Legaré 2005a, p. 415 ; Wijsman 2010, p. 392.
  • 123 Legaré 2002.
  • 124 C’est à ce maître également qu’Isabelle de Lalaing, petite-cousine de Charles, confia l’enluminure (...)

29Citons enfin Charles Ier de Lalaing (1466-1525), élu chevalier de la Toison d’or au chapitre de Middelbourg en 1505120. La Bibliothèque municipale de Lille possède son exemplaire de l’Epistre Othea121 (fig. 13). Le frontispice, datable de la fin du xve siècle, est de la main du Maître de Marguerite de Liedekerke, un suiveur valenciennois de Simon Marmion122. Il est significatif que pour d’autres commandes de manuscrits, Charles ait fait appel au Maître d’Antoine Rolin, un peintre évoluant dans le même milieu artistique hainuyer123. Faute de trouver à Lille, la ville la plus proche de son fief de Lalaing, des artisans à son goût, Charles se sera tourné vers Valenciennes, un foyer alors très rayonnant grâce à la réputation internationale de Marmion et distant d’une trentaine de kilomètres seulement124.

[Fig. 13]

[Fig. 13]

Maître de Marguerite de Liedekerke, Christine de Pizan présentant son livre à un chevalier assis sur un banc-coffre– Christine de Pizan, Epistre Othea, Hainaut (Valenciennes), vers 1490-1500 (Lille, BM, ms. 335 (392), f. 3).

© IRHT.

Dans la haute noblesse

  • 125 Yale, Beinecke, MS 427. Marc Gil propose, à titre d’hypothèse, d’y voir Antoine, bailli d’Amiens (G (...)
  • 126 Gil 2011. Il est employé par Antoine de Bourgogne, le Grand bâtard, par Guillaume de La Baume, chev (...)

30Certaines œuvres de Christine de Pizan se diffusent chez des membres de la haute noblesse qui, faute d’avoir été admis dans l’ordre de la Toison d’or, comptent parmi leurs proches d’heureux élus. On entre ici dans des cercles plus distants de l’entourage ducal. C’est en Picardie qu’est établie la famille Crèvecœur, dont proviennent plusieurs fidèles serviteurs de la dynastie bourguignonne. Un, ou plus probablement une, de ses membres possédait un superbe Livre des trois vertus125 enluminé par le Maître de Rambures (fig. 14), un peintre picard fortement influencé par l’art de Rogier van der Weyden. Il avait probablement séjourné en Flandre, où il travaille pour l’entourage de Charles le Téméraire126. À nouveau, les liens avec la cour de Bourgogne sont étroits.

[Fig. 14]

[Fig. 14]

Maître de Rambures, Christine de Pizan, accablée, voit apparaître les trois vertus : Raison, Droiture et Justice– Christine de Pizan, Livre des trois vertus, Nord de la France, vers 1460-1470 (New Haven, Yale University, Beinecke Rare Book and Manuscript Library, MS 427, f. 1).

© Beinecke Library.

  • 127 Poullet 1873 ; Haemers, Wijsman et Van Hoorebeeck 2007.
  • 128 Dans sa famille, deux membres avaient obtenu cette dignité : Jean Ier (1419-1481), fait chevalier a (...)
  • 129 Wijsman 2010, p. 296.
  • 130 Korteweg 2007 ; Wijsman 2007.
  • 131 Aylesbury, Waddesdon Manor, MS 8. Le manuscrit comporte la dédicace à Philippe le Hardi. Voir supra(...)
  • 132 Maître créé par Hanno Wijsman, à qui trois autres œuvres sont attribuées. Voir Wijsman 2010, p. 303 (...)
  • 133 Born 1986, p. 202.
  • 134 Legaré 1996, p. 210-211.

31Deux autres membres éminents de la noblesse bourguignonne, bien identifiés quant à eux, étaient lecteurs de Christine de Pizan. Philippe de Clèves (vers 1459-1528)127 est un chef de guerre intrépide, aux allégeances changeantes : après avoir défendu le parti de Maximilien d’Autriche, il passe dans le camp français. Pourtant neveu de Philippe le Bon, il ne parviendra jamais à accéder à l’ordre de la Toison d’or, malgré un intense « lobbying »128. Philippe de Clèves disposait d’une importante bibliothèque que Hanno Wijsman estime « typiquement bourguignonne » par son contenu129 : son inventaire après-décès compte 147 titres totalisant 168 volumes, dont plus d’une soixantaine ont pu être repérés par Anne Korteweg130. Il partage assurément les goûts de la cour puisqu’il possède une copie du remaniement de l’Epistre Othea par Jean Miélot, l’un des deux seuls exemplaires connus131. Ce manuscrit, probablement copié dans l’entourage immédiat de Miélot à Lille vers 1455, a été enluminé bien plus tard, après 1492, par le Maître du Waddesdon 8132. Comme son ami Charles de Lalaing133, Philippe de Clèves emploie à l’occasion un Valenciennois, le Maître d’Antoine Rolin134.

  • 135 Lemaire 1993 ; Wijsman 2010, p. 465-468.
  • 136 Vanwijnsberghe 2006, p. 141-144.
  • 137 Paris, BNF, ms. fr. 25559.
  • 138 Wijsman 2010, p. 466-467 n. 1093.
  • 139 Paris, BNF, ms. fr. 1185 (Louis de Gruuthuse) ; Londres, BL, Royal MS 14 E.ii et Royal MS 17 E.iv ( (...)
  • 140 En marge des milieux de la cour bourguignonne, il faut également signaler le Livre du corps de poli (...)

32Toujours dans les mêmes milieux aristocratiques, citons enfin Johann II von Oettingen (1457-entre 1514 et 1520). Ce noble souabe, époux d’une Hainuyère, Isabelle de La Hamaide, est établi à Condé-sur-l’Escaut, au nord de Valenciennes135. Les onze manuscrits de sa bibliothèque connus à ce jour montrent qu’il fait appel à un large éventail d’enlumineurs, actifs à travers tous les Pays-Bas méridionaux : d’un voisin valenciennois, le Maître de Marguerite de Liedekerke, au Maître d’Édouard IV, basé à Bruges et peut-être, pour un temps, à Lille136. Son exemplaire de l’Epistre Othea137 comporte un frontispice enluminé à la fin du xve siècle dans le style dit « ganto-brugeois » par un miniaturiste qui n’a pas été repéré par ailleurs138. L’analyse philologique du texte montre qu’il est apparenté aux exemplaires brugeois de Louis de Gruuthuse et d’Édouard IV139, ce qui conforte l’hypothèse d’une origine flamande du manuscrit140.

Chez les fonctionnaires et dans les villes

  • 141 Van Hoorebeeck 2009. L’autrice souligne l’originalité des bibliothèques de fonctionnaires, leur rôl (...)
  • 142 CCB 5, 5.263.
  • 143 Van Hoorebeeck 2014, p. 278-279.
  • 144 Bruxelles, KBR, ms. 11102.
  • 145 Bruxelles, KBR, ms. 10973.
  • 146 Inventaire édité dans CCB 4, no 26, p. 67-69. Mentions à la p. 68 : [3] Cité des dammes ; [8] Otea. (...)

33Les bibliothèques des serviteurs de l’État bourguignon ont été remarquablement étudiées par Céline Van Hoorebeeck. Toutefois, les dépouillements systématiques qu’elle a effectués dans les sources disponibles n’ont pas permis de repérer des textes christiniens en aussi grand nombre que chez les courtisans, ce qui confirme une certaine « imperméabilité » des goûts de ces deux strates sociales et l’originalité des bibliothèques de fonctionnaires141. Dans celles-ci, Christine est pour ainsi dire absente. L’inventaire de la Librairie de Bourgogne dressé à la mort de Philippe le Bon (1467-1469) mentionne une Epistre Othea sur papier, « que messire Joffroy a donné a monseigneur [le duc] »142. Il s’agit, comme l’a démontré Van Hoorebeeck de Geoffroy de Thoisy († 1472), noble bourguignon, bailli d’Auxois, qui fut chambellan et conseiller du duc143. Aujourd’hui conservé à Bruxelles144, son manuscrit n’est pas décoré. Très modeste aussi est l’exemplaire du Livre des trois vertus acheté par le duc à Baudouin d’Oignies († 1459), gouverneur de Lille et maître d’hôtel de Philippe le Bon, puis d’Isabelle de Portugal. Le texte n’est orné que de quelques initiales de couleur145. Des exemplaires du Livre de la Cité des dames et de l’Epistre Othea sont par ailleurs mentionnés dans l’inventaire après-décès de Richard de Bellengues (février 1471), un Rouennais qui fut chantre des chapelles ducale et pontificale. Il avait accumulé des prébendes canoniales dans d’importantes églises, notamment à Louvain, Nivelles et Bruxelles146.

  • 147 Londres, BL, Add. MS 20698.
  • 148 Un livre d’heures à l’usage de Rome (Bruxelles, KBR, ms. IV 746, Maîtres aux rinceaux d’or), une Ci (...)
  • 149 Lie et al. 2015, p. 41-46.

34À côté de ces livres de simple facture, où le texte prime sur l’image, un manuscrit exceptionnel se démarque : le Boec van de Stede der Vrauwen, traduction néerlandaise du Livre de la Cité des dames, transcrit et enluminé autour de 1475 pour Jan III de Baenst († 1486)147, un Brugeois engagé dans la politique locale et fidèle partisan du duc. Il était membre du conseil en 1460 et devint chambellan ducal dix ans plus tard. Après la mort de Charles le Téméraire en 1477, il resta fidèle au parti bourguignon en soutenant à ses dépens Maximilien d’Autriche. Jan de Baenst possédait une petite collection de manuscrits148. Il fit traduire la Cité des dames dans sa langue maternelle, un texte dont ne subsiste que l’exemplaire conservé à Londres (fig. 15). Au départ, l’idée était de magnifier cette traduction dans un volume exceptionnel tant par sa taille que par la richesse de l’illustration. Son programme iconographique sans précédent aurait dû totaliser près de cent-trente tableautins, là où les exemplaires les plus généreusement décorés de la Cité des dames ne comptent que huit illustrations. Mais les déboires politiques que De Baenst connut à partir de 1477 l’empêchèrent de mener à bien ce projet. Seules vingt-cinq miniatures purent être achevées. Elles sont le fruit d’une collaboration entre d’importants enlumineurs brugeois également au service de Louis de Gruuthuse : le Maître de Marguerite d’York, son atelier, le Maître de la Chronique d’Angleterre et le Maître du Livre d’heures de Dresde. La traduction néerlandaise se distingue par l’ajout d’un épilogue, dont le ton misogyne tranche avec la teneur générale de l’œuvre de Christine. L’auteur anonyme n’hésite pas à saper son autorité d’écrivaine en lui reprochant son ignorance149.

[Fig. 15]

[Fig. 15]

Maître de Marguerite d’York (atelier), Christine de Pizan dans son cabinet de travail– Christine de Pizan, Stede der Vrauwen, traduction néerlandaise du Livre de la Cité des dames, Bruges, vers 1475 (Londres, BL, Add. MS 20698, f. 2).

© Londres, British Library.

  • 150 Vanwijnsberghe 2001, plus particulièrement les p. 53-58, 159-231 (« Testaments et comptes d’exécuti (...)
  • 151 Gil 2002.
  • 152 Gil et Nys 2004.
  • 153 Vanwijnsberghe 1996.
  • 154 Outre Richard de Bellengues, cité plus haut, les huit volumes du Corpus Catalogorum Belgii ne menti (...)
  • 155 Schandel 1997 ; Schandel 1998 ; Charron 2004.
  • 156 Avril 1993.
  • 157 Lille, BM, ms. 175. Sur le cycle iconographique du manuscrit lillois, voir Barbier 2021, p. 507-514
  • 158 Lille, BM, ms. 390 (390).
  • 159 Jean était le fils d’Anselme Adorne, bourgmestre de Bruges, célèbre pour son voyage de Jérusalem et (...)
  • 160 Bruxelles, KBR, ms. 4373-4376.
  • 161 Oxford, BL, MS Bodley 421. Anne-Marie Barbier défend l’idée selon laquelle le cycle long (101 minia (...)
  • 162 Gil et Nys 2004, respectivement p. 417, 423 et 430.
  • 163 Cambridge (Mass.), Harvard University, Houghton Library, MS. Fr 168. Un autre exemplaire appartenan (...)

35En marge de la galaxie bourguignonne, les villes et leur lectorat peuvent attester le succès d’une œuvre, mais il semble que les textes de Christine n’ont pratiquement pas été diffusés dans ces milieux urbains éloignés de la cour. Ils ne font pas partie des lectures prisées par la bourgeoisie des villes des anciens Pays-Bas. Une source majeure à cet égard sont les testaments et comptes d’exécution testamentaire. Christine y est totalement absente dans des villes ayant pourtant préservé d’importants fonds d’archives, qui permettent de se faire une idée représentative des ouvrages en vogue, comme Tournai150, Douai151, Saint-Omer152 ou Valenciennes153. Christine n’apparaît pas non plus dans les listes de livres du xve siècle qui nous sont parvenues154. Seule exception à la règle : Lille, capitale administrative des territoires ducaux, ville de fonctionnaires, de secrétaires et de greffiers, bref de gens de lettres au service du souverain, par qui des textes christiniens ont pu filtrer155. Quelques exemplaires modestes, peints – s’ils le sont – sur papier, dans la grande tradition locale156, peuvent y être rattachés. Ainsi, le Maître de l’Epistre Othea de Lille157 illustre une belle copie de l’ouvrage éponyme, ponctuée de dessins à l’encre relevés de lavis de couleur (fig. 16). Au xvie siècle, le manuscrit est toujours conservé dans la ville flamande, chez des bourgeois ayant laissé leurs noms sur plusieurs pages. Un modeste exemplaire du Livre de la Cité des dames porte le cachet du chapitre de Saint-Pierre de Lille158. Cette importante institution religieuse comptait Jean Miélot parmi ses chanoines, ainsi que le prêtre Jean Adorne (1444-1511), rejeton d’une prestigieuse famille brugeoise d’origine italienne, qui possédait quant à lui une copie de l’Epistre Othea159. Ce texte était visiblement apprécié dans le nord de la France, comme l’attestent deux autres exemplaires du troisième quart du xve siècle, enluminés sur papier et contenant tous deux la dédicace à Philippe le Hardi. Celui de Bruxelles160 pourrait être lié à un commanditaire arrageois ; l’autre, conservé à Oxford, mentionne vraisemblablement un mayeur d’Abbeville en Ponthieu161 (fig. 17). L’Epistre semble avoir connu un certain succès aussi dans les milieux ecclésiastiques de cette région : trois chanoines de Saint-Omer en possédaient une copie, Jacques Taffin, qui teste en 1458, Jehan Dessinget (avant 1473) et Jacques de Houchin (avant 1481)162. Signalons enfin un Livre des fais d’armes et de chevalerie appartenant à la famille B (Art de guerre), réalisé sur papier pour le Lillois Guillaume de Naste, conseiller et médecin de Philippe le Bon. Des espaces avaient été réservés pour sa décoration, qui n’a jamais été réalisée163.

[Fig. 16]

[Fig. 16]

Maître de l’Épître Othéa de Lille, Othéa, dans une nuée, offre son épître à Hector– Christine de Pizan, Epistre Othea, Lille, vers 1450-1460 (Lille, BM, ms. 175 (391), f. 1).

© IRHT.

[Fig. 17]

[Fig. 17]

Enlumineur du Nord de la France, Othéa, dans une nuée, offre son épître à Hector– Christine de Pizan, Epistre Othea, Nord de la France, vers 1465-1475 (Oxford, BL, MS Bodley 421, f. 2v).

CC-BY-NC 4.0. Oxford, Bodleian Libraries, Universities of Oxford.

  • 164 Saint-Omer, BM, ms. 127.
  • 165 Fremaux 1870, p. 36-38.
  • 166 Lille, BM, ms. Godefroy 57 (152).
  • 167 Paris, BNF, ms. fr. 1091.
  • 168 Paris, BNF, ms. fr. 25294.
  • 169 Communication écrite d’Olivier Delsaux (25 juin 2019).

36Autre traité ayant connu un succès d’estime dans le nord, le Livre des trois vertus apparaît dans un manuscrit sur papier, non enluminé, destiné à un Lillois. Conservé à Saint-Omer164, il a été transcrit pour Gilbert de Tenremonde († avant 1493), bailli de Lille issu d’une famille de la noblesse locale. Gilbert était échanson de Philippe le Bon et fut grièvement blessé aux côtés de son maître à la bataille de Montlhéry (1465)165. Trois autres copies du même texte ont été situées de façon hypothétique dans le nord de la France. Le seul lien du manuscrit Godefroy 57 avec Lille est le fait qu’il se trouve à l’heure actuelle à la bibliothèque municipale de cette ville, mais on ignore tout de sa provenance166. Relié de façon très appropriée avec un Sénèque des quatre vertus, ce texte copié sur parchemin est orné de belles lettres cadelées. Un exemplaire sur papier, conservé à Paris, est situé hypothétiquement dans les Pays-Bas méridionaux vers 1450-1460167. Il en va de même d’une autre copie, également à Paris, qui est munie d’un frontispice assez fruste peint sur un folio de parchemin encarté entre des cahiers de papier et datable dans les années 1420168. Le texte présente des traits picards169.

Un premier bilan

37L’examen des livres christiniens circulant dans les anciens Pays-Bas bourguignons montre que le domaine d’application du concept de bourgondisation, appliqué aux manuscrits enluminés, peut rester limité aux cercles immédiats du pouvoir. La pénétration des écrits de Christine dans la noblesse locale, chez les fonctionnaires ducaux et dans les villes, s’avère beaucoup plus confidentielle, voire inexistante. Comme l’avait déjà constaté Céline Van Hoorebeeck, les amateurs de livres appartenant aux strates périphériques de l’État bourguignon ne cherchent pas à imiter à tout prix le souverain.

38Au sein même de l’élite sociale, différents degrés d’intérêt s’observent. L’enthousiasme pour Christine est plus notable chez Louis de Gruuthuse que chez Philippe de Croÿ. Dans un cas comme dans l’autre, toutefois, l’importance et la grande valeur accordées aux textes christiniens ressort du soin qui est mis à les transcrire dans de grands manuscrits de luxe de type « bourguignon », des livres de présentation très aérée et richement enluminés par les meilleurs peintres du moment.

  • 170 Ainsi, dans l’Epistre Othea de la KBR (ms. 9392, f. 1) (fig. 5), c’est Jean Miélot qui est représen (...)

39L’intérêt pour ces textes se marque aussi par les remaniements qu’on leur fait subir, qu’il s’agisse de l’Epistre Othea, revisitée par Jean Miélot, ou de l’Art de guerre de Guillebert de Mets. Dans les deux cas, la référence auctoriale à Christine est soigneusement gommée, ses intentions premières allègrement dévoyées pour plaire à un autre public, masculin, volontiers misogyne (que l’on songe à l’épilogue du Stede der Vrauwen), plus friand de récits que de morale. Cette forme de « cancellation » va parfois jusqu’à effacer visuellement la figure de Christine, remplacée à l’occasion par un « auteur » masculin, dans certaines scènes de présentation170.

40C’est aussi un intérêt sélectif. Avec le temps, un écrémage s’est opéré dans le catalogue des livres christiniens. Quatre titres sont encore largement lus et copiés sous le règne de Philippe le Bon. L’Epistre Othea arrive loin en tête, suivi des Trois vertus, de la Cité des dames et, un peu à la traîne, des Fais d’armes et de chevalerie. Cette sélection reflète sans doute une évolution des goûts, d’autres titres étant disponibles tant dans la Librairie de Bourgogne que chez un fournisseur tel que Guillebert de Mets.

  • 171 Hindman 1986 ; Barbier 2008 ; Barbier 2020 ; Brown-Grant 1994 ; LDB 3, p. 89.

41L’Epistre Othea, le relatif « best-seller » de Christine, parvient à percer dans toutes les couches sociales lettrées, des exemplaires somptueux produits dans l’entourage de la cour jusqu’aux modestes copies sur papier possédées par des lecteurs du nord de la France. Cette fortune peut s’expliquer, au-delà du rôle que le texte a pu jouer dans la propagande bourguignonne – comme l’ont bien montré Sandra Hindman et, à sa suite, Anne-Marie Barbier – par le caractère narratif des « épîtres », mis en évidence par Rosalind Brown-Grant, ces « récits delitables », ainsi que les nomme Jacques Lemaire171.

  • 172 Coleman 1996, p. 119-122 et passim. Cette dimension performative est également mise en exergue par (...)
  • 173 La littérature sur ce sujet est particulièrement abondante. Voir la synthèse de Devaux 2006, en par (...)

42J’ajouterai que ces lettres courtes et divertissantes se prêtent idéalement à la lecture publique, dont on sait l’importance à la cour de Bourgogne depuis les travaux de Joyce Coleman172. Les récits compacts de l’Epistre Othea, parfaitement calibrés pour être lus en public, éventuellement à plusieurs voix, devaient plaire à une assemblée friande de mythologie, des hauts faits des héros de l’Antiquité et, en particulier, de la matière de Troie173, autant de thèmes également représentés sur les monumentales chambres de tapisseries qui ornaient les résidences ducales.

  • 174 Parussa 1996.
  • 175 Willard 1966.

43Contrepoint féminin et domestique à l’idéal chevaleresque véhiculé par l’Epistre Othea174, le Livre des trois vertus connaît une percée comparable175. Il faut dire que ce manuel de conduite à l’usage des femmes ne s’adresse pas exclusivement aux membres de la cour et de la noblesse. Sa troisième partie, de portée plus large, envisage le Tiers-État – bourgeoises, femmes de marchands et d’artisans, servantes et fermières, prostituées et pauvres femmes. Dédié à Marguerite de Bourgogne, fille de Jean sans Peur, ce traité circule très tôt dans le nord de la France et en Hainaut.

  • 176 Groag Bell 2004.
  • 177 Son inventaire mentionne le Livre de la Cité des dames, le Livre du corps de policie, le Livre des (...)

44Le succès de la Cité des dames est plus timide, si l’on en croit le nombre de copies conservées, mais je ne peux m’empêcher de mentionner, pour terminer, le magnifique petit ouvrage que Susan Groag Bell a consacré à un témoin de l’étonnante fortune de ce texte au xvie siècle : les tapisseries perdues inspirées du chef-d’œuvre de Christine176, en particulier celles offertes par la Ville de Tournai à Marguerite d’Autriche (1480-1530), petite-fille de Charles le Téméraire, à l’occasion de son passage en 1513. Marguerite possédait plusieurs écrits christiniens, dont une Cité des dames177. Et si, contrairement à la souveraine, ce texte n’est pas attesté dans les bibliothèques des bourgeoises et bourgeois de Tournai, les tapissiers locaux s’en étaient bel et bien emparés pour créer des compositions susceptibles de plaire à leur clientèle de cour. On voit que même dans une petite ville fidèle au roi de France, la diffusion des textes de Christine de Pizan pouvait se heurter à des barrières sociales. Ses livres avaient été conçus d’abord et avant tout pour satisfaire aux goûts d’une clientèle aristocratique et, dans les anciens Pays-Bas, ils sont restés leur apanage.

  • 178 Pizan, Livre des trois vertus, p. 225.

45On est loin en définitive de l’espoir de diffusion globale que Christine exprime à la fin du Livre des trois vertus pour ce traité rédigé en français, la lingua franca de l’époque, « parce que la dicte langue plus est commune par l’univers monde que quelconques autre, ne demourra pas pour tant vague et non utile nostre dict oeuvre, qui durera au siecle sanz decheement par diverses copies »178. Pour que ce vœu prophétique se réalise, il faudra attendre encore plus de quatre siècles la montée en puissance des études christiennnes et l’édition à grande échelle de son œuvre, désormais disponible en format de poche, dans des traductions en langues modernes.

Catalogue sommaire des manuscrits christiniens mentionnés dans le texte

46Avertissement : les notices succinctes qui suivent concernent les manuscrits christiniens signalés dans le texte. Elles entendent en décharger l’appareil critique déjà bien fourni. Les informations vont à l’essentiel : il n’y a pas de description codicologique ; seule la provenance la plus ancienne est signalée ; la bibliographie ne tend pas à l’exhaustivité et ne reprend que les principales références, celles qui permettront au lecteur de trouver facilement de plus amples informations sur chaque manuscrit. Nous avons ajouté, quand ils étaient disponibles, des permaliens vers des facsimilés ou des ressources en ligne. Tous ces liens étaient accessibles le 30 novembre 2024. En fin de catalogue figurent, dans une section séparée, cinq manuscrits au statut incertain, dont l’origine, le lieu de réalisation et/ou la provenance ne sont pas connus à ce stade de la recherche et qui n’ont dès lors pas été mentionnés dans le texte. La dernière section reprend des manuscrits uniquement connus par la documentation et qui n’ont pas encore pu être identifiés.

47Aylesbury, Waddesdon Manor, James A. de Rothschild Collection, MS 8
Christine de Pizan, Epistre Othea, révision de Jean Miélot, avec dédicace à Philippe le Hardi ; Jean Miélot, Les sept sacrements de l’Église.
Lille, entourage de Jean Miélot, vers 1455 (texte) ; Flandre, après 1492 (enluminure).
Provenance : Philippe de Clèves ; Sotheby’s, 28 février 1825, lot 1334.
Enlumineur : Maître du Waddesdon 8.
Bibliographie : Mombello 1967, no 41, p. 221-222 (sous « London, Vendita Sotheby, 1825 ») ; Delaissé, Marrow et de Wit 1977, p. 154-180 ; Wijsman 2009, p. 139-140.
Jonas : https://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​74291.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit633/​.

48Bruxelles, KBR, ms. 4373-4376
Christine de Pizan, Epistre Othea, avec dédicace à Philippe le Hardi (sur papier).
Nord de la France, troisième quart du xve siècle.
Provenance : Jean de Flers (Arras).
Enlumineur : non identifié.
Bibliographie : Mombello 1967, no 27, p. 139-147.
BAlaT : https://balat.kikirpa.be/​object/​11039156.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​10206.

49Bruxelles, KBR, ms. 9009-9011
Honorat Bovet, Arbre des batailles ; Christine de Pizan, Livre des fais d’armes et de chevalerie ; Ordonnances de Philippe le Bel sur les duels judiciaires de 1306
Hainaut (Mons ?), vers 1465.
Provenance : Philippe de Croÿ ; Marguerite d’Autriche.
Enlumineur : Maître de l’Arbre des batailles.
Bibliographie : Debae 1995, no 86, p. 130-134 ; Esch 2002, p. 643, 645, 654, 655, 656 ; Pizan, Livre des fais d’armes, p. 63-65 (A4).
BAlaT : https://balat.kikirpa.be/​object/​20046400.
Johas :
http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​10279.
Luxury Bound :
http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit916/​.
Facsimilé électronique : https://uurl.kbr.be/​1627459.

50Bruxelles, KBR, ms. 9235-9237
Christine de Pizan, Livre de la Cité des dames et Livre des trois vertus ; Renaut de Louhans, Mélibée et Prudence.
Hainaut, vers 1460-1475.
Provenance : Walburge de Meurs ; Louise d’Albret ; Marguerite d’Autriche.
Enlumineur : non identifié.
Bibliographie : Mombello 1967, p. 225 ; Debae 1995, no 144, p. 247-251 ; Esch 2002, p. 648, 649, 655 ; Delsaux 2021, p. 451 (B2).
BAlaT : https://balat.kikirpa.be/​object/​20059985.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​75431.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit953/​.
Facsimilé électronique : https://uurl.kbr.be/​1916698.

51Bruxelles, KBR, ms. 9392
Christine de Pizan, Epistre Othea, révision de Jean Miélot, avec dédicace à Philippe le Hardi.
Lille, 1460 (écriture) ; Bruges, après 1467 (enluminure).
Provenance : Librairie de Bourgogne : inventaire de 1467-1469 (CCB 5, add. 11 ?).
Enlumineur : Loyset Liédet.
Bibliographie : Mombello 1967, no 28, p. 147-153 ; LDB 3, p. 82-91 (notice de J.-C. Lemaire).
BAlaT : https://balat.kikirpa.be/​object/​20060141.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​74290.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit980/​.
Facsimilé électronique : https://uurl.kbr.be/​1513061.

52Bruxelles, KBR, ms. 9393
Christine de Pizan, Livre de la Cité des dames.
Paris, 1407-1408.
Provenance : Librairie de Bourgogne : inventaire de 1420 (CCB 5, 3.112) ; inventaire de 1467-1469 (CCB 5, 5.278).
Enlumineur : Maître de la Cité des dames.
Bibliographie : LDB 3, p. 92-98 (notice de M. Debae) ; Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, no 34, p. 550-557.
BAlaT : https://balat.kikirpa.be/​object/​20060142.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​73491.
Facsimilé électronique : https://uurl.kbr.be/​1713683.

53Bruxelles, KBR, ms. 9508
Christine de Pizan, Livre de la mutacion de Fortune.
Paris, fin 1403-début 1404.
Provenance : Librairie de Bourgogne : inventaire de 1404 (CCB 5, 1.54) ; inventaire de 1420 (CCB 5, 3.101) ; inventaire de 1467-1469 (CCB 5, 5.173).
Enlumineur : Maître de l’Epître Othéa.
Bibliographie : De Winter 1985, no 61, p. 139, cat. 14, p. 215-217 ; LDB 3, p. 107-112 (notice de T. Van Hemelryck) ; Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, no 22, p. 426-436.
BAlaT : https://balat.kikirpa.be/​object/​20060223.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​75778.
Facsimilé électronique : https://uurl.kbr.be/​1730680.

54Bruxelles, KBR, ms. 9551-9552
Christine de Pizan, Livre des trois vertus ; Renaut de Louhans, Mélibée et Prudence.
Hainaut, vers 1420-1425.
Provenance : Jean de Croÿ ? ; Charles de Croÿ ; Marguerite d’Autriche.
Enlumineur : non identifié.
Bibliographie : Debae 1995, no 110, p. 184-188 ; Vanwijnsberghe 2020, p. 307-310, ill. 12.9, 12.10 ; Delsaux 2021, p. 451 (B3).
BAlaT : https://balat.kikirpa.be/​object/​20060237.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​76489.

55Bruxelles, KBR, ms. 9559-9564
Christine de Pizan, Epistre Othea ; Martin de Braga, De quattuor virtutibus cardinalibus ou Formula honestae vitae, dans la traduction française de Jean Courtecuisse [Sénèque Des quatres vertus] ; Christine de Pizan, Jean de Montreuil et Gontier Col, Débat sur le Roman de la Rose ; Albertano da Brescia, De arte loquendi et tacendi, traduction française ; Eustache Deschamps ou Jean Munier ?, Des cinq lettres du nom de Paris ; Guillebert de Mets, Description de la ville de Paris et de l’excellence du Royaume.
Probablement Gand, 1434 ou après (illustration).
Provenance : commanditaire inconnu ; Librairie de Bourgogne : inventaire de 1467-1469 (CCB 5, 5.199).
Enlumineur : Maître de Guillebert de Mets (probablement Johannes Ramont).
Bibliographie : Mombello 1967, no 29, p. 153-164 ; Delsaux 2016, p. 34, 36, 41, 43, 45 ; Vanwijnsberghe et Verroken 2017, p. 239-241 ; no 8, p. 632-633 et passim.
BAlaT : https://balat.kikirpa.be/​object/​20049660.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​71667.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit992/​.
Facsimilé électronique : https://uurl.kbr.be/​1809191.

56Bruxelles, KBR, ms. 10205
Christine de Pizan, Livre des fais d’armes et de chevalerie (famille B : Art de guerre).
Paris, avant 1419.
Provenance : Librairie de Bourgogne : inventaire de 1467-1469 (CCB 5, 5.211).
Copiste : Guillebert de Mets (attribution).
Enlumineur : Assistant aux trois couleurs (vignetteur).
Bibliographie : LDB 3, p. 144-148 (notice M. Debae) ; Delsaux 2016, p. 32, 33, 34, 35, 37, 38, 39, 50 ; Vanwijnsberghe et Verroken 2017, p. 77-78, 207 (L11) ; Villela-Petit 2020a, p. 99 : Pizan, Livre des fais d’armes, p. 72 (B2).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​10426.
Facsimilé électronique : https://uurl.kbr.be/​1730733.

57Bruxelles, KBR, ms. 10309
Christine de Pizan, Avision Christine.
Paris, 1405-1406.
Provenance : Librairie de Bourgogne : inventaire de 1420 (CCB 5, 3.120) ; inventaire de 1467-1469 (CCB 5, 5.236).
Enlumineur : Maître de l’Épître Othéa.
Bibliographie : LDB 3, p. 155-160 (notice de T. Van Hemelryck) ; Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, no 40, p. 596-602.
BAlaT : https://balat.kikirpa.be/​object/​11028064.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​75792.
Facsimilé électronique : https://uurl.kbr.be/​1730785.

58Bruxelles, KBR, ms. 10366
Christine de Pizan, Livre de paix.
Paris, vers 1414.
Provenance : Librairie de Bourgogne : [n’apparaît pas dans l’inventaire de 1420] ; inventaire de 1467-1469 (CCB 5, 5.675).
Enlumineur : Maître de la Cité des dames.
Bibliographie : Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, p. 691-694 ; no 53, p. 704-709 ; LDB 5, p. 240-246 (notice d’O. Delsaux et T. Van Hemelryck).
BAlaT : https://balat.kikirpa.be/​object/​20060533.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​75780.
Facsimilé électronique : https://uurl.kbr.be/​1730854.

59Bruxelles, KBR, ms. 10437-10440
Pseudo-Turpin, Historia Karoli Magni (traduction française); Chronique de la trahison et mort de Richard II ; Jean de Mandeville, Voyages ; Christine de Pizan, Livre du corps de policie.
Pays-Bas méridionaux (traits picards), vers 1450-1460.
Provenance : Librairie de Bourgogne : inventaire de 1467-1469 (CCB 5, 5.697) ; Charles de Croÿ ; Marguerite d’Autriche.
Bibliographie : Debae 1995, no 258, p. 396-399 ; LDB 4, p. 207-212 (notice de T. Van Hemelryck) ; Wijsman 2020.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​10440 ; http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​10441 ; http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​80753.
Facsimilé électronique : https://uurl.kbr.be/​1765234.

60Bruxelles, KBR, ms. 10476
Christine de Pizan, Livre des fais d’armes et de chevalerie.
Paris, vers 1410.
Provenance : Librairie de Bourgogne : [n’apparaît pas dans l’inventaire de 1420] ; inventaire de 1467-1469 (CCB 5, 5.229).
Enlumineur : Maître de la Cité des dames.
Bibliographie : LDB 3, p. 170-173 (notice de M. Debae) ; Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, no 52, p. 696-703 ; Pizan, Livre des fais d’armes, p. 57-58 (A5).
BAlaT : https://balat.kikirpa.be/​object/​11027983.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​10443.
Facsimilé électronique : https://uurl.kbr.be/​1730829.

61Bruxelles, KBR, ms. 10973
Christine de Pizan, Livre des trois vertus.
Pays-Bas méridionaux, vers 1420.
Provenance : Baudouin d'Oignies, gouverneur de Lille ; Librairie de Bourgogne : inventaire de 1467-1469 (CCB 5, 5.280).
Bibliographie : LDB 3, p. 195-201 (notice de M. Debae) ; Van Hoorebeeck 2014, p. 151, 280, 283, 579 ; Delsaux 2021, p. 451 (B4).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​75801.
Facsimilé électronique : https://uurl.kbr.be/​1730847.

62Bruxelles, KBR, ms. 10974
Christine de Pizan, Livre des trois vertus (sur papier).
Nord de la France ? (traits picards), vers 1470.
Provenance : Marguerite d’Autriche.
Bibliographie : Debae 1995, no 163, p. 280-281 ; Delsaux 2021, p. 451 (B5).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​76490.

63Bruxelles, KBR, ms. 10982
Christine de Pizan, Livre du chemin de lonc estude.
Paris, vers 1403.
Provenance : Librairie de Bourgogne : inventaire de 1420 (CCB 5, 3.133) ; inventaire de 1467-1469 (CCB 5, 5.804).
Enlumineur : Maître du Couronnement de la Vierge.
Bibliographie : De Winter 1985, no 63, p. 141, cat. 15, p. 218-219 ; LDB 3, p. 202-205 (notice de J.-C. Lemaire) ; Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, no 19, p. 394-400.
BAlaT : https://balat.kikirpa.be/​object/​20060353.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​74837.
Facsimilé électronique : https://uurl.kbr.be/​1732331.

64Bruxelles, KBR, ms. 10983
Christine de Pizan, Livre du chemin de lonc estude.
Paris, vers 1403.
Provenance : Librairie de Bourgogne : inventaire de 1404 ? (CCB 5, 1.56) ; inventaire de 1420 (CCB 5, 3.134) ; inventaire de 1467-1469 (CCB 5, 5.803).
Enlumineur : Maître du Couronnement de la Vierge.
Bibliographie : De Winter 1985, no 63, p. 141, 219 ; LDB 3, p. 206-209 (notice de J.-C. Lemaire) ; Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, no 18, p. 386-392.
BAlaT : https://balat.kikirpa.be/​object/​11028021.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​10467.
Facsimilé électronique : https://uurl.kbr.be/​1732335.

65Bruxelles, KBR, ms. 10987
Christine de Pizan, Sept psaumes allégorisés.
Paris, vers 1409.
Provenance : Librairie de Bourgogne : inventaire de 1420 (CCB 5, 3.9) ; inventaire de 1467-1469 (CCB 5, 5.407).
Enlumineur : Maître d’Egerton ; Pierre Gilbert (ornemaniste).
Bibliographie : Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, no 50, p. 674-679.
BAlaT : https://balat.kikirpa.be/​object/​11028279.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​75812.
Facsimilé électronique : https://uurl.kbr.be/​1733721.

66Bruxelles, KBR, ms. 11034
Christine de Pizan, Ballade adressée à Charles d’Albret, Débat des deux amans.
Paris, vers 1402-1403.
Provenance : destiné à Louis de Sancerre, mais probablement présenté à Charles d’Albret en janvier 1404 (n.st.) ; Librairie de Bourgogne : inventaire de 1467-1469 (CCB 5, 5.576).
Enlumineur : Maître du Couronnement de la Vierge (atelier).
Bibliographie : Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, no 16, p. 366-371 ; LDB 3, p. 210-215 (notice de T. Van Hemelryck).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​74315.
Facsimilé électronique : https://uurl.kbr.be/​1732319.

67Bruxelles, KBR, ms. 11074-11078
Explication de la messe ; Jacques de Cessoles, Liber super ludo scaccorum (traduction française) ; Christine de Pizan, Livre de prudence ; Jean de Meun, Testament ; Reclus de Molliens, Miserere et Roman de Carité (sur papier).
Pays-Bas méridionaux ?, vers 1440.
Provenance : Librairie de Bourgogne : inventaire de 1467-1469 (CCB 5, 5.097).
Bibliographie : LDB 3, p. 216-221 (notice de J.-C. Lemaire).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​10479.
Facsimilé électronique : https://uurl.kbr.be/​1765784.

68Bruxelles, KBR, ms. 11102
Christine de Pizan, Epistre Othea (sur papier).
Montcoy (Saône-et-Loire), 28 août 1447.
Provenance : Guiart Poinceot, seigneur d’Eguilly et de Senecey ; Geoffroy de Thoisy, bailli d’Auxois ; Librairie de Bourgogne : inventaire de 1467-1469 (CCB 5, 5.198).
Bibliographie : Mombello 1967, no 30, p. 164-168 ; LDB 3, p. 222-223 (notice de J.-C. Lemaire) ; Van Hoorebeeck 2014, p. 278-279.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​75802.
Facsimilé électronique : https://uurl.kbr.be/​1765228.

69Bruxelles, KBR, ms. 11103
Christine de Pizan, Epistre Othea.
Paris, avant 1419.
Provenance : Fr. Franciscus Coulonval, 1558.
Scribe : Guillebert de Mets.
Enlumineur : Assistant aux trois couleurs (vignetteur).
Bibliographie : Mombello 1967, no 31, p. 169-173 ; Delsaux 2016, p. 34, 36, 41 ; Vanwijnsberghe et Verroken 2017, p. 78, 98, 107 n. 26, 108 n. 41, 112 n. 104v, 116 n. 218, 207, L45, fig. 3.12.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​76450.
Facsimilé électronique : https://uurl.kbr.be/​2220562.

70Bruxelles, KBR, ms. IV 1093
Christine de Pizan, Sept psaumes allégorisés.
Pays-Bas méridionaux (Bruges ?), vers 1461-1467.
Provenance : Louis de Gruuthuse ?
Bibliographie : Cinq années d’acquisition 1979, no 54, p. 123-126 ; Hans-Collas et Schandel 2009, p. 15, 321 ; Wijsman 2010, p. 366.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​76488.

71Bruxelles, KBR, ms. IV 1114
Chronique de Flandre ; Christine de Pizan, Epistre Othea et Enseignements moraux.
Grammont (écriture), probablement Gand (enluminure), Pays-Bas méridionaux (Tournai ?) (enluminure), vers 1425-1430.
Provenance : pas de marque de possession antérieure au xviie siècle.
Enlumineur : Maître de Guillebert de Mets (probablement Johannes Ramont) ; enlumineur anonyme, peut-être tournaisien.
Bibliographie : Cinq années d’acquisition 1979, no 38, p. 81-85 ; Vanwijnsberghe et Verroken 2017, p. 241-242, no 14, 646-647 et passim.
BAlaT : https://balat.kikirpa.be/​object/​20049656.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​76440.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit1193/​.
Facsimilé électronique : https://uurl.kbr.be/​1884956.

72Cambridge (Mass.), Harvard University, Houghton Library, MS Fr 168
Christine de Pizan, Livre des fais d’armes et de chevalerie (famille B) ; Stratagèmes anonymes (sur papier).
Nord de la France, fin du xve siècle (traits picards).
Provenance : Guillaume de Naste (Lille).
Bibliographie : Pizan, Livre des fais d’armes, p. 76-77 (B7).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​76456.
Facsimilé électronique : https://nrs.lib.harvard.edu/​urn-3:fhcl.hough:10379792.

73Cologny, Fondation Bodmer, ms. 49
Christine de Pizan, Epistre Othea.
Bruges, vers 1460.
Provenance : Antoine de Bourgogne.
Enlumineur : Maître des Chroniques de Pise.
Bibliographie : Mombello 1967, no 49, p. 280-283 ; Van den Bergen-Pantens 1993, no XLI, p. 353 ; Pizan, Lettre d’Othéa ; Hans-Collas 2011, p. 261.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​17499.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit1420/​.
Facsimilé électronique : https://www.e-codices.unifr.ch/​en/​list/​one/​fmb/​cb-0049.

74Dresde, Sächsische Landesbibliothek – Staats- und Universitätsbibliothek, Ms. Oc. 55
Christine de Pizan, Livre des trois vertus.
Gand, vers 1475.
Provenance : Marguerite d’York.
Enlumineur : ornemaniste du Maître des traités de morale et du Maître du Premier livre de prières de Maximilien.
Bibliographie : (non répertorié dans Barstow 1992) ; Delsaux 2021, p. 451 (D1).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​76491.
Facsimilé électronique : https://digital.slub-dresden.de/​werkansicht/​dlf/​344204/​1.

75Erlangen, Universitätsbibiothek, ms. 2361
Christine de Pizan, Epistre Othea, avec dédicace à Louis d’Orléans.
Bruges, vers 1455-1460.
Provenance : Librairie de Bourgogne : inventaire de 1467-1469 (CCB 5, 5.201).
Copiste : Jean Miélot (attribution).
Enlumineur : Willem Vrelant.
Bibliographie : Mombello 1967, no 36, p. 186-189 (= Mombello 1967, no 33, p. 179-181) ; Bousmanne 1997, no 6, p. 178-179, 249-250 ; Barbier 2020 ; Barbier 2021, p. 505-506.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​75239.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit1567/​.
Facsimilé électronique : http://digital.bib-bvb.de/​view/​bvb_mets/​viewer.0.6.5.jsp?folder_id=0&dvs=1755160607878~690&pid=18954386&locale=fr&usePid1=true&usePid2=true.

76Lille, Bibliothèque municipale, ms. 175 (391)
Christine de Pizan, Epistre Othea (sur papier).
Lille, vers 1450-1460.
Provenance : Jacques Ma(e)s (Lille) ; J. Ardennoiz ; Pierre de Le Sauch (Lannoy, près de Lille), Carholyn Fratrisart ; Flipes Cuvillon (Lille) ; Walleran Picavet (Lille) ; Giles Vanderbuck.
Enlumineur : Maître de l’Epître Othéa de Lille.
Bibliographie : Mombello 1967, no 25, p. 129-134 ; Charron 2004, p. 238-239.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​28934.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit1817/​.
Ressource électronique : https://arca.irht.cnrs.fr/​ark:/63955/​md47dr270z7p.

77Lille, Bibliothèque municipale, ms. 335 (392)
Christine de Pizan, Epistre Othea ; Renaut de Louhans, Mélibée et Prudence.
Hainaut (Valenciennes), vers 1490-1500.
Provenance : Charles Ier de Lalaing.
Enlumineur : Maître de Marguerite de Liedekerke.
Bibliographie : Mombello 1967, no 26, p. 135-138 ; Legaré 2005a, p. 415 ; Wijsman 2010, p. 392.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​28935.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit1818/​.
Ressource électronique : https://arca.irht.cnrs.fr/​ark:/63955/​md95j960450c.

78Lille, Bibliothèque municipale, ms. 390 (390)
Christine de Pizan, Livre de la Cité des dames (sur papier).
Nord de la France ?, quatrième quart du xve siècle.
Provenance : Chapitre Saint-Pierre de Lille ; hospice Comtesse de Lille.
Bibliographie : Valentini 2019, p. 433 et n. 110.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​28933.
Facsimilé électronique : https://arca.irht.cnrs.fr/​ark:/63955/​md61rf561r2f.

79Lille, BM, ms. Godefroy 57 (152)
Martin de Braga, De quattuor virtutibus cardinalibus ou Formula honestae vitae, dans la traduction française de Jean Courtecuisse [Sénèque Des quatres vertus] ; Christine de Pizan, Livre des trois vertus.
Nord de la France ?, quatrième quart du xve siècle.
Provenance : inconnue.
Bibliographie : Delsaux 2021, p. 451 (L1).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​29107.
Ressource électronique : https://arca.irht.cnrs.fr/​ark:/63955/​md021c18gn8w.

80Londres, British Library, Add. MS 20698
Christine de Pizan, Stede der Vrauwen, traduction néerlandaise du Livre de la Cité des dames.
Bruges, vers 1475.
Provenance : Jan III de Baenst.
Enlumineurs : Maître de Marguerite d’York et atelier ; Maître de la Chronique d’Angleterre ; Maître du Livre d’heures de Dresde.
Bibliographie : Bousmanne et Delcourt 2011, p. 323 ; Lie et al. 2015 ; Wijsman 2017.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit1882/​.

81Londres, British Library, Harley MS 4431
Christine de Pizan, Recueil de la reine Isabelle de Bavière [« Manuscrit de la Reine »].
Paris, 1413-1414 (Laidlaw 2005).
Provenance : Isabeau de Bavière.
Enlumineur : Maître de la Cité des dames et atelier, Maître de Bedford.
Bibliographie : Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, no 16, p. 316-343 ; Walters 2012 ; Walters 2014. Voir aussi le Research output du projet Christine de Pizan. The Making of the Queen’s Manuscript (London, British Library, Harley MS 4431), http://www.pizan.lib.ed.ac.uk/​output.html.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​30819.
Ressource électronique : http://www.pizan.lib.ed.ac.uk.

82Londres, British Library, Royal MS 14 E.ii
Jean de Courcy, Le chemin de vaillance ; Christine de Pizan, Epistre Othea ; Alain Chartrier, Bréviaire des nobles ; Les complaintes des IX malheureux et des IX malheureuses ; Raymond Lulle, Livro da Ordem de Cavalaria (traduction française).
Bruges, entre 1479 et 1483.
Provenance : Édouard IV d’Angleterre.
Enlumineur : Maître aux inscriptions blanches et un autre enlumineur (frontispice).
Bibliographie : Mombello 1967, no 39, p. 210-217 ; McKendrick, Lowden et Doyle 2011, no 62, p. 224-225 (notice de J. Frońska).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​31167.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit1983/​.

83Londres, British Library, Royal MS 17 E.iv
Ovide moralisé en prose ; Christine de Pizan, Epistre Othea ; Pseudo-Bernard de Clairvaux, Epistre de saint Bernard, traduction française de Jean Miélot ; Alain Chartrier, Bréviaire des nobles ; Les complaintes des IX malheureux et des IX malheureuses.
Bruges, vers 1470-1480.
Provenance : Édouard IV d’Angleterre.
Enlumineur : Maître aux mains volubiles et Philippe de Mazerolles (Maître du Froissart de Philippes de Commynes, aussi appelé Maître du Froissart Harley).
Bibliographie : Mombello 1967, no 40, p. 217-221 ; Hauwaerts, de Wilde et Vandamme 2018, no 109, p. 216 (notice de H. Wijsman).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​31214.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit2006/​.

84New Haven, Yale University, Beinecke Rare Book and Manuscript Library, MS 427
Christine de Pizan, Livre des trois vertus.
Nord de la France, vers 1460-1470.
Provenance : famille Crèvecœur.
Enlumineur : Maître de Rambures.
Bibliographie : Gil 1999, 4, p. 1074-1075 ; Delsaux 2021, p. 451 (Y1).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​74037.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit2261/​.
Facsimilé électronique : https://collections.library.yale.edu/​catalog/​16708990.

85New York, Public Library, MS Spencer 17
Boèce, De consolatione philosophiae en traduction française ; Hugo de Balma, Theologia mystica (De triplici via) en traduction française ; Les contemplacions Saint Augustin ; Pierre de la Brosse, Histoire du miroir du corps et de l’âme ; Dialogue du père et du fils ; Jean Gerson, Exemplaire des petits enfans ; Christine de Pizan, Livre du corps de policie.
Brabant (probablement Bruxelles), vers 1456-1461.
Provenance : Jean de Rohan, seigneur de Montauban (1412-1466).
Enlumineur : Maître de Johannes Gielemans.
Bibliographie : Alexander, Marrow et Sandler 2005, no 96, p. 407-412 (notice de J.H. Marrow).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​38654.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit2357/​.

86Oxford, Bodleian Library, MS Bodley 421
Christine de Pizan, Epistre Othea, avec la dédicace à Philippe le Hardi ; Anonyme, Curial ; Alain Chartier, Quadrilogue invectif ; Alain Chartrier, Livre de l’espérance.
Nord de la France, vers 1465-1475.
Provenance : F. de Licques (Lisques) [Ferry de Lisques, mayeur d’Abbeville en 1504, fils de Thierry de Licques, mayeur dans la même ville en 1464 ?].
Enlumineur : non identifié.
Bibliographie : Mombello 1967, no 43, p. 225-232 ; Barbier 2008 ; Barbier 2021, p. 507-508 et passim.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​40013.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit2390/​.
Ressource électronique : https://medieval.bodleian.ox.ac.uk/​catalog/​manuscript_1454.

87Paris, Bibliothèque nationale de France, ms. fr. 585
Christine de Pizan, Livre des fais d’armes et de chevalerie (famille B).
Bruges, vers 1470-1480.
Provenance : Louis de Gruuthuse.
Enlumineur : Maître de Marguerite d’York.
Bibliographie : Hans-Collas et Schandel 2009, no 32, p. 137-138 ; Pizan, Livre des fais d’armes, p. 72-73 (B3).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​75810.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit2691/​.
Facsimilé électronique : https://gallica.bnf.fr/​ark:/12148/​btv1b8448959c.

88Paris, Bibliothèque nationale de France, ms. fr. 848
Christine de Pizan, Epistre Othea, avec dédicace à Louis d’Orléans.
Paris, vers 1400.
Provenance : [Philippe le Hardi ?] ; Agnès de Bourgogne, fille de Jean sans Peur.
Enlumineur : Maître de la première Épître.
Bibliographie : Mombello 1967, no 3, p. 23-31 ; Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, no 14, p. 348-355.
Jonas : https://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​73234.
Facsimilé électronique : https://gallica.bnf.fr/​ark:/12148/​btv1b105092969.

89Paris, Bibliothèque nationale de France, ms. fr. 1091
Martin de Braga, De quattuor virtutibus cardinalibus ou Formula honestae vitae, dans la traduction française de Jean Courtecuisse [Sénèque Des quatres vertus] ; Christine de Pizan, Livre des trois vertus.
Pays-Bas méridionaux ?, vers 1450-1460.
Provenance : pas de marque de possession ancienne.
Bibliographie : Delsaux 2021, p. 451 (P3).
Jonas : https://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​71676.
Facsimilé électronique : https://gallica.bnf.fr/​ark:/12148/​btv1b8448969r.

90Paris, Bibliothèque nationale de France, ms. fr. 1177
Christine de Pizan, Livre de la Cité des dames et Livre des trois vertus.
Bruges, vers 1470-1480.
Provenance : Louis de Gruuthuse.
Enlumineur : Maître de Marguerite d’York.
Bibliographie : Hans-Collas et Schandel 2009, no 39, p. 149-150 ; Delsaux 2021, p. 451 (P4).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​75813.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit2714/​.
Facsimilé électronique : https://gallica.bnf.fr/​ark:/12148/​btv1b84497026.

91Paris, Bibliothèque nationale de France, ms. fr. 1185
Christine de Pizan, Epistre Othea.
Bruges, vers 1470-1480.
Provenance : Louis de Gruuthuse.
Enlumineur : Loyset Liédet.
Bibliographie : Mombello 1967, no 4, p. 31-34 ; Hans-Collas et Schandel 2009, no 11, p. 63-64.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​75809.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit2716/​.
Facsimilé électronique : https://gallica.bnf.fr/​ark:/12148/​btv1b10468064n.

92Paris, Bibliothèque nationale de France, ms. fr. 1242
Christine de Pizan, Livre des fais d’armes et de chevalerie (famille B) ; Stratagèmes anonymes (sur papier).
France (traits picards), vers 1470.
Provenance : inconnue.
Bibliographie : Pizan, Livre des fais d’armes, p. 74 (B4).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​76461.
Facsimilé électronique : https://gallica.bnf.fr/​ark:/12148/​btv1b8449712k.

93Paris, Bibliothèque nationale de France, ms. fr. 1243
Christine de Pizan, Livre des fais d’armes et de chevalerie (famille B) ; Stratagèmes anonymes (sur papier).
Nord de la France, après 1473.
Provenance : inconnue.
Bibliographie : Pizan, Livre des fais d’armes, p. 75 (B5).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​76462.
Facsimilé électronique : https://gallica.bnf.fr/​ark:/12148/​btv1b8449705f.

94Paris, Bibliothèque nationale de France, ms. fr. 10153
Christine de Pizan, Livre des fais et bonnes meurs de Charles V.
Paris, 1404 (30 novembre)-1405.
Provenance : Librairie de Bourgogne : commandé par Philippe le Hardi ; présenté à Jean sans Peur [n’apparaît pas dans l’inventaire de 1420] ; inventaire de 1467-1469 (CCB 5, 5.250).
Enlumineur : ornemaniste « aux brins de fantaisie ».
Bibliographie : Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, n27, p. 488-495.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​75817.
Facsimilé électronique : https://gallica.bnf.fr/​ark:/12148/​btv1b84497041.

95Paris, Bibliothèque nationale de France, ms. fr. 12439
Christine de Pizan, Livre du corps de policie.
Bruges, avant 1467.
Provenance : Librairie de Bourgogne : inventaire de 1467-1469 (CCB 5, 5.261).
Enlumineur : Loyset Liédet.
Bibliographie : Wijsman 2010, p. 233 n. 82.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​76435.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit2780/​.
Facsimilé électronique : https://gallica.bnf.fr/​ark:/12148/​btv1b84497115.

96Paris, Bibliothèque nationale de France, ms. fr. 23997
Christine de Pizan, Livre des fais d’armes et de chevalerie (famille B) ; Stratagèmes anonymes.
Pays-Bas méridionaux (traits picards), après 1463.
Provenance : inconnue.
Bibliographie : Pizan, Livre des fais d’armes, p. 75-76 (B6).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​76463.
Facsimilé électronique : https://gallica.bnf.fr/​ark:/12148/​btv1b8451466w.

97Paris, Bibliothèque nationale de France, ms. fr. 24293
Christine de Pizan, Livre de la Cité des dames.
Paris, vers 1405.
Provenance : Jean sans Peur ou Marguerite de Bavière ? [n’apparaît pas dans l’inventaire de 1420] ; Agnès de Bourgogne.
Enlumineur : ornemaniste « aux araignées ».
Bibliographie : Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, no 31, p. 530-535.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​73488.
Facsimilé électronique : https://gallica.bnf.fr/​ark:/12148/​btv1b8451461t.

98Paris, Bibliothèque nationale de France, ms. fr. 25294
Christine de Pizan, Livre des trois vertus.
Pays-Bas méridionaux (traits picards), vers 1420-1430.
Provenance : pas de marque de possession ancienne.
Enlumineur : non identifié.
Bibliographie : Delsaux 2021, p. 451 (P7).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​76499.
Facsimilé électronique : https://gallica.bnf.fr/​ark:/12148/​btv1b8451463n.

99Paris, Bibliothèque nationale de France, ms. fr. 25559
Christine de Pizan, Epistre Othea.
Pays-Bas méridionaux, vers 1490.
Provenance : Johann II von Oettingen.
Enlumineur : non identifié.
Bibliographie : Lemaire 1993, no 4, p. 243 (cité erronément sous la cote fr. 25560) ; Wijsman 2010, p. 466-467 n. 1093.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​76445.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit2822/​.

100Saint-Omer, Bibliothèque municipale, ms. 127
Christine de Pizan, Livre des trois vertus ; Jacques Legrand, Livre des bonnes meurs ; La danse macabre.
Nord de la France (probablement Lille) (traits picards), 1474-1476.
Provenance : Gilbert de Tenremonde.
Scribe : Jehan Coquiau.
Bibliographie : Delsaux 2021, p. 451 (S1).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​55036.
Facsimilé électronique : https://arca.irht.cnrs.fr/​ark:/63955/​md870v839530.

101Toronto, University, The Thomas Fisher Rare Book Library, Fisher MS 05041
Christine de Pizan, Livre de paix, Pays-Bas méridionaux (Bruxelles ?), vers 1460-1470.
Provenance : Jean V de Créquy.
Enlumineur : Jean Hennecart (entourage).
Bibliographie : Willard 1978 ; Gil 1999, p. 249 n. 851.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​80981.
Facsimilé électronique : https://collections.library.utoronto.ca/​view/​fisher2:F9896.

102Turin, Archivio di Stato, Biblioteca Antica, J.b.II.15
Christine de Pizan, Livre des fais d’armes et de chevalerie (famille B).
Flandre (probablement Bruges), vers 1470.
Provenance : Antoine de Bourgogne.
Enlumineur : non identifié.
Bibliographie : Van den Bergen-Pantens 1993, no XXXV, p. 350 ; Massabò Ricci, Pettenati et Carassi 2011, no 292, p. 303-304 ; Pizan, Livre des fais d’armes, p. 77-78 (B8).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​76465.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit3372/​.

103Turin, Biblioteca Reale, Raccolta Saluzzo, 17
Christine de Pizan, Livre des fais d’armes et de chevalerie (famille B) (sur papier).
Pays-Bas méridionaux (probablement Lille) (traits picards), après 1463.
Provenance : Famille de Lannoy (1646).
Enlumineur : non identifié.
Bibliographie : Bernard 1990, p. 84, pl. XXXVII ; Pizan, Livre des fais d’armes, p. 79-80 (B9).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​76466.

Lieu de conservation inconnu

104Olim Londres, Bernard Quaritch, août 1871, lot 140
Christine de Pizan, Epistre Othea.
1486.
Provenance : Charles Ier de Croÿ.
Bibliographie : Mombello 1967, no 42, p. 223-225.

105Olim Londres, Bernard Quaritch , 1er janvier 1902, lot 147
Christine de Pizan, Livre des fais d’armes et de chevalerie (sur papier).
Pays-Bas méridionaux (traits picards).
Provenance : Charles Ier de Croÿ.
Bibliographie : Mombello 1967, p. 224.

Manuscrits au statut incertain (non mentionnés dans le texte)

106Cambridge, Fitzwilliam Museum, MS Charles Fairfax Murray 21
Livre des fais d’armes et de chevalerie (dessins à la plume sur papier).
Pays-Bas méridionaux ou Nord de la France ?, vers 1470-1480.
Provenance : pas de marque de possession ancienne ; Jean-Baptiste Joseph Barrois (1784-1855).
Bibliographie : Morgan et Panayotova 2009, no 223, p. 184-185.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​76457.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit1298/​.
Ressource électronique : https://data.fitzmuseum.cam.ac.uk/​id/​object/​170645.

107La Haye, Koninklijke Bibliotheek, ms. 131 C 26
Christine de Pizan, Livre des trois vertus.
Pays-Bas méridionaux ?, deuxième quart du xve siècle.
Provenance : pas de marque de possession ancienne ; Londres, Sotheby's, 20 juin 1900, no 30.
Bibliographie : Korteweg 2002, p. 116-117, 120 (no 49) ; Delsaux 2021, p. 451 (H1).
BAlaT : https://balat.kikirpa.be/​object/​11074550.
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​76494.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit3227/​.
Ressource électronique : https://manuscripts.kb.nl/​show/​manuscript/​131+C+26.

108Oxford, Bodleian Library, MS Bodley 824
Christine de Pizan, Livre des fais d’armes et de chevalerie (famille B) (sur papier).
Pays-Bas méridionaux ou Nord de la France ?, après 1467.
Provenance : John Starkey, sheriff de Canterbury ? (1503-1554)
Bibliographie : Pizan, Livre des fais d’armes, p. 71 (B1).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​76458.
Ressource électronique : https://medieval.bodleian.ox.ac.uk/​catalog/​manuscript_1813.

109Paris, Bibliothèque nationale de France, ms. fr. 1186
Christine de Pizan, Epistre Othea ; Martial d’Auvergne, Danse des femmes ; Pierre Michault, Danse aux aveugles ; Danse macabre des hommes.
Nord de la France (Lille) ?, 1482.
Provenance : Simon Bureau, de Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise) (fin du xve siècle).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​45599.
Luxury Bound : http://telma.irht.cnrs.fr/​outils/​luxury-bound/​manuscrit2717/​.
Facsimilé électronique : https://gallica.bnf.fr/​ark:/12148/​btv1b90591173.

110Saint-Pétersbourg, Bibliothèque nationale de Russie, ms. Fr. F. II 96
Christine de Pizan, Livre des fais d’armes et de chevalerie (famille B) (sur papier).
Nord de la France ?, après 1479.
Provenance : inconnue.
Bibliographie : Pizan, Livre des fais d’armes, p. 81 (B11).
Jonas : http://jonas.irht.cnrs.fr/​manuscrit/​76467.

Manuscrits documentés non identifiés

111Christine de Pizan, Epistre Othea, livre « non parfait »
Provenance : Librairie de Bourgogne : inventaire de 1467-1469 (CCB 5, 5.200 : Ung autre grant livre en parchemin couvert de gros parchemin blanc, intitulé au dehors « Othea la deesse », commançant au second feullet « a la tres noble et haulte » et au derrenier « de Nostre Seigneur la VIe joye ». [non parfait]).
Bibliographie : Van Hemelryck et Van Hoorebeeck 2010 proposent, à titre d’hypothèse, de l’identifier au manuscrit d’Aylesbury, Waddesdon Manor, James A. de Rothschild Collection, MS 8 (p. 119-120).

112Christine de Pizan, Epistre Othea, livre « non parfait »
Provenance : Librairie de Bourgogne : inventaire de 1467-1469 (CCB 5, 5. add. 11 : Ung autre livre en parchemin, enlumné et non hystorié, intitulé au dehors « De Othea la deesse »).
Bibliographie : Van Hemelryck et Van Hoorebeeck 2010 proposent, à titre d’hypothèse, de l’identifier au KBR 9392 (p. 120).

113Recueil de Bourgogne (Burgundy Manuscript)
Christine de Pizan, Livre des cent balades, plusieurs lais, l’Epistre Othea, le Livre de la Cité des dames, le Livre du chemin de lonc estude.
Un fragment conservé à Leyde (Universiteitsbibliotheek, LTK 1819) pourrait provenir de ce recueil.
Paris, vers 1410.
Provenance : Librairie de Bourgogne : inventaire de 1487 (CCB 5, 8.32 : Item ung autre grant volume couvert de cuir rouge, a tout deux cloans et cincq boutons de leton, historié et intitulé « Le livre des cent balades et pluiseurs laiz, l'epistre Othea, la cité des dames, longue estude » et commenchant ou second feullet « de tous mes boins jours ce m'est chose moult dure » et ou derrenier finissant « me fera tourner en cendre »). L’explicit « tourner en cendre » est celui des Cent ballades d’amant et de dame.
Bibliographie : Laidlaw 1987, p. 59-60 [estime que l’origine du folio de Leyde reste du domaine de la spéculation] ; Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, no 10, p. 308-310.

114Christine de Pizan, Epistre Othea, avec dédicace à Louis d’Orléans
Cité par G.-J. Gérard en 1793. Cf. Catalogue des manuscrits de la Bibliotheque des ducs de Bourgogne, souverains des Pays Bas et des autres manuscrits qui se trouvoient dans la Bibliotheque Publique de Bruxelles en 1793, 2. Belles Lettres (La Haye, KB, ms. 71 E 1, f. 141-144 (76-77v), no 723.
Bibliographie : Mombello 1967, no 34, p. 181-182.

Ce texte n’aurait vu le jour sans la persévérance de Lori Walters. C’est elle qui m’a fort aimablement invité à travailler sur les relations entre Christine de Pizan et les ducs de Bourgogne, afin de présenter le résultat de mes recherches au colloque international « Christine de Pizan: Publishing, Politics, and Reception in Premodern Europe », qu’elle a organisé avec Rebecca Kingston et Helen Swift à l’Université de Toronto du 21 au 23 août 2024. Qu’elle soit chaleureusement remerciée ici pour sa confiance, son enthousiasme et sa force de persuasion. Une version abrégée devrait paraître en anglais dans les actes du colloque.

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Bibliographie

Alexander, Marrow et Sandler 2005 J.J.G. Alexander, J.H. Marrow et L.F. Sandler (dir.), The Splendor of the Word. Medieval and Renaissance Illuminated Manuscripts at the New York Public Library (cat. exp.) (Studies in Medieval and Early Renaissance Art History, 44), New York, 2005.

Autrand 2009 F. Autrand, Christine de Pizan, une femme en politique, Paris, 2009.

Avril 1993 F. Avril, Le dessin colorié dans le Nord de la France, dans Avril et Reynaud 1993, p. 98-103.

Avril et Reynaud 1993 F. Avril et N. Reynaud, Les manuscrits à peintures en France, 1440-1520 (cat. exp., Paris, Bibliothèque nationale de France, 16 oct. 1993-16 janv. 1994), Paris, 1993.

Barbier 2008 A.-M. Barbier, Le cycle iconographique perdu de l’Epistre Othea de Christine de Pizan : le cas des manuscrits Beauvais, MS 9 et Oxford, Bodleian Library, Bodley 421, dans Cahiers de Recherches médiévales et humanistes, 16, 2008, p. 279-299.

Barbier 2012 A.-M. Barbier, Les cycles iconographiques de l’Epistre Othea de Christine de Pizan, en France et dans les anciens Pays-Bas, au xve siècle, thèse de doctorat inédite, Universitté Charles-de-Gaulle Lille 3, 3 vol., Lille, 2012.

Barbier 2020 A.-M. Barbier, La réception de l’Epistre Othea dans le manuscrit Erlangen, UB, 2361 : des images au service du prince ?, dans Bulletin du Bibliophile, 2021, 1, p. 9-38.

Barbier 2021 A.-M. Barbier, Le lien des images avec le texte dans les manuscrits tardifs de l’« Epistre Othea » : un indice de leur parenté avec les cycles iconographiques des manuscrits de présentation ?, dans Studi Francesi, 195, 65-3, 2021, p. 501-514.

Barstow 1992 K.A. Barstow, The Library of Margaret of York and Some Related Books, dans T. Kren (éd.), Margaret of York, Simon Marmion and The Visions of Tondal. Papers Delivered at a Symposium Organized by the Department of Manuscripts of the J. Paul Getty Museum in Collaboration with the Huntington Library and Art Collections, June 21-24, 1990, Malibu, 1992, p. 257-263.

Bayot 1908 A. Bayot, La Légende de Troie à la cour de Bourgogne. Études d’histoire littéraire et de bibliographie (Publications de la Société d’Émulation de Bruges. Mélanges, 1), Bruges, 1908.

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Blondeau 2009 C. Blondeau, Un conquérant pour quatre ducs. Alexandre le Grand à la cour de Bourgogne (L’art et l’essai, 6), Paris, 2009.

Born 1986 R. Born, Les Lalaing. Une grande « mesnie » hennuyère, de l’aventure d’Outrée au siècle des gueux (1096-1600), Bruxelles, 1986.

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Notes

1 De Winter 1985, no 62, p. 139-141. L’inventaire de 1404 comporte dans la marge, en regard de la mention du manuscrit, l’indication « fault ». Sur les relations entre Christine de Pizan et Philippe le Hardi, voir aussi De Winter 1982. Plusieurs exemplaires de l’Epistre Othea comportant la dédicace à Philippe le Hardi nous sont parvenus : Aylesbury, Waddesdon Manor, James A. de Rothschild Collection, MS 8 ; Bruxelles, KBR, ms. 4373-4376 ; KBR, ms. 9392 ; Oxford, BL, MS Bodley 421. Pour une description sommaire de ces manuscrits, avec une bibliographie succincte, voir le Catalogue des manuscrits en annexe.

2 Deux exemplaires de ce texte sont mentionnés dans l’inventaire de Jean sans Peur (1420). Voir Bruxelles, KBR, ms. 10982 (CCB 5, 3.133) et KBR, ms. 10983 (CCB 5, 3.134). Patrick De Winter pensait que l’exemplaire offert au duc était le KBR 10982 en raison de la richesse de sa décoration (De Winter 1985, no 63, p. 141 ; cat. 15, p. 218-219), mais il s’agit plus vraisemblablement du plus ancien des deux livres, le KBR 10983. Voir Willard 1965, p. 454 ; Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, nos 18 et 19, p. 386-392, 394-400. Le livre fut présenté au duc entre le 30 mars et le 30 septembre 1403 (Autrand 2009, p. 252).

3 Paris, BNF, ms. fr. 1188. Présenté au duc le 20 mars 1403 (n. st.). Voir Taburet-Delahaye 2004, no 138, p. 232 (notice de F. Avril) ; Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, no 20, p. 402-407.

4 Bruxelles, KBR, ms. 9508. Présenté le jour de l’an 1404 (n. st.), comme Christine le relate au début du Livre des fais et bonnes meurs du sage roi Charles V (Pizan, Livre des fais et bonnes meurs, 1, p. 6-9). Voir De Winter 1985, cat. 14, p. 139.

5 Autrand 2009 p. 253.

6 La Haye, KB, ms. 78 D 42. Voir Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, no 23, p. 438-447.

7 Collection particulière (ex-Phillipps 207). Voir Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, no 25, p. 458-466.

8 Pizan, Livre des fais et bonnes meurs, 1, p. 8-9.

9 Pizan, Livre des fais et bonnes meurs, 1, p. 5-6.

10 Paris, BNF, fr. 10153.

11 Willard 1984, p. 170 ; Autrand 2009, p. 253 ; Schnerb 1999, p. 141-142.

12 Pizan, Livre des fais et bonnes meurs, 1, p. 152.

13 Dijon, ACO, B5520, f. 94vo. Cité par Schnerb 2005, p. 451 et 766 n. 24.

14 Bruxelles, KBR, ms. 10309. À moins qu’il ne s’agisse d’un exemplaire du Livre des trois vertus, dédié à la fille de Jean sans Peur, Marguerite de Bourgogne. On n’en trouve toutefois pas trace dans l’inventaire de la bibliothèque du duc.

15 Lille, ADN, B1878, f. 124r-124vo. Édité par Cockshaw 1969, no 64. Bertrand Schnerb pense que l’un de ces deux manuscrits pourrait être le Livre des fais et bonnes meurs de Charles V (Paris, BNF, ms. fr. 10153). Voir Schnerb 2005, p. 451. La chose est assurée pour Van Hemelryck 2007, p. 5 ; Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, p. 490 n. 9.

16 Dijon, ACO, B1554, f. 74vo (Cockshaw 1969, no 68).

17 Dijon, ACO, B1556, f. 73vo et B1560, f. 188 (Cockshaw 1969, nos 72 et 76).

18 Dijon, ACO, B1572, f. 31vo-32 (Cockshaw 1969, no 81).

19 CCB 5, 3.127.

20 Bruxelles, KBR, ms. 9393.

21 Bruxelles, KBR, ms. 10987.

22 Bruxelles, KBR, ms. 10476. Vraisemblablement acquis par Jean sans Peur, le livre ne figure pourtant pas dans l’inventaire de 1420. Il est mentionné pour la première fois dans celui de 1467-1469 (CCB 5, 5.229).

23 Willard 1984, p. 171.

24 Bruxelles, AGR, CC, no 2394 (1408-1409). Édité par Pinchart 1860, 2, p. 111-112.

25 Bruxelles, AGR, CC, no 2394 (1408-1409), f. 379vo. Édité par Quicke 1928.

26  Solente 1924, p. 297.

27 Pizan, Livre de la Cité des dames, p. 708.

28 Notons que la fille cadette de Jean sans Peur, Agnès de Bourgogne (1407-1476), épouse de Charles Ier de Bourbon, entre en possession, peut-être par le biais de ses parents, de deux textes christiniens dont elle n’était pas la destinataire : une Epistre Othea (Paris, BNF, ms. fr. 848) et un Livre de la Cité des dames (Paris, BNF, ms. fr. 24293).

29 Bruxelles, KBR, ms. 10366.

30 Autrand 2009, p. 273-274.

31 Pizan, Livre des fais d’armes, p. 14-19.

32 Autrand 2009, p. 302.

33 Autrand 2009, p. 357.

34 Bruxelles, KBR, ms. 10476.

35 Un ajout au f. 36v contient un commentaire élogieux sur la victoire de Jean sans Peur à la bataille d’Othée (Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, p. 688).

36 Pizan, Livre des fais d’armes, p. 16.

37 Pizan, Livre des fais d’armes, p. 17.

38 Paris, BNF, ms. fr. 1182, f. 72vo-73. Tardif, il reproduit le texte d’un original, peut-être l’exemplaire de Jean de Berry. Voir Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, p. 693.

39 Autrand 2009, p. 256. C’est également l’avis de Villela-Petit. Elle estime peu probable que le livre ait pu être présenté directement à Jean sans Peur (Villela-Petit 2020b, p. 66).

40 Bruxelles, KBR, ms. 10366. Peut-être acquis par Jean sans Peur, même s’il n’apparaît pas dans l’inventaire de 1420.

41 Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, p. 698.

42 Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, p. 691-694 ; LDB 5, p. 245.

43 Willard 1984, p. 193. Sur Guillebert de Lannoy, voir Hasenohr et Zink 1992, p. 534-535.

44 Le prieuré royal des dominicaines de Poissy est généralement cité dans la littérature, mais cette hypothèse est loin d’être assurée, Poissy étant alors sous contrôle anglais. Pour des propositions alternatives, voir Green 2014 et Villela-Petit 2020b.

45 Willard 1984, p. 213.

46 Bruxelles, KBR, ms. 10476.

47 Bruxelles, KBR, ms. 10366. La reliure est apparentée à celles de (Vincent) Gohon, un artisan lillois. – La provenance du KBR 11034, qui contient le Débat des deux amans, est plus incertaine. Destiné à Louis de Sancerre, ce livre fut probablement présenté à Charles d’Albret, connétable de France, en janvier 1404 (n. st.), avant de passer dans la bibliothèque de Philippe le Bon (CCB 5, 5.576).

48 Bruxelles, KBR, ms. 9559-9564 ; Bruxelles, KBR, ms. 11102 ; Erlangen, Universitätsbibliothek, ms. 2361 et deux « livres non parfaits » mentionnés dans l’inventaire de 1467-1469 (CCB 5,5.200 et 5. Add 11). Van Hemelryck et Van Hoorebeeck 2010 proposent de voir dans le premier le manuscrit d’Aylesbury et dans le second le KBR 9392 (voir supra, n. 1). Toutefois, l’incipit du dernier folio du CCB 5,5.200 (« de Nostre Seigneur la VIe joye ») ne semble pas correspondre au traité de Jean Miélot sur les Sept sacrements de l’Église, qui clôt le volume d’Aylesbury.

49 Bruxelles, KBR, ms. 11074-11078.

50 Bruxelles, KBR, ms. 10205.

51 Bruxelles, KBR, ms. 10973. Van Hoorebeeck 2014, p. 151, 280, 283, 579. H. Wijsman émet l’hypothèse qu’il pourrait s’agir d’un volume acheté pour Isabelle de Portugal (Wijsman 2010, p. 186).

52 Bruxelles, KBR, ms. 10437-10440. Le Livre du corps de policie figure aux f. 139-200.

53 Paris, BNF, ms. fr. 12439.

54 Sur la biographie de Guillebert, voir récemment Vanwijnsberghe et Verroken 2017.

55 Croenen 2025.

56 Vanwijnsberghe et Verroken 2017, doc. A38, p. 540.

57 Vanwijnsberghe et Verroken 2017, doc. A40, p. 541.

58 Vanwijnsberghe et Verroken 2017, doc. A25 et A26, p. 535-536.

59 L’enlumineur travaille pour le duc, mais aussi pour deux de ses épouses, Michelle de France et Isabelle de Portugal. Voir Vanwijnsberghe et Verroken 2017, p. 124-127 et 175-176 (Michelle de France), 132-133, 247-248 (Isabelle de Portugal).

60 Vanwijnsberghe et Verroken 2021.

61 Croenen 2025 distingue désormais un Maître du Décaméron, distinct de Guillebert.

62 Bruxelles, KBR, ms. 9559-9564.

63 Notons que quatre des manuscrits de ce groupe (Cambridge (Mass.), Harvard University, Houghton Library, MS Fr 168 ; Paris, BNF, ms. fr. 1242, 1243 et 23997) comportent, en fin de volume, des Stratagèmes anonymes, qui mentionnent la ville flamande d’Audenarde : « Item Oudenarde fut prinse par une charrette de buche ».

64 Bruxelles, KBR, ms. 10205. Voir Delsaux 2016. Dulac et Richards 2016 expliquent ce remaniement par un changement de contexte politique, le regain nostalgique de l’idéal chevaleresque à la cour de Bourgogne après la chute de Constantinople et le désir de croisade exprimé par Philippe le Bon.

65 Vanwijnsberghe et Verroken 2017, L11 et L19, p. 571 et 573. Cette pratique de compilation-réécriture est bien décrite par Croenen 2025. Deux autres manuscrits contenant des textes christiniens copiés par Guillebert de Mets, mais n’ayant pas fait partie de la Librairie de Bourgogne, sont conservés à Bruxelles : une Epistre Othea (KBR, ms. 11103) et un recueil contenant, outre cette Epistre, les Enseignements moraux (KBR, ms. IV 1114).

66 Erlangen, UB, ms. 2361. Ce décompte n’inclut pas la miniature frontispice du f. 2, probablement ajoutée au xixe siècle (Mombello 1967, p. 186-187). Sur Vrelant, voir Bousmanne 1997 et les p. 249-250 pour le manuscrit d’Erlangen. Étrangement, pour un manuscrit bourguignon, le texte est précédé de la dédicace à Louis d’Orléans.

67 Barbier 2020 ; Barbier 2021.

68 Vanwijnsberghe 2015, p. 40-44.

69 Paris, BNF, ms. fr. 12439.

70 Bruxelles, KBR, ms. 9392.

71 Barbier 2012, p. 234-239, 270-275, 302-305, 321-337 et passim.

72 Sur ce remaniement, voir Schoysman 2002-2003 ; Van Hemelryck et Van Hoorebeeck 2010.

73 « Pour ce que souvent briefveté rende les materes obscures aux liseurs et afin que les cent gloses dessusdescriptes des cent auctoritéz de l’epitre que Othea la deesse de prudence envoya jadis au preu et tresvaillant Hector de Troye […] soient égales les unes aux autres comme sont les quatre lignes de texte desdittes cent auctoritéz […] a été faitte et composee de nouvel une addition ou declaraton par Jo. Mielot […] en le extraiant du livre Jehan Boccace qu’il fist de la genealogie des dieux des payens, de l’hystoire de Troye, de Virgile en son livre de Eneydos, de methamorphoses que fist Ovide et pluseurs autres poetes, philosophes et orateur  […] afin tant seulement de rendre lesdittes gloses et allegories de ce livre d’une mesmes quantité d’escripture les unes aux autres ainsi que sont lesdittes quatre lignes de chacun texte comme dit est » (f. 104vo-105). L’autre exemplaire conservé de ce remaniement, en la possession de Philippe de Clèves, se trouve à Aylesbury (voir supra, n. 1). Il a été enluminé tardivement en Flandre, après 1492. Selon Hanno Wijsman, il s’agirait d’un autographe de Jean Miélot, entré dans la collection de Philippe de Clèves par l’intermédiaire de Louis de Luxembourg (Wijsman 2009, p. 139-140).

74 Brown-Grant 1994.

75 Barstow 1992 ; Legaré 2005b ; Wijsman 2010, p. 190-198.

76 Dresde, SLB, ms. Oc. 55 (non répertorié dans Barstow 1992).

77 Kren et McKendrick 2003, p. 158-162 ; Bousmanne et Delcourt 2011, p. 421-424.

78 Kren et McKendrick 2003, p. 190-198, 305-308, 316-329.

79 Les mêmes bordures apparaissent dans les manuscrits suivants commandés ou possédés par Marguerite d’York : Bruxelles, KBR, ms. 9030-9037 et 9106, New York, PML, MS M 484 (scribe : David Aubert ; enlumineur : Maître des traités de morale, vers 1475) ; KBR 9272-9276 (enlumineur : Maître des traités de morale, vers 1475) ; Oxford, Bodleian Library, MS Douce 365 (scribe : Aubert ; enlumineur : Maître du Premier livre de prières de Maximilien, mars 1476) ; Iéna, Universitätsbibliothek, Ms. El.  f. 85 (scribe : Aubert ; enlumineur : Maître du Premier livre de prières de Maximilien ?, 1476) ; Wells-next-the-Sea, Holkham Hall, Library of the Earl of Leicester, Ms. 659 (enlumineur : Maître du Premier livre de prières de Maximilien, 1477).

80 Sur sa bibliothèque, voir Van den Bergen-Pantens 1993 ; Van den Bergen-Pantens 1996.

81 Turin, Archivio di Stato, Biblioteca Antica, J.b.II.15.

82 Cologny, Fondation Bodmer, ms. 49.

83 Prevenier et Blockmans 1983, p. 198-213.

84 Stroo 2002 ; Wijsman 2003 ;Van Hemelryck 2007; Wijsman 2007 ; Wijsman 2010 ; Van Hoorebeeck 2009 ; Van Hoorebeeck 2014.

85 Voir la synthèse critique très lucide de Van Hoorebeek 2009.

86 Ils sont représentés dans le groupe de droite du fameux frontispice des Chroniques de Hainaut (Bruxelles, KBR, ms. 9242, f. 1). Voir Schandel 2011a, p. 72-75.

87 On conserve son portrait peint par Rogier van der Weyden (Anvers, KMSK, inv. 25). Voir la base de données BALaT de l’IRPA : objet IRPA 90439.

88 Jean et Antoine de Croÿ. Sur Jean : de Smedt 2000, no 22, p. 48-50 (notice de P. De Win) ; sur Antoine : de Smedt 2000, no 15, p. 34-38 (notice de P. De Win).

89 de Smedt 2000, no 74, p. 174-176 (notice de M. Debae).

90 Debae 1996, p. 202-204 ; Devaux 2001 ; Wijsman 2010, p. 322-324.

91 Bruxelles, KBR, ms. 9009-9011, f. 117-226vo.

92 Bruxelles, KBR, ms. 9235-9237. Il s’agirait plutôt de Louise d’Albret (vers 1470-1531), épouse de Charles de Croÿ, selon Mombello 1967, p. 225. La datation du manuscrit dans le troisième quart du xve siècle, semble toutefois exclure cette possibilité.

93 Esch 2002, p. 655.

94 de Smedt 2000, no 104, p. 245-246 (notice de R. Wellens).

95 Une centaine de manuscrits portent son ex-libris. Voir Debae 1996, p. 204-205 ; Wijsman 2010, p. 324-328.

96 Londres, Bernard Quaritch, août 1871, lot 140, p. 33.

97 Londres, Bernard Quaritch, 1er janvier 1902, lot 147, p. 65.

98 Bruxelles, KBR, ms. 10437-10440.

99 Bruxelles, KBR, ms. 9551-9552.

100 Vanwijnsberghe 2020, p. 307-310, ill. 12.9, 12.10.

101 Lemaire 1981 ; Martens 1992 ; Wijsman 2007 ; Hans-Collas et Schandel 2009.

102 de Smedt 2000, no 61, p. 148-151 (notice de M. Martens) ; Haemers 2007. Il sert ensuite Charles le Téméraire et sa fille Marie de Bourgogne. À la mort de celle-ci en 1482, il devient membre du conseil de régence de Philippe le Beau, avant de tomber en disgrâce sous le règne de Maximilien d’Autriche.

103 Paris, BNF, ms. fr. 1185. Comme on l’a vu, Philippe le Bon disposait d’une autre copie de ce texte, la version remaniée par Jean Miélot, illustrée, elle aussi, par Liédet (Bruxelles, KBR, ms. 9392).

104 Paris, BNF, ms. fr. 585.

105 Paris, BNF, ms. fr. 1177.

106 Londres, BL, Harley MS 4431. Voir, sur cette question, Wijsman 2010, p. 360 et n. 561. La Librairie de Bourgogne pourrait avoir possédé un manuscrit assez similaire, le fameux Recueil de Bourgogne (Burgundy Manuscript) cité dans les inventaires de 1467-1469 et 1487 (CCB 5, 5.206 et 8.32). Aujourd’hui disparu, il contenait le Livre des cent balades, plusieurs lais, l’Epistre Othea, le Livre de la Cité des dames, le Livre du chemin de lonc estude. Voir Laidlaw 1987, p. 59-60.

107 Contrairement à ce qu’affirme G. Mombello, après d’autres auteurs (Mombello 1967, p. 207), ou encore C.C. Willard en 1997 (Willard 1997, § 7). Cette hypothèse est battue en brèche par, entre autres, Wijsman 2010, p. 360 et n. 561 ; Ouy, Reno et Villela-Petit 2012, p. 320 n. 26.

108 Bruxelles, KBR, ms. IV 1093. Sur ce statut douteux, voir Cinq années d’acquisition 1979, no 54, p. 123-126. Ces doutes ne sont partagés ni par Hans-Collas et Schandel 2009, p. 15 et 321, ni par Wijsman 2010, p. 366.

109 Bruxelles, KBR, ms. 10987.

110 de Smedt 2000, no 63, p. 153-154 (notice de C.T. Allmand).

111 Ross 1997, p. 264.

112 McKendrick 1990 ; McKendrick 1992 ; McKendrick 1994.

113 Londres, BL, Royal MS 14 E.ii.

114 Londres, BL, Royal MS 17 E.iv.

115 Mombello 1967, p. 215 et n. 1. Au même groupe appartient l’Epistre Othea d’Antoine de Bourgogne (Cologny, Fondation Bodmer, ms. 49).

116 Willard 1996 ; Gil 1999, 1, p. 249 et n. 851 ; de Smedt 2000, no 23, p. 51-53 (notice de B. Schnerb).

117 Gil 1998.

118 Toronto, Fisher Library, Fisher MS 05041. Marc Gil y voit un enlumineur de l’entourage de Lieven van Lathem, à l’œuvre vers 1467-1470 (Gil 1999, p. 249 n. 851), une attribution qu’il est difficile de suivre.

119 Schandel 2011b ; Vanwijnsberghe 2015, p. 44-45.

120 Devillers 1890-1891 ; Born 1986, p. 200-204.

121 Lille, BM, ms. 335 (392). Les armes des Lalaing, dans la marge du frontispice possèdent un lionceau de gueules dans le premier losange en chef à dextre, propre à la branche des Lalaing de Montigny. Voir Brassart 1879-1889, 1, p. 105.

122 Legaré 2005a, p. 415 ; Wijsman 2010, p. 392.

123 Legaré 2002.

124 C’est à ce maître également qu’Isabelle de Lalaing, petite-cousine de Charles, confia l’enluminure de son livre d’heures connu sous le nom d’Heures de Boussu (Paris, Bibliothèque de l’Arsenal, ms. 1185). Voir Legaré 1996, p. 213-215.

125 Yale, Beinecke, MS 427. Marc Gil propose, à titre d’hypothèse, d’y voir Antoine, bailli d’Amiens (Gil 1999, 4, p. 1074-1075). Des deux chevaliers de l’ordre de la Toison d’or appartenant à la famille, on peut exclure Jacques (chapitre de Dijon 1433 ; de Smedt 2000, no 29, p. 68-69, notice de B. Schnerb), mort en 1439, trop tôt donc pour être le commanditaire, et Philippe, seigneur d’Esquerdes († 1494), gouverneur de Montdidier, Péronnes et Roye (chapitre de Bruges 1468 : de Smedt 2000, no 69, p. 161-163, notice de M.-T. Caron), qui ne portait sans doute pas les armes pleines de Crèvecœur, étant le demi-frère cadet d’Antoine.

126 Gil 2011. Il est employé par Antoine de Bourgogne, le Grand bâtard, par Guillaume de La Baume, chevalier d’honneur de Marguerite d’York, et par Wolfert van Borselen, cousin du duc et beau-frère de Louis de Gruuthuse.

127 Poullet 1873 ; Haemers, Wijsman et Van Hoorebeeck 2007.

128 Dans sa famille, deux membres avaient obtenu cette dignité : Jean Ier (1419-1481), fait chevalier au chapitre de Mons en 1451 (de Smedt 2000, no 47, p. 109-112, notice de P. De Win) et Adolphe (1425-1492), père de Philippe, au chapitre de La Haye en 1456 (de Smedt 2000, no 55, p. 131-134, notice de P. De Win).

129 Wijsman 2010, p. 296.

130 Korteweg 2007 ; Wijsman 2007.

131 Aylesbury, Waddesdon Manor, MS 8. Le manuscrit comporte la dédicace à Philippe le Hardi. Voir supra, n. 1 et 73.

132 Maître créé par Hanno Wijsman, à qui trois autres œuvres sont attribuées. Voir Wijsman 2010, p. 303 et la base de données Luxury Bound : fiches des manuscrits Paris, BnF, ms. lat. 1390 (entourage) ; St Benedict (OR), Mount Angel Abbey, MS 67 [cité erronément « MS 57 »] ; Cité du Vatican, Biblioteca Apostolica Vaticana, ms. Pal. Lat. 1990. Voir http://telma.irht.cnrs.fr/outils/luxury-bound/listemanuscrits/.

133 Born 1986, p. 202.

134 Legaré 1996, p. 210-211.

135 Lemaire 1993 ; Wijsman 2010, p. 465-468.

136 Vanwijnsberghe 2006, p. 141-144.

137 Paris, BNF, ms. fr. 25559.

138 Wijsman 2010, p. 466-467 n. 1093.

139 Paris, BNF, ms. fr. 1185 (Louis de Gruuthuse) ; Londres, BL, Royal MS 14 E.ii et Royal MS 17 E.iv (Édouard IV).

140 En marge des milieux de la cour bourguignonne, il faut également signaler le Livre du corps de policie contenu dans un recueil de traités moraux et didactiques ayant appartenu à Jean de Rohan, seigneur de Montauban (1412-1466), noble breton qui fut maréchal de Bretagne (New York, Public Library, MS Spencer 17). Le manuscrit, enluminé par un Brabançon, le Maître de Johannes Gielemans, fut commandé lorsque Jean de Rohan accompagna le dauphin de France, le futur Louis XI, dans son exil à la cour de Philippe le Bon (1456-1461). Voir Alexander, Marrow et Sandler 2005, no 96, p. 407-412 (notice de J.H. Marrow).

141 Van Hoorebeeck 2009. L’autrice souligne l’originalité des bibliothèques de fonctionnaires, leur rôle actif et innovant dans la production de « modèles livresques ». Elle avance l’idée que la présence d’ouvrages « bourguignons » dans leurs collections pourrait très bien être, dans certains cas, le résultat non pas d’un phénomène d’« émulation verticale », mais de contacts professionnels noués au sein du milieu curial. Voir aussi Van Hoorebeeck 2014, p. 249-267.

142 CCB 5, 5.263.

143 Van Hoorebeeck 2014, p. 278-279.

144 Bruxelles, KBR, ms. 11102.

145 Bruxelles, KBR, ms. 10973.

146 Inventaire édité dans CCB 4, no 26, p. 67-69. Mentions à la p. 68 : [3] Cité des dammes ; [8] Otea. Voir aussi Van Hoorebeeck 2014, p. 333, 386-389.

147 Londres, BL, Add. MS 20698.

148 Un livre d’heures à l’usage de Rome (Bruxelles, KBR, ms. IV 746, Maîtres aux rinceaux d’or), une Cité de Dieu non historiée (Lille, BM, ms. 647-648) ; la Pénitence d’Adam (Paris, Bibliothèque de l’Arsenal, ms. 5092, entourage du Maître brugeois de 1482). Sur ce dernier manuscrit, voir Bousmanne et Delcourt 2011, no 93, p. 348-349 (notice d’A. Dubois).

149 Lie et al. 2015, p. 41-46.

150 Vanwijnsberghe 2001, plus particulièrement les p. 53-58, 159-231 (« Testaments et comptes d’exécution testamentaire »).

151 Gil 2002.

152 Gil et Nys 2004.

153 Vanwijnsberghe 1996.

154 Outre Richard de Bellengues, cité plus haut, les huit volumes du Corpus Catalogorum Belgii ne mentionnent qu’une seule autre occurrence, le Brugeois Jean Adorne († 1511). Voir infra, n. 159.

155 Schandel 1997 ; Schandel 1998 ; Charron 2004.

156 Avril 1993.

157 Lille, BM, ms. 175. Sur le cycle iconographique du manuscrit lillois, voir Barbier 2021, p. 507-514.

158 Lille, BM, ms. 390 (390).

159 Jean était le fils d’Anselme Adorne, bourgmestre de Bruges, célèbre pour son voyage de Jérusalem et sa commande, à Jan van Eyck, de deux tableaux de la Stigmatisation de saint François (sur Anselme, voir Saint-Genois 1866 ; Gailliard 1859, p. 106-108. Sur Jean : Gailliard 1859, p. 108-109 ; Hautcœur 1896-1899, 2, p. 164-170). Le testament de Jean Adorne mentionne que son exemplaire de l’Epistre d’Othea était en français (« Noch een andere [boec] in walsche de Othea la deesse ». Voir CCB 1, no 5 [2], p. 24).

160 Bruxelles, KBR, ms. 4373-4376.

161 Oxford, BL, MS Bodley 421. Anne-Marie Barbier défend l’idée selon laquelle le cycle long (101 miniatures) de ce manuscrit, très proche de celui d’un exemplaire sur parchemin conservé à Beauvais (BM, ms. 9), reflète le programme iconographique d’un exemplaire aujourd’hui perdu, distinct de celui conçu par Christine pour les copies qu’elle destinait à l’entourage de la cour (Barbier 2008).

162 Gil et Nys 2004, respectivement p. 417, 423 et 430.

163 Cambridge (Mass.), Harvard University, Houghton Library, MS. Fr 168. Un autre exemplaire appartenant à la famille B pourrait également provenir du nord de la France et peut-être de Lille. Ce manuscrit conservé à Turin (Biblioteca Reale, Raccolta Saluzzo, 17) est illustré de dessins coloriés sur papier, dans la tradition lilloise, et son texte présente des traits picards. Il a appartenu à une grande famille de la région lilloise, les Lannoy, au xviie siècle. Je ne connais aucun autre exemple du style très personnel de son enlumineur. Avec mes vifs remerciements à Giovanna Saroni, qui est intervenue en ma faveur pour obtenir des photographies du manuscrit.

164 Saint-Omer, BM, ms. 127.

165 Fremaux 1870, p. 36-38.

166 Lille, BM, ms. Godefroy 57 (152).

167 Paris, BNF, ms. fr. 1091.

168 Paris, BNF, ms. fr. 25294.

169 Communication écrite d’Olivier Delsaux (25 juin 2019).

170 Ainsi, dans l’Epistre Othea de la KBR (ms. 9392, f. 1) (fig. 5), c’est Jean Miélot qui est représenté offrant au duc son remaniement du texte christinien.

171 Hindman 1986 ; Barbier 2008 ; Barbier 2020 ; Brown-Grant 1994 ; LDB 3, p. 89.

172 Coleman 1996, p. 119-122 et passim. Cette dimension performative est également mise en exergue par Van Hemelryck 2007, p. 11-12 ; Van Hemelryck et Van Hoorebeeck 2010, p. 127.

173 La littérature sur ce sujet est particulièrement abondante. Voir la synthèse de Devaux 2006, en particulier p. 469-471. Voir aussi Bayot 1908 ; Blondeau 2009 ; Bouquet 2020 ; Cheyns-Condé 1991 ; Doutrepont 1909, p. 120-186 ; López Martínez-Morás 2015 ; McKendrick 1990 ; McKendrick 1991 ; Monfrin 1969, ainsi que diverses contributions dans Héros bourguignon 2001 ; Cockshaw et Vanden Bergen-Pantens 1996.

174 Parussa 1996.

175 Willard 1966.

176 Groag Bell 2004.

177 Son inventaire mentionne le Livre de la Cité des dames, le Livre du corps de policie, le Livre des fais d’armes et de chevalerie, le Livre des trois vertus et, bien entendu, l’Epistre Othea. Voir Debae 1995, no 86, p. 130-134 (KBR 9009-9011) ; no 110, p. 184-188 (KBR 9551-9552) ; no 144, p. 247-251 (KBR 9235-9237) ; no 157, p. 275-276 ; no 163, p. 280-281 (KBR 10974) ; no 189, p. 317 ; no 258, p. 395-399 (KBR 10437-10440).

178 Pizan, Livre des trois vertus, p. 225.

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Table des illustrations

Titre [Fig. 1]
Légende Maître de l’Épître Othéa, Christine de Pizan écrivant dans son cabinet de travail. – Christine de Pizan, Avision Christine, Paris, 1405-1406 (Bruxelles, KBR, ms. 10309, f. 1).
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Titre [Fig. 2]
Légende Maître de la Cité des dames, Christine de Pizan, dans son cabinet de travail, s’adresse à la déesse Minerve, suivie d’un groupe de cavaliers. – Christine de Pizan, Livre des fais d’armes et de chevalerie, Paris, vers 1410 (Bruxelles, KBR, ms. 10476, f. 3).
Crédits © Bruxelles, KBR.
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Titre [Fig. 3]
Légende Maître de la Cité des dames, Christine de Pizan écrivant dans son cabinet de travail– Christine de Pizan, Livre de paix, Paris, vers 1414 (Bruxelles, KBR, ms. 10366, f. 3).
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Titre [Fig. 4]
Légende Maître de Guillebert de Mets (Johannes Ramont), Dame Justice, assise sur un trône, entourée de Miséricorde et d’Information– Christine de Pizan, Epistre Othea, Grammont et Gand, 1434 ou peu après (Bruxelles, KBR, ms. 9559-9564, f. 6).
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Titre [Fig. 5]
Légende Loyset Liédet, Jean Miélot présente son remaniement au duc de Bourgogne (Philippe le Bon ou Charles le Téméraire)– Christine de Pizan, Epistre Othea, révision de Jean Miélot, Lille, 1460 (écriture), Bruges, après 1467 (enluminure) (Bruxelles, KBR, ms. 9392, f. 1).
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Titre [Fig. 6]
Légende Vignetteur du Maître des traités de morale et du Maître du Premier livre de prières de Maximilien. – Christine de Pizan, Livre des trois vertus (fragment d’une page décorée). Dans le bas de page, armes effacées de Marguerite d’York, Gand, vers 1475 (Dresde, Sächsische Landesbibliothek – Staats- und Universitätsbibliothek, Ms. Oc. 55, f. XX).
Crédits © Public Domain Mark 1.0.
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Titre [Fig. 7]
Légende Maître des Chroniques de Pise, Othéa, jaillie d’une nuée, offre son épître à Hector. Dans la marge : armes d’Antoine de Bourgogne. – Christine de Pizan, Epistre Othea, Bruges, vers 1460 (Cologny, Fondation Bodmer, ms. 49, f. 7).
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Titre [Fig. 8]
Légende Maître de l’Arbre des batailles, Christine de Pizan écrivant dans son cabinet de travail– Christine de Pizan, Livre des fais d’armes et de chevalerie, Hainaut (Mons ?), vers 1465 (Bruxelles, KBR, ms. 9009-9011, f. 118v).
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Titre [Fig. 9]
Légende Enlumineur hainuyer, Christine de Pizan, accablée, voit apparaître Raison, Droiture et Justice– Christine de Pizan, Livre de la Cité des dames, Hainaut, vers 1460-1475 (Bruxelles, KBR, ms. 9235-9237, f. 5).
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Titre [Fig. 10]
Légende Enlumineur hainuyer, Raison, Droiture et Justice s’adressent à un groupe de dames– Christine de Pizan, Livre des trois vertus, Hainaut, vers 1420-1425 (Bruxelles, KBR, ms. 9551-9552, f. 66).
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Titre [Fig. 11]
Légende Maître de Marguerite d’York, Christine de Pizan, accablée, voit apparaître Raison, Droiture et Justice– Christine de Pizan, Livre de la Cité des dames, Bruges, vers 1470-1480 (Paris, BNF, ms. fr. 1177, f. 3v).
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Titre [Fig. 12]
Légende Jean Hennecart (entourage), Christine de Pizan présentant son livre à un souverain– Christine de Pizan, Livre de paix, Pays-Bas méridionaux (Bruxelles ?), vers 1460-1470 (Toronto, The Thomas Fisher Rare Book Library, Fisher MS 05041, f. 1).
URL http://journals.openedition.org/kikirpa/docannexe/image/13007/img-12.jpg
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Titre [Fig. 13]
Légende Maître de Marguerite de Liedekerke, Christine de Pizan présentant son livre à un chevalier assis sur un banc-coffre– Christine de Pizan, Epistre Othea, Hainaut (Valenciennes), vers 1490-1500 (Lille, BM, ms. 335 (392), f. 3).
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Titre [Fig. 14]
Légende Maître de Rambures, Christine de Pizan, accablée, voit apparaître les trois vertus : Raison, Droiture et Justice– Christine de Pizan, Livre des trois vertus, Nord de la France, vers 1460-1470 (New Haven, Yale University, Beinecke Rare Book and Manuscript Library, MS 427, f. 1).
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Titre [Fig. 15]
Légende Maître de Marguerite d’York (atelier), Christine de Pizan dans son cabinet de travail– Christine de Pizan, Stede der Vrauwen, traduction néerlandaise du Livre de la Cité des dames, Bruges, vers 1475 (Londres, BL, Add. MS 20698, f. 2).
URL http://journals.openedition.org/kikirpa/docannexe/image/13007/img-15.jpg
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Titre [Fig. 16]
Légende Maître de l’Épître Othéa de Lille, Othéa, dans une nuée, offre son épître à Hector– Christine de Pizan, Epistre Othea, Lille, vers 1450-1460 (Lille, BM, ms. 175 (391), f. 1).
URL http://journals.openedition.org/kikirpa/docannexe/image/13007/img-16.jpg
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Titre [Fig. 17]
Légende Enlumineur du Nord de la France, Othéa, dans une nuée, offre son épître à Hector– Christine de Pizan, Epistre Othea, Nord de la France, vers 1465-1475 (Oxford, BL, MS Bodley 421, f. 2v).
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Pour citer cet article

Référence électronique

Dominique Vanwijnsberghe, « Christine chez les Bourguignons. La réception de Christine de Pizan à la cour de Bourgogne et dans les anciens Pays-Bas bourguignons »Bulletin de l’Institut royal du Patrimoine artistique / Bulletin van het Koninklijk Instituut voor het Kunstpatrimonium [En ligne], 41 | 2025, mis en ligne le 08 septembre 2025, consulté le 07 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/kikirpa/13007 ; DOI : https://doi.org/10.4000/14m39

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Auteur

Dominique Vanwijnsberghe

Dominique Vanwijnsberghe est docteur en histoire de l’art (KU Leuven) et chef de travaux à l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA), où il dirige la cellule Recherches en Histoire de l’Art et Inventaire au sein du département Documentation. Il a obtenu une habilitation à diriger des recherches de l’Université de Lille-III en 2011. Ses domaines de spécialisation sont la peinture et l’enluminure de la fin du Moyen Âge dans les Pays-Bas méridionaux, ainsi que la réception de l’art médiéval à l’époque moderne.

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