Texte intégral
1Nous avons le plaisir de présenter ici le deuxième volume des cahiers du Groupe de Recherche sur l’Économie Linguistique de la Bretagne, qui contient les textes des communications de l’année académique 1985-1986. On constatera que ce recueil est sensiblement plus mince que le premier : cela s’explique par une réduction du nombre des communications. L’expérience de la première année nous a en effet montré que le rythme de six contributions était trop soutenu pour une séance de trois heures. Nous avons donc décidé de nous en tenir à quatre interventions, chacun des auteurs disposant de 45 minutes pour résumer son texte et en débattre avec les participants.
2Rappelons le principe de constitution du Groupe.
3Les trois journées annuelles ont lieu à raison d’une par trimestre. Elles s’adressent d’abord à tous les chercheurs français et étrangers titulaires au moins d’un Diplôme d’Études Approfondies, dont les préoccupations touchent de près ou de loin à l’économie linguistique de la Bretagne sous tous ses aspects : celtisants, dialectologues, spécialistes des parlers de l’Ouest ou des français régionaux, sociolinguistes, spécialistes d’autres langues celtiques ou de langues minoritaires, des littératures écrite et orale.
4Un deuxième cercle, dont l’apport n’est pas moindre, constitue selon nous le trait le plus original du groupe. Il comprend des spécialistes dont les recherches, bien qu’apparemment éloignées de la linguistique, permettent d’éclairer divers problèmes, ou posent des questions susceptibles d’enrichir le débat en l’abordant sous un angle nouveau : ethnologues travaillant dans le domaine breton, archéologues, historiens, géographes, économistes. En résumé, notre objectif est celui d’un enrichissement mutuel fondé sur la pluralité des éclairages et des méthodes.
5Sans qu’il soit question de nous laisser aller au triomphalisme, il semble indubitable que nous sommes sur la bonne voie. Qu’on en juge par la table des matières de ce volume : les sujets abordés concernent la littérature médiévale de langue bretonne (Y.-B. Piriou) ; la phonétique du breton (H. Pilch) ; la syntaxe bretonne (S. Hewitt) ; la toponymie bretonne (H. Ll. Humphreys, J.-M. Plonéis)) ou celtique (F. Falc’hun) ; la dialectologie bretonne (J. Ropars) ou romane de l’Ouest (B. Horiot) ; la comparaison interlinguistique (S. Hewitt, J.-Y. Urien) ; la psycholinguistique (J.-Y. Plourin, K. George) ; la sociolinguistique française (J.-B. Marcellesi, A. Le Berre) ; les rapports entre économie et pratique du breton (J.-M. Rousseau).
6On peut déplorer le manque d’intérêt d’un petit nombre de collègues, ou parfois leur totale absence : qu’ils sachent, en tout cas, que notre but est d’encourager une communication franche et sereine. Notre domaine est ‒ du moins en apparence ‒ trop restreint pour qu’on puisse permettre à des différences de points de vue d’entraîner un enfermement sur soi de notre domaine, un cloisonnement étanche des divers champs d’étude entre eux. L’un comme l’autre sont ennemis de la fécondité. Nous pensons, à l’inverse, que nos recherches constituent un champ d’expérimentation pour tout ce qui concerne la linguistique et, cela va de soi, la sociolinguistique : notons que, sur quatorze intervenants, figurent un universitaire allemand, spécialiste éminent de la linguistique et des études anglaises, deux universitaires britanniques, l’un spécialiste des langues romanes et du breton, l’autre de la langue comique, un chercheur américain en langue bretonne, une dialectologue du CNRS, un linguiste de l’université de Rouen, deux collègues celtisants de Rennes 2, deux celtisants et un économiste de l’UBO, deux collègues du second degré, l’un docteur d’État, l’autre en préparation de thèse, et enfin un collaborateur à l’Atlas Linguistique des Côtes de France.
7Les journées sont divisées en deux parties. La matinée est consacrée à l’exposé approfondi d’un problème, suivi d’une discussion ; l’après-midi, à une série de débats portant sur des sujets plus pointus. Chaque intervenant fournit son texte suffisamment tôt pour qu’il soit communiqué à l’avance aux membres du groupe afin que la réunion ne se réduise pas à un simple exposé, qui pourrait être avantageusement remplacé par une publication. Nous proposons aux participants de publier leurs points de vue à la suite des textes en débat, après qu’ils aient, cela va de soi, été soumis aux auteurs : la discussion doit rester ouverte, franche et cordiale. Souhaitons qu’à l’avenir cette possibilité soit mieux utilisée, et qu’ainsi la richesse des échanges oraux apparaisse plus clairement dans nos cahiers.
8Nous avons tenu à demander à une personnalité éminente de la linguistique française de rédiger une préface à notre volume de travaux, parce que nous savons qu’elle travaille sur des réalités similaires ‒ bien que situées ailleurs ‒ et d’un point de vue assez rapproché du nôtre. C’est donc un regard à la fois extérieur et averti que nous avons sollicité d’elle sur le contenu du présent volume. Que Madame Simoni-Aurembou soit remerciée ici de la confiance qu’elle nous a accordée.
Pour citer cet article
Référence papier
Jean Le Dû et Yves Le Berre, « Introduction », La Bretagne Linguistique, 2 | 1986, 5-6.
Référence électronique
Jean Le Dû et Yves Le Berre, « Introduction », La Bretagne Linguistique [En ligne], 2 | 1986, mis en ligne le 10 janvier 2022, consulté le 15 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/lbl/9297 ; DOI : https://doi.org/10.4000/lbl.9297
Haut de pageDroits d’auteur
Le texte seul est utilisable sous licence CC BY 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.
Haut de page

