Présentation
Texte intégral
1Ce numéro du Portique est la matérialisation du projet de publication des conférences de Jean-Luc Nancy, qui eurent lieu à l’Université Européenne de Saint-Pétersbourg, puis à l’Université Russe de l’Amitié des Peuples de Moscou, les 20, 22 et 23 septembre 2016.
2En avant-propos, pour ainsi dire, nous présentons un texte de Juan Carlos Moreno Romo, Professeur aux facultés de philosophie et des arts de l’Université Autonome de Querétaro, au Mexique. Dans ce texte il est question de la vie et de la mort, notamment de celle de Jean-Luc Nancy. Il y sera cité des passages clefs de l’œuvre de Nancy, qui seront contextualisés et discutés. De la mort qui nous attend et nous accompagne, jusqu’à l’interrogation d’un certain christianisme de Nancy, Juan Carlos Moreno Romo nous fait traverser cette pensée en la confrontant, entre autres, à celle de Miguel de Unamuno. Un voyage, comme une sorte de préparation aux conférences qui constituent la suite de ce numéro.
3Le premier texte, « Dieu sans confession ni profession » est la retranscription en langue française, d’un extrait de la première conférence de Jean-Luc Nancy, publié initialement en langue russe et en langue anglaise. Cette conférence fut donnée dans le cadre de la « Journée Jean-Luc Nancy », à l’Université Européenne de Saint-Pétersbourg, le 20 septembre 2016. Jean-Luc Nancy répond alors à la proposition d’Artemy Magun, de réfléchir sur la signification du terme de « confession », qu’il met en perspective avec ses recherches sur le monothéisme, entendu comme « absenthéisme ».
4À la suite de cette conférence, eut lieu le même jour une table-ronde, « Les dieux dans la société matérialiste – qui peut encore nous sauver ? » Cette discussion ouvre à la question de savoir ce qu’est une religion, sans nier l’importance du phénomène religieux dans le monde au cours l’histoire de l’humanité. Cette réflexion débouche sur la question de l’impénétrabilité de la matière, et la nécessité d’une ouverture primordiale à l’autre.
5La réflexion de Jean-Luc Nancy se poursuivit alors à Moscou, au sein de l’Université Russe de l’Amitié des Peuples, tout d’abord le 22 septembre, au cours de la conférence : « L’expression « postmoderne » a-t-elle un sens clair (en France et ailleurs) ? ». L’exposé tente de redéfinir une idée du postmoderne d’un point de vue historique et politique, en montrant quelques-unes de ses impasses ou malentendus.
6Le lendemain, le 23 septembre, eut lieu la deuxième conférence à Moscou, intitulée « La philosophie aujourd’hui. La question de la technique ». Cette nouvelle et ultime réflexion ouvre la question de la réélaboration aujourd’hui du rapport entre nature et culture.
7Puis, nous présenterons les photographies prises au cours de ces différentes interventions, à Saint-Pétersbourg et Moscou. Ce numéro consacré à Jean-Luc Nancy se refermera sur le texte de Denis Viennet, en hommage à Benoît Gœtz, qui fut l’initiateur de cet ouvrage.
8Nous proposons ensuite deux articles dans nos Marges et controverses. Le premier, intitulé « Méfions-nous de nos images », nous plonge dans la prépondérance des images sur le discours, bien que nous n’ignorions pas qu’elles se truquent et se manipulent. Nikol Abécassis distingue trois types d’images qui servent le narcissisme humain : 1) images de l’autre-en-souffrance ; 2) images de soi, mais d’un soi comme corps, de préférence sculptural, 3) images recels de « vérité », « qui gardent dans l'ombre le témoignage des violences de l’histoire dont le narcissisme lui-même est la source ». Ce triptyque pictural opère, par un renversement, une disculpation du regardant, car elles montrent quelque chose de lointain ou d’irréel, dans leur vérité/mensonge même, qui permet au spectateur de prendre ses distances avec son éventuelle implication morale par rapport à ce qu’il voit.
9Le second texte est d’Antoinette Rouvroy, « Force sans loi ». L’auteure y élabore le concept d’hyperagence. Il s’agit de repenser les rapports entre « capital, technologie, pouvoir institutionnel et imaginaire politique ». En s’appuyant sur une analyse des discours et actes du duo (désormais séparé, semble-t-il) Trump-Musk, l’auteure parvient à dégager les « éléments d’une théorie critique des nouvelles formes d’autoritarisme » qui prennent forme dans le contexte actuel du capitalisme algorithmique et des crises de la démocratie.
10Pour finir, vous trouverez également dans ce volume plusieurs recensions sur des thèmes variés.
Pour citer cet article
Référence papier
Laurent Maronneau et Denis Viennet, « Présentation », Le Portique, 50 | 2025, 21-23.
Référence électronique
Laurent Maronneau et Denis Viennet, « Présentation », Le Portique [En ligne], 50 | 2025, document 2, mis en ligne le 23 décembre 2025, consulté le 08 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/leportique/4984 ; DOI : https://doi.org/10.4000/15upc
Haut de pageDroits d’auteur
Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-SA 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.
Haut de page

