Stéphane Bérard
Texte intégral
1Stéphane Bérard, né en 1966 à Lille, s’empare de postures caricaturales pour mieux contredire les règles de la bienséance ; aussi son travail échappe-t-il à toute tentative de classification. Il publie au début des années 1990 des poèmes volontairement naïfs, bifurque vers des formats de performances fulgurantes, s’essaie à l’installation, s’établit dans la vidéo, s’attelle à la littérature, sort plusieurs albums de musique. Il tente de participer aux Jeux Olympiques en représentant la République Gabonaise (Tentative de participation aux Jeux Olympiques d’Hiver 1998, à Nagano (Japon), sous les couleurs de la République Gabonaise, 1997), crée un costume en feutre aux motifs de carreaux assortis aux charentaises (Costume avec lequel on peut sortir en pantoufle (homme et femme), 2002), réalise des longs métrages (Peau de banane, 61’, 2015 ; Bohémienne d’investissement, 2014) et a même conçu un Arôme pénis pour préservatif (1998-2003). L’année où Les mémoires de guerre de Charles de Gaulle sont programmées au bac, il entreprend de traduire l’ouvrage du français au français (Charles de Gaulle. Mémoires d’espoir : le renouveau 1958-1962, Questions Théoriques, 2011).
2Pourtant, ses travaux sont toujours portés par une logique implacable, qu’il pousse à son extrémité. Il ignifuge des drapeaux aux couleurs de la France, États-Unis ou Israël, en vue de rendre impossible toute tentative d’outrage aux symboles nationaux (Drapeaux ignifugés 2002), accroche une balançoire à un arbuste (La promesse, 2010), dépose des tables à pique-nique dans la pente d’une montagne et les augmente de plateau-repas compensant l’inclinaison (1 000 plateaux-repas : études en moyenne montagne, 2013)… Par cette rationalité inflexible, l’artiste crée des situations dont l’aberration fait violemment écho à l’absurdité des normes qui régissent notre société.
3Ce qu’il propose pour la Revue Marges s’inscrit dans la continuité des manifestations contre la Loi Travail et des actions menées par Nuit Debout. Ici, il détourne des images médiatiques qui ne semblent destinées qu’à justifier un état d’urgence devenu la norme.
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Haut de pagePour citer cet article
Référence papier
Sophie Lapalu, « Stéphane Bérard », Marges, 24 | 2017, 122-132.
Référence électronique
Sophie Lapalu, « Stéphane Bérard », Marges [En ligne], 24 | 2017, mis en ligne le 20 avril 2019, consulté le 06 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/marges/1274 ; DOI : https://doi.org/10.4000/marges.1274
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