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Christine de Pizan, Charles VI et la faille dans le miroir

Dominique Demartini
p. 39-54

Résumés

Christine de Pizan, Charles VI et la faille dans le miroir

Si l’œuvre de Christine de Pizan se pense comme un miroir des princes, Charles VI pourrait parfaitement figurer la faille dans ce miroir. Contrairement à son père, Charles V, ce roi y brille par son absence. Une absence que l’on est tenté d’associer aux « absences » du roi, terme par lequel ses contemporains désignaient les crises de folie qui le tenaient régulièrement éloigné du gouvernement. Cet article s’attache à montrer comment l’œuvre de l’écrivaine investit la vacance royale pour combler, colmater les failles qui risquent de faire chanceler le royaume ; elle en fait un espace fécond de restauration, de réflexion, et d’abord, de représentation. En effet, de même que lors des obsèques du roi, on avait eu recours à un mannequin de cire pour représenter le corps irreprésentable du roi, la décomposition du pouvoir royal qui menace le gouvernement de la France conduit Christine de Pizan à construire, à partir de ce roi irreprésentable, et pour lui, d’autres modes de présence, une représentation polymorphe dans laquelle se dessinent un espace de restauration, ainsi qu’une forme de théorisation du pouvoir royal.

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Le mannequin sur le trône
Le trône vide

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Si l’œuvre de Christine de Pizan s’impose pour étudier le pouvoir royal au tournant du xve siècle, le lecteur peine à y trouver la figure de Charles VI. Le roi « Bien-Aimé » n’est pas – si ce n’est accessoirement –, le dédicataire de ses œuvres. Et aucun des ouvrages politiques de l’écrivaine ne lui est entièrement consacré. Il ne saurait constituer le sujet d’un miroir, comme a pu l’être son père, Charles V, dans le Livre des faits et bonnes meurs. Seuls quelques passages volontiers imagés, quelques pièces, ballades, prières, lui font explicitement, mais aussi très brièvement référence. On peut donc parler d’un silence de Christine de Pizan sur Charles VI : en d’autres termes, de l’absence de ce roi dans son œuvre. On est alors tenté d’associer cette absence aux « absences » du roi, terme par lequel ses contemporains désignaient les crises de folie qui, depuis le 5 août 1392, le tenaient régulièrement éloigné du gouvernement. Ce roi, qui échappe régulièrement à la raison, semble éc...

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Pour citer cet article

Référence papier

Dominique Demartini, « Christine de Pizan, Charles VI et la faille dans le miroir »Médiévales, 88 | 2025, 39-54.

Référence électronique

Dominique Demartini, « Christine de Pizan, Charles VI et la faille dans le miroir »Médiévales [En ligne], 88 | printemps 2025, mis en ligne le 02 janvier 2027, consulté le 07 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/medievales/14897 ; DOI : https://doi.org/10.4000/14dup

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Auteur

Dominique Demartini

Université Sorbonne nouvelle (CERAM, EA 173)

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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