La Grande Confrérie Notre-Dame aux prêtres et aux bourgeois de Paris est sans doute l’une des organisations charitables les plus célèbres de la capitale. Pourtant, peu de travaux lui ont été consacrés depuis 1911, du moins pour l’époque médiévale. Composée en nombre égal de clercs et de laïcs, elle réunit une grande partie de l’élite bourgeoise de la capitale ; cette dimension élitiste et son statut royal ont conduit Bernard Chevalier à la qualifier de « club mondain ». Société de secours mutuel et d’amitié fraternelle placée sous le patronage de la Vierge, la Grande Confrérie a un rôle essentiel dans la structuration sociale, réunissant des clercs et des laïcs en quête d’une « famille spirituelle ». Mais elle ne se réduit pas à cette dimension religieuse. En effet, par les pratiques collectives et le serment mutuel, par la dévotion mariale si importante dans la capitale, elle peut aussi être considérée comme l’un des berceaux de l’identité parisienne, comme l’a souligné Joseph Mors...
La Grande Confrérie Notre-Dame aux prêtres et aux bourgeois de Paris : facteur du consensus urbain ou club mondain pour l’élite urbaine ?
Résumés
La Grande Confrérie Notre-Dame aux prêtres et aux bourgeois de Paris est la plus prestigieuse des confréries parisiennes de la fin du Moyen Âge. Société de secours mutuel et d’amitié fraternelle placée sous le patronage de la Vierge, elle a un rôle essentiel dans la structuration sociale, réunissant des clercs et des laïcs en quête d’une « famille spirituelle » ; mais elle ne se réduit pas à cette dimension religieuse. Corps constitué composé des « bons bourgeois » de la capitale, puissants et soucieux de leurs avantages, son rôle dans l’affirmation identitaire des Parisiens et dans l’émergence de l’urbanité est important, malgré les limites de cet « entre-soi » et son élargissement progressif à d’autres membres, officiers royaux notamment. Les relations privilégiées que la Grande Confrérie entretient avec le pouvoir royal dès le xiiie siècle permettent d’étudier le contrat social qui unit les bonnes gens et le Prince. En effet, étant une force majeure de la capitale, elle est capable de peser sur la vie politique parisienne, à la fois comme espace public, interface essentielle avec le pouvoir royal, mais également comme foyer de contestations. En s’appuyant sur l’étude des statuts et l’analyse prosopographique des confrères, la communication propose une réflexion sur la Grande Confrérie en tant qu’espace de débats dans la recherche du consensus urbain.
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Adrien Ferré, « La Grande Confrérie Notre-Dame aux prêtres et aux bourgeois de Paris : facteur du consensus urbain ou club mondain pour l’élite urbaine ? », Médiévales, 90 | 2026, 13-36.
Référence électronique
Adrien Ferré, « La Grande Confrérie Notre-Dame aux prêtres et aux bourgeois de Paris : facteur du consensus urbain ou club mondain pour l’élite urbaine ? », Médiévales [En ligne], 90 | Printemps 2026, mis en ligne le 01 janvier 2028, consulté le 10 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/medievales/16672 ; DOI : https://doi.org/10.4000/16j70
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