À Benjamin Z. Kedar, avec admiration, en partage amical
Au Moyen Âge et par-delà, l’altérité et sa construction restent un défi pour l’historien. De longue date, pourtant, des figures majeures du métier s’en sont saisies, sous l’angle religieux d’abord, mais aussi plus largement, à la faveur des études impulsées sur la pauvreté par Michel Mollat ou Bronislaw Geremek. À partir des années 1970, l’anthropologie historique y a apporté beaucoup, stimulée, en France et ailleurs, par les travaux de Jacques Le Goff et de ses disciples. L’approche théorique n’a cessé de s’enrichir, faisant dialoguer toujours davantage l’histoire avec les autres sciences sociales. L’étude des croisades, où la figure de l’Autre était longtemps restée simple décor, a pris part au renouvellement de cette problématique et, au début des années 2020, l’un de ses meilleurs spécialistes, Nikolas Jaspert, s’est à son tour engagé dans la réflexion générale sur le concept d’altérité.
Aujourd’hui, l’historien des croisades...



