Le mythe de fondation troyen a connu une grande fortune en Occident depuis le haut Moyen Âge, particulièrement comme moteur de légitimation des royaumes, dans le contexte de la translatio imperii et studii, c’est-à-dire le transfert des pouvoirs et des connaissances depuis les Grecs et les Romains vers les royaumes occidentaux. Cela implique, d’emblée, une dimension civilisatrice :
Le mythe de Troie, par sa plasticité, rassemble ou désassemble suivant les attentes du lectorat contemporain qui s’esquisse dans l’ombre, mais il reste toujours l’espace où se projettent les questions existentielles qui agitent les sociétés, à commencer par les conditions de vie et de pérennisation des civilisations. Il est le lieu textuel d’une mémoire sans cesse entretenue…
En Angleterre, cette dimension du mythe de fondation par le troyen Brutus, petit-fils d’Énée, structurée par Geoffroy de Monmouth dans son Historia regum Britanniae (1135-1138), est très présente. Ce n’est pas un hasard si la première ...



