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Le Vite di Vespasiano da Bisticci: nuove prospettive di ricerca

Des Vite degli uomini illustri aux recueils des Vies

Relectures de Vespasiano da Bisticci
Cécile Caby et Clémence Revest
p. 427-433

Texte intégral

  • 1 Au sein des différents articles à suivre, nous avons pris le parti, conformément aux perspectives m (...)
  • 2 Sur ces éditions, voir Kim 2015b et Boschetto 2024.
  • 3 Vespasiano da Bisticci 1963.
  • 4 Vespasiano da Bisticci 1970-1976. Sur ces aspects voir en premier lieu Kim 2015b et Boschetto 2024.

1C’est sous un titre latin (Virorum illustrium CIII qui saeculi 15 extiterunt vitae) que, pour la première fois, fut publiée en 1839 la collection de Vies en langue vernaculaire de Vespasiano da Bisticci (v. 1422-1498) : Angelo Mai y ajouta une longue introduction latine, qui constitue la première étude biographique sur le libraire florentin1. Cette édition, qui n’avait été précédée depuis le milieu du XVIIe siècle que par quelques publications de Vies singulières (celles de Giuliano Cesarini en 1647, de Niccolò Albergati en 1737 et des deux papes Eugène IV et Nicolas V en 1751), changea radicalement le destin d’une œuvre restée largement ignorée2. Ainsi connues par Jakob Burckhardt et Georg Voigt, les biographies de Vespasiano entrèrent alors de plain-pied dans le développement d’une histoire de l’humanisme et de la Renaissance, tandis qu’une traduction anglaise due à William George et Emily Waters (parue à Londres en 1926 puis rééditée en 1963, ce qui assura la pérennité de sa citation) permit la diffusion de ce texte à la langue complexe dans le vaste milieu des études humanistes et renaissantes anglo-saxonnes3. D’autres éditions suivirent, toutes entachées de multiples écueils philologiques, qui n’épargnent nullement la dernière en date due à Aulo Greco en 1970 et 1976 : c’est pourtant elle qui fait largement autorité, sauf sans doute dans le monde anglo-saxon attaché à la traduction anglaise établie sur l’édition princeps4.

  • 5 Fubini 2017, p. 13.
  • 6 Fubini 2003, p. 185-188 (article paru pour la première fois en 1992).
  • 7 À simple titre d’exemple, une recherche dans le moteur en ligne du DBI (https://www.treccani.it/bio (...)

2Paradoxalement, la densité de ces entreprises éditoriales s’est longtemps traduite par un intérêt massif, mais somme toute superficiel pour l’œuvre de Vespasiano, à vrai dire souvent réduite au statut de réservoir de faits et d’anecdotes. Sa richesse extraordinaire en a fait une source biographique centrale des études sur l’Italie du Quattrocento et force est de constater, comme cela a été rappelé récemment, que « difficilmente si incontra studioso di letteratura, politica, storia ecclesiastica nell’Italia del XV secolo (e non solo) che non abbia avuto occasione di incontrare e citare le Vite di Vespasiano da Bisticci5 ». Toutefois Vespasiano a tendanciellement été considéré comme un simple témoin, plutôt que comme un auteur à proprement parler, et cela a contribué – Riccardo Fubini le soulignait très tôt déjà6 – à masquer la portée politique d’une œuvre dont la logique d’ensemble, le contexte de rédaction, et encore moins de circulation, sont longtemps restés hors du champ de recherche des spécialistes. Il suffit pour s’en convaincre de mesurer la fréquence des références aux notices de Vespasiano da Bisticci dans les notices du Dizionario biografico degli Italiani, sans aucune mesure avec le nombre de travaux sur la tradition des Vies, ni l’architecture des différentes collections qui en sont conservées7.

  • 8 De la Mare 1966, 1985, 1986, 1996.
  • 9 Cagni 1969 et 1971. Voir également Guidotti 1986 et Ganz 1990.

3Quelques enquêtes pionnières ont cependant ouvert la voie à de nouvelles lectures. D’une part, le profil biographique de Vespasiano s’est considérablement enrichi grâce aux recherches entreprises de façon presque contemporaine par Albinia de La Mare et Giuseppe M. Cagni dans les années soixante du XXe siècle. La première, en enquêtant sur la production de sa « bottega » et sur ses clients, a mis à jour le très dense réseau du « cartolaio » florentin et les multiples ressorts de son activité (édition et production de manuscrits, commerce de livres à large échelle, etc.), bien loin de l’image du modeste artisan qui dominait alors8. De son côté, Giuseppe Cagni a réalisé une édition de sa correspondance, nourrie par de fécondes trouvailles dans les archives florentines, qui a fourni l’occasion d’une première réévaluation d’ensemble de la trajectoire (à commencer par l’histoire familiale) et de la production littéraire de Vespasiano9.

  • 10 Viti 1984.
  • 11 Vespasiano da Bisticci 1999. Nous renvoyons à la longue et riche introduction de Giuseppe Lombardi, (...)
  • 12 Baldassarri 1984 ; Doni Garfagnini 2001.

4D’autre part, un article de Paolo Viti paru en 1984 à propos de quatre « vite overo commentario d’alcuni huomini degni » de la famille Strozzi a jeté les bases d’une réévaluation du fameux quoique méjugé ensemble de Vies d’hommes illustres10. À l’occasion de la découverte, à l’Archivio di Stato di Firenze, d’un manuscrit du XVe siècle jamais repéré auparavant, P. Viti a en effet souligné deux aspects essentiels en vue d’une possible relecture : le premier a trait à un mode de circulation spécifique de ces Vies, par le vecteur d’anthologies contenant un nombre réduit de biographies spécifiquement dédiées – à rebours des deux principaux recueils manuscrits employés par les éditeurs, qui transmettent la totalité ou majeure partie des Vies connues. Le second consiste à faire valoir le profil singulier de Vespasiano en tant qu’écrivain, à mettre en lumière ses choix politiques et éthiques, et ce en écho avec ses autres œuvres souvent ignorées. Une quinzaine d’années plus tard, l’édition par Giuseppe Lombardi du Libro delle lodi delle donne a poursuivi cette voie d’une appréhension de Vespasiano comme un auteur à plein titre, dont les choix stylistiques, comme les références littéraires et morales, appellent une attention spécifique, préalable nécessaire à toute interprétation11. De même, d’autres enquêtes portant sur des Vies singulières (celle de Federico da Montefeltro ou celle d’Alessandra de’ Bardi, la seule femme figurant dans l’anthologie biographique) n’ont cessé de souligner, d’un côté, la spécificité de la circulation de ces textes, de l’autre, la complexité de leur composition12.

5Si l’on est encore loin d’une édition critique que Paolo Viti appelait de ses vœux en conclusion à son travail d’édition des quatre Vies des Strozzi, la « révision méthodologique complète de la totalité de l’œuvre de Vespasiano » qu’il jugeait opportune porte désormais des fruits notables qui justifient d’en tirer les fils pour en partager les résultats au-delà du cercle des spécialistes de Vespasiano da Bisticci, notamment auprès de celles et ceux qui pourraient encore être tentés de puiser dans son recueil comme à une source biographique trop limpide. Ce dossier s’inscrit en effet dans la poursuite de renouvellements historiographiques décisifs depuis un peu moins d’une décennie, en approfondissant plusieurs pistes importantes.

  • 13 Boschetto 2024.

6Il a fallu en premier lieu faire voler en éclats l’évidence du caractère organique des Vite di uomini illustri entretenue par les éditions, c’est-à-dire repartir des manuscrits pour souligner comment ces biographies – que le libraire nommait lui-même volontiers comentari – ont circulé par groupes séparés de une à sept Vies, dotés de prologues de présentation, dans des versions diverses selon les choix de dédicataires et les moments de composition, au sein d’élégants petits recueils ad hoc issus de l’atelier de Vespasiano. Ainsi une tradition « inorganique » a-t-elle été produite, qui a constitué le matériel évolutif d’un projet historiographique d’ensemble, lui-même successivement réélaboré par son auteur et demeuré inachevé. C’est ce que Luca Boschetto a très récemment mis en lumière à propos des Vies des papes Eugène IV et Nicolas V, en étudiant les corrections autographes et les choix d’association entre les Vies, à la lumière qui plus est des évolutions brusques de l’actualité politique13.

  • 14 Le recours désormais systématique à l’édition de Greco (Vespasiano da Bisticci 1970-1976) comme à l (...)

7Dans le premier article du présent dossier, Elisabetta Guerrieri s’empare à son tour de cet épineux problème en présentant les résultats d’une grande enquête philologique autour du manuscrit idiographe de Bologne (Biblioteca Universitaria di Bologna 1452, le principal représentant de la tradition « organique », qui contient 113 Vies), d’où ressortent les évolutions, les repentirs et même les fantômes d’une vaste entreprise in progress de compilation, de sélection et d’organisation, « in uno stadio redazionale molto avanzato ma ancora in movimento ». Ce constat doit donc être posé : il n’y a pas une œuvre aboutie qui serait le recueil des Vies, mais une série d’états, tous signifiants, d’une production biographique disparate et de circonstance, et les versions préparatoires d’un processus d’assemblage global, finalement abandonné ou interrompu par la mort14.

  • 15 Böninger 2020 et 2022 ; Margolis 2014 ; Kim 2015a (dont la version publiée est Vespasiano da Bistic (...)

8Au cœur des renouvellements évoqués plus haut figurait en outre la question cruciale de l’insertion de la production littéraire de Vespasiano da Bisticci dans le contexte culturel, social et politique de la Florence du XVe siècle – tout particulièrement celle de la fin du XVe siècle, toile de fond à l’écriture de la plupart des Vies – au fil d’un itinéraire remarquable qui le vit devenir, selon une formule célèbre, « le prince des libraires florentins ». La poursuite récente des enquêtes autour de sa production de manuscrits (comme celles de Lorenz Böninger et Oren Margolis) et des éditions textuelles (dont les thèses de doctorat de Wi Seon Kim et Eva Rammairone, soutenues respectivement en 2015 et 2019, et l’édition digitale de ses lettres menée à bien par Francesca Tomasi) a mis en évidence tout l’intérêt qu’il y a à faire ressortir les échos et, au fond, la cohérence, entre son activité commerciale, son réseau clientélaire, son environnement humaniste et son expérience des vicissitudes de la vie politique florentine, pour comprendre dans toute sa complexité sa position en tant qu’auteur15. Vespasiano apparaît bien, ainsi que le souligne Wi Seon Kim dès le titre de l’article qu’elle propose dans ce dossier, comme un « homme aux mille facettes », un entrepreneur à succès qui, loin d’être un humble libraire, disposait de solides ancrages parmi les élites (à Florence, mais aussi notamment à la curie, auprès du seigneur d’Urbino et du roi de Naples) et mêlait habilement intérêts économiques, culturels et politiques. Une telle interpénétration, et ses liens avec les dynamiques de composition et de circulation des Vies, est patente si l’on se penche sur le cas de la famille Pandolfini : c’est ce que fait valoir ici Claudia Bassani, en étudiant plus particulièrement la Vie de Pandolfo Pandolfini.

  • 16 Taddei 2001, p. 130-139 ; Vespasiano da Bisticci 2019, p. 20-23.
  • 17 Sur le parcours de Vespasiano da Bisticci, on se référera en premier lieu, parmi la production réce (...)

9Commencée dans une famille de « gente nuova » qui lui avait ouvert les voies à la fois d’un apprentissage professionnel en atelier et d’une formation socio-religieuse dans la compagnie dite de l’« Archange Raphaël » guidée par Antonio Muzi16, l’existence de Vespasiano s’acheva pour ainsi dire en exil, dans sa propriété campagnarde de l’Antella, après une période de plus d’une trentaine d’années où, par son activité, il s’était construit une place de choix dans la narration de l’humanisme florentin17. Il suffira de rappeler un passage de l’épigramme que Gentile Becchi, le précepteur de Laurent de Médicis, composa pour être inscrit « à la porte de la librairie de Vespasiano » (ad ostium librariae tabernae Vespatiani) :

  • 18 Marcelli 2015, no 48, p. 164‑166 : Haec loca philosophum redolent ast illa poetam, / quodque sedile (...)

Ces lieux diffusent le parfum des sentences des philosophes, celui des vers poétiques et ce siège que tu vois a la saveur des historiens. Ici se tenait Leonardo [Bruni], ici, un temps, se tint Carlo [Marsuppini], ici Poggio [Bracciolini], en face duquel siégeait Ambrogio [Traversari]. Tout ce que Rome a transmis, mais aussi ce que la Grèce a écrit, tu ne pourras, ô hôte, l’avoir que de ce seul cœur18.

  • 19 Boschetto 2012 et 2024 ; De Vincentiis 2021 et 2024.

10Mais s’il appartint au groupe de l’« Accademia », Vespasiano da Bisticci ne fut pas pour autant un litteratus professionnel. Il était en revanche un observateur et un commentateur de premier ordre de l’actualité savante, qui a écrit, en langue vernaculaire, des biographies originales et documentées ressemblant à bien des égards à un patchwork de sources et de modèles. Le libraire a participé d’une manière tout à fait singulière à l’essor d’une production emblématique de l’historiographie de la Renaissance, comme l’ont signalé Amedeo De Vincentiis et Luca Boschetto à propos des Vies papales19.

11En posant la question du public visé, l’article d’Erminia Irace fait précisément ressortir la spécificité des Vies au sein de la tradition littéraire latine des ouvrages De viris illustribus, dans le contexte d’une récupération typiquement humaniste du genre. Vespasiano da Bisticci, souligne-t-elle, s’inscrit bien dans ce courant qui a fait de la collection de biographies contemporaines une forme majeure d’écriture de l’histoire présente et en particulier un puissant instrument d’auto-représentation de l’humanisme, très certainement sous l’influence de Giannozzo Manetti – son « médiateur culturel ». Cependant, cet autodidacte autoproclamé s’est aussi appuyé sur un éventail de matériaux vernaculaires très divers qui correspondent à la variété des sources parvenant à sa boutique (à commencer par les informations orales et les volgarizzamenti), tout en empruntant au dispositif narratif de la novella : il se situait ainsi comme à la confluence des registres discursifs florentins du Quattrocento.

  • 20 En particulier Fubini 2010, Fubini – Kim 2010, Kim 2016 et Vespasiano da Bisticci 2019, p. 29-58. V (...)

12Avec l’évaluation de ses horizons culturels, l’analyse peut être également poussée et affinée du côté de l’examen délicat de ses positions idéologiques, pour dépasser l’inventaire des bons mots et anecdotes. Wi Seon Kim l’a montré dans ses travaux précédents sur le Comentario della vita di ser Giannozzo Manetti, il s’agit en première instance de dévoiler, par-delà la façade de soutien au régime, les tendances anti-médicéennes de Vespasiano, tout spécialement dans le contexte de la répression qui a suivi la conjuration manquée des Pazzi de 1478 puis celui de la crise savonarolienne (c’est-à-dire durant les années au cours desquelles le libraire, depuis sa retraite à la campagne, projetait de rassembler et réviser ses biographies)20. Dans ce dossier, Lorenzo Tanzini poursuit cette enquête en creux, en interrogeant les dits et les non-dits, les revirements et les ambiguïtés des Vies autour de la figure de Côme de Médicis. L’étude des mentions variées du pater patriae, lues au miroir des tensions de l’époque et du cercle relationnel de Vespasiano, donne à percevoir pleinement le regard critique, « désenchanté », que pose le biographe sur le rôle du fondateur de la dynastie dans l’histoire récente du pouvoir florentin, marquée par les jeux factionnels et les dynamiques d’exclusion.

  • 21 Sur la représentation des femmes, en lien avec le Libro delle lodi delle donne, voir Ricklin 20005 (...)

13Une telle piste d’enquête conduit encore à tenter de restituer les idéaux politiques et moraux qui sous-tendent son œuvre et qui, au fil des Vies, dessinent les contours de stéréotypes sociaux. C’est à ses idéaux civiques que s’attache ici Brian Maxson, dans un article qui propose une analyse transversale des biographies d’hommes d’État florentins et qui met en relief les effets d’écho et d’appariement d’une Vie à l’autre. En ressort un modèle du citoyen lettré, pieux, intègre et dédié à l’intérêt public : un modèle qui a pour horizons historiques, d’un côté les années précédant l’arrivée de Côme de Médicis au pouvoir, conçues comme une sorte d’âge d’or, et de l’autre le temps de Vespasiano, tombé dans d’extrêmes tensions partisanes. Ce modèle, insiste l’historien, est une précieuse clé de lecture de l’opinion moyenne, silencieuse, des Florentins gravitant auprès des élites, « qui ont cherché à naviguer dans des eaux politiques et sociales dangereuses ». L’examen de la pensée éthique de Vespasiano ne se limite pas, toutefois, au monde laïc florentin et ouvre au contraire de larges perspectives sur d’autres espaces et catégories sociales comme culturelles21. Susanna Allès-Torrent nous en donne un stimulant aperçu à travers ses recherches consacrées aux seize portraits d’Ibériques contenus dans les Vies, et notamment d’une galerie de prélats d’origine castillane, catalane ou portugaise, pour une large part liés au roi Alphonse V d’Aragon. Une vue plongeante est ainsi ouverte, non seulement sur les rapports auparavant mentionnés entre le réseau relationnel du libraire et ses projets d’écriture, mais aussi sur son système de valeurs, partagé avec son environnement social et culturel. C’est ce qui fait précisément de l’auteur des Vies une voix aussi singulière que représentative.

  • 22 Taddei 2022.
  • 23 Vespasiano da Bisticci 2019, p. 24‑25.
  • 24 L’expression se trouve, entre autres, dans la Vie de Girolamo da Matelica (Vespasiano da Bisticci 1 (...)

14Les possibilités d’enquête et d’analyse sont loin de s’épuiser ici, bien évidemment. La manière dont les portraits dressés par Vespasiano da Bisticci répondent aux normes idéologiques d’une époque est une question qui mérite en particulier – avec celle de leur caractérisation culturelle – d’ultérieurs approfondissements. Nul doute qu’il convient de porter encore davantage l’attention sur les modèles de vertus (et des vices s’y opposant) mises en œuvre de façon récurrente, voire obsessionnelle dans les Vies, telles que la notion de prudence, dont Ilaria Taddei a pu souligner le rôle central dans l’imaginaire politique florentin22, mais aussi la critique de l’« invidia »23, le refus de la pompe (« in tutto alieno da ogni pompa mondana »24), la tempérance associée à la parcimonie, l’éloquence et d’autres encore.

  • 25 Crouzet-Pavan – Delzant – Revest 2021 ; Caby 2024.

15Au terme d’un parcours de recherche collectif consacré à la mémoire des hommes illustres dans l’Europe de la Renaissance, nous tenons à remercier vivement tous les participants à ce programme dont sont déjà issus deux ouvrages25. Nous exprimons, enfin, une gratitude particulière envers les collègues qui nous ont apporté leurs lumières et leur assistance durant les ateliers consacrés aux Vies de Vespasiano da Bisticci, parmi lesquels Johannes Bartuschat, Concetta Bianca, Lorenz Böninger, Luca Boschetto, Florent Coste, Élisabeth Crouzet-Pavan, Eva Rammairone, Ilaria Taddei et Pascal Vuillemin.

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Bibliographie

Sources

Marcelli 2015 = N. Marcelli, Gentile Becchi, il poeta, il vescovo, l’uomo. Con edizione critica, traduzione e commento delle poesie latine, Florence, 2015.

Vespasiano da Bisticci 1839 = Vespasiano da Bisticci, Virorum illustrium CIII qui saeculi 15 extiterunt vitae, éd. A. Mai, Rome, 1839.

Vespasiano da Bisticci 1892-1893 = Vespasiano da Bisticci, Vite di uomini illustri del secolo XV scritte da Vespasiano da Bisticci, éd. L. Frati, 3 vol., Bologne, 1892-1893.

Vespasiano da Bisticci 1963 = Vespasiano da Bisticci, Renaissance Princes, Popes, and Prelates, éd. W. G.  et E. Waters, New York, 1963.

Vespasiano da Bisticci 1970-1976 = Vespasiano da Bisticci, Le vite, 2 vol., éd. A. Greco, Florence, 1970-1976.

Vespasiano da Bisticci 1999 = Vespasiano da Bisticci, Il libro delle lodi delle donne, éd. G. Lombardi, Rome, 1999.

Vespasiano da Bisticci 2019 = Vespasiano da Bisticci, Comentario della vita di messere Giannozo Manetti, éd. W. S. Kim, Florence, 2019.

Vespasiano da Bisticci 2020 = Vespasiano da Bisticci, Lettere, édition digitale, éd. F. Tomasi, Université de Bologne, 2020, http://projects.dharc.unibo.it/vespasiano/.

Études secondaires

Baldassarri 1986 = G. Baldassarri, Alle origini del «mito» feltresco. La «Vita di Federico» di Vespasiano da Bisticci, dans Cerboni Baiardi – Chittolini – Floriani 1986, p. 393‑406.

Böninger 2020 = L. Böninger, Da Vespasiano da Bisticci a Franz Renner e Bartolomeo Lupoto. Appunti sul commercio librario tra Venezia, la Toscana e Genova (ca. 1459-1487), dans C. Dondi (dir.), Printing R‑Evolution 1450-1500: Fifty years that changed Europe, Venise, 2020, p. 623‑647.

Böninger 2022 = L. Böninger, I molti mercati del libro: Vespasiano da Bisticci nei registri contabili della compagnia dei Cambini (1447-1480), dans Medioevo e Rinascimento, n.s. 33, 2022, p. 211‑229.

Boschetto 2004 = L. Boschetto, Una nuova lettera di Giannozzo Manetti a Vespasiano da Bisticci. Con alcune considerazioni sul commercio librario tra Firenze e Napoli a metà Quattrocento, dans Medioevo e Rinascimento, n.s. 15, 2004, p. 175-206. 

Boschetto 2016 = L. Boschetto, Letteratura, arte e politica nella Firenze del Quattrocento. La collaborazione tra Vespasiano e Manetti per l’Oratio funebris di Giannozzo Pandolfini, dans R. Black, J. Kraye, L. Nuvoloni (dir.), Palaeography manuscript illumination and humanism in Renaissance Italy. Studies in memory of A. C. de la Mare, Londres, 2016, p. 23‑37.

Boschetto 2024 = L. Boschetto, Le biografie dei pontefici nelle Vite di Vespasiano da Bisticci, dans Caby 2024, p. 97‑128.

Caby 2004 = C. Caby, L’humanisme au service de l’Observance : quelques pistes de recherche, dans P. Gilli (dir.), Humanisme et Église en Italie et en France, Rome, 2004, p. 115‑148 (Collection de l’École française de Rome, 330).

Caby 2024 = C. Caby (dir.), Église(s) et Grands Hommes, entre Renaissance et Réformes, Rome, 2024 (Collection de l’École française de Rome, 620).

Cagni 1969 = G. M. Cagni, Vespasiano da Bisticci e il suo epistolario, Rome, 1969.

Cagni 1971 = G. M. Cagni, Agnolo Manetti e Vespasiano da Bisticci, dans Italia medioevale e umanistica, 14, 1971, p. 293‑312.

Cerboni Baiardi – Chittolini – Floriani 1986 = G. Cerboni Baiardi, G. Chittolini, P. Floriani (dir.), Federico da Montefeltro. Lo stato, le arti, la cultura, III, La cultura, Rome, 1986.

Crouzet-Pavan – Delzant – Revest 2021 = É. Crouzet-Pavan, J.-B. Delzant, C. Revest (dir.), Panthéons de la Renaissance. Mémoires et histoires des hommes et femmes illustres (v. 1350-1700), Rome, 2021 (Collection de l’École française de Rome, 591).

Daquino – De Vivo 2021 = M. Daquino, M. De Vivo, L’edizione semantica delle opere di Vespasiano da Bisticci, dans Griseldaonline, 20‑2, 2021, https://doi.org/10.6092/issn.1721-4777/12325.

De la Mare 1966 = A. C. de la Mare, Vespasiano da Bisticci, Historian and Bookseller, thèse de doctorat, Université de Londres, 1966.

De la Mare 1985 = A. C. de la Mare, New research on humanistic scribes in Florence, in A. Garzelli (dir.), Miniatura fiorentina del Rinascimento, 1440-1525. Un primo censimento, vol. I, Florence, 1985, p. 393‑600.

De la Mare 1986 = A. C. de la Mare, Vespasiano da Bisticci e i copisti fiorentini di Federico, dans Cerboni Baiardi – Chittolini – Floriani 1986, p. 81‑96.

De la Mare 1996 = A. C. de la Mare, Vespasiano da Bisticci as producer of classical manuscripts in fifteenth-century Florence, dans C. A. Chavannes-Mazel, M. M. Smith (dir.), Medieval manuscripts of the latin classics. Production and use, Leyde, 1996, p. 166‑207.

De Vincentiis 2021 = A. De Vincentiis, Tradizione e oblio nella memoria dei papi: la sfida biografica di metà XV secolo, dans e‑Spania, 38, 2021, http://journals.openedition.org/e-spania/38227.

De Vincentiis 2024 = A. De Vincentiis, Niccolò V nella politica dell’«età» illustre: Tommaso Parentucelli e Vespasiano da Bisticci (1455-1480 ca), dans Caby 2024, p. 145‑189.

Doni Garfagnini 2001 = M. Doni Garfagnini, La Vita dell’Alessandra de’ Bardi e il Libro delle lode e comendatione delle donne di Vespasiano da Bisticci, dans MEFRM, 113/1, 2001, p. 45‑68.

Fubini 1996 = R. Fubini, L’ambasciatore nel XV secolo: due trattati e una biografia (Bernard de Rosier, Ermolao Barbaro, Vespasiano da Bisticci), dans MEFRM, 108/2, 1996, p. 645‑665.

Fubini 2003 = R. Fubini, Storiografia dell’Umanesimo in Italia da Leonardo Bruni ad Annio da Viterbo, Rome, 2003. 

Fubini 2010 = R. Fubini, Vespasiano da Bisticci fra Giannozzo Manetti e Cosimo de’ Medici. Un poema e due biografie, dans Medicea, 5, 2010, p. 20‑29.

Fubini 2017 = R. Fubini, Introduzione, dans Rammairone 2017, p. 13‑20.

Fubini – Kim 2010 = R. Fubini, W. S. Kim, Giannozzo Manetti nei resoconti biografici di Vespasiano da Bisticci, dans Humanistica, 5/1, 2010, p. 35‑49.

Ganz 1990 = M. A. Ganz, A Florentine Friendship: Donato Acciaiuoli and Vespasiano da Bisticci, dans Renaissance Quarterly, 43/2, 1990, p. 372‑383.

Guidi 1974 = R. Guidi, La religiosità nelle Vite di Vespasiano da Bisticci tra fiaba e cronaca, dans Aspetti religiosi nella letteratura del Quattrocento, vol. 3, Vicence, 1974, p. 9‑70.

Guidotti 1986 = A. Guidotti, Nuovi documenti su Vespasiano da Bisticci, la sua bottega e la sua famiglia, Cerboni Baiardi – Chittolini – Floriani 1986, p. 97‑112.

Kim 2015a = W. S. Kim, Il Commentario della vita di Giannozzo Manetti di Vespasiano da Bisticci (con un’ edizione critica e commentata del testo), thèse de doctorat, Université de Ferrare, 2015.

Kim 2015b = W. S. Kim, Lo status quaestionis delle Vite di Vespasiano da Bisticci, dans L. Tanzini (dir.), Il laboratorio del Rinascimento. Studi di storia e cultura per Riccardo Fubini, Florence, 2015, p. 133‑142.

Kim 2016 = W. S. Kim, Vespasiano da Bisticci: un cartolaio dissenziente nella Firenze del Quattrocento, dans R. Black, J. Kraye, L. Nuvoloni (dir.), Palaeography, Manuscript Illumination and Humanism in Renaissance Italy. Studies in Memory of A. C. de la Mare, Londres, 2016, p. 39‑52.

Kolsky 2005 = S. Kolsky, Vespasiano da Bisticci and His Model Women, dans The Ghost of Boccaccio: Writings on Famous Women in Renaissance Italy, Turnhout, 2005, p. 23‑61.

Margolis 2014 = O. Margolis, The “Gallic Crowd” at the “Aragonese Doors”: Donato Acciaiuoli’s Vita Caroli Magni and the Worskhop of Vespasiano da Bisticci, dans I Tatti Studies, 17/2, 2014, p. 241‑282.

Rammairone 2017 = E. Rammairone (dir.), Vespasiano da Bisticci tra Rignano sull’Arno e Bagno a Ripoli: indagini sociali e letterarie, Florence, 2017, p. 77‑93.

Rammairone 2019 = E. Rammairone, Scritti editi, rari e inediti di Vespasiano da Bisticci. Con l’edizione critica del Libro della vita et conversatione de’ cristiani, del Lamento d’Italia e del Trattato contro a la ingratitudine, thèse de doctorat, Université de Pise-Université de Picardie Jules Verne, 2019.

Rammairone 2020 = E. Rammairone, Vespasiano da Bisticci, dans Dizionario biografico degli Italiani, 99, Rome, 2020, en ligne.

Ricklin 2013 = T. Ricklin, Vespasiano da Bisticci (1421-1498) über die donna universale im Allgemeinen und die Tugenden der Frauen im Speziellen, dans M. Gadebusch Bondio, A. Bettels (dir.), Im Korsett der Tugenden. Moral und Geschlecht im kulturhistorischen Kontext, Hildesheim, 2013, p. 169‑188.

Taddei 2001 = I. Taddei, Fanciulli e giovani. Crescere a Firenze nel Rinascimento, Florence, 2001.

Taddei 2022 = I. Taddei, La prudence au pouvoir. Florence, XIVe-XVe siècles, Paris, 2022.

Viti 1984 = P. Viti, Le vite degli Strozzi di Vespasiano da Bisticci, dans Atti e memorie dell’Accademia toscana di scienze e lettere «La Colombaria», 49, 1984, p. 75‑178.

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Notes

1 Au sein des différents articles à suivre, nous avons pris le parti, conformément aux perspectives mises en lumière dans ce dossier, de ne pas reprendre le titre Vite dei uomini illustri ou simplement Vite en caractères italiques (sinon pour renvoyer spécifiquement aux éditions), pour nous en tenir à Vies/Vite/Lives (de même au singulier), afin de ne pas reproduire l’illusion produite par un titre donné a posteriori par les éditeurs modernes et de mettre en valeur le caractère inorganique et inachevé des recueils de biographies de Vespasiano da Bisticci. Vespasiano da Bisticci 1839. Il faut également rappeler Vespasiano da Bisticci 1892-1893.

2 Sur ces éditions, voir Kim 2015b et Boschetto 2024.

3 Vespasiano da Bisticci 1963.

4 Vespasiano da Bisticci 1970-1976. Sur ces aspects voir en premier lieu Kim 2015b et Boschetto 2024.

5 Fubini 2017, p. 13.

6 Fubini 2003, p. 185-188 (article paru pour la première fois en 1992).

7 À simple titre d’exemple, une recherche dans le moteur en ligne du DBI (https://www.treccani.it/biografico/) fait ressortir un recours aux Vies de Vespasiano da Bisticci dans 78 biographies.

8 De la Mare 1966, 1985, 1986, 1996.

9 Cagni 1969 et 1971. Voir également Guidotti 1986 et Ganz 1990.

10 Viti 1984.

11 Vespasiano da Bisticci 1999. Nous renvoyons à la longue et riche introduction de Giuseppe Lombardi, p. VI‑CX.

12 Baldassarri 1984 ; Doni Garfagnini 2001.

13 Boschetto 2024.

14 Le recours désormais systématique à l’édition de Greco (Vespasiano da Bisticci 1970-1976) comme à l’édition de référence (voir dernièrement un projet récent d’édition numérique du Comentario dela vita del signore Federigo duca di Urbino, Daquino – De Vivo 2021) pose en ce sens problème, et cela a fait l’objet de débats internes tout au long de la préparation de ce dossier. Cette édition a le mérite de donner une vision globale et accessible des Vies, mais le défaut de masquer les processus complexes de composition et de diffusion qu’elles recouvrent.

15 Böninger 2020 et 2022 ; Margolis 2014 ; Kim 2015a (dont la version publiée est Vespasiano da Bisticci 2019) ; Rammairone 2019 ; Vespasiano da Bisticci 2020. Nous renvoyons de même à Boschetto 2004 et 2016.

16 Taddei 2001, p. 130-139 ; Vespasiano da Bisticci 2019, p. 20-23.

17 Sur le parcours de Vespasiano da Bisticci, on se référera en premier lieu, parmi la production récente, à Vespasiano da Bisticci 2019, p. 13-27 ; Rammairone 2019, p. 29-46 ; Rammairone 2020.

18 Marcelli 2015, no 48, p. 164‑166 : Haec loca philosophum redolent ast illa poetam, / quodque sedile vides, id sapit historicum ; /hic Leonardus erat, stetit illic Carolus olim, / Poggius hic, contra sederat Ambrosius. / Quicquid Roma tulit, scripsit vel Graecia tandem, / ex solo hoc poteris, hospes, habere sinu.

19 Boschetto 2012 et 2024 ; De Vincentiis 2021 et 2024.

20 En particulier Fubini 2010, Fubini – Kim 2010, Kim 2016 et Vespasiano da Bisticci 2019, p. 29-58. Voir également Boschetto 2004.

21 Sur la représentation des femmes, en lien avec le Libro delle lodi delle donne, voir Ricklin 20005 et Kolsky 2005. Sur la morale religieuse il convient de signaler, en dépit de ses limites, Guidi 1974.

22 Taddei 2022.

23 Vespasiano da Bisticci 2019, p. 24‑25.

24 L’expression se trouve, entre autres, dans la Vie de Girolamo da Matelica (Vespasiano da Bisticci 1970-1976, vol. II, p. 381‑384) à propos de laquelle Caby 2004, p. 146‑148.

25 Crouzet-Pavan – Delzant – Revest 2021 ; Caby 2024.

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Pour citer cet article

Référence papier

Cécile Caby et Clémence Revest, « Des Vite degli uomini illustri aux recueils des Vies », Mélanges de l’École française de Rome - Moyen Âge, 136/2 | 2024, 427-433.

Référence électronique

Cécile Caby et Clémence Revest, « Des Vite degli uomini illustri aux recueils des Vies », Mélanges de l’École française de Rome - Moyen Âge [En ligne], 136/2 | 2024, mis en ligne le 20 mars 2025, consulté le 08 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/mefrm/15295 ; DOI : https://doi.org/10.4000/13rxd

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Auteurs

Cécile Caby

Sorbonne Université, cecile.caby@sorbonne-universite.fr

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Clémence Revest

CNRS-Centre Norbert Élias, cl.revest@gmail.com

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