1Comédien.ne.s : Clara Bretheau, Eric Challier, Maxime Dambrin, Judith Derouin, Juliet Doucet, François Godart, Alexandre Gonin, Maika Louakairim, Tom Menanteau, Caroline Mounier, Edith Proust, Stuart Seide, Adrien Serre
2Musicien.ne.s de l’ensemble Miroirs Etendus
3Avec la participation des choristes de la Lauzeta
4Mise en scène : Tiphaine Raffier (compagnie de la femme coupée en deux)
5Dramaturgie et assistanat à la mise en scène : Lucas Samain
6Arrangements musicaux : Pierre Marescaux, Clément Darlu
7Scénographie : Hélène Jourdan assistée d’Alice Girardet
8Lumières : Kelig Le Bars
9Vidéo : Pierre Martin Oriol
10Son : Hugo Samman
11Administration et production :
12Juliette Chambaud, Charlotte Pesle Béal, Christine Tiana
13Némésis - Odéon - Théâtre de l'Europe
14Accueil la femme coupée en 2 - La femme coupée en deux
- 1 Compte-rendu écrit dans le cadre du programme ANR-23-CE54-011/2023/CE54
- 2 Le roman de Philip Roth a été publié en 2010 aux Etats-Unis et sa traduction par Marie-Claire Pasqu (...)
15Dans Némésis1, Tiphaine Raffier propose une interprétation du texte de Philip Roth2 qui passe par une diffraction du roman en trois tableaux principaux aux esthétiques fortement contrastées. Je propose de rappeler brièvement la composition tripartite du roman de Roth et de montrer dans un deuxième temps comment l’adaptation théâtrale s’en est saisie. Dans Nemesis, Roth imagine une épidémie de polio (fictive) qui fait rage à Newark, aux États-Unis, pendant l’été 1944. Ce récit est découpé en trois chapitres correspondant à des épisodes thématiquement, spatialement et temporellement distincts : dans la première partie du livre, « Equatorial Newark », le narrateur Arnie Mesnikoff, victime de l’épidémie lorsqu’il était adolescent, se fait oublier : il reconstitue le désastreux été 1944 en utilisant Bucky Cantor, son ancien éducateur sportif, comme unique personnage focal de sa narration. Bucky finit par fuir Newark, laissant derrière lui des enfants dont il a la charge pour retrouver Marcia, sa fiancée, dans un camp de vacances en Pennsylvanie. Dans le deuxième chapitre du roman, intitulé « Indian Hill », Arnie Mesnikoff demeure parfaitement effacé, pour mieux restituer l’illusion d’harmonie pastorale dans laquelle Bucky se plonge avec délice, avant de comprendre qu’il a lui-même introduit le virus mortel de la polio au sein du lieu paradisiaque. Le troisième chapitre, intitulé « Reunion », reprend le fil du récit après une ellipse d’une trentaine d’années. Y sont représentées les retrouvailles tardives d’Arnold, narrateur désormais pleinement incarné en tant que personnage dans la diégèse, et de Bucky Cantor, cette fois convoqué en tant qu’interlocuteur d’Arnold, dans un chapitre que rythment les dialogues entre les deux personnages masculins. Ce troisième et ultime chapitre fait porter l’accent sur les formes de vie antithétiques que les deux hommes, porteurs des séquelles du même mal, ont adoptées. L’angoisse métaphysique de Bucky, son oscillation entre auto-accusation et mise en cause d’un Dieu mauvais, est opposée à la vision sécularisée et immanente de la maladie qui est celle d’Arnold. La force vitale s’exprime chez Arnold dans un mélange d’opportunisme et de courage, son talent pour l’adaptation s’exprimant symboliquement (et avec humour) dans l’entreprise qu’il a fondée, qui propose des améliorations de l’accessibilité des bâtiments aux personnes porteuses de handicap. Par antithèse, la force vitale de Bucky, qui est tyrannisé par sa conscience morale et sa recherche d’un principe métaphysique du mal, s’est retournée contre la vie elle-même, paralysant moralement le personnage de Bucky Cantor. La troisième partie du livre est donc une réflexion sur le mal plutôt qu’une mise en scène de la maladie ; cette pente allégorique du récit n’est contrariée qu’in extremis par la tonalité élégiaque d’une phrase finale lapidaire, où s’exprime tout entière la nostalgie d’un homme, et d’un texte, pour une imagerie épique appartenant à un passé révolu : « he seemed to us invincible » (Roth 280). Malgré ses modulations tonales et ses discrets changements de perspective, le roman se présente du début à la fin comme une éthopée. Le portrait moral de Bucky Cantor, son protagoniste, donne au texte une forte unité.
- 3 Dans un entretien en date du 14 mars 2025, Tiphaine Raffier décrit l’esthétique de sa première part (...)
16Dans son adaptation du roman pour le théâtre, Tiphaine Raffier reprend tel quel le principe de l’éthopée. La pièce, comme le roman, se concentre sur les réactions morales du personnage de Bucky : son effarement devant l’épidémie et la révolte métaphysique qui le conduira à une impasse existentielle. Cela dit, dans la mise en œuvre romanesque de ce portrait, Roth se contente de modulations discrètes de sa technique narrative selon les parties du texte, effaçant les marques de la présence du narrateur Arnold Mesnikoff dans les parties 1 et 2 avant de remettre Arnold au centre de la diégèse dans la partie 3. Dans l’adaptation théâtrale, Raffier mise sur une hybridité générique très fortement marquée entre chaque partie. Elle mobilise une esthétique cohérente pour chacun des épisodes de la fable : le premier (interprétation scénique de « Equatorial Newark ») relève d’une esthétique qu’on pourrait qualifier d’expressionniste3 ; en revanche, le deuxième épisode (interprétation de « Indian Hill ») joue ostensiblement des codes de la comédie musicale ; enfin, le troisième et dernier épisode (interprétation de « Reunion ») mobilise une esthétique contemporaine de la pauvreté et de la mise à nu des artifices du théâtre. Je propose d’analyser maintenant, exemples à l’appui, comment ces trois esthétiques se déploient dans la pièce, avant de proposer quelques remarques plus générales sur l’ usage de l’hybridité générique dans l’adaptation.
- 4 Cf « Entretien avec Tiphaine Raffier » (14 mars 2025), Miranda n°31.
17Durant la première partie du spectacle, un panneau rectangulaire installé au-dessus de la scène réduit le champ de vision des spectateurs à une longue bande, ce qui attire notre attention sur la présence d’un cadrage et peut rappeler le format du cinémascope. Nous entendons un narrateur en voix off, ce qui évoque également une ouverture de film. Les nombreux bruits de déflagration ou les cris émanant de sources invisibles suggèrent un hors-champ inquiétant. Ainsi, certains codes du médium filmique sont ostensiblement mobilisés pour suggérer l’angoisse intimement ressentie par Bucky devant l’épidémie de polio qui gagne. En dépit de l’éloignement physique du corps du comédien, une proximité affective avec le personnage est créé4.
Figure 1
Bucky Cantor et la mère d’un de ses élèves
Crédits photographiques : Simon Gosselin
18Tout au long du premier épisode, de forts contrastes de valeurs lumineuses mettent en relief les ombres, dans un clair-obscur qui métaphorise les incertitudes du protagoniste, et le resserrement du champ de vision du spectateur produit un effet d’enfermement analogue à celui du personnage qui se sent pris au piège de l’épidémie. Dans l’image 1, on voit que l’aspect rectangulaire de la scène est mis en abyme dans l’ombre propre de l’estrade et que cette forme géométrique oblongue est démultipliée dans les interstices de la cloison ajourée qui se dresse derrière Bucky. La cloison met en contact l’espace de jeu des comédiens et l’espace qu’occupent les musiciens, mais elle sépare également les deux espaces à la manière d’un grillage : ainsi, les innombrables rectangles de la cloison symbolisent l’impossibilité de tout voir, de comprendre les évènements dans leur globalité.
Figure 2
Crédits photographiques : Simon Gosselin
19Dans la figure 2, on constate que l’éclairage en provenance du fond de scène organise une perte d’information généralisée : les spectateurs distinguent mal Bucky (son corps sous-exposé est réduit à une silhouette observée de dos) et ils discernent tout aussi difficilement ce que Bucky voit (les corps des musiciens, surexposés, sont à peine visibles derrière la grille). Ainsi, le continuel brouillage de la vision et des repères familiers, c’est-à-dire l’expérience sensorielle et existentielle de Bucky lui-même pendant l’épidémie, sont exprimées de manière superlative par la scénographie : tous les éléments sémiotiques de l’espace scénique sont mobilisés de manière cohérente, avec des effets de redoublement hyperbolique, au service d’une esthétique expressionniste : en effet, l’espace de la scène est converti en espace de projection psychique, où s’expriment métaphoriquement l’intensité des affects d’un personnage, ce qui permet au public d’en faire l’expérience par procuration.
- 5 Nemesis (2010) est, de ce point de vue, très proche de la Pastorale américaine (1997), texte antéri (...)
20Dans le deuxième tableau, Bucky a fui Newark en proie à l’épidémie ; il a rejoint sa fiancée Marcia dans un camp de vacances en Pennsylvanie, lieu du fantasme érotique et décor de l’idylle, où les valeurs hygiénistes des années 1940 sont exaltées à travers une référence mythologique aux modes de vie et aux rituels des peuples amérindiens. Dans l’univers romanesque de Roth, c’est le genre de la poésie « pastorale » qui est désigné comme la formule littéraire où s’exprime ce type d’aspiration à une existence paisible, dénuée de tout conflit, où l’individu ne serait plus en guerre avec lui-même ou avec son environnement. Dans sa dimension réaliste et ironique, l’écriture de Roth se donne pour mission de ridiculiser ces rêves illusoires et de mettre en relief la nature fondamentalement agonistique de l’existence humaine en général et de l’histoire des États-Unis en particulier5. Dans le deuxième tableau de son spectacle, Raffier reprend à son compte la perspective ironique de Roth, mais elle remplace la référence au genre pastoral par une référence au genre de la comédie musicale. Le jeu ostentatoire avec les codes du musical permet de mettre en relief le caractère factice du bonheur de Bucky à «Indian Hill » et donc, de trouver un équivalent proprement théâtral à l’ironie romanesque.
Figure 3
Crédits photographiques : Simon Gosselin
21Dans la figure 3, nous voyons que le panneau qui obstruait une partie de notre champ de vision dans le premier épisode a été retiré. À présent, le regard du spectateur peut librement embrasser la totalité de l’espace du plateau. C’est ainsi que nous apercevons, au-dessus de la toile de fond, un espace vide entre le décor et les cintres. Le spectateur n’est plus visuellement enfermé dans l’espace étouffant de la diégèse, comme c’était le cas dans la première partie. Au contraire, nous sommes placés dans une position de supériorité vis-à-vis des personnages, car nous apercevons les limites physiques de leur monde et percevons du même coup son caractère factice : ces personnages habitent visiblement un simulacre de paysage. Le dispositif scénique nous installe d’emblée dans une posture ironique, au rebours de la scénographie du premier épisode, qui nous invitait au contraire à l’identification empathique. De plus, l’utilisation du plein feu créé un éclairage homogène où les musiciens sont désormais parfaitement visibles sur scène et occupent le même espace que les personnages : la construction de l’artifice théâtral est mise à nu. Enfin, Bucky tourne le dos au public, comme s’il ne participait pas véritablement à la scène et en était plutôt le spectateur, ce qui produit une nouvelle mise à distance ironique de ce simulacre d’harmonie.
- 6 Cf « Entretien avec Tiphaine Raffier » (14 mars 2025), Miranda
- 7 Tiphaine Raffier décrit dans les termes suivants l’une des significations que prend la comédie musi (...)
22Néanmoins, même si le spectacle théâtral montre le caractère illusoire de l’idylle d’Indian Hill, il est significatif que la comédie musicale n’y soit pas volontairement mal exécutée ou réalisée de façon burlesque par les comédiens. Tout au contraire, les chanteurs et les musiciens visent une exécution parfaite. Ils font ressentir la séduction de la comédie musicale « à l’américaine » : son charme, au sens fort, qui est celui d’un envoûtement. Il s’agit de faire éprouver au spectateur l’euphorie de retrouvailles enchanteresses avec la naïveté de l’enfance, de nous faire éprouver la puissance de ces émotions afin de mieux nous faire réfléchir sur leur nature et leurs liens avec les forces de l’illusion6. La comédie musicale donne une forme sensible à la fusion entre le mécanique et l’organique : les gestes y sont acrobatiques, les mouvements de groupe synchronisés, les chœurs harmonieusement exécutés. L’important n’est pas tant que le musical thématise le bonheur ou la résolution heureuse des conflits (de nombreux musicals ne le font pas), mais plutôt que le genre réalise une formule heureuse, bien trouvée, qui marche parfaitement bien. La formule du musical conjure les forces du hasard par la grâce d’une partition musicale entièrement écrite d’avance, aux antipodes de l’improvisation. La musique exprime alors le rêve d’un monde entièrement prévisible7. Pourtant, à la fin du deuxième épisode, Bucky découvre qu’il était porteur de la poliomélyte et qu’il a lui-même contaminé le lieu idyllique où il pensait avoir trouvé refuge : la toile de fond et son paysage panoramique sont alors brutalement arrachés ; la mélodie du bonheur va laisser place à la sécheresse d’un dialogue sur un plateau presque nu.
23La troisième partie du spectacle met en scène les retrouvailles de Bucky Cantor (le protagoniste dans le roman et dans la pièce) et son ancien élève Arnold Mesnikoff (le narrateur dans le roman et la voix off de la première partie dans le spectacle). Ils se retrouvent en 1971, presque trente ans après le fatidique été 1944 où ils ont tous les deux contracté la poliomyélite. La pièce, comme le roman, met en relief l’opposition entre l’esprit d’entreprise d’Arnold et l’autosabotage de Bucky, l’opposition entre la résilience chez l’un et la paralysie des forces psychiques chez l’autre. Que Bucky s’identifie à un héros tragique (quand il s’accable lui-même) ou à Job (lorsqu’il incrimine un Dieu injuste), il incarne la recherche obsessionnelle de la signification du mal. Au contraire, Arnold personnifie la capacité de s’accommoder des coups du sort et d’accepter le caractère insensé de la contingence historique. Pour mettre en scène ce dialogue d’une simplicité presque allégorique, Tiphaine Raffier vide le plateau.
24Figure 4
Crédits photographiques : Simon Gosselin
25Comme on le voit dans la figure 4, les musiciens sont partis et seuls demeurent en fond de scène leurs instruments muets. La toile blanche qui recouvre à demi le piano connote le caractère désaffecté du lieu, à la manière d’un drap qui serait posé sur un meuble dans une maison inhabitée. Cette grande toile blanche traîne en partie sur le sol : elle semble être tombée des cintres et souligne que les murs du théâtre ne sont plus habillés, qu’ils sont directement exposés au regard des spectateurs. Le théâtre s’expose dans sa nudité, en tant que lieu physique où circulent des corps réels : cet effet de présence du corps de l’acteur est mise en relief par le regard et l’adresse au public du comédien qui incarne Arnold Mesnikoff. Certes, dans cette esthétique de la pauvreté, la mise à nu des murs du théâtre neutralise le prestige et la puissance d’invocation de certains éléments scénographiques, mais c’est pour mieux mettre en relief l’aura spécifique du corps et de la voix du comédien physiquement présent devant nous.
Figure 5
Crédits photographiques : Simon Gosselin
26Dans la figure 5, on voit le feu allumé sur le devant de la scène. Celui-ci symbolise différentes formes de « pauvreté » qui entrent en résonance les unes avec les autres. Dans le décor nu où les instruments de musique sont en déshérence et l’enseigne « PRUDENTIAL » laissée à l’abandon (cf. figure 4), le feu convoque l’image d’un brasier allumé dans la rue ou dans un lieu désaffecté par une personne sans abri. Il connote ainsi la pauvreté au sens littéral du terme. Lorsqu’il est contemplé de loin par Bucky (figure 5), il connote la nostalgie du feu de joie qui brûlait dans le camp d’Indian Hill, dans l’éden artificiel de la comédie musicale qui est maintenant un paradis perdu. En ce sens, cette flamme perdue, regardé de loin, symbolise la pauvreté sentimentale de Bucky : son renoncement à Marcia et à la poursuite du bonheur. Enfin, le feu allumé sur la scène est aussi, en un sens, un commentaire métathéâtral sur la puissance de l’art pauvre : le feu, élément dangereux et qui doit être manipulé avec précaution entre les murs d’un théâtre, conserve par sa dangerosité intrinsèque l’aura d’une force élémentaire potentiellement destructrice, bien qu’il soit par ailleurs un signe iconique, un signifiant pris dans un ensemble de signes scénographiques. D’une certaine façon, l’appauvrissement du décor et la mise à nu de la matérialité des signes théâtraux ravivent chez le spectateur la fascination d’avoir affaire à un feu réel, de même qu’ils réactivent notre émotion d’avoir affaire aux corps réels des comédiens. L’esthétique de la pauvreté propose, elle aussi, paradoxalement, une forme de réenchantement du monde.
27Comme nous le voyons au terme de ce parcours de l’œuvre théâtrale, l’hybridité générique n’est pas utilisée dans le Némésis de Tiphaine Raffier comme un principe d’instabilité dynamique qui habiterait, à tout moment, chacune des scènes et chacun des épisodes. En l’occurrence, l’hybridité générique est plutôt une sorte de principe architectural d’ensemble. Une tension dynamique est créée entre l’unité de la fable (l’histoire de Bucky Cantor) et les trois grands codes génériques qui sont mobilisés pour la représenter. Chaque épisode laisse au spectateur le loisir de s’installer dans la tonalité dominante et l’ambiance affective qui le caractérise : effets d’angoisse et d’étrangeté dans l’esthétique expressionniste, effets ludiques ou ironiques dans la comédie musicale, effets pathétiques ou élégiaques dans la mise à nu finale du plateau. Mais à chacune des jointures du triptyque, le spectateur est arraché à l’esthétique, au monde mental et à l’ambiance affective qui ont été construits dans l’épisode précédent. C’est ainsi que la vision du destin de Bucky semble réinventée, réinterprétée et revisitée trois fois de suite. On peut considérer qu’il s’agit d’une transposition au théâtre d’un principe majeur des biographies fictives de Philip Roth : les seules biographies qui vaillent, chez le romancier, sont des portraits « bougés » de l’individu portraituré, des interprétations de la vie d’un individu qui sont sans cesse révisées dans un mouvement de correction infinie. Néanmoins, on mesure, en étudiant l’interprétation théâtrale du récit romanesque qui est proposée par Tiphaine Raffier, que le spectacle prend son autonomie : à travers son usage de l’hybridité générique, Raffier développe une réflexion proprement métathéâtrale sur les usages de l’émotion, de l’identification et de la distanciation au théâtre.