Notes
Laterculus Regum Wandalorum et Alanorum (MGH AA, XIII, p. 458-459). Procope (De bello vandalico, I, 8, 7) a dénoncé la persécution sévère des catholiques par Gunthamund. Eugène a dû s’exiler en Gaule près d’Albi où il est mort. Cf. Modéran 1993, p. 146-148.
Vita Fulgentii, 13-14, selon la numérotation des chapitres relative à l’édition et la traduction de Lapeyre 1929.
Merrills et Miles 2010, p. 192-199 ; Conant 2012, p. 185-186 et 193-195. Clover 1992 avait auparavant défendu l’idée d’une forte symbiose entre élites africaines et vandales. Cette interprétation a été notamment critiquée par Vössing (2014, p. 98 et 107-108).
Miles 2005, p. 315-316 ; Lepelley 2002. Cette présentation irénique a été contestée par Modéran 2003, qui évoque l’existence d’une véritable guerre de religions en Afrique, probablement par allusion aux affrontements entre catholiques et protestants dans la France du xvie siècle.
Modéran 1993. Voir aussi Prosographie chrétienne du Bas-Empire, Afrique, Fulgentius, p. 507-513.
Isola 1986 a mis en doute l’attribution traditionnelle de cette biographie au diacre Ferrand de Carthage. Son auteur se présente en effet comme un ancien membre d’un monastère fondé par Fulgence en Sardaigne qui l’aurait suivi en Afrique. Il a accordé d’ailleurs un intérêt particulier à la cité de Ruspe et ses élites. Il s’est donc sans doute installé dans celle-ci. Voir PCBE, Afrique, Ferrandus, p. 446-450. Pour le texte : Vita Fulgentii, Isola A. éd., Turnhout, 2016.
Les décurions de Carthage ont été fréquemment désignés comme des senatores par des lois impériales (notamment CTh XII, 1, 27 de 339). Ils doivent être différenciés des honorati de rang clarissime, porteurs d’une dignité relative au sénat de Rome. Concernant l’extension des expulsions ordonnées par Genséric en 442, voir Modéran 2014, p. 170-172.
Vita Fulgentii, 1. La chronologie proposée par Y. Modéran, proche de celle du père Delehaye, est plus convaincante que celle de G. Lapeyre ou celle de C. Courtois. Elle sera retenue dans la suite de cet article. Elle se fonde principalement sur une allusion à une persécution vandale (Vita Fulgentii, 5), que Modéran a identifié à celle de Gunthamund en 495-496 alors que Courtois évoquait celle d’Hunéric en 484. Modéran a aussi repris en l’argumentant la datation de la mort de Fulgence en 533 proposée par le Père Delehaye, alors que Lapeyre proposait la date de 532. Pour la discussion, voir Modéran 1993, p. 136-149, spécialement p. 142.
Vita Fulgentii, 1-2. Sur ce munus très coûteux, qui reposait normalement sur les curiales les plus riches, voir notamment CTh XII, 6, 20 de 386. Voir aussi Modéran 1993, p. 176-181 et 146 (pour la chronologie de l’obtention de cette fonction).
L’apôtre Mathieu est cependant présenté dans la littérature patristique comme un receveur de taxes douanières.
G. Lapeyre et W. Frend avaient déjà proposé cette interprétation : Lapeyre 1929, p. 100 ; Frend 1980, p. 627, n. 102.
Pour la diffusion des titres de statut dans l’administration vandale, voir infra n. 119 et 122. Pour l’emploi du terme sublimis dans l’Empire romain au ve siècle, voir Mathisen 2001.
Voir notamment CTh XI, 16, 17 (387) ; XI, 30, 68 (429 au proconsul d’Afrique Celer).
Voir notamment CTh XI, 7, 11 (365) ; XI, 19, 4 (398) ; XI, 20, 3 (400 ou 403) ; XI, 20, 4, 1 (423) ; XI, 28, 4 (408).
Vita Fulgentii, 1 : Hinc initium sumens imperandi, et consulendi, ac gubernandi quamplurimos ; 2 : Non fatigantur publicis excursibus.
Notitia Dignitatum Occ., XII, 17-25. Cf Delmaire 1989, p. 214-215 et 218-220.
Victor de Vita, I, 45-47 (Felix, procurator domus filii regis) ; 48-50 (Saturus, procurator domus Hunerici).
Proconsuls de Carthage : Victor de Vita, III, 27 (Victorianus) ; Dracontius, Romulea, V, subscriptio (Pacideius). Victor de Vita (I, 13) mentionne la Proconsulaire, la Numidie, Byzacène, la Gétulie (sud de la Numidie) et l’Abaritina (probablement la région des Aurès). La Gétulie et l’Abaritina pourraient donc être de nouvelles provinces créées par Genséric.
Possidius, Vita Augustini, 17. Cf. PCBE, Afrique, Pascentius, p. 827-829 ; PLRE, II, Pascentius, p. 834-835.
Vita Fulgentii, 14 : Frater quippe eius germanus amicus procuratoris, per potentiam saecularis actionis ministrabat vires ambitionis.
Ceci ne peut s’expliquer que par la perte de la faveur royale ou un procès pour un fait grave (Vita Fulgentii, 14). Fulgence aurait craint en tant que procurator de perdre son patrimoine à cause de calumniatores (Vita Fulgentii, 2).
Vita Fulgentii, 5. Pour conserver la fortune familiale, Fulgence a dû transmettre ses biens à sa mère pour qu’elle les concède à son frère s’il se montrait digne de les administrer. Il s’agissait peut-être du frère aîné de Fulgence, puisqu’il portait le nom Claudius comme son père.
Saturus, procurateur de la domus d’Hunéric, a ainsi perdu entre 455 et 477 sa fonction et tous ses biens par son refus de se convertir à l’arianisme (Victor de Vita, I, 48-50).
Vita Fulgentii, 3. Cet évêque doit probablement être identifié avec le Faustus Praesidiensis mentionné dans la Notitia de 484. Y. Modéran a identifié ce site avec Praesidium Diolele, à vingt kilomètres de Capsa non loin de Thélepte. Cf. PCBE, Afrique, Faustus, 6, p. 398 ; Modéran 1993, p. 146, n. 50.
Victor de Vita, III, 45 ; 53-54.
Vita Fulgentii, 9. Il est probablement à identifier avec l’évêque homonyme mentionné dans la Notitia de 484 pour la cité de Victoria en Byzacène de localisation inconnue. Cf. PCBE, Afrique, Rufinianus, 6, p. 1005.
Vita Fulgentii, 13.
Ibid., 3.
Vita Fulgentii, 5. Cf. Modéran 1993, p. 146-148.
Victor de Vita, III, 4.
Vita Fulgentii, 6 ; Victor de Vita, II, 28.
Victor de Vita, I, 30-33.
Vita Fulgentii, 6-7 ; Victor de Vita, III, 42 ; 54. Le droit impérial imposait la peine de fustigation pour les responsables d’émeutes, auxquels Fulgence a pu être assimilé (Digeste, 48, 19, 28, 3).
Notamment Sulpice Sévère, Vie de saint Martin, VI, 4 ; Athanase, Contre les Ariens, 33.
Victor de Vita, I, 41-42.
Vita Fulgentii, 7. Fulgence, en choisissant de s’installer à Sicca, a probablement espéré bénéficier de sa tolérance.
Merrills et Miles 2010, p. 195.
Voir ses critiques vers 398 contre les moines de l’île de Capraria qui vivaient isolés (Epistulae, 48, 2).
Vita Fulgentii, 8. Certains membres du clergé nicéen se sont exilés à Constantinople lors de la persécution d’Hunéric de 484, comme le sous-diacre Reparatus de Césarée qui aurait été tenu en grande estime par l’empereur Zénon (Victor de Vita, III, 30). Cependant, cet auteur déplore (III, 68) qu’aucun secours n’ait été apporté par Constantinople à l’Église d’Afrique lors de la persécution d’Hunéric.
Vita Fulgentii, 10-11. En effet, les habitants de cette cité seraient venus en masse dans ce monastère, peu éloigné de la ville, faire pression sur lui pour qu’il devienne leur évêque (Vita Fulgentii, 14). Pour la datation de cet épisode, voir Modéran 1993, p. 150-151.
Fulgence a aussi privilégié l’étude des textes sacrés sur le travail manuel dans les deux monastères qu’il a fondés lors de son exil en Sardaigne, en partie sur ses fonds propres (Vita Fulgentii, 19 ; 24).
Vita Fulgentii, 11-13. Sur la prospérité de la Byzacène, voir notamment Bonnifay 2003.
Victor de Vita, III, 27 ; PCBE, Afrique, Victorianus, 13, p. 1193. Aucun gouverneur de Byzacène n’est attesté à l’époque vandale. Concernant la question des marqueurs de statut concédés par les rois vandales, voir infra n. 122.
Une inscription d’Ammaedera du début du vie siècle (AE 1972, 691 ; I. Haïdra, 424) mentionne en effet un sacerdotalis chrétien de la province d’Afrique issu d’une famille de notables de cette cité comportant aussi un clarissime et un flamine perpétuel mort en 526 se disant chrétien (CIL VIII, 450 = I. Haïdra, 401 ; 413). La mention d’un concile de la province d’Afrique est curieuse, puisque celle-ci a été dévolue au peuplement vandale. Cette expression pourrait en fait désigner le concile du diocèse d’Afrique, qui aurait réuni des délégués de toute l’Afrique vandale. Cette circonscription est en effet devenue obsolète à l’arrivée des Vandales. Les conciles provinciaux et diocésains se superposaient à l’époque romaine. Voir Duval et Prévot 1975, p. 287-289.
Vita Fulgentii, 15-16.
Sur l’évolution du monachisme en Afrique du Nord, voir Dossey 2011.
Notamment l’adjonction d’un sanctuaire dédié au culte de martyrs à l’église d’Henchir El-Gousset en 521 et d’un baptistère à celle d’El Erg près de Thélepte sous Thrasamund. Cf. Bejaoui 2003 ; Baratte et al. 2014, notamment p. 331-335 et 341.
Luxorius s’est moqué d’un magistrat qui avait été négligent dans l’organisation de certains spectacles qui pourraient être liés aux Floralia païennes (Anthologie latine, 96 Riese : De magistro ludi neglegenti). Le financement de ces spectacles à Carthage pourrait avoir été imposé, comme au ive siècle, aux sacerdotales provinciaux ou diocésains impliqués dans le culte royal (voir supra n. 44).
Vita Fulgentii, 9. Cette biographie valorise donc implicitement Théodoric en tant que protecteur de ce modèle « républicain » par rapport aux rois vandales persécuteurs et tyranniques.
Vita Fulgentii, 25 ; Fulgence, Epistulae, 2-4 et 6. Fulgence a pu bénéficier du soutien éventuel de membres de sa famille installés en Italie après l’exil de son grand-père Gordianus en 442. Voir Stevens 1982.
Procope, De bello vandalico, I, 8, 11-13 ; Anonyme de Valois, 12, 65-68. Le biographe de Fulgence n’indique pas clairement les buts de ce voyage en Italie et l’explique par des rencontres fortuites. Fulgence peut en fait avoir été missionné par des notables nicéens africains pour prendre contact avec certains sénateurs romains influents en profitant de cette détente politique. Son projet de voyage en Égypte n’aurait été qu’un prétexte.
Victor de Tunnuna (Chronique, a. 497, MGH AA IX, p. 193) propose le nombre de 120 évêques expulsés, en évoquant aussi la fermeture de l’ensemble des églises nicéennes. Cette décision n’est pas mentionnée par une autre source. Le chiffre de 60 évêques donné par la Vita Fulgentii (§ 18) pourrait donc faire allusion à la seule Byzacène.
Vita Fulgentii, 13-14 ; Possidius, Vita Augustini, 4. Fulgence aurait même été contraint par la violentia d’une multitudo. Fulgence en réalité s’est caché pour éviter d’être élu dans une cité de second rang, comme celle des Nuntii citée dans cette biographie, en privilégiant les élites de Ruspe. Concernant Silvestre, voir supra n. 43.
L’exil de Fulgence en Sardaigne n’a cependant pas été immédiat puisqu’il semble s’être caché un moment pour éviter d’être arrêté.
Vita Fulgentii, 13-14.
La biographie de Fulgence (§ 18) mentionne des conflits d’autorité entre des prêtres restés en Afrique et les évêques de leurs diocèses exilés en Sardaigne par Thrasamund depuis 508.
Un passage de Victor de Vita (II, 2) constitue la seule attestation d’un monachisme arien dans le royaume vandale. Hunéric aurait en effet découvert au début de son règne qu’un moine arien était en fait un manichéen.
Texte et traduction dans Lancel 2002, p. 67-71 et 213-220. Cette passion suppose qu’ils auraient été tués en 483 durant la 7e année de règne d’Hunéric, au moment de la déportation du clergé de Proconsulaire auprès des Maures (§ 2). Elle place cependant par la suite cet évènement après l’édit d’Hunéric de 484 (§ 5).
Victor de Vita, III, 41. Victor de Vita propose aussi une chronologie différente de celle de cette passion. Celle-ci suppose que le diacre Muritta aurait récupéré les reliques des sept moines à Carthage (§ 14-15). Or, Victor de Vita affirme que leur supplice a succédé à l’expulsion de ce diacre de cette ville par Hunéric. Il est en fait possible que cette mention ait été interpolée tardivement, avec ajout du nom des martyrs, ce qui expliquerait cette incohérence.
Vindemialis aurait avec Eugène bénéficié de miracles à Carthage peu avant 484, ce qui l’aurait rendu très populaire. Ceci explique l’hostilité d’Hunéric qui l’a fait exécuter (Grégoire de Tours, Histoire des Francs, II, 3). Il est cependant cité de manière très allusive dans cette passion (§ 7). Cf. PCBE, Afrique, Vindemialis, 2, p. 1215.
Passio, 5 : Universaque namque monasteria virorum vel puellarum sanctarum gentilibus, id est Mauris, cum habitatoribus donare praecepit. Victor de Vita, II, 26 ; Victor de Tunnuna, Chronique, a. 484 (MGH AA, XI, p. 189) : Hugnericus Wandalorum rex persecutioni per totam Africam nimis insistens Tubunis, Macri, et Nippis aliisque heremi partibus catholicos iam nonsolum sacerdotes et cuncti ordini clericos, sed et monachos atque laicos quattuor circiter milia exiliis durioribus relegat. Victor de Vita évoque cependant l’exil de jeunes gens élevés dans des monastères dans un autre passage (III, 68). L’édit d’Hunéric s’est limité à confisquer les biens des églises catholiques sans évoquer ceux des monastères (Victor de Vita, III, 8 ; 14).
Fastidiosus a rédigé un traité contre les donatistes et les nicéens en s’inspirant d’une lettre de Fulgence dont il avait eu connaissance (Sermo, 4-5 ; CCL 91, p. 282). Il pourrait avoir été proche de celui-ci. Cf. Whelan 2018, p. 65, n. 67 ; PCBE, Afrique, Fastidiosus, 2, p. 382.
PCBE, Afrique, Bonifatius, 26, p. 159 ; Petrus, 8, p. 873. Pétrus semble d’ailleurs avoir finalement eu gain de cause.
Vita Fulgentii, 27.
Un an avant sa mort en 533, Fulgence s’est ainsi installé sur un îlot nommé Cercina dans l’archipel de Kerkennah (Vita Fulgentii, 28), conformément au modèle occidental de l’érémitisme insulaire. Le séjour dans ces îles était jugé équivalent à celui dans le désert égyptien. Pour la datation de la mort de Fulgence, voir Modéran 1993, p. 146.
Selon la PCBE, le retour de Fulgence en Sardaigne après un séjour de deux ans en Afrique daterait de 518 ou 519. Cf. PCBE, Afrique, Fulgentius, 2, p. 510.
Vita Fulgentii, 21 ; Dicta regis Thrasamundi et contra ea responsiones (PL 65, col. 205-224 ; CCSL 91, p. 67-94) ; Ad Trasamundum libri III (CCSL 91, p. 97-185). Sur ce débat, voir notamment Whelan 2018, p. 160-163.
Vita Fulgentii, 21.
Victor de Vita, III, 6.
Vita Fulgentii, 20-21. Ceci explique que son biographe l’ait comparé avec insistance à l’évêque Aurelius de Carthage de l’époque d’Augustin, en tant que chef naturel des 60 évêques exilés en Sardaigne et donc de l’Église nicéenne d’Afrique du Nord (§ 18). Il a d’ailleurs envoyé ensuite une lettre pastorale aux Carthaginois entre son retour en Sardaigne et la mort de Thrasamund en 523 comme s’il était évêque de cette cité (§ 25).
PCBE, Afrique, Eugenius, 2, p. 362.
Ceci explique que Thrasamund ait fait communiquer oralement à Fulgence sa seconde série de questions, pour que celui-ci ne puisse réfuter ses propos verbatim (Vita Fulgentii, 21). Le poème contemporain de Flavius Felix (AL Riese 254) demandant à un roi un honor clérical montre bien que les souverains vandales étaient supposés diriger l’Église arienne.
Victor de Vita, III, 5.
Vita Fulgentii, 20-21.
Fulgence a au contraire dénoncé comme étant hérétiques dans ses traités adressés au roi des doctrines orientales considérant que le Christ avait souffert. Il voulait ainsi plaire à Thrasamund qui ne pouvait que redouter un appel des nicéens africains à Constantinople. Cf. Whelan 2018, p. 162-163.
Il était évêque de Cartenna en Maurétanie Césarienne. Il peut cependant avoir écrit ce traité avant 455, lorsque cette province appartenait encore à l’Empire, tout comme un autre polémiste nicéen contemporain, Voconius de Castellanus. Ces écrits ne les auraient donc pas mis en danger d’être poursuivis. Cf. Gennadius, De Viris Illustribus, 77 et 79 ; PCBE, Afrique, Victor 63, p. 1175 ; Voconius, p. 1227.
On peut notamment évoquer le débat entre Augustin et l’arien Pascentius dans sa réécriture par un nicéen africain à l’époque vandale et les Solutiones obiectionum arrianorum rédigées dans les années 470-480 par Vigile de Thapse, originaire comme Fulgence de Byzacène. Un sermon anonyme africain a aussi pris pour prétexte un dialogue avec un arien (Pseudo Augustin, Sermo, 245, 2 ; PL 39, col. 2196). Sur cette forme de polémique, voir Whelan 2018, p. 71-77.
L’évêque Habetdeum a ainsi présenté devant le roi Hunéric en 484 un libelle très critique envers la foi arienne et la persécution imposée aux catholiques, qui constituerait une exception (Victor de Vita, III, 53-54). Cette attitude provocatrice ne lui a cependant pas valu d’être exécuté. Ceci montre qu’une certaine liberté d’expression était concédée même par un roi persécuteur comme Hunéric.
Ce roi vandale aurait ordonné à Cerialis, de passage à Carthage, de débattre avec l’évêque arien Maximinus. Celui-ci gardant le silence à la fin de la discussion, l’arbitre nommé par le roi aurait ordonné à Cerialis de rentrer dans sa cité en sanctionnant ainsi sa victoire. Vigile de Thapse pourrait avoir joué un rôle important dans la rédaction du livre de foi catholique présenté à Hunéric en 484 (Victor de Vita, II, 56-101). Cf. Fialon 2015. Sur ce texte, voir aussi Whelan 2018, p. 71-77.
Vita Fulgentii, 25 ; Fulgence, Epistulae, 2-6.
Ad Thrasamundum regem, I, 1-2 (PL 65, col. 225-226).
Dracontius, Satisfactio, 299-302.
AL 376. Texte et traduction dans Chalon et al. 1985, p. 220-221. Ce poème peut avoir répondu au panégyrique d’Anastase par Priscien. Ce panégyrique a été prononcé à Constantinople vers 513-514. Priscien était d’ailleurs un africain émigré, originaire de Césarée de Maurétanie. Anastase aurait en effet considéré Thrasamund comme un ami selon Procope (De Bello Vandalico, I, 8, 14).
Dracontius a prononcé à Carthage un panégyrique de Thrasamund probablement au début de son règne. Celui-ci, signalé au xvie siècle, a été malheureusement perdu. Cf. Chalon et al. 1985, p. 249.
Procope, De Bello Vandalico, I, 8, 8-11.
Voir Isola 1994-1995.
Victor de Vita, III, 61-63.
Genséric a ainsi fait le choix de donner une éducation latine soignée à ses petits-enfants (Victor de Vita, II, 13). Ceci ne pouvait que constituer un signal clair pour l’aristocratie vandale. Voir aussi Dracontius, Satisfactio, 301.
Procope, De Bello Vandalico, I, 8, 9.
Dracontius, Romulea, I, 14. Le terme barbarus ne semble pas dans ce passage, tout comme pour Fulgence dans l’Ad Thrasamundum, avoir un sens neutre désignant de simples étrangers, comme l’a supposé É. Wolff, puisqu’il est lié à une absence dommageable de culture. L’assimilation des Vandales aux Phéniciens ayant colonisé l’Afrique, établie par Luxorius (AL 289), dénote une vision beaucoup plus favorable. Cf. Wolff 2021.
Dracontius a crédité Felicianus d’avoir été le premier rhéteur à avoir rouvert une école sous les Vandales, probablement dans les années 450 ou 460.
Avit, Epistulae, 8 ; 46. L’épouse du roi burgonde, Caretena, était d’ailleurs catholique. Salvien de Marseille (De Gubernatione Dei, V, 8-14) avait au milieu du ve siècle utilisé le même argument en sens contraire. L’ignorance des barbares, y compris Vandales, aurait excusé leur appartenance à l’hérésie arienne. Pour la datation de ces débats, voir PCBE, Gaule, Avit, 2, p. 248.
Avit, Epistulae, 1-6 ; 21-23 ; 30 et 36-39. Sur ces débats, voir Heil 2014, p. 287-296 ; Whelan 2018, p. 237.
Avit, Epistulae, 53-54. Cf. PLRE, II, Heraclianus, 5, p. 542.
Avit, Epistulae, 23.
Avit, Dialogi cum Gundobado rege vel librorum contra Arrianos reliquiae (MGH AA, VI-2, p. 1-15).
Concernant le fait que le Fils ait été engendré par le Père (Victor de Vita, II, 66 ; Dicta regis Thrasamundi et contra ea responsium, 1-4, PL 65, col. 205).
Vita Fulgentii, 20 ; Procope, De Bello Vandalico, I, 8, 9.
Vita Fulgentii, 20-21.
Notamment contre un esclave du roi (AL 209), un eunuque de la cour (298), peut-être à l’époque d’Hildéric, et un ministre de Gelimer probablement d’origine africaine, Boniface (341-342).
Certains d’entre eux ont été exécutés ou soumis à des châtiments physiques dégradants (Prosper, Chron = Epit. Chron. a. 437 ; Victor de Vita, I, 19-21 et 43-50 ; Victor de Vita, II, 9 et 23). Cependant, ces purges n’étaient que périodiques et n’ont pas forcément constitué un puissant facteur de conversion. La dénonciation par Fulgence dans son psaume abécédaire (§ 249) de l’exclusion des nicéens de la militia sous Thrasamund semble être une déformation polémique ou une allusion aux seuls militaires et non aux fonctionnaires.
Vita Fulgentii, 20.
Fulgence, Epistulae, 8 (CCSL, 91, p. 257-273) et 9 (CCSL, 91, p. 277-280). On peut aussi évoquer le traité de Fulgence sur la Trinité adressé sur sa demande à un certain Felix. Sur Fastidiosus, voir supra n. 62.
Fulgence, Epistulae, 10 : Scarila ad Fulgentius ; Liber ad Scarilam de incarnatione filii Dei et vilium animalium auctore (CCSL 91, p. 311-312). La PCBE date ces lettres de 523-533 mais leur rédaction lors du passage de Fulgence en Afrique du Nord en 517-519 ou peu après son retour en Sardaigne est plus probable. Selon N. Wagner, Scarila serait un nom germanique masculin. Cf. PCBE, Afrique, Scarila, p. 1044 ; Wagner 1982.
Cependant, Fulgence percevait le danger de manichéisme dans les assertions de Scarila. Son intérêt était donc aussi théologique.
Augustin a ainsi organisé vers 397-398 un débat à Thubursicum Numidarum avec l’évêque donatiste local sur la demande de quatre notables schismatiques (Epistulae, 43 et 44).
Dracontius, Romulea, V, subscriptio.
Voir supra n. 62.
Quodvultdeus (Liber promissionum et praedictorum Dei, IV, 5, 7) et Victor de Vita (III, 62) ont dénoncé les conversions nombreuses de notables sous Genséric et Hunéric. Procope (De Bello Vandalico, I, 8, 9) évoque le succès de la politique de Thrasamund reposant sur l’octroi de charges et de privilèges aux convertis. Aucune conclusion claire ne peut cependant être donnée à partir de témoignages qui restent fragmentaires. Cf. Merrills et Miles 2010, p. 192-196 ; Conant 2012, p. 185-186 et 195.
Procope, De Bello Vandalico, I, 8, 15-29. Cf. Merrills et Miles 2010, p. 129.
Procope, De Bello Vandalico, I, 8, 14.
Thrasamund pressentait sans doute que son règne allait bientôt se terminer. Il aurait fait jurer Hildéric sur son lit de mort en 523 de ne pas légaliser le culte nicéen, en étant probablement conscient de la faible valeur de ce serment (Victor de Tunnuna, Chronique, a. 523, dans MGH AA IX, p. 196). Fulgence, peut-être au courant d’une maladie de Thrasamund, avait lui-même prophétisé lors de son départ d’Afrique vers 519 la légalisation prochaine du culte nicéen (Vita Fulgentii, 21).
Selon Fulgence (Psaume abécédaire, 29), les nicéens de Carthage ne pouvaient entrer dans des églises ariennes, ce qui devait leur rappeler la persistance de ce conflit religieux.
Un poème (AL 131) s’est moqué d’un mauvais poète qui serait un Arzuge, par référence à des populations tribales du sud de la Byzacène et de la Tripolitaine. Ce poète rustique aurait donc été bien éloigné de la sophistication des poètes de la capitale. Il a été curieusement assimilé à un devin ou à un poète inspiré par les dieux, ce qui pourrait évoquer une poésie de nature religieuse (De Arzugitano vate). Ce poème pourrait comprendre (v. 2) une allusion dissimulée et moqueuse contre Silvestre, primarius de Byzacène mentionné dans la biographie de Fulgence (voir supra n. 43). Il pourrait avoir été en relation avec ce jeune poète. Un avocat de Vita en Byzacène est aussi moqué dans un troisième poème (149).
Cette remarque pourrait indiquer que Victor, évêque de Vita en Byzacène, aurait personnellement bénéficié de sa générosité (III, 27).
À l’exception d’un éloge d’Hunéric par le poète Caton (AL 387), la majorité des poèmes de l’Anthologie latine semblent dater du règne de Thrasamund ou être postérieurs. Voir Chalon et al. 1985, p. 213.
Poèmes avec allusions chrétiennes : AL 91-93 ; 342 ; 345 ; 378-379 (par le grammairien Calbulus). Il s’agit de pièces courtes, principalement de variations sur des sujets bibliques, comme Salomon ou la Croix, ou des éloges funéraires, notamment de Luxorius pour la fille d’un neveu d’Hildéric, qui était probablement arienne (345). Un de ses poèmes (342) semble faire allusion à un thème plus délicat, la punition divine d’un mauvais fonctionnaire de Gelimer sans doute arien. Miles 2005, p. 314-318, a reconnu que le faible nombre de poèmes chrétiens dans ce recueil peut s’expliquer par une forme d’autocensure et donc par la contrainte royale.
AL 213 : Sacram meritis altaribus aedem. Felix a consacré cinq poèmes à cette construction (AL 210-214). Texte et traduction dans Chalon et al. 1985, p. 216-219. Cette allusion à l’arianisme est cependant assez prudente et ambigüe, comme l’ont remarqué Wolff 2021, p. 47 et Miles 2005, p. 310.
AL 254. La PLRE (II, Felix 19, p. 462) suppose que ces poèmes auraient eu le même auteur. Victorinianus était primiscrinarius de la cour vandale, une fonction qui pourrait correspondre au magister scrinii ou au maître des offices de l’Empire romain tardif (Chalon et al. 1985, p. 248-249). Il pourrait avoir été apparenté au proconsul de Carthage de 484 du même nom et originaire d’Hadrumète que Victor de Vita (III, 27) a pourtant présenté comme un ardent nicéen. Dracontius a été libéré de prison au début du règne de Thrasamund par l’intervention d’amis puissants, notamment Victor et ses deux fils Victorianus et Rufinianus (Dracontius, Romulea, VI, 37-40, 82 et 101-103). Victorianus pourrait peut-être correspondre à l’homonyme primiscrinarius.
Victorianus, le dédicataire illustris de ce poème, était forcément arien. Une épitaphe relative à un inlustris d’époque vandale ou du début de la période byzantine (I. Haïdra, 26) a été retrouvée dans une église d’Ammaedera qui semble avoir été occupée par les ariens, comme le montre l’ajout tardif de l’expression vandalorum à l’épitaphe de l’évêque Victorinus (58) dans cette même église. Un rhéteur arien nommé Mocianus est aussi attesté à la fin de l’époque vandale (Facundus d’Hermiane, C. Mocianum, 64). Voir Duval et Prévot 1975, p. 53-54, 87-88, 446 et 508.
AL 376.
L’inlustris mentionné dans une inscription d’Ammaedera pourrait laisser penser que ce titre était assez largement diffusé à l’époque vandale s’il date bien de cette période (I. Haïdra, 26). Le recueil de l’Anthologie latine mentionne deux autres illustres, Octavianus et Victorianus (20 ; 254) et un poète spectabilis, Luxorius (18 ; 287). D’autres poètes étaient simplement de statut clarissime comme Avianus (26) et le grammairien Coronatus (223). Le statut d’Octavianus, âgé d’à peine 16 ans, pourrait s’expliquer par celui de son père, présenté comme étant le vir magnificus Crescentinus (AL 20). Cette expression était en effet réservée au ve siècle aux illustres (voir Mathisen 2001, p. 203). Le rang d’illustre pour Octavianus pourrait cependant être l’effet d’une licence poétique, ce titre n’étant pas héritable. Victorinianus l’a sans doute par contre reçu par sa fonction de primiscrinarius de la cour vandale. Elle pourrait en effet correspondre au maître des offices de l’Empire romain tardif, lui-même de statut illustre (voir supra n. 119-120). Les rois vandales ont sans doute imité l’échelle des dignités au sein de la cour impériale. Il est donc probable que les proconsuls de Carthage aient reçu le rang d’illustre pour les égaler aux préfets de la ville de Rome, alors que les proconsuls d’Afrique étaient seulement de rang spectabilis à la fin de la période romaine (Notitia Dignitatum, Occ., XVIII). La biographie de Fulgence laisse penser que les membres de l’élite dirigeante de la cour vandale étaient de rang illustre (voir supra n. 12). L’illustris d’époque vandale attesté par une inscription d’Ammaedera (I. Haïdra, 26) avait sans doute reçu cette dignité de manière honorifique puisqu’aucune fonction administrative exercée n’est précisée. Une autre épitaphe de la même cité d’époque vandale évoque un clarissime (I. Haïdra, 401), ce qui montre que ce titre était assez répandu. Les notables africains spectabiles ou illustres étaient très rares au ive siècle.
Le titre du poème évoque la postulatio honoris de Felix, de style très profane (AL 254).
Luxorius, de rang spectabilis, était proche de deux grammairiens, Faustus (AL 282) et Coronatus de statut clarissime (223). Il était peut-être aussi lié au grammairien Calbulus (378-379). Des grammairiens publics de Constantinople ayant vingt ans de service ont reçu la dignité de spectabiles en tant que vicaires honoraires (CTh VI, 21, 1 de 425).
Dracontius, Romulea, VII, 118-136 ; De laudibus Dei, III, 602-606. Selon Merrills 2004, son panégyrique a pu être dédié à Hunéric, qui était détesté par son successeur Gunthamund.
AL 254.
Les flamines perpétuels correspondaient approximativement aux principales des cités. Deux flamines, dont un clarissime, et un sacerdotalis appartenant à la même famille sont attestés par des épitaphes d’Ammaedera datant des années 510-526 (I. Haïdra, 401, 413 et 424). Un des flamines (413) a tenu à préciser qu’il était chrétien, ce qui pourrait constituer une façon oblique d’indiquer qu’il était nicéen. Le mot vandalorum a été ajouté à l’épitaphe d’un évêque nommé Victorinus de cette cité (58), ce qui laisse penser qu’il avait été arien. Cet ajout permettait de dénoncer l’Église arienne comme étant une Église d’État, inféodée aux rois vandales. Voir Duval et Prévot 1975, p. 87-88.
Un manuscrit d’Hilaire de Poitiers possédé par Fulgence ou certains de ses proches en Sardaigne montre son utilisation de la datation par les années de règne vandales. Cf. Conant 2012, p. 195.
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