Cartographier les savoirs partagés sur le droit à la terre dans le Finnmark : le réseau Stjernøya
Thèse en études nordiques soutenue à l'Université de Strasbourg le 14 novembre 2025 devant un jury composé de Samim Akögnül, président et professeur en histoire contemporaine, Université de Strasbourg, France, Coppélie Cocq, opofesseure en études sámi, Université d'Umeå, Suède, Joanna Kodzik, rapporteure et professeure en études arctiques, Institut Jean Malaurie, Université de Versailles, France, Thomas Mohnike, directeur de thèse et professeur en études scandinaves, Université de Strasbourg, Harri Veivo, rapporteur et professeur en études nordiques, Université de Caen Normandie, France et Ketil Zachariassen, maître de conférences en histoire, Université Arctique de Norvège, Norvège.
Avec l’adoption de la Loi sur le Finnmark et l’établissement de la Commission Finnmark en 2005, l’État norvégien initie une cartographie des droits à la terre acquis par usage immémorial. Dans ce contexte, deux groupes d’éleveurs de rennes appartenant au peuple autochtone Sámi demandent la reconnaissance de leurs droits de propriété et d’usage sur l’île de Stjernøya, située à 500 km au nord du cercle polaire arctique. S’ensuit une bataille judiciaire qui aboutit au rejet par la Cour suprême norvégienne en 2016 de la requête des éleveurs. S’appuyant sur une analyse du corpus documentaire produit dans le cadre de cette affaire, mobilisant des outils de cartographie numérique (SIG et Heurist), cette étude examine les tensions inhérentes à la construction d’un réseau de savoirs partagés relatifs à l’usage immémorial – donc traditionnel – de Stjernøya par les éleveurs de rennes. Les résultats mettent en évidence, d’une part, le rôle structurant du nexus savoir-pouvoir dans la configuration des récits du conflit, en particulier à travers l’articulation avec les activités minières présentes sur l’île, mobilisées comme ressource argumentative dans la légitimation des droits fonciers des éleveurs. D’autre part, ils soulignent la multidimensionnalité des processus d’hybridation entre savoirs traditionnels et savoirs modernes, dont le renne constitue le médiateur central.
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Une version numérique de la thèse est accessible en ligne.



