Résumés
Les différentes approches visant à saisir la géographie du vote écologiste Français soulignent généralement son aspect urbain. En effet, la composition sociale des grandes métropoles et la sociologie des votants écologistes semblent entretenir des liens étroits : haut degré de capital culturel, jeunesse, importance des travailleurs du secteur public, etc. Pourtant, les analyses contemporaines du comportement électoral insistent sur l’importance de configurations sociales localisées, formant ainsi des dispositifs informels de mobilisation, permettant notamment la diffusion de discours localement légitimes. Ces notions permettent de saisir le vote au-delà du seul déterminisme des « variables lourdes ». L’article présenté ici vise à identifier différents types de configurations socio-spatiales favorables aux écologistes par l’étude des trois dernières élections européennes et grâce à une méthodologie quantitative. Pour ce faire, nous tenterons d’identifier des espaces où les résultats écologistes sont remarquables, puis de saisir les configurations socio-spatiales de ces espaces afin de comprendre quelle influence ces configurations a-t-elle pu avoir sur le vote écologiste.
The various approaches that aim to understand the spatial repartition of the French Green party results generally emphasise its urban dimension. Indeed, there appear to be close links between the social composition of major metropolitan areas and the sociology of Green voters. For example, high degree of cultural capital and high proportion of public sector workers are all common features between the two. Yet contemporary analyses of electoral behaviour emphasise the importance of localised social configurations, creating informal mechanisms for mobilisation, enabling the circulation of legitimate discourse, and so on. These concepts make it possible to understand voting beyond the mere determinism of individual social datas. The aim of this article is to identify different types of socio-spatial configurations favourable to the French Green party, by studying the last three European elections and using a quantitative methodology. In doing so, we will attempt to identify areas where their results are remarkable, and then to grasp the socio-spatial configurations of these areas in order to understand what influence these configurations may have had on the Green vote.
Haut de page
Extrait du texte

Texte intégral disponible via abonnement/accès payant sur le portail Cairn. Le texte intégral en libre accès sera disponible à cette adresse en janvier 2027.
Consulter cet article
Plan
La géographie a-t-elle encore son mot à dire dans l’étude du comportement électoral ?
La géographie électorale et ses écueils : une mise en garde introductive
Renouveler les approches spatiales du comportement électoral pour faire de l’espace un élément d’analyse opérant dans l’étude du vote
La spatialisation du vote écologiste comme point de départ pour l’identification d’effets de lieux
Vote vert et élections européennes : de relatifs succès ?
Le vote écologiste et la grande ville : du vote urbain au vote des idéopôles
À la recherche d’effets de composition sociale différenciés selon les espaces
Des effets de composition sociales sur le vote variant selon la taille des agglomérations
Les villes intermédiaires : un terrain d’essai hors des grandes métropoles pour l’analyse de la spatialisation des scores écologistes au prisme de la composition sociale
À la recherche d’effets de lieux : le cas de la dorsale Sud-Est
Quatre départements de la dorsale Sud-Est à la loupe : des espaces du vote écologiste finalement très composites
La région grenobloise et l’écologie politique, des cas de banlieues écologistes ?
D’autres clefs de lecture pour des espaces plus isolés au sein de cette dorsale
Monter en généralité par l’étude des communes en survote constant
Les enseignements et limites d’une approche socio-spatiale quantitative
Aperçu du texte
La géographie a-t-elle encore son mot à dire dans l’étude du comportement électoral ?
La géographie électorale et ses écueils : une mise en garde introductive
Aujourd’hui, la place de la géographie dans l’étude du comportement électoral ne va pas toujours de soi. Les discussions autour de la pertinence des choix visant à approcher la dimension spatiale du vote dans l’ouvrage de Cagé et Piketty (2023) en sont un témoignage (Gilli, 2023). Ces controverses académiques révèlent non seulement des différends méthodologiques quant à l’appréciation de la dimension spatiale dans le vote, mais aussi des divergences théoriques plus profondes liées aux approches propres aux disciplines impliquées dans l’étude du comportement électoral (sociologie, science politique et géographie principalement).
Les critiques faites aux tenants d’une approche essentiellement géographique du comportement électoral sont nombreuses et, par ailleurs, émanent aussi de géographes. Citons d’abord la crainte que derrière ...
Haut de page
Pour citer cet article
Référence papier
Clément Combettes, « Les espaces de l’électorat écologiste », Norois, 272 | 2024, 19-43.
Référence électronique
Clément Combettes, « Les espaces de l’électorat écologiste », Norois [En ligne], 272 | 2024, mis en ligne le 05 janvier 2027, consulté le 11 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/norois/14805 ; DOI : https://doi.org/10.4000/12tdf
Haut de page