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La voix de la recherche

Militance et engagement dans le milieu muséal

Essai de sémantique discursive
Laurent Gautier 
p. 46-52

Résumé

L’exploration sémantique des termes militance et engagement et l’analyse de leur utilisation dans le discours sur les musées permettent de mieux circonscrire les deux termes. Si la structure sémantique profonde reste la même, l’analyse révèle des différences éloquentes.

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Texte intégral

Contextualisation(s)

  • 1 Le terme et la notion qu’il désigne ont été introduits par Anne Condamines et Jean-Paul Narcy-Combe (...)
  • 2 Nous proposons ainsi, dans un article de 2019, de parler de « langues-cultures-milieux de spécialit (...)
  • 3 Cette articulation entre space et place a donné lieu à une recherche très productive qu’il n’est pa (...)

1Les sciences du langage n’ont cessé, tout au long de leur histoire, d’enregistrer des tournants successifs qui ont largement marqué non seulement leurs objets et leurs méthodes, mais aussi leur potentiel applicatif et leur « réception » en dehors du monde de la recherche académique. Si la linguistique appliquée a été pionnière en la matière, en proposant des approches de phénomènes de langue incluant leur transférabilité à toutes sortes de domaines précisément extra-académiques, elle est aujourd’hui articulée avec une « linguistique située » 1. Derrière cette dénomination nouvelle et surtout derrière la substitution de l’adjectif appliqué par situé, il s’agit surtout pour ces approches nouvelles de placer le besoin – professionnel, institutionnel ou organisationnel – à la fois au départ et à l’arrivée du travail du linguiste, mais aussi tout au long du travail de recherche lui-même qui se construit et est co-construit par interactions successives entre chercheurs et professionnels de terrain avec une attention toute particulière accordées au(x) « milieu(x) » ainsi traversé(s) 2, d’abord espaces (au sens de l’anglais space) devenant lieux (au sens de l’anglais place) au bénéfice d’une structuration sociale 3 passant largement par la langue, que ce soit des interactions, des textes ou toute autre forme de communication multimodale. Nous partirons ici de l’hypothèse que le musée représente un tel lieu/space.

  • 4 Là aussi, l’espace nous manque pour présenter la riche bibliographie afférente. Les lecteurs intére (...)
  • 5 Du point de vue terminologique, les recherches d’Anne Parizot (2014) et de Dardo de Vecchi (2002), (...)
  • 6 L’article de Melissa G. Moyer (2021 : 519) propose une vue d’ensemble de cette problématique et con (...)

2Dans ce cadre global, des travaux sont apparus, il y a maintenant plusieurs décennies, sur les discours en situation de travail 4, s’intéressant surtout aux divers types d’interactions, envisagées dans leur dimension relationnelle, avec un focus tout particulier sur les situations difficiles (annonce d’un diagnostic dans le milieu médical), de crise (gestion communicationnelle d’un plan de licenciement) ou encore d’asymétrie entre locuteurs (par exemple dans les situations d’apprentissage). La focale s’est ensuite déplacée vers une saisie globale de ces lieux/places, le plus souvent approchés en termes d’organisation, avec des problématiques allant des terminologies 5 aux discours de communication tant interne qu’externe en passant par les interactions quotidiennes qui structurent l’organisation 6.

3La définition de l’organisation proposée par Alain Desremeaux dans son ouvrage de 2015 est ainsi particulièrement intéressante, d’une part en ce qu’elle met en avant les zones grises qui entourent le concept et lui donne donc un côté relativement souple, et d’autre part parce qu’elle révèle bien, aux trois niveaux qu’elle distingue, la place du langagier et du discursif :

4« [L’organisation] est un objet qui pose de nombreuses questions dont un inventaire ne peut ignorer l’ambivalence du mot organisation lui-même. Celui-ci désigne en effet tout à la fois une entité créée pour conduire une action collective (par exemple : une entreprise, une association à but non lucratif, un hôpital, un parti politique), la façon selon laquelle cette entité est agencée (notamment : la définition et la répartition des tâches entre les acteurs participant à l’action collective) et les processus qui produisent à la fois l’entité et son agencement. » (p. 7).

5Dans une telle perspective, nous complétons donc notre hypothèse de départ et ajoutons à la reconnaissance du musée comme place, sa catégorisation comme organisation et, partant, nous pouvons chercher, à ces trois niveaux, les terrains qu’il peut livrer au linguiste.

  • 7 Cf. la définition de Penelope Eckert et Sally Mc-Connell-Ginet (1992 : 464) : « An aggregate of peo (...)
  • 8 En particulier, pour rester dans le paradigme méthodologique qui est le nôtre, par John Swales (198 (...)

6Bien que fort intéressante, et à notre connaissance non encore réalisée, une typologie exhaustive et raisonnée de ces terrains dépasserait les limites de cette contribution. Afin d’en arriver le plus rapidement possible à la thématique de ce numéro, nous postulons en première approche une articulation productive entre les deux notions clef de militance et engagement et les niveaux de l’action collective (niveau 1 de la définition) et des processus qui sont les vecteurs de cette action (niveau 3) et cherchons à la saisir à travers la reconstruction de matrices de discours. Cette articulation nous semble d’autant plus féconde qu’elle permet d’entrevoir une interaction prometteuse avec la notion de « communauté de pratique » telle que celle-ci a été définie au départ en dehors du champ strictement linguistique 7, puis prolongée en analyse de discours à travers la notion de connexe de « communauté de discours » 8.

7Nous situons ainsi très clairement notre approche dans le grand ensemble de l’analyse des discours spécialisés professionnels tels que nous les définissons dans un article de 2019 et dont une des caractéristiques perçues seulement tardivement dans la recherche réside bien dans le fait de ne pas être totalement lisses, neutres, objectifs, mais au contraire d’être traversés par des lignes de fractures, des enjeux de pouvoir donnant in fine naissance aux matrices structurantes évoquées précédemment. Dans ce contexte global et, a priori impossible à saisir ou à analyser de façon systématique et finie, et parce que le linguiste ne peut travailler qu’à partir d’observables clairement définis, une attention particulière doit être accordée, à la suite des travaux dijonnais de Matthieu Bach (2022 et Bach et al., 2022), à des segments récurrents, des fossilisations signifiantes et des dispositifs énonciatifs à travers lesquels se donnent à lire ces matrices. On s’approche ainsi des « formules » telles que les définit Alice Krieg-Planque (2009 : 7) : comme « un ensemble de formulations qui, du fait de leurs emplois à un moment donné et dans un espace public donné, cristallisent des enjeux politiques et sociaux que ces expressions contribuent dans le même temps à construire ». Les formules sont des condensés, récurrents, de positionnements discursifs souvent polémiques, ou en tout cas discutés.

De la saisie lexicographique à l’emploi générique

8Si le sens des mots est leur usage, et donc leur combinatoire – c’est la leçon du philosophe et logicien Wittgenstein – il est intéressant de partir des définitions qu’en donnent les dictionnaires. Mais en partir à rebours : car la définition du dictionnaire n’est justement pas, dans l’analyse telle que nous la pratiquons, le point de départ, c’est une abstraction nourrie des usages, donc plutôt une ligne d’arrivée.

9Militance, dans les dictionnaires consultés, n’apparaît que comme un renvoi dans un article militantisme :

10« Activité d’une personne qui milite au sein d’une organisation, d’un mouvement (on rencontre parfois Militance). Par extension et péj. Attitude, état d’esprit portant à la propagande partisane. » (Dictionnaire de l’Académie française).

11« Attitude des personnes qui militent activement dans une organisation, un parti politique, un syndicat. » (Trésor de la langue française informatisé).

12Comme on pouvait s’y attendre, ces définitions partent finalement du verbe militer, dont sont dérivées les deux formes nominales, mais diffèrent néanmoins sur la catégorisation de ce résultat : activité pour l’Académie, attitude pour le Trésor. Sémantiquement, cette différence n’est pas anodine et nous y reviendrons précisément à l’étape suivante de la démonstration, car elle s’avère riche d’enseignement quand il s’agit d’examiner les « formules » évoquées ci-dessus. En tout état de cause, le détour par le verbe militer s’impose :

13« S’engager activement pour défendre une cause, une idée, ou pour gagner à une doctrine de nouveaux adeptes, notamment au sein d’un mouvement, d’une organisation. » (Dictionnaire de l’Académie française).

14« [Le suj. désigne une pers.] 1. Combattre, lutter (sans employer de moyens violents) pour faire prévaloir une idée, une thèse, une doctrine. 2. En partic. [Le suj. désigne une pers. appartenant à une organisation, un parti, un syndicat] Effectuer les tâches (tant matérielles qu’intellectuelles) indispensables à l’approfondissement et à la diffusion des idées qu’un militant veut voir triompher. » (Trésor de la langue française informatisé).

  • 9 Cette approche des structures argumentales des verbes remonte à la grammaire des cas de John Fillmo (...)

15Les deux définitions catégorisent clairement le verbe comme verbe d’action, nécessitant donc – et ce sera là encore crucial pour l’analyse des formules – un agent (ceux et celles qui militent), un objet (la cause visée) et potentiellement un bénéficiaire (ceux et celles que l’on veut convaincre) 9. Sémantiquement, donc, nous avons donc clairement une visée téléologique. On retiendra par ailleurs, de ces quatre définitions, la grande cohérence concernant le cadre du militantisme avec le recours systématique à la notion d’organisation, ce qui fait parfaitement écho à notre point de départ concernant l’approche discursivement organisationnel du musée.

16L’examen critique des saisies lexicographiques d’engagement offre un panorama relativement similaire. Le parcours qui mène du verbe s’engager au nom dérivé étant le même que pour militer/militantisme-militance et se donnant à lire de façon quasi identique dans nos deux sources, nous nous limitons ici aux définitions du nom :

17« 6. Action de prendre parti pour une cause, une doctrine. Un engagement politique. Par extension. Action de participer activement à la vie sociale, politique, intellectuelle ou religieuse de son temps. L’engagement d’un écrivain, d’un artiste. » (Dictionnaire de l’Académie française).

18« 2. (au fig.) Participation active, par une option conforme à ses convictions profondes, à la vie sociale, politique, religieuse ou intellectuelle de son temps. (Trésor de la langue française informatisé).

La structure sémantique profonde d’engagement et de militance est la même, à une différence près : celle de l’engagement ne prévoit pas explicitement le rôle du bénéficiaire (celles et ceux que l’on veut convaincre).

19La structure sémantique profonde reste la même, à une différence près, mais de taille : elle ne prévoit pas explicitement le rôle du bénéficiaire. L’engagement est en quelque sorte présenté comme unidirectionnel, il concerne directement l’agent de l’engagement, il serait, pourrait-on dire, « gratuit ». Une autre différence doit par ailleurs être notée au niveau de l’objet de l’engagement : il est saisi ici comme plus large que pour la militance et vu comme concernant les différentes composantes d’une époque.

20Avant de passer aux emplois pouvant être relevés dans le milieu muséal, il est intéressant de clore cette partie en examinant le différentiel entre les deux noms, militantisme et engagement, tel qu’il ressort dans le corpus de français générique (23 milliards de mots) fourni par la plateforme Sketchengine 10. Sans pouvoir entrer dans les détails de toutes les variables analysables, arrêtons-nous sur deux d’entre elles. La première touche à la catégorisation de chacun des deux termes à travers les mots qui sont, en discours, statistiquement le plus associés à chacun d’eux (Figure 1).

Figure 1 :

Figure 1 :

Répartition comparée des noms le plus souvent associés à militantisme et engagement à partir du corpus frTenTen23 de Sketchengine.

21On voit que les termes dans la partie gauche du diagramme positionnent militantisme dans la catégorie d’une forme d’engagement très forte voire radicale, le terme le plus proche étant prosélytisme. Ceci confirme bien le trait définitoire identifié précédemment autour du bénéficiaire de l’action militante qu’il s’agit de « gagner à sa cause ». Dans la partie droite, qui permet donc de mieux classifier engagement, on trouve des termes caractérisant une attitude générale face à un collectif (participation, implication, dévouement).

22La seconde variable intéressante est celle qui concerne la qualification des deux notions et que l’on peut approcher à travers le différentiel des adjectifs les plus prototypiques de l’un et de l’autre (Figure 2).

23Leur examen confirme finalement les hypothèses présentées ci-dessus. La partie droite du diagramme liste des qualificatifs qui corroborent la dimension collective de l’engagement, en quelque sorte désintéressé, là où la partie gauche regroupe des adjectifs exprimant la visée de l’action – on retombe donc sur cette visée téléologique.

Figure 2 :

Figure 2 :

Répartition comparée des adjectifs qualifiant le plus souvent militantisme et engagement à partir du corpus frTenTen23 de Sketchengine.

De quelques « formules » en contexte

24Que deviennent ces tendances quand, du discours général, on se focalise sur le discours situé du musée, envisagé comme communauté de pratique ? Sur la base des résultats qui viennent d’être présentés, nous avons cherché à vérifier en corpus si ces deux termes étaient à l’origine de formules stabilisées ou en voie de stabilisation. Nous sommes partis pour ce faire des dimensions identifiées dans les définitions et avons testé (i) l’organisation en tant que telle, qui peut être agent ou instrument, le musée, (ii) un acteur de la communauté en tant qu’agent, le conservateur et enfin (iii) un instrument potentiel, l’exposition.

25Dans le même corpus que celui exploré ci-dessus, le musée est nettement plus engagé que militant. Les trois occurrences de la formule musée militant ne concernent finalement que deux institutions : le Musée national de l’assurance maladie (Lormont) et le Musée de l’Homme (Paris). Les contextes sont donc très réduits, mais précisent chacun la visée, composante essentielle de la notion : « la solidarité, la justice, la responsabilité » pour le premier, et l’antiracisme pour le second. La formule musée engagé est pour sa part plus féconde et il est remarquable de noter que dans le corpus interrogé, c’est le plus souvent une mention en citation : il y a un locuteur, identifié, qui a décidé de prendre en charge énonciativement ce caractère du musée, comme dans l’exemple suivant, qui reprend tous les éléments identifiés dans la définition discutée précédemment et oppose le musée engagé ou musée de société :

26« Le Centre Pompidou se veut plus actif que jamais sur les grands thèmes qui traversent la société. “Mais nous ne sommes pas devenus un musée de société, nous sommes un musée engagé”, rappelle le président, mettant en avant le rôle de relecture de l’histoire de l’art de l’institution, notamment de certains artistes un peu oubliés comme Martin Barré. »

27La prédominance du musée engagé sur le musée militant se confirme diachroniquement. L’outil Google books ngram viewer ne recense pas la moindre occurrence de la seconde formule, tandis que la première est bien présente et connaît des pics d’utilisation sur trois périodes : 1946-1955, 1980-1987, 1990-2000 puis une nouvelle montée en flèche depuis 2011 (Figure 3). Il serait intéressant d’analyser les discours afférents en lien avec l’histoire des musées.

Figure 3 :

Figure 3 :

Évolution quantitative comparée de la présence des syntagmes exposition militante et exposition engagée dans le corpus Google books.

28Organisation, le musée est ordonné autour de rôles clefs qui structurent le lieu/place qu’il construit, dont celui du conservateur. Il constitue a priori l’agent prototypique pour nos deux notions. Et pourtant, non. Le corpus de référence ne présente que deux occurrences pour toutes les requêtes : l’une concerne un personnage de film présenté comme « conservateur de musée engagé » et l’autre le peintre Hubert Robert, « Mémorialiste de Paris et de la Révolution, il fut le conservateur engagé du tout récent musée du Louvre. » La non-adéquation entre la figure du conservateur et les deux qualificatifs est confirmée à la fois par l’interrogation du même ngram viewer (aucune occurrence) et par celle à la volée du moteur de recherche : seules ressortent quelques rares occurrences liées à la biographie de Maurice Dumas.

29Reste ainsi la piste de ce qui pourrait être l’instrument du militantisme et de l’engagement, prototypiquement l’exposition. La moisson est là, quantitativement et qualitativement, plus importante. Diachroniquement tout d’abord, la formule est bien plus ancienne et, donc, plus stabilisée. Le premier pic apparaissant sur l’outil de visualisation est aux alentours de 1840, pour la seule formule exposition engagée, puis les deux courbes se réactivent, mais en suivant des tracés bien différents, à partir de 1960. Là-aussi, un travail interdisciplinaire avec les historiens et sociologues des musées devrait permettre d’indexer ces fluctuations avec des événements : expositions précisément, mais sans doute aussi publications diverses.

30L’examen attentif des occurrences dans le corpus de référence montre une distribution là encore nettement déséquilibrée avec une sous-représentation du syntagme exposition militante. Les combinatoires sont d’ailleurs intéressantes, car dans un nombre non négligeable de cas, elle est utilisée en contexte négatif, en quelque sorte pour se prémunir d’une telle qualification, comme dans ces deux exemples :

31« “Mais nous avions décidé de faire cette exposition dès septembre 2012, avant les réactions incroyables, impensables, que l’on a vues dans les rues à Paris” pendant les discussions sur la loi sur le mariage homosexuel adoptée en avril, relève-t-il. Ce n’est “pas une exposition militante” », à propos de l’exposition Masculin/Masculin au Musée d’Orsay en 2013.

32« Pourtant les commissaires Didier Ottinger et Quentin Bajac ont veillé à ne pas réaliser une exposition militante, où des idées altermondialistes auraient triomphé de l’obscénité de ces “Dreamland” tapageurs », à propos de l’exposition Dreamland au Centre Pompidou en 2010.

33L’hypothèse d’un clivage installé, qui reprend la sémantique profonde des deux termes apparue dans le commentaire des définitions lexicographiques, se confirme à l’analyse des contextes d’emploi du pendant exposition engagée. Ainsi, à propos de l’exposition Nous et les autres en 2017 au Musée de l’Homme : « “Nous avons conçu une exposition engagéepas militante”, explique Évelyne Heyer. » De façon globale, les objets visés par ces expositions engagées cadrent très bien avec les analyses opérées ci-dessus : transition écologique, relations hommes-femmes, droits des enfants, démocratie, etc. : des objets plus sociétaux que strictement artistiques.

34Ce bref cheminement dans le discours sur les musées, mais aussi en partie des musées – puisque s’y expriment plusieurs de leurs acteurs – avait un objectif tout autant de méthodologie que de contenu. Il s’agissait de montrer comment l’analyse serrée, à partir d’un outillage sémantique ancré dans une linguistique de discours cognitive, de grandes masses de textes, ici généraux, pouvaient faire apparaître des régularités, des récurrences formelles fortement significatives de positionnement. Le travail reste toutefois considérable pour aller plus loin, mais il requiert d’abord une cartographie précise du musée comme espace discursif. Ce n’est qu’à ce prix qu’une analyse linguistique peut éviter d’en rester au niveau de l’intuition. 

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Bibliographie

• BACH M., Sémantique discursive cognitive. Frames et constructions des discours de vente du vin en Autriche, Berlin : Peter Lang, 2022.

• BACH M. et al., « L’approche constructionnelle comme méthodologie d’analyse textuelle. Propositions à partir d’un corpus de textes de conjoncture économique », Écho des études romanes, 18 (1), 2022.

• BOUTET J. (ed.), Paroles au travail, Paris : L’Harmattan, 1995.

• CONDAMINES A. & NARCY-COMBES J.-P., « La linguistique appliquée comme science située », dans Carton F. et al. (eds), Cultures de recherche en linguistique appliquée, Paris : Riveneuve éditions, 2015.

• CRESSWELL T., Place: an Introduction, Chichester : Malden, John Wiley, 2015.

• DE VECCHI D., Vous avez dit jargon ?, Paris : Eyrolles, 2002.

• DESREMEAUX A., Théories des organisations, Caen : EMS Éditions, 2015.

• ECKERT P. & McCONNELL-GINET S., « Think practically and look locally: Language and gender as community-based practice », Annual Review of Anthropology, 21, 1992.

• GAUTIER L., « La recherche en “langues-cultures-milieux” de spécialité au prisme de l’épaisseur socio-discursive », dans Calderón M. & Konzett-Firth C. (Eds), Dynamische Approximationen. Festschriftliches pünktlichst zu Eva Lavrics 62,5. Geburtstag, Berlin : Peter Lang, 2019.

• KRIEG-PLANQUE A., La notion de « formule » en analyse du discours. Cadre théorique et méthodologique, Besançon : Presses universitaires de Franche-Comté, 2009.

• MOYER M. G., « Work », dans Garcia O. et al. (eds), The Oxford Handbook of Language and Society, Oxford : OUP, 2021.

• PARIZOT A., Le Bibendum Michelin et ses Bibs. Mystère et ministère d’un totem... sans tabous !, Paris : L’Harmattan, 2014.

• SWALES J. M., Other Floors, Other Voices: A textography of a small university building, Mahwah : Lawrence Erlbaum, 1988.

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Notes

1 Le terme et la notion qu’il désigne ont été introduits par Anne Condamines et Jean-Paul Narcy-Combes dans un article de 2015.

2 Nous proposons ainsi, dans un article de 2019, de parler de « langues-cultures-milieux de spécialité.

3 Cette articulation entre space et place a donné lieu à une recherche très productive qu’il n’est pas possible de discuter en détails ici. L’ouvrage séminal de Tim Cresswell (2015) offre une vue d’ensemble de cette problématique.

4 Là aussi, l’espace nous manque pour présenter la riche bibliographie afférente. Les lecteurs intéressés pourront se reporter, pour la recherche francophone, à l’ouvrage de Josiane Boutet (1995).

5 Du point de vue terminologique, les recherches d’Anne Parizot (2014) et de Dardo de Vecchi (2002), si elles ne portent pas spécifiquement sur les musées, offrent d’intéressantes pistes de réflexion.

6 L’article de Melissa G. Moyer (2021 : 519) propose une vue d’ensemble de cette problématique et conclut : « The social meanings of language practices as they are carried out by individuals – whether intended or imposed – require a connection to wider social, political, and economic processes that are shaping our lives. Failing to recognize this connection is failing to provide a comprehensive explanation of how words become a form of work, shaping who we are as well as our life chances. »

7 Cf. la définition de Penelope Eckert et Sally Mc-Connell-Ginet (1992 : 464) : « An aggregate of people who come together around mutual engagement in an endeavor. Ways of doing things, ways of talking, beliefs, values, power relations – in short, practices – emerge in the course of this mutual endeavor. As a social construct, a CofP is different from the traditional community, primarily because it is defined simultaneously by its membership and by the practice in which that membership engages. »

8 En particulier, pour rester dans le paradigme méthodologique qui est le nôtre, par John Swales (1988).

9 Cette approche des structures argumentales des verbes remonte à la grammaire des cas de John Fillmore. Nous la mettons en œuvre depuis plusieurs années sur différents types de discours, de la santé (Gautier, 2005) à la finance (Bach et al., 2023).

10 https://www.sketchengine.eu

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Table des illustrations

Titre Figure 1 :
Légende Répartition comparée des noms le plus souvent associés à militantisme et engagement à partir du corpus frTenTen23 de Sketchengine.
URL http://journals.openedition.org/ocim/docannexe/image/8636/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 41k
Titre Figure 2 :
Légende Répartition comparée des adjectifs qualifiant le plus souvent militantisme et engagement à partir du corpus frTenTen23 de Sketchengine.
URL http://journals.openedition.org/ocim/docannexe/image/8636/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 37k
Titre Figure 3 :
Légende Évolution quantitative comparée de la présence des syntagmes exposition militante et exposition engagée dans le corpus Google books.
URL http://journals.openedition.org/ocim/docannexe/image/8636/img-3.png
Fichier image/png, 47k
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Pour citer cet article

Référence papier

Laurent Gautier , « Militance et engagement dans le milieu muséal »La Lettre de l’OCIM, 211 | 2025, 46-52.

Référence électronique

Laurent Gautier , « Militance et engagement dans le milieu muséal »La Lettre de l’OCIM [En ligne], 211 | 2025, mis en ligne le 01 mars 2026, consulté le 16 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/ocim/8636 ; DOI : https://doi.org/10.4000/168xj

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Auteur

Laurent Gautier 

Professeur des universités en linguistique appliquée à l’université Bourgogne Europe où il dirige le laboratoire interlangues Texte Image Langage (UR 4182).

laurent.gautier@ube.fr

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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