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Partie I. Le Landry et son contexte

Chapitre 3. Étude géologique et géo-archéologique

Geology and geo-archaeology
Pascal Bertran, Alain Queffelec, Célia Fat Cheung, Vincent Pasquet, Julie Bachellerie, Sophie Guégan and Michel Brenet
p. 41-61

Abstracts

Geological context
Coll. Alain Queffelec

Landry is located on the left bank of the Isle River just upstream from its confluence with a small tributary, the Manoire. It is situated on the bank of the main Weichselian channel near the slope break that borders the higher alluvial terrace. The stratigraphy shows that the alluvial deposits, OSL-dated to ca. 27 ka, were covered by coarse-grained colluvium and then by a silt level ca. 80 cm thick, whose grain size and chemical composition reveals an aeolian origin. OSL ages obtained on the silts indicate that the accumulation occurred between ca. 23 and 16 ka (Marine Isotopic Stage 2), i.e., during the main phase of aeolian deposition in the Landes region to the east. A luvisol developed on the silt level during the Holocene and was buried by colluvium after the Protohistoric period. Due to erosion caused by agricultural practices, the upslope part of the site located close to the slope break has been eroded.

Taphonomy
Coll. C. Fat Cheung

The taphonomic study of Landry shows that the archaeological level was affected by periglacial processes before its complete burial, resulting in changes in the original site patterning. These changes consist mainly of a downslope translation and diffusion of the remains due to the activity of surface creep. Locally, a solifluction lobe formed, resulting in a doubling of the archaeological level. However, these changes are relatively minor compared to those experienced by many sites contemporary with the Last Glacial Maximum and suggest that aeolian silts rapidly buried the archaeological level. For example, specific activity areas are still discernable from the artifact distributions. The hypothesis of hydraulic sorting of the lithic assemblages by overland flow, a ubiquitous process in periglacial environments, has been rejected after analysis of the particle size distribution of the lithic artifacts. This assemblage thus reflects, without distortion, the composition of the artifacts at the time of their discard.

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Full text

Nous remercions les personnes qui ont réalisé les remontages, notamment Sophie Guégan, Julie Bachellerie et Michel Brenet et ainsi permis de répondre à la question de la signification des deux nappes de vestiges archéologiques.

1 | Contexte géologique du site

1.1 | Introduction

1La commune de Boulazac est située dans la moyenne vallée de l’Isle, un affluent de la Dordogne, dans l’auréole de terrains crétacés du Bassin aquitain. Le site du Landry est localisé en rive gauche juste en amont de la confluence de la rivière avec un petit tributaire, le Manoire, sur une terrasse dominant le lit mineur actuel d’environ 6 m. Sur la carte géologique harmonisée à 1/250 000 (Bourbon 2019), ce replat est noté Fx et correspond à une formation alluviale attribuée au Pléistocène moyen (fig. 18). Les tranchées et sondages réalisés lors de l’étude géotechnique (Ginger CEBTP Solen 2008), du diagnostic archéologique (Grigoletto, Sellami 2011) et de la fouille du site (Brenet et al. 2014) montrent que la nature des formations quaternaires, qui atteignent localement près de 5 m d’épaisseur, est très variable à l’échelle de la parcelle étudiée. Les données des sondages permettent néanmoins d’établir assez précisément la géométrie des différentes formations sédimentaires recouvrant le substratum calcaire et d’appréhender le contexte chronostratigraphique du niveau archéologique.

Figure 18. Extrait de la carte géologique harmonisée à 1/250 000 (Bourbon 2019) et localisation du site du Landry. L’ombrage des reliefs provient du RGEALTI© 5 m de l’IGN.
Extract from the 1:250,000 harmonized geological map (Bourbon, 2019) and location of the site. Relief shading is taken from IGN’s RGEALTI© 5 m.

Figure 18. Extrait de la carte géologique harmonisée à 1/250 000 (Bourbon 2019) et localisation du site du Landry. L’ombrage des reliefs provient du RGEALTI© 5 m de l’IGN. Extract from the 1:250,000 harmonized geological map (Bourbon, 2019) and location of the site. Relief shading is taken from IGN’s RGEALTI© 5 m.

1.2 | Méthodes

2Au cours de la fouille, deux tranchées situées en périphérie du niveau archéologique ont fait l’objet d’un nettoyage manuel et d’un relevé stratigraphique détaillé. De manière à caractériser les milieux de sédimentation et la chronologie, différents échantillons ont été prélevés pour analyse en laboratoire. Six échantillons ont été prélevés pour analyse granulométrique. Celle-ci a été réalisée à l’aide d’un granulomètre laser Horiba 950 au laboratoire PACEA (Université de Bordeaux). Après tamisage à 2 mm, les échantillons ont été traités par une solution d’eau oxygénée (35 %) puis d’hexametaphosphate (5 g/l) pour éliminer la matière organique et faciliter la dispersion des particules. La taille des particules a été calculée en utilisant la solution de Mie à l’équation de Maxwell en utilisant un indice de réfraction de 1,333 pour l’eau et de 1,55i–0,01i pour les particules.

3La composition chimique de ces échantillons a été analysée par fluorescence des rayons X (ED-XRF) à l’aide d’un appareil SPECTRO xSORT (40 kV, 50 µm) et comparée à celle d’alluvions et de dépôts éoliens régionaux (N = 54). La fraction inférieure à 63 µm a été préalablement broyée et transformée en pastilles. Les mesures ont été réalisées sous air avec un temps de comptage de 300 s. L’appareil a été calibré en utilisant la méthode décrite par Lucas-Tooth et Price (1961) et la composition de seize échantillons analysée par ICP-MS au laboratoire SARM-CRPG à Nancy. Seuls les éléments pour lesquels un coefficient de corrélation (r2) supérieur à 0,9 entre les résultats de l’ED-XRF et de l’ICP-MS ont été pris en compte. Les éléments plus légers que Si ne sont pas détectés par cet appareil. L’analyse multivariée a été faite à l’aide du biplot pour données compositionnelles selon la méthodologie décrite par Aitchison et Greenacre (2002) en utilisant le logiciel CoDaPack (Thio-Henestrosa, Comas 2011).

4Trois échantillons ont été prélevés en blocs pour la réalisation de lames minces de grand format au laboratoire PACEA, après imprégnation sous vide par une résine polyester. L’observation a été réalisée en microscopie optique. Enfin, six échantillons ont été extraits en vue d’une datation par luminescence stimulée optiquement (OSL) au laboratoire CRPAA (Université Bordeaux-Montaigne ; Hernandez, Mercier, ce volume).

1.3 | Stratigraphie

5Les sondages géotechniques et les données recueillies lors du diagnostic archéologique indiquent que la topographie en pente douce vers la rivière telle qu’elle est visible actuellement masque le passage entre une terrasse alluviale moyenne (dénommée ici « T2 ») et une terrasse plus basse (« T1 »). La première (T2) affleure sur la bordure sud de la parcelle et la nappe de graviers repose sur le substratum calcaire à la cote de 90–91 m NGF environ. La nappe de graviers de la seconde (T1) est située environ 4 m plus bas et le substratum est atteint à la cote de 86–87 m NGF (fig. 19). Bien que la limite entre ces deux unités ne coïncide pas précisément avec celle indiquée par la carte géologique, la première pourrait correspondre à la nappe Fx et la seconde à Fy. Ces données montrent également que la nappe de graviers T1 est discontinue ; elle est notamment quasiment absente le long d’une bande grossièrement orientée est-ouest dans la partie centrale de la parcelle. Cette bande peut être interprétée comme un paléochenal de la rivière, qui longe l’escarpement taillé dans le calcaire séparant les deux terrasses alluviales. Le substratum calcaire et les graviers sont recouverts par des formations sédimentaires à texture fine d’épaisseur variable, puis par une couche de remblais dépassant localement un mètre de puissance.

Figure 19. |A| Plan de la parcelle ayant fait l’objet du diagnostic archéologique, localisation des sondages géotechniques et position des coupes décrites. S22 correspond à la coupe décrite par Grigoletto et Sellami (2011). Le cadre gris indique la zone fouillée. |B| Coupe synthétique de la parcelle.
|A| Map of the archaeological survey, location of the geotechnical test pits, and position of the sections described. S22 corresponds to the section described by Grigoletto and Sellami (2011). The gray frame indicates the excavated area. |B| Synthetic section of the plot.

Figure 19. |A| Plan de la parcelle ayant fait l’objet du diagnostic archéologique, localisation des sondages géotechniques et position des coupes décrites. S22 correspond à la coupe décrite par Grigoletto et Sellami (2011). Le cadre gris indique la zone fouillée. |B| Coupe synthétique de la parcelle. |A| Map of the archaeological survey, location of the geotechnical test pits, and position of the sections described. S22 corresponds to the section described by Grigoletto and Sellami (2011). The gray frame indicates the excavated area. |B| Synthetic section of the plot.

6Les tranchées effectuées dans le cadre de la fouille du niveau archéologique permettent d’avoir une image plus détaillée de la terrasse T2 et de la bordure sud du paléochenal (fig. 20). Les coupes montrent que la terrasse T2 est constituée par une nappe de graviers de 3 à 7 cm de diamètre en moyenne, de lithologie variée mais reconnaissable malgré l’altération (quartz, granite, gneiss, micaschiste, amphibolite, silex) (fig. 21 A). Cette nappe, d’épaisseur inframétrique, porte un sol lessivé (luvisol) brun à brun rouge (7,5YR 4/4 à 4/6). Elle est séparée du substratum calcaire lapiazé par une mince couche d’argile brun rouge tachetée de précipitations noires ferro-manganiques.

Figure 20. Coupe de la zone fouillée (coupe 2, localisation sur la fig. 19 A). Les nombres entre crochets correspondent aux unités sédimentaires décrites dans le texte.
Cross-section of excavated area (section 2, location on fig. 19 A). Numbers in square brackets correspond to the sedimentary units described in the text.

Figure 20. Coupe de la zone fouillée (coupe 2, localisation sur la fig. 19 A). Les nombres entre crochets correspondent aux unités sédimentaires décrites dans le texte. Cross-section of excavated area (section 2, location on fig. 19 A). Numbers in square brackets correspond to the sedimentary units described in the text.

Figure 21. Photos des différents lithofaciès. |A| alluvions de la terrasse T2 ; |B| alluvions karstiques déformées (unité [10] ; |C| alluvions de la terrasse T1 (unités [9] à [7] ; |D| alluvions T1 [9] à [7], dépôts de versant grossiers [6] surmontés par des colluvions limoneuses [5] ; |E| paléosol [4] sur colluvions limoneuses [5]. Am – argile massive, Lm – limon massif, Sh – sable à litage horizontal, Sm – sable massif, GSm – gravier à matrice sableuse, Dmm – diamicton à support matriciel.
Photos of the different lithofacies. |A| T2 terrace alluvium; |B| deformed karstic alluvium (unit [10]); |C| T1 terrace alluvium (units [9] to [7]; |D|alluvium [9] to [7], coarse slope deposits [6] topped by silty colluvium [5]; |E| paleosol [4] on silty colluvium [5]. Am – massive clay, Lm – massive silt, Sh – horizontally bedded sand, Sm – massive sand, GSm – sandy gravel, Dmm – matrix-blanked diamicton.

Figure 21. Photos des différents lithofaciès. |A| alluvions de la terrasse T2 ; |B| alluvions karstiques déformées (unité [10] ; |C| alluvions de la terrasse T1 (unités [9] à [7] ; |D| alluvions T1 [9] à [7], dépôts de versant grossiers [6] surmontés par des colluvions limoneuses [5] ; |E| paléosol [4] sur colluvions limoneuses [5]. Am – argile massive, Lm – limon massif, Sh – sable à litage horizontal, Sm – sable massif, GSm – gravier à matrice sableuse, Dmm – diamicton à support matriciel. Photos of the different lithofacies. |A| T2 terrace alluvium; |B| deformed karstic alluvium (unit [10]); |C| T1 terrace alluvium (units [9] to [7]; |D|alluvium [9] to [7], coarse slope deposits [6] topped by silty colluvium [5]; |E| paleosol [4] on silty colluvium [5]. Am – massive clay, Lm – massive silt, Sh – horizontally bedded sand, Sm – massive sand, GSm – sandy gravel, Dmm – matrix-blanked diamicton.

7La stratigraphie observée dans la terrasse T1, au niveau du paléochenal, montre les unités suivantes, de la base vers le sommet (fig. 20) :

  • [9] Mince nappe de graviers (20 à 50 cm d’épaisseur), dont les éléments ont un diamètre moyen de 2 à 4 cm. Leur composition lithologique est similaire à celle observée dans la terrasse T2, mais l’altération est moindre.

  • [8] Sables à litage horizontal (20 à 50 cm d’épaisseur), de couleur brun à brun-rouge (7,5YR 5/4) avec quelques lits plus clairs et de nombreuses taches ferro-manganiques. Ces sables passent progressivement vers le haut à des alternances de sables et de limons (fig. 21 C, 23 A et B). Ils sont interprétés comme des dépôts alluviaux mis en place par des courants de faible puissance lors de l’abandon du chenal. Les sables [10] forment un placage d’extension limitée contre le substratum calcaire. Ces sables, très déformés par le soutirage karstique, ont une composition chimique différente de celle des alluvions T1 et se caractérisent par la quasi-absence de minéraux calciques et potassiques altérables (fig. 21 B). Pour cette raison, ils sont considérés comme du matériel karstique ancien préservé localement dans les irrégularités du substratum.

  • [7] Argiles plastiques brun à brun rouge (7,5YR 5/6) à taches ferro-manganiques, de 20 à 40 cm d’épaisseur. Elles correspondent à des dépôts de décantation dans le chenal abandonné. L’ensemble des dépôts fluviatiles est entaillé et déformé localement par des dolines.

  • [6] Diamicton caillouteux à matrice sablo-argileuse brun rouge (7,5YR 5/6), d’épaisseur très variable, diminuant progressivement en allant du rebord de la terrasse T2 (épaisseur ~ 60 cm) vers le centre du chenal où il disparaît. Cette couche repose par un contact érosif sur les dépôts alluviaux sous-jacents et correspond à des colluvions dérivées de la terrasse T2 (fig. 21 D).

  • [5] Limons massifs, brun-jaune (10YR 5/6) avec de rares petits graviers dispersés (fig. 21 E), continus mais d’épaisseur variable (en moyenne 60–80 cm) sur l’ensemble du secteur sondé. Ces limons contiennent le niveau archéologique (Solutréen). Les analyses granulométriques indiquent un mode principal bien marqué situé autour de 12 µm (fig. 22) auquel s’ajoutent deux autres modes secondaires autour de 65 µm (sables fins) et 500 µm (sables grossiers) comparables à ceux trouvés dans les alluvions. À l’échelle microscopique (fig. 23 C), les limons apparaissent comme un matériel décarbonaté bien trié, à porosité relativement faible d’origine biologique (biogaleries) mais aussi probablement d’origine périglaciaire (vésicules allongées liées à la formation de glace en lentilles). Ces limons sont affectés par l’horizon argilique (BTg) d’un luvisol légèrement hydromorphe. En lame mince, les illuviations sont brun-jaune, hyalines, peu abondantes et recouvertes par des illuviations brunes poussiéreuses (agricutanes) typiques des sols cultivés holocènes (fig. 23 D).

  • [4] Horizon humifère enfoui (IIAb), sablo-argileux, brun foncé (10YR 4/4), de 15 à 25 cm d’épaisseur.

  • [3] Sables limono-argileux brun à brun jaune, avec des graviers dispersés assez abondants, de 80 à 70 cm d’épaisseur. Ils sont interprétés comme des colluvions agricoles. Cette unité tronque les limons [5] et le niveau archéologique, qui devaient initialement napper la partie amont du site.

  • [2] Couche de labour (30 cm), sablo-argileuse avec des graviers, brun gris foncé.

  • [1] Remblais récents d’épaisseur variable.

Figure 22. Courbe granulométrique de quelques échantillons de la séquence du Landry |A| et évolution granulométrique de lœss aquitains en fonction de la distance au Sable des Landes |B|.
Particle size distribution curve for several samples from the Landry sequence |A| and grain size evolution of Aquitaine loess as a function of distance from the Sable des Landes |B|.

Figure 22. Courbe granulométrique de quelques échantillons de la séquence du Landry |A| et évolution granulométrique de lœss aquitains en fonction de la distance au Sable des Landes |B|. Particle size distribution curve for several samples from the Landry sequence |A| and grain size evolution of Aquitaine loess as a function of distance from the Sable des Landes |B|.

Figure 23. Microfaciès des dépôts. |A et B| alluvions sableuses [8] ; |C| limons [5] (niveau archéologique) ; les vésicules allongées proviennent vraisemblablement de la fonte de lentilles de glace ; |D| Illuviation argileuse (luvisol holocène) dans les limons [5].
Microfacies of the deposits. |A and B| sandy alluvium [8]; |C| silt [5] (archaeological level); the elongated vesicles probably result from melting ice lenses; |D| clayey illuviation (Holocene luvisol) in silt [5].

Figure 23. Microfaciès des dépôts. |A et B| alluvions sableuses [8] ; |C| limons [5] (niveau archéologique) ; les vésicules allongées proviennent vraisemblablement de la fonte de lentilles de glace ; |D| Illuviation argileuse (luvisol holocène) dans les limons [5]. Microfacies of the deposits. |A and B| sandy alluvium [8]; |C| silt [5] (archaeological level); the elongated vesicles probably result from melting ice lenses; |D| clayey illuviation (Holocene luvisol) in silt [5].

1.4 | Données chronologiques

8Les datations par luminescence sont cohérentes entre elles et indiquent que les sables alluviaux [8] ont été déposés vers 27 ka, à la transition entre les Stades Isotopiques Marins (SIM) 2 et 3 (Sanchez-Goñi, Harrison 2010). Les limons [5] ont livré des âges compris entre 22 et 16 ka environ, qui couvrent une grande partie du SIM 2. La présence de Solutréen supérieur, qui a fourni un âge de 21,45 ± 1,25 ka par TL (N. Debenham, ce volume), est compatible avec les âges OSL obtenus sur les sédiments. L’analyse statistique des données radiométriques obtenues sur le Badegoulien et le Solutréen en France récemment publiée par Banks et al. (2019) a montré que la transition entre les deux cultures se place autour de 23 ka cal BP, ce qui est proche de la borne supérieure de l’âge TL obtenu au Landry (22,7 ka). Ceci implique que la mise en place des limons a débuté sensiblement avant 23 ka.

1.5 | Interprétation

9La séquence de remplissage du chenal comprend deux unités principales : à la base des dépôts alluviaux (unités [9] à [7]), qui présentent une granularité décroissante vers le haut et marquent l’abandon progressif du chenal par les écoulements de la rivière, puis des couches d’origine colluviale, séparées des précédentes par une surface d’érosion (unités [6] à [3]). L’origine des limons [5] qui contiennent le niveau archéologique pose question. Si le caractère polymodal de la composition granulométrique plaide pour une mise en place finale de cette couche par colluvionnement, l’abondante fraction limoneuse indique que l’essentiel du matériel ne dérive pas des alluvions T2, qui sont essentiellement sablo-graveleuses, mais provient d’une autre source, soit d’origine alluviale (limons de débordement), soit d’origine éolienne (lœss). La comparaison entre la composition chimique des limons du Landry et celle des alluvions et d’autres dépôts éoliens aquitains apporte des éléments de diagnose. L’analyse statistique multivariée (fig. 24) permet clairement de discriminer les groupes suivants :

  1. Les échantillons du Landry provenant des niveaux sableux de la base de la séquence, interprétés comme des alluvions de l’Isle (terrasse T1). Ces échantillons se regroupent avec ceux provenant des alluvions récentes de l’Isle (Fy, Fz) et d’autres rivières (Dordogne, Garonne), riches en minéraux altérables.

  2. Les échantillons provenant des limons du Landry qui forment un groupe bien individualisé, intermédiaire entre les alluvions et les lœss landais. Les lœss prélevés sur le site des Vieux-Rigoux à Creysse (département 24) ont une composition très proche des échantillons du Landry.

Figure 24. Biplot de la composition géochimique des échantillons du Landry comparés à des échantillons d’alluvions et de dépôts éoliens aquitains.
Biplot comparing the geochemical composition of the Landry samples with Aquitaine alluvium and aeolian deposits.

Figure 24. Biplot de la composition géochimique des échantillons du Landry comparés à des échantillons d’alluvions et de dépôts éoliens aquitains. Biplot comparing the geochemical composition of the Landry samples with Aquitaine alluvium and aeolian deposits.

10Cette analyse suggère donc que les limons du Landry correspondent à des apports éoliens plutôt qu’à des dépôts de débordement de l’Isle. À l’échelle régionale, les lœss forment une couronne autour des épandages sableux éoliens des Landes (Bertran et al. 2011 ; Sitzia et al. 2017) et correspondent à l’accumulation des poussières transportées en suspension lors des tempêtes à partir des zones de déflation (fig. 25). Le site du Landry est localisé cependant à relativement grande distance des principales accumulations lœssiques cartographiées par Sitzia et al. (2017). L’examen détaillé de la carte de la texture des sols établie par Ballabio et al. (2016) à partir de la base de données européennes LUCAS (Tόth et al. 2013) indique cependant que les sols très limoneux (teneur en limon > 40 %) forment de vastes zones en périphérie des lœss jusqu’à une altitude d’environ 250 m NGF (fig. 26), notamment dans le secteur du Landry. Elles sont interprétées comme des zones où la contribution de poussières éoliennes a été significative au cours du Pléistocène. En raison d’un taux de sédimentation faible, ces poussières ont le plus souvent été remaniées et intégrées au sol. L’analyse de l’évolution granulométrique des accumulations le long de deux transects, l’un au sud des Landes, l’autre à l’ouest, met clairement en évidence une décroissance du mode en s’éloignant des épandages sableux, qui constituent potentiellement la principale source des poussières (Sitzia et al. 2017) (fig. 27). Ce mode est compris entre 31 et 32 µm dans la zone de transition entre les sables et les lœss et diminue pour atteindre 15 à 17 µm à 80 km de distance. La loi de décroissance trouvée prédit un mode vers 13 µm à 110 km des sources, en bon accord avec la valeur déterminée pour les limons du Landry.

Figure 25. Carte des dépôts éoliens aquitains (modifiée d’après Sitzia et al. 2017) et localisation des sites illustrés dans la fig. 26.
Map of Aquitaine aeolian deposits (modified from Sitzia et al., 2017) and location of sites shown in fig. 26.

Figure 25. Carte des dépôts éoliens aquitains (modifiée d’après Sitzia et al. 2017) et localisation des sites illustrés dans la fig. 26. Map of Aquitaine aeolian deposits (modified from Sitzia et al., 2017) and location of sites shown in fig. 26.

Figure 26. Carte des dépôts éoliens aquitains et des sols dont la teneur en limon dépasse 40 %, d’après Ballabio et al. (2016).
Map of Aquitaine aeolian deposits and soils with silt content above 40%, from Ballabio et al. (2016).

Figure 26. Carte des dépôts éoliens aquitains et des sols dont la teneur en limon dépasse 40 %, d’après Ballabio et al. (2016). Map of Aquitaine aeolian deposits and soils with silt content above 40%, from Ballabio et al. (2016).

Figure 27. Évolution du mode granulométrique des lœss en fonction de la distance au Sable des Landes.
Changes in loess particle size distribution as a function of distance from the Landes sands.

Figure 27. Évolution du mode granulométrique des lœss en fonction de la distance au Sable des Landes.Changes in loess particle size distribution as a function of distance from the Landes sands.

11L’hypothèse d’apports lœssiques, plus ou moins repris par colluvionnement sur le versant semble donc la plus vraisemblable. Les âges OSL obtenus indiquent que la sédimentation éolienne au Landry est approximativement contemporaine des phases récentes d’accumulation de lœss ailleurs en Europe (Seelos et al. 2009 ; Haesaerts et al. 2016 ; Moine et al. 2017) et des pics de poussières dans les carottes de glace du Groenland (Rasmussen et al. 2014). Cette interprétation a également le mérite d’expliquer la présence de colluvions limoneuses souvent épaisses sur les terrasses alluviales pléistocènes tout le long de la vallée de l’Isle (e.g. Bertran, Fabre 2005). L’éloignement des sources rend compte de la granularité fine de ces dépôts, dont l’identification comme lœss sur le terrain restait problématique.

1.6 | Contexte paléoenvironnemental de l’occupation paléolithique

12Le contexte paléoenvironnemental qui peut être reconstitué correspond à celui d’une plaine largement ouverte en périphérie d’une région karstique, le Périgord, relativement densément occupée pendant le Solutréen (Demars 1996). Le dépôt périodique de poussières provenant probablement en grande partie du désert landais localisé à une centaine de kilomètres à l’ouest était favorable à une forte productivité biologique en raison de l’apport de nutriments associé (Laxton et al. 1996). Les données polliniques obtenues au large de l’Aquitaine (Sanchez-Goñi et al. 2008) ainsi que les simulations de la végétation (Strandberg et al. 2011) suggèrent globalement un paysage de toundra-steppe avec un couvert arboré très réduit. Les incertitudes concernant les relations entre les différents événements climatiques enregistrés en détail dans les carottes de glace du Groenland (Rasmussen et al. 2014) et les technocomplexes paléolithiques rendent cependant difficile une caractérisation plus précise de l’environnement au moment de l’occupation. L’analyse chronologique effectuée par Banks et al. (2019) suggère cependant que le Solutréen supérieur serait contemporain de l’interstadiaire GI–2, période marquée par une amélioration du climat et une augmentation de la biomasse végétale. En raison du faible taux de sédimentation sur le site du Landry, cet interstadiaire n’a laissé aucune trace identifiable dans l’enregistrement géologique.

13Au niveau local, le site est implanté en bordure du lit majeur weichsélien de l’Isle, à proximité immédiate du ressaut qui le sépare de la terrasse supérieure. Ce ressaut où affleure le substratum calcaire devait être en partie masqué par des colluvions et des limons éoliens. En raison de l’érosion causée par les pratiques agricoles récentes, la partie amont du site située au niveau du ressaut a été érodée.

2 | Taphonomie du niveau archéologique

2.1 | Introduction

14Après l’abandon du site par les Solutréens, le niveau d’occupation a été soumis aux agents météoriques et aux processus géomorphologiques pendant une période d’une durée inconnue avant d’être totalement enfoui. Ces processus sont susceptibles d’avoir provoqué des modifications de la distribution des vestiges, voire de l’intégrité de l’assemblage lithique (e.g. Bertran et al. 2019). En particulier, dans la mesure où l’occupation se place au cours du Dernier Maximum Glaciaire, des perturbations liées à des processus périglaciaires peuvent être attendues. L’étude de nombreux sites contemporains de cette période a en effet montré que les cycles de gel-dégel et les mouvements du sol associés ont affecté à des degrés divers les niveaux archéologiques (Lenoble et al. 2008 ; Bertran et al. 2010). Selon leur importance, ces perturbations imposent des limites plus ou moins grandes à l’information palethnologique qui peut être extraite de la distribution des vestiges.

15La mise en évidence d’éventuelles perturbations a nécessité une analyse détaillée des différentes caractéristiques du niveau archéologique. Elle repose sur l’analyse de la répartition spatiale des vestiges et des remontages ou raccords entre pièces cassées, leur distribution granulométrique et leur fabrique (orientation et inclinaison des pièces allongées). La confrontation des résultats de ces analyses permet de proposer un scénario général qui rend le mieux compte de l’histoire taphonomique du niveau.

2.2 | Distribution des vestiges, fabriques

16Les vestiges forment une bande approximativement parallèle au rebord de la terrasse T2, sur le talus qui sépare les deux terrasses alluviales (fig. 28). La pente du niveau archéologique, transverse à l’axe d’allongement de cette bande, est faible et de l’ordre de 3 à 5°. Le niveau présente des concentrations de vestiges clairement identifiables séparées par des zones moins riches. Ces concentrations concernent à la fois la quantité de vestiges et leur nature (types d’outils, galets chauffés…) et elles sont donc interprétées comme différentes aires d’activité. Vers l’amont que constitue le rebord de la terrasse T2, le niveau s’interrompt brutalement en raison d’une troncature par les colluvions agricoles holocènes, tandis que vers l’aval, la limite est plus diffuse. La persistance d’une structuration spatiale d’origine anthropique (aires d’activité reconnaissables) indique sans ambiguïté que le niveau archéologique a été globalement modérément transformé par les processus naturels qui sont intervenus postérieurement au départ des hommes.

Figure 28. Distribution du matériel lithique dans la zone fouillée. Le matériel forme une bande parallèle aux courbes de niveau, à limite nette à l’amont et diffuse à l’aval.
Distribution of lithic artifacts in the excavated area. The artifacts form a band parallel to the contour lines, with a clear boundary upslope and a diffused one downslope.

Figure 28. Distribution du matériel lithique dans la zone fouillée. Le matériel forme une bande parallèle aux courbes de niveau, à limite nette à l’amont et diffuse à l’aval. Distribution of lithic artifacts in the excavated area. The artifacts form a band parallel to the contour lines, with a clear boundary upslope and a diffused one downslope.

17Différentes figures attestent cependant de modifications liées à des processus périglaciaires. Ces figures consistent en :

  1. Un étirement vers l’aval des amas de taille du silex. L’exemple de l’amas 2 est démonstratif à cet égard (fig. 29, 14A). Le matériel forme une concentration allongée sur environ 1,5 m à l’aval du gros galet interprété comme le siège du tailleur. Cette configuration est sensiblement différente de celle observée pour des amas expérimentaux, qui sont ramassés et de forme grossièrement circulaire ou bilobée (Boëda, Pelegrin 1985 ; Bertran et al. 2006), mais trouve des analogies avec celle d’amas déformés par la reptation en contexte périglaciaire. La fig. 30 donne l’exemple d’un amas expérimental soumis pendant 5 ans à la reptation du sol dans les Pyrénées (Bertran et al. 2015). D’après les mesures réalisées en milieu naturel et les simulations de Lenoble et al. (2008), les mouvements liés à la reptation associent une translation vers l’aval et une diffusion des vestiges, qui tendent à affaiblir leur concentration initiale.

  2. La présence d’une imbrication des pièces lithiques (fig. 31 B). De telles imbrications sont communes dans les pavages caillouteux en surface des sols soumis à la reptation ; elles sont provoquées par le ralentissement du transit des cailloux vers l’aval lié à la présence d’un élément peu mobile (bloc ancré plus profondément dans le sol, touffes de végétation…). Des imbrications sont également connues dans le lit des rivières ou des ravins, mais ce type de contexte peut ici être écarté.

  3. Une fragmentation sur place des blocs de micaschistes, vraisemblablement provoquée par l’action de cycles de gel et de dégel (fig. 31 C). Ces lithologies, qui présentent une foliation marquée, sont en effet très sensibles à l’action du gel en contexte périglaciaire. Un exemple comparable provenant d’un environnement périglaciaire actuel des Pyrénées est illustré en encart sur la fig. 31 C.

  4. La présence d’une fabrique linéaire du matériel archéologique (fig. 32). Deux fabriques ont été obtenues à partir de la mesure de l’orientation et du pendage de 40 pièces allongées au sein des amas 2 et 4. Ces mesures indiquent une orientation préférentielle conforme à la pente, qui est caractéristique de l’action de la solifluxion (Bertran et al. 1997 ; Lenoble et al. 2004).

Figure 29. Plan de l’amas de taille n°2. Les déchets de taille forment une nappe étirée sur environ 1,5 m à l’aval du bloc-siège.
Plan of knapping Cluster 2. The knapping waste is spread some 1.5 m downslope from the seat-block.

Figure 29. Plan de l’amas de taille n°2. Les déchets de taille forment une nappe étirée sur environ 1,5 m à l’aval du bloc-siège. Plan of knapping Cluster 2. The knapping waste is spread some 1.5 m downslope from the seat-block.

Figure 30. Évolution d’un amas expérimental exposé à la solifluxion en milieu périglaciaire entre 2003 et 2007, d’après Bertran et al. 2015.
Evolution of an experimental cluster exposed to solifluction in a periglacial environment between 2003 and 2007, from Bertran et al., 2015.

Figure 30. Évolution d’un amas expérimental exposé à la solifluxion en milieu périglaciaire entre 2003 et 2007, d’après Bertran et al. 2015.Evolution of an experimental cluster exposed to solifluction in a periglacial environment between 2003 and 2007, from Bertran et al., 2015.

Figure 31. Photographies détaillées du niveau archéologique. |A| vue de l’amas 2 ; |B| imbrication des pièces ; |C| fragmentation des blocs de micaschiste par les cycles de gel-dégel (en encart : exemple actuel, Pyrénées).
Detailed photographs of the archaeological level. |A| view of Cluster 2; |B| imbricated pieces; |C| fragmentation of micaschist blocks by freeze-thaw cycles (inset: current example, Pyrenees).

Figure 31. Photographies détaillées du niveau archéologique. |A| vue de l’amas 2 ; |B| imbrication des pièces ; |C| fragmentation des blocs de micaschiste par les cycles de gel-dégel (en encart : exemple actuel, Pyrénées).Detailed photographs of the archaeological level. |A| view of Cluster 2; |B| imbricated pieces; |C| fragmentation of micaschist blocks by freeze-thaw cycles (inset: current example, Pyrenees).

Figure 32. Fabrique du niveau archéologique. |A| Diagramme de Benn et comparaison avec les fabriques mesurées sur des dépôts de solifluxion naturels (d’après Bertran et al. 1997) ; |B| Diagrammes en rose des fabriques relevées sur les amas 2 et 4. IS : indice d’isotropie de la fabrique, EL : indice d’élongation.
Fabrics for the archaeological levels. |A| Benn diagram and comparison with fabrics measured on natural solifluction deposits (after Bertran et al., 1997); |B| Rose diagrams of fabrics from Clusters 2 and 4. IS: isotropy index, EL: elongation index.

Figure 32. Fabrique du niveau archéologique. |A| Diagramme de Benn et comparaison avec les fabriques mesurées sur des dépôts de solifluxion naturels (d’après Bertran et al. 1997) ; |B| Diagrammes en rose des fabriques relevées sur les amas 2 et 4. IS : indice d’isotropie de la fabrique, EL : indice d’élongation. Fabrics for the archaeological levels. |A| Benn diagram and comparison with fabrics measured on natural solifluction deposits (after Bertran et al., 1997); |B| Rose diagrams of fabrics from Clusters 2 and 4. IS: isotropy index, EL: elongation index.

2.3 | Distribution des raccords et remontages

18L’ensemble des raccords et remontages technologiques réalisés au Landry porte sur un total de 726 artefacts en silex et 311 pièces en autres roches tenaces. Ils concernent l’ensemble des secteurs, bien que les secteurs 2 et 3, de plus forte densité lithique, aient livré plus de 60 % des raccords et remontages en silex (tabl. 3 ; fig. 33, 34). Dans le cas des autres roches tenaces, les liaisons effectuées se concentrent dans le secteur 3, ayant fait l’objet d’une recherche plus approfondie.

Tableau 3. Effectifs des artefacts remontés pour les cinq secteurs.
Number of artifacts found in the five sectors.

Secteurs

1

2

3

4

5

Total

N artefacts

905

3572

3651

1455

872

10 455

% artefacts

8,66

34,17

34,92

13,92

8,34

100

N remontés

92

242

193

94

105

726

% remontés

12,7

33,3

26,6

12,9

14,5

100

Figure 33. Répartition spatiale des remontages réalisés sur roches autres que les silicites (projection et infographie M. Brenet).
Spatial distribution of non-flint refits (projection and computer graphics M. Brenet).

Figure 33. Répartition spatiale des remontages réalisés sur roches autres que les silicites (projection et infographie M. Brenet). Spatial distribution of non-flint refits (projection and computer graphics M. Brenet).

Figure 34. Répartition des liaisons entre pièces en silex remontées de la nappe supérieure principale, de la nappe inférieure, entre les deux nappes et entre les différents secteurs. Les quelques liaisons entre les secteurs entre les deux nappes permettent d’argumenter sur la sub-contemporanéité des secteurs d’occupation, sur l’unicité et le peu de redistribution spatiale naturelle du niveau archéologique (projection et infographie M. Brenet).
Distribution of links between flint pieces from the main upper level, the lower level, between the two levels, and between different sectors. The few connections between sectors and between the two levels argues for the sub-contemporaneity of the occupation sectors and the uniqueness and lack of natural spatial redistribution of the archaeological level (projection and computer graphics M. Brenet).

Figure 34. Répartition des liaisons entre pièces en silex remontées de la nappe supérieure principale, de la nappe inférieure, entre les deux nappes et entre les différents secteurs. Les quelques liaisons entre les secteurs entre les deux nappes permettent d’argumenter sur la sub-contemporanéité des secteurs d’occupation, sur l’unicité et le peu de redistribution spatiale naturelle du niveau archéologique (projection et infographie M. Brenet). Distribution of links between flint pieces from the main upper level, the lower level, between the two levels, and between different sectors. The few connections between sectors and between the two levels argues for the sub-contemporaneity of the occupation sectors and the uniqueness and lack of natural spatial redistribution of the archaeological level (projection and computer graphics M. Brenet).

Le dédoublement du niveau archéologique

19Dans le secteur 2, deux nappes de vestiges séparées par une couche limoneuse stérile d’une quinzaine de centimètres d’épaisseur ont été mises en évidence pendant la fouille (fig. 35). La question s’est donc posée de savoir si ces deux nappes correspondaient à des occupations distinctes dans le temps et séparées par une phase de dépôt de limons éoliens, ou bien s’il s’agissait d’un même niveau dédoublé à la suite de mouvements sur le versant. Cette question a été abordée à travers l’étude des remontages et raccords entre pièces cassées. Au total, 37 pièces sont impliquées dans ces liaisons composant 4 remontages, dont 6 proviennent de la nappe supérieure et 31 de la nappe inférieure (fig. 36, tabl. 4, 5).

Figure 35. Projection verticale des vestiges lithiques dans la zone nord-ouest du site et individualisation des deux niveaux archéologiques. |A| Coupe perpendiculaire à la pente, |B| Coupe parallèle au versant.
Vertical projection of lithic remains in the north-western zone of the site and individualization of the two archaeological levels. |A| Section perpendicularl to the slope, |B| Section parallel to the slope.

Figure 35. Projection verticale des vestiges lithiques dans la zone nord-ouest du site et individualisation des deux niveaux archéologiques. |A| Coupe perpendiculaire à la pente, |B| Coupe parallèle au versant. Vertical projection of lithic remains in the north-western zone of the site and individualization of the two archaeological levels. |A| Section perpendicularl to the slope, |B| Section parallel to the slope.

Figure 36. Répartition et profils verticaux des liaisons de remontages de pièces des deux nappes de vestiges dans le secteur nord-ouest. Sont principalement à remarquer les deux remontages comprenant les nucléus laminaires N° 6018 (rem. 172), N° 5001 (rem. 176), nucléus qui remontent avec de nombreux produits laminaires, ainsi que le remontage 199 comprenant trois éclats de façonnage N° 6825, N° 6785 et N° 2574 (projection et infographie M. Brenet).
Distribution and vertical projections of refits in the two levels of remains in the north-western sector. Particularly noteworthy are the two refits for laminar cores 6018 (rem. 172), and 5001 (rem. 176), to which numerous laminar products, and refit 199 comprising three shaping flakes (6825, 6785, and 2574 (projection and computer graphics M. Brenet).

Figure 36. Répartition et profils verticaux des liaisons de remontages de pièces des deux nappes de vestiges dans le secteur nord-ouest. Sont principalement à remarquer les deux remontages comprenant les nucléus laminaires N° 6018 (rem. 172), N° 5001 (rem. 176), nucléus qui remontent avec de nombreux produits laminaires, ainsi que le remontage 199 comprenant trois éclats de façonnage N° 6825, N° 6785 et N° 2574 (projection et infographie M. Brenet). Distribution and vertical projections of refits in the two levels of remains in the north-western sector. Particularly noteworthy are the two refits for laminar cores 6018 (rem. 172), and 5001 (rem. 176), to which numerous laminar products, and refit 199 comprising three shaping flakes (6825, 6785, and 2574 (projection and computer graphics M. Brenet).

Tableau 4. Pièces en silex remontées entre les deux nappes.
Flint pieces refit between the two levels.

Catégories technologiques

Nape sup.

Nappe inf.

Total

Éclat semi-cortical < 50 %

1

3

4

Éclat semi-cortical > 50 %

0

1

2

Éclat d’épannelage non cortical

0

3

3

Éclat de façonnage semi-cortical

0

1

1

Éclat de façonnage non cortical

1

1

2

Lame semi-corticale > 50 %

0

2

2

Lame semi-corticale < 50 %

1

6

7

Lame à bord cortical

0

1

1

Lame à crête première

0

1

1

Lame à deux pans

1

2

3

Lame à trois pans ou plus

1

8

10

Lamelle

0

1

1

Nucléus à lames

1

1

2

Total

6

31

37

Tableau 5. Remontages impliquant des pièces des deux nappes.
Refit sets involving pieces from the two levels.

Catégories technologiques

Remontages

172

176

199

200

Total

Éclat semi-cortical < 50 %

3

1

4

Éclat semi-cortical > 50 %

1

1

Éclat d’épannelage non cortical

1

2

3

Éclat de façonnage semi-cortical

1

1

Éclat de façonnage non cortical

2

2

Lame semi-corticale > 50 %

2

2

Lame semi-corticale < 50 %

1

3

3

7

Lame à bord cortical

1

1

Lame à crête première

1

1

Lame à deux pans

2

1

3

Lame à trois pans ou plus

8

1

9

Lamelle

1

1

Nucléus à lames

1

1

2

Total

14

16

3

4

37

20Parmi ces groupes de pièces remontées, nous pouvons signaler en premier lieu le remontage 172 qui regroupe un nucléus laminaire de la nappe inférieure (n° 6818, fig. 75, chapitre 6) sur lequel remontent 12 lames dont 10 de la même nappe et 2 de la nappe supérieure. Le remontage 176 comprend quant à lui un nucléus laminaire de la nappe supérieure (n° 5001) sur lequel remontent 15 pièces, éclats et lames, toutes issues de la nappe inférieure. Enfin, le remontage 199 implique trois éclats de façonnage dont deux proviennent de la nappe inférieure (n° 6825 et 6785) et le troisième (n° 2574) de la nappe principale.

21Dans le cadre d’une dynamique de versant en contexte périglaciaire, la formation d’une coulée de solifluxion rend bien compte de la distribution des vestiges observée dans le secteur 1. Les coulées de solifluxion sont créées par les différences de vitesse de reptation du sol sous l’influence des cycles de gel-dégel et peuvent être assimilées à un plissement de la couche superficielle. Cette couche recouvre progressivement le sol moins mobile situé à l’aval, avec une vitesse typiquement de l’ordre de 0,5 à 3 cm.an–1 sous nos latitudes (Gamper 1993 ; Bertran et al. 2004). Les coulées, dont la largeur varie entre moins d’un mètre à plusieurs dizaines de mètres, apparaissent isolément sur les versants ou en groupes, l’ensemble d’un versant pouvant être recouvert par les coulées. Quelques exemples actuels sont illustrés sur la fig. 37. Au Landry, la coupe longitudinale (fig. 35 B) montre que la nappe de vestiges supérieure recouvre la nappe inférieure sur une longueur d’environ 1,5 m, ce qui fournit une estimation minimum pour l’ampleur du déplacement par la solifluxion. Le dédoublement localisé du niveau archéologique suggère que la formation de coulées est restée sporadique, la reptation superficielle étant plus homogène ailleurs sur le versant. Il est possible que certaines concentrations de vestiges aient elles-mêmes contribué à la variabilité des vitesses de reptation, en modifiant la pénétration du gel dans le sol sous-jacent. Des mesures en contexte actuel ont en effet montré que le nombre de cycles de gel-dégel est atténué sous une couche caillouteuse par rapport au sol nu voisin et tend à réduire cette vitesse (Coutard, Ozouf 1996).

Figure 37. Exemples de coulées de solifluxion actuelles des Pyrénées (secteur de Gavarnie). |A| étage alpin, vers 2400 m d’altitude, |B| étage nival, vers 2750 m d’altitude.
Examples of present-day solifluction lobes in the Pyrenees (Gavarnie area). |A| alpine zone, around 2,400 m altitude; |B| nival zone, around 2,750 m altitude.

Figure 37. Exemples de coulées de solifluxion actuelles des Pyrénées (secteur de Gavarnie). |A| étage alpin, vers 2400 m d’altitude, |B| étage nival, vers 2750 m d’altitude. Examples of present-day solifluction lobes in the Pyrenees (Gavarnie area). |A| alpine zone, around 2,400 m altitude; |B| nival zone, around 2,750 m altitude.

22Les raccords et remontages réalisés associés aux données géo-archéologiques sont ainsi venus clore la question de l’unicité du niveau archéologique et de son dédoublement post-dépositionnels au niveau du secteur 1. Ces données indiquent sans ambiguïté que les deux nappes de vestiges reconnues à la fouille ne correspondent pas à des ensembles de vestiges distincts et indépendants, mais bien à un seul et unique niveau archéologique dédoublé.

23Concernant le matériel lithique en silex, de nombreux raccords et remontages ont été signalés au niveau des différents amas de production de façonnage et de débitage (fig. 34). Ces liaisons de courte portée, au sein des secteurs et plus particulièrement des amas, suggèrent l’abandon de supports laminaires et de déchets de façonnage in situ directement après leur détachement (fig. 34, tabl. 3). Des raccords et remontages entre pièces situées à plus grandes distances l’une de l’autre (allant jusqu’à 18 mètres de distance), et donc au sein de différents secteurs, sont également observés (fig. 38 ; tabl. 6). Ces derniers pouvant suggérer des déplacements de certains outils, nucléus, supports et déchets de taille en dehors de leur zone de production.

Figure 38. Répartition des liaisons de remontages entre pièces en silex des différents secteurs. Les longueurs de ces liaisons varient de 3 mètres à près de 18 mètres, sur un axe généralement nord-ouest/sud-est, différent du pendage général nord-est du niveau. Elles illustrent des déplacements de nucléus et de feuilles de laurier entre secteurs d’activités différenciés et sub-contemporains (projection et infographie M. Brenet).
Distribution of refit links between flint pieces in different sectors. The lengths of these links vary from 3 meters to almost 18 meters, on a generally north-west/south-east axis, distinct from the general north-east dip of the level. They illustrate core and Laurel Leaf movements between differentiated, sub-contemporary activity sectors (projection and computer graphics M. Brenet).

Figure 38. Répartition des liaisons de remontages entre pièces en silex des différents secteurs. Les longueurs de ces liaisons varient de 3 mètres à près de 18 mètres, sur un axe généralement nord-ouest/sud-est, différent du pendage général nord-est du niveau. Elles illustrent des déplacements de nucléus et de feuilles de laurier entre secteurs d’activités différenciés et sub-contemporains (projection et infographie M. Brenet). Distribution of refit links between flint pieces in different sectors. The lengths of these links vary from 3 meters to almost 18 meters, on a generally north-west/south-east axis, distinct from the general north-east dip of the level. They illustrate core and Laurel Leaf movements between differentiated, sub-contemporary activity sectors (projection and computer graphics M. Brenet).

Tableau 6. Caractérisation techno-typologique des pièces remontées entre les différents secteurs.
Techno-typological characterization of refitted artifacts between different sectors.

Tableau 6. Caractérisation techno-typologique des pièces remontées entre les différents secteurs. Techno-typological characterization of refitted artifacts between different sectors.

2.4 | Distribution granulométrique des vestiges

24Dans la mesure où le niveau archéologique est resté en surface pendant une certaine durée et a été potentiellement exposé au ruissellement, l’hypothèse d’un tri hydraulique du matériel archéologique a été testée à partir de la distribution granulométrique des vestiges, selon la méthode exposée par Bertran et al. (2012). Pour cela, les petits éléments récoltés par tamisage du sédiment ont été répartis en classes granulométriques. Les classes retenues sont 5 à 10 mm, 10 à 20 mm et > 20 mm. Pour les vestiges lithiques prélevés lors de la fouille manuelle, la largeur a été mesurée à l’aide d’un pied à coulisse, puis les valeurs obtenues ont été réparties en classes de taille. De manière à obtenir une distribution comparable à celle de la fraction tamisée, ces classes ont été ajustées pour tenir compte du fait que les pièces ont tendance à passer en diagonale dans les mailles d’un tamis. Les limites des classes granulométriques ont donc été multipliées par le facteur √2, soit 7,07 à 14,14 mm, 14,14 à 28,28 mm et > 28,28 mm. Le résultat de l’analyse a été ensuite comparé avec la distribution de débitages laminaires et de façonnages expérimentaux.

25Après report sur un diagramme triangulaire (fig. 39), la distribution de la série lithique du Landry apparaît similaire à celle de débitages expérimentaux et montre qu’elle n’a pas été affectée par un tri hydraulique. Il faut donc considérer que cette série a conservé son intégrité et qu’elle reflète sans distorsion la composition du matériel au moment de son abandon sur le site.

Figure 39. Composition granulométrique du matériel lithique du Landry comparé à du façonnage et des débitages laminaires expérimentaux (d’après Bertran et al. 2012). d : largeur de la maille de tamis, l : largeur des pièces mesurée au pied à coulisse.
Particle size composition of Landry lithic assemblage compared with experimental shaping and blade debitage (after Bertran et al., 2012). d: sieve mesh width, l: width of pieces measured with calipers.

Figure 39. Composition granulométrique du matériel lithique du Landry comparé à du façonnage et des débitages laminaires expérimentaux (d’après Bertran et al. 2012). d : largeur de la maille de tamis, l : largeur des pièces mesurée au pied à coulisse. Particle size composition of Landry lithic assemblage compared with experimental shaping and blade debitage (after Bertran et al., 2012). d: sieve mesh width, l: width of pieces measured with calipers.

2.5 | Conclusion : appréciation générale sur l’état de préservation du site

26À l’issue des différentes analyses réalisées, il apparaît que le niveau archéologique a été affecté par des processus périglaciaires avant son enfouissement complet, qui ont provoqué un certain nombre de modifications de son organisation originelle. Elles consistent principalement en une translation vers l’aval et en une diffusion des vestiges sous l’action de la reptation superficielle. L’ampleur de ces déplacements reste difficile à estimer. En effet, d’après les expériences réalisées en milieu naturel (e.g. Bertran et al. 2015), il est vraisemblable qu’ils n’aient pas été homogènes à l’échelle du site, avec des mouvements plus faibles dans les zones de forte concentration des vestiges que dans les zones d’épandage diffus. Localement, une coulée de solifluxion s’est formée et a entrainé un redoublement du niveau archéologique. La progression de la coulée a atteint au moins 1,5 m de distance.

27Ces modifications restent cependant relativement peu importantes en comparaison de celles subies par de nombreux autres sites contemporains du Dernier Maximum Glaciaire (Bertran et al. 2010) et suggèrent que le niveau archéologique a été rapidement enfoui par les colluvions de limons éoliens. En particulier, la présence d’aires d’activité spécifiques reste encore perceptible à partir de la répartition des objets. Par ailleurs, l’hypothèse d’un tri de la série lithique par le ruissellement, un processus ubiquiste dans les milieux périglaciaires, a été rejetée après analyse de la distribution granulométrique du matériel lithique. La série récoltée reflète donc sans distorsion la composition du matériel au moment de son abandon sur le site.

28Au total, le site du Landry correspond à un niveau d’occupation relativement bien préservé, sans doute représentatif de certains sites contemporains du Dernier Maximum Glaciaire associés à un contexte de sédimentation rapide, favorable à un enfouissement sans trop de distorsion malgré l’action des processus périglaciaires.

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List of illustrations

Title Figure 18. Extrait de la carte géologique harmonisée à 1/250 000 (Bourbon 2019) et localisation du site du Landry. L’ombrage des reliefs provient du RGEALTI© 5 m de l’IGN. Extract from the 1:250,000 harmonized geological map (Bourbon, 2019) and location of the site. Relief shading is taken from IGN’s RGEALTI© 5 m.
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9566/img-1.jpg
File image/jpeg, 344k
Title Figure 19. |A| Plan de la parcelle ayant fait l’objet du diagnostic archéologique, localisation des sondages géotechniques et position des coupes décrites. S22 correspond à la coupe décrite par Grigoletto et Sellami (2011). Le cadre gris indique la zone fouillée. |B| Coupe synthétique de la parcelle. |A| Map of the archaeological survey, location of the geotechnical test pits, and position of the sections described. S22 corresponds to the section described by Grigoletto and Sellami (2011). The gray frame indicates the excavated area. |B| Synthetic section of the plot.
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9566/img-2.png
File image/png, 222k
Title Figure 20. Coupe de la zone fouillée (coupe 2, localisation sur la fig. 19 A). Les nombres entre crochets correspondent aux unités sédimentaires décrites dans le texte. Cross-section of excavated area (section 2, location on fig. 19 A). Numbers in square brackets correspond to the sedimentary units described in the text.
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9566/img-3.png
File image/png, 89k
Title Figure 21. Photos des différents lithofaciès. |A| alluvions de la terrasse T2 ; |B| alluvions karstiques déformées (unité [10] ; |C| alluvions de la terrasse T1 (unités [9] à [7] ; |D| alluvions T1 [9] à [7], dépôts de versant grossiers [6] surmontés par des colluvions limoneuses [5] ; |E| paléosol [4] sur colluvions limoneuses [5]. Am – argile massive, Lm – limon massif, Sh – sable à litage horizontal, Sm – sable massif, GSm – gravier à matrice sableuse, Dmm – diamicton à support matriciel. Photos of the different lithofacies. |A| T2 terrace alluvium; |B| deformed karstic alluvium (unit [10]); |C| T1 terrace alluvium (units [9] to [7]; |D|alluvium [9] to [7], coarse slope deposits [6] topped by silty colluvium [5]; |E| paleosol [4] on silty colluvium [5]. Am – massive clay, Lm – massive silt, Sh – horizontally bedded sand, Sm – massive sand, GSm – sandy gravel, Dmm – matrix-blanked diamicton.
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9566/img-4.jpg
File image/jpeg, 1.2M
Title Figure 22. Courbe granulométrique de quelques échantillons de la séquence du Landry |A| et évolution granulométrique de lœss aquitains en fonction de la distance au Sable des Landes |B|. Particle size distribution curve for several samples from the Landry sequence |A| and grain size evolution of Aquitaine loess as a function of distance from the Sable des Landes |B|.
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9566/img-5.png
File image/png, 103k
Title Figure 23. Microfaciès des dépôts. |A et B| alluvions sableuses [8] ; |C| limons [5] (niveau archéologique) ; les vésicules allongées proviennent vraisemblablement de la fonte de lentilles de glace ; |D| Illuviation argileuse (luvisol holocène) dans les limons [5]. Microfacies of the deposits. |A and B| sandy alluvium [8]; |C| silt [5] (archaeological level); the elongated vesicles probably result from melting ice lenses; |D| clayey illuviation (Holocene luvisol) in silt [5].
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9566/img-6.jpg
File image/jpeg, 848k
Title Figure 24. Biplot de la composition géochimique des échantillons du Landry comparés à des échantillons d’alluvions et de dépôts éoliens aquitains. Biplot comparing the geochemical composition of the Landry samples with Aquitaine alluvium and aeolian deposits.
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9566/img-7.png
File image/png, 105k
Title Figure 25. Carte des dépôts éoliens aquitains (modifiée d’après Sitzia et al. 2017) et localisation des sites illustrés dans la fig. 26. Map of Aquitaine aeolian deposits (modified from Sitzia et al., 2017) and location of sites shown in fig. 26.
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9566/img-8.jpg
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Title Figure 26. Carte des dépôts éoliens aquitains et des sols dont la teneur en limon dépasse 40 %, d’après Ballabio et al. (2016). Map of Aquitaine aeolian deposits and soils with silt content above 40%, from Ballabio et al. (2016).
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Title Figure 27. Évolution du mode granulométrique des lœss en fonction de la distance au Sable des Landes.Changes in loess particle size distribution as a function of distance from the Landes sands.
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Title Figure 28. Distribution du matériel lithique dans la zone fouillée. Le matériel forme une bande parallèle aux courbes de niveau, à limite nette à l’amont et diffuse à l’aval. Distribution of lithic artifacts in the excavated area. The artifacts form a band parallel to the contour lines, with a clear boundary upslope and a diffused one downslope.
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Title Figure 29. Plan de l’amas de taille n°2. Les déchets de taille forment une nappe étirée sur environ 1,5 m à l’aval du bloc-siège. Plan of knapping Cluster 2. The knapping waste is spread some 1.5 m downslope from the seat-block.
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Title Figure 30. Évolution d’un amas expérimental exposé à la solifluxion en milieu périglaciaire entre 2003 et 2007, d’après Bertran et al. 2015.Evolution of an experimental cluster exposed to solifluction in a periglacial environment between 2003 and 2007, from Bertran et al., 2015.
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Title Figure 31. Photographies détaillées du niveau archéologique. |A| vue de l’amas 2 ; |B| imbrication des pièces ; |C| fragmentation des blocs de micaschiste par les cycles de gel-dégel (en encart : exemple actuel, Pyrénées).Detailed photographs of the archaeological level. |A| view of Cluster 2; |B| imbricated pieces; |C| fragmentation of micaschist blocks by freeze-thaw cycles (inset: current example, Pyrenees).
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Title Figure 32. Fabrique du niveau archéologique. |A| Diagramme de Benn et comparaison avec les fabriques mesurées sur des dépôts de solifluxion naturels (d’après Bertran et al. 1997) ; |B| Diagrammes en rose des fabriques relevées sur les amas 2 et 4. IS : indice d’isotropie de la fabrique, EL : indice d’élongation. Fabrics for the archaeological levels. |A| Benn diagram and comparison with fabrics measured on natural solifluction deposits (after Bertran et al., 1997); |B| Rose diagrams of fabrics from Clusters 2 and 4. IS: isotropy index, EL: elongation index.
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Title Figure 33. Répartition spatiale des remontages réalisés sur roches autres que les silicites (projection et infographie M. Brenet). Spatial distribution of non-flint refits (projection and computer graphics M. Brenet).
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Title Figure 34. Répartition des liaisons entre pièces en silex remontées de la nappe supérieure principale, de la nappe inférieure, entre les deux nappes et entre les différents secteurs. Les quelques liaisons entre les secteurs entre les deux nappes permettent d’argumenter sur la sub-contemporanéité des secteurs d’occupation, sur l’unicité et le peu de redistribution spatiale naturelle du niveau archéologique (projection et infographie M. Brenet). Distribution of links between flint pieces from the main upper level, the lower level, between the two levels, and between different sectors. The few connections between sectors and between the two levels argues for the sub-contemporaneity of the occupation sectors and the uniqueness and lack of natural spatial redistribution of the archaeological level (projection and computer graphics M. Brenet).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9566/img-17.png
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Title Figure 35. Projection verticale des vestiges lithiques dans la zone nord-ouest du site et individualisation des deux niveaux archéologiques. |A| Coupe perpendiculaire à la pente, |B| Coupe parallèle au versant. Vertical projection of lithic remains in the north-western zone of the site and individualization of the two archaeological levels. |A| Section perpendicularl to the slope, |B| Section parallel to the slope.
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9566/img-18.png
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Title Figure 36. Répartition et profils verticaux des liaisons de remontages de pièces des deux nappes de vestiges dans le secteur nord-ouest. Sont principalement à remarquer les deux remontages comprenant les nucléus laminaires N° 6018 (rem. 172), N° 5001 (rem. 176), nucléus qui remontent avec de nombreux produits laminaires, ainsi que le remontage 199 comprenant trois éclats de façonnage N° 6825, N° 6785 et N° 2574 (projection et infographie M. Brenet). Distribution and vertical projections of refits in the two levels of remains in the north-western sector. Particularly noteworthy are the two refits for laminar cores 6018 (rem. 172), and 5001 (rem. 176), to which numerous laminar products, and refit 199 comprising three shaping flakes (6825, 6785, and 2574 (projection and computer graphics M. Brenet).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9566/img-19.png
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Title Figure 37. Exemples de coulées de solifluxion actuelles des Pyrénées (secteur de Gavarnie). |A| étage alpin, vers 2400 m d’altitude, |B| étage nival, vers 2750 m d’altitude. Examples of present-day solifluction lobes in the Pyrenees (Gavarnie area). |A| alpine zone, around 2,400 m altitude; |B| nival zone, around 2,750 m altitude.
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Title Figure 38. Répartition des liaisons de remontages entre pièces en silex des différents secteurs. Les longueurs de ces liaisons varient de 3 mètres à près de 18 mètres, sur un axe généralement nord-ouest/sud-est, différent du pendage général nord-est du niveau. Elles illustrent des déplacements de nucléus et de feuilles de laurier entre secteurs d’activités différenciés et sub-contemporains (projection et infographie M. Brenet). Distribution of refit links between flint pieces in different sectors. The lengths of these links vary from 3 meters to almost 18 meters, on a generally north-west/south-east axis, distinct from the general north-east dip of the level. They illustrate core and Laurel Leaf movements between differentiated, sub-contemporary activity sectors (projection and computer graphics M. Brenet).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9566/img-21.jpg
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Title Tableau 6. Caractérisation techno-typologique des pièces remontées entre les différents secteurs. Techno-typological characterization of refitted artifacts between different sectors.
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9566/img-22.png
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Title Figure 39. Composition granulométrique du matériel lithique du Landry comparé à du façonnage et des débitages laminaires expérimentaux (d’après Bertran et al. 2012). d : largeur de la maille de tamis, l : largeur des pièces mesurée au pied à coulisse. Particle size composition of Landry lithic assemblage compared with experimental shaping and blade debitage (after Bertran et al., 2012). d: sieve mesh width, l: width of pieces measured with calipers.
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9566/img-23.png
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References

Bibliographical reference

Pascal Bertran, Alain Queffelec, Célia Fat Cheung, Vincent Pasquet, Julie Bachellerie, Sophie Guégan and Michel Brenet, “Chapitre 3. Étude géologique et géo-archéologique”PALEO, Hors-série | 2025, 41-61.

Electronic reference

Pascal Bertran, Alain Queffelec, Célia Fat Cheung, Vincent Pasquet, Julie Bachellerie, Sophie Guégan and Michel Brenet, “Chapitre 3. Étude géologique et géo-archéologique”PALEO [Online], Hors-série | Juin 2025, Online since 30 June 2025, connection on 10 September 2026. URL: http://journals.openedition.org/paleo/9566; DOI: https://doi.org/10.4000/14tzo

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Pascal Bertran

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Alain Queffelec

CNRS UMR 5199 PACEA, Université de Bordeaux, bâtiment B2, allée Geoffroy-Saint-Hilaire, Pessac
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Célia Fat Cheung

UMR 5199 PACEA, Université Bordeaux, bâtiment B2, allée Geoffroy-Saint-Hilaire, Pessac
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Vincent Pasquet

INRAP NAOM, 140 Avenue du Maréchal Leclerc, Bègles
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Julie Bachellerie

Uniarq, Université de Lisbonne et membre associée de l'UMR 5608 TRACES, Université Toulouse Jean Jaurès
jbachelle001[at]gmail.com

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Sophie Guégan

Université Paul-Valéry Montpellier 3

Michel Brenet

INRAP, Domaine de Campagne et UMR 5199 PACEA, Université de Bordeaux, bâtiment B2, allée Geoffroy-Saint-Hilaire, Pessac
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