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Partie II. Étude Archéologique
Les autres registres d’activité au Landry

Chapitre 16. Les productions graphiques du Landry

Portable art at Landry
Valérie Feruglio
p. 378-400

Abstracts

Many hard, non-siliceous rocks bear incisions that most often resulted from domestic activities, such as when they were used as passive or active supports. However, some rocks can be interpreted as elements of graphic expression. Two rock types stand out in this context: plutonic rocks, mostly dolerites and metamorphic rocks, and gneiss-type schists and laminated schists.

Engravings on plutonic rocks

Three of the plutonic rocks display ambiguous incisions that could be fortuitous impacts or organized marks.

A flat cobble, possibly a metadolerite, is fractured, and engravings appear to have been made after the break on one of the surfaces. This surface was probably in contact with the ground (the other surface bears impacts from mechanical equipment). The engraved motifs are geometric and arranged around a nearly isosceles triangle. The graphic composition consists of the duplication of rectilinear incisions parallel to this first triangle and surrounded by quadrilaterals. A long curve is added laterally. While this composition is astonishing in a Paleolithic context, it may reflect the Solutrean tendency to emphasize symmetry and repetition.

The heaviest (14.8 kg) of the 607 dolerite rocks displays a concentration of bundles of very thin incisions, some of which are arranged in a curve that partly contradicts the result of a functional action.

A small, fairly flat, cobble-like piece has reddish marks whose distribution is intriguing, even if analyses have not confirmed the deliberate anthropogenic origin of these marks. These "stains" are arranged in a grid pattern on the surface and at the opposite ends. There are two possible interpretations of these arrangements if we exclude the taphonomic possibilities of natural oxidation and rubefaction. The stains may result from a deliberate application of a colorant to mark the surfaces according to a certain symmetry, or they could result from gripping the cobble while it functioned with a wheel-like motion, thus soiling the surfaces and staining the active ends. However, there is no wear pattern on these areas, indicating either a brief activity or an activity on a mildly abrasive surface.

Engravings on schist

A dense piece of pyramid-shaped gneiss bears a group of incisions organized in a chevron pattern, but it is impossible to distinguish whether this organization is symbolic or fortuitous.

Numerous desquamation-flake shale fragments were collected over an area of less than 3 m² in Cluster 4 of Sector 5. These fragments result from deliberate fracturing to extract flat blanks likely to be engraved and from breakage and displacement following the engraving. The engraved surfaces of the fragments faced the ground. Refitting these pieces enabled us to reconstruct the carefully engraved figure of a mammoth in right profile, with its dense fleece depicted by added parallel lines. The trunk and a tusk are legible, an eye is presumed, and a series of impacts prolonged by a deep incision could evoke a hunter's weapons.

Graphic expressions in the camp

Although major for this site, the number of graphic expressions at Landry is small. Other than the modification of the schist slab, limited to a few square meters, there do not appear to be any other areas devoted to engravings. However, we cannot discount the possibility of decorations on organic supports, which are absent from the site due to differential preservation.

Landry in the Upper Solutrean graphic context

The site of Landry corresponds to both the currently known Solutrean tradition, in which graphic production is never abundant (other than the major site of Parpalló, Spain), and the tradition of open-air hunting sites, such as Les Maîtreaux (Indre-et-Loire) and Les Bossats (Seine-et-Marne). The mammoth representation is currently the only one known for this period in both open-air and karst sites.

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Full text

1Parmi les concentrations de blocs en roches non siliceuses se trouvent nombre d’éléments portant des incisions. Si certaines de ces dernières sont le résultat d’activités domestiques (supports dormants ou actifs), d’autres offrent une lecture plus encline à l’interprétation symbolique. Deux natures de support ont été distinguées dans cette catégorie : des roches plutoniques, essentiellement des dolérites, et des roches métamorphiques, des schistes. Les premières sont présentes dans tous les secteurs, les secondes se concentrent dans le secteur 1 (fig. 306).

Figure 306. Plan de répartition des pièces gravées (V. Pasquet, M. Brenet, Inrap).
Distribution of engraved artifacts (V. Pasquet , M.Brenet/Inrap).

Figure 306. Plan de répartition des pièces gravées (V. Pasquet, M. Brenet, Inrap). Distribution of engraved artifacts (V. Pasquet , M.Brenet/Inrap).

1 | Les gravures sur roches plutoniques

2Des 607 blocs de dolérite décomptés, certains portent des traces fonctionnelles (percussion, chauffe…) ou des incisions plus organisées. Les éléments plus petits de cet ensemble se présentent comme les plus susceptibles d’avoir été les supports d’expressions graphiques vraies. Pour les plus imposants, un doute subsiste entre traces d’utilisation fortuites et volonté d’impressions symboliques.

3Quatre ont été cependant retenus qui allient marques dues à l’usage et incisions à vocation symbolique plus ou moins probantes.

Bloc n° 22 887 (fig. 307 et 308, suppl. 18A)
L : 14,5 cm ; l : 11,9 cm ; ép. : 5,8 cm
Nord du Secteur : 3

Figure 307. Bloc N° 22 887 (Ph. et rel. V. Feruglio).
Block N°22 887 (Photo and tracing V. Feruglio).

Figure 307. Bloc N° 22 887 (Ph. et rel. V. Feruglio).Block N°22 887 (Photo and tracing V. Feruglio).

Figure 308. Bloc N° 22 887, détail de la face A (Ph. V. Feruglio).
Block N°22 887, detail of surface A (Photo V. Feruglio).

Figure 308. Bloc N° 22 887, détail de la face A (Ph. V. Feruglio). Block N°22 887, detail of surface A (Photo V. Feruglio).

4Ce galet plat, peut-être en métadolérite (cf. § 2.2, chapitre 11), est fracturé naturellement sur un bord et sa surface est légèrement altérée par des phénomènes de corrosion ayant laissé des petites cupules par plages plus ou moins denses. Sa taille, comparable à celle d’une main, se distingue de celles des autres blocs plus massifs qui semblent avoir été recherchés et rapportés dans le site (cf. chapitre 11). Les deux faces principales sont planes avec de très légères ondulations et d’aspect visuel différent, probablement pour des raisons taphonomiques. La face (face A) qui devait être tournée vers le sol est plus poreuse et de couleur plus homogène, l’autre (face B) porte des taches linéaires d’oxydations noires et quelques incisions semblant résulter d’actions involontaires. Elle conserve également des impacts d’engin mécanique, ce qui explique la provenance incertaine de cette pièce probablement retirée très tôt de l’aire de fouille. La face A qui offre une surface homogène plane plus importante, permet de lire un réseau de gravures rectilignes et deux courbes.

5La patine est uniforme mais certains tracés sont plus profonds que d’autres et accrochent mieux la lumière. Des motifs triangulaires et quadrangulaires emboîtés se lisent alors. Un petit triangle central est le plus appuyé. Il résulte d’une ligne brisée exécutée en un tracé et de l’adjonction d’une incision refermant la forme (fig. 309). Sa visibilité plus marquée entraîne une lecture centrée sur ce motif, ce qui est d’ailleurs renforcé par l’unité de mesure qu’offrent les côtés de ce triangle (presque isocèle) que l’on retrouve dans l’écartement des parallèles qui l’entourent.

Figure 309. Bloc N° 22 887, détail du triangle central (Ph. V. Feruglio).
Block N°22 887, detail of central triangle (Photo V. Feruglio).

Figure 309. Bloc N° 22 887, détail du triangle central (Ph. V. Feruglio). Block N°22 887, detail of central triangle (Photo V. Feruglio).

6L’analyse des superpositions montre que les grands triangles sont intercalés dans le temps entre les lignes déterminant les quadrilatères. Tout triangle dans les cultures paléolithiques suggère une interprétation plus figurative, ou à tout le moins synecdotique, mais il est difficile ici d’imaginer la silhouette d’un quelconque corps féminin, fusse-t-il schématisé. Si l’on recherche une interprétation figurative en observant la chronologie relative des tracés (fig. 310), on pourrait lire la mise en place d’un profil de ventre auquel on aurait ajouté un triangle, mais ce serait une simplification par trop orientée.

Figure 310. Bloc N° 22 887, décomposition de l’ordre des tracés selon la lecture des superpositions (doc. V. Feruglio).
Block N°22 887, decomposition of the order of the lines based on their superposition (doc. V. Feruglio).

Figure 310. Bloc N° 22 887, décomposition de l’ordre des tracés selon la lecture des superpositions (doc. V. Feruglio). Block N°22 887, decomposition of the order of the lines based on their superposition (doc. V. Feruglio).

7Il est plus juste de retenir avant tout la rythmicité des groupes de tracés, les ajouts par deux ou trois voire quatre lignes parallèles. C’est bien d’un jeu graphique dont il s’agit. Il y a de toute évidence une recherche de symétrie même en prenant en considération le fait que le galet est incomplet (il devait l’être déjà avant la gravure). Ces balbutiements de géométrie euclidienne détonnent en contexte paléolithique mais correspondent en un sens à l’esprit solutréen qui perspire dans la taille du silex et les décors répétitifs des objets du quotidien. Cette composition est étonnante et, malgré son abstraction, particulièrement complexe.

Bloc n° 22 284 (fig. 311 et 312)
L : 35,5 cm ; l : 25,2 cm ; ép. : 14 cm ; poids : 14 800 g
Secteur : 5 ; Amas : 4 ; Carré : AD6

Figure 311. Localisation du bloc N° 22 284 (Infographie V. Pasquet, M. Brenet).
Location of block N°22 284 (CAD V. Pasquet, M. Brenet).

Figure 311. Localisation du bloc N° 22 284 (Infographie V. Pasquet, M. Brenet). Location of block N°22 284 (CAD V. Pasquet, M. Brenet).

Figure 312. Bloc 22 284, N° détail des groupes d’incisions (Ph. M. Brenet).
Block 22 284, N°detail of incision groups (Photo M.Brenet/Inrap).

Figure 312. Bloc 22 284, N° détail des groupes d’incisions (Ph. M. Brenet). Block 22 284, N°detail of incision groups (Photo M.Brenet/Inrap).

8Ce galet-bloc, le plus lourd de la série, est situé en périphérie de l’amas 4. Deux de ses faces portent des gravures que l’on ne peut attribuer de façon certaine à un acte purement graphique, mais qui à l’inverse pour quelques-unes s’expliquent difficilement dans un cadre strictement fonctionnel. C’est le cas notamment de faisceaux de traits parallèles s’agençant en courbe dont le rendu est très proche de celui des pièces sur schiste à motifs figuratifs.

Bloc n° 21 473 (fig. 313 et 314)
L : 11,36 cm ; l : 7,427 cm ; ép. : 2,408 cm ; poids : 303,78 g
Secteur : 2 ; Amas : 6 ; Carré : N14

Figure 313. Localisation du bloc N° 21 473 (Infographie V. Pasquet, M. Brenet).
Location of block N°21 473 (CAD V. Pasquet, M. Brenet).

Figure 313. Localisation du bloc N° 21 473 (Infographie V. Pasquet, M. Brenet). Location of block N°21 473 (CAD V. Pasquet, M. Brenet).

Figure 314. |a| : Galet N° 21 473, |b| : traitement graphique D-Strech ©J.Harman ; |c| : proposition de repérage des concentrations ; |d| : face inférieure montrant le débordement de la coloration rouge au niveau des extrémités. (ph. V. Feruglio).
|a| : Pebble N°21 473, |b|: D-Stretch © J. Harman graphic treatment; |c|: suggested location of concentrations; d: underside with red coloration overflowing at the extremities (Photo V. Feruglio).

Figure 314. |a| : Galet N° 21 473, |b| : traitement graphique D-Strech ©J.Harman ; |c| : proposition de repérage des concentrations ; |d| : face inférieure montrant le débordement de la coloration rouge au niveau des extrémités. (ph. V. Feruglio). |a| : Pebble N°21 473, |b|: D-Stretch © J. Harman graphic treatment; |c|: suggested location of concentrations; d: underside with red coloration overflowing at the extremities (Photo V. Feruglio).

9Ce galet a été retenu à cause de la répartition particulière des traces rouges sur sa surface. Malgré le doute qui ne peut être levé d’une origine naturelle de cette coloration (cf. chapitre 18), on remarquera les formes et la situation des zones colorées. Les concentrations d’une des faces, de l’ordre du centimètre chacune, semblent s’organiser selon une grille régulière. Deux autres concentrations occupent les extrémités avec un débordement sur la face opposée. Trois options peuvent alors être retenues. Soit il s’agit d’un heureux hasard de la taphonomie, oxydations naturelles ou rubéfactions, ayant permis une localisation très particulière des altérations, soit il s’agit d’une application volontaire de colorant suivant une certaine symétrie suggérée dans la lecture de la fig. 314b, ou encore une utilisation bilatérale opposée de ce galet en molette à colorant qui pourrait expliquer également les marques faciales dues à la préhension. Cette action cependant n’aurait pu se faire que sur un matériau tendre et sur un laps de temps très court n’ayant pas entraîné de marques d’usure prononcées.

Bloc n° 20 584 (fig. 315 et 316)
L : 21 cm ; l : 16,9 cm ; ép. : 10,5 cm ; poids : 5443 g
Secteur : 3 ; Proche amas : 2 ; Carré : U11

Figure 315. Localisation du bloc N° 20 584 (doc M.Brenet/Inrap).
Location of block N°20 584 (Doc M.Brenet/Inrap).

Figure 315. Localisation du bloc N° 20 584 (doc M.Brenet/Inrap). Location of block N°20 584 (Doc M.Brenet/Inrap).

Figure 316. Bloc N° 20 584 (Ph. M. Brenet/Inrap).
Block N°20 584 (Photo M.Brenet/Inrap).

Figure 316. Bloc N° 20 584 (Ph. M. Brenet/Inrap). Block N°20 584 (Photo M.Brenet/Inrap).

10Ce bloc assez dense a été testé à une extrémité. Il porte des stries et quelques impacts sur deux faces opposées. Pour l’une, les traits sont rectilignes et épars, majoritairement longitudinaux et d’autres plus courts transversaux obliques. Pour l’autre face, des incisions regroupées en faisceau évoquent un frottement. Le caractère volontaire de la gravure ne peut être affirmé.

2 | Les gravures sur roches métamorphiques

11Deux types de schiste se distinguent : un premier de type gneiss proche morphologiquement et en densité des blocs de roches plutoniques (un seul retenu ici) et un autre se fragmentant en plaques. Tous deux sont assez rares au sein du site et aux alentours (cf. § 2.4, chapitre 11).

2.1 | Gneiss

Bloc n° 22 285 (fig. 317)
L : 23,7 cm ; l : 14 cm ; ép. : 9,1 cm ; poids : 3573 g

Secteur : 5 ; Amas : 4 ; Carré : AD6

Figure 317. Bloc N° 22 285, gneiss érodé, avec détail des incisions (Ph. V. Feruglio).
Bloc N°22 285, eroded gneiss, with close-up of the incisions (Photo V. Feruglio).

Figure 317. Bloc N° 22 285, gneiss érodé, avec détail des incisions (Ph. V. Feruglio). Bloc N°22 285, eroded gneiss, with close-up of the incisions (Photo V. Feruglio).

12Juste à côté de la pièce n° 22 284 décrite plus haut, ce bloc de gneiss irrégulier, de volume sub-pyramidal présente trois faces et une érosion alluviale marquée. Des incisions éparses sont en un point organisées en chevron, mais il est permis d’avoir un doute quant à une distinction entre intentionnalité graphique et résultat d’actions domestiques.

2.2 | Schiste

13Les schistes à desquamation en feuillets ont été recueillis sur une surface de moins de 3 m², sur une bande orientée Nord-Sud, comptant quelques 124 fragments et plaquettes ; ils étaient mêlés aux autres artefacts en silex, certains éclats étant posés sur les plaquettes alors qu’aucun n’a été retrouvé en dessous. Au regard de l’homogénéité du matériau, et des remontages réalisés, il est très probable que ces plaquettes et fragments proviennent d’une seule et même plaque de plus de 12,5 kg qui a pu être découverte ou introduite sur le site et qui a été pour partie fracturée in situ. Sept plaquettes de schiste gravées, dont quatre – les plus travaillées – étaient posées face incisée tournée vers le sol (fig. 318), ont été mises au jour. Leur étude révèle plusieurs manipulations avant et après les gravures.

Figure 318. Concentration des fragments de schiste en plan et en vue zénithale (plan et ph. V. Pasquet/Inrap.
Schist fragments in plan and in zenithal view (map & ph. V. Pasquet/Inrap).

Figure 318. Concentration des fragments de schiste en plan et en vue zénithale (plan et ph. V. Pasquet/Inrap. Schist fragments in plan and in zenithal view (map & ph. V. Pasquet/Inrap).

14Le choix de la plaque de schiste n’est pas anodin. Il ne s’agit pas d’un support opportuniste comme on peut le constater dans d’autres sites et en particulier quand il s’agit de supports organiques. Notons par ailleurs qu’au Landry ni les cortex de silex, peu accueillants, ni les éléments calcaires n’ont été gravés. Cependant, bien que tendre, le schiste à structure en feuillets n’est pas des plus propices à la gravure. Comportant un « fil » naturel marqué qui contraint le silex et qui brouille la lecture des tracés, cette matière a pourtant été choisie et transportée jusque-là. C’est ce support qui porte le seul décor figuratif animalier du site.

Encart 7. Détail des fragments de plaquettes

Plaque n° 22 785 (fig. 319, suppl. 18B)
L : 36 cm ; l : 21,5 cm ; ép. : 5,5 cm ; poids : 4 200 g
Secteur : 1 ; Amas : 5 ; Carré : J16

Figure 319. Plaque N° 22 785, en haut la face en contact avec le sol (Ph. et rel. V. Feruglio).
Slab N°22 785, top, side in contact with the ground (Photo & trac. V. Feruglio).

Figure 319. Plaque N° 22 785, en haut la face en contact avec le sol (Ph. et rel. V. Feruglio). Slab N°22 785, top, side in contact with the ground (Photo & trac. V. Feruglio).

Élément Z du schéma de remontage (fig. 330). Cette plaque gisait face gravée contre terre et présentait une face de clivage particulièrement creuse. La surface portant les gravures est la plus régulière bien que légèrement bombée et avec de nombreux négatifs d’écaillements de hauteur millimétrique. Une importante écaille (de 16 × 9 cm) est prête à se détacher. C’est elle qui concentre les traits incisés. L’ensemble de cette surface offre une patine lustrée qui crée des brillances qui n’existent pas sur la face opposée où se lisent de rares incisions, peut-être fortuites.

Les incisions sont particulièrement ténues et leur répétition adjonctive en parallèle dessine une longue courbe régulière qui aurait pu faire partie d’un motif animalier. La zone à droite de ces traits peut être manquante par desquamation, mais cela semble peu vraisemblable pour les autres zones.

Plaque n° 22 787 (fig. 320, suppl. 18C)
L : 25 cm ; l : 11,5 cm ; ép. : 3,3 cm ; poids : 1 393 g

Secteur : 1 ; Amas : 5 ; Carré : J16/17

Figure 320. Plaque N° 22 787, rares incisions sur les deux faces. En haut, la face qui était visible. (Ph. V. Feruglio).
Slab N°22 787, rare incisions on the both faces. Above, the surface visible during excavations. (Photo V. Feruglio).

Figure 320. Plaque N° 22 787, rares incisions sur les deux faces. En haut, la face qui était visible. (Ph. V. Feruglio). Slab N°22 787, rare incisions on the both faces. Above, the surface visible during excavations. (Photo V. Feruglio).

Élément A du schéma de remontage (fig. 330) Il s’agit du support d’origine de l’ensemble gravé n° 22 795–96–97. On peut y lire quelques courts traits sur une face.

Plaque n° 22 788 (fig. 321, suppl. 18D)
L : 14,9 cm ; l : 14 cm ; ép. : 2,6 cm ; poids : 940 g
Secteur : 1 ; Amas : 5 ; Carré : J16

Figure 321. Plaque 22 788, la face à gauche qui porte des incisions était la face visible (Ph. V. Feruglio).
Slab 22 788, the left face is engraved and was the one visible (Photo V. Feruglio).

Figure 321. Plaque 22 788, la face à gauche qui porte des incisions était la face visible (Ph. V. Feruglio). Slab 22 788, the left face is engraved and was the one visible (Photo V. Feruglio).

Élément F du schéma de remontage (fig. 330). Cet élément se trouvait solidaire des trois plaquettes gravées n° 22 795–96–97 avant les gravures sur ces dernières. Il porte quelques incisions très fines sur sa face convexe – celle qui n’était pas en contact des éléments extraits. Ces incisions ont pu être exécutées avant ou après la fragmentation, une seule strie se lit sur la face concave qui était en contact avec le sol.

Plaque n° 22 789 (fig. 322, suppl. 18E)
L : 15,5 cm ; l : 6,7 cm ; ép. : 1,4 cm ; poids : 183 g

Secteur : 1 ; Amas : 5 ; Carré : J16

Figure 322. Plaque N° 22 789, à gauche la face qui était visible (Ph. V.Feruglio).
Slab N°22 789, to the left, surface visible during excavations. (Photo V. Feruglio).

Figure 322. Plaque N° 22 789, à gauche la face qui était visible (Ph. V.Feruglio). Slab N°22 789, to the left, surface visible during excavations. (Photo V. Feruglio).

Élément E du schéma de remontage (fig. 330). On peut lire quelques gravures très discrètes sur une surface limitée de 4 à 5 cm² sur la face qui n’était pas en contact avec le sol. Cette plaque a été découverte dans le prolongement de la précédente.

Plaque n° 22 795 (fig. 323 et fig. 328, suppl. 18F)
L : 12,8 cm ; l : 8,9 cm ; ép. : 1,3 cm ; poids : 227 g

Secteur : 1 ; Amas : 5 ; Carré : J16

Figure 323. Plaque N° 22 795 (Ph. V. Feruglio).
Slab N°22 795 (Photo V. Feruglio).

Figure 323. Plaque N° 22 795 (Ph. V. Feruglio). Slab N°22 795 (Photo V. Feruglio).

Élément C du schéma de remontage (fig. 330). Cette plaque concentrant l’élément principal du motif figuratif, puisqu’il s’agit du frontal du mammouth, est également gravée sur sa face opposée.

Plaque n° 22 796 (fig. 324 et fig. 328, suppl. 18G)
L : 12,9 cm ; l : 8,2 cm ; ép. : 1,3 cm ; poids : 210 g

Secteur : 1 ; Amas : 5 ; Carré : J16

Figure 324. Plaque N° 22 796 (Ph. V. Feruglio).
Slab N°22 796 (Photo V. Feruglio)

Figure 324. Plaque N° 22 796 (Ph. V. Feruglio). Slab N°22 796 (Photo V. Feruglio)

Élément B du schéma de remontage (fig. 330). Les deux surfaces sont planes et avec peu de négatifs de desquamation. Le « fil » de la roche est peu marqué. Une seule incision et des impacts sont visibles sur une des faces tandis que l’autre face est entièrement investie d’incisions fines et organisées, plus ou moins profondes. Deux petites écailles gravées ont pu lui être associées. Certains tracés ont été énergiquement exécutés, d’autres semblent plus posés notamment ceux qui s’organisent en un faisceau incurvé.

Cette plaquette ne se raccorde pas à l’ensemble ; l’interruption de certaines gravures montre qu’il ne peut s’agir d’un support autonome, mais bien d’un fragment.

Plaque n° 22 797 (fig. 325 et fig. 328 suppl. 18H)
L : 16,6 cm ; l : 6,5 cm ; ép. : 2,4 cm ; poids : 276 g

Secteur : 1 ; Amas : 5 ; Carré : J16

Figure 325.Plaque N° 22 797 (Ph. V. Feruglio).
Slab N°22 797 (Photo V. Feruglio).

Figure 325.Plaque N° 22 797 (Ph. V. Feruglio). Slab N°22 797 (Photo V. Feruglio).

Élément D du schéma de remontage (fig. 330). Cette plaquette complète la partie inférieure de l’animal et semble ne pas avoir subi de fragmentation de son bord inférieur puisque les incisions entament le rebord (fig. 326).

Figure 326. Plaque N° 22 797, détail des incisions se poursuivant sur le rebord inférieur de la plaquette démontrant son intégrité dans cette zone (Ph. V. Feruglio).
Slab N°22 797, detail of the incisions continuing along the lower edge of the plate, demonstrating the good preservation of this area. (Photo V. Feruglio).

Figure 326. Plaque N° 22 797, détail des incisions se poursuivant sur le rebord inférieur de la plaquette démontrant son intégrité dans cette zone (Ph. V. Feruglio). Slab N°22 797, detail of the incisions continuing along the lower edge of the plate, demonstrating the good preservation of this area. (Photo V. Feruglio).

Fragment J16d (fig. 327 a)
L : 2,65 cm ; l : 2,2 cm ; ép. : 0,4 cm ; poids : 5,5 g

Secteur : 1 ; Amas : 5 ; Carré : J16

Figure 327. |a| : Fragment J16d ; |b| : Fragment J16a ; |c| : Fragment J16d ; |d| : Fragment J16a ; |e| : fragment I16d (Ph. et rel. V. Feruglio).
|a|: Fragment J16d; |b|: Fragment J16a; |c|: Fragment J16d; |d|: Fragment J16a; |e|: Fragment I16d (Photo & tr. V. Feruglio).

Figure 327. |a| : Fragment J16d ; |b| : Fragment J16a ; |c| : Fragment J16d ; |d| : Fragment J16a ; |e| : fragment I16d (Ph. et rel. V. Feruglio). |a|: Fragment J16d; |b|: Fragment J16a; |c|: Fragment J16d; |d|: Fragment J16a; |e|: Fragment I16d (Photo & tr. V. Feruglio).

Découvert lors du tamisage, ce fragment se trouvait dans le quart inférieur droit, donc du côté des fragments ayant été déplacés après gravure. Entièrement couvert d’incisions parallèles de même nature que celles des grandes plaquettes, il a pu être remonté à la pièce n° 22 795 par M. Brenet.

Fragment J16a (fig. 327 b)
L : 2,7 cm ; l : 1,6 cm ; ép. : 0,2 cm ; poids : 1,5 g

Secteur : 1 ; Amas : 5 ; Carré : J16

Également issu du tamisage, ce fragment était situé dans le quart inférieur gauche du carré de fouille, donc un peu à l’écart de l’ensemble gravé. Remonté à l’ensemble par M. Brenet, il complète le pont entre les plaques n° 22 795 et n° 22 797.

Fragment J16d (fig. 327 c)
L : 2,2 cm ; l : 1,7 cm ; ép. : 0,2 cm
Secteur : 1 ; Amas : 5 ; Carré : J16


Provenant du tamisage, ce fragment entièrement strié a pu être raccordé à la pièce n° 22 797. Il provient de la base du niveau dans la zone en bas à droite du carré de fouille soit vers l’ensemble des plaquettes gravées déplacées.

Fragment J16a (fig. 327 d)
L : 0,5 cm ; l : 0,3 cm ; ép. : 0,05 cm
Secteur : 1 ; Amas : 5 ; Carré : J16

Micro-fragment issu du tamisage portant deux stries parallèles provenant du carré J16 dans le quart inférieur gauche. Les incisions sont de même nature que l’ensemble des plaquettes gravées.

Fragment I16d (fig. 327 e)
L : 2,1 cm ; l : 1,7 cm ; ép. : 0,2 cm
Secteur : 1 ; Amas : 5 ; Carré : I16

Ce fragment trapézoïdal issu du tamisage est entièrement recouvert d’incisions parallèles fines et quelques-unes plus larges.

La proximité de ces écailles avec les plaquettes, dont elles sont issues, explique un bris local de l’ensemble gravé n° 22 795, 22 797 et par extension n° 22 796.

Situation

15La fragmentation de cette grande plaque de schiste montre par son remontage partiel (effectué par M. Brenet) qu’elle ne s’est pas produite par simple évolution taphonomique, mais qu’elle est le fruit de manipulations humaines en plusieurs étapes (fig. 328). Il y a eu à la fois délitage d’une plaque initiale en au moins quatre éléments puis fragmentation d’un de ces éléments, prélevé au cœur de la plaque, après avoir été gravé. La position des différents éléments à la fouille permet d’envisager un scénario probable qui serait le suivant (fig. 329 et 330, suppl. 18I) : la plaque n° 22 785 (Z) serait le témoin de la matrice originelle, elle est la seule à avoir subi des desquamations et écaillages post-dépositionnels in situ après le délitage des autres éléments identifiés. En premier lieu, il semble que la plaque n° 22 787 (élément A des fig. 328 et 330, suppl. 18I), extraite de la matrice, ait été déplacée alors qu’elle devait encore être complétée des éléments n° 22 795, 22 796, 22 797 et peut-être n° 22 788. En second lieu, la plaquette n° 22 788 (élément F des fig. 328 et 330, suppl. 18I) est ôtée et posée à proximité (elle aurait pu être ôtée également à la première étape). À ce stade, une surface assez homogène est créée sur la plaque, favorable à la gravure. On ne peut affirmer si le dégagement de cette plaque intervient avant ou après la gravure. Toujours est-il que la plaque gravée portant les éléments cotés à la fouille n° 22 795, 22 796 et 22 797 (éléments B, C et D des fig. 328 et 330) a été retrouvée un mètre plus loin morcelée et retournée, gravures vers le sol. Seules les plaquettes n° 22 795 et 22 797 (et les petits éléments qui s’y raccordent) étaient solidaires de façon certaine au moment de la gravure. La différence déjà notée plus haut du traitement graphique du fragment n° 22 796 nous empêche de confirmer la synchronicité de sa gravure avec l’ensemble. S’il s’agit d’une plaquette indépendante, le sujet n’est pas des plus clairs et le cadrage ne semble pas correspondre à un support autonome.

Figure 328. Photographie et relevé des éléments gravés sur schiste après remontage (Doc. V. Feruglio).
Photograph and tracing of engraved elements on schist after refitting (doc. V. Feruglio).

Figure 328. Photographie et relevé des éléments gravés sur schiste après remontage (Doc. V. Feruglio). Photograph and tracing of engraved elements on schist after refitting (doc. V. Feruglio).

Figure 329. Histoire des différents éléments du bloc de schiste : |1| État premier ; |2| : Délitement et déplacement de 22 788 ; |3| : Délitement et déplacement de l’ensemble 22 787, 22 789, 22 795, 22 796, 22 797, l’action de l’étape 2 a pu également se produire ici ; |4| : Morcellement de 22 787 et 22 789, délitement d’une plaque comportant les éléments 22 795, 22 796, 22 797, gravures de cette plaque et retournement, gravure de la plaque 22 785 à un moment indéfini ; |5| : Morcellement de la plaque 22 795, 22 796, 22 797 ; |6| : État final, les lettres renvoient à la fig. 330 (Doc. V. Feruglio).
History of the different elements of the shale block: |1|: First state; |2|: Delamination and displacement of 22 788; |3|: Delamination and displacement of 22 787, 22 789, 22 795, 22 796, 22 797, the action of stage 2 may also have occurred here; |4|: Break-up of 22 787 and 22 789, delamination of a plate comprising 22 795, 22 796, 22 797, engraving of this plate and turning over, engraving of 22 785 being turned over at an unknown moment; |5|: Break-up of plate 22 795, 22 796, 22 797; |6|: Final state, the letters refer to fig. 330 (doc. V. Feruglio).

Figure 329. Histoire des différents éléments du bloc de schiste : |1| État premier ; |2| : Délitement et déplacement de 22 788 ; |3| : Délitement et déplacement de l’ensemble 22 787, 22 789, 22 795, 22 796, 22 797, l’action de l’étape 2 a pu également se produire ici ; |4| : Morcellement de 22 787 et 22 789, délitement d’une plaque comportant les éléments 22 795, 22 796, 22 797, gravures de cette plaque et retournement, gravure de la plaque 22 785 à un moment indéfini ; |5| : Morcellement de la plaque 22 795, 22 796, 22 797 ; |6| : État final, les lettres renvoient à la fig. 330 (Doc. V. Feruglio). History of the different elements of the shale block: |1|: First state; |2|: Delamination and displacement of 22 788; |3|: Delamination and displacement of 22 787, 22 789, 22 795, 22 796, 22 797, the action of stage 2 may also have occurred here; |4|: Break-up of 22 787 and 22 789, delamination of a plate comprising 22 795, 22 796, 22 797, engraving of this plate and turning over, engraving of 22 785 being turned over at an unknown moment; |5|: Break-up of plate 22 795, 22 796, 22 797; |6|: Final state, the letters refer to fig. 330 (doc. V. Feruglio).

Figure 330. Vues photogrammétriques du remontage des éléments gravés de la plaque de schiste. |1| : Vue perspective, A = 22 787, B = 22 796, C = 22 795, D = 22 797, E = 22 789, Z = 22 785 ; |2| : Vue latérale longitudinale droite ; |3| : Vue zénithale avec ajout de la plaque F = 22 788 ; |4| : Schéma nominatif de la vue n°1 ; |5| : Vue latérale transverse ; |6| : Vue latérale longitudinale gauche (Doc. V. Feruglio).
Photogrammetric views of the reassembly of the engraved elements of the schist plate. |1|: Perspective view, A = 22 787, B = 22 796, C = 22 795, D = 22 797, E = 22 789, Z = 22 785; |2|: right longitudinal side view; |3|: zenithal view with addition of plate FE = 22 788; |4|: Diagram of the refit fragments 1; |5|: transverse side view; |6|: left longitudinal side view (doc. V. Feruglio).

Figure 330. Vues photogrammétriques du remontage des éléments gravés de la plaque de schiste. |1| : Vue perspective, A = 22 787, B = 22 796, C = 22 795, D = 22 797, E = 22 789, Z = 22 785 ; |2| : Vue latérale longitudinale droite ; |3| : Vue zénithale avec ajout de la plaque F = 22 788 ; |4| : Schéma nominatif de la vue n°1 ; |5| : Vue latérale transverse ; |6| : Vue latérale longitudinale gauche (Doc. V. Feruglio). Photogrammetric views of the reassembly of the engraved elements of the schist plate. |1|: Perspective view, A = 22 787, B = 22 796, C = 22 795, D = 22 797, E = 22 789, Z = 22 785; |2|: right longitudinal side view; |3|: zenithal view with addition of plate FE = 22 788; |4|: Diagram of the refit fragments 1; |5|: transverse side view; |6|: left longitudinal side view (doc. V. Feruglio).

16Précisons que la première activité de ce secteur de la station a dû être l’ensemble des actions menées autour de la plaque de schiste : délitage, morcellement, gravure, déplacements. En effet, tous les éléments siliceux ont été retrouvés autour ou sur les fragments de schiste, jamais en dessous (fig. 331). Délitage, gravures, fragmentation et abandon sont probablement des actions assez ramassées dans le temps. La proximité des éléments exclut un usage prolongé de la figuration au-delà de ces manipulations. Toutes les incisions qui semblent se rapporter davantage à des actions involontaires sont localisées sur les faces visibles à l’abandon. Dès lors que l’agencement des gravures est plus complexe, les faces concernées sont retournées vers le sol.

Figure 331. Coupe montrant le niveau sur lequel reposaient les plaques de schiste, échelle 20 cm (Ph. M.Brenet/Inrap).
Stratigraphy showing the level on which the schist plate rested (Photo M. Brenet/inrap).

Figure 331. Coupe montrant le niveau sur lequel reposaient les plaques de schiste, échelle 20 cm (Ph. M.Brenet/Inrap). Stratigraphy showing the level on which the schist plate rested (Photo M. Brenet/inrap).

17Lors de premières observations, les motifs incisés formant des faisceaux de lignes subparallèles entre elles, rectilignes ou courbes à caractère couvrant, évoquaient par leur nature organisée et surtout leur espacement extrêmement régulier, une gravure figurative et non le résultat du hasard par une utilisation comme support dormant lors d’une activité domestique. Grâce aux remontages de petits éléments, les plaquettes ont pu être rapprochées et les faisceaux incisés se sont organisés alors en une figure de mammouth particulièrement soignée où la toison est évoquée trait par trait (fig. 328). Pour la partie avant (zone droite de la plaque), le type de gravure est régulier et homogène, seule la partie gauche semble dévolue à une technique plus sommaire où l’on perd d’ailleurs la véracité figurative.

18La grande majorité des incisions résulte de passages multiples. En effet, le « fil » de la roche nécessite d’être en quelque sorte cassé afin de ne pas dévier la direction choisie ; ainsi un premier sillon que l’on accentue par passages successifs permet de guider le geste. La volonté est celle du remplissage en couvrant la surface de lignes parallèles entre elles à l’écartement régulier, certaines incisions sont plus profondes que d’autres, de plus courtes viennent remplir dans un second temps les espaces vacants, les passages multiples dans le même sillon peuvent dévier et créer des lignes « dissidentes » du schéma général. Visuellement cependant la régularité et la densité dominent. Les ruptures dans cette rythmicité et les vides deviennent alors plus signifiants. La zone scapulaire ne comporte que de rares incisions. Le secteur facial concentre de très courtes lignes peu marquées et l’agencement de certaines plus profondes comportant des courbes qui font figure d’exception laissent imaginer la volonté d’indiquer peut-être un œil.

19Les contours de la figure, lisibles essentiellement pour le frontal, sont matérialisés par l’adjonction de lignes de longueurs moyennes et constantes emboîtées dont les inflexions orientent le modelé du faisceau global. Ce type de matérialisation des contours est en opposition avec les conventions des cultures antérieures ou même du Solutréen des premières périodes qui privilégiaient la ligne claire et est plus en adéquation avec les contours dits balancés du Magdalénien.

20Une série d’incisions de nature différente attire le regard par son caractère plus appuyé. À l’observation macroscopique, on en distingue la facture : un point d’impact suivi d’un tracé linéaire (fig. 332). Ce rendu, en décalage avec le reste du travail, traduit un geste du graveur qui pourrait vouloir représenter des pointes de projectiles, ceux-ci interviendraient au niveau de l’épaule de l’animal. La fragmentation, à cet endroit, nous empêche d’être totalement affirmatifs mais, si l’on ne peut écarter les raisons factuelles qui consisteraient à percuter le support pour le fragmenter par exemple, ces incisions particulières interrogent. Les mammouths ne sont pas réputés pour être marqués de signes en flèches sur leur flanc contrairement aux chevaux ou aux bisons en particulier à l’époque magdalénienne. Cependant, il en existe comme à Bernifal où deux de ces traits aboutissent également à l’épaule (Roussot 1984 p. 170) ou à Combarelles 1 (Mammouth XD183 In : Barrière 1997). Certaines représentations de mammouth sont marquées par de courts traits à ce même emplacement qui ne se justifient guère par des particularités de la toison. Le mammouth M2 de la Frise Noire du Pech-Merle est intéressant à cet égard (Lorblanchet 2010), deux courts traits marquent l’arrière de l’épaule. À Rouffignac, J. Plassard remarque également cette particularité (Plassard 1999 p. 89) sans pour autant l’assimiler totalement à des marques de chasse. Là aussi, ces tracés revêtent l’aspect d’impacts par rapport aux moyens mis en œuvre pour les contours ou les détails anatomiques de ces proboscidiens. Les exemples sont en grande majorité magdaléniens et il est vrai, qu’en règle générale, cette thématique n’est pas des plus représentées aux périodes anciennes ; la retrouver au Solutréen récent marque un tournant qui rattache les productions artistiques aux traditions de la seconde moitié du Paléolithique récent. La présence du mammouth au Solutréen (un peu au récent mais surtout au moyen et final) est attestée dans les restes fauniques (ivoire et fragments d’os longs) de Laugerie-Haute (Peyrony 1938 ; Castel, Madelaine 2006 ; Delpech 2012) ou de Badegoule (Cheynier 1949) ou encore matériau support de gravure à la grotte Rochefort (Hinguant et al. 2012). L’ivoire est présent dans différents sites mais il ne peut traduire à lui seul (en l’absence de restes osseux) l’existence contemporaine de l’animal à proximité des sites où il s’en est trouvé. Les occupants du Landry étaient également mobiles comme le montrent les approvisionnements en matières premières, l’observation de ces pachydermes était donc aisée. Il demeure cependant que cette figuration de mammouth est la seule datée de façon certaine du Solutréen récent.

Figure 332. Détail macroscopique d’une série d’incisions parallèles entre elles, avec point d’impact initial et tracé linéaire (Ph. V. Feruglio).
Macroscopic detail of a series of parallel incisions with initial impact point and linear engravings (Photo V. Feruglio).

Figure 332. Détail macroscopique d’une série d’incisions parallèles entre elles, avec point d’impact initial et tracé linéaire (Ph. V. Feruglio). Macroscopic detail of a series of parallel incisions with initial impact point and linear engravings (Photo V. Feruglio).

3 | Place des expressions graphiques au sein du campement

21On ne peut nier que la production graphique, bien que majeure de notre point de vue, est limitée et constitue une activité marginale au sein d’un campement classique tourné vers la confection d’équipements liés à la chasse et aux traitements des gibiers. La discrétion des pièces incisées dont la lecture difficile peut biaiser la vision d’ensemble témoigne malgré tout de moments limités réservés à cette production en regard des activités strictement domestiques. La répartition des blocs gravés en roche dure ne traduit pas non plus de lieux privilégiés pour s’y consacrer. L’approvisionnement majoritairement local des matières premières en général n’est pas contredit par l’art mobilier.

22Seules les gravures sur schiste pourraient représenter une exception. La plaque de volume assez important qui a pu être apportée sur le site pour être gravée et de surcroît d’un motif figuratif, interroge bien davantage que les dolérites. Sa fragmentation en plusieurs phases et le regroupement des éléments au cœur d’une concentration de vestiges sont interprétés comme une action centrale pour cette zone, la seule pour l’ensemble du site. La signification culturelle de la gravure, des actions menées autour de ce support, de l’abandon des plaquettes, et notamment la raison de leur position, faces gravées vers le sol, nous échappe encore. On constate des gestes relativement circonscrits dans un temps court et spatialement délimité. S’agit-il d’un dépôt intentionnel ou accidentel ? Confèrent-elles alors un statut particulier au site ou au secteur ? Sont-elles volontairement antérieures aux activités de taille à cet endroit ? Leur bris et leur position correspondent-ils à une fin de vie symbolique ou à un simple désintérêt ou encore à un rejet de dépit (comme il a pu être dit des feuilles de laurier des Bossats ; Bodu In : Bodu, Jamon (dir.) 2023). On ne peut exclure également dans l’exploitation du bloc premier que d’autres plaquettes gravées aient pu être emportées.

23Le bloc de dolérite le plus investi (no 22 885) n’est pas formellement localisé ayant été identifié lors du traitement post-fouille mais il est supposé provenir d’une zone éloignée de celle des schistes. Il n’y a donc pas de zones dévolues aux activités graphiques ou à leur dépôt. Outre la matière première, les thématiques sont également différentes avec, d’un côté, une expression figurative très détaillée et, de l’autre, une ornementation des plus géométriques, une opposition nette mais qui traduit l’éclectisme symbolique et graphique de ces groupes humains.

24N’oublions pas par ailleurs qu’une grande partie de la documentation est manquante, à commencer par celle des supports organiques que les Solutréens ne dédaignaient pas pour leurs expressions graphiques.

4 | le Landry dans le contexte graphique du Solutréen récent

25Pour ces périodes du Pléniglaciaire et a fortiori pour les sites de plein air, la documentation concernant les expressions graphiques n’est pas abondante et en conséquence les comparaisons sont restreintes. Appréhender la place du symbolique dans ces sociétés trouve vite ses limites. Force est de constater, en complément, que lorsque des pièces attribuées à la catégorie « art mobilier » s’en viennent à être mises au jour au sein d’une station domestique, elles ne sont jamais nombreuses. Outre la grotte du Parpalló (Gandía, Valence, Espagne ; Villaverde-Bonilla 1994), il n’existe pas de site de production en nombre comme on en reconnaîtra plus tard pour les Magdaléniens moyen et supérieur (par ex : La Madeleine, le Mas-d’Azil, Enlène, Isturitz, etc.).

26Le Landry constitue l’un des très rares sites de plein air du Solutréen récent ayant révélé des plaquettes et des blocs gravés alors qu’en contexte karstique, ce type de gravures n’est pas inconnu. En Périgord, seul Badegoule (Dordogne) fournissait de nombreux exemples de gravures mobilières mais dans un Solutréen plus ancien n’excluant cependant pas une provenance de la phase supérieure (Cheynier 1949). Le site des Maîtreaux (Bossay-sur-Claise, Indre-et-Loire) offre des éléments d’inscriptions géométriques (sur cortex de silex) et d’art figuratif sur grès dans un contexte très similaire à celui du Landry : une courte halte de chasse dévolue à la confection d’armes et d’outils en silex (Aubry et al. 1998 ; Tymula et al. 2013). Les auteurs y soulignent eux aussi la rareté de la figuration dans les sites à vocation cynégétique et vont jusqu’à qualifier leur découverte « d’art de halte spécialisée » (ibid. p. 306), ce que l’on pourrait reprendre à notre compte et participer à consolider cette notion. L’animal, sans doute un cervidé, a été gravé sur un bloc de grès allochtone, fracturé et dont un des fragments a été retrouvé face gravée contre le sol. Ce sont les points communs que l’on peut souligner avec Le Landry : une roche particulière comme support, une fragmentation après gravures et ces dernières non visibles après la phase d’abandon. Pour ce qui est de l’expression graphique, il reste périlleux de tenter des comparaisons sur un seul exemplaire pour chacun de ces sites, a fortiori sur des supports de nature différente, mais il apparaît évident que le traitement des contours se trouve en opposition avec le choix de la ligne claire pour le cervidé et celui du faisceau pour le mammouth. Pour ce qui est des tracés indéterminés ou géométriques identifiés sur les cortex, il n’y a pas de points de comparaison pertinents (outre le signalement d’un signe quadrangulaire, Tymula In : Otte 2018 p. 177), les auteurs les interprètent pour certains comme un « marquage » de la matière première (ibid. p. 306), ce qu’il est difficile d’envisager pour Le Landry. Le rendu de la biche des Maîtreaux peut être rapproché d’un autre site solutréen mais celui-ci karstique, la grotte Haréguy (Mauléon, Pyrénées-Atlantiques ; Ripoll Perello, Boucher 1960–61) qui a fourni une plaquette calcaire elle aussi retrouvée face gravée contre le sol portant un cheval (du moins dans l’interprétation des auteurs) au tracé unilinéaire et de style tout aussi schématique que la « biche » des Maîtreaux.

27Récemment, le site de plein air des Bossats à Ormesson (Seine-et-Marne) a révélé les structures d’un campement solutréen à feuilles de laurier (Bodu et al. 2014) où quelques éclats corticaux de façonnage de ces pièces portent des gravures géométriques mais exécutées avant le débitage des blocs (Lucas, Legrand-Pineau In : Bodu, Jamon (dir.) 2023). Les autrices font évidemment le rapprochement avec les marques des cortex des Maîtreaux mais pour Le Landry seule une certaine similitude avec les lignes parallèles de la pièce n° 22 887 peut être signalée. Parmi ces lignes à agencement géométrique s’en trouve une aux détours curvilignes interprétée prudemment comme un profil de tête de rhinocéros (ibid. p. 150).

28Dans la vallée de l’Erve en Mayenne, la grotte Rochefort a notamment livré plusieurs supports en schiste gravés (Pigeaud et al. 2010 ; Pigeaud In : Hinguant, Colleter (dir.) 2020). Si un certain tropisme pour l’adjonction d’incisions parallèles couvrant des surfaces peut inciter à la comparaison, aucun des motifs n’apparente Rochefort au Landry. En effet, les exemples extraits pour l’heure montrent un art schématique peu comparable.

29L’art gravé mobilier le plus abondant pour cette période demeure sans conteste le site du Parpalló (Villaverde-Bonilla 1994) toujours en contexte karstique. Un nombre significatif de plaquettes porte des gravures isolées de formes géométriques et en particulier des rectangles dont certains sont concentriques, susceptibles de rappeler le galet du Landry. Les rectangles sont les plus nombreux dans les niveaux du Solutréen supérieur qualifiés même par l’auteur de typiques de la période. Ils s’associent peu à d’autres signes mais « montrent une tendance claire, supérieure à la moyenne, à s’associer aux zoomorphes » (ibid. p. 329). Le motif en triangle est plus rare et concentré dans les Solutréen moyen et supérieur (ibid. p. 296). On retiendra ici la spécificité chronoculturelle des motifs rectangulaires. Il n’y a évidemment pas de représentation de mammouth au Parpalló, les comparaisons stylistiques sont donc limitées mais on y retrouve l’attrait pour le rendu des contours en faisceaux de lignes. C’est un choix plus naturaliste qui caractérise les phases les plus récentes du Solutréen (Villaverde Bonilla In : Otte (dir.) 2018). Il faudrait aussi corréler plus finement les techno-complexes de ces contrées lointaines avec le Solutréen supérieur du Périgord pour affiner et légitimer les comparaisons des productions symboliques.

30L’intuition perceptive de la possibilité de considérer que les contours des figures à la ligne claire seraient plus anciens que les traitements en lignes répétées en faisceaux de tradition annonçant le Magdalénien n’est pas corroborée par la longue séquence du Parpalló qui documente tous les moments du Solutréen encadrés par les cultures précédentes et suivantes.

31Nous savons que les Solutréens pouvaient avoir une production artistique des plus naturalistes comme en témoigne la finesse et la précision des gravures de la grotte du Placard (Charente, Clottes et al. 2010) ou encore l’art sculpté du Roc de Sers ou celui d’attribution plus controversée de son art mobilier qualifié de « naturalisme exacerbé » (Tymula 2002). La plaque du Landry s’inscrit dans cette tradition.

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List of illustrations

Title Figure 306. Plan de répartition des pièces gravées (V. Pasquet, M. Brenet, Inrap). Distribution of engraved artifacts (V. Pasquet , M.Brenet/Inrap).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-1.jpg
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Title Figure 307. Bloc N° 22 887 (Ph. et rel. V. Feruglio).Block N°22 887 (Photo and tracing V. Feruglio).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-2.jpg
File image/jpeg, 612k
Title Figure 308. Bloc N° 22 887, détail de la face A (Ph. V. Feruglio). Block N°22 887, detail of surface A (Photo V. Feruglio).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-3.jpg
File image/jpeg, 1.1M
Title Figure 309. Bloc N° 22 887, détail du triangle central (Ph. V. Feruglio). Block N°22 887, detail of central triangle (Photo V. Feruglio).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-4.jpg
File image/jpeg, 556k
Title Figure 310. Bloc N° 22 887, décomposition de l’ordre des tracés selon la lecture des superpositions (doc. V. Feruglio). Block N°22 887, decomposition of the order of the lines based on their superposition (doc. V. Feruglio).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-5.jpg
File image/jpeg, 324k
Title Figure 311. Localisation du bloc N° 22 284 (Infographie V. Pasquet, M. Brenet). Location of block N°22 284 (CAD V. Pasquet, M. Brenet).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-6.jpg
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Title Figure 312. Bloc 22 284, N° détail des groupes d’incisions (Ph. M. Brenet). Block 22 284, N°detail of incision groups (Photo M.Brenet/Inrap).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-7.jpg
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Title Figure 313. Localisation du bloc N° 21 473 (Infographie V. Pasquet, M. Brenet). Location of block N°21 473 (CAD V. Pasquet, M. Brenet).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-8.jpg
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Title Figure 314. |a| : Galet N° 21 473, |b| : traitement graphique D-Strech ©J.Harman ; |c| : proposition de repérage des concentrations ; |d| : face inférieure montrant le débordement de la coloration rouge au niveau des extrémités. (ph. V. Feruglio). |a| : Pebble N°21 473, |b|: D-Stretch © J. Harman graphic treatment; |c|: suggested location of concentrations; d: underside with red coloration overflowing at the extremities (Photo V. Feruglio).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-9.jpg
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Title Figure 315. Localisation du bloc N° 20 584 (doc M.Brenet/Inrap). Location of block N°20 584 (Doc M.Brenet/Inrap).
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Title Figure 316. Bloc N° 20 584 (Ph. M. Brenet/Inrap). Block N°20 584 (Photo M.Brenet/Inrap).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-11.jpg
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Title Figure 317. Bloc N° 22 285, gneiss érodé, avec détail des incisions (Ph. V. Feruglio). Bloc N°22 285, eroded gneiss, with close-up of the incisions (Photo V. Feruglio).
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Title Figure 318. Concentration des fragments de schiste en plan et en vue zénithale (plan et ph. V. Pasquet/Inrap. Schist fragments in plan and in zenithal view (map & ph. V. Pasquet/Inrap).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-13.jpg
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Title Figure 319. Plaque N° 22 785, en haut la face en contact avec le sol (Ph. et rel. V. Feruglio). Slab N°22 785, top, side in contact with the ground (Photo & trac. V. Feruglio).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-14.jpg
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Title Figure 320. Plaque N° 22 787, rares incisions sur les deux faces. En haut, la face qui était visible. (Ph. V. Feruglio). Slab N°22 787, rare incisions on the both faces. Above, the surface visible during excavations. (Photo V. Feruglio).
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Title Figure 321. Plaque 22 788, la face à gauche qui porte des incisions était la face visible (Ph. V. Feruglio). Slab 22 788, the left face is engraved and was the one visible (Photo V. Feruglio).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-16.jpg
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Title Figure 322. Plaque N° 22 789, à gauche la face qui était visible (Ph. V.Feruglio). Slab N°22 789, to the left, surface visible during excavations. (Photo V. Feruglio).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-17.jpg
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Title Figure 323. Plaque N° 22 795 (Ph. V. Feruglio). Slab N°22 795 (Photo V. Feruglio).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-18.jpg
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Title Figure 324. Plaque N° 22 796 (Ph. V. Feruglio). Slab N°22 796 (Photo V. Feruglio)
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-19.jpg
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Title Figure 325.Plaque N° 22 797 (Ph. V. Feruglio). Slab N°22 797 (Photo V. Feruglio).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-20.jpg
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Title Figure 326. Plaque N° 22 797, détail des incisions se poursuivant sur le rebord inférieur de la plaquette démontrant son intégrité dans cette zone (Ph. V. Feruglio). Slab N°22 797, detail of the incisions continuing along the lower edge of the plate, demonstrating the good preservation of this area. (Photo V. Feruglio).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-21.jpg
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Title Figure 327. |a| : Fragment J16d ; |b| : Fragment J16a ; |c| : Fragment J16d ; |d| : Fragment J16a ; |e| : fragment I16d (Ph. et rel. V. Feruglio). |a|: Fragment J16d; |b|: Fragment J16a; |c|: Fragment J16d; |d|: Fragment J16a; |e|: Fragment I16d (Photo & tr. V. Feruglio).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-22.jpg
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Title Figure 328. Photographie et relevé des éléments gravés sur schiste après remontage (Doc. V. Feruglio). Photograph and tracing of engraved elements on schist after refitting (doc. V. Feruglio).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-23.jpg
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Title Figure 329. Histoire des différents éléments du bloc de schiste : |1| État premier ; |2| : Délitement et déplacement de 22 788 ; |3| : Délitement et déplacement de l’ensemble 22 787, 22 789, 22 795, 22 796, 22 797, l’action de l’étape 2 a pu également se produire ici ; |4| : Morcellement de 22 787 et 22 789, délitement d’une plaque comportant les éléments 22 795, 22 796, 22 797, gravures de cette plaque et retournement, gravure de la plaque 22 785 à un moment indéfini ; |5| : Morcellement de la plaque 22 795, 22 796, 22 797 ; |6| : État final, les lettres renvoient à la fig. 330 (Doc. V. Feruglio). History of the different elements of the shale block: |1|: First state; |2|: Delamination and displacement of 22 788; |3|: Delamination and displacement of 22 787, 22 789, 22 795, 22 796, 22 797, the action of stage 2 may also have occurred here; |4|: Break-up of 22 787 and 22 789, delamination of a plate comprising 22 795, 22 796, 22 797, engraving of this plate and turning over, engraving of 22 785 being turned over at an unknown moment; |5|: Break-up of plate 22 795, 22 796, 22 797; |6|: Final state, the letters refer to fig. 330 (doc. V. Feruglio).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-24.jpg
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Title Figure 330. Vues photogrammétriques du remontage des éléments gravés de la plaque de schiste. |1| : Vue perspective, A = 22 787, B = 22 796, C = 22 795, D = 22 797, E = 22 789, Z = 22 785 ; |2| : Vue latérale longitudinale droite ; |3| : Vue zénithale avec ajout de la plaque F = 22 788 ; |4| : Schéma nominatif de la vue n°1 ; |5| : Vue latérale transverse ; |6| : Vue latérale longitudinale gauche (Doc. V. Feruglio). Photogrammetric views of the reassembly of the engraved elements of the schist plate. |1|: Perspective view, A = 22 787, B = 22 796, C = 22 795, D = 22 797, E = 22 789, Z = 22 785; |2|: right longitudinal side view; |3|: zenithal view with addition of plate FE = 22 788; |4|: Diagram of the refit fragments 1; |5|: transverse side view; |6|: left longitudinal side view (doc. V. Feruglio).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-25.jpg
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Title Figure 331. Coupe montrant le niveau sur lequel reposaient les plaques de schiste, échelle 20 cm (Ph. M.Brenet/Inrap). Stratigraphy showing the level on which the schist plate rested (Photo M. Brenet/inrap).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-26.jpg
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Title Figure 332. Détail macroscopique d’une série d’incisions parallèles entre elles, avec point d’impact initial et tracé linéaire (Ph. V. Feruglio). Macroscopic detail of a series of parallel incisions with initial impact point and linear engravings (Photo V. Feruglio).
URL http://journals.openedition.org/paleo/docannexe/image/9673/img-27.jpg
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References

Bibliographical reference

Valérie Feruglio, “Chapitre 16. Les productions graphiques du Landry”PALEO, Hors-série | 2025, 378-400.

Electronic reference

Valérie Feruglio, “Chapitre 16. Les productions graphiques du Landry”PALEO [Online], Hors-série | Juin 2025, Online since 30 June 2025, connection on 05 September 2026. URL: http://journals.openedition.org/paleo/9673; DOI: https://doi.org/10.4000/14u01

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Valérie Feruglio

UMR 5199 PACEA, Université de Bordeaux, bâtiment B2, allée Geoffroy-Saint-Hilaire, Pessac
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