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À l’ombre du roi : le chasseur-collecteur, l’éleveur, le métallurgiste, l’artiste…

Introduction
François-Xavier Fauvelle-Aymar
Traduction(s) :
In the Shadow of the King: the Hunter-Gatherer, the Livestock Breeder, the Metallurgist, the Artist, ... [en]

Texte intégral

1Vers le premier tiers du ive siècle de notre ère, un souverain d’Aksum, dans l’extrême nord de l’Éthiopie actuelle, du nom d’Ezana, fait graver dans la pierre, en guise d’action de grâce, une longue inscription bilingue (grec et guèze) dans laquelle il relate l’expédition victorieuse conduite par ses frères contre la tribu des Bougaeitai (figure 1). Ces derniers, qui s’étaient révoltés, ont été matés, puis amenés au nombre de 4 400 dans la capitale, en compagnie de leur bétail – bœufs et moutons – et de leurs bêtes de somme – probablement chameaux et ânes –, et nourris de pain d’épeautre et de vin pendant quatre mois. Le roi les changea ensuite de résidence, les établissant à demeure en de nouveaux endroits, dotant chaque roitelet (basiliskos en grec, que nous traduisons ici par « chef ») d’un nombre de bovins beaucoup plus élevé que celui des bêtes prises comme butin de guerre (inscription 270 bis in Bernand et al., 1991, 2000). Nous reconnaissons le nom des Bougaeitai ; ce sont les Bedja, des populations de nomades pastoraux qui vivent, aujourd’hui comme hier, dans les basses terres aux confins du Soudan et de l’Érythrée. On ignore si l’opération de déplacement de population conçue par le roi (basileus en grec) et le plan – que l’on devine en filigrane – de sédentarisation plus ou moins « subventionnée » fonctionnèrent, mais on peut croire que non. En effet, pendant de longs siècles, les Bedja sont restés ce qu’ils étaient à l’époque du royaume d’Aksum : des nomades turbulents évoluant à la périphérie des grandes formations politiques qui dominèrent la vallée du Nil ou la Corne de l’Afrique, exerçant une gêne assez permanente ou assez insidieuse pour mériter régulièrement l’envoi de troupes.

Figure 1 – La stèle bilingue (grec, guèze) et trigraphe (graphies grecque, éthiopienne et sud-arabique) d’Ezana, à Aksum, Éthiopie

Figure 1 – La stèle bilingue (grec, guèze) et trigraphe (graphies grecque, éthiopienne et sud-arabique) d’Ezana, à Aksum, Éthiopie

L’inscription (ici le début du texte grec) nous renseigne sur le regard porté sur les périphéries sociales et spatiales du royaume par le centre politique

Cliché : Fr.-X. Fauvelle

2De juin 1352 à février 1353, Ibn Battûta, célèbre voyageur arabe originaire du Maroc, séjourne dans le royaume du Mali, où règne alors le sultan (dignité royale islamique) et mansa (titre royal mandingue) Suleyman (pour le récit d’Ibn Battûta et celui, contemporain, d’al‑Umarî avec lequel il faut le lire, voir Cuoq, 1985 : 254-323). À l’aller, comme au retour, il traverse bien sûr des pays de nomades berbères « qui n’ont pas de résidence », vivent sous la tente et se nourrissent exclusivement d’une bouillie de lait de vache et de sorgho. Au cours des dix jours de marche qui sépare Oualata (actuelle Mauritanie) du premier gros bourg d’agriculteurs du « pays des Noirs » (Bilâd al-Sûdân en arabe), le voyageur rencontre encore des hommes qui se déplacent avec tous leurs biens – literie et vaisselle en calebasse – emmenant avec eux femmes et esclaves. S’il était fait mention de vaches à longues cornes, on imaginerait volontiers des Peuls. Ailleurs, il relate une chasse à l’hippopotame sur les bords du fleuve, puis raconte l’anecdote d’une délégation de païens anthropophages auxquels le sultan noir offrit une esclave qu’ils mangèrent. Vraie ou fausse, l’histoire vaut surtout, à nos yeux, pour les raisons qu’a le souverain du Mali de ne pas trop s’offusquer du sort fait à la malheureuse : le pays des anthropophages, qui n’a jamais été soumis, est celui des mines d’or, et eux-mêmes sont orpailleurs. Et si le royaume est prospère, c’est que l’on y fait le commerce de l’or. Éleveurs nomades, chasseurs, prospecteurs vivent autant à la périphérie du royaume que dans ses interstices, dans les espaces laissés vacants par un contrôle royal qui ne s’exerce pas tant sur les terres que sur les hommes.

3Les deux documents qui viennent d’être examinés nous parlent des relations entre des royaumes et des groupes ou sociétés subalternes. Rares, les sources littéraires sur l’Afrique ancienne nous parlent presque exclusivement des sociétés centralisées, les formations politiques qui se sont constituées sur une base économique sédentaire et productrice, qui ont vu se développer des élites puissantes – lesquelles ont activé des liaisons commerciales à longue distance –, qui ont établi des marchés et des villes, qui ont su y attirer les marchands étrangers et les voyageurs. Bref, si ces sources écrites nous permettent de retracer l’histoire des royaumes africains, ce n’est pas parce que ces derniers sécrètent seuls de l’histoire, c’est parce qu’ils nous ont laissé des sources, produites par eux-mêmes – en grec (dans le cas d’Aksum), langue véhiculaire de la mer Rouge dans l’Antiquité – ou par les marchands et voyageurs étrangers du Moyen Âge – et alors le plus souvent en arabe (comme dans le cas du Mali).

4Les sources écrites nous parlent donc principalement des pouvoirs centralisés. Et c’est normal : c’est auprès de ces pouvoirs que prospèrent les marchands qui nous laissent quelquefois leur témoignage, ou que fleurissent les lettrés au travers desquels s’exprime le pouvoir. Parfois, pourtant, ces sources (comme dans les deux cas évoqués en commençant) nous offrent des aperçus sur l’« Autre » : l’éleveur nomade, le chasseur-collecteur, le pêcheur, le prospecteur, l’artisan, l’artiste… parfois nominalement soumis au pouvoir central (la souveraineté sur les Bedja appartient à la titulature d’Ezana), mais qui ne participent pas directement du système de production agricole qui forme l’assise économique du pouvoir politique. On les aperçoit en périphérie du royaume, mais ils sont, à vrai dire, « périphériques » en un sens autant que social que spatial : en témoigne leur réputation de groupuscule sans résidence et pourtant indéracinable, de tribu turbulente, de peuplade païenne et anthropophage ou de gens de caste tout à la fois nécessaires et méprisés. Car tel est bien le paradoxe de leur situation : étrangers au tissu social du royaume, repoussés à son pourtour ou dans ses « plis », jugés par les sources comme irréductibles à l’ordre sédentaire, agricole et urbain, ces autres n’en sont pas moins dans un rapport de complémentarité économique avec le royaume. On a bien tenté, au temps du mansa Mûsâ, frère et prédécesseur de Suleyman, de soumettre les habitants des zones aurifères, mais ce fut toujours au prix d’une chute de l’approvisionnement en or (al‑Umarî in Cuoq, 1985, 264-265). Et combien de groupes sociaux « marginaux », chasseurs traditionnels de fauves ou d’éléphants, fournisseurs d’ivoire ou de cuir d’hippopotame, producteurs de fer, prospecteurs d’or, collecteurs de coquilles et autres « spécialistes » non directement dépendants ou tributaires du royaume, ont néanmoins fait partie intégrante de son bassin économique ? Quant aux nomades, pour incontrôlables qu’ils soient – ou qu’ils soient réputés être par les pouvoirs centraux qui les craignent –, ils remplissent toujours, à condition d’être correctement stipendiés, le rôle de protecteurs des routes et des caravanes (Fauvelle‑Aymar, 2013, chapitre 26). La différenciation sociale n’empêche pas la complémentarité économique ; elle en est peut-être même la condition.

5Ces sociétés et groupes sociaux périphériques ne sont, bien sûr, pas moins historiques que les autres, si l’on veut dire par là qu’ils ont une histoire ; il se trouve qu’ils sont simplement moins bien documentés par les sources historiques. À vrai dire, c’est surtout par l’archéologie qu’ils le sont. Là où les sources écrites étaient muettes ou allusives, parce que produites depuis le centre des grandes formations politiques – là où se concentrent tout naturellement ceux qui écrivent : clercs, voyageurs, marchands –, l’observation des données matérielles révèle les traces laissées par les systèmes de production – et plus généralement les cultures – qui sont restées inaperçues ou seulement entraperçues des sources historiques. Ces sociétés et groupes sociaux n’ont certes pas tous laissé les mêmes traces : le pastoralisme nomade abandonne des vestiges infiniment plus ténus qu’une activité minière ou sidérurgique de quelques siècles. Mais ils ont pour point commun, pour avoir été confinés ou rejetés hors de l’horizon politique des royaumes et, donc, hors de l’horizon narratif des sources écrites, d’être d’abord envisagés comme des sociétés « préhistoriques » ou « protohistoriques » au sens strict, c’est-à-dire des sociétés sur lesquelles nous n’avons pas de sources historiques directes.

6Face au constat que sociétés « historiques » et sociétés « préhistoriques » (ou « protohistoriques ») sont, au cours des deux derniers millénaires, contemporaines, on aura raison de balayer le nominalisme qui nous fait accorder la dignité « historique » et la macule « préhistorique » à des entités sociales sur le simple motif de la présence ou non de sources écrites. Dès lors que les « royaumes » (et en général toute forme de formation politique centralisée quelle qu’elle soit) et les sociétés « périphériques » (et en général toute forme de société non centralisée et non directement soumise aux centres) tissent à de vastes échelles régionales des bassins économiques unifiés par la circulation des produits, ne doit-on pas considérer qu’ils évoluent dans le même régime d’historicité ? Ou, pour le dire autrement, que « préhistoire » et « histoire » ne sont pas des catégories chronologiques, mais des catégories documentaires s’appliquant à des sociétés qui sont du même temps ? Si. Mais ne nous privons pas, à l’inverse, d’explorer les formes de la coprésence de l’histoire et de la préhistoire dans l’Afrique « ancienne » (c’est-à-dire antérieure à la généralisation de l’écrit au xixe siècle). C’est précisément la contribution de ce numéro que de mettre l’archéologie au service d’un regard alterné entre les centres de pouvoir et les périphéries politiques plus ou moins lointaines qui apparaissent sous cette lumière comme des foyers de dynamiques technologiques ou culturelles particulières.

7Reprenons donc depuis Aksum, le grand royaume africain qui domina les hauts plateaux de la Corne de l’Afrique entre le iiie et le vie siècle de notre ère. Avec les contributions de Francis Anfray et de Bertrand Poissonnier, l’occasion nous est donnée d’entamer ce numéro avec un double regard sur une formation politique qui a tous les attraits de la centralité : une monarchie puissante, une élite commerciale qui participe au dynamisme commercial de la mer Rouge, corridor entre mer Méditerranée et océan Indien, des villes, une architecture monumentale. L’article de Francis Anfray livre une réélaboration des résultats de la fouille qu’il a conduite il y a une cinquantaine d’années à Matara, aujourd’hui en Érythrée ; celui de Bertrand Poissonnier présente les résultats inédits de l’intervention archéologique qu’il a menée en 1999 au pied de l’une des stèles monolithiques géantes du site d’Aksum, en Éthiopie. Dans les deux cas, il s’agit de sites urbains parmi les plus spectaculaires d’Afrique.

8Alors que le royaume d’Aksum était christianisé vers la fin de l’Antiquité, implantant ainsi durablement le christianisme dans ces terres africaines, d’autres sociétés continuèrent d’évoluer dans le centre et le sud de l’Éthiopie actuelle. Elles allaient rester « préhistoriques » jusqu’au moment où, rencontrées dans le courant du Moyen Âge par les missionnaires du royaume chrétien, elles allaient tout à la fois être brièvement aperçues comme les derniers feux du paganisme cédant devant la religion conquérante et disparaître. Roger Joussaume, spécialiste du mégalithisme éthiopien, livre ici une vision synthétique des résultats de la fouille conduite sur le site à stèles phalliques et anthropomorphes de Tuto Fela. Ce faisant, il documente tant le dernier état du site, non daté, que l’état antérieur, associé à des sépultures du xie au xiiie siècle de notre ère, levant ainsi un coin du voile sur la nature des cultes traditionnels de cette partie du continent.

9Si les sites de la lagune de Luanda, en actuel Angola, nous renseignent sur l’histoire du peuplement depuis deux millénaires, les enquêtes ethnographiques et les sondages archéologiques conduits par Nicolas Valdeyron et Sonia Ludmila da Silva Domingos sur plusieurs amas coquilliers documentent l’exploitation d’un mollusque, Arca senelis, dans des contextes économiques qui varient à travers le temps. La collecte de cette ressource marine d’abord pratiquée dans une perspective de consommation locale de la chair s’insère plus tard dans un système régional de production et de circulation de produits dérivés de la coquille, rondelles aussi bien que chaux. Ce qui se profile à l’arrière-plan, en quelque sorte derrière l’horizon, c’est le royaume du Kongo durant sa période formative, puis le pouvoir colonial portugais.

10C’est bien à travers le filtre du pouvoir colonial, en l’occurrence néerlandais, que nous sommes renseignés sur l’existence, au xviiie siècle, de populations pastorales dans la colonie du Cap, actuelle Afrique du Sud. Sans ces sources historiques, nous aurions pour tout aperçu sur les populations rencontrées par le colonisateur les maigres vestiges archéologiques attribués sans discrimination aux derniers chasseurs-cueilleurs de la région. François Bon et ses coauteurs montrent pourtant qu’en s’appuyant sur une étude géomorphologique du paysage il est permis de localiser les sites préhistoriques les plus récents, puis d’identifier parmi ceux‑ci des campements (néerlandais kraal) de Khoekhoe, ces pasteurs nomades précoloniaux. Tout en validant l’hypothèse de leur existence posée par les sources, cette approche permet aussi de proposer l’existence d’une signature archéologique propre à ces populations.

11Markoye, nord de l’actuel Burkina Faso : la région, à l’intérieur de la boucle du fleuve Niger, est à la fois à l’extrémité sud de l’aire de distribution des gravures de style libyco-berbère et au cœur d’une zone marquée par les vestiges nombreux d’une activité intense de réduction du fer. Michel Barbaza, partant d’observations récentes effectuées dans cette région du Sahel, qui participent d’un inventaire général de cet art, propose une interprétation mythologique de certaines scènes rupestres récurrentes. De son côté, Jean-Marc Fabre, relevant l’intensité et la standardisation de la production, caractérise un important district sidérurgique de la fin du ier millénaire et du début du iie. Dans l’un et l’autre cas, ce sont les importantes mutations économiques et politiques du milieu de l’ère qui apparaissent à l’arrière-plan : d’une part l’onde de peuplement berbère qui connecte les deux rives du Sahara et institue des relations commerciales régulières entre l’Afrique du nord et le Sahel, d’autre part l’essor de villes (Gao, Tombouctou) et de puissantes formations politiques précisément liées à ce commerce et qui pourraient avoir été commanditaires du métal produit.

12Le Pays dogon, au Mali, est également une zone de production intensive du fer, exploitée jusqu’à un passé très récent (début du xxe siècle). Partant d’une approche ethnoarchéologique, Caroline Robion-Brunner identifie les traditions sidérurgiques repérables dans les vestiges archéologiques du plateau de Bandiagara et de la plaine du Séno, et propose une reconstitution historique des parcours de migration des groupes responsables de chacune de ces technologies. Ces dernières, comme la variété linguistique des Dogon, participent d’une complexité sociale dont on commence aujourd’hui à entrevoir la formation au cours des siècles. Que l’horizon le plus lointain de cette reconstitution historique soit celui de la période xiiiexve siècle n’est peut-être pas un hasard. Comme dans le cas de Markoye, le Pays dogon semble connaître une soudaine poussée d’activité métallurgique au temps de l’apogée politique d’un autre grand royaume, cette fois le Mali. On ne peut que suggérer une relation entre ces deux phénomènes. Et c’est encore au Mali médiéval que s’intéresse François‑Xavier Fauvelle‑Aymar qui, pour finir, s’interroge sur le statut de capitale que semble avoir acquis le site de Niani, en actuelle Guinée‑Conakry, en dépit de l’absence de tout argument archéologique allant dans ce sens. Voici donc un « centre » qui n’en était pas un, tandis que le véritable site archéologique de la capitale du royaume nous échappe encore, laissant l’historien et l’archéologue face aux défis des futures recherches en Afrique.

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Bibliographie

Bernand E., Drewes A.-J., Schneider R., 1991 - Recueil des inscriptions de l’Éthiopie des périodes pré-axoumite et axoumite, tome 1 « Les documents », Paris, Académie des inscriptions et des belles-lettres - De Boccard, 540 p.

Bernand E., Drewes A.-J., Schneider R., 2000 - Recueil des inscriptions de l’Éthiopie des périodes pré-axoumite et axoumite, tome 3 « Traductions et commentaires. A. Les inscriptions grecques », Paris, Académie des inscriptions et des belles-lettres - De Boccard, 69 p.

Cuoq J., 1985 - Recueil des sources arabes concernant l’Afrique occidentale du viiie au xvie siècle (Bilâd al-Sûdân), Paris, Éditions du CNRS, 515 p.

Fauvelle-Aymar Fr.-X., 2013 - Le Rhinocéros d’or. Histoires du Moyen Âge africain, Paris, Alma, 319 p.

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Table des illustrations

Titre Figure 1 – La stèle bilingue (grec, guèze) et trigraphe (graphies grecque, éthiopienne et sud-arabique) d’Ezana, à Aksum, Éthiopie
Légende L’inscription (ici le début du texte grec) nous renseigne sur le regard porté sur les périphéries sociales et spatiales du royaume par le centre politique
Crédits Cliché : Fr.-X. Fauvelle
URL http://journals.openedition.org/palethnologie/docannexe/image/5609/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 112k
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Pour citer cet article

Référence électronique

François-Xavier Fauvelle-Aymar, « À l’ombre du roi : le chasseur-collecteur, l’éleveur, le métallurgiste, l’artiste… »Palethnologie [En ligne], 4 | 2012, mis en ligne le 01 janvier 2012, consulté le 14 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/palethnologie/5609 ; DOI : https://doi.org/10.4000/palethnologie.5609

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