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Notes
Res Gestae Divi Augusti, 8. Dion Cassius mentionne par ailleurs des opérations en 4 apr. J.‑C., mais ce census n’aurait concerné que les cives résidant en Italie et ayant un patrimoine supérieur à 50 000 deniers (Dion Cassius, LV, 13, 4). La bibliographie consacrée à ces recensements augustéens est abondante. En dernier lieu, voir Hin, 2008, qui recense les principales références bibliographiques sur le sujet.
Non seulement plusieurs census populi furent organisés, mais il est possible également que les procédures aient été modifiées. Lors du census de 28 av. J.‑C., Auguste dit avoir dénombré 4 063 000 citoyens romains, alors qu’au cours du dernier census républicain, en 69 av. J.‑C., 900 000 cives romani avaient été comptabilisés (Nicolet, 1988, p. 144 sqq). Comment expliquer ce quadruplement de la population civique romaine en 42 ans ? Plusieurs raisons ont été avancées : changement de critères entre l’époque républicaine et le règne d’Auguste, sous-enregistrement chronique des citoyens sous la République… Sur ces aspects, voir en dernier lieu Hin, 2008.
Luc, II, 1-3. Ce passage est cité et commenté ci-dessous.
Census de 27 av. J.‑C. : Tite‑Live, Periochae, 134 ; Dion Cassius, LIII, 22, 5 ; LIV, 25, 1. Census de 12 av. J.‑C. : Tite‑Live, Periochae, 138-139 ; CIL, XIII, 1668 (ILS, 212). Census de 14 apr. J.-C. : Tacite, Annales, I, 31, 3 ; II, 6 ; CIL, XI, 6011 (ILS, 2691).
La plupart des agents impériaux du recensement dans l’empire, qu’ils soient intervenus en qualité de légats ou de procurateurs d’Auguste, portent le titre de ad census accipiendos. Sur ces aspects, voir Le Teuff, 2012, p. 281 sqq.
Sur les révoltes qui ont accompagné les premiers recensements dans les provinces conquises, voir infra, n. 59.
CIL, XIII, 1668, l. 75-77.
Christol, 1994.
Dion Cassius, LIII, 22, 5 ; LIV, 25, 1.
Des premiers aménagements avaient été réalisés dès l’époque de César : la cité des Atrébates fut exemptée d’impôts et se vit attribuer les Morins (César, Guerre des Gaules, VII, 76) ; la cité des Boïens fut attribuée aux Éduens (César, Guerre des Gaules, I, 28, 5).
Hygin 86.10-11 Th= 123.9-10 La: Item dicitur in Germania in Tungris pes Drusianus qui habet monetalem pedem et sescunciam. (On parle aussi en Germanie, chez les Tongres, du pied de Drusus qui contient un pied monétal et une once et demi.) Trad. Guillaumin, CUF, 2010. Sur la localisation problématique de la cité des Tongres, en Gaule Belgique ou en Germanie inférieure, voir en dernier lieu Rossignol, 2009, p. 281.
Sur la tige métallique de Mâcon : Barthèlemy, Dubois, 2007.
CIL, XIII, 1668, l. 77-78.
César, Guerre des Gaules, I, 29.
La différence entre les opérations de 27 et celles de 12 av. J.-C. avait déjà été soulignée par certains auteurs : Firpo, 1985, p. 29 ; Braunert, 1957, p. 198-199.
Tacite, Annales, I, 31, 3 ; II, 6.
CIL, XI, 6011 (ILS, 2691).
Von Domaszewski, 1908, p. 251 ; Pflaum, 1960-1961, p. 17-18 (n° 4) ; Pflaum, 1978, p. 189 ; Pflaum, 1982, p. 120.
Sur la coïncidence d’opérations de census et de dilectus : Le Teuff, 2012, p. 182 sqq.
Dion Cassius, LIII, 22, 5.
Sur l’organisation provinciale de la péninsule Ibérique sous le règne d’Auguste : Alföldy, 1996, p. 449-455.
Cette datation fine est possible grâce à la titulature d’Auguste. P. Le Roux, qui a recensé et étudié en détail ces inscriptions, note que 5-6 apr. J.‑C. « a été une année décisive pour la mise en place des limites de cités ». D’autres opérations d’envergure sont attestées sous le règne de Claude puis sous les Flaviens. Le Roux, 1994, p. 40.
Les sources antiques montrent en effet que de tels conflits ne manquaient pas d’éclater entre communautés voisines, en particulier à l’occasion de la levée de l’impôt. Voir en particulier Burton, 2000 ; Le Teuff, 2012, p. 120-134.
Le Roux, 1994, p. 44-45, n. 31.
CIL, X, 680 (Devijver, 1976-2001, n° 204, p. 282).
Proculus n’est pas un cas isolé : nous connaissons plusieurs chevaliers en cours ou en fin de service militaire qui ont participé à de telles opérations. La plupart d’entre eux ont servi au début de l’Empire. Sur les officiers censiteurs : Le Teuff, 2012, p. 401-402.
Ce cursus a été daté par la plupart des auteurs qui s’y sont intéressés de l’époque augustéenne : Devijver, 1976-2001, n° 204, p. 282 ; Demougin, 1992, p. 142. P. Le Roux a eu la bienveillance de nous faire remarquer qu’une datation plus tardive, époque néronienne voire flavienne, était envisageable.
E. Stauffer a dressé en 1961 un rapide inventaire des grands noms qui se sont penchés sur la question : Erasme, Calvin, Kepler, Grotius, Newton, Savigny, Strauss, Rodbertus, Mommsen, Max Weber… La longueur de la liste et la renommée de ces auteurs laisse deviner la complexité de la question. Stauffer, 1961, p. 9.
Luc, II, 1-3.
Luc, I, 5. Ce passage de Luc est corroboré par un extrait de l’Évangile de Matthieu, qui place également la naissance du Christ sous le règne d’Hérode : Matthieu, II, 1.
La date du census est précisée par Flavius Josèphe, qui place le recensement « au cours de la trente-septième année qui suivit la défaite d’Antoine devant César à Actium » (Flavius Josèphe, Antiquités Juives, XVIII, 2, 26). L’ère d’Actium ayant débuté le 2 septembre 31 av. J.‑C., le recensement remonte à l’année 6 apr. J.‑C.
Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, II, 117-118 ; VII, 8, 253-254.
Flavius Josèphe, Antiquités Juives, XVII, 13, 355 ; XVIII, 1, 1-4 ; XVIII, 2, 26.
CIL, III, 6687 (ILS, 2683).
Corbishley, 1936 ; Abel, 1952, p. 414-416.
Voir en particulier Braunert, 1968. H. Braunert a argumenté en faveur de l’existence d’un seul recensement, celui de 6 apr. J.‑C. Il considère que c’est en faisant coïncider la naissance de Jésus, la révolte des Juifs zélotes et le recensement romain que l’évangéliste se trompe. Cette confusion peut être attribuée à la tradition chrétienne qui a voulu ancrer la naissance de son messie dans l’histoire romaine et la faire coïncider avec un évènement marquant, extérieur aux sources chrétiennes.
Flavius Josèphe, Antiquités Juives, XVII, 13, 355.
Sur le principe de répartition, voir infra.
Selon G. Firpo, des opérations de recensement ont été organisées dans la région en 6-9 apr. J.‑C. et sont à l’origine de la grande révolte dalmate et pannonienne qui a eu lieu à cette époque. Firpo, 1985. Même si son argumentation a depuis été mise à mal, la tenue d’opérations d’évaluation et d’enregistrement dans cette région nouvellement intégrée à l’empire, reste probable.
Cumont, 1901.
Sur la présence d’une infrastructure civique directement exploitable pour les besoins du recensement, en Sicile et en Asie notamment : Le Teuff, 2010.
Mommsen, 1889-1896, 4, p. 97-101; Neesen, 1980, p. 39 sq.; Brunt, 1981, p. 163-164 (= Brunt, 1990, p. 329).
Nicolet, 1988, p. 153 sqq.
Pour l’Asie : Appien, Guerres civiles, V, 4, 19 ; Dion Cassius, XLVII, 6. Pour la Sicile : Pline, Histoire Naturelle, III, 8, 91. Ces passages ont donné lieu à une abondante bibliographie. Les principales références sont résumées dans Le Teuff, 2010, p. 195, n.1.
Mommsen, 1889-1896, 5, p. 402-404 : « Le système d’imposition impérial diffère en principe de celui que la République récente a transmis à l’administration sénatoriale. Quand le gouvernement républicain percevait d’une cité sujette isolée une somme d’argent annuelle une fois fixée, le stipendium […], il laissait le recouvrement de cette somme à la cité qui la lui devait […]. L’administration impériale au contraire levait partout elle-même le tributum, c’est-à-dire une quote-part de la fortune de chaque contribuable, s’élevant ou s’abaissant avec le niveau de cette fortune. Le caractère direct de l’impôt impérial se révèle partout et notamment dans le fait que la détermination du montant de la fortune était faite par le gouvernement impérial ».
Hygin le Gromatique mentionne ainsi la perception de quintae et de septimae dans certaines provinces (Hygin le Gromatique 168.9-169.2 = 205.9-206.1 La). En outre, la déclaration de recensement de Babatha (P. Yadin. 16, 127 apr. J.‑C.) atteste que, dans la province d’Arabie, l’impôt sur la terre pouvait prendre la forme de quotas. Pour le deuxième verger qu’elle déclare, Babatha doit ainsi verser 50 % de la production annuelle de dattes.
Nous employons des guillemets car la distinction entre impôts directs et impôts indirects n’existait pas pour les Anciens : France, 2001, p. 359 sq. ; France, 2007.
Sur la nature de la fiscalité pesant sur les provinces sous le Haut-Empire, se référer aux travaux de J. France : France, 2001 ; France, 2003.
Sur ces aspects, voir en particulier l’article que S. Demougin a consacré au bureau a censibus (Demougin, 2001). L’auteur plaide en faveur de l’idée que toutes les données, aussi bien celles des citoyens romains que celles des pérégrins, étaient centralisées à Rome. Nous pensons en revanche que seules les premières intéressaient directement l’État romain. Pour les non citoyens, l’administration impériale devait se contenter de données globales (Le Teuff, 2012, p. 365-378).
Cette prise de conscience est visible dans la correspondance de Cicéron : Cicéron, Lettre à Quintus, I, 1, 32.
Cette théorie, formulée par le juriste Gaius, postule que les terres provinciales appartiennent soit à l’Empereur soit au peuple romain. Les provinciaux n’en ont que l’usufruit (possessio). Gaius, Institutes, II, 7. Sur ces aspects, voir la synthèse réalisée par J. France : France, 2005.
Sur le lien entre territoire civique et ressources de la communauté : Corbier, 1991, p. 644.
Piganiol, 1962.
Christol 2009, p. 254-255.
Cicéron, Verrines, III, 12.
Comme en témoigne le discours adressé par Marc Antoine aux habitants de la province d’Asie : en prélevant une dîme sur les récoltes, les Romains ne font que reproduire une pratique en vigueur sous les Attalides. Appien, Guerres civiles, V, 4.
Cicéron, Lettre à Quintus, I, 1, 34 ; Tacite, Histoires, 4, 74.
Dion Cassius, LII, 28. Le terme est employé dans le fameux dialogue entre Mecène et Agrippa. Bien que l’historicité de ce dialogue ait été remise en question, les similitudes existant entre l’argumentaire développé par Dion et ceux de Cicéron ou de Tacite, suggèrent qu’il est révélateur des débats en vigueur à l’époque augustéenne.
France, 2006 ; France, 2007, p. 349-352. Il est difficile de savoir comment cette initiative a été perçue par les populations provinciales. La persistance de révoltes fiscales au cours de la première moitié du ie siècle apr. J.‑C., notamment au moment du census, suggère que les résistances des provinciaux au système fiscal imposé par Rome étaient bien réelles. Sur ces révoltes fiscales, voir en dernier lieu Corbier, 1988 et France, 2005, p. 83. Sur les révoltes fiscales ayant éclaté au moment du census, notamment en Judée, dans les Gaules, et en Cappadoce, voir Le Teuff, 2012, p. 438-446. Mais la disparition progressive de ces révoltes au cours du ie siècle apr. J.‑C. incite à s’interroger sur l’évolution de l’attitude des provinciaux vis-à-vis de l’imposition et des procédures de recensement imposées par Rome : faut-il l’interpréter comme une simple résignation ou est-il possible de parler d’une progressive acceptation du système, dans le cadre d’intérêts bien compris ? Cette question prend place dans le cadre plus général d’une réflexion sur le consentement à l’impôt dans l’empire romain, dont les premiers jalons ont été posés par J. France : France, 2005, p. 84 sqq.
Nicolet, 1988, p. 136.
Certaines mesures prises sous le règne de Néron témoignent de ce nouvel état d’esprit. Tacite rapporte ainsi que Néron ordonna « que les lois qui réglaient chaque impôt, tenues secrètes jusqu’alors, fûssent affichées ». Tacite, Annales, XIII, 51.
CIL, XIII, 1668, l. 80.
Cette diversité est telle qu’il est très difficile de brosser un tableau exhaustif des formes d’imposition attestées à travers l’empire. Neesen, 1980 ; Le Teuff, 2012, p. 83-87.
Voir en particulier la synthèse de L. Neesen sur le sujet : Neesen, 1980 ; Brunt, 1981, p. 166-168 ( = Brunt, 1990, p. 336-339). Contra Goffart, 1974, p. 6-21 qui critique l’emploi du diptyque tributum soli/tributum capitis. Selon l’auteur, le terme tributa est toujours employé au pluriel dans les sources antiques car il désigne les contributions en général que l’État romain exigeait des cités sujettes. Ces dernières étaient libres de recourir aux formes d’imposition qu’elles souhaitaient pour honorer leurs obligations fiscales.
Ces aspects ont fait l’objet d’une abondante bibliographie. Voir en particulier Goffart, 1974, p. 15 ; Lo Cascio, 1986, p. 40 sqq. ( = Lo Cascio, 2000, p. 187 sqq.) ; France, 2001, 37 ; Le Teuff, 2012, p. 111-120 et p. 173-182.
Les procédures suivies en 84 av. J.‑C. préfigurent dans une certaine mesure celles en vigueur sous le Haut-Empire. Le Teuff, 2010, p. 206-210.
Ce constat vaut plus généralement pour l’ensemble des recensements provinciaux sous le Haut-Empire. Le Teuff, 2012, p. 281-296.
On peut mettre à part toutefois le census de Syrie et de Judée, qui bien que s’étant déroulé dans ce contexte global d’inventaire des ressources de l’empire, était lié à un événement bien particulier : l’intégration, certes temporaire, de la Judée à l’empire. Voir supra.
Ces aspects ont été amplement développés par Cl. Nicolet dans son ouvrage L’Inventaire du monde. L’auteur souligne également l’importance de l’œuvre géographique sous le règne d’Auguste : Nicolet, 1988, p. 103‑129 et p. 181-199.
Suétone, Auguste, 101, 4.
Dion Cassius, LIII, 30.
Voir supra.
Suétone, Auguste, 101, 4 ; Dion Cassius, LVI, 33.
Tacite, Annales, I, 1, 4.
Tacite, Annales, I, 1, 4 : Quae cuncta sua manu perscripserat Augustus (Auguste avait écrit tous ces détails de sa main). Nicolet, 1988, p. 194.
Nicolet, 1988, p. 10.
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