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Matières premières

Cartes de paysage – Horizons à partager

Landscape Maps – Horizons to Share
Virginie Pigeon

Résumés

Le paysage, entendu comme interface relationnelle entre les vivants et l’espace, est un potentiel activateur de nos puissances sensibles et politiques, portant notre attention sur ce qui fait sens dans les manières d’habiter la Terre. Le concept d’écosophie développé par Félix Guattari offre un outil complémentaire pour penser les relations entre l’individu, le groupe social et le monde. Il nous encourage à redonner de l’importance à l’approche sensible du sujet et à la manière dont chacun envisage ses relations aux autres et à l’environnement. Le changement de paradigme en cours nous invitant à trouver de nouvelles représentations de la Terre qui traduisent sa dimension vécue, partagée et habitée, c’est par les opérations cartographiques, à partir d’un recueil de témoignages singuliers, que nous proposons une tentative de restitution du caractère politique de l’expérience du paysage en territoire situé.

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Texte intégral

Sortir de la bifurcation

1Les sciences modernes nous ont donné à observer le monde avec recul, au moyen d’outils de mesure et de calcul qui ont permis de le faire correspondre à des modèles, et par là même de nous en éloigner, l’isolant de nos expériences, légendes et émotions. Et cela concerne en particulier la Terre. Les géographies physique et humaine ont été dissociées, le territoire s’est vu quadrillé, lissé, cadastré, répertorié, et vidé de ses qualités sensibles. Le globe est alors devenu cet objet suspendu dans l’espace et que nous contemplons de loin, sans saisir aucune des composantes sensibles et vitales des lieux ainsi reformulés.

2Cet abandon des qualités sensibles en vue d’une abstraction, c’est ce que le philosophe Alfred North Whitehead, convoqué par Isabelle Stengers (2002), Bruno Latour (2012), et Émilie Hache (2019), entre autres, nommait la bifurcation de la nature : pour avancer dans les connaissances, les sciences modernes ont isolé les qualités « premières », objectivables (la matière déterminée par sa localisation, sa mesure…), des qualités « secondes », dites subjectives (données phénoménales en tout genre). Cette opération d’abstraction s’est généralisée jusqu’à faire correspondre le monde aux seules données objectivables, faisant oublier, d’où la bifurcation, la multiplicité des qualités sensibles. C’est la raison pour laquelle bon nombre de philosophes contemporains se détachent de l’emploi du concept de nature parce que la notion disqualifie des ensembles de relations, en particulier les pratiques associant humains et non-humains.

3La présente recherche tente de saisir les possibilités qu’offrirait en particulier l’outil cartographique, en tant que mode de représentation de la Terre, pour intégrer, à partir de l’expérience du paysage, les affects, le sensible, « ce à quoi nous tenons », afin d’ouvrir un débat sur les manières d’habiter ensemble le monde.

Paysage

4Depuis l’avènement des théories du paysage en France, le concept a d’abord été considéré, et ce jusque dans les années 1990, comme principalement lié aux questions de représentation. Au travers des approches d’Alain Roger, d’Augustin Berque et de François Dagognet, notamment, le paysage est considéré dans la théorie française comme appartenant au domaine de l’esthétique et de l’expérience visuelle. Roger (1997) développe une théorie de l’« artialisation », Berque avance l’hypothèse de sociétés dites « paysagères » (Berque, 1996), tous avec comme outil d’interface principal le regard et, d’une certaine manière, un recul, une distance par rapport à l’objet observé. Le paysage, in situ ou in visu (Roger, 1997), est une forme de tableau idéalisé.

5La découverte des textes de John Brinckerhoff Jackson à la fin des années 1990 et leur traduction (Jackson, 2003) annoncent un premier épaississement par rapport à la dimension esthétique de la définition en développant une approche liée à « l’habiter » : le paysage résulte des usages et des modalités sociologiques et politiques qui ont façonné le territoire.

6La dimension organisationnelle des communautés dans l’espace continue d’investir le concept de paysage depuis les années 2000. La notion de commun est alors mise en avant, remettant en question le dualisme public/privé, explorant le potentiel politique du collectif et des modes de gouvernance horizontale comme autre manière d’organiser le territoire pour sortir du binôme marchandisation versus étatisation. La question du statut juridique des ressources amène également à progressivement considérer le paysage comme un bien commun.

7Dans le même temps, le changement de paradigme et la conscientisation progressive de l’anthropocène et de la « bifurcation » du concept de nature associent au paysage la dimension de milieu et d’interdépendance. Le paysage est alors progressivement considéré comme une entité relationnelle (Besse, 2018b) incluant l’ensemble des vivants dans l’espace sous une forme d’interdépendance dévoilée par de nouvelles découvertes. L’évolution de l’écologie scientifique permet aujourd’hui d’envisager d’autres modes de fonctionnement des milieux selon les conséquences en cascade et les rapports symbiotiques entre les êtres :

« Des histoires avec lesquelles, a priori, on ne sait pas ce qui compte et ce qui ne compte pas. Des histoires très différentes d’une espèce de théorie des systèmes où chacun a un rôle bien déterminé. » (Stengers, 2019, p. 17.)

Ce mode de pensée lutte contre les délimitations, les assignations à identité et les dualismes réducteurs. Il s’agit de donner la même attention aux interdépendances entre les plantes et leur milieu qu’aux humains mobilisés par des causes divergentes, comme « une permaculture sociale » (Stengers, 2019, p. 17). La morale écologique entend s’intéresser à comment nous pouvons vivre ensemble : il s’agit d’un processus nous obligeant à penser en prenant en compte ce qui ne l’était pas (Hache, 2019).

8On a vu que la notion de territoire est liée à celle de l’organisation. Les organisations ou territorialisations se concrétisent souvent, sous l’hégémonie moderne, par des régimes d’appropriation, de possession, d’emprise, mais peuvent aussi prendre des formes plus douces, comme le laisse à penser Vincianne Despret en observant les oiseaux (Despret, 2019) : habiter l’espace passe aussi par d’autres mécanismes. Faire paysage ou être territoire, ce serait se cacher, se protéger, tisser, danser, chanter ; ce serait éprouver une forme de liberté créative dans l’être avec l’autre. Ce serait une exubérance qui organise, donne forme, affect et espoir au lieu, d’une manière ou d’une autre toujours partagé.

Écosophie

9Alors que la mouvance philosophique autour des travaux de Bruno Latour occasionne à l’heure actuelle une mise en lumière récurrente du non-humain, la recherche présentée ici revient sur une approche plus anthropocentrée comme point de départ d’une capacité à prendre soin, à partir des trois écologies de Félix Guattari.

10Pour mieux cohabiter et se sentir concernés, voire animés par les autres, les philosophes pragmatistes contemporains invitent à sortir de cette position d’extériorité propre à la modernité et à témoigner de nos histoires relationnelles locales affectées par les autres vivants. Et pour aller plus loin, aller au plus proche : se sentir concerné nécessiterait de convoquer à nouveau ce que Laurent Thévenot appelle « le régime du proche » (2006, dans Sébastien, 2018).

11L’idée d’une écologie de défense de la nature, au sens si large et si abstrait qu’il en est vidé de sa substance, ne parvient pas à nous mobiliser. Mais si l’on parle de nos modes de vie, de ce qui nous touche au plus près de nous, de ce qui est fragile ou se perd dans nos relations affectives et personnelles au monde… là, sans doute touche-t-on une corde sensible. Pour nous mettre en action et nous permettre de retrouver une forme de confiance en l’avenir, il faudrait donc repérer les mutations et menaces à l’échelle du proche. Ce que Thévenot nomme « le régime du proche », ce sont ces engagements familiers, ces investissements politiques personnalisés à partir d’attaches à des objets proches et intimes.

12Pour aller plus loin dans ce sens, approchons la notion d’écosophie. Avec cette proposition, Félix Guattari a approfondi l’idée d’écologie, dont il suggère qu’elle pourrait articuler les registres des écologies mentale, sociale et de la nature : ces trois écologies seraient comme des lentilles qui, superposées, permettraient d’aborder les situations selon leur réel niveau de complexité. Guattari dénonce le fait que les problématiques environnementales ne sont gérées que selon leur aspect le plus technocratique. L’écologie de la nature ne serait accessible qu’en conjuguant écologies mentale et sociale afin de proposer de nouveaux modèles créatifs, loin des idées toutes faites et déconnectées des réalités de terrain.

13L’écologie sociale serait un modèle de fonctionnement collectif qui, par opposition au rapport dissymétrique habituel entre meneurs et suiveurs, tenterait d’asseoir une relation plus flexible, plus horizontale, plus libre entre les individus faisant groupe, chacun étant capable d’en justifier la formation. Le groupe resterait réflexif, ouvert au reste de la société et au cosmos, accueillant les différences dans ses relations avec un ailleurs qu’il n’est pas seul à explorer et à valoriser.

14L’écologie mentale prendrait en compte les processus de subjectivation comme partie prenante des questions environnementales et politiques : construire et faire tenir des modes de vie écologiques, ce serait d’abord comprendre comment les subjectivités sont aujourd’hui produites, afin de les libérer. Le mode d’accès au psychique étant avant tout pratique, il s’agirait d’expérimenter et de continuellement remettre au travail les « paradigmes éthico-esthétiques »(Prignot, 2010). Cependant, il n’existe pas un mode de subjectivité écologique « correct » : l’écologie mentale serait à perpétuellement redéfinir dans l’expérimentation collective. La psyché qui conviendrait n’existe pas, elle n’est pas donnée, elle est à construire (Prignot, 2010).

15On a donc, comme outil de réflexion, cette triangulation entre le monde (tout ce qui nous entoure), la collectivité organisée ou les « communautés », et enfin le sujet, l’individu. Découvrir, mettre au travail, éprouver les modalités subjectives de lien à l’espace, partager nos engagements familiers dans le lieu pourrait faire éclore un débat non binaire, une attention à l’autre, une écologie sociale, « expérience collective de coproduction de l’intérêt général » (Sébastien, 2018), émergence du territoire en tant que bien commun et tissu de relations entre les êtres sociaux, premier pas vers une écosophie. C’est à ça que s’attelle l’expérience cartographique menée au cours de cette recherche.

L’horizon du sujet

16Et pour ce faire, repartir du sujet, selon le triptyque proposé par Guattari : si le paysage est tissu de relations, interface entre modes d’organisation et milieux, il ne l’est avant tout qu’en tant que perçu par le sujet.

17Jean-François Lyotard fait naître le paysage d’un moment particulier de relation entre le sujet et le monde, le sujet donnant de la valeur au monde selon sa propre expérience, oblitérant des pans de ce qui importe à d’autres :

« Une anse maritime, un lac de montagne, un canal dans une métropole peuvent être ainsi suspendus en deçà de toute destination humaine, divine, et laissés là. » (Lyotard, 1988, dans Besse, 2018a, p. 21.)

C’est que l’être qui entre en relation avec le paysage, qui lui est disponible, désinvestit le monde de ses significations sociales et culturelles. Entrer dans le monde et accéder à sa dimension politique passe par une disponibilité à l’expérience polysensorielle. Avant d’être réfléchi, l’espace de l’habiter, en tant que relation au monde, est avant tout vécu. Dans cet espace, le sujet agit et est affecté. Le paysage est question d’affect, d’émotion, à partir d’une expérience physique.

« Le paysage est une activation de nous-même dans le contact que nous avons avec les choses, les êtres et l’espace. Il est véritablement une activation de nos puissances sensibles, c’est-à-dire de nos capacités à être touchés, saisis, émus par le monde autour de nous. » (Besse 2018a, p. 34.)

18C’est en ce sens, en tant qu’activateur, que nous avons besoin de le convoquer pour entrer dans le champ du politique. Le paysage est « une puissance agissante » (Grout, 2012) qui nous ouvre potentiellement aux autres. Il est un dispositif d’attention au réel, activant un rapport sensible et sensé au monde, attribuant du sens au travers de l’expérience. Il est constitutif de l’individu en ce qu’il lui permet de se sentir appartenant au monde, de prendre conscience du monde et des coprésences au monde. En déplaçant notre regard vers les arrière-plans, il nous rend attentifs, disponibles, ouverts. Dans une époque saturée par l’information à traiter, notre disponibilité à l’expérience et au partage décroît. Le paysage « serait une des conditions de la réactivation et de la “recharge” de l’expérience, de soi et du monde simultanément. » (Besse, 2018a, p. 106.)

19Catherine Grout convoque dès les prémices de son ouvrage cette citation de Michel de Certeau :

« L’atomisation du tissu social donne aujourd’hui une pertinence politique à la question du sujet. » (Certeau, dans Grout, 2012.)

Je la comprends comme ceci : c’est de l’individu et de son contact sensible au monde qu’il nous faut repartir pour l’engager dans le champ du politique. C’est en se sentant au monde qu’il pourra envisager que d’autres s’y projettent aussi, et que l’on pourra entrevoir un horizon commun.

20Immergé dans le paysage, le sujet entretient des liens avec un espace-temps commun à d’autres, dans la manière dont il est limité ou libre, accueilli ou tenu à distance, ému ou interloqué. L’expérience du paysage ouvre un horizon. Si cet horizon ne conduit pas systématiquement au politique, il en est en tout cas une clé. À partir de nos relations personnelles au paysage, l’espace se lirait potentiellement comme un monde commun et partagé, en décloisonnement.

21L’expérience ici relatée propose une opération cartographique qui témoignerait, à partir d’une combinaison d’affects personnels révélés dans le paysage, d’une « écologie des pratiques » (Stengers, 2005).

Cartes

Figure 1. Carte « Où est la Loire ? » (format original : 31 x 49, plié)

Figure 1. Carte « Où est la Loire ? » (format original : 31 x 49, plié)

Cette carte est extraite de l’ensemble de planches produites à Saint-Jean-de-Boiseau dans le cadre de la résidence « Architectes et illustrateurs » organisée par Wallonie Bruxelles International (Belgique) et la Maison de l’architecture des Pays de la Loire (France) en 2019.

Source : Anne Ledroit, Éric Valette et Virginie Pigeon.

Expériences situées

  • 1 La résidence « Architectes et illustrateurs » organisée par Wallonie Bruxelles International (Belgi (...)
  • 2 L’expérience cartographique en cours à Walcourt est menée par Virginie Pigeon dans le cadre du proj (...)

22Pour éprouver de telles démarches cartographiques, différentes expériences situées sont mises au point. La recherche se construit sur une première tentative de cartographie à partir d’un appel à projets dont le but est d’explorer des modes de sensibilisation aux enjeux territoriaux à partir d’une commune de l’estuaire de la Loire, Saint-Jean-de-Boiseau1. Sur un temps court, un ensemble de quatre cartes est produit à partir des prémices d’une méthodologie reconduite et améliorée lors d’une seconde expérience cartographique plus longue et plus complète, toujours en cours actuellement. Celle-ci se déroule à Walcourt, commune rurale belge dans la périphérie de Charleroi. Le centre culturel local avait témoigné d’un intérêt pour les cartes nantaises. Le projet de cartes à Walcourt trouve un soutien auprès de l’Institut culturel d’architecture (ICA) qui intègre la proposition cartographique dans son programme de sensibilisation appelé « Desired spaces2 ».

23Les tentatives pour cartographier le vivant éclosent dans la société civile comme dans la communauté scientifique. Le manuel de cartographies potentielles Terra Forma (Aït-Touati et al., 2019) propose des expériences graphiques tentant de restituer de nouvelles images du monde au travers d’opérations cartographiques qui abandonnent les codes euclidiens et en inventent de nouveaux. Les cartes créées cherchent dans le dessin l’inclusion du temps, du corps, du mouvement, du vivant, du sol, de la mémoire… au travers de dispositifs processuels complexes qui nécessitent un mode d’emploi, d’ailleurs fourni.

  • 3 Citation traduite par Viginie Pigeon.

24Denis Wood, dans son atlas de récits, cartographie avec ses étudiants « tout ce qui chante3 » (Wood, 2010) dans un quartier résidentiel historique de Caroline du Nord : types de dispositifs de clôtures, égouts et étoiles, maturité et blessures du patrimoine arboré, graffitis sur les trottoirs, aboiement des chiens… autant de petits détails relevés avec patience et qui en disent long sur la vie de ces lieux.

  • 4 Le terme anglais, Cartopology, est défini par les chercheurs de Dear Hunter dans Wikipedia à l’adre (...)

25Le collectif Dear Hunter, basé à Heerlen et dont le nom évoque la pratique de la chasse et du pistage, s’est fondé sur l’idée d’une « cartopologie4 », qu’il définit comme une discipline académique et artistique dont le but est de combiner méthodes anthropologiques et cartographiques pour traduire les expériences spatiales en cartes.

26Ici, le défi consiste à intégrer le temps et le mouvement, l’instabilité des relations, la présence des points de vue subjectifs et contrastés, les déplacements insoupçonnés mais aussi l’espace du paysage dans des images lisibles et parlantes. L’hypothèse, encore à confirmer, est que le processus, la mise en carte et sa diffusion pourraient produire du capital relationnel et engager l’attention à l’autre, à ce qui est fragile, à ce à quoi nous tenons, à ce que nous voudrions, et pourrait constituer le moteur de possibles réagencements.

Cadre

  • 5 J’emploie ici dans le même sens chacun, chaque être, chaque chose, le terme « chose » englobant les (...)

27Le cadrage des cartes est défini à partir des premières rencontres et des choses5 du paysage les plus évoquées. Il apparaît que certains bourgs cristallisent l’intérêt, et que les rivières servent de repère structurant pour évoquer les lieux. Ils seront inclus. Parce que c’est dans l’expérience du paysage que pourrait se construire la dimension politique de l’opération, la surface de l’espace cartographié est relative aux possibilités d’exploration du corps humain : elle correspond à l’équivalent d’une journée de marche, avec une échelle papier permettant la manipulation et la lisibilité du document. Le cadre est ajusté progressivement au fil de l’expérience.

28Les limites ne sont volontairement pas administratives ni géographiques (une vallée, un versant). Elles évoquent plutôt l’extrait, le zoom, l’échantillon d’un terrain plus vaste où les entités et les échelles s’emboîtent à l’infini.

29L’espace du territoire n’est pas une étendue, il est un mille-feuille dont nous ne soupçonnons qu’une infime partie des strates, il est instable, varie en intensité et en temporalité. Et c’est sans doute là aussi le rôle des cartes : défaire des agencements ou systèmes de relations évidents, en mettre en valeur d’autres, en inventer de nouveaux. Les cartes sont un acte de territorialisation en ce sens qu’elles entrent dans des agencements.

Enquête

30Sur le terrain, la méthode d’enquête envisagée se déploie sur plusieurs axes :

  • La connaissance géographique du site est construite à partir de l’arpentage en tous sens, combiné au dessin et re-dessin des cartes existantes. Prend ainsi forme une série de couches géographiques thématiques dessinées à la main et dont le caractère sensible tente de traduire la spécificité des expériences spatiales dans ce paysage. On pourrait lire dans les cartes officielles, produites numériquement à partir d’une sémiologie recherchant l’universalité, une volonté de révéler ce qu’ont en commun les territoires entre eux. Ici, le dessin tente plutôt d’exprimer des particularités.

  • La connaissance historique et socioéconomique du contexte se tisse à partir des publications locales et d’entretiens semi-directifs avec un ensemble d’experts (historien, géologue, bio-ingénieur, naturaliste…).

    • 6 La méthode des itinéraires, aujourd’hui intégrée régulièrement aux enquêtes ethnographiques, a été (...)

    La connaissance du territoire vécu et de l’attachement de ses habitants aux choses du territoire est découverte par la méthode des itinéraires6 : les relations sensibles au lieu sont recueillies à partir de l’habitant qui, nous emmenant par la marche dans une expérience du paysage de son choix, nous active dans l’horizon du monde, nos regards allant dans la même direction. L’information recueillie semble ainsi dépasser le simple contenu des mots : le choix du parcours met en avant des intérêts de tous types. Le paysage permet au témoin d’atteindre la question de ce qui fait sens, de ce qui importe, en étant immergé dans ce terrain qu’il n’habite pas seul, en faisant face à d’autres modes d’habiter, ouvert à cet horizon politique. La discussion informelle est guidée par quelques jalons posés en temps voulu par le biais de questions : à quoi tenez-vous ici, que signifie ce parcours pour vous, qu’est-ce qui vous touche ?
    Pour nous permettre de comprendre les attachements autant par les représentations que par les pratiques, le témoin est également invité à produire une carte mentale des déplacements récurrents qu’il opère dans le territoire, de les qualifier, à partir de quelques jalons : quels sont vos déplacements habituels, quels espaces fréquentez-vous dans vos temps libres et pourquoi, comment et quand rencontrez-vous l’autre… ?

  • L’enquête passe encore par la rencontre des enfants, organisée à partir d’ateliers dans les écoles de chacun des bourgs. Après une discussion en classe accompagnant un exercice cartographique, le groupe scolaire est emmené en promenade sur un itinéraire imposé. Les enfants sont invités à choisir où à s’arrêter pour dessiner le paysage.

Figure 2. Enquêtes de terrain à Walcourt

Figure 2. Enquêtes de terrain à Walcourt

Rencontres et/ou marches avec les habitants, les élèves, les experts, automne 2020.

31Lors des échanges, chacun étant immergé dans le paysage, celui-ci occupe la discussion. Les modalités spatiales de la cohabitation, les bonheurs et les tensions que celle-là engendre se révèlent. Alors que les questions autour de l’attachement amènent à des réponses assez homogènes – « J’aime… la forêt, la basilique, les animaux, les vues lointaines sur les villages » – comme les questions concernant les usages, convoquant les mêmes repères, ce sont les discussions abordant les fragilités du territoire qui font entrer le témoignage dans une dimension politique, l’habitant cherchant un sens, une cause, interrogeant les modes de vie, les pratiques ou la gouvernance. La biodiversité apparaît menacée par les cultures intensives, l’agriculture locale étouffée par le marché global, le petit patrimoine ignoré des néoruraux, sa protection associée par d’autres à un folklore de plus en plus fermé sur lui-même, le riche passé basé sur un usage des ressources du lieu sombrant dans l’oubli, l’espace commun tendant à disparaître…

32Isabelle Stengers (2005) définit l’écologie en tant que science traitant de la manière dont les êtres et les populations entrent en relation. Parlant « d’écologie des pratiques », c’est selon elle « le risque de la relation » (Stengers, 1997), transformant les individus en proies, prédateurs ou ressources dans telle ou telle circonstance, qui rend ces êtres intéressants. Les témoignages rassemblés lors de l’enquête évoquent ces risques considérés à partir des situations de chacun, que Stengers décrit encore comme des « appartenances » ou, citant Latour, des « attachements ».

Montages

33Du matériel récolté émerge une série de thèmes ou de catégories faisant sens, face auxquels les habitants ont des postures différentes. Celles-ci témoignent de cette écologie des pratiques, engageant la rencontre ou le déplacement, démontrant une responsabilité commune dans les processus de dégradation.

34Ces registres thématiques sont transposés en carte. Le travail d’écriture consiste à sélectionner autour d’un thème les témoignages aux positions différentes, à instruire les questions sur la base d’une expertise spécifique et à renforcer les décentrements en mettant en avant les limites des positions tranchées, en ouvrant de nouvelles questions.

35À partir du sujet, depuis les multiples écologies mentales, diverses formes d’écologie sociale tentent d’émerger, questionnant nos relations à l’autre et à l’environnement, remettant sur la table les possibles partenariats. Ces catégories ne sont ni des périmètres ni des types d’activités. En tant qu’ensembles de relations, les catégories ne sont jamais fermées. Certains témoignages, observations, choses et repères peuvent se retrouver dans plusieurs thèmes avec des éclairages différents. Ainsi, par exemple, ce qui apparaît dans la carte « Cohabitations » comme une avancée pour certains – la fermeture des réserves naturelles au public dans un souci de protection – est considéré dans la carte « Partages » comme une entrave au bien commun. Dans d’autres planches, le maintien de l’arrêt des carrières locales offrant de nouveaux milieux écologiques empêche également l’emploi et la valorisation d’un matériau de qualité issu du lieu.

  • 7 L’Atlas mnémosyne fut composé en de multiples configurations par l’historien de l’art Aby Warburg e (...)

36Les catégories constituées dans les planches sont fragiles et éphémères, c’est un montage provisoire qui, comme dans l’Atlas mnémosyne d’Aby Warburg7, pourrait être remis sur la table, démonté et reconfiguré continuellement.

Mise en carte

37La mise en carte se construit à partir des récits, chacune est envisagée en recto verso, chaque face évoquant des aspects différents d’un même thème.

38Le fond de carte est géographique : il inclut une représentation sélective de ce qui constitue physiquement ce morceau de la surface terrestre dans ses dimensions relatives, donc à l’échelle, selon une métrique spatiale commune. Il s’agit d’un travail de description de l’espace par le dessin, car l’expérience du paysage est avant tout spatiale. La sélection s’opère en fonction du thème abordé, et les couches assemblées sont dessinées en tentant de traduire leur composante sensible : texture, profondeur, homogénéité, incongruités… et de révéler le caractère structurant de certains systèmes paysagers, en assumant le rôle des zones blanches ou vides.

39La transformation et le temps sont évoqués par superposition de couches redessinées depuis les cartes anciennes, comme l’emprise passée des surfaces forestières, des vergers ou des lignes de chemin de fer, témoins de dynamiques méconnues par la plupart des habitants.

Figure 3. Fonds de cartes géographiques

Figure 3. Fonds de cartes géographiques

Extraits des planches cartographiques en construction à Walcourt, printemps 2021.

40Les choses paysagères évoquées, aimées ou mal-aimées, actrices des transformations, agents qui ouvrent les questions politiques, sont d’ordres multiples et prennent place dans cette étendue géographique de différentes manières, selon plusieurs régimes graphiques combinés. On retrouve, situés dans l’espace, les vivants non humains, le plus souvent mentionnés dans les choses aimées, et intégrés à la carte par collage. Apparaissent des rapports de force complexes entre des postures d’envahisseurs et de malmenés, ouvrant sur les questions sensibles de protection et de sites privatisés. Le même type de problématique éclôt autour du patrimoine et des traces du passé, représentés à l’aide d’une série de dessins d’enfants et de découpes de cartes anciennes. Entrent en jeu des machines, des biens de consommation, des architectures, des interdits… Ces agents jouent des rôles différents pour chacun et sont inclus dans les cartes à partir de modalités graphiques hétérogènes, tentant également de témoigner du processus de collecte de l’information et de la coconstruction du récit.

Figure 4. Multiplicité des régimes graphiques : témoins et agents paysagers

Figure 4. Multiplicité des régimes graphiques : témoins et agents paysagers

Extraits des planches cartographiques en construction à Walcourt, printemps 2021.

41Une fois les éléments mis en jeu, une des difficultés consiste à lutter contre le réflexe de lisser graphiquement ces objets venus de sources différentes, contre l’utilisation de codes abstraits, contre l’habitude de verrouiller le dessin tel un tableau, d’effacer ce qui agresse, de figer le cadre.

42Ces cartes ont vocation à être des esquisses en cours, toujours à compléter, encore à démonter, pour traduire le bourdonnement des relations plutôt « qu’une juxtaposition de substances closes sur elles-mêmes » (Hoquet, 2010).

43Je pense à Donna Harraway (2020), philosophe contemporaine de l’hybride et de l’impur, critiquant les typologies, les universalismes et les dichotomies (dehors/dedans, pur/impur, nature/culture…) et dont les figures portent en elles les stigmates de l’impureté, assument les ambiguïtés sans chercher à vivre dans la nostalgie d’un harmonieux « cosmos » primitif. Harraway ne fonctionne pas sur des logiques d’origine ou de fondation, ni sur celles de la classification ou de la vision structurée et panoptique. Elle remet en jeu la manière de « comprendre de qui ou de quoi se compose le monde » (Harraway, 2010, dans Gardey, 2013, p. 10).

« Harraway est inlassable et inégalable à débusquer les refuges de la perspective divine (également appelée “perspective Star Wars”), cette position d’où l’on prétend tout embrasser et qu’on pourrait décrire […] comme une place forte imprenable et comme une chaise vide où personne ne se trouve jamais en position de s’asseoir. » (Hoquet, 2010, p. 153.)

Pas d’idéologie, pas de point de vue surplombant, pas non plus de représentation définitive ou de fixité. Montrer les contradictions, partir en territoires hétérogènes où il n’y a plus de principe d’organisation, seulement des récits superposés, enchevêtrés.

44Apparaissent également dans les marges des cartes des débuts de collections, volontairement incomplètes, d’objets évoquant certaines pratiques locales récurrentes dans leur diversité créative : une multitude de ponts, des plus simples aux plus sophistiqués, évoquent le lien entre les rives et la traversée des fleuves et des voies ; des assemblages de clôtures et de grilles expressives racontent le besoin d’être chez soi, de se protéger, de se distinguer ; les innombrables potales et chapelles restaurées questionnent la puissance de la relation entre marche et spiritualité…

Figure 5. Début de collections

Figure 5. Début de collections

Extraits des planches cartographiques en construction à Walcourt, printemps 2021.

45Enfin, les témoins sont inclus et omniprésents dans l’espace cartographique. Ceux-là, qui ont accepté d’ouvrir un temps les portes de leurs écologies personnelles, sont représentés de dos, regardant et commentant le paysage dans la carte. La carte, jouant le rôle d’intermédiaire, tente de reconstruire l’espace d’une discussion dans le paysage, d’ouvrir une « écologie des pratiques » (Stengers, 1997).

46D’une certaine manière, je suis devenue un temps habitante de ce territoire. Ma pratique de paysagiste m’a aidée à le comprendre, je m’y attache en le vivant, témoin inévitablement engagé. Disposant d’un point de vue personnel impliqué mais également d’une capacité de recul, ce témoin particulier se pose en bordure du cadre, un pied dedans, un pied dehors, et propose sa propre lecture.

47Si les témoins ont livré leurs affects en étant immergés dans le paysage, si la compréhension du terrain s’est concrétisée dans l’arpentage répétitif, la carte, elle, pourrait apparaître comme un dispositif qui met à distance l’expérience paysagère et propose un contenu pouvant en être dissocié et réceptionné depuis son fauteuil.

48Elle se voudrait plutôt considérée ici comme un outil qui encourage le déplacement à deux niveaux : d’abord un déplacement intellectuel, les cartes proposant des points de vue individuels multiples, opposés et sensés, invitant à se questionner sur les manières de cohabiter ; ensuite un déplacement concret – chaque carte présente un itinéraire thématique qui peut immerger le lecteur intéressé par le sentier de l’autre dans une autre couche du paysage. Le format de ces cartes est d’ailleurs conçu pour pouvoir les emmener avec soi en promenade.

Figure 6. Fond de carte géographique et assemblage des itinéraires thématiques proposés

Figure 6. Fond de carte géographique et assemblage des itinéraires thématiques proposés

Extrait des planches cartographiques en construction à Walcourt, printemps 2021.

Limites et continuations

49L’expérience cartographique en cours devrait aboutir, à l’automne 2021, à l’impression d’un jeu de dix cartes qui seront diffusées à Walcourt par l’intermédiaire du centre culturel lors d’événements encore à organiser. Les cartes s’adressent avant tout aux habitants, et les modalités de restitution et d’évaluation de la proposition cartographique sont encore à inventer. Ces étapes semblent nécessaires pour construire un retour sur expérience et comprendre son impact.

50Si les cartes évoquent le temps et les transformations du territoire, du passé au présent, elles anticipent aussi, en filigrane, son devenir, et laissent entrevoir des pistes de projets, notamment autour de l’accès à la rivière, des sentiers entre les villages, d’initiatives collectives.

51La commune constitue actuellement un « plan de développement » avec l’expertise d’une agence d’urbanisme, lequel devrait aboutir à une série d’opérations ciblées d’aménagements et de soutiens spécifiques. Comparer les mécanismes aboutissant à ces propositions pourrait sans doute mettre en lumière certains travers dans les processus. La question du public constituant le réseau des témoins rencontrés lors de notre enquête est certainement un autre biais : on peut supposer que les habitants prêts à se rendre disponibles le temps d’une marche pour s’entretenir de leurs liens au territoire ont déjà en eux une forme de sensibilité au paysage et une pratique créative de celui-ci. Plusieurs d’entre eux m’ont dit « qu’ils appréciaient faire mieux connaître leur paysage pour le faire aimer plus ». Quelles cartes seraient nées d’une rencontre avec un groupe d’habitants moins engagés dans leur lieu de vie ?

52Enfin la question du cadrage des cartes, figé à une seule échelle, locale, reste source d’interrogation. Quand Bruno Latour évoque le retour au proche face à une mondialisation déterritorialisante (2017) surgissent les fantômes de modèles réactionnaires ancrés dans le passé, le terroir et l’appartenance au sol ; la notion de propriété risquant de supplanter celle du bien commun.

53La démarche explorée au travers de ces cartes de paysage se concentre dans ce que sont plutôt les plis et replis d’un territoire épais et particulier, cherchant à montrer le « partage du sensible » :

« J’appelle partage du sensible ce système d’évidences sensibles qui donne à voir en même temps l’existence d’un commun et les découpages qui y définissent les places et parts respectives. Un partage du sensible fixe donc en même temps un commun partage et des parts exclusives. » (Rancière, 2000, p. 12.)

Néanmoins, la notion de bien commun et la justice spatiale à grande échelle supposent sans doute aussi d’inventer de nouvelles logiques de partage de l’espace et de représentations communes, voire d’investir dans ces objets-mondes, montrant largesse et générosité face aux images d’un espace morcelé et dissolu.

54Ces cartes de paysage trouveraient certainement un second souffle à se voir intégrées dans un ensemble aux échelles multiples.

Figure 7. Planche « Retranchements »

Figure 7. Planche « Retranchements »

Extrait des planches cartographiques en construction à Walcourt, printemps 2021.

Figure 8. Assemblage de planches cartographiques en construction à Walcourt

Figure 8. Assemblage de planches cartographiques en construction à Walcourt

Les prémices d’un atlas, printemps 2021.

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Bibliographie

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Stengers, I., « Inventer une écologie des pratiques », La Recherche, no 297, avril 1997, p. 86-89, URL : https://galee.lacambretypo.be/s/EWyQpGr9HL4JL8d

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Notes

1 La résidence « Architectes et illustrateurs » organisée par Wallonie Bruxelles International (Belgique) et la Maison de l’architecture des Pays de la Loire (France) en 2019 avait pour but de questionner la périurbanité et le rôle de l’architecture contemporaine dans la densification et la réinvention de ces territoires. Dans ce contexte, l’équipe pluridisciplinaire (composée d’Anne Ledroit, architecte, d’Éric Valette, plasticien et de Virginie Pigeon, paysagiste), immergée dans le terrain d’étude pendant six semaines, a présenté, au moyen de cartes, une réflexion sur l’entité de Saint-Jean-de-Boiseau, une commune dans la périphérie nantaise. L’objectif de départ était de représenter le lieu en exprimant le point de vue des habitants, en particulier en ce qui concerne les changements rapides que subit leur région rurale face à la pression foncière en bordure de la métropole.

2 L’expérience cartographique en cours à Walcourt est menée par Virginie Pigeon dans le cadre du projet « Desired spaces » porté par l’Institut culturel d’architecture Wallonnie Bruxelles en collaboration avec le Centre culturel de Walcourt et l’université de Liège. L’Atlas de récits sur le territoire de Walcourt sera publié en juillet 2021.

3 Citation traduite par Viginie Pigeon.

4 Le terme anglais, Cartopology, est défini par les chercheurs de Dear Hunter dans Wikipedia à l’adresse https://en.wikipedia.org/wiki/Cartopology

5 J’emploie ici dans le même sens chacun, chaque être, chaque chose, le terme « chose » englobant les vivants et les choses, comme le suggère Émilie Hache (2019, p. 22) : « Il ne s’agit plus de prendre un glacier pour un (simple) réservoir, une voiture pour une (vulgaire) chose, un chat pour une bête, non seulement afin de ne pas les considérer uniquement comme des moyens pour eux, mais également pour les humains, parce que ces derniers sont concernés par la manière dont on s’adresse aux non-humains. »

6 La méthode des itinéraires, aujourd’hui intégrée régulièrement aux enquêtes ethnographiques, a été proposée à l’origine par Jean-Yves Petiteau, sociologue. Voir à ce sujet Petiteau et Renoux (2018).

7 L’Atlas mnémosyne fut composé en de multiples configurations par l’historien de l’art Aby Warburg entre 1924 et 1929. Largement commenté par Georges Didi-Huberman (2011), il consiste en un assemblage d’images artistiques et historiques réunies selon un ensemble de relations évolutif dont le caractère éphémère et disparate fait la richesse.

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Table des illustrations

Titre Figure 1. Carte « Où est la Loire ? » (format original : 31 x 49, plié)
Légende Cette carte est extraite de l’ensemble de planches produites à Saint-Jean-de-Boiseau dans le cadre de la résidence « Architectes et illustrateurs » organisée par Wallonie Bruxelles International (Belgique) et la Maison de l’architecture des Pays de la Loire (France) en 2019.
Crédits Source : Anne Ledroit, Éric Valette et Virginie Pigeon.
URL http://journals.openedition.org/paysage/docannexe/image/20243/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 214k
Titre Figure 2. Enquêtes de terrain à Walcourt
Légende Rencontres et/ou marches avec les habitants, les élèves, les experts, automne 2020.
URL http://journals.openedition.org/paysage/docannexe/image/20243/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 254k
Titre Figure 3. Fonds de cartes géographiques
Légende Extraits des planches cartographiques en construction à Walcourt, printemps 2021.
URL http://journals.openedition.org/paysage/docannexe/image/20243/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 305k
Titre Figure 4. Multiplicité des régimes graphiques : témoins et agents paysagers
Légende Extraits des planches cartographiques en construction à Walcourt, printemps 2021.
URL http://journals.openedition.org/paysage/docannexe/image/20243/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 90k
Titre Figure 5. Début de collections
Légende Extraits des planches cartographiques en construction à Walcourt, printemps 2021.
URL http://journals.openedition.org/paysage/docannexe/image/20243/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 246k
Titre Figure 6. Fond de carte géographique et assemblage des itinéraires thématiques proposés
Légende Extrait des planches cartographiques en construction à Walcourt, printemps 2021.
URL http://journals.openedition.org/paysage/docannexe/image/20243/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 386k
Titre Figure 7. Planche « Retranchements »
Légende Extrait des planches cartographiques en construction à Walcourt, printemps 2021.
URL http://journals.openedition.org/paysage/docannexe/image/20243/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 506k
Titre Figure 8. Assemblage de planches cartographiques en construction à Walcourt
Légende Les prémices d’un atlas, printemps 2021.
URL http://journals.openedition.org/paysage/docannexe/image/20243/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 343k
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Pour citer cet article

Référence électronique

Virginie Pigeon, « Cartes de paysage – Horizons à partager »Projets de paysage [En ligne], 24 | 2021, mis en ligne le 20 septembre 2021, consulté le 06 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/paysage/20243 ; DOI : https://doi.org/10.4000/paysage.20243

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Auteur

Virginie Pigeon

Virginie Pigeon, architecte et paysagiste, auteure de projets au sein de l’association Pigeon Ochej Paysage, enseigne à la faculté d’architecture de l’ULiège où elle est actuellement engagée dans un projet de thèse autour des pratiques cartographiques comme levier du projet de paysage.
virginie[at]dupaysage[dot]be

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

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