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Dossier

La ligne ferroviaire Cahors-Capdenac, l’histoire de sa construction au regard de son inventaire

The Cahors-Capdenac railway line: the history of its construction in view of its inventory
Fabien Cadot et Guillaume Bernard

Résumés

Reliant Cahors au nœud ferroviaire de Capdenac, cette ancienne ligne ferroviaire parcourt la vallée du Lot, reconnue pour le charme de ses paysages et de ses villages. L’inventaire de ce patrimoine ferroviaire a posé les bases d’un questionnement plus large sur la paternité de cette ligne. En effet, la bibliographie reste relativement discrète sur les auteurs des chemins de fer et plus encore sur les petites gares de campagne. Par ailleurs, le rôle et le rayonnement de ces ingénieurs et entrepreneurs fournissent de précieuses informations dans la construction publique de la fin du XIXe siècle.

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Texte intégral

Introduction

1L’ancienne ligne Cahors-Capdenac vient de faire l’objet d’un inventaire du patrimoine ferroviaire, réalisé sous la maîtrise d’ouvrage du Département du Lot dans le cadre du projet de sa requalification en voie verte. Amorcée dès 2020, cette opération a permis, dans un premier temps, un diagnostic et un repérage de l’ensemble des ouvrages et du mobilier en lien avec la construction et l’exploitation de cette ligne. L’objectif se devait avant tout d’être opérationnel, visant à accompagner scientifiquement l’aménageur dans le choix des éléments patrimoniaux à sauvegarder en priorité. Dans un second temps a suivi l’étude historique et typologique des éléments sélectionnés et leur mise en forme documentaire selon la méthodologie de l’Inventaire général du patrimoine, permettant de documenter au mieux le tracé en amont de sa valorisation touristique : ainsi, plus de 70 notices architecture, 20 notices mobilier et plusieurs centaines d’illustrations sont désormais accessibles en ligne1.

2La ligne de Cahors à Capdenac, classée dans le réseau des chemins de fer d’intérêt général par la loi du 31 décembre 1875, est déclarée d’utilité publique en 1879 et concédée à la Compagnie du Paris-Orléans en 1883. Elle participe ainsi au maillage territorial voulu par le plan Freycinet (1879) qui a pour ambition de porter le réseau ferré national à plus de 38 000 km. Charles de Freycinet, ministre des Travaux publics de 1877 à 1879, est déterminé à réorganiser les axes de communication (ports, canaux et chemins de fer) afin de rattraper le retard pris par la France face à ses voisins anglais, belges et allemands. Ce retard serait responsable du ralentissement de la croissance mais aussi de la défaite de 1870 contre une armée prussienne plus rapide à mobiliser grâce à un réseau ferroviaire plus développé.

  • 2 BOWIE, Karen. La quête des sources : les différents types de documents et de fonds disponibles. Rev (...)

3Cet article propose de relater l’histoire de cette ligne en s’attachant plus particulièrement à la question de l’identification des auteurs de sa construction : les ingénieurs des ponts et chaussées, les entrepreneurs et ouvriers sans oublier la Compagnie du Paris-Orléans. En substance, il s’agit de percevoir la part de liberté laissée aux auteurs dans les choix architecturaux des petites gares par le ministère des Travaux publics. Ces bâtiments sont, en effet, souvent oubliés par la bibliographie alors qu’ils sont pourtant nombreux dans les campagnes à l’image de cette ligne lotoise2.

La ligne Cahors-Capdenac

Histoire

4Si l’histoire de cette modeste ligne peut se confondre avec celle de nombreuses voies ferrées qui ont irrigué les campagnes françaises sous la IIIe République, elle n’en est pas moins caractéristique de la façon dont ces projets ferroviaires ont été conçus et exécutés.

5Élaborée par les ingénieurs des ponts et chaussées, sous la direction de l’ingénieur en chef Lanteirès, la ligne, longue de 68,550 kilomètres, constitue une véritable prouesse technique. Les travaux d’infrastructure sont considérables et donnent lieu, notamment, à l’édification de 13 tunnels, 5 viaducs maçonnés, 4 ponts métalliques, mais aussi 117 passages pour chemins et piétons dont 51 passages à niveau avec maisons de garde et 12 stations ou haltes (fig. 1). La rapidité d’exécution des travaux laisse songeur : commencée au cours de l’année 1881 elle est inaugurée le 14 juillet 1886.

Fig. 1

Fig. 1

Ligne Cahors-Capdenac ; plan du tracé de la ligne (AD Lot ; 73 S 1).

© AD Lot

  • 3 PICARD, Alfred. Les chemins de fer français. Étude historique sur la constitution et le régime du r (...)

6Son intérêt est avant tout économique. En effet, se raccordant à Cahors avec la ligne en provenance de Monsempron-Libos, ouverte en 1869, elle va considérablement faciliter l’acheminement du charbon depuis le bassin houiller de Decazeville jusqu’à Bordeaux, via les fonderies de Fumel et les centres industriels de la vallée de la Garonne, en aval d’Agen3. Évitant le détour par Lexos et Montauban, la ligne est tracée dans la vallée du Lot, coupant les méandres de la rivière par de nombreux ouvrages d’art, et permettant ainsi d’accélérer la vitesse de transport, gros point faible de la navigation fluviale à qui elle va porter un coup fatal.

7En outre, la ligne joue également son rôle de transporteur de voyageurs, assurant les liaisons locales et régionales de service public au profit des populations et favorisant le développement agricole (fig. 2).

Fig. 2

Fig. 2

Carte postale, début XXe siècle ; voyageurs en attente du train à la halte de Calvignac.

Fabien Cadot (reproduction) © Département du Lot ; Inventaire général Région Occitanie

8Dans l’entre-deux guerres, le rail se révèle être le maillon indispensable dans l’essor de la culture de la fraise lotoise : les temps d’acheminement courts et le respect des horaires ont alors permis la distribution rapide de ce produit recherché vers les marchés parisiens.

  • 4 Sous la dénomination PO-Midi.

9En 1934, la Compagnie du Paris-Orléans et la Compagnie du Midi fusionnent l’exploitation de leurs lignes4 puis en 1938, avec la nationalisation, la ligne est rattachée au réseau de la SNCF. Concurrencée par le développement des transports routiers à partir des années 1950, l’intérêt de la ligne décroît d’autant plus que l’industrie et les bassins houillers de la région de Decazeville déclinent. En 1966, les lignes Monsempron-Libos et Cahors-Capdenac sont inscrites dans le programme de transfert sur route des dessertes voyageurs. Si le transfert de la première est effectif en 1971, la ligne Cahors-Capdenac bénéficie d’un sursis par la présence à Cajarc du président Georges Pompidou, qui y possédait une résidence secondaire. En 1980 elle est finalement fermée au trafic des voyageurs et neuf ans plus tard au trafic des marchandises. En 1993 la voie ferrée va connaître une seconde vie avec son exploitation touristique par l’association Quercyrail® jusqu’en 2003.

Description sommaire de la ligne

  • 5 Dans son rapport du 29 juillet 1880, l’ingénieur en chef Lanteirès précise qu’ » il a été arrêté qu (...)

10Cette ligne ferroviaire à voie unique relie la gare de Cahors à celle de Capdenac en empruntant la vallée du Lot qu’elle remonte sur une distance d’un peu plus de 68 kilomètres, traversant vingt-deux communes. Elle s’inscrit pleinement dans le paysage, semblant faire fi des contraintes topographiques, tantôt émergeant au niveau des points de franchissement de la rivière, tantôt disparaissant sous l’abondante végétation des versants de la vallée. Sans être non plus rectiligne, son tracé suit au plus près la rivière avec des courbes peu accentuées et un dénivelé le plus faible possible5 : la différence d’altitude entre les deux extrémités ne dépasse pas 63,93 mètres, soit moins d’un mètre par kilomètre. Afin de faire face aux méandres du Lot, de multiples ouvrages d’art sont projetés. Ainsi, en amont d’Arcambal, ce ne sont pas moins de dix souterrains et huit ponts ou viaducs qui se succèdent sur une trentaine de kilomètres, tandis que la voie ferrée passe à cinq reprises d’une rive à l’autre du Lot.

11Son point d’origine, l’aiguillage sur la section Montauban-Cahors, est situé à 1 158 mètres de la gare de Cahors. La voie emprunte le viaduc et le tunnel Saint-Georges afin de contourner la boucle de Cahors et de rejoindre la halte ferroviaire de Cabessut. Elle poursuit son chemin sur la rive gauche du Lot jusqu’à la gare d’Arcambal. S’engouffrant dans le souterrain de Galessie, elle change une première fois de rive à Mondiès par le biais d’un pont métallique pour rejoindre le village de Vers (fig. 3).

Fig. 3

Fig. 3

Arcambal (Lot), pont de Mondiès ; vue de la vallée depuis le versant sud.

Amélie Boyer © Inventaire général Région Occitanie

12Depuis la gare de Vers, le parcours évite ensuite une boucle en coupant par un tunnel débouchant à l’entrée du village de Saint-Géry. En amont de la gare de Saint-Géry est implantée l’une des deux stations de pompage de la ligne qui alimentaient les locomotives à vapeur en eau. La seconde, à Cajarc, a malheureusement disparu. La rivière est franchie une nouvelle fois au lieu-dit des Masseries par un remarquable pont maçonné à arches, long de 158 mètres.

13Ce changement de rive permet d’éviter une partie du défilé des Anglais, célèbre pour ses refuges fortifiés construits à flanc de falaises au Moyen Âge. Le versant devient très abrupt après le village de Bouziès où subsiste un étonnant chemin de halage creusé dans la falaise à la fin du XIXe siècle, véritable attraction touristique de nos jours. La voie repart alors rive droite par un deuxième pont métallique, identique à celui de Mondiès. Au lieu-dit de Conduché, les touristes et passionnés du monde ferroviaire peuvent faire halte à l’ancienne gare aujourd’hui transformée en gîte d’étape et restaurant dont les intérieurs ont été particulièrement bien conservés (fig. 4). En quittant cette station, les trains enjambaient le Célé par un nouveau pont métallique, plus court que les deux précédents (49,66 mètres contre 153 mètres pour les deux premiers), avant de s’engouffrer dans les 787 mètres du souterrain de Coudoulous, le plus long de la ligne. Ce dernier a été le théâtre de plusieurs sabotages par la Résistance en avril 1944 causant de lourds dégâts, dont la destruction des têtes maçonnées du pont métallique, ainsi que plusieurs victimes parmi les cheminots.

Fig. 4

Fig. 4

Bouziès (Lot), bâtiment voyageur de Conduché ; vue intérieure.

Amélie Boyer © Inventaire général Région Occitanie

14Arrivant au lieu-dit de Port-Saint-Cirq via le tunnel de Cartoulès, les trains traversaient ce hameau sur un viaduc maçonné ayant pour objectif de stabiliser cette zone. Une halte ferroviaire est établie quelques centaines de mètres plus loin, près du pont routier menant au pittoresque et très touristique village de Saint-Cirq-Lapopie (fig. 5). Cet arrêt offre un point de vue imprenable sur ce haut-lieu de résidence des célèbres artistes surréalistes. Le tracé continue le long du Lot jusqu’à la gare de Saint-Martin-Labouval, en plein cœur du village. Son bâtiment voyageurs fait partie des mieux entretenus de la ligne. À la sortie du village, la voie traverse une nouvelle fois la rivière grâce au pont maçonné de Saint-Martin, appelé aussi viaduc de Cénevières.

15Au nord du village de Cénevières, les trains s’engouffraient dans un souterrain pour ressortir à hauteur du château renaissance de Cénevières. Le tracé se dirige ensuite vers le lieu La Garrigue en empruntant trois souterrains : les tunnels de Calvignac, Bessac et de Lagarrigue. Les trains ressortaient littéralement de la falaise puis enjambaient le Lot par un dernier pont métallique offrant une véritable vue de carte postale (fig. 6).

Fig. 5

Fig. 5

Saint-Cirq-Lapopie (Lot), affiche touristique de la Compagnie de chemin de fer du Paris-Orléans.

© collection particulière

Fig. 6

Fig. 6

Larnagol (Lot), pont de Lagarrigue ; vue du pont et du souterrain.

Anne Calvayrac © Département du Lot

16À Seuzac, commune de Larnagol, la ligne entre dans l’arrondissement de Figeac, elle suit la rivière puis coupe la boucle de Gaillac via un souterrain qui débouche sur la ville de Cajarc où une gare est établie. Cette station conserve deux grues hydrauliques et un château d’eau servant à alimenter les locomotives à vapeur (fig. 7), éléments inscrits au titre des Monuments historiques depuis 1989.

Fig. 7

Fig. 7

Cajarc (Lot), château d’eau et grue hydraulique ; vue d’ensemble.

Jean-Baptiste Dos Ramos © Département du Lot

17Depuis Cajarc, la voie est uniquement aménagée sur la rive droite, lotoise, de la rivière, l’autre rive faisant partie de l’Aveyron. Elle longe la résurgence de Landenouze, bien connue des plongeurs-spéléologues, l’écluse puis le château de Cadrieu jusqu’à la halte ferroviaire de Montbrun. Afin d’éviter la boucle de Caillac, la voie emprunte un souterrain puis traverse Larroque-Toirac et Saint-Pierre-Toirac, deux villages desservis par une même gare, la station de Toirac.

18Enfin, la ligne marque un dernier arrêt à la gare de la Madeleine, semblable à celle de Cajarc, avant de se raccorder à la ligne de Brive au Lot, qui passe par Figeac, au point kilométrique 68k687m76, au hameau du Soulié, à 1 657 mètres de la gare de Capdenac.

La question de la paternité de l’œuvre

  • 6 AD Lot. 73 S 1. Ligne Cahors-Capdenac, notice sur les travaux et dépenses d’établissement, dressée (...)
  • 7 Compagnie du Chemin de fer d’Orléans. Loi portant approbation de la Convention passée le 28 juin 18 (...)
  • 8 AD Lot. 73 S 1. Opus cit.

19Par la longueur, les aménagements nécessaires, les bâtiments et ouvrages d’art, la construction d’une ligne de chemin de fer est nécessairement un chantier monumental. Elle nécessite des moyens importants : financiers et humains. La ligne Cahors-Capdenac coûte ainsi près de 30 millions 200 mille francs (valeur de 1886) et les travaux emploient plusieurs centaines de personnes6. Si la convention du 28 juin 1883 confie son exploitation à la Compagnie du Paris-Orléans (PO), il revient à l’État d’en assurer la construction. À l’article 8, il est stipulé que : « Sauf arrangement contraire, l’État terminera directement l’infrastructure des lignes dont il aura commencé les travaux, et il achèvera les sections dont il aura commencé la superstructure »7. Les études sont réalisées à partir de 1879 et les travaux débutent dès 18818. Le ministère des Travaux publics est alors tenu d’assurer l’achèvement de l’ensemble de la ligne, mission dévolue aux ingénieurs des ponts et chaussées.

  • 9 AD Landes. Fonds Ponts et chaussées. Informations sur le producteur. [En ligne]. URL : https://fran (...)

20Le corps des ponts et chaussées, fondé en 1716, a alors la charge des routes royales devenues nationales, des ponts et autres ouvrages d’art. La loi du 6 aout 1791 crée un service par département sous la direction d’un ingénieur en chef. Chaque service est découpé en arrondissements confiés à un ingénieur dit ordinaire épaulé par des conducteurs. Au cours du XIXe siècle, le champ des compétences des ponts et chaussées ne cesse de croître : routes départementales de 1811 à 1885, travaux maritimes et navigation intérieure en 1837, etc. Dès 1838, un bureau d’étude des projets de chemins de fer est mis en place et devient, vers 1855, le service de contrôle des chemins de fer d’intérêt général9.

  • 10 AD Lot. 73 S 1. Opus cit.

21Ici, la construction de la ligne Cahors-Capdenac est dirigée par l’ingénieur en chef Joseph Lanteirès, chef du bureau du Lot. Ce dernier peut s’appuyer sur les ingénieurs ordinaires, Jean-Pierre Lacaze pour l’arrondissement de Cahors et Jean Caillé pour celui de Figeac10. Qui sont-ils ?

Les ingénieurs

  • 11 La Norte, Compagnie des chemins de fer du nord de l’Espagne, est fondée en 1838 par les frères Pere (...)
  • 12 Selon un article dans la Dépêche du Midi du 25 décembre 1885.

22Joseph Lanteirès, né en 1825 à Lyon, est élève ingénieur à l’école des ponts et chaussées en 1847. Vers 1851, il entre au service ordinaire du département du Rhône puis passe dans l’arrondissement d’Espalion en Aveyron où il est nommé ingénieur ordinaire 3e classe. Dans le secteur privé, Lanteirès participe à la réalisation de lignes de chemins de fer du nord de l’Espagne, entre 1862 et 1864, pour le compte de la Norte créée par les frères Pereire11. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1867 alors qu’il n’est encore qu’ingénieur ordinaire. Il finit sa carrière avec le grade d’ingénieur en chef en charge du Lot jusqu’à son décès le 11 septembre 1886. À ce titre, il dirige la construction de la ligne ferroviaire Cahors-Capdenac et de la section Montauban-Cahors pour la ligne Montauban-Brive. En dehors de ses activités professionnelles, Lanteirès est également l’inventeur d’un calendrier perpétuel qui permet aux historiens de faciliter la recherche de dates12.

23Jean-Pierre Lacaze (1835-1885), l’ingénieur ordinaire pour l’arrondissement de Cahors, est rattaché au service des chemins de fer depuis le 1er novembre 1878. Ce fonctionnaire a gravi tous les échelons : agent secondaire, conducteur, agent-voyer, avant de devenir ingénieur ordinaire en septembre 1877. Il est d’ailleurs l’auteur d’un ouvrage technique en 1878 intitulé « Éléments d’analyse à l’usage des conducteurs des ponts et chaussées aspirant au grade d’ingénieur ». Il travaille aussi sur la section Montauban-Cahors avec Lanteirès. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1880 mais décède avant l’achèvement des travaux le 5 janvier 1885.

24Il est remplacé par Eugène Laurent Heurtault. Ce dernier, né en 1854, est ingénieur ordinaire depuis 1879. Avant d’arriver dans le Lot, Heurtault a déjà œuvré dans le domaine ferroviaire pour l’arrondissement du Puy où il a conduit les études du chemin de fer de Langogne au Puy. Il aura la charge d’achever la ligne dans le Lot et d’étudier les règlements de compte des deux lignes (Cahors-Capdenac et Cahors-Montauban). Il quitte finalement le Lot pour la Creuse où il est nommé ingénieur en chef en 1898. Heurtault est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1891, promu officier en 1926 et reçoit la distinction d’officier d’Académie en 1903.

  • 13 LE BIHAN, Jean. Au service de l’État : Les fonctionnaires intermédiaires au XIXe siècle. Rennes : P (...)

25Enfin, Jean Caillé, le quatrième homme, mérite tout autant d’attention. Né en 1832, cet ingénieur est le premier du corps des conducteurs à avoir réussi le concours d’ingénieur. Il est élevé au rang de « héros » tellement l’obstacle paraissait insurmontable par ses camarades qui lui décernent une médaille commémorative en 187013. En charge de l’arrondissement de Figeac jusqu’en 1883, il quitte soudainement ses fonctions pour la Cochinchine où il est promu ingénieur en chef. Il reviendra pourtant dans la région en 1887 en tant qu’ingénieur en chef pour le département du Tarn-et-Garonne. Chevalier de la Légion d’honneur en 1881, il sollicite la croix d’officier en 1896 après avoir été nommé officier d’Académie en 1893.

  • 14 AD Lot. 73 S 1. Op. cit.

26Outre leur appartenance à un corps prestigieux de l’État, ces hommes partagent une particularité : ils ont tous reçu la Légion d’honneur au cours de leur carrière. Les dossiers constitués en vue de cette distinction conservent la plupart du temps leurs états de service, permettant ainsi de retracer le parcours de ces fonctionnaires. Cette source reste toutefois insuffisante pour appréhender leur implication dans les divers ouvrages construits sur la ligne. Il faut pour cela se plonger dans la sous-série 5 S « Chemins de fer » des archives départementales qui regroupe les dossiers déposés par le service des ponts et chaussées. Malgré l’abondance de la documentation et surtout une providentielle « Notice sur les travaux et dépenses d’établissement de la ligne »14, rédigée par l’ingénieur en chef en juin 1886 et fourmillant de détails sur la nature des travaux et les principaux ouvrages d’art, la question de la paternité de ces réalisations se pose. Certes, tous les documents et plans sont rédigés et dressés par les ingénieurs ordinaires et validés par l’ingénieur en chef (fig. 9), mais en sont-ils vraiment les concepteurs ?

27L’examen et la comparaison des bâtiments et ouvrages d’art démontrent que les plans ne sont pas des modèles issus des catalogues de la Compagnie du PO, concessionnaire de la ligne à partir de 1883, ni d’aucune autre compagnie ferroviaire.

  • 15 Circulaires du ministère des Travaux publics des 28 juin, 30 juillet et 15 septembre 1879 et du 26  (...)
  • 16 AD Haute-Garonne. 3586 W 50. Recueil de types (maisons de gardes, stations : dispositions générales (...)

28Par contre, les circulaires du ministère des Travaux Publics permettent d’envisager la conception des plans15 sous un nouvel éclairage. En effet, le 30 juillet 1879, le ministère indique aux préfets, avec copie aux ingénieurs en chef, qu’un recueil comprenant des types de plans et de profils, des types d’ouvrages d’art courants et des tableaux graphiques leur a été envoyé. Concernant les ouvrages d’art courants, les types sont choisis : « comme réunissant le mieux les conditions de bon goût et d’une sage économie, parmi ceux qui sont adoptés par les grandes compagnies et qui ont reçu la sanction de l’expérience ». Pour les ouvrages d’art exceptionnels, comme les viaducs, il revient aux ingénieurs de s’inspirer d’ouvrages déjà existants pouvant s’adapter le mieux à la situation de franchissement envisagée. Un autre carnet de types accompagne la circulaire du 26 avril 1880, comprenant des maisons de garde et les stations de gare. Le ministère réitère une nouvelle fois que « ces types ne sont que des indications destinées uniquement à les guider et à faciliter leurs travaux, ce qui n’exclut en aucune manière les modifications qu’ils jugeraient nécessaires d’y apporter, suivant les circonstances… »16.

  • 17 MARTÍ ARIS, Carlos. Les variations de l’identité, Le type en architecture. Éditions Cosa Mentale, 2 (...)

29Le ministère fait donc la distinction entre les termes de modèles et de types. En architecture, le modèle se définit par la reproduction à l’identique de l’œuvre alors que le type inclut à la fois des permanences et des variations17. Ainsi, les ingénieurs utilisent des types qu’ils peuvent adapter selon leurs besoins. À l’initiative des choix architecturaux, ils peuvent donc être considérés comme les véritables auteurs des bâtiments et ouvrages d’art de la ligne.

Des lignes jumelles : Cahors-Capdenac et Montauban-Cahors

  • 18 Cette section fait partie de la ligne Cahors-Brive réalisée en deux temps, Montauban-Cahors entre 1 (...)

30Cette liberté laissée par le ministère dans l’adaptation des types permet aux ingénieurs de se constituer leur propre catalogue. Ainsi, on peut constater que des plans de la ligne Cahors-Capdenac sont repris pour d’autres lignes confiées à Joseph Lanteirès, notamment la section Montauban-Cahors construite entre 1879 et 188318. D’ailleurs, les études et plans de ces deux lignes sont réalisés à partir de 1879 par les mêmes ingénieurs : Lanteirès et Lacaze. Ceci démontre que ces deux lignes sont jumelles.

  • 19 Région Franche-Comté. Inventaire général du patrimoine culturel. La ligne des hirondelles®, un chem (...)

31Concernant les bâtiments voyageurs (BV), par exemple, la seule différence réside dans le traitement du parement des façades. Tandis qu’un enduit recouvre les murs des édifices de la ligne Cahors-Capdenac, un parement de briques est apposé sur les bâtiments de la section Montauban-Cahors. Le style adopté reste classique et non ostentatoire, assez proche du style de la Compagnie du PO, mais sans correspondance avec les types utilisés par cette dernière. Une touche régionaliste se retrouve pourtant dans l’utilisation de la brique pour les stations de Montauban-Cahors. Les ingénieurs ont donc adapté les types venant d’autres compagnies notamment de la Compagnie du PLM (Paris-Lyon-Méditerranée) dont l’ingénieur Daveluy expose en 1881 sa typologie répartie en quatre classes en fonction du trafic19. Sa troisième classe (« de 30 à 80 voyageurs par jour et de 6 000 à 9 000 personnes, 96 m², 3 travées, toit à longs pans ») semble avoir été reprise par Lanteirès et ses ingénieurs pour leurs stations de 3e et 4e classe (fig. 8 et 9).

Fig. 8

Fig. 8

Recueil de types. Extrait du plan type du PLM pour les stations de 3e classe (AD Haute-Garonne ; 3586 W 50).

© CD31 ; AD Haute-Garonne

Fig. 9

Fig. 9

Ligne Cahors-Capdenac ; plans des bâtiments voyageurs de 4e classe (AD Lot ; 73 S 1).

© AD Lot

32Les bâtiments voyageurs de 4e classe se présentent en un seul corps de bâtiment de plan rectangulaire à deux niveaux d’élévations. Les façades sont organisées en trois travées d’ouvertures segmentaires avec trois portes à deux vantaux au rez-de-chaussée et trois fenêtres à l’étage. Le nom de la station est inscrit dans un cartouche en pierre apposé sur les deux pignons et sur la façade donnant sur la voie. Ce plan est utilisé à la fois pour les stations de Vers, Saint-Géry, Conduché, Saint-Martin-Labouval (fig. 10) et Toirac ainsi que pour les gares d’Albias (fig. 11), Réalville et Montpezat-de-Quercy de la section Montauban-Cahors.

Fig. 10

Fig. 10

Saint-Martin-Labouval (Lot), bâtiment voyageurs de 4e classe ; élévation donnant sur la voie, ligne Cahors-Capdenac.

Amélie Boyer © Inventaire général Région Occitanie

Fig. 11

Fig. 11

Albias (Tarn-et-Garonne), bâtiment voyageurs de 4e classe ; élévation donnant sur les voies, section Montauban-Cahors.

Amélie Boyer © Inventaire général Région Occitanie

33Les mêmes constatations sont possibles pour les stations de 3e classe (fig. 12) où le BV reprend le même corps que celui de 4e classe auquel deux ailes en rez-de-chaussée sont accolées au niveau des pignons. La ligne Cahors-Capdenac en possède deux, Cajarc (fig. 13) et La Madeleine dont les plans sont identiques aux stations de Lalbenque et de Caussade (fig. 14), hormis le parement de brique.

Fig. 12

Fig. 12

Ligne Cahors-Capdenac ; plans des bâtiments voyageurs de 3e classe (AD Lot ; 73 S 1).

© AD Lot

Fig. 13

Fig. 13

Cajarc (Lot), bâtiment voyageurs de 3e classe ; élévation donnant sur la voie, ligne Cahors-Capdenac.

Jean-Baptiste Dos Ramos © Département du Lot

Fig. 14

Fig. 14

Caussade (Tarn-et-Garonne), bâtiment voyageurs de 3e classe ; élévation donnant sur la cour, section Montauban-Cahors.

Amélie Boyer © Inventaire général Région Occitanie

34D’une manière beaucoup plus significative, la construction des maisons de garde-barrières illustre parfaitement l’utilisation des mêmes plans pour les deux lignes. Lanteirès décline deux modèles, avec et sans soubassement, dans un style simple caractérisé par deux travées en façade, un étage à surcroît sous un toit à deux pans (fig. 15 et 16). Une annexe en appentis servant de cellier et de magasin est aménagée soit contre le pignon, soit dans le soubassement. Dans les catalogues des compagnies, les différences sont minimes pour ces édifices. Les ingénieurs s’en inspirent donc largement. Mais, contrairement aux types de la Compagnie du PO ou du PLM, la porte piétonne est en façade et non sur le pignon.

Fig. 15

Fig. 15

Ligne Montauban-Brive, section Montauban-Cahors ; plans des maisons de garde sans soubassement (AD Lot ; 74 S 3).

© AD Lot

Fig. 16

Fig. 16

Cadrieu (Lot), maison de garde-barrière n° 437 bis ; modèle avec soubassement, vue depuis le sud.

Guillaume Bernard, Fabien Cadot © Département du Lot ; Inventaire général Région Occitanie

  • 20 Lanteirès meurt en 1886, l’ingénieur Pihier est ensuite chargé des travaux d’infrastructure de cett (...)
  • 21 La gare de Cazoulès est réalisée en 1884 et sert de station de bifurcation entre la ligne de Saint- (...)

35L’analyse des plans des stations et des maisons de garde-barrières pour les lignes Cahors-Capdenac et Montauban-Cahors démontre le rôle des ingénieurs des ponts et chaussée. Ils ont su reprendre et adapter les plans de grandes compagnies ferroviaires et créer leur propre catalogue. Ce rôle se vérifie pour la section Cahors-Brive, également à la charge de Lanteirès de 1879 à 188620. La construction de cette section ne débute qu’après la convention avec la Compagnie des PO en 1883. Or, l’article 8 stipule que la compagnie concessionnaire doit prendre en charge les travaux de superstructure des sections non commencées, dont les stations. Cependant les stations de bifurcation sont dévolues aux ponts et chaussées. Les gares de la section sont donc construites selon les plans de la Compagnie, exceptée celle des bifurcations de Cazoulès et de Souillac. Le BV de Cazoulès est alors réalisé selon les plans type de Lanteirès des stations de 3e classe des deux autres lignes (Cajarc, Caussade, etc.)21.

Œuvres en série et création atypique : les ouvrages d’art

  • 22 Pont de Bonnétable (Sarthe) de la ligne de chemin de fer de Mamers à Saint-Calais. [En ligne]. URL  (...)

36Les ouvrages d’art de la ligne sont en partie construits en série selon deux types : les ponts maçonnés et les ponts métalliques. Concernant les ponts de petite taille, appelés selon leur ouverture ponceaux ou aqueducs, les ingénieurs ont repris des types bien connus que l’on peut retrouver sur d’autres lignes dans la France entière22. Celui de Seuzac, à Larnagol, est aujourd’hui le dernier de la ligne à avoir conservé son aspect d’origine car les poutres métalliques n’ont pas été remplacées par un tablier à poutrelles enrobées au XXe siècle.

37Les grands ouvrages d’art nécessitent des adaptations selon la nature de l’obstacle à franchir. Cela n’empêche pas les ingénieurs de reprendre des styles déjà existants. Ainsi, le pont sur la rivière Hocmard en Loire-Atlantique23, celui de La Valette en Mayenne24, ou encore celui de Mareuil sur la ligne Cahors-Brive25 possèdent de très grandes similitudes avec le pont de Saint-Martin-Labouval ou celui des Masseries sur le Lot (fig. 17). Pourtant, le pont des Masseries, long de 158,07 mètres avec ses cinq arches d’environ 23,10 mètres d’ouverture chacune, comporte une originalité remarquable : ses arches elliptiques en maçonnerie de calcaire sont placées de biais à 30 degrés afin que les piles soient alignées dans l’axe du courant (fig. 18). Cette technique remonte à l’époque romaine mais ne semble pas très fréquente pour les ouvrages de cette taille. Les exemples similaires sont rares mais on peut citer le Puente de los Franceses à Madrid qui possède la même particularité. Le viaduc madrilène à cinq arches biaises tire son nom des ingénieurs et ingénieurs français qui l’ont édifié vers 1862 (fig. 19). En effet, la construction de la majorité des lignes ferroviaires du nord de l’Espagne au XIXe siècle est dirigée par des ingénieurs français. Étant donné que Joseph Lanteirès a participé à cette aventure, l’inspiration pour le pont des Masseries, vingt ans plus tard, est plus que probable26.

Fig. 17

Fig. 17

Saint Géry-Vers, Saint-Cirq-Lapopie (Lot), pont des Masseries ; vue depuis le sud.

Anne Calvayrac © Département du Lot

Fig. 18

Fig. 18

Saint Géry-Vers, Saint-Cirq-Lapopie (Lot), pont des Masseries ; vue des arches.

Amélie Boyer © Inventaire général Région Occitanie

Fig. 19

Fig. 19

Madrid (Espagne), puente de los Franceses.

Martius, Public domain, via Wikimedia Commons

Les entrepreneurs

  • 27 Processus de marché au moins disant pour l’obtention de marché public.
  • 28 AD Lot. 213 S 1-2. Registres du service des chemins de fer (1880-1891).

38Alors que l’on peut considérer les ingénieurs comme les concepteurs de la ligne, que sait-on des exécutants, entrepreneurs et ouvriers ? Au vu de l’ampleur du chantier, la ligne est découpée en dix lots de travaux attribués par adjudication27 : six pour l’arrondissement de Cahors et quatre pour celui de Figeac (fig. 20). Chaque entrepreneur a en charge les travaux d’infrastructure, c’est-à-dire la construction d’une portion de la plateforme ainsi que l’établissement des maisons de garde. Absents de la notice descriptive des travaux et dépenses de Lanteirès, leurs noms ont pu être retrouvés par le biais des registres de correspondance du bureau de l’ingénieur en chef28. Dans ces registres sont consignés tous les courriers reçus, notamment des demandes et réclamations de paiements de la part des entrepreneurs.

Fig. 20

Fig. 20

Tableau des entrepreneurs par lots de travaux.

Fabien Cadot © Département du Lot ; Inventaire général Région Occitanie

  • 29 AD Lot. 69 S 3. Ligne Cahors-Capdenac, état comparatif des ouvriers français et étrangers employés (...)

39Les ouvriers qui sont employés par ces entrepreneurs représentent une main d’œuvre considérable, cependant les sources sont lacunaires à leur sujet. Pour le seul arrondissement de Cahors on compte 487 hommes employés en janvier 1886. La diversité des métiers est importante : contremaîtres, mécaniciens, tailleurs de pierres et maçons, plâtriers, cimenteurs, asphalteurs, peintres, charpentiers, menuisiers, forgerons, serruriers, mineurs, terrassiers, manœuvres, charretiers29. Sans surprise la main d’œuvre la plus importante se retrouve chez les manœuvres (222 hommes), les terrassiers (129 hommes) et les tailleurs de pierre et maçons (55 hommes). Parmi eux, on compte peu d’étrangers : 7 espagnols, 2 italiens et 1 autrichien.

  • 30 Fondée en 1826 par le Duc Decazes, la Société des houillères et fonderies de l’Aveyron est reprise (...)

40La construction des grands ponts métalliques fait l’objet de lots spécifiques attribués à Hildevert Hersent pour les maçonneries des piles et à la Société nouvelle des houillères et fonderies de l’Aveyron30 pour le tablier métallique. Hildevert Hersent (1827-1903) est un entrepreneur de Travaux publics spécialisé dans la réalisation de fondations sous-marines à l’aide de caisson à air comprimé. Toutes les piles des ponts métalliques de la ligne sont réalisées par cet entrepreneur. Sur celles-ci sont posés les tabliers provenant des fonderies de Decazeville : les pièces métalliques sont acheminées en pièces détachées puis assemblées sur site, directement sur les berges.

41Concernant les autres travaux nécessaires à la ligne, en particulier les superstructures, les ingénieurs font appel à des entrepreneurs spécialisés (fig. 21). Les haltes ferroviaires sont exécutées par un certain Bezanger. Ce type de station comprend une maison de garde à laquelle est accolé un corps servant de bâtiment voyageurs. La ligne en compte quatre dont celle de Cabessut à Cahors pourvue d’une magnifique marquise (fig. 22). Cet entrepreneur a également construit les stations de 3e classe de Lalbenque-Fontanes et Cazoulès sur la ligne Montauban-Brive.

Fig. 21

Fig. 21

Tableaux des entrepreneurs spécialisés.

Fabien Cadot © Département du Lot ; Inventaire général Région Occitanie

Fig. 22

Fig. 22

Cahors (Lot), halte ferroviaire de Cabessut ; vue depuis la voie.

Amélie Boyer © Inventaire général Région Occitanie

  • 31 AD Creuse. Les maçons de la Creuse au XIXe siècle, un exode vers Paris. [Exposition. Guéret, archiv (...)

42Enfin, les bâtiments de gare sont exécutés par deux entrepreneurs creusois, Pierre Blavy et Pierre Cancalon. Ces deux bâtisseurs illustrent la réussite de ces maçons creusois qui ont choisi l’exil pour trouver du travail dans la construction à Paris et dans toute la France. Leur spécialisation dans la maçonnerie et la taille de pierre aurait débuté en Limousin dès le XVIIe siècle pour s’intensifier les siècles suivants. Au XIXe siècle, la pauvreté des sols et l’indivision des terres pratiquée en Creuse, incitent beaucoup de creusois à délaisser les métiers de la paysannerie pour ceux de la construction. Ce choix est conforté par le besoin croissant de bâtisseurs au cours du XIXe siècle en lien avec les grandes politiques de construction : édifices publics, hygiénisme, développement des stations balnéaires, chemins de fer, logements de bienfaisance, et bien d’autres31.

43Pierre Blavy (1843-1928) est considéré comme l’un des plus importants constructeurs en France dans les années 1870-190032. Son parcours le mène d’abord à Lyon et Lons-le-Saunier avant de s’établir à Arcachon dans les années 1860. Dans la station balnéaire, il participe à la construction de la gare, réalise le grand hôtel, le grand théâtre, la synagogue et près de 500 immeubles ou villas. Privilégiant son réseau familial et son réseau creusois pour ses chantiers, Pierre Blavy s’associe avec Pierre Cancalon sur plusieurs projets notamment ferroviaires : la ligne Saint-Denis au Buisson (Dordogne) en 188133 et la ligne Cahors-Capdenac en 1885. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1925. Moins connu, Pierre Cancalon (1842-1922)34 bénéficie grandement de la notoriété de Pierre Blavy. Né d’un père maçon et d’une mère cultivatrice, ce maçon rejoint Blavy au début des années 1880 et collabore avec lui jusqu’en 191535. À Arcachon il participe à la construction de plusieurs villas, dont la villa Bianca en 188236, ainsi qu’aux travaux du tramway en 1910.

Conclusion

44L’inventaire de la ligne Cahors-Capdenac permet ainsi d’appréhender le patrimoine ferroviaire du Lot et, par extension, des petites gares trop souvent délaissées au profit des grandes. L’analyse historique et typologique qui en découle confirme l’intérêt des constructions de l’État pour la connaissance du patrimoine ferroviaire, au-delà des projets conçus par les grandes compagnies. Loin d’être des imitateurs d’une architecture en série issue de types préétablis, les ingénieurs des ponts et chaussées ont su s’en inspirer pour créer leur propre catalogue de bâtiments et ouvrages d’art. Si la quasi-totalité des œuvres étudiées montre une utilisation systématique de plan type pour des œuvres en série (gare, maison de garde, ponceau, etc.), une adaptation est visible pour les œuvres uniques à l’instar du pont des Masseries dont les arches biaises font de cet ouvrage le chef d’œuvre de cette ligne. La requalification en voie verte est une opportunité non seulement pour son étude mais aussi pour la valorisation future de ce patrimoine en déshérence depuis la suppression complète de l’exploitation de la ligne il y a 20 ans. Son aménagement, tout en rendant à nouveau perceptible l’impact paysager du chemin de fer sur la vallée du Lot, va permettre aux touristes et à la population locale de redécouvrir ces paysages pittoresques qui ont fait le charme de cette ligne pendant près de 150 ans.

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Bibliographie

ARCHIVES DEPARTEMENTALES DU LOT. Série 5 S (Chemins de fer).

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NICOUX, Roland. Quelques villas arcachonnaises construites par Pierre Blavy (2). Les maçons de la Creuse. Bulletin de liaison n° 18, juin 2014, p. 73-75.

PICARD, Alfred. Les chemins de fer français. Étude historique sur la constitution et le régime du réseau. Débats parlementaires, actes législatifs, réglementaires, administratifs, etc. Tome troisième. Période du 4 Septembre 1870 au classement de 1879. Paris : J. Rothschild, 1884, p. 623.

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Région Franche-Comté. Inventaire général du patrimoine culturel. La ligne des hirondelles®, un chemin de fer entre ciel et terre, d’Andelot à la Cluse. Réd. Laurent Poupard. Lyon : Lieux-Dits éditions, 2008, (Parcours du Patrimoine).

Région Île-de-France. Inventaire général du patrimoine culturel. De Paris à la mer, la ligne de chemin de fer Paris-Rouen-Le Havre. Réd. Hélène Bocard. Paris : APPIF, 2005, (Images du Patrimoine).

Région Pays de la Loire. Inventaire général du patrimoine culturel. Nantes - Châteaubriant, une ligne à redécouvrir. Réd. Gaëlle Caudal. Nantes : 303 / Région Pays de la Loire, 2014, (Images du Patrimoines en région).

STRIFFLING-MARCU, Alexandrina, VESTON, Véronique. Patrimoine ferroviaire du XXe siècle : quelle reconnaissance et quelles adaptations pour sa conservation ? In Situ [En ligne], 47 | 2022 [mis en ligne le 07 avril 2022]. URL : http://journals.openedition.org/insitu/34395

Enfin, toute la documentation (notices et illustrations) constituée lors de cette opération d’inventaire est consultable sur le site internet de la Région Occitanie dédié aux patrimoines (https://patrimoines.laregion.fr).

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Notes

1 Lien vers les notices

2 BOWIE, Karen. La quête des sources : les différents types de documents et de fonds disponibles. Revue d’histoire des chemins de fer, 40 | 2009, p. 17-23.

3 PICARD, Alfred. Les chemins de fer français. Étude historique sur la constitution et le régime du réseau. Débats parlementaires, actes législatifs, réglementaires, administratifs, etc. Tome troisième. Période du 4 Septembre 1870 au classement de 1879. Paris : J. Rothschild, 1884, p. 623.

4 Sous la dénomination PO-Midi.

5 Dans son rapport du 29 juillet 1880, l’ingénieur en chef Lanteirès précise qu’ » il a été arrêté que le chemin établi pour une voie ne présenterait que des courbes d’un rayon minimum de 300 m » et que « nous avons pu ne pas dépasser la déclivité de 0,010 », soit 10 mm/m (Délibérations du Conseil général du Lot, 1880, p. 211 ; AD Lot, 4 PER 25/22).

6 AD Lot. 73 S 1. Ligne Cahors-Capdenac, notice sur les travaux et dépenses d’établissement, dressée par l’ingénieur en chef des ponts et chaussées, Lanteirès, en juin 1886.

7 Compagnie du Chemin de fer d’Orléans. Loi portant approbation de la Convention passée le 28 juin 1883 entre le ministre des travaux publics et la Compagnie des chemins de fer de Paris à Orléans ; suivie de la Convention. Paris : imp. de Chaix, 1884. [En ligne]. URL : http://catalogue.bnf.fr/ark :/12148/cb333151120

8 AD Lot. 73 S 1. Opus cit.

9 AD Landes. Fonds Ponts et chaussées. Informations sur le producteur. [En ligne]. URL : https://francearchives.gouv.fr/fr/findingaid/65a268f1e79e73ec4a33a8aeae75cc13759b476a

10 AD Lot. 73 S 1. Opus cit.

11 La Norte, Compagnie des chemins de fer du nord de l’Espagne, est fondée en 1838 par les frères Pereire, brillants entrepreneurs également à l’origine de la Compagnie des chemins de fer du Midi. Lanteirès a participé à l’une des deux grandes lignes du Nord de l’Espagne, celle de Madrid à Irun et celle de Venta de Banos à Alar. Cf. Mémoires et compte-rendu des travaux de la société des ingénieurs civils, vol. 51, 1889, p. 33. [En ligne] URL : https://cnum.cnam.fr/

12 Selon un article dans la Dépêche du Midi du 25 décembre 1885.

13 LE BIHAN, Jean. Au service de l’État : Les fonctionnaires intermédiaires au XIXe siècle. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2008. [En ligne]. URL : https://books.openedition.org/pur/4155

14 AD Lot. 73 S 1. Op. cit.

15 Circulaires du ministère des Travaux publics des 28 juin, 30 juillet et 15 septembre 1879 et du 26 avril 1880. [En ligne]. URL : https://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k5610004c/f8.image

16 AD Haute-Garonne. 3586 W 50. Recueil de types (maisons de gardes, stations : dispositions générales et bâtiments) pour l’étude et la construction des chemins de fer. Annexé à la circulaire ministérielle du 26 avril 1880.

17 MARTÍ ARIS, Carlos. Les variations de l’identité, Le type en architecture. Éditions Cosa Mentale, 2021 (1ère édition 1993).

18 Cette section fait partie de la ligne Cahors-Brive réalisée en deux temps, Montauban-Cahors entre 1879 et 1883, et Cahors-Brive en 1890. AD Lot. 74 S 3. Ligne Montauban-Brive, section Montauban-Cahors, Notice avec planches sur les travaux et dépenses d’établissement, dressée par l’ingénieur en chef des ponts et chaussées, Lanteirès, 1883.

19 Région Franche-Comté. Inventaire général du patrimoine culturel. La ligne des hirondelles®, un chemin de fer entre ciel et terre, d’Andelot à la Cluse. Réd. Laurent Poupard. Lyon : Lieux-Dits éditions, 2008, (Parcours du Patrimoine), p. 10-11.

20 Lanteirès meurt en 1886, l’ingénieur Pihier est ensuite chargé des travaux d’infrastructure de cette section, les travaux de superstructure étant à la charge de la compagnie du PO. AD Lot. 74 S 4. Ligne Montauban-Brive, section Cahors-Brive, Notice avec planches sur les travaux et dépenses d’établissement, dressée par l’ingénieur en chef des ponts et chaussées, Pihier, vers 1890.

21 La gare de Cazoulès est réalisée en 1884 et sert de station de bifurcation entre la ligne de Saint-Denis-près-Martel au Buisson et celle de Montauban à Brive. Celle de Souillac semble être adaptée des plans des BV de 2e classe de la compagnie de l’Ouest.

22 Pont de Bonnétable (Sarthe) de la ligne de chemin de fer de Mamers à Saint-Calais. [En ligne]. URL : https://gertrude.paysdelaloire.fr/dossier/IA72058477.

23 Pont sur l’Hocmard. [En ligne]. URL : https://gertrude.paysdelaloire.fr/dossier/IA44004502.

24 Pont de La Valette. [En ligne]. URL : https://gertrude.paysdelaloire.fr/dossier/IA53000583.

25 Le pont de Mareuil a été réalisé par les ingénieurs des ponts et chaussées du bureau du Lot.

26 Mémoires et compte-rendu des travaux de la société des ingénieurs civils, vol. 51, 1889, p. 33. [En ligne] URL : https://cnum.cnam.fr/

27 Processus de marché au moins disant pour l’obtention de marché public.

28 AD Lot. 213 S 1-2. Registres du service des chemins de fer (1880-1891).

29 AD Lot. 69 S 3. Ligne Cahors-Capdenac, état comparatif des ouvriers français et étrangers employés sur les chantiers de l’État dans le service du 1er arrondissement de la division de Cahors, dressé par l’ingénieur en chef des ponts et chaussées Lanteirès et l’ingénieur ordinaire Heurtault en janvier 1886.

30 Fondée en 1826 par le Duc Decazes, la Société des houillères et fonderies de l’Aveyron est reprise en 1865 devenant la Société nouvelle des houillères et fonderies de l’Aveyron. Son fonds d’archives est conservé aux Archives nationales du monde du travail (ANMT).

31 AD Creuse. Les maçons de la Creuse au XIXe siècle, un exode vers Paris. [Exposition. Guéret, archives départementales, 15 septembre 2021-14 janvier 2022]. [En ligne]. URL : https://archives.creuse.fr/decouvrir/expositions-en-ligne/les-macons-de-la-creuse

32 https://www.lesmaconsdelacreuse.fr/annuaires/general/blavy-pierre-3

33 La construction Lyonnaise, 3e année, Tome II, n° 1, avril 1881, p. 11. Blavy d’Arcachon et Cancalon d’Egletour sont associés pour les travaux de la ligne Saint-Denis au Buisson (Dordogne), partie entre Sarlat et Siorac (adjudication du 13 avril 1881).

34 https://www.lesmaconsdelacreuse.fr/annuaires/lettre-c/c_55-doc/

35 CAROF, Alain. Un itinéraire migratoire : Pierre Blavy (2). Les maçons de la Creuse. Bulletin de liaison n° 18, juin 2014, p. 44.

36 NICOUX, Roland. Quelques villas arcachonnaises construites par Pierre Blavy (2). Les maçons de la Creuse. Bulletin de liaison n° 18, juin 2014, p. 73-75.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1
Légende Ligne Cahors-Capdenac ; plan du tracé de la ligne (AD Lot ; 73 S 1).
Crédits © AD Lot
URL http://journals.openedition.org/pds/docannexe/image/16955/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 286k
Titre Fig. 2
Légende Carte postale, début XXe siècle ; voyageurs en attente du train à la halte de Calvignac.
Crédits Fabien Cadot (reproduction) © Département du Lot ; Inventaire général Région Occitanie
URL http://journals.openedition.org/pds/docannexe/image/16955/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 790k
Titre Fig. 3
Légende Arcambal (Lot), pont de Mondiès ; vue de la vallée depuis le versant sud.
Crédits Amélie Boyer © Inventaire général Région Occitanie
URL http://journals.openedition.org/pds/docannexe/image/16955/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 701k
Titre Fig. 4
Légende Bouziès (Lot), bâtiment voyageur de Conduché ; vue intérieure.
Crédits Amélie Boyer © Inventaire général Région Occitanie
URL http://journals.openedition.org/pds/docannexe/image/16955/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 328k
Titre Fig. 5
Légende Saint-Cirq-Lapopie (Lot), affiche touristique de la Compagnie de chemin de fer du Paris-Orléans.
Crédits © collection particulière
URL http://journals.openedition.org/pds/docannexe/image/16955/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 345k
Titre Fig. 6
Légende Larnagol (Lot), pont de Lagarrigue ; vue du pont et du souterrain.
Crédits Anne Calvayrac © Département du Lot
URL http://journals.openedition.org/pds/docannexe/image/16955/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 700k
Titre Fig. 7
Légende Cajarc (Lot), château d’eau et grue hydraulique ; vue d’ensemble.
Crédits Jean-Baptiste Dos Ramos © Département du Lot
URL http://journals.openedition.org/pds/docannexe/image/16955/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 717k
Titre Fig. 8
Légende Recueil de types. Extrait du plan type du PLM pour les stations de 3e classe (AD Haute-Garonne ; 3586 W 50).
Crédits © CD31 ; AD Haute-Garonne
URL http://journals.openedition.org/pds/docannexe/image/16955/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 387k
Titre Fig. 9
Légende Ligne Cahors-Capdenac ; plans des bâtiments voyageurs de 4e classe (AD Lot ; 73 S 1).
Crédits © AD Lot
URL http://journals.openedition.org/pds/docannexe/image/16955/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 441k
Titre Fig. 10
Légende Saint-Martin-Labouval (Lot), bâtiment voyageurs de 4e classe ; élévation donnant sur la voie, ligne Cahors-Capdenac.
Crédits Amélie Boyer © Inventaire général Région Occitanie
URL http://journals.openedition.org/pds/docannexe/image/16955/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 615k
Titre Fig. 11
Légende Albias (Tarn-et-Garonne), bâtiment voyageurs de 4e classe ; élévation donnant sur les voies, section Montauban-Cahors.
Crédits Amélie Boyer © Inventaire général Région Occitanie
URL http://journals.openedition.org/pds/docannexe/image/16955/img-11.jpg
Fichier image/jpeg, 516k
Titre Fig. 12
Légende Ligne Cahors-Capdenac ; plans des bâtiments voyageurs de 3e classe (AD Lot ; 73 S 1).
Crédits © AD Lot
URL http://journals.openedition.org/pds/docannexe/image/16955/img-12.jpg
Fichier image/jpeg, 476k
Titre Fig. 13
Légende Cajarc (Lot), bâtiment voyageurs de 3e classe ; élévation donnant sur la voie, ligne Cahors-Capdenac.
Crédits Jean-Baptiste Dos Ramos © Département du Lot
URL http://journals.openedition.org/pds/docannexe/image/16955/img-13.jpg
Fichier image/jpeg, 495k
Titre Fig. 14
Légende Caussade (Tarn-et-Garonne), bâtiment voyageurs de 3e classe ; élévation donnant sur la cour, section Montauban-Cahors.
Crédits Amélie Boyer © Inventaire général Région Occitanie
URL http://journals.openedition.org/pds/docannexe/image/16955/img-14.jpg
Fichier image/jpeg, 471k
Titre Fig. 15
Légende Ligne Montauban-Brive, section Montauban-Cahors ; plans des maisons de garde sans soubassement (AD Lot ; 74 S 3).
Crédits © AD Lot
URL http://journals.openedition.org/pds/docannexe/image/16955/img-15.jpg
Fichier image/jpeg, 394k
Titre Fig. 16
Légende Cadrieu (Lot), maison de garde-barrière n° 437 bis ; modèle avec soubassement, vue depuis le sud.
Crédits Guillaume Bernard, Fabien Cadot © Département du Lot ; Inventaire général Région Occitanie
URL http://journals.openedition.org/pds/docannexe/image/16955/img-16.jpg
Fichier image/jpeg, 543k
Titre Fig. 17
Légende Saint Géry-Vers, Saint-Cirq-Lapopie (Lot), pont des Masseries ; vue depuis le sud.
Crédits Anne Calvayrac © Département du Lot
URL http://journals.openedition.org/pds/docannexe/image/16955/img-17.jpg
Fichier image/jpeg, 490k
Titre Fig. 18
Légende Saint Géry-Vers, Saint-Cirq-Lapopie (Lot), pont des Masseries ; vue des arches.
Crédits Amélie Boyer © Inventaire général Région Occitanie
URL http://journals.openedition.org/pds/docannexe/image/16955/img-18.jpg
Fichier image/jpeg, 602k
Titre Fig. 19
Légende Madrid (Espagne), puente de los Franceses.
Crédits Martius, Public domain, via Wikimedia Commons
URL http://journals.openedition.org/pds/docannexe/image/16955/img-19.jpg
Fichier image/jpeg, 413k
Titre Fig. 20
Légende Tableau des entrepreneurs par lots de travaux.
Crédits Fabien Cadot © Département du Lot ; Inventaire général Région Occitanie
URL http://journals.openedition.org/pds/docannexe/image/16955/img-20.jpg
Fichier image/jpeg, 529k
Titre Fig. 21
Légende Tableaux des entrepreneurs spécialisés.
Crédits Fabien Cadot © Département du Lot ; Inventaire général Région Occitanie
URL http://journals.openedition.org/pds/docannexe/image/16955/img-21.jpg
Fichier image/jpeg, 142k
Titre Fig. 22
Légende Cahors (Lot), halte ferroviaire de Cabessut ; vue depuis la voie.
Crédits Amélie Boyer © Inventaire général Région Occitanie
URL http://journals.openedition.org/pds/docannexe/image/16955/img-22.jpg
Fichier image/jpeg, 551k
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Pour citer cet article

Référence électronique

Fabien Cadot et Guillaume Bernard, « La ligne ferroviaire Cahors-Capdenac, l’histoire de sa construction au regard de son inventaire », Patrimoines du Sud [En ligne], 21 | 2025, mis en ligne le 01 avril 2025, consulté le 11 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/pds/16955 ; DOI : https://doi.org/10.4000/13m0i

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Auteurs

Fabien Cadot

Chercheur en inventaire du patrimoine, Département du Lot.

Guillaume Bernard

Chercheur en inventaire du patrimoine, Département du Lot.

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