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Notes de lecture
Culture, esthétique

Valérie Vignaux, Georges Sadoul, un intellectuel en cinéma. Du surréalisme à l’histoire, Sesto San Giovanni, Éd. Mimésis, coll. Cinéma, 2023, 489 pages

Martin Barnier
p. 510-515
Référence(s) :

Valérie Vignaux, Georges Sadoul, un intellectuel en cinéma. Du surréalisme à l’histoire, Sesto San Giovanni, Éd. Mimésis, coll. Cinéma, 2023, 489 pages

Texte intégral

1Valérie Vignaux est professeure en études cinématographiques à l’université de Caen. Elle est spécialiste de l’histoire du cinéma et a déjà publié de nombreux ouvrages, soit des monographies écrites seule (Jacques Becker ou l'exercice de la liberté, Liègen Éd. du Céfal, 2000 ; Jean Benoit Lévy ou le corps comme utopie. Une histoire du cinéma éducateur dans l'entre-deux guerres en France, Paris, Nouveau Éd. Monde, 2007), soit des travaux codirigés (Marius O'Galop – Robert Lortac : deux pionniers du cinéma d'animation français, Paris, Éd. AFRHC, 2009 ; Émile Cohl, Paris, Éd. AFRHC, 2008, etc.). Elle a été présidente de l’Association française de recherche sur l’histoire du cinéma (AFRHC). Depuis une dizaine d’année elle a beaucoup publié sur des penseurs en cinéma. Par exemple, elle a codirigé avec François Albéra trois ouvrages sur le critique de cinéma Léon Moussinac (Léon Moussinac. Un intellectuel communiste, critique et théoricien des arts, Paris, AFRHC, 2014 ; Léon Moussinac. Un intellectuel communiste. Volume d’études, Paris, AFRHC, 2015 ; Léon Moussinac. Critique et théoricien des arts. Anthologie critique, Paris, AFRHC, 2015). Elle a écrit Edgar Morin et le cinéma (Caen, Presses Universitaires de Caen, 2021). Son dernier ouvrage est une étude très détaillée sur le parcours intellectuel de Georges Sadoul. À ma connaissance, c’est le premier livre consacré à cet historien du cinéma dont on ne cesse de revoir les travaux et dont les méthodes restent toujours aussi inspirantes. La même autrice avait déjà édité un roman avec collages surréalistes de Georges Sadoul, longtemps ignoré même des spécialistes du mouvement surréaliste (avec Clément Chéroux [éds], Georges Sadoul, Portes. Un cahier de collages surréalistes, Paris, Éd. Textuel, 2009).

2En introduction (p. 4-7), V. Vignaux replace G. Sadoul dans les débats historiographiques actuels et plus anciens. Une des caractéristiques de l’ouvrage est de donner une courte biobibliographie en note pour chacune des personnes citées. Cela fait de ce volume une sorte de dictionnaire des intellectuels du xxe siècle. qui ont croisé la route de G. Sadoul. Les étudiants ou tout personne peu au fait des débats artistiques et politiques des années 1920 aux années 1960 découvrira ainsi les personnalités qui ont compté durant cette période. Car ils sont nombreux à être cités, tellement l’hyperactif G. Sadoul a échangé, travaillé ou parfois ferraillé avec le monde intellectuel français de la période.

3G. Sadoul, né en 1904 à Nancy, décrit, dès l’âge de 9 ans, ses sorties au cinéma dans ses carnets. L’autrice a pu lire de nombreux documents intimes de G. Sadoul. À partir de l’âge de 16 ans, il va six fois par semaine au cinéma (p. 32). Mais ses premières publications concernent le surréalisme et non les films. Pour V. Vignaux, la littérature, la poésie et les arts plastiques sont bien plus légitimes que le cinéma dans le milieu d’où est issu G. Sadoul, ce qui peut expliquer ce décalage dans son écriture. G. Sadoul est véritablement passionné par le surréalisme et adhère au mouvement en 1925 après une rencontre avec Louis Aragon (1897-1982). Il crée des cadavres exquis, des poèmes, des collages. Il organise des rencontres avec des poètes (p. 43) et une exposition surréaliste à Nancy (p. 46). Puis il se retrouve secrétaire de Gaston Gallimard à Paris en 1926. Il devient membre du ciné-club proche des communistes les Amis de Spartacus en 1928. G. Sadoul est proche de L. Aragon, Elsa Triolet (1896-1970), André Breton (1896-1966), Yves Tanguy (1900-1955), des frères Pierre (1906-1988) et Jacques (1900-1977) Prévert. Il fait un voyage en Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) avec L. Aragon et E. Triolet en 1930 (p. 71-79). Il se rapproche le Parti communiste français (PCF) et la rupture avec A. Breton se produit en 1932. Pour V. Vignaux, G. Sadoul se rapproche alors d’un autre père spirituel : Léon Moussinac (1890-1964). G. Sadoul écrit de nombreux articles dans la presse communiste. Il dirige la revue à destination de la jeunesse Mon Camarade, pendant communiste aux revues catholiques pour la jeunesse, de 1933 à 1939. Il y publie aussi bien des bandes-dessinées que des textes issus de la culture classique. Il veut faire découvrir les grands écrivains aux enfants. D’ailleurs, G. Sadoul devient un spécialiste de la presse à destination de la jeunesse et en écrit en 1938 un ouvrage de réflexion (Ce que lisent vos enfants. La presse enfantine en France, son histoire, son évolution, son influence, Paris, Bureau d’éditions). En parallèle, il écrit des textes sur le cinéma dans la revue Regards. Il s’intéresse déjà au patrimoine et aux auteurs : Charlie Chaplin (1889-1977), Auguste Renoir (1841-1919). Il participe également à la coopérative Ciné-Liberté et à son ciné-club. Il côtoie Jacques Becker (1906-1960), Pierre Unik (1909-1945) et Henri Cartier-Bresson (1908-2004). Pour l’autrice, il garde un axe fort tout au cours de sa vie : l’émancipation par la culture. L’art a un rôle social. En 1939, G. Sadoul s’attaque à ce qui sera son grand œuvre, une Histoire générale du cinéma (6 vols, Paris, Denoël, 1946-1954). À partir de 1940, il fait partie du réseau des intellectuels résistant de la zone Sud. De son action dans la Résistance, essentiellement dans le réseau « Les étoiles », il dit qu’il a été un « commis voyageur » (p. 143). Il a toujours présenté son action avec une grande humilité, pourtant, il a pris de nombreux risques, transportant des tracts, journaux clandestins et informations importantes.

4Dans le chapitre sur la guerre de G. Sadoul (p. 141-190), la chronologie est un peu difficile à suivre, mais cette partie de l’ouvrage devient une sorte de livre éclairant sur les activités de résistance des intellectuels français. On voit la genèse des Lettres Françaises – G. Sadoul est membre du Comité national des écrivains qui publie la revue dès octobre 1943 –, qui deviendra une grande revue culturelle d’après-guerre, ainsi que des éditions Seghers qui commencent alors à publier des poètes. En 1940, G. Sadoul fait lire ses premiers écrits sur l’histoire du cinéma à L. Aragon. Mais à partir de 1942, il travaille à plein temps pour la Résistance. G. Sadoul écrit dans les revues l’Écran français et Confluences. En 1944, il participe au Comité de libération du cinéma français.

5À partir de la Libération, V. Vignaux analyse le parcours de G. Sadoul sous l’angle de la pédagogie. Il enseigne à l’Institut des Hautes Études Cinématographiques (Idhec, ancêtre de la FEMIS) et participe à l’Institut de filmologie de la Sorbonne. Il est secrétaire général de la Fédération française des ciné-clubs (FFCC). Toutes ces activités correspondent à sa volonté de participer à la démocratisation culturelle. Il faut lutter pour obtenir un visa de censure favorable pour diffuser certains films comme Zéro de conduite (Jean Vigo, 1939). G. Sadoul participe aux combats de défense contre la censure de films interdits dans toutes les salles ou remontés comme Levés avant le jour (André Wurmser et Bertrand Dunoyer, 1949), La Bataille de la vie (Louis Daquin, 1950), Les Statues meurent aussi (Alain Resnais et Chris. Marker, 1953), Le Chant des fleuves (Joris Ivens, 1954), Le Rendez-vous des quais (Paul Carpita, 1955)…

6À partir de 1957, le visa n’est plus obligatoire pour certains films et les ciné-clubs sont de nouveau libres de diffuser les films. L’impact intellectuel de la FFCC est important mais, en réalité, 87 % des ciné-clubs français sont affiliés à l’Union française des œuvres laïques pour l’éduction par l’image et le son (Ufoleis ; p. 219). Le combat pour la reconnaissance artistique du cinéma semble avoir porté ses fruits au milieu des années 1950 puisque l’Association française des cinémas d’art et d’essai (AFCAE) est créée en 1955 et que ce sigle devient un label décerné à certains films par le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC). Le livre de V. Vignaux permet de bien comprendre tout le contexte de chaque période avec des points sur l’évolution sociale et économique du cinéma. Par exemple, la lutte contre la concurrence américaine entre 1946 et 1948. G. Sadoul est chargé des cours d’histoire du cinéma à l’Idhec de 1946 à 1966, cela ne va pas sans quelques batailles surtout à cause des tensions politiques découlant de la Guerre Froide. Les finances de l’école ne sont pas assurées jusque vers 1951. L’appartenance communiste de l’historien lui crée parfois des ennuis avec la direction de l’école : on ne lui donne pas d’article à écrire dans le Bulletin de l’Idhec et il ne reçoit même pas cette revue alors qu’il est le titulaire de la chaire d’Histoire du cinéma de l’école (lettre du 16 janv. 1947, citée p. 231). Il est assez passionnant de voir la liste des cours donnés par G. Sadoul à l’Idhec : l’autrice dévoile l’intérieur la pratique du pédagogue. La participation de G. Sadoul à l’institut de filmologie révèle la distance qui s’est creusée à l’université entre les tenants de l’analyse formelle et ceux qui observaient l’impact social du cinéma (p. 264-271). Cette première incursion du cinéma à l’université s’est arrêtée en 1962. G. Sadoul étudie le contenu des films et pas seulement leur forme. V. Vignaux choisit de cité un texte de 1951 (p.268) qui éclaire la position de G. Sadoul : « Le film peut être utilisé pour tenter de faire oublier aux peuples les “frustration” sociales dont ils sont victimes, mais il est aussi, sous sa forme la plus noble, un “ingénieur des âmes”, un moyen de traduire les aspirations et l’idéal populaire en aidant à leurs réalisations. Dans ce cas, le cinéma n’est pas un “paradis artificiel”, mais une action […] en contribuant à expliquer le monde (à l’aide d’un langage incomparablement puissant) ils aident à le transformer » (G. Sadoul, « À propos de filmologie », 1951, tapuscrit, 9 pages, n. p., archives privées).

7Tout en étant enseignant et chercheur, G. Sadoul continue d’être un critique de cinéma très actif. Il publie des articles dans Les Lettres françaises, L’Écran français, Les Cahiers du Cinéma et d’autres revues plus ponctuellement. Il est engagé et proche de PCF, jusqu’aux événements de Hongrie et les révélations sur les crimes de Staline en 1956 (p. 296), ce qui se sent dans ses articles. Mais il fait aussi des commentaires sur le contexte industriel de chaque film, avec un œil d’historien. L’autrice rappelle l’importance de Léon Moussinac (1890-1964) pour G. Sadoul et comment L. Moussinac, suite à un procès et à la mobilisation de la profession, en 1928, a établi le droit à la critique sur les films. Mais la critique cinématographique n’est pas restée unie tous bords politiques confondus : la Guerre Froide a accentué les divergences droite-gauche dans les années 1950. G. Sadoul n’a pas hésité à prendre le ton polémique qui existait alors pour attaquer certains films : « la merde mise en film reste de la merde » (G. Sadoul, « Cinéma et roman », Les Lettres françaises, 730, 10 juil. 1958, p. 7).

8Le combat politique passe par des polémiques contre la revue classée à droite Arts et parfois contre les Cahiers du Cinéma. Dans une période très actives de cinéphilie et de théories sur le cinéma, G. Sadoul s’oppose à André Bazin (1918-1958) par articles interposés. On pourrait parler, en 1948 d’une opposition entre « réalisme » et « esthétisme ». Mais A. Bazin réfute d’opposer ces termes (A. Bazin, « William Wyler ou le jansénisme de la mise en scène », La Revue du cinéma, 10, 1948, p. 43-45). G. Sadoul écrit « Vive le sujet ! À bas la forme ! » (G. Sadoul, « Première personne du singulier, La Dame du lac de Robert Montgomery », Les Lettres françaises, 207, 6 mai 1948, p. 6). Les débats de cette époque ont-ils vraiment cessés ? V. Vignaux écrit (p. 311) : « Sadoul reproche aux perspectives esthétiques de mésestimer les contenus idéologiques des films et de se désintéresser des spectateurs, mais aussi de charrier des processus de distinction contraire à la vocation populaire du cinéma ». On trouvera dans les ouvrages récents de Geneviève Sellier le même type de position : le reproche contre la critique qui ne regarde que la forme et se désintéresse du contenu des films même quand ceux-ci posent de graves problèmes éthiques ou quand la façon dont les films sont faits questionne (Geneviève Sellier, Le Cinéma des midinettes. Cinémonde, ses potineuses et ses potineurs [1946-1967], Toulouse, Presses universitaires du Midi, 2023, voir mon compte rendu dans Questions de communication, 45, p. 469-474). De plus, G. Sellier demande à ce qu’on étudie le contenu des films, plutôt que leur forme en les regardant au prisme des questions de classe, de couple, de genre en évitant la fétichisation du nom de l’auteur, dans un livre plus polémique (G. Sellier, Le Culte de l’auteur. Les dérives du cinéma français, Paris, Éd. La Fabrique, 2024).

9Dans l’ouvrage de V. Vignaux, tous les passages concernant les débats entre G. Sadoul et A. Bazin sont passionnants (p. 305-329). On constate que les articles des deux critiques étaient assez durs, mais que leur correspondance privée était au contraire des plus cordiale. Dans l’ensemble du livre de V. Vignaux, tout le travail sur les documents de première main rend l’enquête fascinante car on entre vraiment dans l’ouvroir littéraire, historique et critique de G. Sadoul. L’engagement de ce dernier se sent quand il a soutenu les jeunes cinémas des pays émergents, pays dits « du Tiers-monde » à l’époque, aussi bien que le nouveau documentaire appelé « cinéma vérité » (p. 328-329). Si G. Sadoul a ferraillé contre les « Hitchcocko-Hawsksiens », il a défendu des films de François Truffaut comme Jules et Jim (1962) qu’il a comparé à une œuvre de Louis Delluc (1890-1924).

10La dernière partie du livre de V. Vignaux (p. 427-440) est consacrée au métier d’historien de G. Sadoul. Il a publié une vingtaine de livres sur ce sujet. L’autrice les remets dans leur contexte et montre bien l’apport décisif dans la méthode historienne du travail de G. Sadoul : il a été un défricheur de l’histoire scientifique du cinéma. À son époque, il peut être considéré comme le seul représentant d’une histoire encyclopédique du cinéma, car il cherche des sources multiples (témoignages, documents de première main, articles d’époque et les films eux-mêmes ; Christophe Gauthier, « Le cinéma : une mémoire culturelle », Revue d’histoire du cinéma, 52, p. 12). V. Vignaux étudie en détail l’élaboration de l’Histoire générale du cinéma. G. Sadoul prend en compte le contexte social aussi bien que technique et artistique. Il est le premier à regrouper des cinéastes anglais au sein de « l’école de Brighton » (p. 363), un groupe de cinéastes anglais actifs dans cette ville du sud de l’Angleterre entre 1898 et 1908. Ils sont très inventifs en ce qui concerne le montage, les angles de prises de vues, etc. Ils ont influencé le cinéma français et le cinéma américain.

11Pour l’autrice, G. Sadoul crée une histoire psycho-sociale, dialectique, matérialiste et politique du cinéma. Dans ses livres, il continue de lutter contre la critique formaliste. Pour G. Sadoul le contenu des films est essentiel. En 1954, il publie un volume sur une période très proche : Le Cinéma pendant la guerre 1939-1945 (Paris, Denoël). Cela déclenche des polémiques liées au contexte politique de la période. Jusqu’à sa mort, en 1967 à 63 ans seulement, G. Sadoul a eu un rôle important dans la critique et dans l’histoire du cinéma.

12L’ouvrage de V. Vignaux comble un manque évident. Elle remet au centre de la pensée sur le cinéma cet historien qui avait si bien su démontrer l’importance sociale du cinéma. On trouve de très belles reproductions des couvertures des ouvrages de G. Sadoul. La lecture du livre est très fluide grâce à des transitions entre chaque partie et de rapides présentations en tête de chapitre. L’autrice donne à chaque fois le corpus des documents qu’elle a utilisé pour chaque partie thématique (qui recoupe à peu près l’ordre chronologique de la vie de G. Sadoul). Ce travail formidable est une biographie intellectuelle de G. Sadoul, mais on peut regretter l’absence d’éléments complémentaires sur la vie de cet écrivain. On aurait aimé en savoir plus sur le rôle de sa femme, Ruta Sadoul, qui a perpétué l’héritage intellectuel de Georges jusqu’à la mort de cette dernière en 1993. Mais il est vrai que cela ouvrirait un autre chantier. Or, le livre de V. Vignaux fait déjà 489 pages très denses qui fourmillent d’éléments essentiels pour la recherche en cinéma.

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Pour citer cet article

Référence papier

Martin Barnier, « Valérie Vignaux, Georges Sadoul, un intellectuel en cinéma. Du surréalisme à l’histoire, Sesto San Giovanni, Éd. Mimésis, coll. Cinéma, 2023, 489 pages », Questions de communication, 48 | 2025, 510-515.

Référence électronique

Martin Barnier, « Valérie Vignaux, Georges Sadoul, un intellectuel en cinéma. Du surréalisme à l’histoire, Sesto San Giovanni, Éd. Mimésis, coll. Cinéma, 2023, 489 pages », Questions de communication [En ligne], 48 | 2025, mis en ligne le 01 décembre 2025, consulté le 18 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/questionsdecommunication/42370 ; DOI : https://doi.org/10.4000/15b1r

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Auteur

Martin Barnier

Passages xx-xxi, Université Lumière Lyon 2, F-69007 Lyon, France
martin.barnier[at]univ-lyon2.fr

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