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Notes de lecture
Histoire, sociétés

Fabienne Henryot (dir.), Inspecter les bibliothèques (1822-2022), préf. de C. Pascal et P. Marcerou, Villeurbanne, Presses de l’Enssib, coll. papiers, 2024, 236 pages

Christophe Cosker
p. 570-575
Référence(s) :

Fabienne Henryot (dir.), Inspecter les bibliothèques (1822-2022), préf. de C. Pascal et P. Marcerou, Villeurbanne, Presses de l’Enssib, coll. papiers, 2024, 236 pages

Texte intégral

1En 2024, Fabienne Henryot, maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches (HDR) à l’École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques (Enssib), dirige cet ouvrage collectif. Ce dernier se compose de dix contributions organisées trois parties : « L’inspection, naissance et fonctionnement » (p. 19-62), « Des inspecteurs pour les bibliothèques » (p. 63-219) et « Les politiques des bibliothèques » (p. 143-220). En d’autres termes, pour comprendre ce que signifie inspecter une bibliothèque, il convient de comprendre l’institution de l’Inspection générale des bibliothèques (IGB), le profil des personnes ayant exercé cette mission et qui sont recensés dans un tableau à la fin de l’ouvrage (p. 225-229) sans oublier les politiques qu’ils mettent en œuvre ou dont ils vérifient l’application lorsqu’ils visitent un bâtiment et celui qui en a la charge.

2L’ouvrage débute par une préface (p. 7-10) de Caroline Pascal, directrice générale de l’enseignement scolaire au ministère de l’Éducation nationale, et Philippe Marcerou, responsable du collège Bibliothèques, documentation, livre et lecture publique à l’Inspection générale de l’éducation. Les deux préfaciers commencent par présenter le corps étudié dans l’ouvrage. L’Inspection générale des bibliothèques (IGB) a été créée par un décret royal du 28 juin 1822. Elle est aujourd’hui intégrée à l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR) et en constitue l’un des collèges, le collège Bibliothèques, documentation, livre et lecture publique (BDLL). C’est seulement si l’on considère que l’inspection des lycées de 1802 préfigure l’Inspection générale de l’éducation nationale, fondée en 1833, que cette dernière, parmi les inspections constitutives de l’IGÉSR, lui est antérieure » (p. 7). Cette préface est officielle et rappelle un organigramme administratif, mais le présent ouvrage se propose de retracer, non pas seulement la généalogie d’un corps de l’État, mais aussi la formalisation d’une mission et de faire le portrait des personnes qui l’ont remplie.

3La collection dans laquelle paraît cet ouvrage « Papiers » des Presses de l’Enssib, est dirigée par Susan Kovacs qui la présente ainsi : « La collection a pour ambition de proposer de nouvelles clés de compréhension des cultures informationnelles et de leurs enjeux sociétaux. Elle vise à proposer aux communautés professionnelles et académiques des éclairages originaux, issus de travaux de recherche, tout en veillant à les rendre accessibles à des publics non spécialistes. À ce titre, la collection mobilise des approches situées au carrefour d’une variété de champs disciplinaires en sciences humaines et sociales » (p. 2). Ainsi l’ouvrage en lui-même, mais aussi la collection dans laquelle il s’inscrit, ont-ils tout pour intéresser le chercheur en sciences de l’information et de la communication (SIC).

4Le premier intérêt de l’ouvrage est d’ordre historique et l’un de ses matériaux privilégiés est le rapport. En plus de l’introduction de F. Henryot (p. 11-18), nombreuses sont les contributions de l’ouvrage qui lui donnent une place significative : « Une Prosopographie des inspecteurs généraux des bibliothèques. Enjeux, mise en œuvre et premiers résultats » de F. Henryot (p. 65-82), « Que peut l’inspecteur ? Rôle et influence des inspecteurs généraux des bibliothèques dans le développement de la lecture publique (1921-1975) » d’Hind Bouchareb (p. 179-194) et « Une source précieuse de l’histoire des bibliothèques. Les rapports de l’Inspection générale des bibliothèques pour la période 1945-1970 » de Noëlle Balley et Olivier Caudron (p. 195-220). Le rapport y occupe le statut d’archive, mais d’archive plurielle. En effet, il sert à mieux connaître la bibliothèque et le ou la bibliothécaire inspectés. Il sert aussi à connaître l’inspecteur et la politique qu’il tente de mettre en œuvre. Au fil des contributions, ce matériau est révélateur lorsqu’il est factuel et ou lorsqu’il relève d’un jugement de valeur à l’emporte-pièce et rarement exempt de cruauté de plume.

5Le volume propose une histoire de l’institution qui inspecte les bibliothèques, de l’institutionnalisation d’une mission d’inspection, qui donne lieu à la formation successive de plusieurs corps (IGB), voire à un corps flou dont les effectifs et la tutelle varient. Néanmoins, l’ouvrage se conçoit comme une défense et illustration de l’inspection au-delà du simple mot d’ordre « surveiller et punir ». Il conviendra donc de ne pas tenir rigueur à ceux qui, pensant évaluer la fonction, attaquent la personne. De façon globale, la mission de l’IGB consiste en une double rationalisation, à la fois celle du fonctionnement des bibliothèques et du métier de bibliothécaire. De fait, nombreux sont les inspecteurs qui se battent pour l’amélioration de tel ou tel local, plaidant pour qu’il soit équipé d’un chauffage. De même, nombreux sont les inspecteurs qui aident un bibliothécaire démuni à se former, puis tentent de faire augmenter ses émoluments. L’un des enjeux (utopiques) est de remplacer la concurrence entre bibliothèques par la collaboration. Martine Poulain, dans « Les Inspecteurs des bibliothèques durant les deux guerres mondiales. Conseiller, alerter, soutenir » (p. 127-142), en donne un exemple concret en montrant comment, pendant les deux conflits armés du xxe siècle, les inspecteurs tentent de protéger les bibliothèques en déplaçant des collections rares et précieuses. À l’inverse, Anaïs Jacques, embrassant une période antérieure dans « L’Inspection générale et les bibliothèques populaires. Tentative de contrôle gouvernemental ou engagement pour l’instruction du peuple ? (1861-1888) » (p. 145-159) montre au contraire comment le pouvoir tente, non plus d’inspecter, mais de contrôler les bibliothèques.

6Le présent ouvrage se concentre essentiellement sur deux siècles : le xixe et le xxe – sans oublier le seuil du xxie. C’est dans le xixe siècle qu’il faut se plonger pour comprendre l’origine de l’institutionnalisation du contrôle des bibliothèques selon l’autorité du pouvoir et du développement de la lecture. Avant le nom du premier inspecteur officiel des bibliothèques, Charles-Hyacinthe His de Butenval – point d’érudition –, on découvre celui du comte Anastase-Louis Clément de Ris, écrivain dilettante chargé de la mission d’inspecter les bibliothèques avant tout concours ou recrutement formel sur un poste.

7En dépit des principes généreux édictés dans les textes officiels, l’épreuve de la pratique permet de ne pas s’en laisser conter. Observons la première tournée d’inspection du premier inspecteur telle que la relate Marion Demonteil dans « La Richesse et la fragilité. Construction et déstabilisation du territoire professionnel de l’IGB sous la Ve République » (p. 49-62) : « C’est ainsi au comte Anastase-Louis Clément de Ris que l’administration des beaux-arts confie, au milieu du xixe siècle, une tournée dans les vingt-deux musées de province. Prise en charge par ce lettré amateur, cette mission a un statut ambigu. L’inspecteur agit en effet en dilettante : il se livre moins à une vérification de la conformité des usages locaux aux règlements généraux qu’à une description littéraire et personnelle des collections et de l’appareillage muséographique » (p. 49).

8Après avoir rappelé sa mission, qui consiste à vérifier « la conformité des usages locaux aux règlements généraux », Marion Demonteil indique ce qu’il fait réellement : « une description littéraire et personnelle des collections ». Mais là où le lecteur pourrait croire que l’homme se détourne de sa mission, on peut soupçonner la ruse d’un pouvoir qui ne se cramponne pas à la mission et laisse opérer le charme du dilettante. C’est une sorte de soft power avant la lettre et je vois, dans ce choix, une manière d’endormir les craintes sur le caractère légaliste et procédurier de l’inspection. La stratégie du flou permet de faire entrer le loup qu’est l’inspecteur dans cette bergerie qu’est la bibliothèque. La définition minimale de l’inspection est la surveillance du bon fonctionnement d’un service placé sous la tutelle de l’État. Cependant, cette activité est gommée sous l’étiquette de la visite et l’entregent de celui qui la mène : il ne s’agit pas d’une action fonctionnelle, mais plutôt d’un acte de représentation devant une personnalité.

9Pour autant, l’inspection des bibliothèques n’est pas systématiquement immixtion toxique. La nécessité en apparaît notamment à la fin du xviiie siècle et au début du xixe siècle, c’est-à-dire après la Révolution française, comme le rappellent Pierre Carbone et Daniel Renoult dans « L’Inspection générale des bibliothèques : 1822-2022. Quelques jalons de l’évolution d’une fonction » (p. 21-48) : « Mal connue des services de l’État, la situation réelle des dépôts littéraires issus des confiscations révolutionnaires est en effet chaotique, alors que les bibliothèques municipales (BM), instituées par décret en 1803, ont reçu la responsabilité (et non la propriété) des collections nationales issues des séquestres de livres opérés durant la Révolution. Les locaux sont inadaptés ; l’intégrité des fonds n’est pas garantie ; les catalogues sont incomplets ; des livres ont été pillés et d’autres vendus » (p. 22). La Révolution française a également bouleversé l’ordre du livre et l’inspection est là pour remettre de l’ordre. Il convient de rapatrier à Paris ce qui a été entreposé en Province. Il s’agit de rappeler les prérogatives des bibliothèques et des bibliothécaires. Enfin, il s’agit d’inspecter les lieux et d’actualiser les catalogues pour savoir ce qui est entreposé et ce qui a été perdu ou volé.

10Le deuxième intérêt de l’ouvrage est d’ordre prosopographique. Au centre de l’ouvrage, on trouve la contribution de la directrice de l’ouvrage : F. Henryot. Intitulée « Une Prosopographie des inspecteurs généraux des bibliothèques. Enjeux, mise en œuvre et premiers résultats » (p. 65-82), elle propose la biographie des agents du secteur, rappelant les enjeux de la biographie collective : « Elle permet de considérer les acteurs de l’histoire plutôt que les institutions, et d’incarner ces dernières en observant aussi la manière dont les individus font les institutions, ou au contraire s’identifient à elles. […] Il s’agit en somme d’étudier des collectifs sur une base individuelle. Elle permet ainsi d’échapper à la galerie de bustes, “sans arrière-plan ni décor” comme l’écrivait Lucien Febvre, en identifiant plutôt un possible “moule” social et culturel, assumé consciemment ou non et au besoin de conclure qu’il n’existe pas. La prosopographie laisse à l’individu sa place d’acteur et le positionne dans le groupe » (p. 65). La prosopographie est ici la biographie de tous les agents d’un secteur et non seulement des plus prestigieux, raison pour laquelle elle ne se limite pas aux bustes signalés par l’historien Lucien Febvre. En outre, la prosopographie faisant partie de l’histoire sociale, raison pour laquelle F. Henryot adosse la biographie à un arrière-plan ou un décor. Le groupe professionnel ici ciblé est celui des inspecteurs de bibliothèques et, à travers eux, des bibliothécaires. Les portraits sont donc prestigieux pour certains d’entre eux, plus modestes pour d’autres.

11Parmi les portraits lumineux, on trouve celui de Prosper Mérimée (1803-1870) dans la contribution de Jean-François Delmas intitulée « Prosper Mérimée et les bibliothécaires » (p. 83-104) : « Écrivain de génie, inspecteur des monuments historiques, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, sénateur de l’Empire, séducteur invétéré et confident intime des hommes (et des femmes) de pouvoir. Prosper Mérimée est célèbre pour les nombreux aspects de sa personnalité et de ses activités. Toutefois, les liens de l’auteur de Carmen avec les bibliothèques sont moins connus du public. Cette place singulière au sein du monde savant s’est traduite d’une part par des prises de position, pour le moins déconcertantes, lors de l’affaire Libri ; et d’autre part, par le rôle déterminant qu’il a joué en assurant la présidence de la Commission de la Bibliothèque impériale » (p. 83). Dans cette contribution au caractère d’abord laudatif, le chercheur étudie la façon dont P. Mérimée se retrouve à contre-emploi en défendant un voleur de livres nommé Libri, puis retrouve sa superbe dans l’animation de la Commission de la bibliothèque impériale. À l’inverse, parmi les personnages plus obscurs qui méritent réhabilitation, on trouve Ernest Coyecque, dont le rôle est examiné dans l’article d’Isabelle Antonutti : « Ernest Coyecque (1864-1954), inspecteur des bibliothèques parisiennes. Ambitions et méthodes de travail » (p. 112-126). On notera que le présent ouvrage s’attache davantage à ceux qui font l’institution qu’à ceux qu’elle fait, à ceux qui se marginalisent qu’à ceux qui suivent le courant principal.

12Si l’on en revient au portrait-robot de l’inspecteur de bibliothèque, on observe que cette fonction apparaît comme un bâton de maréchal : « Quel est donc l’inspecteur général type ? À grands traits, il s’agit d’un homme, né en province mais tôt nommé à Paris où il fait l’essentiel de sa carrière, ayant suivi un parcours de formation en rapport avec les bibliothèques (École des Chartes et/ou diplôme de bibliothécaire ou de conservateur, selon la période envisagée), ayant un profil scientifique d’historien. Il accède à l’Inspection générale à 51 ans en moyenne, après avoir assumé des fonctions de direction, soit dans un établissement documentaire universitaire ou municipal, soit dans l’administration centrale, au ministère de l’Instruction publique ou à la Direction des bibliothèques et de la lecture publique (DBLP). Ce poste d’inspecteur général des bibliothèques est le dernier de sa carrière. Il est actif dans les sociétés savantes et dans les associations professionnelles. Il est titulaire de la légion d’honneur, et parfois aussi d’autres distinctions honorifiques » (p. 70). Alors que le rapport d’inspection montre souvent Paris jugeant la Province, l’enquête démontre que, dans le détail, l’inspecteur est souvent un ancien provincial, mais un homme parvenu. Nommé dans sa maturité, après cinquante ans, il occupe ce poste honorifique jusqu’à sa retraite. Pourtant, ce portrait médian cache le fait que l’inspection des bibliothèques n’est pas toujours une sinécure et plus souvent une lutte de pouvoir, même si l’inspecteur n’a rien d’omnipotent.

13Le troisième et dernier intérêt de l’ouvrage réside dans la lecture publique. La naissance de l’Inspection des bibliothèques trouve sa cause à la fois dans le désordre livresque occasionné par la Révolution et dans la progression de la lecture. En cela, la Révolution a rebattu les cartes et il arrive au pouvoir de s’en inquiéter. C’est ce que montre le contrôle malveillant des bibliothèques populaires sur lesquelles se concentrent les contributions de la troisième et dernière partie de l’ouvrage. Dans « L’Inspection générale et les bibliothèques populaires. Tentative de contrôle gouvernemental ou engagement pour l’instruction du peuple ? (1861-1888) » d’Anaïs Jacques (p. 145-159), on découvre que la première bibliothèque populaire est celle des Amis de l’instruction du IIIe arrondissement de Paris et qu’elle est fondée le 7 août 1861. Dans « “L’incident Ulysse Robert” à Saint Mandé » d’Agnès Sandras (p. 160-178), on observe comment des querelles villageoises mènent à la séparation entre la bibliothèque du peuple et celle de la commune. Dans « Que peut l’inspecteur ? Rôle et influence des inspecteurs généraux des bibliothèques dans le développement de la lecture publique (1921-1975) » d’Hind Bouchareb (p. 179-194) et « Une source précieuse de l’histoire des bibliothèques. Les rapports de l’Inspection générale des bibliothèques pour la période 1945-1970 » de Noëlle Balley et Olivier Caudron (p. 195-220), on apprend comment certains inspecteurs promeuvent la lecture populaire qui est la lecture du peuple dans un but d’édification et ceux qui y sont réticents, désespérant de la masse ou se méfiant d’elle. Dans cette troisième et dernière partie, la leçon est que le pouvoir soupçonne le lecteur à la fois comme lecteur et comme factieux possible : « Sa position vis-à-vis des bibliothèques populaires libres se fait donc ambivalente : s’il souhaite leur développement et voit en elles la meilleure façon d’élever le peuple, elles restent régies, du fait de leur statut associatif, par les articles 291 et 294 du Code pénal de 1810, qui permettent au ministère de l’Intérieur de les surveiller étroitement et d’interdire tout éventuel regroupement politique au sein de la bibliothèque. Les promoteurs des bibliothèques populaires laïques dénoncent les divers abus de pouvoir de la part des préfets sur leurs établissements, tandis que les catholiques ultras critiquent le laxisme du gouvernement face à des catalogues au contenu jugé immoral » (p. 147).

14Ainsi cet ouvrage étoffe-t-il le sens de l’inspection, de l’aride obligation du fonctionnaire à la mission humaine. Au-delà de surveiller et punir, inspecter signifie aussi protéger et accompagner.

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Pour citer cet article

Référence papier

Christophe Cosker, « Fabienne Henryot (dir.), Inspecter les bibliothèques (1822-2022), préf. de C. Pascal et P. Marcerou, Villeurbanne, Presses de l’Enssib, coll. papiers, 2024, 236 pages »Questions de communication, 49 | 2026, 570-575.

Référence électronique

Christophe Cosker, « Fabienne Henryot (dir.), Inspecter les bibliothèques (1822-2022), préf. de C. Pascal et P. Marcerou, Villeurbanne, Presses de l’Enssib, coll. papiers, 2024, 236 pages »Questions de communication [En ligne], 49 | 2026, mis en ligne le 01 juin 2026, consulté le 09 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/questionsdecommunication/44213 ; DOI : https://doi.org/10.4000/16ecm

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Auteur

Christophe Cosker

HCTI, Université de Bretagne Occidentale, F-29200, Brest, France LCF, Université de La Réunion, F-97400, Saint-Denis, France christophe.cosker[at]univ-brest.fr
 

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