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Une sépulture remarquable d’époque romaine à Juliobona (Lillebonne, Seine-Maritime)

A remarkable roman grave in Juliobona (Lillebonne, Seine-Maritime)
Ein bemerkenswertes römisches Grab von Juliobona (Lillebonne, Seine-Maritime)
Malina Robert
p. 241-270

Résumés

Localisée dans l’estuaire de la Seine, à mi-chemin entre Le Havre et Rouen, Juliobona (Lillebonne, Seine-Maritime) est, à partir du début du ier siècle de notre ère et jusque dans le courant du ive siècle, la capitale de cité des Calètes. Le 26 octobre 1864, une sépulture privilégiée y est mise au jour, en limite orientale de l’agglomération romaine. Les restes brûlés du défunt y sont déposés au milieu d’un riche mobilier, composé d’au moins 48 d’objets. Après sa découverte, l’ensemble est étudié par l’abbé Cochet, puis rendu au propriétaire du terrain où il a été trouvé. Un siècle plus tard, les objets sont donnés au musée de Lillebonne qui les expose, et confie ponctuellement à des spécialistes le réexamen de certaines pièces jusqu’au début des années 2000. L’étude partiellement inédite présentée ici a donc pour but de combler l’absence d’approche globale et récente sur le mobilier de cette sépulture, et ainsi proposer un nouveau regard sur les pratiques funéraires des élites dans l’estuaire de la Seine au Haut-Empire.

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Texte intégral

1Le récent réexamen de l’instrumentum des nécropoles et tombes romaines de Juliobona (Lillebonne) permet de présenter l’étude partiellement inédite d’une sépulture qui y a été découverte en 1864 (Robert, 2016).

2Lillebonne est localisée en Seine-Maritime à mi-chemin entre Rouen et Le Havre (fig. 1). Ses nombreux vestiges romains ont très tôt permis de l’identifier comme Juliobona, capitale de la cité des Calètes créée ex nihilo au début du ier siècle au nord de la province de Lyonnaise (Fichet de Clairfontaine et al., 2004, p. 144-145). Implantée en fond d’estuaire moyen de la Seine, elle est située de manière déterminante pour contrôler l’accès par le fleuve à Rotomagus (Rouen, chef-lieu des Véliocasses) et à Lutetia (Paris, chef-lieu des Parisii) d’une part, à la Manche et à la Britannia d’autre part : la ville apparaît ainsi comme un point de passage majeur du nord des Gaules durant les premiers siècles de notre ère. Elle semble perdre son statut de chef-lieu au cours du ive siècle au profit de Rotomagus (Rouen), nouveau siège de la civitas Rotomagensium et capitale de la récente province de Lyonnaise Seconde (ibid., p. 142).

Figure 1 : Localisation de Lillebonne (Seine-Maritime) en France et dans l'estuaire de la Seine (BD Alt. 250 m ; SRTM). / Figure 1: Location of Lillebonne (Seine-Maritime) in France and in the Seine's estuary (BD Alti 250m; SRTM).

Figure 1 : Localisation de Lillebonne (Seine-Maritime) en France et dans l'estuaire de la Seine (BD Alt. 250 m ; SRTM). / Figure 1: Location of Lillebonne (Seine-Maritime) in France and in the Seine's estuary (BD Alti 250m; SRTM).

DAO M. Robert.

3Le potentiel archéologique de Juliobona est identifié à partir de la fin du xviiie siècle, avec plusieurs découvertes telles qu’un théâtre, une statue monumentale d’Apollon en bronze doré (actuellement conservée au Louvre) ou la mise au jour de grandes demeures aristocratiques qui parsèment la ville. De nombreuses incertitudes persistent cependant quant aux modalités d’occupation, en raison du faible nombre d’opérations récentes.

4Les contextes funéraires de Juliobona sont ainsi encore mal connus. La nécropole du Catillon, établie en limite méridionale le long de la voie se dirigeant vers la Seine (fig. 2), est la seule pour l’heure attestée par des fouilles, dont la plupart ont été réalisées au cours du xixe siècle et ont permis d’alimenter les collections romaines des musées de Lillebonne et de Rouen. Des indices d’autres nécropoles sont connus en limites est, ouest et nord de l’agglomération, grâce à la découverte de quelques crémations parfois accompagnées d’objets (fig. 2).

Figure 2 : Plan général des vestiges antiques principaux de Juliobona(Lillebonne). / Figure 2: Global map of the main ancient remains of Juliobona (Lillebonne).

Figure 2 : Plan général des vestiges antiques principaux de Juliobona(Lillebonne). / Figure 2: Global map of the main ancient remains of Juliobona (Lillebonne).

DAO M. Robert.

5La sépulture ici étudiée a été mise au jour fortuitement le 26 octobre 1864, en limite orientale de l’agglomération romaine (fig. 2 et 3), à environ 150 mètres d’une demeure aristocratique encore mal identifiée (domus ou villa suburbaine ?). Il s’agit du site de la « villa du Lycée » identifié plus tôt par l’abbé Cochet la même année (Cochet, 1865, p. 181 ; 1866, p. 410), et réétudié dans les années 1990 (Follain, 1989a ; 1991). Implantée près de la voie romaine menant à Rotomagus, cette riche demeure est considérée comme la « propriété familiale » au sein de laquelle aurait été enterré le défunt (Rogeret, 1997, p. 364). Le contexte de ces vestiges n’a cependant pas permis d’établir s’il s’agissait d’une tombe placée sur les terres du domaine ou si elle prenait place au sein d’une nécropole implantée le long de la voie se dirigeant vers Rotomagus (fig. 2) : peut-être celle de la Côte Blanche, suspectée non loin suite à la découverte d’une sépulture à crémation en 1856 et d’ossements au cours du xixe siècle (Vallée, 1895, p. 172, no 18).

Figure 3 : Plan de Lillebonne dressé par l’abbé Cochet où sont représentés le théâtre, l’église, le château et la sépulture. / Figure 3: Map of Lillebonne made by abbot Cochet where the theater, the castle and the grave can be seen.

Figure 3 : Plan de Lillebonne dressé par l’abbé Cochet où sont représentés le théâtre, l’église, le château et la sépulture. / Figure 3: Map of Lillebonne made by abbot Cochet where the theater, the castle and the grave can be seen.

Cochet, 1865, p. 180.

1. La tombe privilégiée de Lillebonne

Description

  • 1 On ne sait là si l’abbé Cochet prend comme repère le sommet ou le fond du caveau. Dans tous les cas (...)

6Le caveau de la sépulture, creusé dans le substrat crayeux, a été mis au jour lors de travaux de construction d’un pavillon sur le terrain d’un particulier, à « 2 mètres 40 centimètres du sol superficiel1 » (Cochet, 1865, p. 182). Des dalles de calcaire disposées de chant formaient ses côtés, longs de 0,85 à 0,90 m. Profond d’environ 0,60 m, il était recouvert d’une grande dalle carrée de 1,10 m de côté pour 12 cm d’épaisseur. Son fond était brut et avait fait l’objet d’un simple nivellement, tandis que ses abords n’ont a priori révélé aucun aménagement de surface (ibid., p. 182).

7Cette sépulture a été par la suite désignée comme la tombe dite « de l’adolescent » du fait de son attribution à un individu âgé de 17 ou 18 ans, d’après la première étude ostéologique réalisée en 1967 (cf. infra) (Yvart, 1967, p. 62). On la connaît plus récemment sous le nom de tombe dite « de Marcus », prénom romain choisi en raison d’un « M » gravé sur le manche des deux cuillères en argent découvertes dans le caveau (cf. infra) (Dorion-Peyronnet, 2015, p. 51). Y étaient déposés les os brûlés du défunt, rassemblés dans un vase en verre. Le mobilier était composé d’au moins 48 objets, dont 44 sont encore conservés à ce jour au musée intercommunal de Lillebonne (fig. 4-8). Il a été exhumé lors de la découverte par les ouvriers en charge des travaux : l’abbé Cochet, rapidement alerté, s’est chargé de son inventaire et de son étude (Cochet, 1865 ; 1866, p. 410-414). Il a ensuite été conservé par le propriétaire du terrain, A. Lemaistre, puis est entré dans les collections du musée de Lillebonne en 1965 grâce à un legs de H. Emonot, qui avait hérité de l’ensemble (Yvart, 1967, p. 40).

8Peu d’informations nous sont donc parvenues sur la disposition des objets les uns par rapport aux autres : d’après les informations recueillies par l’abbé Cochet auprès des ouvriers, le vase ossuaire en verre (fig. 5, no 2) était inséré dans celui en plomb (fig. 5, no 1), la cruche piriforme (fig. 6, no 2) était déposée dans le bassin à deux anses (fig. 6, no 3), et les pions et le jeton (fig. 7, no 4-21) disposés dans le bassin à une anse (fig. 6, no 4) (Cochet 1865, p. 185 et 197). L’emplacement des autres objets dans le caveau n’est pas connu.

Études antérieures

9Le mobilier de cette sépulture a été étudié dans son ensemble lors de sa découverte par l’abbé Cochet (1865 ; 1866, p. 410-413) et publié sous forme de dessins et de photographies dans les Albums de la Commission départementale des Antiquités de Seine-Maritime (1852-1873, p. 84-86, 88 et 90) (fig. 4). Il faudra ensuite attendre 1967 pour que M. Yvart, alors conservateur du musée de Lillebonne, réexamine l’intégralité du mobilier, en reprenant toutefois beaucoup de propos de l’abbé Cochet (Yvart, 1967), lesquels seront également réutilisés lors de l’exposition La Normandie Souterraine en 1975 (Yvart, Sennequier, 1975).

Figure 4 a: Mobilier de la sépulture / Figure 4a: Grave goods

Figure 4 a: Mobilier de la sépulture / Figure 4a: Grave goods

Commission départementale des Antiquités de Seine-Maritime, 1852-1873, III, p. 90-1 et 90-2. AD 76, 6 Fi 6 – 90).

Figure 4 b: Mobilier de la sépulture / Figure 4b: Grave goods

Figure 4 b: Mobilier de la sépulture / Figure 4b: Grave goods

Figure 4 c: Mobilier de la sépulture / Figure 4c: Grave goods

Figure 4 c: Mobilier de la sépulture / Figure 4c: Grave goods

10Plus tard, des études ont traité individuellement de quelques objets de la tombe. F. Baratte s’est ainsi penché sur les pièces en argent (Baratte, 1978 ; Baratte, Painter, 1989, p. 106‑110). Le poignard en alliage ferreux a été inclus dans l’inventaire des objets en fer de Normandie (Halbout et al., 1987, p. 112, no 209). Les verreries et le dauphin ont été étudiés par G. Sennequier (2013, p. 168-171, 176, 191, 276-278, 282, 287 et 303, no 606-608, 618, 635 et 732). Enfin, le vase plastique a fait partie d’une enquête sur les vases anthropomorphes dans l’Empire romain (Marti-Clercx, 1999, p. 70). L’ensemble du mobilier a en outre été succinctement présenté dans la carte archéologique de la Seine-Maritime (Rogeret, 1997, p. 362-364) et les catalogues d’exposition Lillebonne au temps des Gallo‑Romains (Hébert, 2001, p. 35-39), Mémoires de verre (Vaudour, 2009, p. 22) et Juliobona, à la lumière des découvertes anciennes (Dorion-Peyronnet, 2015, p. 51-52).

11Ce bref rappel historiographique met en évidence l’absence d’approche globale et récente concernant le mobilier de cette sépulture, en dépit du témoignage unique et exceptionnel qu’elle livre sur les pratiques funéraires des classes sociales privilégiées à Juliobona, comme on le verra par la suite.

2. Étude du mobilier

Présentation d’ensemble

  • 2 L’activité culinaire et l’alimentation, les soins du corps, le divertissement, l’équipement militai (...)
  • 3 Les alliages cuivreux, l’argent, la céramique, les squelettes externes d’animaux marins, le fer, le (...)

12Le mobilier de la tombe comprend donc 44 objets encore conservés, dont seule une partie a été étudiée. Il peut être réparti en six catégories fonctionnelles2 et huit familles de matériaux différentes3. Plusieurs ensembles se distinguent ainsi :

  • un objet à vocation exclusivement funéraire : l’ossuaire en plomb (fig. 5, no 1) ;

  • de la vaisselle : des pièces en argent (fig. 7, no 28-31), en alliage cuivreux (fig. 6, fig. 7, no 2 et 3), en céramique (fig. 5, no 7-8) et en verre (fig. 5, no 2-5) ;

  • un nécessaire de toilette : au moins les strigiles (fig. 7, no 23-25), l’anse d’aryballe (fig. 7, no 26) et l’éponge (fig. 8, no 1), mais peut-être également les bassins (fig. 6, no 3-4) et le vase anthropomorphe (fig. 7, no 27) ;

  • des objets liés au divertissement : le set de pions et le jeton (fig. 7, no 4-21) ;

  • une arme : le poignard en fer (fig. 7, no 22) et son fourreau (cat. 29) ;

  • des objets exotiques à la fonction principale non identifiable : le dauphin en verre soufflé (fig. 7, no 1) et le coquillage (fig. 8, no 2).

  • 4 Information aimablement communiquée d’après photographies par S. Lemoine, conservateur-restaurateur (...)

13Aucun d’entre eux ne porte de stigmates de passage au feu : il s’agit donc vraisemblablement de dépôts secondaires, bien qu’il faille nuancer pour les pièces en métal qui ne portent pas toujours d’indices de crémation observables à l’œil nu. Les objets sont pour la plupart en très bon état de conservation, exception faite du fourreau en os associé au poignard (cat. 29). Plusieurs d’entre eux portent des traces visibles de restaurations, dont la technique est attribuable aux années 19804. Certains récipients ont de plus été découverts avec des contenus, attestant des dépôts probablement alimentaires : une des bouteilles en verre (fig. 5, no 4) contenait ainsi de la « chair musculaire garnie de graisse » (Cochet, 1865, p. 190) et la cruche en céramique (fig. 5, no 7) renfermait un « résidu verdâtre et graisseux » (ibid., p. 188). Un « corps gras » non identifié était également présent dans le vase anthropomorphe (fig. 7, no 27) (ibid., p. 200). Enfin, d’autres récipients ont pu contenir un dépôt qui s’est dégradé avec le temps.

Figure 5 : Mobilier de la sépulture. / Figure 5: Grave goods.

Figure 5 : Mobilier de la sépulture. / Figure 5: Grave goods.

Récipients en plomb, verre et céramique. 1 : Ossuaire en plomb (cat. 1). 2 : Cruche en verre (cat. 2). 3?5 : Bouteilles en verre (cat. 3-5). 6 : Cruche en verre (cat. 6). 7 : Cruche en céramique (cat. 26). 8 : Gobelet en céramique (cat. 27). / Lead, glass and ceramic vessel. 1: Lead ossuary (cat. 1). 2 : Glass flagon (cat. 2). 3-5: Glass bottles (cat. 3-5). 6: Glass flagon (cat. 6). 7: Ceramic flagon (cat. 26). 8: Ceramic cup (cat. 27).

Dessins et DAO M. Robert.

Ossuaire en plomb

  • 5 Deux autres ossuaires en plomb provenant de Lillebonne sont inventoriés au musée des Antiquités de (...)

14L’ossuaire en plomb (fig. 5, no 1) renfermait la grande cruche cylindrique en verre qui contenait les restes brûlés du défunt (fig. 5, no 2). C’est une pièce de mobilier à vocation a priori exclusivement funéraire, qu’on ne retrouve pas en contexte domestique (Cochet, 2000, p. 77). Localement, plusieurs ossuaires similaires ont été mis au jour dans la nécropole du Catillon toute proche (Boüard, 1972, p. 347)5, mais également à Bolbec et Saint-Maurice-d’Ételan à une dizaine de kilomètres de Lillebonne (Cochet, 1865, p. 187 ; Cochet, 1868, p. 70). Ces objets sont attestés dans d’autres régions de Gaule, notamment en Narbonnaise (Bel, 2002, p. 96 ; Nin, 2006, p. 124, fig. 139-140). Cependant, on en connaît mal l’aire géographique et la chronologie de diffusion, ainsi que le contexte social d’utilisation (Feugère, 2011, p. 32) : ces ossuaires en plomb peuvent-ils être interprétés comme le signe distinctif d’un statut social privilégié, de même que les sarcophages ? En raison de leur faible nombre dans les nécropoles, L. Tranoy les considère ainsi (Tranoy, 2002, p. 108), et l'hypothèse retenue pour l'exemplaire de Lillebonne au vu de son contexte de découverte (cf. infra).

Verreries

  • 6 Des rayures sont visibles à l’intérieur des récipients, dans la partie inférieure de leur panse.

15Plusieurs récipients en verre font partie du mobilier : une grande cruche cylindrique utilisée ici comme ossuaire (fig. 5, no 2), trois bouteilles à panse parallélépipédique (fig. 5, no 3-5) et une autre cruche à panse cylindrique de plus faible volume (fig. 5, no 6). Leurs formes sont connues en contexte domestique pour le stockage d’aliments solides ou liquides. Elles sont communes dans le nord des Gaules, et notamment dans la province de Lyonnaise aux iie et iiie siècles (Sennequier, 2013, p. 170, 174 et 176). Les trois bouteilles rectangulaires portent en outre une marque sous leur base, ce qui est très fréquent pour ce type de récipient (Foy, 2015, p. 353) : un D au centre d’un losange dont les extrémités forment une pelta (fig. 9, no 1), un SVB rétrograde au centre d’un rectangle (fig. 9, no 2) et un B au centre d’un rectangle (fig. 9, no 3). On ne sait cependant pas si elles se rapportent à l’atelier de production du contenu et/ou du contenant (Vaudour, 2009, p. 44 ; Sennequier, 2013, p. 171 ; Foy, 2015, p. 368). Parmi ces récipients, le vase ossuaire (fig. 5, no 2) et la cruche à panse cylindrique (fig. 5, no 6) portent des traces d’une utilisation antérieure6.

16Le dauphin en verre soufflé noir doré (fig. 7, no 1) est le plus original des objets en verre de cette sépulture. Il trouve peu de comparaisons à l’échelle de l’Empire romain, et aucune en verre (Arveiller-Dulong et al., 2003, p. 153) : le plus proche exemple est un dauphin en cristal de roche, découvert à Carthage (Tunisie) au début du xixe siècle et daté du iiie ou du ive siècle de notre ère (Carton, 1915, p. 339-340). Quelques dauphins en terre cuite sont également connus en Gaule, provenant de Toulon-sur-Allier (Allier) et Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) (Tudot, 1984, pl. 47 ; Rouvier-Jeanlin, 1972, p. 363), mais aussi bien plus lointainement à Myrina (Turquie) et Eubée (Grèce) (Sennequier, 2013, p. 191). L’iconographie et la technique d’exécution du dauphin découvert à Lillebonne suggèrent une provenance de Grèce ou du Proche-Orient (ibid., p. 191). Son usage est cependant plus difficile à déterminer en raison du peu d’éléments de comparaison, mais aussi du fait de son caractère fragmentaire. La queue a toujours été manquante : elle présentait peut-être à l’origine un orifice à son extrémité pouvant servir de bec et de goulot (Cochet, 1865, p. 192), mais ceci est sans certitude (Sennequier, 2013, p. 191).

17Le cétacé est de manière générale souvent associé symboliquement à l’eau, expliquant peut-être la popularité du thème des dauphins affrontés dans le décor des poignées de bassins métalliques (Riha, 2001, p. 24 ; Chardron-Picault, 2005, p. 138) : on peut pourquoi pas y voir un lien d’usage, en rapport avec la toilette ou la pratique du banquet par exemple. Le dauphin est aussi connu pour son rôle psychopompe et/ou prophylactique (Boucher, 1964, p. 32), ce qui peut aider à interpréter sa présence en contexte funéraire comme c’est le cas ici. Une utilisation purement décorative de ce dauphin en verre soufflé est également possible (Sennequier, 2013, p. 191). La dorure en paillettes du verre constitutif de l’objet est une technique très rare à l’époque romaine, qui consiste à rouler la paraison sur une feuille d’or. Les nageoires ont quant à elle été façonnées soit par travail à la pince, soit grâce à des fils rapportés à chaud, ou encore directement sur le corps de l’animal (Vaudour, 2009, p. 22 ; Sennequier, 2013, p. 191).

Céramiques

18Le mobilier de la sépulture comporte seulement deux récipients en céramique : une cruche à pâte orange clair (fig. 5, no 7) et un gobelet en céramique fine à engobe noir (fig. 5, no 8), deux formes très répandues dans le nord de la province de Lyonnaise aux iie et iiie siècles (Blaszkiewicz et al., 1986, p. 132-133). Ces deux récipients appartiennent au répertoire des vases à liquides.

19Le premier est issu d’une production probablement régionale (Adrian, 2001, p. 122 ; 2010, p. 505-506). Le deuxième est rattachable à la céramique métallescente caractéristique des ateliers de sigillée de Gaule centrale, en particulier Lezoux (Desbat, 2011, p. 190 ; Desbat, Picon, 1996, p. 476-477).

Vaisselle en argent

20Quatre pièces de vaisselle en argent proviennent également de la sépulture : deux cuillères (fig. 7, no 28-29), une coupe (fig. 7, no 30) et un plat ovale (fig. 7, no 31). Les premières, respectivement une ligula (fig. 7, no 28) et un cochlear (fig. 7, no 29), ne portent aucun décor, mais chacune révèle un graffito gravé (la lettre M) sur leur manche (fig. 10, no 1). La première cuillère est datable de la fin du Ier au début du iiie siècle (Riha, Stern, 1982, p. 14). La seconde peut être rattachée au iiie siècle grâce à de nombreuses comparaisons (Baratte, 1981, p. 72, no 41-42 ; Riha, Stern, 1982, p. 20). Les M gravés n’apparaissent pas dans les descriptions qu’en fait l’abbé Cochet (Cochet, 1865, p. 201-203) : ils ne sont mentionnés dans la littérature qu’après le don de l’ensemble du mobilier de la tombe au musée en 1964 (Yvart, 1967, p. 56 ; Yvart, Sennequier, 1975, p. 93 ; Baratte, 1978, p. 1 ; Baratte, Painter, 1989, p. 106 ; Hébert, 2001, p. 35 ; Dorion-Peyronnet, 2015, p. 51). Ils pourraient donc ne pas être contemporains du dépôt de ces cuillères, mais être un ajout bien plus récent, peut-être réalisé par un membre de la famille qui a détenu la collection pendant près d’un siècle. On ne peut cependant exclure qu’ils aient échappé à l’abbé Cochet, comme c’est d’ailleurs le cas pour les graffiti de la coupe et du plat (cf. infra), ou passer pour des éléments de décor : en effet, leur style et leur patine semblent renvoyer à une exécution ancienne (fig. 10, no 1). Ils pourraient alors être interprétés comme un marque de propriété, ou plus simplement l’initiale d’un nom (Baratte, 1978, p. 1).

21La coupe (fig. 7, no 30) dispose d’un décor végétal stylisé composé de palmettes et de fleurs de lotus, ce qui permet de la dater du iie ou du iiie siècle (Baratte, Painter, 1989, p. 106). Son pied annulaire porte une inscription interprétée comme iuliane (fig. 10, no 2), similaire au graffito iuliani présent sur le pied du plat ovale (fig. 7, no 31), où elle est accompagnée de l’inscription scutillam (fig. 10, no 3) (Baratte, 1978, p. 4). Il s’agit peut-être du nom du (Iuliani, génitif de Iulianus ?) ou de la (Iulianae, génitif de Iuliana ?) propriétaire, comme on le présume pour la majorité des inscriptions de ce type sur vaisselle (Baratte, 1993, p. 263). Leur emplacement sur ces pièces en argent montre qu’elles n’étaient pas destinées à être vues (Baratte, 2003, p. 209) : peut-être ont-elles été gravées au moment de leur dépôt dans la tombe. Le terme scutillam peut quant à lui être rapproché du mot scutellam (plateau, soucoupe en latin). La première ligne de l’inscription apposée sur le pied du plat n’a, en revanche, pas pu être déchiffrée (fig. 10, no 3.2) (Baratte, 1978, p. 4).

Figure 6 : Mobilier de la sépulture. / Figure 6: Grave goods.

Figure 6 : Mobilier de la sépulture. / Figure 6: Grave goods.

Récipients en alliage cuivreux. 1 : Cruche à panse ovoïde (cat. 32). 2 : Cruche à panse piriforme (cat. 33). 3 : Bassin à deux anses (cat. 34). 4 : Bassin à anse unique (cat. 35). / Copper-based alloy vessel. 1: Ovoid belly flagon (cat. 32). 2: Piriformis belly flagon (cat. 33). 3: Two handles basin (cat. 34). 4: One handle basin (cat. 35).

Dessins et DAO M. Robert.

Figure 7 : Mobilier de la sépulture. / Figure 7: Grave goods.

Figure 7 : Mobilier de la sépulture. / Figure 7: Grave goods.

1 : Dauphin en verre soufflé (cat. 7). 2 : Encrier (?) en alliage cuivreux (cat. 30). 3 : Coupelle en alliage cuivreux (cat. 31). 4-20 : Pions en pâte de verre (cat. 8-24). 21 : Jeton en os (cat. 25). 22 : Poignard en fer (cat. 28). 23-25 : Strigiles et leur anse en alliage cuivreux (cat. 36-38). 26 : Anse d’aryballe (?) en alliage cuivreux (cat. 39). 27 : Vase plastique anthropomorphe en alliage cuivreux (cat. 40). 28 : Ligula en argent (cat. 43). 29 : Cochlear en argent (cat. 44). 30 : Coupe en argent (cat. 45). 31 : Plat en argent (cat. 46). Non représenté : Fourreau en os (cat. 29). Disparus : Coquillage original (cat. 41), petit récipient en verre (cat. 47), objet indéterminé en fer (cat. 48). / 1: Blown glass dolphin (cat. 7). 2: Copper-based alloy inkwell (?) (cat. 30). 3: Copper-based alloy cup (cat. 31). 4-20: Glass paste pawns (cat. 8-24). 21: Bone counter (cat. 25). 22: Iron-based alloy dagger (cat. 28). 23-25: Copper-based alloy strigils and their handle (cat. 36-38). 26: Copper-based alloy aryballos handle (?) (cat. 39). 27: Copper-based alloy anthropomorphic plastic vase (cat. 40). 28: Silver ligula (cat. 43). 29: Silver cochlear (cat. 44). 30: Silver cup (cat. 45). 31: Silver plate (cat. 46). Not shown: bone scabbard (cat. 29). Missing: original shell (cat. 41), little glass container (cat. 47), iron-based alloy undetermined object (cat. 48).

Dessins et DAO M. Robert.

Figure 8 : Mobilier de la sépulture. Coquilles d'animaux marins. / Figure 8: Grave goods. Shells of marine animals.

Figure 8 : Mobilier de la sépulture. Coquilles d'animaux marins. / Figure 8: Grave goods. Shells of marine animals.

1 : Squelette d'éponge (cliché M. Robert). 2 : Spécimen identique de Charonia Lampas placé parmi le mobilier pour remplacer le coquillage d'origine, manquant (cliché A. Huon). / 1: Sponge skeleton. 2 Identical specimen of Charonia Lampas put among the other artefacts to stand for the original missing shell.

Figure 9 : Marques visibles sous les bouteilles à panse parallélépipédique (Sennequier, 2013, p. 277-278, no 606-208). / Figure 9: Visible marks below the parallelepiped belly glass bottles.

Figure 9 : Marques visibles sous les bouteilles à panse parallélépipédique (Sennequier, 2013, p. 277-278, no 606-208). / Figure 9: Visible marks below the parallelepiped belly glass bottles.

1 : LILL.Marc.1864-1965.0.3 (cat. 3). 2 : LILL.Marc.1864-1965.0.4 (cat. 4). 3 : LILL.Marc.1864-1965.0.5 (cat. 5). / 1: LILL.Marc.1864-1965.0.3 (cat. 3). 2: LILL.Marc.1864-1965.0.4  (cat. 4). 3: LILL.Marc.1864-1965.0.5 (cat. 5).

Figure 10 : Graffiti visibles sur la vaisselle en argent. 1 : Cuillères (cat. 43-44). 2 : Coupe (cat. 45). 3 : Plat (cat. 46), (1) deux dernières lignes de l'inscription relevée par J. Mallon (1968, p. 140, fig. 1), et (2) inscription complète telle que visible de nos jours. Clichés V. Bruneau, CVS (Lillebonne). / Figure 10: Visible graffiti on the silver vessel. 1: Spoons (cat. 43-44). 2: Cup (cat. 45). 3: Plate (cat. 46), (1) last two lines of the inscription transcribed by J. Mallon (1968, p. 140, fig. 1), and (2) full inscription visible today. Shots V. Bruneau, CVS (Lillebonne).

Figure 10 : Graffiti visibles sur la vaisselle en argent. 1 : Cuillères (cat. 43-44). 2 : Coupe (cat. 45). 3 : Plat (cat. 46), (1) deux dernières lignes de l'inscription relevée par J. Mallon (1968, p. 140, fig. 1), et (2) inscription complète telle que visible de nos jours. Clichés V. Bruneau, CVS (Lillebonne). / Figure 10: Visible graffiti on the silver vessel. 1: Spoons (cat. 43-44). 2: Cup (cat. 45). 3: Plate (cat. 46), (1) last two lines of the inscription transcribed by J. Mallon (1968, p. 140, fig. 1), and (2) full inscription visible today. Shots V. Bruneau, CVS (Lillebonne).

Figure 10-2 : Coupe (cat. 45).

Figure 10-2 : Coupe (cat. 45).

DAO M. Robert.

Figure 10-3 : Plat (cat. 46).

Figure 10-3 : Plat (cat. 46).

DAO M. Robert.

22Le décor du marli du plat ovale (fig. 7, no 31) est le plus complexe de tout le mobilier de la sépulture. Dans un premier temps moulé puis repris au ciselet pour les détails (Baratte, 1978, p. 4), il est structuré par quatre têtes placées aux extrémités, entre lesquelles se développent des représentations zoomorphes, végétales, architecturales ainsi que quelques objets cultuels (fig. 11). Les espaces vides sont décorés en abondance de fleurs gravées. Trois thèmes décoratifs sont traités conjointement : le monde de l’eau avec les représentations, sur les anses, du dieu Okeanos (Océan) accompagné de dauphins et de gouttelettes gravées (fig. 11, légende noire) ; l’iconographie dionysiaque illustrée par les figures de Pan, du satyre et des objets à caractère cultuel (fig. 11, légende gris foncé) ; le monde pastoral enfin caractérisé par les représentations animales et végétales (fig. 11, légende gris clair). Les comparaisons morphologiques et stylistiques sont nombreuses, et permettent de dater ce plat entre le iie siècle et le début du ive siècle (Baratte, 1978, p. 12-16). Il apparaît comme un rare exemple de vaisselle en argent découvert en contexte funéraire dans le nord des Gaules.

Figure 11 : Schéma interprétatif du décor du plat ovale en argent (cat. 46) / Figure 11: Interpretive scheme of the silver plate’s decoration (cat. 46)

Figure 11 : Schéma interprétatif du décor du plat ovale en argent (cat. 46) / Figure 11: Interpretive scheme of the silver plate’s decoration (cat. 46)

Robert 2016, p. 65, fig. 36, d’après Baratte, 1978, p. 7.

Cliché V. Bruneau, CVS (Lillebonne). DAO M. Robert.

Vaisselle en alliage cuivreux

23Six pièces de vaisselle en alliage cuivreux font également partie du mobilier de la sépulture : deux cruches (fig. 6, no 1-2), deux bassins (fig. 6, no 3-4), et deux coupelles (fig. 7, no 2-3).

24Les deux cruches sont des vases du service à boire, mais ont aussi pu être employées pour la toilette ou lors des libations. La cruche à panse ovoïde (fig. 6, no 1) est rattachable au type 1 des cruches dites « occidentales » établi par S. Tassinari, dont l’attache inférieure représente couramment un pied humain : il est répandu en Britannia, dans le nord et l’est des Gaules et en Germanie aux IIe et IIIe siècles (Tassinari, 1973, p. 135-38). La relation entre ces cruches à panse ovoïde à attache inférieure d’anse en forme de pied, et des exemplaires de forme identique au décor d’anse différent, comme la cruche de la sépulture de Lillebonne qui possède une attache foliacée, est cependant mal connue (ibid., p. 138).

  • 7 Microscope électronique à balayage (MEB) couplé à un spectromètre à énergie dispersive (EDS).

25La cruche à panse piriforme (fig. 6, no 2) appartient au type Eggers 128 (Eggers, 1951) et plus particulièrement à son sous-groupe IB, produit entre le milieu du iie siècle et la seconde moitié du iiie siècle (Bolla, 1979, p. 25). Issues de Campanie puis produites dans d’autres provinces occidentales de l’Empire, ces cruches sont très appréciées en Gaule (Feugère, 1994, p. 152, no 34) : elles sont toutefois peu nombreuses dans l’ouest, mais bien plus fréquentes en Gaule de l’Est et en Germanie (Cavalier, 1988, p. 53 ; Bertrand, à paraître). Leur aspect piriforme évoque un travail à la recingle, technique attestée depuis au moins le ive siècle avant notre ère qui permet de créer des reliefs sur un objet à ouverture étroite (Arminjon, Bilimoff, 1998, p. 131). La surface de couleur grise de l’exemplaire de la sépulture de Lillebonne, jusque-là interprétée comme une argenture (Cochet, 1865, p. 197 ; Yvart, 1967, p. 48), a donné lieu à des analyses élémentaires par MEB-EDS7 réalisées par le laboratoire Arc’Antique (Nantes) : les résultats suggèrent plutôt un traitement de revêtement à l’étain (fig. 12).

Figure 12 : Résultats des analyses élémentaires par MEB-EDS sur des prélèvements de la cruche piriforme en alliage cuivreux. / Figure 12: Results of the elemental analysis made with SEM‑SED on samples of the copper-based alloy piriformis belly flagon.

Figure 12 : Résultats des analyses élémentaires par MEB-EDS sur des prélèvements de la cruche piriforme en alliage cuivreux. / Figure 12: Results of the elemental analysis made with SEM‑SED on samples of the copper-based alloy piriformis belly flagon.

1 : Spectre EDS du métal de base du corps de la cruche. 2 : Image en électrons rétrodiffusés du métal de couverture du corps de la cruche. / 1: SED spectrum of the belly's base metal. 2: Backscattered electron image of the belly's covering metal.

Analyses et restitutions C. Pelé-Méziani, Arc’Antique (Nantes).

26Les bassins sont souvent associés à des cruches en contexte funéraire, et c’est le cas ici. Leur usage fait également débat : service et présentation des aliments, mélange du vin et de l’eau lors du repas, toilette, libations… Le bassin à deux anses (fig. 6, no 3) appartient au type Tassinari S4000, daté des ier et iie siècles (Tassinari, 1995, p. 59, no 40). C’est une forme présente dans toutes les provinces occidentales de l’Empire, mais surtout en Italie (Tassinari, 1993, p. 95). L’actuelle couleur dorée de l’exemplaire de la sépulture lillebonnaise, qui lui a valu la désignation de « bronze doré » (Cochet, 1865, p. 197 ; Yvart, 1967, p. 48 ; Harmand, 1968, p. 129), est en réalité la couleur d’origine du bronze, non atteinte par l’action de produits de corrosion (Descamps-Lequime, 2010, p. 117). Le bassin doté d’une anse unique (fig. 6, no 4) est quant à lui issu d’une production plus provinciale – peut-être rhénane –, comme le montrent les nombreux éléments de comparaison provenant de Germanie ; il est daté des iie et iiie siècles (Tassinari, 1995, p. 94, no 99).

27La petite coupe caliciforme (fig. 7, no 3) évoque dans sa forme les brûle-parfums notamment identifiés parmi le répertoire en céramique commune rouge de Lyon (Laroche, 1997, p. 56-57, pl. 15, no 1), et a ainsi pu être utilisée lors des funérailles et dans le cadre d’un rite d’opposition (Poux, 2009, p. 30-31, p. 41). Il peut cependant s’agir plus simplement d’une coupelle à boire. Sa masse importante – presque 84 grammes – et sa panse déformée laissent deviner un alliage cuivreux au plomb.

28La forme de la coupe cylindrique (fig. 7, no 2) rappelle les encriers datés du iiie siècle, au décor de lignes horizontales souvent plus marqué (Božič, Feugère, 2004, p. 35). Le couvercle percé caractéristique de ce type d’objet étant absent et aucun autre objet de la tombe ne se rapportant de manière évidente à l’écriture, on ne peut cependant être absolument certain que cet objet ait eu cet usage. Il a pu plus simplement servir de coupe à boire, comme la coupe caliciforme (fig. 7, no 3) : on retrouve par exemple des formes similaires parmi les gobelets en céramique à parois fines (Vilvorder, 2010).

Objets associés aux soins du corps

29Une paire de strigiles en alliage cuivreux et leur anse de suspension (fig. 7, no 23-25), une éponge (fig. 8, no 1) ainsi, moins sûrement, qu’une possible anse d’aryballe (fig. 7, no 26) constituent l’ensemble des objets liés à la toilette présents dans la sépulture.

30Le dépôt de strigiles est ici notable car ces objets liés au bain et au sport sont plutôt rares dans les Trois Gaules, contrairement à la Gaule Narbonnaise (Thuillier, 1989 ; Bel, 2002, p. 149 ; Mallet, 2009, p. 118). En raison de la forme de leur manche, ceux de Lillebonne ne peuvent être intégrés à la typologie établie par F. Mallet (2009, p. 122, fig. 8) et sont sans équivalent connu en Gaule romaine. Ils ont pu faire partie intégrante de la panoplie personnelle du défunt en tant qu’objets du quotidien (comme le suggère l’anse, qui les rend transportables), ou avoir servi à la toilette de la dépouille. Toutefois, ils ne présentent pas de traces évidentes d’usure. Le décor en gouttelettes des manches évoque celui généralement attribué à la massue d’Hercule, par exemple connu sur des manches de miroirs en plomb, en alliage cuivreux et en argent provenant des provinces orientales et méridionales de l’Empire romain (Héron de Villefosse, 1899, p. 23 et 128, no 98 ; Tudor, 1948 ; Lloyd-Morgan, 1977, p. 229 ; Buora, Magnani, 2015, p. 21, no 30). On retrouve une variante de ce décor sur l’anse d’aryballe (fig. 7, no 26). Retrouvée seule, cette dernière était nécessairement associée à un récipient aujourd’hui disparu, peut-être le petit récipient en verre découvert brisé dans la tombe (cat. 47). Ce type d’anse mobile en forme d’oméga est connu pour des situles, des pots globulaires ou des balsamaires, soit des récipients en métal ou en verre destinés pour la plupart au transport et à la conservation de produits de toilette ou pharmaceutiques : l’anse peut être rattachée, à titre d’hypothèse, au nécessaire de toilette de la sépulture de Lillebonne. Son décor permet de la dater entre le iie et le ive siècle (Baratte et al., 1984, p. 129 ; Buora, Magnani, 2015, p. 21-22).

  • 8 Une datation radiocarbone de cette éponge pourrait être envisagée, bien que l’effet réservoir impor (...)
  • 9 Probablement de l’actuel golfe de Gabès, célèbre pour ses éponges jusqu’à l’époque contemporaine (T (...)

31Une éponge (fig. 8, no 1) a également été découverte parmi le mobilier8. L’abbé Cochet en avait envoyé quelques échantillons au Dr. Bowerbanck, naturaliste anglais spécialiste des éponges, qui l’a désignée sous l’appellation commerciale de « bonne éponge de Turquie » (Cochet, 1865, p. 206-207). M. Yvart a requalifié ce terme en « éponge de type grec » (Yvart, 1967, p. 56) : ces anciennes dénominations suggèrent une provenance méditerranéenne à confirmer. Pline parle en effet d’éponges d’Afrique et de Rhodes (Histoire Naturelle, XXXI, 47), tandis que Martial évoque une spongia punica (Épigrammes, IV, 10, 5), provenant donc des environs de Carthage9. Le tarif de Zaraï, lapidaire daté de 202 et découvert à la frontière de la Numidie et de la Maurétanie Césarienne, permet d’en connaître le prix grâce à ses inscriptions : la taxe d’un demi-sesterce appliquée aux éponges autorise à fixer le coût de dix livres de ces produits à vingt-cinq sesterces (Bourgarel-Musso, 1934, p. 373 ; Morizot, 2009, p. 14). On a peu de mentions de telles découvertes en contexte funéraire à l’époque romaine, probablement en raison des difficultés de conservation de ces objets.

32Les éponges étaient utilisées dans le cadre de la toilette et des soins (Pline, Histoire Naturelle, XXXI, 47 ; Camps-Fabrer, 1996, p. 2663) : notre exemplaire serait alors à associer aux strigiles (fig. 7, no 23-25) et à l’anse d’aryballe (fig. 7, no 26) découverts dans la même sépulture. Il a aussi pu servir pour effacer l’encre lors de l’écriture (Ibid., p. 2663 ; Božič, Feugère, 2004, p. 35 ; Raux, Widehen, 2015, p. 681), et serait en conséquence à mettre en lien avec l’hypothétique encrier (fig. 7, no 2). Cependant, sa grande taille ne joue pas en faveur de cette hypothèse.

Divertissement

  • 10 Sa couleur verte est due à une oxydation issue d’un objet en alliage cuivreux placé à lorsqu’il éta (...)

33Dix-sept pions hémisphériques (seize en pâte de verre, un en os) et un jeton discoïde en os font aujourd’hui partie du mobilier de la tombe de Lillebonne : ils sont à rattacher à la catégorie fonctionnelle du divertissement. À l’origine, ce sont dix-sept pions hémisphériques en pâte de verre qui ont été découverts dans la tombe : l’abbé Cochet en dénombrait lors de la découverte dix blancs et sept noirs (Cochet, 1865, p. 192). Or on en compte aujourd’hui neuf blancs (fig. 7, no 4-12), sept noirs (fig. 7, no 13-19) et un de couleur verte10 en os (fig. 7, no 20). Ce dernier a peut-être été placé avec les autres pour remplacer un pion perdu et maintenir le « bon compte » établi par l’abbé Cochet lors de la découverte de la sépulture. Ces pions appartiennent tous au type Béal A XXXIV,2, connus au minimum du ier au ive siècle (Béal, 1983, p. 322). Ils semblent former un set de jeu (complet ou non ?) qui appartenait peut-être au défunt.

34Le seul jeton discoïde en os (fig. 7, no 21) présent dans le mobilier de la sépulture est de type Béal A XXXIII,6 et est daté du milieu du iie au iiie siècle (Béal, 1983, p. 305). Il était appelé « tessère » par l’abbé Cochet (1865, p. 192).

Équipement militaire

35Un poignard à base fer (fig. 7, no 22) et son fourreau en os (cat. 29) accompagnaient aussi le défunt dans sa sépulture. L’arme a longtemps été identifiée comme une arme sacrificielle (Cochet, 1865, p. 194 ; Yvart, 1967, p. 47 ; Harmand, 1968, p. 129). Elle est incomplète : il en subsiste la lame, deux morceaux de soie et un fragment de bouterolle. L’absence d’éléments métalliques se rapportant à la préhension suggère une poignée en bois ou en cuir disparue. Les résidus de la garde présents en haut de la lame auraient pu aider à l’identification de son matériau, mais ils ont été recouverts d’un épais vernis qui en rend la surface illisible.

36La lame pistilliforme à nervure centrale permet d’identifier ce poignard comme une arme militaire romaine d’inspiration tardo-républicaine, dite pugio ou pugiunculus hispaniensis, réservée à l’infanterie, légionnaire ou auxiliaire (Deschler-Erb, 1999, p. 28 ; Feugère, 2002, p. 163 ; Poux, 2008, p. 327). On lui prête cependant plutôt un rôle d’apparat et/ou d’arme de réserve, surtout pour les iie et iiie siècles où les découvertes se font plus rares (Nicolay, 2007, p. 29).

37Le fourreau qui l’accompagnait est très fragmentaire et livre peu d’informations sur l’objet d’origine. Son matériau est identifié comme de l’ivoire depuis sa découverte (Cochet, 1865, p. 194 ; Yvart, 1967, p. 47) : cependant, l’examen de la surface sous loupe binoculaire a permis de mettre en évidence des canaux de Havers attestant sa nature osseuse (Robert, 2016, p. 137).

38La présence d’un tel objet dans une sépulture relativement tardive (cf. infra) permet de proposer une fonction autre que militaire, par exemple la chasse, qui est d’ailleurs une pratique réservée aux élites. Si l’on considère aussi l’éloignement de Juliobona par rapport au limes, cette arme a pu être rapportée par son propriétaire dans sa ville d’origine après son service dans l’armée.

Objets de fonction indéterminée

39La fonction principale de deux objets mis au jour dans la sépulture n’a pas pu être déterminée : le vase plastique anthropomorphe (fig. 7, no 27), aux multiples usages possibles, et le coquillage (cat. 41), dont le dépôt en contexte funéraire est mal connu.

40Le vase en alliage cuivreux, fabriqué en fonte à la cire perdue (Pirio, 1996, p. 122 ; Marti, 1996, p. 982), représente un jeune homme vêtu d’une peau de bête. Son état de conservation est assez exceptionnel : en effet, il est plutôt rare de retrouver ces objets complets, ou presque (Marti, 1996, p. 985) : seul le piédouche sur lequel reposait le vase est manquant.

  • 11 La nébride est une peau de bête sauvage, le plus souvent de cervidé, portée en vêtement : elle fait (...)

41Iconographiquement, ce vase appartient au type A, et plus précisément au sous-groupe Nebr.II de la typologie de V. Marti-Clercx, qui rassemble les figures d’hommes jeunes vêtus de la peau de bête dite nébride11, et sans feuille à la base des anneaux de suspension (Marti-Clercx, 1999, p. 64-65) : il peut donc être daté entre la fin du ier et la fin du iiie siècle (Marti, 1996, p. 983-984 ; Marti-Clercx, 1999, p. 81 et 117). On pourrait voir dans cette représentation une simplification des attributs de Bacchus, ou au contraire une volonté de représenter uniquement la nébride pour ne pas créer de confusion avec les images du dieu, et donc plutôt illustrer alors un personnage d’inspiration bachique. Une influence des représentations d’Antinoüs, favori décédé de l’empereur Hadrien, est aussi à envisager, notamment dans le traitement de la chevelure et de la physionomie de l’exemplaire de Lillebonne (ibid., p. 81). Ses yeux rougis, jusqu’ici interprété comme de l’émail (Yvart, 1967, p. 53), évoquent une incrustation de cuivre oxydé (Marti-Clercx, 1999, vol. 2, p. 412).

42Sa désignation courante comme « balsamaire » ou « vase à parfum » oriente vers un contenu de type huile ou baume parfumé utilisé dans le cadre de la toilette et/ou des sports. Cependant, les réflexions portant sur ce sujet sont nombreuses et complexes en raison de sa forme si particulière : en effet, l’absence de goulot ou de bec verseur implique l’usage d’un long ustensile, freiné par la forme des épaules (Marti, 1996, p. 986 ; Marti-Clercx, 1999, p. 170), et son utilisation comme brûloir de produits odorants tels que des grains d’encens, pastilles d’ambre ou épices (Pirio, 1996, p. 123 ; Marti, 1996, p. 989 ; Marti-Clercx, 1999, p. 174) est rendue difficile par le faible apport en oxygène dû à la forme fermée du récipient (Marti, 1996, p. 990). Cependant, toutes ces hypothèses doivent être nuancées par le contexte funéraire de la découverte : l’objet n’étant pas déposé pour être utilisé, il a pu contenir dans ce cas précis un produit non adapté à sa forme, comme cela aurait été le cas en contexte domestique. En effet, il ne présente aucune trace d’usure, ce qui laisse supposer qu’il n’a pas ou peu été utilisé avant d’être placé dans la sépulture. Le « corps gras » très altéré découvert à l’intérieur (cf. supra) n’est malheureusement pas d’un grand secours pour le préciser en l’absence d’analyses biochimiques. Il n’est donc à ce stade pas possible de savoir à quelle catégorie fonctionnelle a appartenu ce vase plastique.

  • 12 Information aimablement communiquée par Y. Gruet, malacologue et maître de conférences honoraire de (...)

43Le coquillage original déposé dans la tombe, aujourd’hui remplacé par un spécimen similaire récent (fig. 8, no 2), a été identifié comme le squelette externe d’un Charonia Nodifera d’après photographie par G. Lennier, directeur du muséum du Havre, à la demande de l’abbé Cochet (1865, p. 207, note 1). Cette espèce est aujourd’hui plus communément désignée sous le nom de triton noueux ou Charonia Lampas, mollusque gastéropode de la famille des Ranellidae12 commun en Méditerranée et dans les régions chaudes de l’Atlantique Nord (Canaries) à l’époque romaine (Bardot, 2010, vol. 1, p. 85 et 208-209). Difficile à interpréter, la pratique du dépôt funéraire de coquillage exogène semble relativement rare en Gaule. Localement, on signale le dépôt de deux coquilles de Cypraeidae, une autre famille de coquillages exogènes issus des mêmes régions que les Ranellidae : l’un a été découvert dans la vallée de l’Eaulne (Seine-Maritime) au milieu du xixe siècle (Fallue, 1855, p. 149), l’autre en 2011 dans la nécropole du Catillon, à Lillebonne (Kliesch, 2011, p. 89).

44Pline signale l’utilisation des tritons comme instrument de musique (Histoire Naturelle, IX, 4 et 61). Des exemplaires dont l’extrémité – l’apex – a été coupée dans ce but ont été mis au jour à Pompéi, Herculanum et Boscoreale (Italie) (Bardot, 2010, vol. 1, p. 238 ; Reese, 2002, p. 293-295). Il n’est cependant pas possible de confirmer cette utilisation du coquillage de Lillebonne en l’absence du spécimen d’origine. Il a pu simplement être déposé pour son caractère esthétique, son exotisme (Brien-Poitevin, 1991, p. 231) ou encore posséder une valeur affective ou de souvenir.

3. Interprétations

Caractérisation du défunt

  • 13 Les détails de ce rapport d’étude ne sont pas connus.

45Depuis la découverte de la sépulture, l’identité du défunt a longuement fait débat. Comme cela a déjà été mentionné (cf. supra), une étude ostéologique des os brûlés a été réalisée en 1967 à la demande de M. Yvart, conservateur du musée de Lillebonne. Les analyses, effectuées par le Dr. Tardif, de Rouen, ont démontré que le défunt était un jeune adulte de 17 ou 18 ans, sans qu’il soit possible de déterminer son sexe (Yvart, 1967, p. 62 ; Yvart, Sennequier, 1975, p. 95-96)13. Il convient de nuancer ces résultats en raison des problèmes d’identification que pose une crémation, de l’absence d’informations sur la méthodologie employée pour l’expertise ou encore de l’expérience inconnue de ce médecin en anthropologie.

  • 14 Cette faible quantité d’ossements peut être interprétée comme un ramassage accidentel de restes iss (...)
  • 15 L’humérus gauche présente une coloration noire à gris foncé, caractéristique d’un trop grand éloign (...)

46En 2017, une seconde expertise a été menée par V. Brunet (archéo-anthropologue, Evéha) sur le dépôt osseux d’une masse totale de 1073,9 g (Brunet, 2017, p. 1) : elle a permis de mettre en évidence un défunt principal (99 % de la masse des restes) à l’âge osseux compris entre 13 et 20 ans, et un défunt secondaire (1 % de la masse des restes) à l’âge osseux est compris entre 1 et 12 ans14 (ibid., p. 4). Tous deux sont de sexe indéterminé (ibid., p. 6). L’étude des ossements a également rendu possible la collecte d’informations sur le processus de crémation du défunt principal, grâce aux différents degrés de combustion visibles sur le squelette : la combustion, poussée mais non uniforme15, a ainsi duré au moins une heure à plus de 500 °C. L’importante fragmentation des restes suggère en outre un ringardage du bûcher au cours de la crémation (ibid., p. 6).

  • 16 Bien que ce type de mobilier (les armes) ne soit pas totalement discriminant, si l’on considère les (...)
  • 17 Même en cas d’intentions religieuses, le plat ne désignerait pas spécifiquement un prêtre.

47Aucun indice concernant l’âge du défunt n’est fourni par le mobilier. En revanche, l’absence de parures féminines et la présence d’une arme invitent à identifier un homme16, comme l’avait proposé l’abbé Cochet (1865, p. 208). La fonction de prêtre, avancée par plusieurs auteurs (ibid., 1865, p. 209 ; Harmand, 1968, p. 130), paraît peu vraisemblable : en effet, l’étude du mobilier a permis de démontrer que le poignard n’est pas sacrificiel, qu’il n’est pas possible de déterminer avec exactitude la fonction des cruches et des bassins déposés, que le vase plastique anthropomorphe ne peut en l’état être interprété comme une représentation de Bacchus, que le décor bachique du plat en argent enfin peut relever de nombreuses intentions ou symboliques autres que religieuses17. En l’état actuel des connaissances, il est ainsi peu probable que les objets réunis dans cette sépulture aient eu une fonction cultuelle, comme cela a été avancé par le passé (Yvart, 1967, p. 62).

Datation de la sépulture

48La plupart des objets sont datés par leur typologie des iie et iiie siècles, mais c’est le gobelet en céramique métallescente qui offre l’intervalle de datation le plus restreint (fig. 13) : sa période de diffusion s’étend en effet de la fin du iie siècle au premier tiers du iiie siècle (cf. supra). Celle de la plupart des autres objets se limite aux trois premiers siècles de notre ère (par exemple la vaisselle métallique ou les verreries). Quelques parallèles ont été notés avec des productions de l’Antiquité tardive, comme c’est le cas des pions en pâte de verre, de l’anse d’aryballe (?) en alliage cuivreux et du plat en argent. L’ossuaire en plomb, le dauphin en verre soufflé et la coupelle en alliage cuivreux ne peuvent être datés plus précisément que de l’époque romaine en général, en raison du manque d’éléments de comparaison contextualisés connus à ce jour.

Figure 13 : Synthèse typo-chronologique du mobilier. / Figure 13: Grave goods’ typochronology synthesis.

Figure 13 : Synthèse typo-chronologique du mobilier. / Figure 13: Grave goods’ typochronology synthesis.

Robert, 2016, p. 200, fig. 147.

DAO M. Robert.

  • 18 Trois demeures aristocratiques ont été identifiées à Juliobona : leur situation en limite d’agglomé (...)

49La synthèse typo-chronologique du mobilier permet donc de proposer une datation de la sépulture entre la fin du iie siècle et le premier tiers du iiie siècle. Elle concorde ainsi avec celle admise par les récentes publications, soit la fin du iie ou le début du iiie siècle (Yvart, 1967, p. 66 ; Yvart, Sennequier, 1975, p. 96 ; Baratte, Painter, 1989, p. 106 ; Rogeret, 1997, p. 364 ; Vaudour, 2009, p. 22 ; Dorion-Peyronnet, 2015, p. 51). Elle correspond d’ailleurs à une période où l’urbanisme est particulièrement dynamique à Juliobona : aux iie et iiie siècles, le théâtre s’agrandit, de vastes thermes et de grandes propriétés urbaines ou suburbaines18 voient le jour (Follain, 1989b, p. 56-60 ; Fichet de Clairfontaine et al., 2004, p. 145 ; Mutarelli, 2011, p. 13-14), traduisant une capacité d’investissement importante des élites locales (auxquelles a probablement appartenu le défunt) dans les constructions publiques et privées.

Statut social, influences culturelles et dynamiques économiques

50Le mobilier de la tombe livre de nombreux indices d’un statut social élevé : en effet, la richesse et le caractère ostentatoire des matériaux et des formes, les produits d’importation et les marqueurs de la culture romaine sont autant d’éléments qui en témoignent. La grande quantité d’objets déposés dans la tombe enfin est un signe supplémentaire du rang social manifestement élevé du défunt et de sa famille.

51Plusieurs récipients métalliques, bien que de fabrication provinciale, sont en effet directement inspirés de formes italiques (cruche et bassin, anse d’aryballe ?), tandis que certaines pièces relèvent clairement d’importations (dauphin en verre, éponge et coquillage) : elles sont issues d’échanges à l’échelle de l’Empire romain (fig. 14), voire ont pu être ramenées par des membres voyageurs de l’élite. Les deux objets plus originaux, le dauphin en verre et le coquillage, peuvent être des souvenirs de voyage, des cadeaux, ou posséder une autre valeur, par exemple affective, qui nous échappe. Les récipients en céramique et en verre traduisent quant à eux une empreinte provinciale voire locale forte à travers des formes typiques des Gaules romaines en général, et du nord-ouest de celles-ci en particulier pour certains : la présence de ces objets plus communs montre une consommation de biens du quotidien provenant de circuits commerciaux plus courts. Tout comme l’ensemble de pions et le jeton, ces récipients ne font pas partie des signes distinctifs d’un statut social particulier, contrairement à beaucoup d’autres objets.

Figure 14 : Carte des différentes provenances présumées du mobilier. / Figure 14: Map of the artefacts’ presumed origins.

Figure 14 : Carte des différentes provenances présumées du mobilier. / Figure 14: Map of the artefacts’ presumed origins.

DAO M. Robert.

52Dans les sépultures privilégiées de Gaule romaine, l’attachement des proches autant que la dimension sociale ont tendance à être exprimées par une forme de luxe : en ce sens, on observe une continuité avec les pratiques funéraires laténiennes (Ferdière, 2004, p. 38-40). Cependant, le statut n’est parfois pas uniquement exprimé par le mobilier, mais aussi – et surtout à la période concernée ici – par une monumentalisation de la tombe ou une ostentation dans les funérailles par exemple (ibid., p. 35 ; Polfer, 2007, p. 194 ; Castorio, 2011, p. 675) : c’était peut-être le cas pour la sépulture remarquable de Lillebonne, mais le temps et l’urbanisation constante depuis l’Antiquité ont pu effacer toute trace visible en surface. Le mobilier de cette tombe, réuni par les vivants pour la sépulture de leur proche, suffit toutefois à entrevoir l’expression collective de ce statut social élevé (Ferdière, 2004, p. 42). En effet, le dépôt d’objets précieux peut être interprété comme une volonté de pérennisation des richesses du défunt et de sa famille à travers la mort, assurant ainsi symboliquement l’héritage matériel et social qu’il a reçu et transmettra (Poux, 2009, p. 29). Néanmoins, il convient d’être prudent sur la nature même de ce statut à partir de l’étude du mobilier seul : il n’est qu’une des expressions du contexte et des circonstances complexes dans lesquels le défunt a été mis en terre (Polfer, 2007, p. 198).

Comparaisons avec d’autres sépultures privilégiées dans le nord-ouest des Gaules

53Aucune sépulture aussi singulière n’est actuellement connue pour cette époque dans le nord de la province de Lyonnaise. Des comparaisons avec des ensembles funéraires remarquables, datées des iie et iiie siècles et situées dans des régions voisines du nord et de l’ouest des Gaules, sont cependant envisageables.

54Dans la cité des Pictons par exemple, plusieurs sépultures datées entre la fin du ier siècle et le début du iiie siècle présentent les caractéristiques de tombes privilégiées : il s’agit pour la plupart d’inhumations, et leur mobilier est composé d’un grand nombre de vases en céramique et en verre (parfois importés), déposés en tout ou partie dans un coffre, à côté d’objets de toilette ainsi que, parfois, d’éléments de parure et de dépôts alimentaires. C’est le cas des sépultures de Nalliers, Saint-Médard-des-Prés et Bouillé-Courdault en Vendée, ainsi que de celle de Bessines dans les Deux-Sèvres et de L’Houmeau en Charente-Maritime (Ferdière, Villard, 1993, p. 223-225 ; Simon-Hiernard, 1993, p. 308-309 ; Bertrand, 2012, p. 32-33 ; Guitton et al., 2012 ; Péris, 2012 ; Santrot 2012). On remarque toutefois plusieurs différences avec la tombe de Lillebonne : l’absence d’armes et de vaisselle métallique, le plus grand nombre de récipients en verre et céramique, le contexte rural.

55Quelques sépultures privilégiées semblent également avoir ponctué le territoire turon dans le courant ou aux abords du iiie siècle comme les deux tombes mises au jour à Ports et Cheillé (Indre-et-Loire), et qui ont fourni de nombreux éléments de vaisselle en verre et en céramique (Ferdière, Villard, 1993, p. 226-227). Ainsi, le mobilier de la deuxième comprend entre autre des poignards en fer, des objets de toilette, des éléments de parure en matériaux précieux (or, ivoire, ambre, cristal de roche) : elle est cependant datée approximativement du Haut-Empire, hors de ses débuts, et mériterait une nouvelle étude (ibid., p. 227).

56En Gaule Belgique plus proche, les sépultures remarquables des cités ambienne, atrébate et nervienne, datées entre la fin du ier et le début du iie siècle, attirent l’attention : le grand nombre de récipients en céramique locale, dont une majorité de formes ouvertes, et la présence ponctuelle de pièces de vaisselle en alliage cuivreux, d’objets domestiques en fer et de lampes à huile sont la preuve d’une ostentation manifeste (Bayard, 1993 ; Marcy et al., 2008 ; Soupart et al., 2008). On peut citer par exemple les sépultures de Trinquies, du Behen et du Plouy (Somme), ainsi que celles de Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais) et de Fontaine-Notre-Dame (Nord). Les différences avec la sépulture lillebonnaise sont relativement similaires à celles constatées avec les tombes pictonnes.

  • 19 Les objets dits « symboliques » tels qu’un œuf d’autruche ou une coquille en ambre ont été interpré (...)
  • 20 On y retrouve notamment les deux types de cruches présentes dans la tombe lillebonnaise.
  • 21 Les ensembles funéraires sont composés à la fois d’objets « neufs » et usagés (Massart, 1997, p. 10 (...)

57Plus tardivement, aux iie et iiie siècles de notre ère, la civitas des Tongres voisine, en Germanie inférieure, se couvre de tumuli destinés à recueillir les restes des défunts appartenant à l’élite (Ferdière, Villard, 1993, p. 250 ; Massart, 1997, p. 107). Ils sont célèbres pour leurs dépôts de mobilier exceptionnels, dont les caractéristiques principales – vaisselle en verre et métal, instruments de toilette et objets rares de nature décorative ou symbolique19 (ibid., p. 105 ; 2006, p. 82) – rappellent par bien des aspects la sépulture de Lillebonne. La phase 3 de ce groupe en particulier (soit la plus tardive, datée entre le dernier quart du IIe et le début du iiie siècle), où la vaisselle en céramique se raréfie au profit de la vaisselle en verre et surtout en métal20, est la plus comparable : elle évoque une mutation des usages funéraires, et peut-être domestiques21 au tournant du iiie siècle (Massart, 1997, p. 107, p. 110 ; 2006, p. 82). L’argent semble être un matériau absent de ces sépultures. De même, aucune arme n’y est signalée, même si des pièces de char et de harnachement de chevaux ont été découvertes dans plusieurs tombes. Elles sont interprétées comme une tradition laténienne (Massart, 1997, p. 119). Cette explication doit être nuancée par la longue période qui sépare la conquête des Gaules du dépôt de ces objets à vocation guerrière : cependant, l’accumulation de mobilier riche dans une sépulture peut être en soit interprétée comme une pratique d’origine gauloise (Ferdière, 2004, p. 35 et 38-39). On peut ainsi plus sûrement les relier à la symbolique du pouvoir et du statut social qui y est généralement associée en Gaule au Haut-Empire, ou plus pragmatiquement à la chasse, autre pratique élitaire impliquant des armes, comme cela a été fait pour le poignard de la tombe lillebonnaise (cf. supra). La sépulture remarquable de Herstal (province de Liège, Belgique), datée de la deuxième moitié du iie siècle, en est un exemple : 42 objets y ont été découverts, dont des accessoires de toilette, un set de pions de jeu et de la vaisselle en céramique, verre et bronze en grande quantité, interprétée comme un service « de banquet » et « à ablutions » (Amand, Mariën, 1976, pl. 12-2 à 12-12 ; Bardiès-Fronty, Walter, 2010, p. 66).

  • 22 Tout comme pour la sépulture lillebonnaise, les os brûlés des défunts des sépultures privilégiées d (...)

58D’intéressantes comparaisons, certes plus lointaines, peuvent également être faites avec la nécropole de Noviomagus (Nimègue, Pays-Bas), capitale des Bataves : les tombes 8 et 9, fouillées en 1982 et datées respectivement de 90-95 et 100-115, contenaient entre 50 et 60 objets, dont des récipients en céramique et en verre22, mais aussi de nombreuses pièces de vaisselle métallique d’influence italique pouvant faire partie d’un nécessaire à boire ou d’ablutions, ainsi que des instruments de toilette et d’écriture. La sépulture 8 a également livré quelques armes (Koster, 2013, p. 53-62). On retrouve ici de nombreux points communs avec la sépulture de Lillebonne, autant dans les formes et matériaux des objets que dans les signes d’adhésion à la culture romaine et le nombre important d’objets volontairement déposés avec ces défunts issus d’une classe sociale élevée.

59En définitive, l’étude du mobilier déposé par les élites dans leurs sépultures au Haut-Empire met en évidence des pratiques funéraires aristocratiques proches dans le nord-ouest de la Lyonnaise, en Gaule Belgique et jusqu’en Germanie, où certaines tombes présentent des dépôts d’objets très semblables à celui de la tombe lillebonnaise. Quelques influences sont mêmes envisageables, la comparaison avec la civitas des Tongres étant par exemple particulièrement notable, à la fois en termes de composition et de formes du mobilier. La datation de la sépulture privilégiée de Lillebonne est en outre proche de celle de ces éléments de comparaison extra-régionaux, dont on pourrait d’ailleurs trouver d’autres exemples plus éloignés, notamment en Narbonnaise (Feugère, 1993, p. 132-133 ; Fiches, 1993, p. 335-337).

4. Conclusion

60Le mobilier de la sépulture privilégiée de Juliobona est une des rares expressions connues du haut statut social de certaines familles habitant ce chef-lieu de cité : leur goût pour les productions raffinées et exotiques doit être mis en relation avec la position de la ville au sein de multiples réseaux commerciaux, à la fois provinciaux et à grande échelle, progressivement développés depuis la création de la ville au début du ier siècle de notre ère. De plus, des membres de ces familles ont pu voyager dans des contrées lointaines et rapporter leurs acquisitions, comme en témoigne l’exotisme des objets de provenance méditerranéenne découverts dans la tombe. L’ostentation des funérailles d’un défunt ou d’une défunte d’une classe sociale élevée, traduite ici par la propension à accumuler au sein de sépultures des objets d’origine, de valeur et de fonction variées, constitue un comportement commun aux élites des iie et iiie siècles en Gaule romaine, confirmé par de multiples comparaisons extra-régionales.

61La nécropole du Catillon, seul contexte funéraire de Juliobona attesté par l’archéologie récente, a par ailleurs révélé un faciès plus courant pour le Haut-Empire (Robert, 2016), de nombreux signes d’un niveau de vie modeste y côtoyant quelques indices d’aisance : ils accentuent de ce fait le caractère remarquable de la tombe découverte en 1864 de l’autre côté de la ville, qui reste à ce jour un témoignage singulier des pratiques funéraires élitaires dans le nord de la province de Lyonnaise.

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Annexe

Catalogue

Chaque entrée du catalogue est consacrée à un objet. Sa notice détaille le matériau, les dimensions exprimées en millimètres et la masse en grammes (lorsqu’elle est pertinente), le numéro d’inventaire au sein de la collection du musée intercommunal de Lillebonne, une description détaillée, la typologie et la datation associée (lorsqu’elles sont connues) ainsi que les références bibliographiques principales ayant servi pour son étude. Ces notices sont extraites d’un mémoire de recherche sur l’instrumentum des contextes funéraires de Juliobona (Robert, 2016) et sont classées par numéro d’inventaire.

1. Ossuaire (fig. 5, 5, no 1)

  • Plomb

  • Corps : H. 315 mm ; D. 270 mm ; ép. 3,0 x 4,3 mm ; Couvercle : H. 19,8 mm ; D. 280 mm ; ép. 4,2 mm

  • LILL.Marc.1864-1965.0.1

  • Récipient cylindrique à parois verticales. Décor extérieur de perles et pirouettes disposées en frises formant un rectangle dans lequel s’inscrit une croix de Saint-André, répété cinq fois sur le pourtour de la virole. Motif de croix en perles et pirouettes reproduit sur le couvercle à bords rabattus, une série de trois cercles disposés en triangle entre chaque bras. Fond plat.

  • (Cochet, 2000, p. 77-96 ; Tranoy, 2002, p. 108 ; Feugère, 2011, p. 32)

2. Cruche (fig. 5, no 2)

  • Verre

  • H. 276 mm ; D. base 250 mm ; D. max panse 260 mm environ ; H. col 66,3 mm ; D. ext. embouchure 116,5 mm

  • LILL.Marc.1864-1965.0.2

  • Cruche à panse cylindrique légèrement évasée vers le haut. Fond peu rentrant. Col large, cylindrique avec léger étranglement à la base. Lèvre évasée horizontalement et repliée sur l’intérieur. Anse coudée finement nervurée. Nombreuses rayures à l’intérieur de la panse attestant un usage antérieur.

  • Type HN 14.2A, variante d’Isings 51a et de Morin-Jean 8 : iie-iiie s. (Morin-Jean, 1922-23, p. 53 ; Isings, 1957, p. 67-68 ; Sennequier, 2013, p. 174).

3. Bouteille à panse rectangulaire (fig. 5, no 3)

  • Verre

  • H. 199 mm ; L. x l. base 107,9 x 59,1 mm ; H. col 49,5 mm ; D. ext. embouchure 55,0 mm

  • LILL.Marc.1864-1965.0.3

  • Bouteille à panse prismatique de section rectangulaire. Fond légèrement rentrant. Col cylindrique, lèvre évasée largement à l’extérieur et repliée horizontalement sur l’intérieur. Deux anses à trois grosses nervures. Fond porte un D au centre d’un losange dont les deux extrémités terminent par une pelta. Pas de traces d’usage antérieur.

  • Type HN 13.3A, Isings 90, Morin-Jean 16 : iie-début iiie s. (Morin-Jean, 1922-23, p. 64-65 ; Isings, 1957, p. 108 ; Sennequier, 2013, p. 170)

4. Bouteille à panse rectangulaire (fig. 5, no 4)

  • Verre

  • H. 189 mm ; L. x l. base 110,2 x 66,6 mm ; H. col 42,7 mm ; D. ext. embouchure 68,7 mm

  • LILL.Marc.1864-1965.0.4

  • Bouteille à panse prismatique de section rectangulaire. Fond légèrement rentrant. Col cylindrique, lèvre évasée largement à l’extérieur et repliée horizontalement sur l’intérieur. Deux anses à trois grosses nervures. Fond porte un SVB rétrograde au centre d’un rectangle. Pas de traces d’usage antérieur. Dépôt solide noirâtre à l’intérieur, analysé lors de sa découverte comme un corps graisseux (Cochet 1865, p. 190).

  • Type HN 13.3A, Isings 90, Morin-Jean 16 : iie-début iiie s. (Morin-Jean, 1922-23, p. 64-65 ; Isings, 1957, p. 108 ; Sennequier, 2013, p. 170)

5. Bouteille à panse rectangulaire (fig. 5, no 5)

  • Verre

  • H. 193 mm ; L. x l. base 108,8 x 60,7 mm ; H. col 48,4 mm ; D. ext. embouchure 62,3 mm

  • LILL.Marc.1864-1965.0.5

  • Bouteille à panse prismatique de section rectangulaire. Fond légèrement rentrant. Col cylindrique, lèvre évasée largement à l’extérieur et repliée horizontalement sur l’intérieur. Deux anses à trois grosses nervures. Fond portait un B au centre d’un rectangle, aujourd’hui disparu. Pas de traces d’usage antérieur.

  • Type HN 13.3A, Isings 90, Morin-Jean 16 : iie-Début iiie s. (Morin-Jean, 1922-23, p. 64-65 ; Isings, 1957, p. 108 ; Sennequier, 2013, p. 170)

6. Cruche à panse cylindrique (fig. 5, no 6)

  • Verre

  • H. 261 mm ; D. base 112,8 mm ; H. col 52,3 mm ; D. ext. Embouchure 76,0 mm

  • LILL.Marc.1864-1965.0.6

  • Cruche à panse cylindrique. Fond légèrement rentrant. Col cylindrique s’évasant en partie supérieure, lèvre coupée et arrondie par chauffage, doublée d’un cordon rapporté. Anse coudée, finement nervurée. Décor de lignes gravées sur le fond et la panse, pas de trace de pontil. Nombreuses rayures à l’intérieur de la panse attestant un usage antérieur. Identifiée comme un barillet frontinien depuis sa découverte.

  • Type HN 14.4, Isings 126 : 2e moitié iie ou début iiie-Début ive s. (Isings, 1957, p. 156-157 ; Sennequier, 2013, p. 176)

7. Dauphin (fig. 7, no 1)

  • Verre

  • L. 223 mm ; H. max 56,0 mm ; m. 131,7 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.7

  • Objet en forme de dauphin reconnaissable au long bec, au front bombé et à la longue queue fragmentaire. 2 nageoires pectorales très en arrière, 1 nageoire dorsale, 2 nageoires pelviennes et 1 nageoire anale. Verre soufflé noir opaque d’épaisseur moyenne et partiellement doré.

  • Type HN 16.1 (Sennequier, 2013, p. 191, no 732).

8. Pion (fig. 7, no 4)

  • Verre

  • D. 25,3 mm ; ép. 7,0 mm ; m. 6,6 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.8

  • Pion hémisphérique en verre opaque blanc. Cassé sur un bord. Surface décolorée sur un côté.

  • Type Béal A XXXIV,2 : ier-ive s. (Béal, 1983, p. 322)

9. Pion (fig. 7, no 5)

  • Verre

  • D. 21,7 x 22,3 mm ; ép. 7,0 mm ; m. 5,1 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.9

  • Pion hémisphérique en verre opaque blanc. Surface décolorée par endroits.

  • Type Béal A XXXIV,2 : ier-ive s. (Béal, 1983, p. 322)

10. Pion (fig. 7, no 6)

  • Verre

  • D. 20,0 x 20,8 mm ; ép. 6,9 mm ; m. 4,4 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.10

  • Pion hémisphérique en verre opaque blanc. Surface décolorée par endroits.

  • Type Béal A XXXIV,2 : ier-ive s. (Béal, 1983, p. 322)

11. Pion (fig. 7, no 7)

  • Verre

  • D. 23,2 x 24,3 mm ; ép. 7,3 mm ; m. 6,0 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.11

  • Pion hémisphérique en verre opaque blanc tirant sur le brun clair. Cassé sur un côté.

  • Type Béal A XXXIV,2 : ier-ive s. (Béal, 1983, p. 322)

12. Pion (fig. 7, no 8)

  • Verre

  • D. 20,6 x 22,2 mm ; ép. 12,2 mm ; m. 5,8 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.12

  • Pion hémisphérique en verre opaque blanc. Percement cylindrique au centre de la face plate. Surface bombée partiellement abrasée.

  • Type Béal A XXXIV,2 : ier-ive s. (Béal, 1983, p. 322)

13. Pion (fig. 7, no 9)

  • Verre

  • D. 19,8 mm ; ép. 6,7 mm ; m. 3,9 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.13

  • Pion hémisphérique en verre opaque blanc.

  • Type Béal A XXXIV,2 : ier-ive s. (Béal, 1983, p. 322)

14. Pion (fig. 7, no 10)

  • Verre

  • D. 23,2 x 24,3 mm ; ép. 7,5 mm ; m. 6,3 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.14

  • Pion hémisphérique en verre opaque blanc.

  • Type Béal A XXXIV,2 : ier-ive s. (Béal, 1983, p. 322)

15. Pion (fig. 7, no 11)

  • Verre

  • D. 20,0 x 20,6 mm ; ép. 6,9 mm ; m. 4,4 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.15

  • Pion hémisphérique en verre opaque blanc. Une partie rugueuse et noirâtre.

  • Type Béal A XXXIV,2 : ier-ive s. (Béal, 1983, p. 322)

16. Pion (fig. 7, no 12)

  • Verre

  • D. 21,0 x 21,9 mm ; ép. 6,9 mm ; m. 4,9 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.16

  • Pion hémisphérique en verre opaque blanc.

  • Type Béal A XXXIV,2 : ier-ive s. (Béal, 1983, p. 322)

17. Pion (fig. 7, no 13)

  • Verre

  • D. 21,0 x 22,1 mm ; ép. 8,0 mm ; m. 5,6 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.17

  • Pion hémisphérique en verre opaque noir.

  • Type Béal A XXXIV,2 : ier-ive s. (Béal, 1983, p. 322)

18. Pion (fig. 7, no 14)

  • Verre

  • D. 18,8 x 19,5 mm ; ép. 7,0 mm ; m. 4,0 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.18

  • Pion hémisphérique en verre opaque noir. Taches blanches sur la surface.

  • Type Béal A XXXIV,2 : ier-ive s. (Béal, 1983, p. 322)

19. Pion (fig. 7, no 15)

  • Verre

  • D. 17,3 x 18,1 mm ; ép. 6,8 mm ; m. 3,2 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.19

  • Pion hémisphérique en verre opaque noir.

  • Type Béal A XXXIV,2 : ier-ive s. (Béal, 1983, p. 322)

20. Pion (fig. 7, no 16)

  • Verre

  • D. 17,3 x 18,1 mm ; ép. 6,8 mm ; m. 3,2 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.20

  • Pion hémisphérique en verre opaque noir.

  • Type Béal A XXXIV,2 : ier-ive s. (Béal, 1983, p. 322)

21. Pion (fig. 7, no 17)

  • Verre

  • D. 17,8 x 18,6 mm ; ép. 7,1 mm ; m. 3,6 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.21

  • Pion hémisphérique en verre opaque noir.

  • Type Béal A XXXIV,2 : ier-ive s. (Béal, 1983, p. 322)

22. Pion (fig. 7, no 18)

  • Verre

  • D. 17,6 x 18,2 mm ; ép. 6,9 mm ; m. 3,2 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.22

  • Pion hémisphérique en verre opaque noir.

  • Type Béal A XXXIV,2 : ier-ive s. (Béal, 1983, p. 322)

23. Pion (fig. 7, no 19)

  • Verre

  • D. 17,6 x 18,4 mm ; ép. 6,8 mm ; m. 3,3 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.23

  • Pion hémisphérique en verre opaque noir. Taches blanches sur la surface.

  • Type Béal A XXXIV,2 : ier-ive s. (Béal, 1983, p. 322)

24. Pion (fig. 7, no 20)

  • Verre

  • D. 25,3 mm ; ép. 7,0 mm ; m. 6,6 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.24.1

  • Pion hémisphérique vert. Trou percé au sommet formant le centre de 5 cercles concentriques décorant la surface.

  • Type Béal A XXXIV,2 : ier-ive s. (Béal, 1983, p. 322)

25. Jeton (fig. 7, no 21)

  • Matière dure animale

  • D. 23,0 mm ; ép. 3,1 mm ; m. 2,4 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.24.2

  • Jeton discoïde de couleur verte, portant une série de trois gorges concentriques peu profondes. Centre occupé par un mamelon cylindrique, percé en son milieu, autour duquel se développe une dépression, dont les gorges marquent la limite. Face inférieure lisse. Peut ne pas être d’origine.

  • Type Béal A XXXIII,6 : milieu du iie-iiie s. (Béal, 1983, p. 305)

26. Cruche à une anse (fig. 5, no 7)

  • Céramique

  • H. 245 mm ; D. base 41,0 mm ; D. max. panse 145 mm environ ; D. embouchure ext. 48,5 mm

  • LILL.Marc.1864-1965.0.25

  • Cruche à une anse à pâte orange clair. Panse carénée. Lèvre en poulie séparée en deux par un sillon. Pied annulaire légèrement débordant. Cannelure en bas de la panse. Contenait lors de sa découverte un « résidu verdâtre et graisseux » (Cochet 1865, p. 188).

  • iie-iiie s. (Blaszkiewicz et al., 1986, p. 132-133 ; Adrian, 2001, p. 122 ; 2010, p. 505-506)

27. Gobelet (fig. 5, no 8)

  • Céramique

  • H. 153,2 mm ; D. base 44,5 mm ; D. max. panse 110 mm environ ; D. embouchure ext. 82,0 mm ; ép. lèvre 3,7 mm

  • LILL.Marc.1864-1965.0.26

  • Gobelet à engobe noir métallescent. Panse au profil convexe décorée de trois bandes de guillochis. Fond annulaire. Lèvre en bourrelet.

  • Fin iie-1er tiers iiie s. (Blaszkiewicz et al., 1986, p. 132-133 ; Desbat, Picon, 1996, p. 476-477 ; Desbat, 2011, p. 190)

28. Poignard (fig. 7, no 22)

  • Base fer

  • Lame : L. 305,7 mm ; l. 64,3 x 75,3 mm ; ép. 2,3 x 8,0 mm

  • Soie : L. x l. 72,7 x 24,5 mm ; ép. 2,6 mm

  • LILL.Marc.1864-1965.0.27.1

  • Poignard composé d’une lame triangulaire cintrée et bifide, à nervure centrale marquée, de deux fragments de soie et d’un fragment de bouterolle en alliage cuivreux.

  • ier-iiie s. (Feugère, 2002, p. 166 ; Nicolay, 2007, p. 29)

29. Fourreau

  • Matière dure animale

  • Fragment 1 : L. 224,9 mm ; ép. 6,5 mm

  • Fragment 2 : L. 190,7 mm ; ép. 10,4 mm

  • LILL.Marc.1864-1965.0.27.2

  • Fragments de fourreau du poignard 1965.0.27.1 encastrés dans une âme en contreplaqué et peint couleur blanc cassé23. Traces d’une extrémité en alliage cuivreux. Décor de 3 rainures parallèles au bord.

  • ier-iiie s. (Feugère, 2002, p. 166 ; Nicolay, 2007, p. 29)

30. Encrier (?) (fig. 7, no 2)

  • Alliage cuivreux

  • D. 40,5 mm ; H. 54,8 mm ; ép. 0,9 mm

  • LILL.Marc.1864-1965.0.28

  • Boîte cylindrique en tôle de ornée de trois séries de deux lignes incisés réparties sur toute la hauteur. Bords ébréchés.

  • iiie s. ? (Božič, Feugère, 2004, p. 35-36 ; Vilvorder, 2010)

31. Coupelle caliciforme (fig. 7, no 3)

  • Alliage cuivreux

  • H. 34,0 mm ; D. max panse 64,5 mm ; D. pied 30,5 mm ; ép. lèvre 1,9 mm ; m. 83,9 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.29

  • Coupelle caliciforme à panse carénée et pied circulaire évasé. Décor intérieur et extérieur de deux séries de deux lignes, l’un au sommet, l’autre à mi-panse. À l’intérieur, une autre série de deux cercles concentriques marque le fond de la coupe. Haut de la panse déformé.

  • (Laroche, 1997, p. 56-57, pl. 15, no 1 ; Poux, 2009, p. 26, p. 30-31, p. 41)

32. Cruche à panse ovoïde (fig. 6, no 1)

  • Alliage cuivreux

  • H. 308 mm ; D. max panse 152 mm ; D. base 103,8 mm ; D. embouchure 75,3 mm ; ép. lèvre 3,0 mm ; H. anse 111,5 mm ; m. > 1 kg

  • LILL.Marc.1864-1965.0.30

  • Cruche en tôle à haute base cylindrique fermée par une tôle circulaire. Panse ovoïde. Col étroit et élancé qui s’évase. Embouchure circulaire à lèvres épaisses formant un ressaut. Anse coulée à part, coudée à angle droit terminée par une attache inférieure foliacée fragmentaire et une attache supérieure à volutes simples. Poucier plat complété par un ergot foliacé.

  • iie-iiie s. (Tassinari, 1973, p. 138)

33. Cruche à panse piriforme (fig. 6, no 2)

  • Alliage cuivreux

  • H. 236 mm ; D. max panse 164 mm ; D. base 132,6 mm ; D. embouchure 57,8 mm ; ép. lèvre 8,2 mm ; H. anse 111,0 mm ; m. 702,8 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.31

  • Cruche en tôle, à panse piriforme légèrement enfoncée par endroits. Col étroit et élancé. Coulée à part et emboîtée par-dessus, une embouchure circulaire à lèvres épaisses et un bec de section semi-circulaire forment une seule pièce avec l’anse, surmontée d’une charnière (couvercle manquant) et terminée par une applique inférieure foliacée. Sommet du col qui passe à l’intérieur de l’embouchure coulée replié vers l’extérieur. Décor de lignes parallèles sur toute la hauteur du récipient.

  • Type Eggers 128, Bola Ib : milieu iie-2e moitié iiie s. (Eggers, 1951 ; Bolla, 1979, p. 25 ; Cavalier, 1988, p. 53 ; Feugère, 1994, p. 152, no 34)

34. Bassin à deux anses (fig. 6, no 3)

  • Alliage cuivreux

  • D. 274,2 mm ; H. 113,4 mm ; ép. lèvre 9,7 mm ; D. pied 82,9 mm ; L. x l. anse 113,3 x 54,8 mm ; ép. anse 13,2 mm

  • LILL.Marc.1864-1965.0.32

  • Bassin à panse carénée reposant sur un pied annulaire portant des moulures concentriques. Bord rentrant, lèvre plate. Décor de trois lignes incisées sur le haut de la panse. Deux anses latérales en arc de cercle, décorées de trois moulures transversales au milieu, et des pattes de fixation en forme de protomé de cheval.

  • Type Tassinari S4000 : ier-iie s. (Tassinari, 1995, p. 59, no 40, p. 95)

35. Bassin à anse unique (fig. 6, no 4)

  • Alliage cuivreux

  • D. 261,5 mm ; H. 75,6 mm ; ép. lèvre 3,5 mm ; L. x l. anse 101,9 x 54,2 mm ; ép. anse 9,8 mm

  • LILL.Marc.1864-1965.0.33

  • Bassin circulaire déformé en tôle à fond mince convexe en son centre. Flancs droits, bord légèrement évasé. Décor de groupes de lignes parallèles incisées sur le pourtour et le fond extérieur et intérieur. Unique anse de suspension mobile de forme sinusoïdale attachée au bassin par une paire d’attaches foliacées à anneaux fixée sous la lèvre.

  • iie-iiie s. (Tassinari, 1995, p. 94, no 99)

36. Strigile (fig. 7, no 23)

  • Alliage cuivreux

  • L. 211,5 mm ; L. manche 100,3 mm ; ép. manche 7,8 x 16,0 mm ; l. racloir 14,6 x 22,3 mm ; ép. racloir 2,0 mm

  • LILL.Marc.1864-1965.0.34.1

  • Strigile composé d’un manche plein tronconique décoré de gouttelettes incisées, terminé par une moulure de section polygonale, et d’une partie fonctionnelle constituée d’une plaque recourbée en gouttière, à l’extrémité cassée. Manche percé d’un trou quadrangulaire destiné à suspendre l’objet à l’anse 1965.0.34.3.

  • ier-iiie s. (Bel, 2002, p. 149 ; Mallet, 2009, p. 118, p. 126-128)

37. Strigile (fig. 7, no 24)

  • Alliage cuivreux

  • L. 211,5 mm ; L. manche 100,3 mm ; ép. manche 7,8 x 16,0 mm ; l. racloir 14,6 x 22,3 mm ; ép. racloir 2,0 mm

  • LILL.Marc.1864-1965.0.34.2

  • Strigile composé d’un manche plein tronconique décoré de gouttelettes incisées, terminé par une moulure de section polygonale, et d’une partie fonctionnelle constituée d’une plaque recourbée en gouttière, à l’extrémité cassée. Manche percé d’un trou quadrangulaire destiné à suspendre l’objet à l’anse 1965.0.34.3.

  • ier-iiie s. (Bel, 2002, p. 149 ; Mallet, 2009, p. 118, p. 126-128)

38. Anse de strigile (fig. 7, no 25)

  • Alliage cuivreux

  • L. 122,1 mm ; l. 60,7 mm ; ép. 7,1 x 8,8 mm

  • LILL.Marc.1864-1965.0.34.3

  • Anse de strigile fabriquée à partir de trois fines plaques de cuivre courbées et soudées les unes aux autres pour former un ovale. Trois séries de crans permettent de maintenir la paire de strigiles.

  • ier-iiie s. (Bel, 2002, p. 149 ; Mallet, 2009, p. 118, p. 126-128)

39. Anse d’aryballe (?) (fig. 7, no 26)

  • Alliage cuivreux

  • H. 125,5 mm ; l. max 112,2 mm ; ép. 4,5 x 9,3 mm ; D. anneaux 33 mm environ ; ép. anneaux 2,3 x 3,4 mm ; m. 131,5 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.35

  • Anse en oméga, aux extrémités en forme de félin couché sortant d’une feuille. Moulures en forme de palmettes qui marquent la limite avec la partie préhensible, elle-même ornée de décors végétaux ou motifs de queue de paon. Présence de deux anneaux aux extrémités formés d’une tige d’AC repliée et enroulée sur elle-même.

  • iie-ive s. (Baratte et al., 1984, p. 129 ; Buora, Magnani, 2015, p. 21-22)

40. Vase plastique anthropomorphe (fig. 7, no 27)

  • Alliage cuivreux

  • H. buste 131,4 mm ; L. x l. base buste 110,7 x 52,4 mm ; H. poignée 47,5 mm ; L. x l. poignée 110,5 x 27,0 mm ; D. couvercle 35,4 mm ; D. anneaux 18,0 mm ; m. 702,2 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.36

  • Vase plastique représentant le buste d’un jeune homme à la poitrine à demi-nue, une peau de bête drapée sur son épaule gauche. Incrustation (au cuivre ?) autour des yeux mimant un maquillage. Chevelure bouclée au sommet de laquelle est découpée une ouverture circulaire fermée par un couvercle à charnière. Poucier formé d’une mèche de cheveux en volume. Anneaux fixes soudées dans la chevelure supportant une poignée à décor de palmes bordées de perles, dont les extrémités sont recourbées en col de cygne. Dessous du vase fermé par une feuille en alliage cuivreux soudée, sur laquelle une trace circulaire atteste un piédouche manquant. Intérieur brut de fonderie.

  • Type Nebr.II : fin ier-iiie s. (Marti, 1996, p. 983-984 ; Marti-Clercx, 1999, p. 81, p. 117)

41. Coquillage

  • L. 220 mm environ

  • LILL.Marc.1864-1965.0.37

  • Mollusque gastéropode de la famille des Ranellidae, du genre Charonia, espèce Lampas. Était identifié par photo comme un Charonia Nodifera par G. Lennier, directeur du Muséum du Havre, sur la demande de l’abbé Cochet. Le coquillage présent aujourd’hui dans les collections est un spécimen dit « identique » (espèce et dimensions), placé dans le mobilier de la tombe en remplacement de l’exemplaire d’origine disparu.

  • (Brien-Poitevin, 1991, p. 231 ; Reese, 2002, p. 293-295 ; Bardot, 2010, vol. 1, p. 238 ; Manniez, 2011, p. 20-21 ; Koster, 2013, p. 180-181)

42. Éponge (fig. 8)

  • L. x l. max 97,3 x 65,3 mm ; ép. 4,2 x 19,8 mm

  • LILL.Marc.1864-1965.0.38

  • Fragment d’éponge peut-être à l’origine quadrangulaire.

  • (Bourgarel-Musso, 1934, p. 373 ; Camps-Fabrer, 1996, p. 2663 ; Božič, Feugère, 2004, p. 35 ; Morizot, 2009, p. 14 ; Raux, Widehen, 2015, p. 681)

43. Ligula (fig. 7, no 28)

  • Argent

  • L. 161,2 mm ; L. x l. cuilleron 56,2 x 39,6 mm ; ép. cuilleron 1,0 mm ; ép. manche 2,9 x 4,1 mm

  • LILL.Marc.1864-1965.0.40

  • Cuillère à cuilleron ovale cassé et manche de section quadrangulaire. Axe du cuilleron abaissé par rapport à celui du manche. Talon qui marque le raccord entre cuilleron et manche, haut du ressaut souligné par deux sillons en V, à la base de la face supérieure du cuilleron. Manche large de section plate dans sa partie sup., et orné de rainures longitudinales encadrés par des moulures transversales ; fin de section carré dans sa partie inf. Extrémité du manche en forme de bouton mouluré. « M » gravé au revers du manche.

  • Cuillère de type ligula : iiie siècle (Baratte, 1981, p. 72, no 41-42 ; Riha, Stern, 1982, p. 20 ; Prévot, 2013, p. 1327)

44. Cochlear (fig. 7, no 29)

  • Argent

  • L. 160,4 mm ; L. x l. cuilleron 37,0 x 20,4 mm ; ép. cuilleron 1,2 mm ; ép. manche 1,1 x 3,7 mm

  • LILL.Marc.1864-1965.0.41

  • Cuillère à cuilleron piriforme et manche de section quadrangulaire. Axe du cuilleron abaissé par rapport à celui du manche. Talon mouluré qui marque le raccord entre cuilleron et manche, haut du ressaut souligné par deux sillons en V, à la base de la face supérieure du cuilleron. Manche large de section plate dans sa partie sup., et orné de rainures longitudinales encadrés par des moulures transversales ; fin de section carré évoluant en circulaire vers la pointe effilée dans sa partie inf. Transition entre les deux formée de moulures sphériques. « M » gravé au revers du manche.

  • Cuillère de type cochlear : fin ier-début iiie s. (Riha, Stern, 1982, p. 14)

45. Coupe (fig. 7, no 30)

  • Argent

  • D. 78,9 mm ; H. 31,0 mm ; ép. 2,7 mm ; m. 86,4 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.42

  • Coupe circulaire à pied annulaire légèrement concave. Panse entièrement recouverte d’un décor végétal stylisé composé de palmettes et fleurs de lotus alternées et reliées par des rameaux.

  • iie-iiie s. ? (Baratte, Painter, 1989, p. 106)

46. Plat ovale à deux anses (fig. 7, no 31)

  • Argent

  • L. 181,9 mm ; l. max 98,0 mm ; H. 11,2 mm ; ép. bords 2,2 mm ; ép. anses 1,4 mm ; m. 121,6 g

  • LILL.Marc.1864-1965.0.43

  • Plateau ovale à bords débordants, séparés de la dépression centrale par un petit bourrelet, et qui s’élargissent en forme d’anses aux deux extrémités du grand axe. Bords ornés sur tout le pourtour d’un décor moulé et repris au ciselet, structuré par quatre têtes placées aux extrémités et entre lesquelles se développent des représentations zoomorphes, végétales, architecturales et quelques objets cultuels. Revers sans décor, dont le centre est délimité par un pied de forme ovale légèrement concave, constitué d’un bourrelet de section quadrangulaire, au sein duquel s’inscrit un graffito.

  • iie-ive s. (Baratte, 1978, p. 12-16)

47. Récipient à panse circulaire

  • Verre

  • Dimensions inconnues

  • Petit récipient à panse circulaire et col allongé, disparu depuis sa découverte.

  • (Cochet, 1865, p. 188-189)

48. Objet indéterminé

  • Alliage ferreux

  • Dimensions inconnues

  • Objet de forme et de fonction indéterminées, disparu depuis sa découverte. Pourrait être un second poignard (hypothèse non confirmée).

  • (Cochet, 1865, p. 194)

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Notes

1 On ne sait là si l’abbé Cochet prend comme repère le sommet ou le fond du caveau. Dans tous les cas, un recouvrement aussi important depuis l’époque romaine est difficile à expliquer.

2 L’activité culinaire et l’alimentation, les soins du corps, le divertissement, l’équipement militaire, le funéraire et les objets dont la fonction principale n’a pu être déterminée.

3 Les alliages cuivreux, l’argent, la céramique, les squelettes externes d’animaux marins, le fer, les matières dures animales, le verre et le plomb.

4 Information aimablement communiquée d’après photographies par S. Lemoine, conservateur-restaurateur spécialiste du métal au laboratoire Arc’Antique (Nantes, Loire‑Atlantique), en l’absence d’archives évoquant ces restaurations au musée de Lillebonne.

5 Deux autres ossuaires en plomb provenant de Lillebonne sont inventoriés au musée des Antiquités de Rouen sous les numéros 43(A) et 227.74(A), mais ne sont pas récolés.

6 Des rayures sont visibles à l’intérieur des récipients, dans la partie inférieure de leur panse.

7 Microscope électronique à balayage (MEB) couplé à un spectromètre à énergie dispersive (EDS).

8 Une datation radiocarbone de cette éponge pourrait être envisagée, bien que l’effet réservoir important propre aux organismes marins rende la datation de ce type d’objet imprécise (Bronk Ramsey, 2008, p. 260 et 262).

9 Probablement de l’actuel golfe de Gabès, célèbre pour ses éponges jusqu’à l’époque contemporaine (Trousset, 2002, p. 365).

10 Sa couleur verte est due à une oxydation issue d’un objet en alliage cuivreux placé à lorsqu’il était enfoui.

11 La nébride est une peau de bête sauvage, le plus souvent de cervidé, portée en vêtement : elle fait partie des attributs du culte bachique (Turcan, 1958, p. 274 ; Manfrini-Aragno, 1987, p. 103 et 143).

12 Information aimablement communiquée par Y. Gruet, malacologue et maître de conférences honoraire de la faculté des Sciences de l’Université de Nantes.

13 Les détails de ce rapport d’étude ne sont pas connus.

14 Cette faible quantité d’ossements peut être interprétée comme un ramassage accidentel de restes issus d’une crémation ayant précédée celle du sujet principal sur le bûcher (Brunet, 2017, p. 2).

15 L’humérus gauche présente une coloration noire à gris foncé, caractéristique d’un trop grand éloignement de cette partie du corps du point de chauffe le plus élevé du bûcher, résultat d’une gestion non uniforme de la crémation par les officiants (ibid., p. 5‑6).

16 Bien que ce type de mobilier (les armes) ne soit pas totalement discriminant, si l’on considère les travaux de C. Bélard sur l’âge du Fer qui nous invitent à relativiser notre interprétation de certains objets comme marqueurs de genre également pour l’époque romaine (Bélard, 2015 et 2017).

17 Même en cas d’intentions religieuses, le plat ne désignerait pas spécifiquement un prêtre.

18 Trois demeures aristocratiques ont été identifiées à Juliobona : leur situation en limite d’agglomération rend difficile leur détermination comme domus ou villa suburbaine.

19 Les objets dits « symboliques » tels qu’un œuf d’autruche ou une coquille en ambre ont été interprétés comme liés à des croyances (Massart, 2006, p. 84) : leur caractère exotique rappelle le dauphin en verre soufflé et le coquillage de la sépulture aristocratique de Lillebonne.

20 On y retrouve notamment les deux types de cruches présentes dans la tombe lillebonnaise.

21 Les ensembles funéraires sont composés à la fois d’objets « neufs » et usagés (Massart, 1997, p. 107).

22 Tout comme pour la sépulture lillebonnaise, les os brûlés des défunts des sépultures privilégiées de Noviomagus étaient déposés dans des vases ossuaires en verre (Koster, 2013, p. 38).

23 Il s’agit de l’ancienne présentation de l’objet : elle rend les limites du fourreau incertaines et ne permet pas une bonne restitution de l’objet sur photographie ou dessin.

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Table des illustrations

Titre Figure 1 : Localisation de Lillebonne (Seine-Maritime) en France et dans l'estuaire de la Seine (BD Alt. 250 m ; SRTM). / Figure 1: Location of Lillebonne (Seine-Maritime) in France and in the Seine's estuary (BD Alti 250m; SRTM).
Crédits DAO M. Robert.
URL http://journals.openedition.org/rao/docannexe/image/4132/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 889k
Titre Figure 2 : Plan général des vestiges antiques principaux de Juliobona(Lillebonne). / Figure 2: Global map of the main ancient remains of Juliobona (Lillebonne).
Crédits DAO M. Robert.
URL http://journals.openedition.org/rao/docannexe/image/4132/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 1,4M
Titre Figure 3 : Plan de Lillebonne dressé par l’abbé Cochet où sont représentés le théâtre, l’église, le château et la sépulture. / Figure 3: Map of Lillebonne made by abbot Cochet where the theater, the castle and the grave can be seen.
Légende Cochet, 1865, p. 180.
URL http://journals.openedition.org/rao/docannexe/image/4132/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 324k
Titre Figure 4 a: Mobilier de la sépulture / Figure 4a: Grave goods
Légende Commission départementale des Antiquités de Seine-Maritime, 1852-1873, III, p. 90-1 et 90-2. AD 76, 6 Fi 6 – 90).
URL http://journals.openedition.org/rao/docannexe/image/4132/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 455k
Titre Figure 4 b: Mobilier de la sépulture / Figure 4b: Grave goods
URL http://journals.openedition.org/rao/docannexe/image/4132/img-5.jpg
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Titre Figure 4 c: Mobilier de la sépulture / Figure 4c: Grave goods
URL http://journals.openedition.org/rao/docannexe/image/4132/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 552k
Titre Figure 5 : Mobilier de la sépulture. / Figure 5: Grave goods.
Légende Récipients en plomb, verre et céramique. 1 : Ossuaire en plomb (cat. 1). 2 : Cruche en verre (cat. 2). 3?5 : Bouteilles en verre (cat. 3-5). 6 : Cruche en verre (cat. 6). 7 : Cruche en céramique (cat. 26). 8 : Gobelet en céramique (cat. 27). / Lead, glass and ceramic vessel. 1: Lead ossuary (cat. 1). 2 : Glass flagon (cat. 2). 3-5: Glass bottles (cat. 3-5). 6: Glass flagon (cat. 6). 7: Ceramic flagon (cat. 26). 8: Ceramic cup (cat. 27).
Crédits Dessins et DAO M. Robert.
URL http://journals.openedition.org/rao/docannexe/image/4132/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 571k
Titre Figure 6 : Mobilier de la sépulture. / Figure 6: Grave goods.
Légende Récipients en alliage cuivreux. 1 : Cruche à panse ovoïde (cat. 32). 2 : Cruche à panse piriforme (cat. 33). 3 : Bassin à deux anses (cat. 34). 4 : Bassin à anse unique (cat. 35). / Copper-based alloy vessel. 1: Ovoid belly flagon (cat. 32). 2: Piriformis belly flagon (cat. 33). 3: Two handles basin (cat. 34). 4: One handle basin (cat. 35).
Crédits Dessins et DAO M. Robert.
URL http://journals.openedition.org/rao/docannexe/image/4132/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 871k
Titre Figure 7 : Mobilier de la sépulture. / Figure 7: Grave goods.
Légende 1 : Dauphin en verre soufflé (cat. 7). 2 : Encrier (?) en alliage cuivreux (cat. 30). 3 : Coupelle en alliage cuivreux (cat. 31). 4-20 : Pions en pâte de verre (cat. 8-24). 21 : Jeton en os (cat. 25). 22 : Poignard en fer (cat. 28). 23-25 : Strigiles et leur anse en alliage cuivreux (cat. 36-38). 26 : Anse d’aryballe (?) en alliage cuivreux (cat. 39). 27 : Vase plastique anthropomorphe en alliage cuivreux (cat. 40). 28 : Ligula en argent (cat. 43). 29 : Cochlear en argent (cat. 44). 30 : Coupe en argent (cat. 45). 31 : Plat en argent (cat. 46). Non représenté : Fourreau en os (cat. 29). Disparus : Coquillage original (cat. 41), petit récipient en verre (cat. 47), objet indéterminé en fer (cat. 48). / 1: Blown glass dolphin (cat. 7). 2: Copper-based alloy inkwell (?) (cat. 30). 3: Copper-based alloy cup (cat. 31). 4-20: Glass paste pawns (cat. 8-24). 21: Bone counter (cat. 25). 22: Iron-based alloy dagger (cat. 28). 23-25: Copper-based alloy strigils and their handle (cat. 36-38). 26: Copper-based alloy aryballos handle (?) (cat. 39). 27: Copper-based alloy anthropomorphic plastic vase (cat. 40). 28: Silver ligula (cat. 43). 29: Silver cochlear (cat. 44). 30: Silver cup (cat. 45). 31: Silver plate (cat. 46). Not shown: bone scabbard (cat. 29). Missing: original shell (cat. 41), little glass container (cat. 47), iron-based alloy undetermined object (cat. 48).
URL http://journals.openedition.org/rao/docannexe/image/4132/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 1,1M
Titre Figure 8 : Mobilier de la sépulture. Coquilles d'animaux marins. / Figure 8: Grave goods. Shells of marine animals.
Légende 1 : Squelette d'éponge (cliché M. Robert). 2 : Spécimen identique de Charonia Lampas placé parmi le mobilier pour remplacer le coquillage d'origine, manquant (cliché A. Huon). / 1: Sponge skeleton. 2 Identical specimen of Charonia Lampas put among the other artefacts to stand for the original missing shell.
URL http://journals.openedition.org/rao/docannexe/image/4132/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 815k
Titre Figure 9 : Marques visibles sous les bouteilles à panse parallélépipédique (Sennequier, 2013, p. 277-278, no 606-208). / Figure 9: Visible marks below the parallelepiped belly glass bottles.
Légende 1 : LILL.Marc.1864-1965.0.3 (cat. 3). 2 : LILL.Marc.1864-1965.0.4 (cat. 4). 3 : LILL.Marc.1864-1965.0.5 (cat. 5). / 1: LILL.Marc.1864-1965.0.3 (cat. 3). 2: LILL.Marc.1864-1965.0.4  (cat. 4). 3: LILL.Marc.1864-1965.0.5 (cat. 5).
URL http://journals.openedition.org/rao/docannexe/image/4132/img-11.jpg
Fichier image/jpeg, 620k
Titre Figure 10 : Graffiti visibles sur la vaisselle en argent. 1 : Cuillères (cat. 43-44). 2 : Coupe (cat. 45). 3 : Plat (cat. 46), (1) deux dernières lignes de l'inscription relevée par J. Mallon (1968, p. 140, fig. 1), et (2) inscription complète telle que visible de nos jours. Clichés V. Bruneau, CVS (Lillebonne). / Figure 10: Visible graffiti on the silver vessel. 1: Spoons (cat. 43-44). 2: Cup (cat. 45). 3: Plate (cat. 46), (1) last two lines of the inscription transcribed by J. Mallon (1968, p. 140, fig. 1), and (2) full inscription visible today. Shots V. Bruneau, CVS (Lillebonne).
URL http://journals.openedition.org/rao/docannexe/image/4132/img-12.jpg
Fichier image/jpeg, 283k
Titre Figure 10-2 : Coupe (cat. 45).
Crédits DAO M. Robert.
URL http://journals.openedition.org/rao/docannexe/image/4132/img-13.jpg
Fichier image/jpeg, 564k
Titre Figure 10-3 : Plat (cat. 46).
Crédits DAO M. Robert.
URL http://journals.openedition.org/rao/docannexe/image/4132/img-14.jpg
Fichier image/jpeg, 707k
Titre Figure 11 : Schéma interprétatif du décor du plat ovale en argent (cat. 46) / Figure 11: Interpretive scheme of the silver plate’s decoration (cat. 46)
Légende Robert 2016, p. 65, fig. 36, d’après Baratte, 1978, p. 7.
Crédits Cliché V. Bruneau, CVS (Lillebonne). DAO M. Robert.
URL http://journals.openedition.org/rao/docannexe/image/4132/img-15.jpg
Fichier image/jpeg, 432k
Titre Figure 12 : Résultats des analyses élémentaires par MEB-EDS sur des prélèvements de la cruche piriforme en alliage cuivreux. / Figure 12: Results of the elemental analysis made with SEM‑SED on samples of the copper-based alloy piriformis belly flagon.
URL http://journals.openedition.org/rao/docannexe/image/4132/img-16.jpg
Fichier image/jpeg, 140k
Légende 1 : Spectre EDS du métal de base du corps de la cruche. 2 : Image en électrons rétrodiffusés du métal de couverture du corps de la cruche. / 1: SED spectrum of the belly's base metal. 2: Backscattered electron image of the belly's covering metal.
Crédits Analyses et restitutions C. Pelé-Méziani, Arc’Antique (Nantes).
URL http://journals.openedition.org/rao/docannexe/image/4132/img-17.jpg
Fichier image/jpeg, 247k
Titre Figure 13 : Synthèse typo-chronologique du mobilier. / Figure 13: Grave goods’ typochronology synthesis.
Légende Robert, 2016, p. 200, fig. 147.
Crédits DAO M. Robert.
URL http://journals.openedition.org/rao/docannexe/image/4132/img-18.jpg
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Titre Figure 14 : Carte des différentes provenances présumées du mobilier. / Figure 14: Map of the artefacts’ presumed origins.
Crédits DAO M. Robert.
URL http://journals.openedition.org/rao/docannexe/image/4132/img-19.jpg
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Pour citer cet article

Référence papier

Malina Robert, « Une sépulture remarquable d’époque romaine à Juliobona (Lillebonne, Seine-Maritime) »Revue archéologique de l'Ouest, 34 | 2017, 241-270.

Référence électronique

Malina Robert, « Une sépulture remarquable d’époque romaine à Juliobona (Lillebonne, Seine-Maritime) »Revue archéologique de l'Ouest [En ligne], 34 | 2017, mis en ligne le 13 juin 2020, consulté le 07 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/rao/4132 ; DOI : https://doi.org/10.4000/rao.4132

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Auteur

Malina Robert

Doctorante, Université de Nantes, UMR 6566 CReAAH, LARA

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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