Éditorial
Texte intégral
1Une approche individualisée de chacune des lettres de l’alphabet peut ouvrir des perspectives riches sur le plan des signes, des symboles, des typographies… On en a de belles illustrations avec la tradition juive : on se rappelle par exemple le psaume 119 et sa structure acrostiche basée sur l’alphabet hébreu, le psaume 145 ou encore certaines traditions du midrash. La modernité n’a pas été avare non plus dans l’utilisation symbolique de la lettre comme signe, jusque dans le décor des bibliothèques – La Revue en avait d’ailleurs parlé dès son premier numéro, avec le cas spécifique de la décoration intérieure de la Württembergische Landesbibliothek de Stuttgart, inspirée à l’artiste Josua Reichert par toute une série de textes de la littérature mondiale… dont deux psaumes. La lettre peut donc être un thème en soi ; mais c’est tout de même le dialogue entre les lettres qui soutient le propos écrit général et lui donne un sens.
2Pérenniser la série des Trésors du mois, qui est un des points d’accroche de notre site internet, à travers un numéro spécial de La Revue de la BNU composé sous la forme d’un abécédaire, renvoie bien à cette double considération : chaque objet ou document est singulier, unique, dégageant sa propre poésie ou son propre « charisme », et pourtant c’est son appartenance à un tout, à une collection qui lui permet de dialoguer avec la culture universelle.
3Le mot universel est ici employé au plan des valeurs qui peuvent rassembler le maximum de personnes, mais aussi au plan de la diversité des sujets et des origines. Les Trésors du mois de la BNU, ce sont des cartes, des manuscrits, des objets, des partitions… Ils viennent d’Alsace, d’Italie, de Russie ou d’ailleurs et couvrent toutes les époques. Ils ont trouvé leurs exégètes parmi des bibliothécaires, des universitaires, des enseignants. Que ceux-ci soient vivement remerciés pour leurs contributions.
4Celles-ci nous montrent ce dont on se doute bien, mais qu’il n’est jamais inutile de rappeler à l’heure où la BNU s’apprête à réouvrir son bâtiment principal entièrement rénové : il y a du « cabinet de curiosité » dans toute bibliothèque, trace d’une aspiration à l’exhaustivité et en même temps révélateur du goût, de la formation, des centres d’intérêt des acquéreurs qui se sont succédé et ont par leurs choix personnels participé à la constitution, en définitive résolument hétéroclite, du fonds.
5Et d’A à Z, de l’alpha à l’oméga, se révèle, se reconstitue l’esprit d’une collection, de la collection sans laquelle ne saurait exister aucune bibliothèque, sans laquelle ne saurait au fond se développer aucune pensée sur l’homme et sur son parcours ontologique.
Pour citer cet article
Référence papier
Albert Poirot et Christophe Didier, « Éditorial », La Revue de la BNU, 9 | 2014, 5.
Référence électronique
Albert Poirot et Christophe Didier, « Éditorial », La Revue de la BNU [En ligne], 9 | 2014, mis en ligne le 01 mai 2014, consulté le 13 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/rbnu/1741 ; DOI : https://doi.org/10.4000/rbnu.1741
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