Le fonds théâtral Jean-Pierre Perchellet
Texte intégral
1Jean-Pierre Perchellet, maître de conférences en études théâtrales à l’Université de Strasbourg, spécialiste du théâtre français du 18e et du début du 19e siècle, est décédé prématurément en janvier 2017. Dans le cadre de ses recherches, il avait également travaillé sur Germaine de Staël et s’était lié d’amitié avec une de ses grandes exégètes, Simone Balayé qui fut d’ailleurs, à partir de 1984 et jusqu’à sa mort en 2002, présidente de la Société des études staëliennes dont J.-P. Perchellet était de son côté le trésorier. S. Balayé avait constitué une biblio- thèque considérable qu’elle légua à J.-P. Perchellet et que celui-ci enrichit de la documentation correspondant à ses propres recherches. Au moment de son décès, il n’avait pris de disposition que pour les documents concernant Mme de Staël et son entourage, qu’il souhaitait voir déposer à l’Institut Benjamin Constant de l’Université de Lausanne. Le reste de la collection menaçait d’être dispersé, ce pourquoi ses exécuteurs testamentaires se sont rapprochés de la BNU afin que cet ensemble cohérent, unique et patiemment constitué puisse être conservé dans son intégrité.
2À côté d’une bibliothèque de travail (estimée à 400 volumes) concernant Mme de Staël et le groupe de Coppet, ainsi que l’histoire du théâtre, la partie la plus considérable (et la plus originale) du fonds consiste en brochures de pièces de théâtre, éditions originales pour la plupart d’œuvres jouées en France entre 1750 et 1835 et provenant en grande partie (comme l’attestent signature, tampon et numéros d’inventaire) de l’administration de la Société des théâtres de banlieue. Celle-ci avait été fondée par Pierre-Jacques Seveste, un artiste du théâtre du Vaudeville qui avait obtenu par privilège royal en 1817 l’exploitation de tous les théâtres de ce qu’on appelait alors la « banlieue », et qui comprenait les communes situées au-delà des murs du Paris de l’époque. Ces salles (Belleville, Montmartre, Mont-Parnasse, Batignolles…) étaient souvent le lieu où se lançaient les carrières de jeunes acteurs venus de province (Seveste lui-même était né à Verdun), qui les considéraient comme la dernière étape avant les prestigieuses scènes parisiennes. J.-P. Perchellet a-t-il eu l’occasion d’acheter en bloc la bibliothèque de la Société des théâtres de banlieue ? Ce qui est sûr, c’est que sa collection brosse un panorama particulièrement parlant de ce qui se jouait sur toutes les scènes de la capitale (pour certaines années du début du 19e siècle, il semble qu’on dispose de toutes les pièces créées, dont la plupart sont bien évidemment retombées dans l’oubli). Une étude plus approfondie pourra établir plus de certitudes à ce propos. En attendant, la BNU a pu ainsi s’enrichir d’un matériau d’une remarquable cohérence (le fonds de brochures théâtrales comprend environ 800 pièces, sans compter 350 monographies « classiques » de la même époque et sur les mêmes sujets), corpus désormais offert à la recherche et qui préservera, aussi, la mémoire de son ancien propriétaire.
3Notons enfin que la donation comprend une lettre autographe de Germaine de Staël, laquelle a d’ores et déjà rejoint les réserves précieuses de la BNU.
Table des illustrations
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Pour citer cet article
Référence papier
Christophe Didier, « Le fonds théâtral Jean-Pierre Perchellet », La Revue de la BNU, 17 | 2018, 124-125.
Référence électronique
Christophe Didier, « Le fonds théâtral Jean-Pierre Perchellet », La Revue de la BNU [En ligne], 17 | 2018, mis en ligne le 05 septembre 2018, consulté le 06 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/rbnu/330 ; DOI : https://doi.org/10.4000/jhss
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