L’AEPM : un réseau international consacré au patrimoine graphique
Texte intégral
1L’Association européenne des musées de l’imprimerie, ou Association of European Printing Museums (AEPM), a été fondée en 2003 afin de promouvoir la coopération entre les différents musées de l’imprimerie, et pour contribuer à la prise en compte de l’histoire de cette technique comme élément important du patrimoine culturel européen.
2C’était, à l’origine, un groupe informel de professionnels provenant des musées de l’imprimerie de plusieurs pays européens, constitué autour d’un projet consacré à la préservation des savoir-faire traditionnels. Certes, nombre de musées et d’ateliers patrimoniaux offraient d’importantes ressources dans ce domaine. Mais ce premier groupe avait pressenti que les savoir-faire spécialisés allaient se raréfier avec la disparition progressive des techniques autrefois pratiquées à l’échelle industrielle, et que les musées devaient prendre des mesures proactives de formation et de partage des connaissances afin de les sauvegarder. Il est cependant très vite devenu évident que les musées qui portent un intérêt à l’histoire des techniques graphiques ne fonctionnent pas en autarcie. Ils sont entourés et collaborent presque quotidiennement avec un réseau étendu d’ateliers patrimoniaux et de collectionneurs qui jouent un rôle essentiel dans la préservation des machines et des savoir-faire traditionnels de l’imprimerie. En 2012, l’AEPM a décidé d’élargir ses missions et de s’ouvrir aux ateliers et aux collectionneurs actifs dans le domaine du patrimoine graphique. Et en 2014, elle a été constituée officiellement à Bruxelles comme une association sans but lucratif (ASBL). Elle rassemble à ce jour plus de cent vingt membres européens et d’autres continents.
3Aujourd’hui, l’AEPM forme un réseau international au sein duquel des institutions (bibliothèques, musées…) et des particuliers qui s’intéressent au patrimoine graphique peuvent partager leurs connaissances et expériences en matière de conservation et de valorisation du matériel et des techniques graphiques anciennes, de préservation et de transmission des savoir-faire traditionnels dans le domaine des arts graphiques. Conçue, à l’origine, pour encourager les échanges entre les différents musées de l’imprimerie européens, l’AEPM a progressivement élargi ses missions pour s’adresser non seulement à des musées et à des bibliothèques, mais à l’ensemble des acteurs du patrimoine graphique sur le territoire européen, voire au-delà.
4L’association rassemble des musées entièrement ou partiellement consacrés à l’histoire de l’imprimerie et des arts graphiques (typographie, gravure, design graphique, reliure, etc.), et des ateliers patrimoniaux consacrés à la sauvegarde des techniques, machines, outils et savoir-faire graphiques traditionnels, des collectionneurs de machines, d’outils, d’archives et de documentation se rapportant à l’histoire de l’imprimerie et de la communication graphique.
5Il existe en Europe et dans le monde un nombre considérable de musées publics et privés consacrés à l’imprimerie et au papier (environ deux cent cinquante recensés par Alan Marshall, président honoraire de l’AEPM), mais aussi d’ateliers où se perpétuent encore des techniques anciennes : gravure de poinçons, fonte de caractères, composition typographique, gravure sur bois ou en taille-douce, lithographie, procédés photomécaniques, impression, façonnage et reliure.
6De même, les acteurs du patrimoine graphique sont très divers : imprimeurs en activité ou à la retraite, collectionneurs, professionnels des musées, archivistes, historiens, enseignants, typographes, designers et artistes… et la liste est loin d’être exhaustive ! Musées, ateliers patrimoniaux et collectionneurs ont chacun leur propre approche patrimoniale. Ils ont toutefois un objectif en commun : la conservation, la transmission et la médiation des techniques qui ont permis à l’imprimerie de contribuer à la dissémination de l’information et des connaissances ainsi qu’aux progrès de la civilisation du livre.
7Conçue comme un réseau de musées, d’ateliers patrimoniaux et de collectionneurs, l’AEPM entend contribuer à :
- l’échange d’informations, d’expériences et de connaissances concernant le matériel et les savoir-faire qui étaient autrefois très répandus au sein des industries graphiques, mais qui ont été rendus obsolètes par les procédés industriels modernes,
- la formation de spécialistes ayant une connaissance des techniques traditionnelles de l’imprimerie ainsi que de la médiation, afin de sauvegarder activement ces techniques et de les transmettre aux générations futures,
- le développement de nouvelles approches de valorisation et de médiation du patrimoine graphique, afin de promouvoir une meilleure prise en compte des liens entre les techniques anciennes et actuelles de communication.
8Depuis 2006, l’AEPM organise à cet effet des conférences annuelles qui constituent un lieu de rencontres et d’échanges privilégié et irremplaçable pour tous les acteurs et collectionneurs du patrimoine graphique. Le site internet de l’association donne à voir le programme des dernières conférences qui se sont déroulées dans différents pays européens. Voici à titre d’exemples les thèmes abordés au cours de celles-ci :
9« Imprimer à Offenbach : l’art d’un métier et du métier dans l’art » (Musée de Klingspor et Musée d’histoire locale d’Offenbach, Allemagne, 2021), « La sauvegarde du patrimoine immatériel : transmettre les techniques graphiques aux générations futures » (Musée national de la carte à jouer, Turnhout, Belgique, 2019), « Après l’imprimerie, la reliure comme patrimoine graphique et culturel » (Imprenta Municipal-Artes del Libro, Madrid, Espagne, 2018), « Faire l’histoire : collections, collectionneurs et le rôle culturel des musées de l’imprimerie » (Musée de la typographie, La Canée, Grèce, 2017), « De la pierre à la puce : Aloys Senefelder et l’invention de la lithographie dans une perspective internationale » (Musée néerlandais de la lithographie, Valkenswaard, Pays-Bas, 2016), « La pertinence des collections typographiques pour les graphistes d’aujourd’hui » (Tipoteca italiana, Cornuda, Italie, 2015), « Exposer le patrimoine graphique » (Musée Gutenberg, Mayence, Allemagne, 2014), « Enjeux de la conservation, étude et valorisation du patrimoine typographique » (Musée de l’imprimerie, Lyon, France, 2012). La dernière conférence annuelle s’est déroulée en France, du 5 au 7 mai 2022, à l’Atelier-Musée de l’imprimerie à Malesherbes (Loiret) qui a ouvert ses portes en 2019. « Pourquoi faire des musées de l’imprimerie ? » a été le thème de cette conférence qui a suscité des débats animés et passionnants.
10Un florilège des communications données dans le cadre de ces conférences annuelles vient de faire l’objet d’une publication, en vente sur le site de l’AEPM. Pour tous renseignements, consulter le site de l’AEPM : www.aepm.eu
Table des illustrations
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| Titre | Logo |
| Crédits | AEPM |
| URL | http://journals.openedition.org/rbnu/docannexe/image/3918/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 38k |
Pour citer cet article
Référence papier
Pascal Fulacher, « L’AEPM : un réseau international consacré au patrimoine graphique », La Revue de la BNU, 25 | 2022, 38-39.
Référence électronique
Pascal Fulacher, « L’AEPM : un réseau international consacré au patrimoine graphique », La Revue de la BNU [En ligne], 25 | 2022, mis en ligne le 10 mai 2022, consulté le 09 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/rbnu/3918 ; DOI : https://doi.org/10.4000/rbnu.3918
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