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Cosmotiques

Cosmotiques

Emmanuelle Larocque

Texte intégral

Mise en contexte

1Cette section du numéro spécial vise à présenter la thématique des « cosmotiques » (Andrieu, 2017a). À l’heure des polycrises ontologiques, écologiques, sociales et spirituelles, alors que l’humanité est confrontée à une « Ère du vide » (Beck et al., 2003), ce concept prend tout son sens car fait appel à un éveil du corps total et de ses relations cosmiques. Sur le plan planétaire et à la croisée du « Capitalocène » (Haraway, 2016) et de l’ « Extractocène » (Pilar, 2019), les dynamiques de domination propres aux sociétés contemporaines dessinent une « condition humaine marquée par la compétition avec toutes choses de la nature » (Ramadier, 2025, p. 42), ouvrant ainsi la voie à un écocide global.

2Alors que les récits collapsologiques et d’effondrement qui foisonnent dans les sphères sociales et scientifiques (Bidet, 2019 ; Cochet, 2019 ; Servigne & Stevens, 2015 ; Tasset, 2019), des individus, des collectivités et des communautés s’organisent pour « vivre autrement » et cherchent à se ré-inscrirent dans les cycles naturels du vivant (Chamel, 2019) et avec le cosmos. Une question fondamentale traverse ces récits et pratiques de changements et anime cette section sur les cosmotiques : comment transformer nos rapports au monde et (ré)apprendre à habiter avec la Terre ?

3Face à l’échec du capitalisme et à l’urgence de renouer les liens avec la Terre, les cosmotiques offrent des repères philosophiques, écospirituels, éthiques et pratiques pour mieux traverser les bouleversements qui s’annoncent et faciliter ce passage vers des modes de vie plus sobres, respons-able (Ingold, 2018 ; Haraway, 2020) et portés par une écologique corporelle (Andrieu, 2017). Les articles qui forment cette section attestent de d’un besoin fondamental de « retourner dans la nature » (Rosa, 2020) pour éveiller la nature intérieure et développer des capacités et des manières d’être et d’agir en union avec tous les êtres de la nature (Nussbaumm, 2012).

Cosmotiques : résurgence d’une Terre sacrée

4Les cosmotiques désignent les relations imaginaires, symboliques et mythologiques que les cultures établissent entre les humains et les non humains (végétaux, éléments, animaux, etc.) (Andrieu, 2017b). Ce concept renvoie aux imaginaires de cosmologies et à la cosmogonie, à savoir comment la cosmose s’est constituée ; aux rapports humanité/nature et aux différentes ontologies qui influencent les manières de penser la place de l’humain dans cette toile du vivant (naturalisme, totémisme, animalisme et l’analogisme) (Descola, 2005). Les cosmotiques réfèrent ainsi un ensemble de pratiques, de pensées et de sensibilités qui réorientent nos manières d’être au monde, en résonance avec les autres formes de vie, les forces terrestres et cosmologiques et les rythmes de la nature.

5Cette section du numéro spécial « Nouveaux cosmos ? Glocalités, transfrontaliers, cosmotiques » présente des articles qui s’inscrivent dans le courant enraciné et transformateur des cosmotiques, explorant les voies de reliance avec la Terre (Morin, 2004), non plus réduite à une ressource, mais reconnue comme une entité relationnelle, habitée, sensible et racontée. Elle interroge les cosmologies alternatives ou les existantes mais renouvelées ou modifiées par une trajectoire imprégnée par la modernité et surtout, par une volonté de (re)découvrir le sublime de la nature (Ramadier, 2025), de ressentir ses liens puissants entre le corps et les cycles de la nature et de s’engager dans une éthique du care pour le vivant (Barniaudy, 2020 ; Guyon, 2024 ; Larrère, 2010).

6Au cœur de ces cosmotiques se déploie aussi une écologie corporelle (Andrieu, 2017a), c’est-à-dire une attention fine et incarnée à nos manières de sentir, d’écouter et de percevoir le monde. Le corps devient ainsi un lieu de savoir et de résonance au vivant (Rosa, 2018) car les relations à la Terre passent d’abord par la chair (les sens, le souffle, la douleur, les rythme du corps, les manifestations corporelles du féminin sacré, comme les menstruations, la naissance, les savoirs du corps féminin). Comme l’explique Andrieu (2023),

« En partant de la vivacité et de la vitalité des corps vivants plutôt que de la domination de la nature par l’anthropocène devenu notre corpocène, cette écologie corporelle étudie comment l’individu est traversé par le cosmos parfois jusqu’à la dismose, en détruisant à la fois la nature et les corps vivants, parfois jusqu’à l’osmose, en désirant se réensauvager en se fondant dans la nature. […] En se fondant dans l’élément, le retour à la nature paraît s’accomplir : intensité, pureté et authenticité seraient les vertus de la nature » (p. 13).

7L’écologie corporelle est aussi une « cosmopolitique » (Stengers, 2022) dans le sens qu’elle invite à réfléchir avec criticité aux processus de désensibilisation et de disqualification de la nature, héritages de la pensée dualiste et anthropocentrique (Merchant, 1989). Ainsi, les cosmotiques prédisposent à retrouver une « cosmosensibilité » (Ramadier, 2025) par l’entremise de pratiques somatiques, artistiques ou rituels qui permettent de s’émouvoir à la fois devant la grandiosité du monde, jusqu’aux mystères des astres et du macrocosme (Nayrat, 2025), et devant l’infiniment petit (Ramadier, 2025). Les autrices et auteurs qui incarnent cette thématique témoignent de la nécessaire « conversion de notre sensibilité » et de l’imminent besoin de « changement d’échelle dans notre façon de nous émerveiller » (Ramadier, 2025, p. 50).

8Il s’agit, par exemple, de s’émerveiller face aux ridules océaniques qui bercent le corps et soignent l’âme (Sayeux) ; à une « mauvaise » herbe (Fonséca) ; à la singularité d’une promenade forestière (Guyon) ; aux éco-émotions qui sidèrent devant la perte d’un être vivant autre - qu’humain (Larocque et Roy-Darisse) au contact des pieds nus avec le sol forestier (Favier-Ambrosini, Linossier et Quidu) ; au silence des lieux (Lesage), au sang menstruel (Pratte-Bernard et Vinit) ou aux capacités d’un peuple à incarner et honorer leur union à la nature (Benedetti).

9Ainsi, les cosmotiques proposent de poser des regards sur les systèmes de croyances qui vont par-delà la nature et la culture, les systèmes symboliques, les religions, les rituels, les superstitions, les esprits, les dieux, les croyances proprement totémiques, la question du centre du monde et les représentations du monde (intérieur et extérieur ; le macrocosme et le microcosme) (voir, par exemple, les écrits de Claude Levi-Strauss ; Emile Durkheim ; Mircea Éliade ; Pierre et Hélène Clastres ; De Castro ; Barbara Glowczewski, Bruce Albert et Davi Kopenawa ; Stephen Ellcock, Ailton Krenak).

10Sur le plan de la sensibilité, les cosmotiques invitent à penser une écologie corporelle (relationnelle, incarnée, immersive), où le renouvellement des liens à la Terre passe aussi par une transformation de nos imaginaires, de nos affects et de notre être-ensemble planétaire. Ces pratiques et savoirs mènent aussi (re)découvrir une « cosmosensation » (Andrieu, 2010) en retrouvant du goût à ce qui provient de la Terre et engage dans une éthique de la Terre (Callicott, 1982 ; Leopold, 1949) fondée sur une conception holiste et non - anthropocentriste. En retournant à la Terre jusqu’à se « fondre dans la nature » (Andrieu, 2017b), une conscience globale avec des solutions locales se développe en proposant des alternatives de vie communautaire, avec la « communauté-terre » (Hess, 2020).

11La quête pour la santé et le bien-être individuel et planétaire participe aussi à la recherche d’un meilleur contact avec les autres espèces et individus. Sans ce « goût de Terre » (Andrieu, 2010), le dégout de soi et le non-respect des lieux et des identités territoriales alimentent le nationalisme extrême et les pollutions de longue - durée : des alternatives « hors-Terre » sont désormais des moyens de construire un nouveau rapport à la Terre en le réduisant à des interactions ayant un minimum d’impact sur l’environnement. Ces stratégies « de surface » conduisent néanmoins à une impasse, car n’abordent pas l’aspect relationnel des polycrises et de l’écocide en cours. Cette dimension relationnelle des cosmotiques fait donc appel à une déconstruction des savoirs et rapports dominants, à une décolonisation des corps et de la nature (Ferdinand, 2019) et à une plus grande solidarité humaine et écologique. Les cosmotiques s’inscrivent ainsi dans un mouvement de resacralisation de la nature.

Des pratiques cosmotiques transformatrices et évolutives

12Alors que de nombreux savoirs et traditions incarnent une cosmologie écocentrées et écospirituelle depuis des millénaires (Kimmerer, 2013 ; Starhawk, 2022), une diversité de pratiques visant à dresser une « perspective dionysiasque du sensible » (Sirost, 2010) existent aussi dans le monde occidental contemporain, bien qu’elles restent en marge des courants dominants. Les dérivations mythiques de la nature édénique (jardins et forêts urbaines et nourricières, environnement « sauvage », Forêts de guérison) et les utopies de retour à la nature (expériences immersives en nature, éco - communautés, minimalisme, arts écologiques, éco-thérapies, sports cosmiques) nourrissent les imaginaires. Les pratiques cosmotiques sont ainsi empreinte d’une volonté de se « ré-ensauvager » (Monbiot, 2013), où le ré-ensauvagement serait plus qu’un simple retour à la nature et dépasserait aussi les pratiques coloniales d’aménagement des territoires (Hirt et Desbiens, 2017). Se ré-ensauvager soi-même (Weber et Kurt, 2021), ré-ensauvager les pratiques éducatives (Sitka - Sage et al., 2017), forger des alliances « avec des puissances non - humaines » (Morizot et Husky, 2024) et rendre compte de l’ingouvernementalité des êtres et des forêts en sortant d’une culture de gestion (Vidalou, 2017), reflète donc une prise de position critique, militante et radicalement transformatrice (Prince, 2022 ; Wellman, 2022) qui affirment les relations d’interdépendance entre le vivant (humain et non-humain) et le cosmos.

13Les articles présentés ci-dessous mettent en lumière ce besoin humain existentiel de renouer avec le vivant – un droit affirmé par les peuples autochtones qui ont subi la colonisation et le génocide culturel et qui militent pour des conditions de vie appuyant la résurgence des savoirs et pratiques traditionnels (voir, par exemples les textes de Wawatie-Chabot et Larocque, de Renard-Decottignies et Tamarapa et de Dialo dans la section « Glocalités ») – mais aussi un besoin exprimé par les occidentaux, qui souhaitent faire autrement, mais qui n’ont pas nécessairement, au sein de leur culture moderne actuelle, les savoirs et les pratiques pour le faire.

14Alors que plusieurs des articles des sections « Glocalités » et « Transfrontaliers » mettent en valeur des pratiques ancestrales, les savoirs et les langages traditionnels, les articles de cette section permettent d’exemplifier comment les pratiques dites « cosmotiques » se développent dans le contexte contemporain et à partir d’une perspective occidentale située. Dès lors, les autrices et auteurs nous transportent vers des pratiques et rituels visant à reconnecter à la Terre et au vivant par l’entremise de savoirs qui font partie de l’histoire humaine (autochtone et allochtone) mais qui ont été délaissées, invisibilisées ou éradiquées en raison des valeurs paternalistes, coloniales et capitalistes modernes. Ces emprunts ou ces retours à des savoirs corporels et écospirituels (Egger et al., 2023) laissent entendre que des essaies et des erreurs sont dès lors inévitables.

15Prenons ainsi les précieux conseils de Wawatie- Chabot, qui affirme la place centrale de l’écoute, du respect et de la réciprocité dans ce processus d’apprentissage des cultures non-dominantes, mais aussi les conseils de la botaniste Beresford-Kroeger (2019), qui nous rappelle que nous avons tous et toutes déjà vécue de la Terre (et avec la Terre) et chacun de nous portons la mémoire de cette Terre-mère nourricière qui nous a soutenu et soigné, et qui continue de le faire malgré les agressions portées vers elle. Les cosmotiques font ainsi appel à cette relation intime, corporelle et universelle qui nous relie à la Terre, aux éléments et aux vivants.

Présentation des articles de la thématique « Cosmotiques »

16Le premier article de la section « cosmotiques » est d’Anne - Sophie Sayeux (Devenir Océan, se soigner en s’accordant au cosmos), qui met soigneusement la table pour mettre en exergue « l’enracinement sensoriel et cosmique du corps dans les rythmes du vivant ». En explorant les modalités sensorielles du soin corporel à travers l’immersion dans l’océan, elle nous fait vivre un voyage au travers des sens et nous montre comment les « thérapeutiques marines réactivent une sagesse ancienne du lien à la nature, écocentrée, ou le soin ne se limite pas à une prise en charge du corps, mais s’inscrit dans une résonance plus large avec le monde ».

17Entrer en vibration avec le monde océanique faciliterait ainsi ce retour aux « rythme primordiaux qui résonnent avec les temporalités biologiques du corps humain ». Au travers de son concept d’écossoma, Sayeux nous invite à « penser le soin et les thérapies de nature autrement, non plus comme une simple réparation du corps et une approche utilitariste de l’environnement, mais comme une harmonisation avec le flux du monde ».

18En empruntant la voie du féminin sacré et des rituels, et nous amenant à réfléchir aux liens entre le corps et le cosmos, Amélie Pratte-Bernard et Florence Vinit contribuent à revaloriser les savoirs du corps féminin dans les cycles de vie et de faire de l’expérience menstruelle une occasion de retrouver une forme féminine du divin. Leur article « Se déposer en soi et se relier au cycle de la vie : étude exploratoire des rituels menstruels personnels », présente une cosmotique intime par excellence : en redonnant du sens à cette expérience corporelle, ces rituels « participent à une reconquête symbolique du féminin, souvent occulté ou dévalorisé dans les sociétés modernes ». Les rituels représentent ainsi une forme de réappropriation et de revalorisation du corps et de ses rythmes naturels, « inscrivant ainsi l’expérience menstruelle dans une vision plus holistique et interconnectée du vivant ».

19Nous quittons les rives océaniques et le flot lunaire pour se laisser ensuite transporter vers le monde forestier et des végétaux, avec trois articles qui examinent les cosmotiques sous l’angle du contact sensoriel et sensible aux espaces verts.

20Dans son texte intitulé « L’écologie des mauvaises herbes au service de l’unité cosmique », Darci Raquel Fonséca propose une approche esthétique et artistique (photographique) pour penser « la connexion des vivants à travers l’image comme expérience sensible ». Par l’entremise d’une incursion visible, l’autrice contribue à déconstruire les idées dominantes quant aux « mauvaises » herbes, dans l’espoir de renouveler notre regard sur le monde végétal et de dévoiler un milieu où règne une atmosphère d’unité cosmique. La photographie offre ainsi une lentille pour s’émerveiller devant l’infiniment petit, tout en écourtant la distance entre les vivants par la voie du cosmos et du sensible.

21À travers son article « Les cosmotiques forestières ou la ‘réintroducation’ du corps dans l’écosystème sylvestre (et au-delà) », Frédérick Guyon présente les itinérances forestières comme une réponse aux différentes formes de fatigue et d’épuisement qui touchent « l’anthropocénien occidentalis » (fatigue d’être soi, fatigue ontologique, existentielle et physique). Ces moment forestiers et végétaux, qui se déclinent sous différentes formes de pratiques immersives, viennent ainsi favoriser une reconnexion avec la nature, un éveil de la sensibilité corporelle et un enrichissement du corps capacitaire. L’auteur aborde le concept de « réintroducation » pour évoquer les manières dont la relation et le contact à l’environnement peut être source d’éveil et de transformation, dans les triples dimensions à soi, à la nature-territoire et au cosmos, en passant par une nécessaire décolonisation des esprits, des croyances et de la place du l’humain au sein de cette grande toile du vivant.

22Toujours en contexte forestier mais abordant à la fois la thématique des rituels et du féminin sacré, Emmanuelle Larocque et Clémence - Roy Darisse tissent des liens entre l’intervention sociale et les arts dramaturgiques pour évoquer les éco-émotions et les solidarités qui peuvent émerger suite à un deuil écologique. Leur article, intitulé « Que restera-t-il Au-delà des ruines ? : le déambulatoire écopoétique pour ritualiser les deuils écologiques et renouer avec le vivant » présente les étapes d’une recherche-création et d’un théâtre immersif qui, par sa poésie, mais aussi son aspect vécu, offre un terreau fertile pour reconnaître la souffrance liée aux pertes écologiques tout en favorisant des expériences de connectivité et de cosmoses. Au-delà des ruines se veut ainsi une nouvelle forme de rituel cosmotique et politisé, pour honorer le vivant lorsqu’il meurt, en misant sur l’expérience collective in situ, sur la solidarité socioécologique et sur les forces du féminin sacré.

23La cosmotique est aussi attachée à des identités de territoires ou la culture et la langue définie une relation intime comme, le décrit Davia Benedetti, « du peuple corse avec la nature de son île ». L’article traite des liens des Corses à leur terre « en explorant le mode existentiel de leur cohabitation avec leur environnement ». À travers une analyse des pratiques culturelles traditionnelles, faisant fi de la vision symbiosynergétique et « quasi pythagoricienne de l’indissociabilité de l’homme et de l’univers », l’article permet de saisir les manières dont la Corses maintiennent leur identité, « fondée sur cette cosmologie qui incite à vivre selon les cycles naturels et en symbiose avec la nature de l’île » en résistant à des forces de changement macrosociales en évolution constante, en s’engageant dans des pratiques et modes d’organisation associatives pour préserver leur environnement et en favorisant la transmission intergénérationnelles des savoirs.

24Agathe Lesage accomplit un pas supplémentaire dans la cosmotique en décrivant un rite de passage immersif soit, la « quête de vision » en tant que pratique de renaissance dans les bras de la Terre. Dans sa forme adaptée pour les Occidentaux et pour répondre à des besoins existentiels et de reconnexion à la nature, l’autrice montre que cette pratique favorise les expériences transformatrices d’élargissement de la conscience et de reconnexion profonde avec l’environnement. Se basant sur des données empirique, les analyses « font émerger les thèmes d’un retour aux fondements de soi et du vivant dans un espace-temps non-ordinaire et selon un triple mouvement d’ancrage, d’échanges et d’union à travers lesquels s’approfondit le sentiment d’appartenance à la terre et au cosmos ». La quête de vision en tant que cosmotique provoque ainsi une expérience de rencontre fondamentale avec soi et avec le vivant, pour apprendre à mieux habiter le monde et la vie.

25En lien avec d'autres expériences mentionnées dans ce recueil, l'article de Bo Peng, « Incarner le cosmos : philosophie corporelle taoïste, médecine chinoise et corps relationnel », propose une philosophie corporelle chinoise ancestrale, ancrée dans la cosmologie taoïste et une ontologie incarnée, comme alternative essentielle aux paradigmes sportifs occidentaux dominants qui instrumentalisent le corps. Cette tradition considère le corps comme un processus relationnel indissociable du cosmos (Tao), réalisé par l'harmonisation écologique et l'expérience vécue. L'auteur présente la médecine traditionnelle chinoise (MTC) et le Qi Gong comme des expressions pratiques qui cultivent le bien-être holistique par l'intégrité intérieure, l'intégration écologique et la synchronie sociale. Ces pratiques cultivent la conscience corporelle, l'harmonie élémentaire et le bien - être holistique par l'intégration profonde du corps au flux de la vie. Cette perspective considère le corps comme une intégration transcendantale du physique et du métaphysique, résistant aux séparations catégoriques rigides. L'article prône une réactivité éthique et une participation cosmologique, offrant des ressources pour réimaginer l'incarnation face aux crises planétaires et spirituelles auxquelles l'humanité est confrontée.

26En vous souhaitant une lecture inspirante et transformatrice.

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Bibliographie

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Pour citer cet article

Référence électronique

Emmanuelle Larocque, « Cosmotiques »Recherches & éducations [En ligne], 30-31 | 2026, mis en ligne le 01 septembre 2025, consulté le 04 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/rechercheseducations/18397 ; DOI : https://doi.org/10.4000/14l94

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