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Appel à contribution n° 14 : Matérialités environnementales du numérique

Numéro coordonné par Loup Cellard (Univ. de Melbourne, ADM+S Centre, et médialab de Sciences-Po) et Clément Marquet (CSI, Mines Paris - PSL, i3 (UMR 9217). Date limite de soumission des résumés : 02 mai 2023
  • 1 Outre les articles et reportages des journaux papiers, web et télévisés sur les pollutions numériqu (...)
  • 2 LOI n° 2021-1485 du 15 novembre 2021 visant à réduire l'empreinte environnementale du numérique en (...)

Au cours des dernières années, les conséquences écologiques négatives de la prolifération des technologies numériques ont fait l’objet d’une attention médiatique et politique inédite1. En France, on constate une multiplication de rapports institutionnels, de prises de positions publiques d’experts•es, de députés•es, d’élus•es et de mobilisations sur ces thématiques. La controverse de la 5G en 2020 en est un exemple marquant. Les alertes environnementales au sujet d’un système technique jusque-là largement considéré comme « immatériel » ont contribué à une mise à l’agenda réglementaire qui aboutit à la loi sur la réduction de l’empreinte environnementale du numérique, promulguée le 15 novembre 20212. Cette politisation fait écho à un mouvement plus large et international de critique des technologies numériques et des GAFAM en particulier. Depuis 2018, le terme de « techlash » — une attaque soudaine (outlash) contre la tech — désigne l’animosité grandissante du public envers les entreprises technologiques : scandales autour de la désinformation, des conditions de travail des travailleurs•euses des plateformes, du non-respect de la vie privée, du sexisme, des discriminations raciales dans cette industrie, et maintenant également des impacts environnementaux négatifs des géants du numérique. Plus récemment, une critique écologique s’est ajoutée aux critiques existantes (Alexandre, Beuscart, et Broca 2022), des milliers de travailleurs•euses du secteur technologique se joignant aux grèves appelant les grandes entreprises à prendre des engagements climatiques. 

Les critiques écologiques du numérique donnent à voir le retour dans l’espace public de la matérialité sous-jacente aux échanges de données. Après des années de discours sur la « dématérialisation » (Broca 2018), le « cloud » (Taffel 2019), et l’avènement d’une société dite du « virtuel » (Vitali-Rosati 2012), les matériaux et infrastructures reviennent sur le devant de la scène : une attention nouvelle est prêtée aux métaux composant les smartphones, à l’obsolescence et aux pratiques de consommation, à la gestion des déchets et aux problèmes de réparabilité, ou encore à l’énergie consommée par les data centers et certaines infrastructures logicielles comme le bitcoin ou les algorithmes de machine learning. Ce faisant, ce qui est compris par « numérique » pour les sciences sociales comme pour les acteurs•ices industriels•lles et institutionnels•lles s’accroît et se complexifie. Aux questions de données, de confidentialité, de surveillance, de travail et d’interface où s’élaborent de nouveaux liens sociaux s’ajoutent de larges réseaux d’entités humaines et non humaines à prendre en compte dans l’analyse : matériaux, minerais et mineurs•euses, composants chimiques, riverains•es de data centers, émission de chaleur et de CO2, travailleurs•euses dans les usines de semi-conducteurs, faune et flore en cohabitation avec les infrastructures terrestres et sous-marines chargées de transporter, stocker et traiter les données, usagers•ères sensibilisés•es à l’écologie travaillant à réduire leur empreinte numérique — et bien d’autres entités manquantes que nous aimerions voir émerger des articles de ce numéro. 

Ce numéro de RESET entend explorer ce que des approches soucieuses de l’environnement apportent à notre compréhension du numérique, et en retour éclairer ce que les critiques et projets réformistes (entremêlant des aspects techniques, légaux, économiques ou sociaux) font aux acteurs qui se confrontent à la question de la soutenabilité du système technique. L’ambition est de rendre compte : des champs de forces politiques qui se constituent autour de la prise en compte des enjeux environnementaux ; des acteurs•ices et entités qui étaient invisibilisés•es jusqu’ici ; des nouveaux•elles entrants•es légitimés•es par les problématisations environnementales ; et enfin des transformations des pratiques de conception, de consommation et d’utilisation. Le numéro appelle ainsi des contributions empiriques qui documentent, analysent et théorisent à la fois les dégradations environnementales produites par l’essor du numérique, les ré-agencements techno-écologiques qui s’élaborent localement et les dynamiques à l’œuvre dans l’écologisation (Mormont 2013) des technologies — c’est-à-dire à l’intégration des préoccupations et savoirs de l’écologie dans les politiques publiques, les organisations et les pratiques professionnelles liées au numérique.

Double transition et perspective métabolique

Dans l’espace académique francophone, nombre de travaux portant sur les relations entre numérique et environnement s'intéressent d’abord aux tensions et potentielles alliances entre les « deux transitions » (Monnoyer-Smith 2017). D’un côté, les alertes sur la trajectoire socio-écologique insoutenable du numérique (Flipo et al. 2012; Flipo 2020; Dubey et Gras 2021), de l’autre les promesses sur les bénéfices environnementaux de la numérisation, et entre les deux des travaux explicitant l’état des lieux réglementaires (Bohas et Berthoud 2019) ou les méthodologies de l’analyse environnementale (Berthoud et Parry 2010; K. Marquet, Combaz, et Berthoud 2019). Ces travaux importants s’inscrivent cependant dans un horizon normatif qui vise davantage à répondre aux questions « faut-il numériser ? » ou « comment concilier les deux transitions ? » (Carré et Desbois 2022), qu’à une approche plus compréhensive dont le projet viserait à rendre compte des transformations environnementales induites par la numérisation et des effets de l’intégration des préoccupations écologiques dans le développement des équipements, logiciels et services numériques. C’est dans cette seconde approche que s’inscrit ce numéro de RESET.

Pour aborder cette question, nous proposons aux contributeurs•rices de prendre pour point d’entrée les dimensions matérielles du système technique, en se demandant comment celles-ci deviennent l’objet d’une préoccupation collective sur le plan écologique, quels acteurs prennent en charge les alertes et les problèmes, à quelles controverses et conflits donnent lieu ces critiques, et avec quels effets sur la conception, la production, la consommation et l’usage des technologies. Nous faisons l’hypothèse que la prise en compte des matérialités environnementales du numérique produit des troubles ontologiques demandant aux acteurs•rices un important travail de redéfinition de ce qu’est le numérique, travail au cours duquel et qui contribue à rendre possible ou impossible le projet d’une double transition.

Pour opérer un pas de côté vis-à-vis des approches normatives, nous proposons d’abord de pluraliser les matérialités du numérique, nous inscrivant en continuité avec les acquis des media studies et des sciences and technology studies (STS). Celles-ci ont insisté sur l’importance de la physicalité du système technique en s’intéressant à l’histoire des équipements de gestion de l’information (Gitelman 2014; Robertson 2021), au travail de programmation (Alcaras et Larribeau 2022) ou de mise en base de données (Denis 2018; Plantin 2021), ainsi qu’aux infrastructures contemporaines comme les data centers (Furlong 2020), les antennes relais (Parks 2010) ou les câbles sous-marins (Starosielski 2015). Mais, ces approches ont également insisté sur les effets des intangibles — tels que les formats de fichier ou les langages de programmations — sur nos représentations du monde et capacités d’actions (Dourish 2017). Elles ont également attiré l’attention sur la « matérialité continue » du numérique (Knoespel et Zhu 2008). Cette dernière renvoie aux interactions entre les couches logicielles et les couches matérielles, et à l’importance d’une compréhension des caractéristiques du système technique (puissance, mémoire, connectivité) pour saisir ses enjeux politiques et économiques (Blanchette 2011). Par ailleurs, une approche matérialiste peut également prendre en compte les conditions de production des équipements et infrastructures, c’est-à-dire en s’intéressant aux enjeux géopolitiques des minerais (Boudia 2019), aux conditions de travail dans les mines (Sovacool 2021) ou encore au devenir des déchets électroniques (Lepawsky 2015)

Il s’agit ainsi d’étudier les matérialités du numérique dans une perspective métabolique, c’est-à-dire en prêtant attention aux flux de matière (métaux, plastiques, produits chimiques, eau, fuel, gaz à effet de serre) et d’énergie (renouvelable, carbonée, nucléaire) mis en mouvement par le système technique numérique, et aux manières dont ceux-ci font l’objet d’enquêtes, sont domestiqués ou dénoncés, voir débordent les acteurs•rices concernés et éventuellement détruisent des écosystèmes. On trouvera notamment des exemples parmi les travaux des historiens, défendant le projet d’une histoire environnementale de l’informatique (Ensmenger 2018), renseignant par exemple les déforestations occasionnés par l’utilisation massive de la gutta percha par l’industrie du télégraphe et du câble sous-marin au XIXème siècle (Tully 2009) et les mobilisations environnementales contre les contaminations des nappes phréatiques par les usines de semiconducteurs dans la Silicon Valley (Lécuyer 2022). Une telle sensibilité aux pressions environnementales exercées par les besoins du numérique se retrouve également dans les travaux menés par des géographes, ou des chercheurs en media studies et STS sur les data centers, donnant par exemple à voir la pression énergétique exercée par les data centers sur leurs espaces d’implantation et la fragilité des oppositions locales face à ces infrastructures souvent mal connues par les pouvoirs publics et déployées par des multinationales mettant les territoires en concurrence (Ortar et al. 2022).

Les multiples échelles de matérialité auxquelles se déploient les technologies numériques compliquent son appréhension en termes écologiques pour les acteurs qui s’y confrontent, les critiques locales sur les conséquences négatives étant systématiquement mises en parallèle avec les bénéfices globaux de la numérisation. Néanmoins, un des effets de l’écologisation du numérique est de réintroduire des questions environnementales à chacun des niveaux de matérialité : le code est-il efficient et “sobre” ? Les serveurs sont-ils éco-conçus ? Les minerais proviennent-ils de mines responsables et équitables ? A-t-on optimisé la consommation énergétique des data centers, signé des contrats d’approvisionnement énergétique propre et créé des réseaux de refroidissement hydraulique en circuit fermé ? Les déchets électroniques peuvent-ils être réemployés ou doivent-ils être dirigés dans les filières de recyclage ?

Nous accueillerons ainsi des travaux qui interrogent ces dynamiques, qui se demandent, par exemple, comment (et qui s’assure que) les métaux sont “éthiques”, que les données soit “vertes”, que l’eau est recyclée, que les produits chimiques sont traités et les déchets réparés ? Quels effets ces processus de modernisation écologique ont sur les filières industrielles, sur la consommation des équipements et sur leur utilisation ? Quels nouveaux modèles économiques s’inventent pour prendre en compte le poids environnemental des données et des smartphones ? Comment définit-on ce qu’est un code “sobre”, un serveur “éco-conçu”, des minerais “éthiques” et un data center “vert” ? Qui s’en charge, sur quelle base normative, issue de quels conflits et négociations ?

Pour aborder les matérialités environnementales du numérique, nous encourageons les contributeurs•rices à présenter des travaux originaux et empiriques, et à inscrire leur proposition dans au moins un des trois axes suivants, portant sur les enchevêtrements techno-écologiques, le travail de mise en visibilité et de mise en ordre des conséquences environnementales du numérique, et l’écologisation des pratiques.

Pistes de recherche

Axe 1. Enchevêtrements techno-écologiques : symbioses, cohabitations et destructions

Ce numéro encourage d’abord les contributions qui prêtent attention à la diversité et à la complexité des enchevêtrements techno-écologiques du numérique. Ici, les problèmes environnementaux sont envisagés comme des « rencontres problématiques » entre des formes disparates de matériaux (Barry, 2019) avec d’un côté les différentes couches matérielles des objets numériques (logiciels, physiques, infrastructurelles, énergétiques) et de l’autre des espaces dits « naturels » (le littoral d’une mer où atterrissent des câbles sous-marins, une rivière où gisent des déchets électroniques). Si les ravages environnementaux sont nombreux et souvent identifiés, les relations que les infrastructures et équipements nouent avec les milieux sont plus variées et complexes qu’il ne peut le paraître à première vue. D’une part, la présence d'infrastructures produit de nouvelles écologies : les poteaux de télécommunication ont favorisé la prolifération des pics-verts (Schwoch 2021), tout en plaçant le réseau sous la menace des écureuils et autres rongeurs ; la maintenance des réseaux de fibre-optique suscite également des interrogations sur les responsabilités en matière d’élagage des arbres ou de gestion de la faune et de la flore sous-marine (Starosielski 2015). Dans bien des cas, ce sont donc des relations ambivalentes qui se tissent entre l’infrastructure déployée et les milieux qu’elle traverse. D’autre part, les conséquences des perturbations environnementales et climatiques peuvent également affecter le bon fonctionnement du système technique : en témoignent la pénurie de semi-conducteurs provoquée par une grande sécheresse à Taïwan en 2021 (Roussilhe 2021), les surchauffes de data centers états-uniens pendant l’été 2022 ou encore les alertes à propos des risques de submersion des points d’arrivée des câbles sous-marins en cas de montée du niveau des mers et océans (Durairajan, Barford, et Barford 2018). À la croisée de la sociologie des problèmes publics (Cefaï et Terzi 2012) et des infrastructure studies (Barry 2020), il s’agira d’analyser comment les frictions entre les matérialités du numérique et les écosystèmes biologiques et énergétiques sont prises en compte, conceptualisées, discutées et rendues publiques par les acteurs ? Comment les destructions sont-elles mises en balance avec la formation de nouvelles nouvelles écologies du numérique ? Qui prend part à ces discussions et évaluations ? 

Axe 2. Mise en visibilité et mise en ordre : sabotages, mobilisations, quantifications et administrations

Le numéro invite également des propositions qui s’intéressent aux processus de mise en visibilité et de mise en ordre de la matérialité du numérique. De la contestation de projets infrastructurels à la quantification des impacts en passant par l’élaboration de textes de lois et de feuilles de route, la prise en compte de la matérialité du numérique et de ses conséquences environnementales nécessite de nombreuses enquêtes : la nature des objets (C. Marquet 2018; Carnino et Marquet 2022) comme celle des chiffres ne peuvent être tenues pour acquises (TheShiftProject 2020; Flipo 2020; Roussilhe 2022). En croisant sociologie de la quantification (Didier 2021) et sociologie des mobilisations et de l’action publique (Gilbert et Henry 2012), il s’agira de renseigner le travail mené par les associations, les experts•es, les riverains•es, le personnel politique et les acteurs•ices économiques qui oeuvrent à rendre publiques les conséquences environnementales des technologies par des répertoires d’action variées (sabotage, mobilisation, formation, lobbying), qui s’efforcent de promouvoir des méthodologies spécifiques pour mesurer les impacts (comme les analyses de cycle de vie) ou qui discutent des catégories et secteurs d’activités concernés par les labels et autres outils de concernement des marchés (Laurent et Mallard 2020). Est-ce que les différents répertoires d’actions politiques produisent des savoirs, pratiques ou techniques de mise en visibilité des implications environnementales du numérique de manière à renouveler notre compréhension des enchevêtrements techno-écologiques ? À partir de quels domaines de savoirs et de pratiques les enchevêtrements techno-écologiques sont-ils décrits et évalués ? Est-ce que l’utilisation de ces domaines de savoirs et de pratiques fait consensus ou mènent-ils à des visions divergentes de l'ontologie du numérique ?

Axe 3. Ecologisations des pratiques : de l’optimisation industrielle à la sobriété numérique

Nous accueillerons enfin des contributions qui s’intéressent à l’écologisation des pratiques liées au numérique. Il s’agit d’étudier comment différents•es acteurs•ices intègrent les préoccupations environnementales dans la conception et l’usage des technologies, et ce dans un continuum allant des pratiques d’optimisation énergétique et de compensation carbone généralement promues par les acteurs industriels jusqu’aux initiatives visant à réinventer l’Internet selon des modalités plus soutenables (Laser et al. 2022), en passant par les pratiques de réemploi et de réparation (Callén et Criado 2016; Bloch et Nova 2020) ou les efforts pour produire des technologies « low tech ». L’écologisation du numérique passe autant par la gestion de la climatisation d’un data center que par le développement de sites web sobres et ce dans des environnements industriels, académiques ou associatifs qui configurent des relations tant individuelles que collectives au système technique. Que ces engagements soient analysés comme porteurs d’une décroissance numérique radicale, d’une optimisation industrielle, voire d’une forme de greenwashing, nous chercherons à comprendre comment la problématisation des questions matérielles et énergétiques transforme concrètement la manière dont les acteurs•ices se rapportent aux technologies ? Comment les acteurs mettent en balance et arbitrent leurs choix de conception (au sujet de la forme, de l’utilisabilité ou de la sécurité d’un objet ou service numérique) avec un souci pour l’impact environnemental du numérique dans une société qui se pense comme « soutenable », « durable », « sobre » ou « en transition » ? De telles perspectives pourront être analysées à l’aune de la sociologie de l’innovation, et notamment de l’innovation “par retrait” (Goulet et Vinck 2022) ou, si le regard porte davantage du côté des usagers, en prêtant attention aux transformations des pratiques de consommation (Grossetête 2019; Ginsburger 2020).

Informations pratiques, calendrier et contacts

Les résumés des articles (3 000 signes maximum) sont attendus pour le 02 mai. Ils sont à envoyer aux trois adresses suivantes :

Réponse aux auteurs : fin mai 2023.

Date limite de remise des articles (40 000 à 60 000 signes, espaces compris et bibliographie exclue) : 30 septembre 2023.

La proposition (résumé), rédigée en anglais ou en français, mentionnera la question de recherche, la méthodologie utilisée, le cadre théorique employé et les résultats envisagés. Elle insistera sur l’intérêt scientifique de l’article proposé au regard de la littérature existante et de l’appel à communication, et sera accompagnée d’une courte bibliographie. 

Les résumés seront évalués anonymement par les membres du comité de rédaction de la revue. Les auteurs sélectionnés à ce stade devront envoyer leur article sous format électronique avant le 15 septembre 2023.

La revue RESET est également ouverte, dans sa rubrique varia, à tous les travaux relevant des sciences humaines et sociales, et portant sur le numérique comme objet ou méthode de recherche.

Bibliographie

Alcaras, Gabriel, et Antoine Larribeau. 2022. « Codes. L’informatique comme elle s’écrit ». RESET. Recherches en sciences sociales sur Internet, no 11 (mars). https://doi.org/10.4000/reset.3914.

Alexandre, Olivier, Jean-Samuel Beuscart, et Sébastien Broca. 2022. « Une sociohistoire des critiques numériques ». Réseaux 231 (1): 9‑37. https://doi.org/10.3917/res.231.0009.

Barry, Andrew. 2020. « The Material Politics of Infrastructure ». In TechnoScienceSociety: Technological Reconfigurations of Science and Society, édité par Sabine Maasen, Sascha Dickel, et Christoph Schneider, 91‑109. Sociology of the Sciences Yearbook. Cham: Springer International Publishing. https://doi.org/10.1007/978-3-030-43965-1_6.

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Blanchette, Jean-François. 2011. « A Material History of Bits ». Journal of the American Society for Information Science and Technology 62 (6): 1042‑57. https://doi.org/10.1002/asi.21542.

Bloch, Anaïs, et Nicolas Nova. 2020. Dr. Smartphone: an ethnography of mobile phone repair shops. IDP.

Bohas, Amélie, et Françoise Berthoud. 2019. « Norme numérique et green IT ». Annales des Mines, 9.

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Broca, Sébastien. 2018. « Matière et territoire dans la culture du logiciel libre ». Geographie, economie, societe Vol. 20 (1): 15‑32.

Callén, Blanca, et Tomás Sánchez Criado. 2016. « Vulnerability Tests. Matters of “Care for Matter” in E-Waste Practices ». TECNOSCIENZA: Italian Journal of Science & Technology Studies 6 (2): 17‑40.

Carnino, Guillaume, et Clément Marquet. 2022. « Cooling, quick fix et spaghetti cloud dans l’univers du datacenter :  changement d’échelle et industrialisation du numérique ». Artefact. Techniques, histoire et sciences humaines, no 17 (novembre): 309‑35.

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Cefaï, Daniel, et Cédric Terzi, éd. 2012. L’expérience des problèmes publics. Raisons pratiques 22. Paris: Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales.

Denis, Jérôme. 2018. Le travail invisible des données : éléments pour une sociologie des infrastructures scripturales. Paris: Presse des Mines.

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Dourish, Paul. 2017. The stuff of bits: an essay on the materialities of information. Cambridge, Massachusetts: The MIT Press.

Dubey, Gérard, et Alain Gras. 2021. La servitude électrique: du rêve de liberté à la prison numérique. Paris: Éditions du Seuil.

Durairajan, Ramakrishnan, Carol Barford, et Paul Barford. 2018. « Lights Out: Climate Change Risk to Internet Infrastructure ». In Proceedings of the Applied Networking Research Workshop, 9‑15. Montreal QC Canada: ACM. https://doi.org/10.1145/3232755.3232775.

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Flipo, Fabrice. 2020. L’impératif de la sobriété numérique : l’enjeu des modes de vie. Editions Matériologiques. Paris.

Flipo, Fabrice, François Deltour, Michelle Dobré, et Marion Michot. 2012. Peut-on croire aux TIC vertes ? technologies numériques et crise environnementale. Développement durable. Nantes: École des mines de Nantes.

Furlong, Kathryn. 2020. « Geographies of Infrastructure II: Concrete, Cloud and Layered (in)Visibilities ». Progress in Human Geography, mai, 030913252092309. https://doi.org/10.1177/0309132520923098.

Gilbert, Claude, et Emmanuel Henry. 2012. « La définition des problèmes publics : entre publicité et discrétion ». Revue francaise de sociologie Vol. 53 (1): 35‑59.

Ginsburger, Maël. 2020. « De la norme à la pratique écocitoyenne. Position sociale, contraintes matérielles et diversité des rapports à l’écocitoyenneté ». Revue française de sociologie 61 (1): 43‑78. https://doi.org/10.3917/rfs.611.0043.

Gitelman, Lisa. 2014. Paper knowledge: toward a media history of documents. Sign, Storage, Transmission. Durham ; London: Duke University Press.

Goulet, Frédéric, et Dominique Vinck, éd. 2022. Faire sans, faire avec moins. Les nouveaux horizons de l’innovation. Paris: Presse des Mines.

Grossetête, Matthieu. 2019. « Quand la distinction se met au vert. Conversion écologique des modes de vie et démarcations sociales ». Revue Française de Socio-Économie 22 (1): 85‑105. https://doi.org/10.3917/rfse.022.0085.

Knoespel, Kenneth J., et Zichen Zhu. 2008. « Continuous Materiality: Through a Hierarchy of Computational Codes ». Fibre Culture Journal, no 11.

Laser, Stefan, Anne Pasek, Estrid Sørensen, Mel Hogan, Ojala Mace, Jens Fehrenbacher, Maximilian Gregor Hepach, Leman Çelik, et Koushik Ravi Kumar. 2022. « The Environmental Footprint of Social Media Hosting: Tinkering with Mastodon ». EASST Review 41 (3).

Laurent, Brice, et Alexandre Mallard, éd. 2020. Labelling the Economy: Qualities and Values in Contemporary Markets. Singapore: Springer Singapore. https://doi.org/10.1007/978-981-15-1498-2.

Lécuyer, Christophe. 2022. « Mouvement syndical et critique écologique des industries numériques dans la Silicon Valley »: Réseaux N° 231 (1): 41‑70. https://doi.org/10.3917/res.231.0041.

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Monnoyer-Smith, Laurence. 2017. « Transition numerique et transition ecologique ». Annales des Mines - Responsabilité et environnement N° 87 (3): 5. https://doi.org/10.3917/re1.087.0005.

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Tully, John. 2009. « A Victorian Ecological Disaster: Imperialism, the Telegraph, and Gutta-Percha ». Journal of World History 20 (4): 559‑79.

Vitali-Rosati, Marcello. 2012. S’orienter dans le virtuel. Hermann. https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/handle/1866/12983.

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Notes

1 Outre les articles et reportages des journaux papiers, web et télévisés sur les pollutions numériques, on notera également la publication à succès de Guillaume Pitron, L’enfer numérique, voyage au bout d’un like, Editions Les liens qui libèrent, 2021.

2 LOI n° 2021-1485 du 15 novembre 2021 visant à réduire l'empreinte environnementale du numérique en France, à lire en ligne : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044327272/

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