1En 1996, Marcus Wigan, alors vice-président de l’Australian Computer Museum Society, présentait l’avance prise par les pays anglo-saxons dans la réflexion en muséologie des patrimoines industriels et assimilés. Il décrivait notamment comment l’ingénierie informatique, technologie très évolutive au regard de l’histoire, restait dépendante de la combinaison logiciels et matériels d’origine qui leur étaient associés. En cela consistait d’ailleurs la force des organisations de bénévoles regroupés au sein de trusts (l’équivalent anglo-saxon des associations), dont l’apport se concentrait sur l’expérience pratique des systèmes anciens. Dans cet esprit, les individus deviennent les éléments-clés de la conservation des contextes liés à l’emploi des anciens ordinateurs, sachant qu’aucune de ces deux ressources ne se remplace aisément. Marcus Wigan (1996) écrit à ce sujet : « Un ordinateur est une combinaison de matériels, logiciels et programmes qui n’a que peu d’importance sans une certaine compréhension des problèmes auxquels ils ont été appliqués […]. Un musée doit donc viser à sécuriser le matériel, les logiciels et la documentation – et à faire fonctionner l’ensemble du système. Cela nécessite que les systèmes de stockage restent fonctionnels ». De plus, il a été l’un des premiers à exprimer qu’une des fonctions primordiales des musées de l’informatique était « de rendre compte du contexte social dans lequel les ordinateurs ont été utilisés ».
2Or, le taux de renouvellement des technologies informatiques a été, depuis l’origine de cette discipline, exponentiel, limitant la capacité des initiatives spontanées de conservation à suivre le rythme imprimé par le contexte de la compétition technicocommerciale mondiale. Dans le même temps, la quantité des données informatiques s’est largement amplifiée, puis leurs modes de diffusion se sont diversifiés, ce qui a ouvert la voie à des traitements beaucoup plus massifs, sophistiqués et surtout automatisés, sur des supports devenus accessibles et plus aisément compatibles.
3Dans le prolongement de ce mouvement général, en même temps que les moyens dédiés se mettaient en place, divers travaux universitaires ont porté sur la notion de collections patrimoniales de documents, pris en tant que supports de contenus, et sur la marche vers leur dématérialisation (Gindre et Ducret 2010). La société dans son entier s’est interrogée sur la fonction et la définition de « patrimoine numérique » (Treleani 2017). L’ampleur des moyens à fédérer pour atteindre les objectifs induits par ces nouveaux enjeux sociétaux a justifié que les institutions aient peu à peu repris à leur compte des problématiques rencontrées sur le terrain.
4En Europe, la plus systématique et structurée de ces initiatives, l’archive Software Heritage1, date de 2014 et émane de l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (INRIA) avec le soutien de l’UNESCO. Ce projet, porté par Roberto Di Cosmo (2021), « s’articule autour de la collecte, la préservation et le partage des codes sources [de logiciels] ». Il instaure une étape majeure vers la patrimonialisation de l’informatique, avec la reconnaissance à part entière de la fonction logicielle dans le développement de cette discipline, en mettant à la disposition des créateurs de programmes une plateforme d’archivage. Mais en ne s’intéressant, pour des raisons pratiques et éthiques tout à fait justifiées, qu’à la valeur générique du code source, il met en arrière-plan la question de la gestion des programmes compilés à destination de chaque type de machine spécifique (et, par voie de conséquence, leur fonction utilitaire2).
5Au préalable de cette tentative de systématisation, une approche plus pragmatique avait été abordée de manière complémentaire par des structures associatives, aux contraintes plus légères mais aux moyens souvent plus limités, sur deux plans :
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La mise à disposition de logiciels anciens, notamment de jeux vidéo pour lesquels il existe un marché porteur, par diverses associations de rétrogaming, comme Wake On Lan basée à Grenoble, ou via des sites Internet commerciaux. Cependant, ces initiatives libres compliquent la lecture juridique des produits et actions qui entrent dans le périmètre patrimonial public, et posent un problème de frontière car, au sein d’une discipline informatique encore jeune, même les jeux datant d’il y a plus de 30 ans restent potentiellement soumis à des droits d’auteurs et de diffusion, au titre de la propriété intellectuelle.
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La gestion de collections patrimoniales en cours de constitution, comme le fait l’association Aconit (Association pour un conservatoire de l’informatique et de la télématique), toujours à Grenoble, par l’intermédiaire de ses outils dédiés (bases de données, mises en perspective thématique et historique, élaboration d’un musée virtuel), avec l’ambition d’une future institutionnalisation de ses fonds identifiés, de leur exploitation, ainsi que de ses activités associées.
6De nos jours et dans le cadre évoqué par cette introduction, l’Aconit constate qu’une demande forte se met en place – il sera noté une certaine concordance de dates dans les trois situations évoquées dans le chapitre suivant – pour la récupération et l’exploitation de données anciennes, logiciels compris. Nous allons commencer par analyser trois exemples historiques parmi les plus représentatifs, dans un secteur bibliographique encore relativement rare, même aux États-Unis (pour plus d’informations sur les exemples cités, voir les liens disponibles en annexe de cet article).
7Entre 1966 et 1968, la NASA conduit un programme de cartographie de la lune appelé Lunar Orbiter, à l’aide de cinq sondes disposées en orbite autour de notre satellite. C’est une mission préparatoire au programme Apollo, visant à sélectionner les sites d’alunissage des futures missions habitées. Le système de prise de vues, complexe, consistait en un appareil argentique accompagné de son système de développement, puis d’un scanner pour retransmettre les images acquises vers la Terre, sous la forme d’un signal radio, les sondes n’étant pas conçues pour revenir. Le signal était alors enregistré sur des bandes magnétiques grâce à un Ampex FR-900, semblable aux tout premiers magnétoscopes.
8Les bandes obtenues ont été soigneusement archivées par la NASA, mais la machine d’acquisition des signaux a, pour sa part, été démantelée. Ce n’est qu’en 2008, soit plus de 40 ans après la mission, que, suite à la découverte fortuite d’un exemplaire de l’Ampex FR-900 et sa remise en état par un groupe de bénévoles, il a enfin été possible de numériser les bandes et de redécouvrir les photos, désormais librement accessibles sur le site Web de la NASA. Cet exemple indique clairement que, dans un premier élan du développement des équipements informatiques, la question de la pérennité de lecture n’était pas prise en compte, ni celle de la compatibilité des accès aux modes d’archivage.
9Le deuxième exemple se développe en trois temps (2001, 2011 et 2013) : des œuvres inédites de l’artiste américain Andy Warhol ont été découvertes sur des disquettes pour ordinateur Amiga. Dans le premier cas, c’est une version animée et sonore des célèbres portraits de Marylin Monroe produite par l’artiste lui-même qui a été retrouvée. Puis Don Greenbaum, l’ex-comptable de la société Commodore – le fabricant de l’Amiga qui avait directement collaboré avec Andy Warhol – a mis au jour neuf nouvelles œuvres, sans que le support d’archivage (disquette, bande ou disque dur ?) des œuvres d’origine ne soit précisé. Enfin, l’année 2013 voit apparaître le cas le plus documenté : Cory Archangel et d’autres bénévoles, membres du club d’informatique de Carnegie Mellon, archivent onze œuvres supplémentaires signées, à partir de disquettes exposées au musée Warhol de Pittsburgh. Certaines de ces œuvres retrouvées sont, elles aussi, disponibles sur le Web, hormis les vidéos.
10Ce qui transparaît dans cet exemple particulier est la qualité intrinsèque de certains contenus archivés, qui peuvent en soi constituer une valeur (scientifique, historique, artistique ou commerciale), au même titre que la découverte d’un trésor. Mais, dans le même temps, il met en exergue la question de la propriété des contenus d’origine, ce qui induit une limite d’action claire pour les tentatives de récupération de données anciennes.
11Le dernier exemple date de 2012. Jordan Mechner, créateur du jeu vidéo mythique Prince of Persia, sorti en 1989 pour agrémenter les micro-ordinateurs Apple II, retrouve dans de vieux cartons les disquettes contenant le code source (soit la programmation initiale) du jeu. Il est intéressant de noter à propos de ce cas que la particularité des logiciels est de pouvoir être compilés, c’est-à-dire de subir, après une première écriture dans un langage de programmation intelligible par un humain, une opération irréversible – la compilation –, afin de produire des fichiers exécutables par une machine donnée, les rendant très difficilement compréhensibles par un humain (tableau 1). Les copies commerciales exécutables de ce jeu devenu légendaire étaient monnaie courante avant cette découverte, mais cette dernière offre désormais la possibilité d’étudier d’un point de vue historique et sociologique comment la production des logiciels, en particulier des jeux vidéo, a été abordée à l’époque de l’émergence de la micro-informatique, afin de les adapter à de nouveaux systèmes. À la suite de cette découverte, le créateur du jeu a décidé de mettre librement à disposition son code source sur la plateforme collaborative GitHub.
Tableau 1. Exemples comparés d’un code source et d’un code compilé
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#include "stdio.h" int main() { printf("Hello World!"); return 0; }
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.intel_syntax noprefix .section .rodata .LC0: .string "Hello World!" .text .globl main .type main, @function main: push ebp mov ebp, esp and esp, -16 sub esp, 16 mov eax, OFFSET FLAT:.LC0 mov DWORD PTR [esp], eax call printf mov eax, 0 leave ret .size main, .-main
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À gauche : la citation « Hello World! » programmée en langage évolué C. À droite : son équivalent compilé en assembleur x86. Un assembleur est une représentation texte d’un langage machine et x86 est l’architecture de microprocesseurs équipant tous les PC actuels, initialement développée par Intel en 1978.
12La demande pour la récupération de données anciennes, dans le prolongement des exemples qui viennent d’être énoncés, est aussi constatée directement à l’échelle de l’association Aconit.
13La Bibliothèque nationale de France (BNF) a sollicité l’Aconit pour la récupération de données, stockées sur des bandes magnétiques IBM 9 pistes, contenant les travaux inédits du compositeur Iannis Xenakis, l’un des précurseurs de la musique assistée par ordinateur. L’association dispose bien du matériel adéquat (un lecteur de bandes Digital TU 20) mais manque dans l’immédiat de main-d’œuvre qualifiée pour le remettre en état de fonctionner. Une demande similaire émanant d’un musicologue de l’université de Rouen concerne des données stockées sur cartouches QIC.
14L’association grenobloise Tedimage38, garante du patrimoine industriel de l’entreprise Thomson-CSF, intégrée depuis au groupe Thales, a également souhaité récupérer le journal interne de l’entreprise, stocké sur disquettes. Cette action de sauvegarde a été rendue possible par le système qui sera décrit par la suite. Dans tous les cas, le dénominateur commun entre les logiciels d’exécution (les programmes en eux-mêmes) et les données contenues dans les programmes est le support de stockage, au point qu’il devient difficile de distinguer le traitement des uns par rapport à celui des autres.
15Tous ces exemples montrent que les supports stockant les données d’origine sont souvent conservés, voire catalogués par leurs auteurs ou producteurs, mais que la capacité à les exploiter décroît avec le temps, du fait de la raréfaction ou de l’inactivation des matériels de lecture. Mais la raison peut en être aussi la dégradation des matériaux commerciaux constituant le support d’enregistrement des données, dégradation qui varie grandement en fonction des conditions de stockage – lumière, température, humidité relative (Judge et al. 2003). Situation qui nécessite, lorsque cela reste matériellement possible, la mise en œuvre de moyens conséquents pour recouvrer un accès aux données. Ces moyens à réunir incluent la participation de personnes qualifiées dans le domaine informatique, la recherche de la documentation d’origine, son analyse, ce qui conduit à devoir résoudre à nouveau les problèmes que s’étaient posés les ingénieurs des débuts de l’informatique, dans l’intention de concevoir au cas par cas une passerelle entre appareils anciens et environnements modernes.
16Une des premières missions de l’Aconit en tant que conservatoire de l’informatique est donc de préserver un éventail représentatif de matériel ancien, dans le but de fournir une ressource potentielle à des travaux d’atelier, sur des machines rendues à nouveau actives.
17L’Aconit, qui est l’Association pour un conservatoire de l’informatique et de la télématique, s’est donnée pour but, depuis 1985, de rassembler, conserver et mettre en valeur un échantillonnage représentatif du patrimoine informatique. Son objectif est de positionner cet outil au cœur de la société, en questionnant ses origines, son évolution, ses devenirs. Elle focalise en priorité son attention sur les travaux issus de la communauté scientifique et de recherche grenobloise, très représentative de l’apport de l’informatique française dans le développement de cette discipline à fort impact social, devenue essentielle au niveau mondial, et pour laquelle Grenoble a joué un rôle historique crucial (Mounier-Kuhn, 2010).
- 3 Un système d’exploitation (OS) est en même temps un logiciel et le support d’exécution de tous les (...)
18Comme le notait Henri Boucher (2011), observateur méticuleux de l’évolution de l’informatique mondiale, la part réellement scientifique, et non pas seulement technique ni commerciale, de cette nouvelle discipline reconnue par l’Académie des sciences dès 1966, consiste essentiellement en ses contenus logiciels. En effet, un kit de logiciels contient généralement le support langage de toute machine, en même temps que les instructions nécessaires à la mise en route de son système3. C’est d’ailleurs précisément dans ce domaine que les laboratoires de l’IMAG (Informatique et mathématiques appliquées de Grenoble, aujourd’hui fédération de laboratoires regroupés au sein de l’université Grenoble-Alpes), et plus généralement l’écosystème de la recherche grenobloise (Grenoble-Alpes Métropole 2012), se sont principalement illustrés durant leur période faste. Il est donc naturel que l’Aconit se donne pour mission de participer de manière active à la conservation de cette catégorie particulière du patrimoine informatique, comme un élément moteur de la compréhension de cette évolution.
19Or, comme d’autres institutions avant elle, l’Aconit a fait le constat de la perte progressive de l’opérabilité des moyens de stockage des données numériques, depuis l’apparition des différents formats de supports magnétiques en 1967. Si la lecture de programmes logiciels peut parfois être compromise, c’est avant tout la perte de l’accès aux codages (au premier rang desquels figurent les codes sources) de ces programmes et de leurs différentes formes de compilation qui constituerait une hypothèque sévère pour les recherches historiques ultérieures, par le biais, notamment, de la restitution de contextes exécutables. L’Aconit a donc décidé de tenter d’y remédier en développant une station dédiée à la copie numérique de disquettes, dans un premier temps, en vue d’assurer un archivage de sauvegarde minimal de la part active de ses presque 3 700 supports logiciels.
20Précisons que cette station servant à dupliquer les programmes logiciels pour archivage peut, en toute bonne logique et pour les raisons déjà évoquées plus haut, être utilisée pour récupérer des données conservées sous des formats anciens devenus inaccessibles. Cependant, comme il n’est pas dans les missions de l’association de travailler sur les données externes (c’est-à-dire produites par des tiers), cette facette de l’utilisation du système ne saurait être réservée qu’à des prestations dites à façon.
21Pour réaliser ce vaste projet, l’Aconit s’est appuyée sur un environnement informatique favorable. Le développement actif du système DBAconit, par Philippe Denoyelle, ingénieur retraité, a permis depuis 2002, grâce au support de son site Internet, de créer une base de données, dénommée pour sa part DB-ACONIT, dédiée à la gestion de ses collections suivant les trois domaines identifiés : machine, document, logiciel. Les fiches individuelles de la base de données pouvant être liées entre elles, les logiciels restent donc en connexion avec leur environnement matériel d’origine. Ces fiches peuvent être illustrées par des médias de différentes natures : images (vignettes), textes (PDF), sons, vidéos… Ces différents médias sont stockés dans l’environnement de la base de données DB-ACONIT et sont publiés sur un serveur Internet public. De plus, les fichiers numériques de ces médias, au premier plan desquels figurent les JPG, sont archivés au format d’origine sur un serveur de données maison (un Xserve d’Apple Computer, Inc.4) à double sauvegarde interne, plus une sauvegarde manuelle externe réalisée une fois par mois environ.
22Pour parvenir à la concrétisation de son objectif d’archivage numérique pérenne, l’Aconit a choisi de se doter de la solution logicielle libre FluxEngine, suivant des modalités qui seront décrites dans les chapitres suivants. S’agissant d’un projet de collection, les copies d’archivage logiciel ainsi obtenues trouvent donc tout naturellement leur place dans notre médiathèque numérique créée sur le serveur Xserve, sous le numéro d’inventaire de leur logiciel d’origine, en vue d’une exploitation future. Il est bien précisé ici qu’un archivage numérique actuel est virtuel, et que sa compatibilité technique l’affranchit de la longévité de son support matériel de production, à condition de respecter les recommandations actuelles d’archivage, dans le but d’éviter de se retrouver, d’ici quelques dizaines d’années, dans une situation analogue.
23Les disquettes sont des supports de stockage magnétiques composés d’un disque souple et d’une enveloppe protectrice rigide ou semi-rigide. Elles ont été développées à l’origine par la firme américaine IBM à partir de 1967 pour les besoins de son ordinateur IBM System/370. Il s’agissait d’un disque de 8 pouces de diamètre (soit 20 cm environ), fonctionnant en lecture seule et pouvant contenir jusqu’à 80 kilooctets. Ce support de mémoire externe permettait de stocker les microprogrammes de l’ordinateur qui étaient transférés au démarrage sur le disque dur du système interne. Ce n’est que par voie de conséquence que cette facilité a ensuite été employée par les opérateurs à des fins d’archivage.
24Plusieurs générations se sont ensuite succédé, devenant de fait un standard commercial pour l’équipement des micro-ordinateurs. Sa taille s’est progressivement réduite, passant à 5,25 pouces (13 cm), puis 3,5 pouces (9 cm), et sa capacité est montée jusqu’à 1,44 mégaoctet pour le modèle le plus répandu (figures 1 et 2). Son usage s’est ensuite peu à peu estompé à partir de la fin des années 1990, remplacé par celui du CD-ROM, enfin par celui de la clé USB. Sa production s’est achevée en 2011.
- 5 À l’origine de l’encodage, chaque fabriquant a réalisé un choix technique différent, notamment pour (...)
25En étudiant les spécifications de ces supports, on s’aperçoit qu’il n’existe pas qu’un seul type de disquettes, mais autant de types différents que de constructeurs en ayant équipé leurs machines. En effet, les dispositifs de lecture (lecteurs) qui, pour leur part, étaient identiques d’un environnement à l’autre, n’intégraient pas en leur sein l’intelligence nécessaire à l’encodage des données binaires5.
Figure 1. Les trois générations de lecteurs de disquettes : 8 pouces, puis 5,25 pouces et enfin 3,5 pouces
Michael Holley (domaine public)
Figure 2. Les trois générations de disquettes
Michael Holley (domaine public)
Figure 3. Représentation schématique d’un enregistrement magnétique
Chaque transition de sens du pôle magnétique (représenté par les flèches) va générer une impulsion électrique dans la tête de lecture.
Luca Cassioli (domaine public, image modifiée par les auteurs)
26Ces lecteurs n’étaient capables d’enregistrer qu’une succession de transitions du pôle magnétique, appelée le « flux », ce qui n’était pas en soi suffisant pour permettre de générer efficacement un codage binaire sous forme de « 1 » ou de « 0 » (figure 3).
Figure 4. Exemple d’un flux d’encodage de type FM
Manuel technique du lecteur Shugart SA810
27L’exemple de la figure 4 ci-dessus montre l’enregistrement de données avec un encodage de type Frequency Modulation (FM). Le temps est ici divisé en cellules de 4 microsecondes (impulsion d’horloge définie par chaque fabricant, en parallèle de la vitesse de rotation du lecteur). Il existe toujours une transition de début de la cellule. Par la suite, pour encoder un « 1 », une transition intermédiaire est effectuée au milieu de celle-ci ; inversement, pour encoder un « 0 », il n’y a pas de transition.
- 6 Des systèmes anticopie ont généralement été implémentés par les fabricants ou éditeurs de logiciels (...)
28La tâche de génération de cet encodage est dévolue au contrôleur de disque, composant externe au lecteur, qui est différent et potentiellement incompatible pour chaque constructeur d’ordinateurs6. En effet, en l’absence de standard établi en amont, chaque fabricant a pu opérer des choix techniques d’encodage différents. Il existe toutefois des éléments communs de la géographie du support.
-
La piste : c’est un cercle faisant le tour du disque (représenté en saumon sur la figure 5) ; la tête de lecture vient se positionner au-dessus d’une piste et la rotation du disque va en assurer la lecture.
-
Le cylindre : il désigne les deux pistes superposées, dans le cas des disquettes double face.
-
Le secteur : il définit une « part de gâteau » du disque magnétique et englobe donc des segments, ou blocs, adjacents de plusieurs pistes (représenté en violet sur la figure 5).
29Nous obtenons donc deux coordonnées qui identifient un élément géographique unitaire. Chacun de ces éléments contient généralement un en-tête (header) pour détecter le début de l’enregistrement, un bloc de données et un code détecteur d’erreur de lecture (typiquement un Contrôle de redondance cyclique, ou CRC).
Figure 5. Représentation schématique d’une face de disquette
En saumon : piste ; en bleu lavande : secteur ; en rose fuchsia : segment ou bloc
« MistWiz » (domaine public, image modifiée par les auteurs)
30Le nombre de pistes et de secteurs pouvant lui aussi varier, il en résulte une multiplicité de paramètres caractérisant une disquette. Ces caractéristiques et leurs valeurs associées sont rassemblées dans le tableau 2.
Tableau 2. Liste des paramètres d’enregistrement
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Caractéristiques
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Valeurs possibles
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Taille
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8 pouces, 5,25 pouces, 3,5 pouces
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Encodage
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FM, MFM, M²FM, GCR, RLL
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Densité
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Single, Double, Quad, High Density
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Nombre de pistes
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40 à 82
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Nombre de secteurs par piste
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5 à 38 + (Zoned Bit Rate ou Constant Angular Velocity)
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Octets par secteur
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128 à 1 024
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Vitesse de rotation
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90 à 590 tours/minute
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Nombre de faces
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Single Sided, Double Sided
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Système de fichier
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FAT8/12/16, AFS, HFS, MFS
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31Ces paramètres sont susceptibles de varier d’un fabricant à l’autre.
32Pour le format IBM (le plus répandu sur les PC des années 2000), cette configuration donne :
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taille : 3,5 pouces
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encodage : MFM
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densité : HD (haute densité)
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nombre de pistes : 80
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nombre de secteurs par piste : 21
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nombre d’octets par secteur : 512
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vitesse de rotation : 300 tours/minute
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écriture : double face
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système de fichiers : FAT12
- 7 Il existe d’autres formats de stockage magnétique, sur cartes ou sur bandes ; ceux-ci ne sont pas c (...)
33Toutes ces caractéristiques sont autant de paramètres à prendre en compte dans tout dispositif permettant de sauvegarder le contenu de disquettes7.
34Pour parvenir à l’objectif de constituer une sauvegarde exploitable de son importante collection de programmes et logiciels, l’Aconit a commencé par étudier plusieurs solutions.
35La grande diversité des formats rencontrés fait qu’il n’existe aucun matériel d’époque capable de prendre en compte toutes les caractéristiques recensées, les machines n’étant compatibles qu’entre gammes d’un même fabriquant. Il faut donc disposer d’un appareil ou dispositif créé spécialement pour intégrer cette problématique. Heureusement, d’autres personnes avant nous se sont posé les mêmes questions et ont produit leur propre solution, parmi lesquelles les plus efficaces sont :
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le KryoFlux, dispositif commercial et propriétaire, mais éprouvé
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le SupercardPro, similaire à KryoFlux
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l’AppleSauce, également propriétaire, mais spécialisé dans les disquettes pour Apple II
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le Greaseweasel, logiciel libre (diffusé dans le domaine public par son auteur) et communautaire
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enfin, le FluxEngine, logiciel libre également (droits de copie, modifications et redistribution accordés, obligation de citation de l’auteur), développé par David Given
36Il a été décidé délibérément de choisir une solution libre. En effet, comme cela sera évoqué par la suite, il est nécessaire, au cours du procédé de sauvegarde, de produire des fichiers spécifiques, principalement de type « flux ». Comme il n’y a pas de standard officiel, tous ces systèmes utilisent un format différent. Dans le cas des solutions propriétaires, la spécification de ce format n’est pas publique, contrairement aux solutions libres. Si un jour leurs fabricants ou auteurs venaient à disparaître, il apparaît important, dans le prolongement de la thématique mise en lumière par cet article, de garder la connaissance de la façon dont les sauvegardes ont été produites, pour pouvoir continuer à les exploiter.
37De plus, la partie logicielle du FluxEngine est compatible avec la partie matérielle du Greaseweasel, une éventualité rendue possible en grande partie grâce à la nature open source des deux projets. Nous avons donc finalement choisi comme noyau de notre système le produit FluxEngine, qui présente l’avantage d’être peu onéreux à la mise en place et facile à mettre en œuvre. Il est constitué de deux parties distinctes : une partie physique matérielle (figure 6), qui se connecte aisément à un lecteur de disquettes, et une partie logicielle de traitement, fonctionnant sur un PC moderne. Il a suffi ensuite de rassembler et de connecter autour de ces éléments rendus opérationnels une station de travail dédiée, par l’adjonction de 4 postes de lecture provenant des ressources matérielles de l’Aconit et couvrant la gamme standard des formats de disquettes considérés.
Figure 6. La partie matérielle du système FluxEngine
Cette partie est constituée d’un kit de développement pour microcontrôleur PsoC 5 et d’un connecteur adapté à la nappe de connexion du lecteur de disquettes (les broches visibles en partie supérieure).
The FluxEngine Authors, licence MIT open source, 2022
38Au sein de la chaîne opératoire intégrée par l’Aconit (figures 7 et 8), le processus de duplication commence par la sélection du lecteur adapté au support physique identifié : disquettes 8 pouces, 5,25 pouces et 3,5 pouces.
39Puis la sélection du format de la disquette et de plusieurs préréglages requis permet de choisir facilement un environnement : PC, Atari ST, Apple II, Commodore, etc.
40Dans le cas de l’Aconit, la mise en place du dispositif (Lecteur de disquette + contrôleur FluxEngine + PC équipé du client FluxEngine) est considérée comme acquise (station dédiée). Pour autant, le travail de l’Aconit s’est poursuivi par l’écriture d’un programme adapté à la gestion de la production des fichiers et au traitement de leur destination (configuration spécifique).
41Pour obtenir un maximum de flexibilité, la partie matérielle du système ne procède à aucun décodage des signaux envoyés par le lecteur. Ceux-ci sont simplement redirigés vers le PC au moyen d’une interface USB. Ils sont ensuite traités par le logiciel client, qui effectue alors le décodage pour reconstituer les données binaires.
42Il est possible d’enregistrer ce signal dans un fichier, dans le but de le décoder ultérieurement. Il est alors converti en un fichier d’extension .flux. Ce fichier contient toutes les transitions magnétiques mesurées par le lecteur en fonction du temps.
- 8 Une version prochaine de FluxEngine devrait permettre de décoder aussi les systèmes fichiers.
43Les données binaires décodées sont enregistrées dans un fichier IMG. Le travail du client FluxEngine s’arrête ici : nous avons bien récupéré nos données, mais on ne peut rien faire du fichier IMG seul, car il est nécessaire de l’interpréter en fonction de la machine cible8. Dans ce but, il est possible de faire appel à des logiciels externes capables d’interpréter le système de fichiers (c’est ce qui permet de donner des noms, d’attribuer des métadonnées aux fichiers produits ou de créer des arborescences de répertoires), ainsi que d’extraire de la disquette les fichiers à proprement parler.
44Il faut noter ici que ce format IMG est devenu un standard. Il existe des interpréteurs de logiciels pour plusieurs types de machines qui acceptent en entrée ce format. On peut aussi remplacer certains lecteurs de disquettes par un adaptateur (souvent sur clé USB) qui fournit à chaque demande de lecture une partie d’un fichier IMG.
Figure 7. Les différentes étapes de la sauvegarde d’une disquette par le système Aconit
Image produite par les auteurs
Figure 8. Chemins d’exploitation possibles des données extraites par le système Aconit
Image produite par les auteurs
- 9 Scalabilité : capacité d’un produit informatique à s’adapter aux fluctuations de la demande.
45L’innovation de l’Aconit a consisté ici à adapter l’outil à son environnement, afin d’obtenir une chaîne opératoire complète, correctement dimensionnée et totalement intégrée. En plus d’avoir mis en batterie une série de lecteurs couplés à un ordinateur PC « client », c’est-à-dire équipé de la solution logicielle FluxEngine, Antoine Hébert a réalisé une interface cohérente de la ligne de commande, accessible aux néophytes et spécifiquement configurée pour notre usage associatif (archivage de masse).
46Une première version nommée FloppyWizard a permis la validation du concept, par la récupération de données pour le compte de l’association Grenobloise Tedimage38, partenaire patrimonial de l’Aconit. Ces tests ont permis d’identifier des zones d’interventions nécessaires à une exploitation ultérieure : restitution de contextes de lecture et d’écriture compatibles ; récupération de secteurs de programmes défectueux ; répartition adaptée au sein d’un système de médiation numérique.
47Une seconde version, développée en langage Python, a pris en compte les retours d’expérience pour optimiser au mieux le mode opératoire, afin de récupérer le contenu des milliers de disquettes présentes dans la collection de l’Aconit (figure 9).
Figure 9. Page d’accueil du logiciel développé par l’Aconit pour l’archivage de disquettes
Image produite par les auteurs
48Initialement, les différentes opérations devaient être réalisées manuellement :
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archivage de la disquette avec le logiciel FluxEngine, en utilisant les bons paramètres ; par exemple, le nom du fichier IMG doit avoir un format de numérotation unique prédéfini, de type AC_xxxxx-yy_zzzz, où xxxxx représente la racine à 5 incréments du numéro d’inventaire, yy un indice attribué à la position de la disquette dans la série, s’il y a lieu, et zzzz indiquant le nom du programme archivé
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lancement des programmes complémentaires permettant d’extraire les fichiers
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intégration à la base de données DBAconit ; sur la fiche d’inventaire du logiciel concerné, import du fichier de type PNG en média pour assurer un contrôle visuel de suivi, avec mise à jour du champ « Complément position », pour indiquer qu’une copie de l’ensemble des fichiers émis existe dans le dossier d’archivage correspondant
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sauvegarde des copies générées sur le serveur d’archivage en réseau de l’association
- 10 Dans ce cas, l’ordinateur « serveur » met à disposition des ordinateurs « clients » un certain nomb (...)
49Compte tenu du temps immobilisé pour chacune de ces opérations, il n’apparaissait pas réaliste de sauver l’entièreté de la collection dans un délai compatible avec les objectifs de médiation et de valorisation virtuelles tels que décrits ci-dessous. De plus, leur emploi n’est pas aisé par les personnes n’étant pas habituées aux interfaces en ligne de commande. Pour répondre à ces nouveaux besoins, il a été décidé d’utiliser une facilité technique du système de gestion appelé DBAconit. Depuis 2010 en effet, un module serveur permet le dialogue direct entre ce système, support de nos différentes bases de données, et un autre ordinateur en utilisant un protocole normalisé XML-RPC10. Cela nous permet, entre autres opérations à gérer, d’intégrer automatiquement des fichiers en code binaire des logiciels numérisés directement dans les médias des fiches d’inventaire.
50Pour ce faire, une nouvelle interface graphique de FloppyWizard (figures 10a, 10b et 10c) a été développée, dans le but d’automatiser l’essentiel des étapes précédemment citées. Cette interface spécifique facilite :
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le choix initial des paramètres de la disquette
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la gestion automatique du format du nom généré
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l’extraction automatique des fichiers
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les mises à jour de la base de données DBAconit, par l’interface XML-RPC
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la copie automatique du fichier IMG dans les médias de la base de données
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la copie automatique du fichier IMG sur le serveur d’archivage réseau, Xserve
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la constitution progressive d’un programme local intégrant un module donnant accès à une recherche aisée de disquettes déjà archivées (à réaliser)
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le lancement automatique d’un émulateur sur la base de la recherche précédemment effectuée
Figure 10a. Capture d’écran de la fenêtre d’entrée de FloppyWizard2
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Figure 10b. Capture d’écran du menu déroulant de sélection du format des disquettes
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Figure 10c. Capture d’écran de la fenêtre de FloppyWizard2 permettant la gestion de l’accès à la base de données Aconit
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51Ce nouvel outil spécifique à l’Aconit ouvre de réelles perspectives pour l’unification de multiples systèmes de gestion de données et leurs potentialités de valorisation, dans des contextes de médiation numérique. Il devient possible d’envisager, à l’aide d’outils dédiés en cours d’élaboration, de recréer virtuellement des environnements représentatifs de technologies informatiques choisies. En marge des émulateurs et simulateurs d’ordinateurs anciens, qui aujourd’hui se développent notamment au sein de communautés libres, il devient possible d’envisager, par exemple, de mettre en place des prises de vues interactives permettant d’accéder aux principaux composants structurels de machines identifiées et à leurs outils logiciels d’origine : restitutions d’écrans, visuels ou démonstrations de jeux vidéo et, pour un niveau plus avancé, accès aux codes binaires de logiciels sélectionnés. Cette perspective d’exploitation des contenus découle directement du travail préalable présenté dans cet article.