Notes
La reconnaissabilité est une notion qui renvoie aux caractéristiques qui permettent de rendre quelque chose ou quelqu’un-e reconnaissable. À ce propos, voir : Haud Guéguen et Guillaume Malochet, Les Théories de la reconnaissance, Paris, La Découverte, 2014, chap. 4, « Critiques du paradigme de la reconnaissance ».
Comme Les Humanoïdes Associés ou L’Association.
Tels Tintin, Spirou ou Corto Maltese.
Comme Pilote, (À suivre), Métal Hurlant ou Ah ! Nana.
Sylvain Lesage a récemment fait référence à ce phénomène dans un état de l’art : Sylvain Lesage, « Bande dessinée et histoire. De l’histoire des représentations à l’histoire culturelle », Sociétés & Représentations, vol. 53, n°1, 2022, p. 15-38.
L’exposition « Maîtres de la bande dessinée européenne », organisée en 2001 par la Bibliothèque nationale de France et le Centre national de la bande dessinée et de l’image, mettait en valeur 70 dessinateurs et 3 dessinatrices : Claire Bretécher, Tove Jansson et Mary Tourtel.. Cf. : Thierry Groensteen, Maîtres de la bande dessinée européenne : le cahier, cat. expo, Paris, Bibliothèque nationale de France, (10 octobre 2000-7 janvier 2001), Angoulême, Centre national de la bande dessinée, (24 janvier-29 avril 2001), Paris, Bibliothèque nationale de France, Seuil, 2001.
Cf. : Benoît Berthou (dir). « La bande dessinée : un ‘‘art sans mémoire’’ ? », Comicalités (2011 à 2017). https://journals.openedition.org/comicalites/198
Les mémoires de Blanche Delaborde et de Berenice Motais de Narbonne, ainsi que la thèse de Jessica Kohn (soutenue en 2018, publiée en 2022), ont permis d’initier un véritable champ de recherche concernant les dessinatrices de bandes dessinées. Pour les travaux en langue étrangère s’intéressant à cette population, voir : Maurice, Horn, Women in the comics, Rev. & Updated, Philadelphia, Chelsea House, 2001 ; Adela Cortijo Talavera, « La bande dessinée française au féminin », dans Dominique Bonnet, Maria José Chaves Garcia et Nadia Duchêne (coord.), Littérature, Langages et Arts : Rencontres et Création, Huelva, Universidad de Huelva Publicaciones, 2007 ; Catriona MacLeod, Invisible Presence: The Representation of Women in French-Language Comics, Bristol (UK), Chicago (USA), Intellect, 2021.
D’ailleurs, on pourrait évoquer le travail de Marie Duval au XIXe siècle et même des imagiers dont les scénarios ont été conçus par Marie Pape-Carpantier (voir plus loin) au milieu de ce même siècle.
Caricaturiste et dessinatrice de presse, Gerda Wegener publiait régulièrement pour des journaux tels que Le Rire ou La Baïonnette. On peut suivre sa collaboration avec La Baïonnette durant les trois années qu’a duré la guerre.
Pratique d’autres formes de création comme l’illustration ou la peinture, où ces créatrices évoluent amplement, serait l’une de ces raisons. Les difficultés à suivre cette carrière ou le choix de ne plus en faire partie (à cause de la mauvaise réputation de la BD, ou d’une vie de famille, par exemple) peuvent être d’autres raisons. Ces hypothèses ne peuvent qu’être spéculatives, mais soulignent le contexte socioculturel de l’époque.
Cf. Marys Renné Hertiman, « ‘‘Il n’y a pas des liens entre la notoriété des femmes et [leurs] traces…’’. Entretien avec Isabelle Bastian-Dupleix et Caroline Raynaud, commissaires de l’exposition C. Meurisse (BPI) », L’Exporateur littéraire, 21 octobre 2020 (https://www.litteraturesmodesdemploi.org/entretien/il-ny-a-pas-des-liens-entre-la-notoriete-des-femmes-et-leurs-traces-entretien-avec-isabelle-bastian-dupleix-et-caroline-raynaud-commissaires-de-lexposition, consulté le 29 juin 2022).
Ibid.
Cf. : Stéphanie Urdician, « Patrimonio/Matrimonio. El legado cultural en una perspectiva de género », communication au XVI Congreso Internacional ABRALIC, « Circulação, tramas & sentidos na Literatura », Brésil, Brasilia, 15-19 juillet 2019 (https://matrimoine.art/stephanie-urdician/publications).
“La desaparición de la palabra invisibiliza el papel de la mujer en los procesos de transmisión económica y simbólica excluyéndola de la esfera del poder y de la cultura oficial. Uno de los puntos de inflexión en la historia de la desaparición del legado de las mujeres (en el sentido jurídico, político y cultural) es la ruptura (material y simbólica) de la genealogía materna, característica común de todas las sociedades patriarcales” (ibid., p. 4).
Sylvain Lesage, L’Effet codex : quand la bande dessinée gagne le livre. L’album de bande dessinée en France de 1950 à 1990, thèse d’histoire, Université Versailles Saint-Quentin-En-Yvelines (UVSQ), 2014. (p. 126-142) ; Thierry Groensteen, La Bande dessinée, son histoire et ses maîtres, op. cit. Pour la version en ligne, voir l’article « Les Histoires en images, des origines à 1914 – partie 4 », s.d., URL : www.citebd.org/spip.php ?article10383 et l’article paru sur le site bd-nostalgie.org présentant une « Brève histoire de la S.P.E. », URL : http://www.bd-nostalgie.org/DIVERS/01_histoire.htm
Richard Medioni, Françoise Bosquet et Mariano Alda (dir.), « Mon camarade », « Vaillant », « Pif gadget » l’histoire complète : 1901-1994 : les journaux pour enfants de la mouvance communiste et leurs BD exceptionnelles, Pargny-la-Dhuys, Vaillant collector, 2012.
Voir note 11.
Michèle Le Doeuff, Le Sexe du savoir, Paris, Alto Aubier, 1998, p. 10. Voir aussi Christine Détrez, « L’Exclusion genrée, un jeu à trois manches », dans Sylvie Octobre, Frédérique Patureau (dir.), Normes de genre dans les institutions culturelles, Paris, La Documentation française, 2018.
La charge d’un travail alimentaire, la maternité ou les micro-agressions sexistes sont quelques-unes des raisons qui conduisent à l’abandon de la carrière ou au changement de domaine (se consacrer au secteur jeunesse plutôt qu’à celui de la BD). Le site du Collectif des créatrices de BD contre le sexisme a recensé plusieurs témoignages (la plupart anonymisés) sur les systématismes liés au genre dans le monde de la BD (https://bdegalite.org/temoignages/, consulté le 29 juin 2022).
Cité dans : Gilles Ciment, « Femmes dans la bande dessinée, des pionnières à l’affaire d’Angoulême (8/12) : Angoulême, acte 2, les “‘nhomminations”’ pour le Grand Prix », Association Artémisia, 18 janvier 2017 (URL : www.assoartemisia.fr/femmes-dans-la-bande-dessinee-angouleme-acte-2-nhomminations-grand-prix/, consulté le 29 juin 2022).
Cf. Pierre Nocerino, Les Auteurs et autrices de bande dessinée : la formation contrariée d’un groupe social, thèse en sociologie dirigée par Cyril Lemieux, Paris, EHESS, 2020.
Dans le cadre de ma recherche doctorale, j’ai travaillé les sources suivantes : site du collectif BDégalité ; de l’ancienne librairie Lambiek ; de la thèse de Jessica Kohn ; des catalogues Gallica, BDgest, de la revue Topfferianna, les bases de données du Musée de l’image (Épinal), du Dictionnaire mondial de la BD (Gaumer) ; des sites bd-anciennes.com, bdoubliees.com et http://nouvellesuzette.canalblog.com ; mais encore du Dictionnaire des illustrateurs : 1905-1965 (Ides et Calendes éditions, 2001).
Les 41 dessinatrices qui composaient le corpus de la thèse de Jessica Kohn sont : Aliette, André Suzanne, Berthélémy Martine, Bertier Françoise, Boland Josette, Bourdin Marie, Bouret Germaine, Bretécher Claire, Christen Liliane de, Constant Nicole, Dargier Jacqueline, Deletaille Albertine, Deleuil Simone, Dodibert Simone, Duché Jacqueline, Ferrier Michelle, Follet Edith, Forster Nadine, Funcken Liliane, Hallé Camille, Hardy Marie, Hermet Madeleine, Hopf Sonja, Hot Tessa, Hugon Anne, Iessel Manon, Ivanovskaia Élisavieta, Janvier Janine, La Plane Agnès, La Selve Simone, Lagarde Luce Andrée, Lay Janine, Ledoux Line, Marchal Claire, Markova Nina, Millon Élise Denise, Pécourt Marie, Séligmann Lui, Soleillant Claude, Vallée Geneviève et Voisin Solange.
Personnes ayant participé à une publication durant trois ans minima et qui semblaient en faire leur source principale de revenus.
J’utilise ici l’expression de Michel Foucault qui servirait à explorer, de manière hétérogène et fragmentée, l’évolution des pratiques et des savoirs. Sur l’archéologie foucauldienne, voir : Luca Paltrinieri, « Archéologie », Le Télémaque, 2015/2 (n°48), p. 15-30. DOI : 10.3917/tele.048.0015. URL: https://www.cairn.info/revue-le-telemaque-2015-2-page-15.htm Consulté le 27 février 2022.
L’un des liens les plus évidents étant celui qui celui avec les médias, comme en témoignent les publications de bandes dessinées dans la presse illustrée ; les revendications des dessinateurs pour avoir la carte d’identité des journalistes professionnels (cf. Kohn, 2022) ; l’apparition des strips dans les revues féministes (Le Torchon brule, Les Pétroleuses), l’essor de la BD de reportage ou plus encore la réapparition des revues illustrées (XXI, La Revue Dessinée, La Déferlante). Éric Maigret et Matteo Stefanelli (2009) ont d’ailleurs réuni des travaux portant une réflexion sur la considération de la BD comme une médiaculture à part entière, par son histoire, sa fonction et son fonctionnement.
Approche méthodologique permettant de tracer la biographie collective d’un groupe social. Cf. : Pierre-Marie Delpu. « La prosopographie, une ressource pour l’histoire sociale », Hypothèses, vol. 18, no1, 2015, p. 263-274.
Luca Paltrinieri définit l’archéologie horizontale ou foucaldienne comme une « enquête comparative et historique sur les espaces de possibles discursifs nichés dans notre présent », op. cit.
Je fais ici une distinction entre ces deux démarches, puisque l’effacement ou la négligence des sources concerne différents types de populations : les peuples autochtones, la communauté LGBTQ+, des groupes racisés, entre autres.
La visibilité de ces femmes est encore au cœur de leurs luttes pour la reconnaissance. Faire leur histoire en mobilisant leur mémoire, leurs paroles, leurs voix, leurs visages, leurs gestes et leurs attitudes, permettrait de restituer cette histoire, de la manière la plus juste possible.
Marie Pape-Carpantier était une pédagogue féministe née à La Flèche le 10 septembre 1815 et décédée à Villiers-le-Bel le 31 juillet 1878. Son travail portait sur l’éducation de très jeunes enfants, mais défendait aussi l’éducation des femmes. Sur ce sujet, elle livre plusieurs conférences et devient même la première conférencière à la Sorbonne. Le Musée de l’image d’Épinal montre plusieurs estampes où l’on retrouve ses histoires. Ces estampes sont signées uniquement par Mme Pape-Carpantier et ont été gravées par Louis Scherer ou un certain Maurin (personne dont le prénom n’est pas identité).
Syndicat National des Artistes Dessinateurs, puis le Syndicat National des Peintres-illustrateurs (SNPI) aujourd’hui Union Nationale des Peintres-Illustrateurs (UNPI). Le site officiel de l’UNPI retrace la chronologie des actions menées depuis son origine (https://unpi.net/unpi/les-origines-de-lunpi-les-actions/, consulté le 06 mars 2022).
Blanche Dumoulin, autrice de BD née en 1885 en Belgique. Elle travaille régulièrement en France et finit par s’y installer vers 1938, où elle décède à l’âge de 80 ans en 1975. Elle ne cesse d’être associée au travail de son époux, le dessinateur Rob-Vel, pour qui elle scénarise même certaines histoires de Spirou, mais on pouvait trouver ses dessins dès 1933 dans Le Dimanche illustré (voir l’illustration 1), ses strips dès 1934 dans le journal Pierrot ou dans Guignol et ses histoires illustrées dans le journal Les Belles Images.
Joëlle Savey (secrétaire générale du Syndicat national des dessinateurs de presse – SNDP dans les années 1970), Jeanne Puchol, et plus récemment Christelle Pécout et Gaëlle Hersent (vice-présidente et représentante auteurices du SNAC-BD, respectivement).
Les activités hors création de Joëlle Savey (entre 1972 et 1984) ou de Christelle Pécout (depuis les années 2010) rendent compte de leur implication en vue des intérêts collectifs de la profession.
Voir note 21.
« Sur les 37 ouvrages imposés dans des cours de BD, 3 ont été écrits par des femmes (Cestac, Bretécher et Goetzinger) ». Maëlys Tirehote-Corbin, Enquête en école de bande dessinée. La fabrique des créateurices, un apprentissage genré ?, mémoire de Master, sous la direction de Delphine Naudier, Paris, EHESS, 2019, p. : 47-48.
Bien que le cadre et la problématique de cet article ne permettent pas de développer la question de l’évincement d’autres espaces, il convient tout de même de signaler que cette situation est symptomatique d’un problème plus vaste puisque les travaux de vulgarisation semblent subir le même sort.
Entretien téléphonique réalisé le 7 mars 2022, dans le cadre de ma thèse.
Entretien du 11 août 2019, dans le cadre de ma recherche doctorale, réalisé au domicile de l’autrice.
Entretien réalisé dans le cadre du séminaire « Matrimoine de la BD », le 19 novembre 2020.
Entretien réalisé dans le cadre de ma recherche doctorale, au domicile de l’autrice, le 10 février 2021.
Cf. : « Sonja Hopf, quelques gouttes échappées du fleuve ». Entretien avec Frédéric Pajak, s.d. (https://sonjahopf.fr/entretiens/, consulté le 20 février 2022).
Voir notamment : Virginie Virginie, « Le Magazine Ah ! Nana : une épopée féministe dans un monde d’hommes ? », Clio. Histoire, femmes et sociétés, vol. 24, no. 2, 2006, p. 251-272, et Blanche Delaborde, Le Magazine Ah ! Nana (1976-1978), mémoire de Master, dirigé par Nicolas Bourguinat, Université de Strasbourg, 2005. Voir aussi : Montserrat Terrones, « Chantal Montellier y Ah ! Nana. El debut del feminismo en el cómic Europeo », Cuadernos Del Centro De Estudios De Diseño Y Comunicación, nº 123, décembre 2020 (https://doi.org/10.18682/cdc.vi123.4413).
Catherine Beaunez, Nicole Claveloux, Jeanne Puchol, « Les Dessinatrices oubliées », Le Monde, 8 février 1988 (https://www.lemonde.fr/archives/article/1998/02/08/les-dessinatrices-oubliees_3651458_1819218.html, consulté le 29 juin 2022).
Sophie Bonadè (doctrice en LEA), Johanna Schipper (créatrice, enseignante et doctorante à l’université Bordeaux Montaigne), Maëlys Tirehote (doctorante en sociologie à l’université de Lausanne), Laura Caraballo (commissaire d’expositions), Marie-Paule Noël (éditrice et traductrice) et moi-même. À propos de la genèse du projet des Bréchoises cf. : Marys Renné Hertiman, « Provoquer des archives et invoquer la mémoire », GLAD !, 11 | 2021, 20 décembre 2021. DOI : https://doi.org/10.4000/glad.3272
Ce grand fonds est constitué par les fonds individuels des différentes créatrices ayant participé au projet. Déposée dans deux lieux de conservation distincts (Archives du féminisme et Archives Départementales de l’Ille-et-Vilaine), une base de données numérique permettra de consulter ces inventaires dès 2024.
L’EUR ArTeC, la MSH Paris Nord, la Bibliothèque nationale de France, l’association EFiGiES, l’association La Brèche, l’association Archives du Féminisme, les Archives départementales de l’Ille-et-Vilaine, l’université Paris 8, l’université Paris Nanterre, l’université Bordeaux Montaigne, le LEGS/CRNS ainsi que les laboratoires EXPERICE (université Paris 8) et TEMOS (université d’Angers).
Collecte de leur histoire orale, documents sonores ou audiovisuels, production bédéïste, carnets ou des journaux intimes et des documents tels des photographies, des coupures de journaux, des documents attestant d’un éventuel engagement politique, etc.
Par récit extrospectif, j’entends la notion développée par Danilo Martuccelli qui précise qu’il s’agit d’une « biographie [qui] vise à établir une relation particulière entre l’histoire de la société et l’expérience de l’individu, à comprendre les singularités à partir des enjeux communs propres à un mode historique d’individuation ». Danilo Martucelli, « Qu’est-ce qu’une biographie extrospective ? », dans Christophe Niewiadomski, Christine Delory-Momberger, La Mise en récit de soi : Place de la recherche biographique dans les sciences humaines et sociales, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2013, p. 116.
Seules les interventions autorisées à être maintenues sur la chaîne ont été conservées. URL de la chaîne : https://www.youtube.com/channel/UCn96PapX0h5XbRrg9tA95eA/channels
Danilo Martucelli, op. cit., p. 117.
Liora Israël, « 8 – L’usage des archives en sociologie », dans Serge Paugam (dir.), L’Enquête sociologique. Paris, PUF, 2012, p. 167-185. DOI : 10.3917/puf.paug.2012.01.0167
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