Pelletier, Anne-Marie, Le signe de la femme
Pelletier, Anne-Marie, Le signe de la femme, Paris, Cerf, 2022, 255 p.
Texte intégral
1Connue pour ses nombreux écrits sur les femmes dans le christianisme et plus particulièrement dans les Écritures, l’A. réédite en version augmentée et en format de poche un ouvrage paru initialement en 2006, et qui, de fait, mérite d’être connu.
2Son avant-propos fait le point sur l’évolution de la thématique habituellement résumée par l’expression « question des femmes », depuis la première édition : émergence d’une conscience collective des injustices et des violences et dénonciations de celles-ci (« Me too »), sans qu’il y ait pour autant recul de celles-ci. Le « signe de la femme » qui s’en réfère à un « pour l’autre », principe d’humanité, reste ainsi plus actuel que jamais, d’autant que le « pour l’autre » peut servir à justifier des assujettissements divers. Dans l’Église, ce « signe de la femme » ne signifie-t-il pas aussi qu’« il n’est nul besoin d’ordination sacerdotale pour accéder à la plénitude de l’identité chrétienne » ? (p. 13).
3L’ouvrage lui-même, construit en trois parties (1. L’homme et la femme ; 2. Pour l’autre ; 3. Signe de la femme) revient sur un certain nombre de passages bibliques évoquant les femmes et qui ont été interprétés à partir de préjugés patriarcaux, ou sans prendre en compte le contexte, la culture biblique, etc. L’A. revient ainsi dans la première partie sur les premiers chapitres de la Genèse puis du Cantique des cantiques et de la lettre aux Galates (3, 28). Dans un deuxième temps, l’A. met à l’épreuve le « pour l’autre » et l’illustre à partir de pages consacrées à Vassili Grossman. Enfin la dernière partie propose une relecture d’Ep 5, 21-33 en lien avec des perspectives ecclésiologiques et mariologiques.
4L’ouvrage offre ainsi une lecture revigorante. Il ne cherche pas à assumer tous les passages de l’Écriture autour des femmes, mais choisit d’interpréter dans leur complexité certains passages-clés, et à partir d’une perspective pas seulement féministe, mais, selon l’intitulé de la première partie, en s’appuyant sur une herméneutique qui tient compte de l’homme et de la femme.
Pour citer cet article
Référence papier
Marie-Jo Thiel, « Pelletier, Anne-Marie, Le signe de la femme », Revue des sciences religieuses, 97/2-3 | 2023, 320.
Référence électronique
Marie-Jo Thiel, « Pelletier, Anne-Marie, Le signe de la femme », Revue des sciences religieuses [En ligne], 97/2-3 | 2023, mis en ligne le 13 décembre 2023, consulté le 05 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/rsr/13853 ; DOI : https://doi.org/10.4000/rsr.13853
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