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Recensions

Keenan, James F., A History of Catholic Theological Ethics

New York, Paulist Press, 2022, xxi, 456 p.
Marie-Jo Thiel
p. 447-448
Référence(s) :

Keenan, James F., A History of Catholic Theological Ethics, New York, Paulist Press, 2022, xxi, 456 p.

Texte intégral

1Tout commence fin mars 1981 avec une visite surprise du vice-provincial jésuite de la formation. Il vient voir « Jim » pour lui annoncer que le conseil provincial a décidé la veille qu’il devait faire des études doctorales. Avec un brin d’humour, l’A. note que le discernement pour les jésuites eux-mêmes serait plus « rapide » que lorsqu’il est proposé aux laïcs ! Poussé par Brian Daley et John O’Malley, l’A. accepte. Une longue et brillante carrière s’ensuit, avec des cours, des écrits et bien des initiatives. Le présent ouvrage est issu d’un cours favori donné pendant 33 ans : « Introduction à la morale fondamentale ». Il y reprend des thèmes chers à son cœur sur la conscience, le péché, la miséricorde, la spiritualité et la vertu… — autant de points qui traversent aujourd’hui l’ouvrage à la fois pour eux-mêmes mais également à travers les auteurs revisités.

2Ce que l’A. propose n’est pas une chronologie historique, mais plutôt une narration guidée par une quête de sainteté et non d’abord la confession des péchés ; une narration invitant le lecteur à rejoindre sa salle de cours et à discuter de « fragments » théologiques qui ont pu jouer un rôle innovant et l’A. se propose précisément d’introduire aux « innovateurs » (p. XVI). Il construit sa réflexion en huit chapitres en commençant par le Nouveau Testament et en regrettant que l’Écriture ait joué un rôle si modeste, et seulement au xxe siècle. Le second chapitre est consacré au principe de miséricorde et à la formation sociale de l’Église des premiers siècles (jusqu’au ve). Augustin y est évidemment un incontournable qui marquera définitivement l’éthique et la théologie morale sur la sexualité et le mariage, le péché, les vertus, l’intériorité, etc. L’A. raconte comment les premières communautés chrétiennes ont vécu la vie morale en réponse à l’appel de la Parole de Dieu à devenir des disciples, à la fois en tant qu’individus et en tant que peuple. L’on est ainsi très éloigné d’une instrumentalisation fondamentaliste de l’Écriture.

3Le chapitre 3 propose une recherche des chemins de sainteté : il concerne la période du ive au xvie siècle et revient sur la découverte de soi, de la vie morale, du péché, de l’éthique sexuelle. Mais il laisse au quatrième chapitre le soin d’aborder des auteurs innovateurs clés (Pierre Abélard, Héloïse, Pierre Lombard, Thomas d’Aquin, Duns Scot, Ockham) ; puis au cinquième chapitre, le développement de la casuistique, et au sixième, celui de la première modernité, avec les figures de Francisco de Vitoria et Bartolomé de Las Casas. Ce faisant, l’A. intègre nombre d’éléments biographiques dans son récit indiquant l’origine de cette parole théologique.

4La modernité récente, traitée dans le chapitre 7, court du xviiie siècle au concile Vatican II et aborde la théologie des manuels, l’Europe des réformateurs, etc., jusqu’à Humanae vitae. Le dernier chapitre évoque l’agentivité morale au service d’une éthique théologique globale. Il analyse les déplacements de frontières de l’éthique théologique et en particulier dans sa version catholique. Il s’enthousiasme avec cette émergence de l’éthique théologique catholique dans l’Église mondiale, transculturelle, pour laquelle on connaît ses engagements de longue date. Il examine ainsi les données particulières de l’Amérique latine, de l’Afrique, de l’Asie, etc., car à partir des années 1970 les théologiens ont accompagné les expériences de souffrance et cela fut l’occasion d’un déplacement théologique qui a finalement été validé par le pape François.

5Cet ouvrage représente un véritable parcours d’éthique et de théologie morale sous forme de narrations, d’anecdotes, de convocations de « témoins », en tentant même de « remédier » au manque de femmes en soulignant leur rôle. Le tout dans un style facile à lire.

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Pour citer cet article

Référence papier

Marie-Jo Thiel, « Keenan, James F., A History of Catholic Theological Ethics », Revue des sciences religieuses, 99/3-4 | 2025, 447-448.

Référence électronique

Marie-Jo Thiel, « Keenan, James F., A History of Catholic Theological Ethics », Revue des sciences religieuses [En ligne], 99/3-4 | 2025, mis en ligne le 23 décembre 2025, consulté le 10 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/rsr/17137 ; DOI : https://doi.org/10.4000/15g0b

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Auteur

Marie-Jo Thiel

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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