Bibliographie
Éditions de textes
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Travaux
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Notes
Notons que les considérations sur la voix des animaux sont un ajout par rapport au texte aristotélicien.
Albertus Magnus, Summa de creaturis, trad. fr., in I. Rosier, La parole comme acte. Sur la grammaire et la sémantique au XIIIe siècle, Paris, Vrin, 1994, p. 307 : « SOLUTION. Nous dirons que de nombreux animaux parlent/émettent des sons vocaux (vocant), et pas seulement l’homme. » La question De voce se trouve dans la deuxième section de la deuxième partie de la Summa de creaturis, intitulée De homine. C’est sous ce dernier nom que nous nous y réfèrerons dans la suite de notre article.
Nous rejoignons ici Jean-Louis Labarrière (J.-L. Labarrière, « Aristote et la question du langage animal », Mètis. Anthropologie des mondes grecs anciens, 1993, vol. 8, p. 247). Cf. aussi J.-L. Labarrière, « Imagination humaine et animale chez Aristote », Phronesis, 1984, vol. 29, p. 17-49 et « Le caractère musical de la voix chez Aristote. Apotasis, melos, dialektos », Philosophie antique, 2002, vol. 2, p. 89-108. Comme Ian P. Wei (I. P. Wei, Thinking about Animals in Thirteenth-Century Paris. Theologians on the Boundary Between Humans and Animals, Cambridge, Cambridge University Press, 2020, p. 147) et Anselm Oelze (A. Oelze, Animal Rationality. Later Medieval Theories 1250–1350, Leiden-Boston, Brill, 2018, p. 9), nous considérons qu’Albert met l’accent sur la différence essentielle qui existe entre l’homme et l’animal. Cependant, le Dominicain reconnaît que, dans les faits, l’homme suit davantage ses passions que sa raison et qu’il lui faut donc travailler à s’en libérer (cf. notamment Albertus Magnus, De somno et vigilia, 3.1.8, éd. A. Borgnet, 1890, p. 189b et Ethica, éd. A. Borgnet, 1891, 1.6.1, p. 85a).
Albertus Magnus, De animalibus, 2.1.1, éd. H. Stadler, 1916-1920, p. 224 : […] nunquam facit natura distantia genera, nisi faciat aliquid medium inter ea : quia natura non transit de extremo in extremum nisi per medium. C’est dans le De animalibus qu’Albert le Grand, à la suite d’Aristote, présente l’échelle des êtres – le livre XXI porte spécifiquement sur les degrés de perfection des êtres. À ce sujet, cf. C. Rochelois, « Animalité et imperfection des sens au XIIIe siècle, des bestiaires à Albert le Grand », in F. Bouchet – A.-H. Klinger-Dollé, (dir.), Penser les cinq sens au Moyen Âge. Poétique, esthétique, éthique, Paris, Classiques Garnier, 2015, p. 55-71 et B. van den Abeele, « Le ‘De animalibus’ d’Aristote dans le monde latin : modalités de sa réception médiévale », Frühmittelalterliche Studien, 1999, vol. 33, p. 303-307. En plus de rejoindre le projet des bestiaires et encyclopédies de l’époque (quoique selon d’autres critères que ceux établis par le Stagirite), ce projet de classification et de hiérarchisation des animaux s’inscrit parfaitement dans l’économie globale de la pensée d’Albert le Grand. Il fait en effet écho à sa théorie de l’univocité d’analogie, selon laquelle la place qu’occupe chaque être dans la hiérarchie dépend de son degré de ressemblance en Premier Principe, c’est-à-dire Dieu. C’est dans le Super Dionysium De divinis nominibus qu’Albert le Grand développe sa doctrine de l’univocité d’analogie. Par exemple : Albertus Magnus, Super Dionysium De divinis nominibus, éd. P. Simon, 1972, 4.9, p. 119.18-31. Sur la notion d’analogie, cf. O. Boulnois, « Chapitre V. De l’analogie à l’univocité de l’Être », in Être et représentation, Paris, PUF, 1999, p. 223-291. Chez Albert, spécifiquement, cf. A. de Libera, Albert le Grand et la philosophie, Paris, Vrin, 1990, p. 80-101.
Aristote comprend notamment que le « chant » des cigales se produit par le frottement de l’air contre la membrane, et seulement chez les mâles. Avant lui, on expliquait leur chant par le battement de leurs ailes, comme c’est le cas chez les grillons et les criquets (L. Bodson, « La stridulation des cigales. Poésie grecque et réalité entomologique », L'Antiquité classique, 45, 1976, p. 78-81).
Aristote, De l’âme, 2.8, 420b29-33.
Albertus Magnus, De anima, 2.3.22, éd. C. Stroick, 1968, p. 130.5-46 : Vox autem est sonus animalis et non in qualibet parte, sed in parte, quae verberat aërem […].
Albertus Magnus, De anima, 2.3.22, p. 131.8-11 : Concluditur igitur diffinitio vocis, quod vox est percussio respirati aëris ad arteriam vocativam, ab anima per imaginationem aliquam eam formante, quae est in partibus illis quae ad respirationem congruunt.
Albertus Magnus, Peri hermeneias, 1.2.1, éd. A. Borgnet, 1890, p. 382a : […] non omnis sonus est vox : quia vox est sonus ab ore animalis, cum imagine alicujus significationis prolatus. Il est intéressant de souligner ici que les considérations sur la voix des animaux ne figurent pas dans le texte d’Aristote. Elles apparaissent chez Boèce, dans son commentaire au Peri hermeneias. Cf. A. M. Mora-Márquez, « Peri hermeneias 16a3-8. Histoire d’une rupture de la tradition interprétative dans le bas Moyen Âge », Revue philosophique de la France et de l’étranger, 2011, vol. 136, p. 67-84. C’est d’ailleurs à partir de Boèce que les deux éléments caractéristiques de la voix (à savoir, la représentation ou l’image et la signification) sont ramassés en une seule formule (I. Rosier, La parole comme acte. Sur la grammaire et la sémantique au XIIIe siècle, Paris, Vrin, 1994, p. 71).
Par « poissons », il faut entendre les animaux aquatiques.
Dans le texte aristotélicien, les animaux dépourvus de sang étaient répartis en quatre genres : « les animaux mous (c.-à-d. les céphalopodes), à coque souple (c.-à-d. les crustacés), à revêtement écaillé (c.-à-d. les testacés et apparentés) et à entailles (c.-à-d. les insectes et apparentés) » (B. van den Abeele, 1999, p. 294). Baudouin Van den Abeele souligne cependant que ces catégories n’évoquaient pas grand-chose dans l’Occident latin. Les commentateurs ont donc dû les réinterpréter à l’aune de leurs propres connaissances zoologiques. Ils ont compris les « animaux dépourvus de sang » au sens de ce que nous appelons aujourd’hui les insectes et les arachnides, mais aussi les vers, etc. Cet extrait du De animalibus en cite deux, en relation à la voix : « Certains parmi les animaux sont tout à fait taciturnes et muets, comme la fourmi, la chenille et les autres petits animaux. » (Albertus Magnus, De animalibus, 1.1.3, p. 17 : Quaedam autem animalium omnino sunt taciturna et muta, sicut formica et eruca et alia parva animalia). Le latin médiéval a un terme permettant de désigner l’ensemble de ces « animaux dépourvus de sang » : anulosa. Sur cette question, cf. I. Draelants, « La reproduction imparfaite : les ‘gusanes’ et l’état larvaire des insectes chez Albert le Grand », in M. Cipriani – N. Polloni, (éd.), Fragmented Nature : Medieval Latinate Reasoning on the Natural World and its Order, Routledge, 2022, p. 151-172 ; I. Draelants, « Poux, puces et punaises chez les naturalistes du 13e siècle : de simples vermes ou des parasites nuisibles ? in F. Collard – É. Samama, (dir.), Poux, puces et punaises : la vermine de l’homme. Découverte, description et thérapeutique. Antiquité, Moyen âge, Temps Modernes, Paris, 2015, L’Harmattan, p. 195-227.
Albertus Magnus, De anima, 2.3.22, p. 130.11-44.
Albertus Magnus, De anima, éd. C. Stroick, 1968, 2.3.22, p. 130.45-51 : Vox autem est sonus animalis et non in qualibet parte, sed in parte, quae verberat aërem et ad aliquid et in aliquo, sicut supra diximus de sono; et ideo oportet habere pulmonem, qui aërem exsufflet sicut follis, et cannam duram, quae vocatur arteria vocativa, ad quam verberetur aër, et linguam, quae figuret et verberet aërem.
Albertus Magnus, De anima, 2.3.22, p. 130.54-66 : […] respiranti enim congruit natura, per quam respirant, in duo opera, sicut lingua congruit in duo, quorum unum necessarium est ad esse et salvari, quod est gustus, alterum autem est ad bene esse, quod est locutio, quae fit per linguam. Gustus enim est ad esse, sine quo non salvatur natura animalis, et ideo gustus pluribus animalibus inest, etiam non respirantibus. Interpretatio autem est propter bene esse; et sic est de natura respirandi. Spiritus enim respiratus in omnibus ambulantibus et sanguinem habentibus est ad esse, sine quo non salvatur respirans, et est ad calorem cordis et interiorum mitigandum et refrigerandum. In vocantibus autem est ad bene esse, ut fiat interpretatio. Cf. aussi Aristote, De An., 420b16-29 ; De Resp., 476a16-26 ; P.A., 662a16 ; G.A., 786b19-25.
Pour Jean-Louis Labarrière, cette articulation correspond à la première articulation qu’a mise en évidence André Martinet dans sa théorie de la double articulation : enchaînement de sons vocalisés mais ne permettant pas d’articulation sémantique (J.-L. Labarrière, 1993, p. 256-259).
Albertus Magnus, De anima, 2.3.22, p. 131.30-32 : […] et illae quae inter aves sunt latioris linguae et melioris memoriae, magis imitantur locutionem et ceteros sonos, quos audiunt. Cf. Aristote, HA, 536a 22.
Albertus Magnus, De animalibus, 1.1.3, éd. H. Stadler, 1916-1920, p. 18.
Albertus Magnus, De animalibus, 23.24, p. 1509.
Albertus Magnus, De anima, 2.3.22, p. 131.11-14 : Non enim omnis animalis sonus vox est, sicut diximus; contingit enim aliquando linguam sonare sono, quem non format imaginatio, sicut sonant tussientes.
Irène Rosier-Catach fait remarquer que les deux éléments de la voix que sont l’imagination et la signification, s’ils avaient déjà été mis en évidence par Aristote, figurent, à partir de Boèce, dans une expression unique : « cum imaginatione significandi » (I. Rosier, La parole comme acte, p. 71). Dans son commentaire au Peri hermeneias, Albert utilise une expression différente quoiqu’équivalente : cum imagine alicujus significationis prolatus.
La passion produit dans l’âme une altération. Cf. notamment Albertus Magnus, De anima, 2.3.34, p. 146.23-40 en ce qui concerne le sens comme passion : Cum enim omnis passio primo sit dissimilium, postea autem facta passione sit similium, et sensus est passio quaedam : oportet, quod omnis sensus primo dissimilis sit, et tunc suam sentit per obiectum immutationem; facta autem immutatione, tunc sensus est similis rei sensatae in specie sensibili et tunc non sentit se immutari, sed iam perfectus iudicat de sensibili, cuius apud se speciem habet.
Blicteri est l’exemple paradigmatique d’un mot sans signification, c’est-à-dire un mot qui ne se signifie que lui-même. J.-M. Fritz signale que blituri (sous la forme « blicteri » chez Albert le Grand), qui équivaut à « machin » ou « truc », passe dans l’Occident latin par l’intermédiaire du De interpretatione de Boèce (J.-M. Fritz, « Traduire les fratrasies : degré zéro de la traduction ? », in Cl. Galderisi – J.-J. Vincensini, (éd.), De l’ancien français au français moderne. Théories, pratiques et impasses de la traduction intralinguale, Turnhout, 2015, p. 110).
Albertus Magnus, Peri hermeneias, éd. A. Borgnet, 1890, 1.2.1, p. 382a : Quamvis ergo vox sit sonus, tamen […] non omnis sonus est vox : quia vox est sonus ab ore animalis, cum imagine alicujus significationis prolatus. Haec enim imago potest esse affectiva et movens ad immutationem vel fugam : et tunc vox significat passionem gaudii, vel doloris, vel tristitiae, sicut plerumque significant voces brutorum, et etiam rationalium quorumdam, ut gemitus et ea quae importantur per interjectiones. […] Voces ergo semper sunt significativae : significant enim ad minus seipsas : sed illae voces quae (quamvis litteratae sint) non habent institutionem ad aliquid significandum, nec proferuntur cum imagine alicujus designandi per voces, non dicuntur voces significativae, ut bu ba blicteri : quae exempla consueverunt poni, quia non sunt instituta ad aliquid designandum. Significativarum autem vocum quaedam designant non per institutionem, sed per naturam, ut illae quas diximus, ut est gemitus et exclamatio in dolore vel gaudio, vel in vocibus brutorum […].
Albertus Magnus, De sensu et sensato, éd. S. Donati, 2017, 1.1.2, p. 22.46-23-1 : Symbolum autem est dupliciter, rei scilicet et loquentis. Rei vero symbolum est ab institutione. Instituentes enim nomina afficiuntur aliqua rei proprietate quando instituunt. Loquentis autem symbolum est quia cum intentione et imaginatione profertur.
Il ne peut plus, à strictement parler, être question de symbole. En effet, comme le rappelle Michele Meroni, le « ‘simbolo’ [è una] funzione del linguaggio unicamente et specificamente umana » (M. Meroni, « ‘Omnis talis vox est significativa’. Adamo di Buckfield e Goffredo di Aspall sul rapporto fra cognizione et voce animale », à paraître in I. Draelants – S. Lazaris – A. Zucker (éd.), ‘Il ne leur manque que la parole’ : Sons, cris et voix des animaux dans les cultures antiques et médiévales, Louvain-la-Neuve, Centre d’études médiévales et de la Renaissance (Textes, études, congrès).
Albertus Magnus, Quaestiones super libris De animalibus, 1.13, éd. B. Geyer et E. Filthaut, 1955, p. 89-30.33 : Et dicendum, quod vox causatur multipliciter, ex causa extrinseca vel intrinseca. Ex causa extrinseca provenit vox in hominibus. Causa vero intrinseca duplex est, scilicet naturalis et innaturalis. Il s’agit de ne pas surinterpréter le « non naturel » dont il est question dans cet extrait : il n’est pas question ici de l’opposition classique entre signe « par nature » et signe « par imposition » – qui n’aurait de toute façon pas de sens rapporté à une cause intrinsèque. En effet, Albert le Grand donne, dans la suite immédiate de ce passage, comme exemple de cause intrinsèque non naturelle le chant du cygne.
Albertus Magnus, Quaestiones super libris De animalibus, 4.8, p. 143.39-45 : Dicendum, quod vox dupliciter potest informari, quia in formatione eius est virtus vocativa, quae potest informari virtute imaginativa vel aestimativa, sicut accidit in animalibus astutis, aut ratione, ut in homine, et hoc propter aliquid exprimendum; et vox sic formata significativa est, quia talis vox signum est interioris conceptus.
Albertus Magnus, Quaestiones super libris De animalibus, 4.8, p. 143.54-59 : (1) Ad rationes: Ad primam dicendum, quod Philosophus loquitur de voce, quae fit a natura imaginatione regulata, et talis est significativa ; licet enim non sit alicuius rei extra signum, tamen est signum sui ipsius prius imaginati, ipsa tamen in prolatione est signum, quod sic imaginabatur.
Albertus Magnus, De sensu et sensato, 1.1.2, p. 22.41-23.1 : Et ideo per hoc quod sermo auditur, intentio sermonis intelligitur. […] Loquentis autem symbolum est quia cum intentione et imaginatione profertur. Le sujet grammatical de profertur n’est pas très clair : il pourrait s’agir de sermo, comme nous le comprenons, mais également de nomen (l. 44).
Cette équivocité se trouvait déjà chez Avicenne, qui n’a jamais explicité pourquoi il avait appelé ainsi les objets de la faculté estimative (D. Black, « Imagination and Estimation. Arabic Paradigms and Western Transformations », Topoi, 19, 2000, p. 60).
Albert le Grand utilise peu cette expression. Cf. toutefois Albertus Magnus, De homine, éd H. Anzulewicz et J. R. Söder, 2008, p. 217.8-21 : Dicimus igitur quod secundum primam comparationem significativi sermonis causa significationis eius est voluntas instituentis, sicut dicit Augustinus. Quando enim non profertur significativus sermo, tunc est in potentia, et statim quando profertur, tunc actu significat rem, sicut est in multis videre, in quibus ad multiplicationem materiae sequitur multiplicatio formae, sicut in omnibus generabilibus. Si autem quaeritur, secundum quem modum significatum rei venit in sermonem, quando primo fuit institutus, dicendum quod per nutum instituentis dirigentem talem sermonem ad talem rem in ratione significandi. Secundum aliam autem comparationem sermonis significativi accipit rationem significandi ab intentione proferentis.
Roger Bacon, Summulae dialectices, 1.2, éd. A. de Libera, 1986, p. 222, cité par Cl. Appolloni, « Pragmatic Theory of Everyday Imposition of Words in an Anonymous Thirteenth-Century Commentary on De anima (ms. Prague, Metropolitan Chapter, m. 80, f. 54va-55rb) », Analiza i Egzystencja, 54, 2021, p. 38.
Albertus Magnus, De anima, 2.3.22 : 131.18-25 : Et cum duo sint in anima, affectus scilicet doloris vel gaudii et conceptus cordis de rebus, non est vox significans affectum, sed potius conceptum – conceptus enim cordis interpretativus sonus vox est –, et ideo vox non est nisi habentis intellectum concipientem intentiones rerum et ideo ad exprimendum conceptum format voces.
La notion d’intentionnalité a certes beaucoup été traitée par la phénoménologie, mais l’intention comme visée a été théorisée avant, notamment par Thomas d’Aquin, Summa theologica, 1-2, 12.1. (M. Carruthers, « Intention, sensation et mémoire dans l’esthétique médiévale », trad. fr. Jean-Charles Khalifa, Cahiers de civilisation médiévale. IXe-XIIIe siècle, 220, 2012, p. 372.)
M. Carruthers, 2012, p. 369.
Notre propos n’est pas ici d’entrer dans une discussion détaillée de l’intention telle qu’elle intervient dans la théorie des sens internes, mais d’en donner les éléments nécessaires à la compréhension de ce qui est signifié par la voix chez les animaux. Pour une analyse approfondie de l’intention comprise en ce sens, ainsi que des facultés imaginative et estimative, cf. notamment, B. M. Aschley, « Anthropology: Albert the Great on the Cogitative Power », in I. M. Resnick, (éd.), A companion to Albert the Great. Theology, philosophy and sciences, Brill, Leiden-Boston, 2013, p. 299-324 ; D. Black, 2000 ; L. Cova, « Intenzioni e intenzionalità : l’eredità del Pensiero arabo nella scolastica del XIII secolo », in S. Cattaruzza – M. Sinico, (éd.), Husserl in laboratorio : Semniario husserliano permanente, Edizioni Università di Trieste, Trieste, 2004 : 97-120 ; P. Hernández-Rubio, « The Role of the Intentio Individualis in Albert the Great’s Sense Perception Theory », in M. Gensler – M. Mansfeld – M. Michałowska, (éd.), The Embodied Soul. Aristotelian Psychology and Physiology in Medieval Europe between 1200 and 1420, Cham, Springer, 2022, p. 133-161 ; N. Steneck, « Albert the Great on the classification and localization of the internal senses », Isis, 65, 1974, p. 193-211 ; Ana Irimescu a consacré sa thèse de doctorat à l’EPHE en 2015 à L’intuition au Moyen Age et la connaissance intuitive chez Jean Duns Scot ; nous n’avons pas encore pu la consulter.
B. M. Ashley O.P., 2013, p. 306.
Albertus Magnus, De anima, 2.4.7, p. 157.33-37 : […] intentiones, quae numquam in sensu fuerunt, sed tamen a sensibilium condicionibus non sunt separatae, sicut esse conveniens vel inconveniens, et amicum vel inimicum, et esse filium et non filium, matrem et non matrem.
D. Black, 2000, p. 62 ; p. 69, n. 1 ; p. 72, n. 32.
M. Schofield, « Aristotle on the Imagination », in J. Barnes – M. Schofield – R. Sorabji, (éd.), Articles on Aristotle, 4. Psychology and Aesthetics, London, Bloomsbury Publishing, 1998, p. 113.
J.-L. Labarrière, « Nature et fonction de la phantasia chez Aristote », in D. Lories – et L. Rizzerio, (éd.), De la phantasia à l’imagination, Louvain, Peeters, 2003, p. 23, nous soulignons ; cf. aussi J.-L. Labarrière, 1984.
D. Black, 2000, p. 63.
Si l’on excepte quelques digressions, le commentaire d’Albert au De anima se présente davantage comme une paraphrase du texte aristotélicien, à laquelle s’ajoutent néanmoins des éléments puisés à d’autres traités du Stagirite, parmi lesquels l’Histoire des animaux.
P. Hernández-Rubio, 2022, p. 149.
Comme l’indique Claude Panaccio, le maintien du terme imaginatio peut également s’expliquer par la tradition augustino-anselmienne : « Le rôle attribué à l’imagination dans ce contexte doit être vu comme une réminiscence de l’augustinisme et du Monologion plutôt que comme une contribution originale de la psychologie gréco-arabe. Le De anima, évidemment, avec les traités correspondants d’Avicenne et d’Averroès, permettait d’inscrire l’imagination dans un schéma général des facultés de l’âme sensible et d’approfondir de la sorte la psychologie requise. Mais c’est la filière augustino-anselmienne qui fut systématiquement exploitée par les théologiens à l’appui d’une idée comme celle d’imaginatio vocis (Thomas d’Aquin) ou de verbum imaginabile (Richard de Middleton). L’augustinisme est le prisme à travers lequel fut revu tout ce qui concerne la question du verbe. » (Cl. Panaccio, Le Discours intérieur : de Platon à Guillaume d’Ockham, Paris, Seuil, 1999, p. 168.)
Albertus Magnus, Super Porphyrium De V universalibus, 1.4, éd. M. Santos Noya, 2004, p. 7.1-16 : Quam opinionem impugnat Avicenna in principio logicae suae dicens quod sermo ‘de se nihil significat’. Si enim de se aliquid significaret, semper et apud omnes significaret illud ; quod falsum est. Significationem ergo accipit a placito instituentis. Non ergo significat nisi secundum quod conceptus est in intellectu instituentis. Tali autem sermone, secundum quod sic designativus est concepti, utitur homo et ad se ipsum et ad alium. Propter quod dicit Damascenus quod in duo dividitur, scilicet in endiadentum, hoc est sermonem interius in mente dispositum, et in eum qui, exterius prolatus, angelus intelligentiae est sive cordis nuntius, qui conceptus cordis nuntiat ad alterum. Propter quod logicus et ad se et ad alterum utitur sermone per accidens et non per se, quia scilicet sine sermone designativo procedere non potest ad notitiam eius, quod ignotum est. Bruno Tremblay, qui cite ce passage, signale l’héritage du De fide orthodoxa de Jean Damascène (B. Tremblay, « La logique comme science du langage chez Albert le Grand », Revue des sciences philosophiques et théologiques, 98, 2014, p. 216, n. 72). Pour une archéologie de la notion de discours intérieur, cf. Cl. Panaccio, Le Discours intérieur : de Platon à Guillaume d’Ockham, Paris, Seuil, 1999.
Albertus Magnus, Summa de creaturis, in Rosier, I., 1994, p. 313.
Albertus Magnus, De anima, 2.3.4, p. 102.28-36 : Adhuc autem notandum est, quod differunt forma rei et intentio rei ; forma enim proprie est, quae informando dat esse actu materiae et composito ex materia et forma. Intentio autem vocatur id per quod significatur res individualiter vel universaliter secundum diversos gradus abstractionis ; et haec non dat esse alicui nec sensui, quando est in ipso, nec etiam intellectui, quando est in illo, sed signum facit de re et notitiam.
Albertus Magnus, De anima, 2.3.4, p. 102.8-10 : Et iste gradus propinquus est cognitioni et numquam est sine aestimatione et collatione.
B. M. Aschley, 2013, p. 304.
D. Black, 2000, p. 63-66. Pour une lecture semblable de la phantasia aristotélicienne, cf. J.-L. Labarrière, 1984, p. 19-20.
Cf. n. 9.
Cf. n. 45.
Albertus Magnus, De anima, 2.4.7, p. 157.29-41.
Albertus Magnus, Quaestiones super libris De animalibus, 4.9, p. 143.54-59 : (1) Ad rationes: Ad primam dicendum, quod Philosophus loquitur de voce, quae fit a natura imaginatione regulata, et talis est significativa; licet enim non sit alicuius rei extra signum, tamen est signum sui ipsius prius imaginati, ipsa tamen in prolatione est signum, quod sic imaginabatur.
Cf. aussi Aristote, Pol., 1253a.
Albertus Magnus, Quaestiones super libris De animalibus, 4.7, p. 142.55-57 : Unde breviter dici potest, quod inquantum vox est sonus ab animali prolatus propter expressionem conceptus, scilicet gaudii vel tristitiae, naturalis est.
Sur ce point, cf. notamment Albertus Magnus, Physica, 2.1.2, p. 78.38-49.
Albertus Magnus, De anima, 2.3.22, p. 131.25-27 : Cetera autem animalia affectus habentia sonos suos affectus indicantes emittunt et ideo non vocant […]. Notons que, alors que le De animalibus comprend pléthore de termes relevant du champ lexical de l’indicium, dans le Peri hermeneias, Albert le Grand n’y a recours qu’à huit reprises. Il utilise en revanche les termes nota (qu’utilise Boèce pour traduire, indistinctement, symbolum et semeion) et signum. Sur la traduction boécienne et la distinction entre nota et signum, cf. I. Rosier-Catach, « Signification et efficacité : sur les prolongements médiévaux de la théorie augustinienne du signe », Revue des sciences philosophiques et théologiques, 91, 2007, p. 51-74.
Avicenne, De Anima, 6.1, cité par I. Rosier, 1994, p. 71.
Remarquons ici l’usage du terme « imagination ».
Albertus Magnus, De anima, 2.3.22, p. 131.42-46 : […] et ideo fit, quod licet habeant apud se imaginata, tamen ad exprimendum illa non formant voces. Affectus autem laetitiarum et tristitiarum magis profundantur in natura quam in anima, et ideo illos exprimunt sonis et garritibus.
Albertus Magnus, De anima, 2.3.22, p. 131.36-41. : […] una enim hirundo facit nidum sicut et alia, et haec imitatio est naturae potius quam artis. Ideo anima imaginativa in eis non regit naturam neque agit eam ad opera secundum diversa imaginata, sicut facit homo, sed potius regitur a natura et agitur ad opera ab ipsa […].
Albertus Magnus, De anima, 2.3.22, p. 131.62-67 : Et ideo dicendum esse videtur, quod vox est sonus formatus in signum, quod ad placitum significat rem; et ideo de re facit notitiam sicut signum, et ideo non percipit illam vocem, qui nescit institutionem signi ; propter quod de diversis idiomatibus loquentes non se intelligunt.
Le cas peut-être le plus saillant se situe dans cet extrait du De natura et origine animae, où Albert défend l’idée selon laquelle l’induction des formes est équivalente à l’éduction des formes (alors qu’il s’agit de son exact contraire) : Nec est differentia inter Platonem et Aristotelem in re aliqua, sed tantum in modo, quoniam Aristoteles probat, quod omnes formae naturales sint ab intellectu conferente virtutem formativam, qua ad formam formantem educuntur de materia, eo quod in ipsa sint omnes per incohationem. Sed Plato et Pythagoras idem quidem dicere intendebant, sed nescierunt exprimere materiae potentiam, quae est formae incohatio. Et ideo dixerunt a datore primo dari formas et non esse in materia, sed tamen materiam mereri formam, meritum materiae vocantes id quod Aristoteles vocavit formae incohationem sive potentiam sive privationem. (Albertus Magnus, De natura et origine animae, 1.2, éd. B. Geyer et E. Filthaut, 1955, p. 5.45-58.)
À ce propos, cf. notamment J. B. Friedmann, « The Human Status of the Monstruous Races », in The Monstruous Races in Medieval Art and Thought, Syracuse, Syracuse University Press, 2000, p. 178-196 ; J. Koch « Sind die Pygmäen Menschen ? Ein Kapitel aus der philosophischen Anthropologie der mittelalterlichen Scholastik », Archiv für Geschichte der Philosophie, 40, 1931, p. 194-213 ; T. W. Köhler, « Anthropologische Erkennungsmerkmale menschlichen Seins. Die Frage der ‘Pygmei’ in der Hochscholastik », in A. Zimmermann – A. Speer, (éd.), Mensch und Natur im Mittelalter, vol. 2, New York ‒ Berlin, 1992, p. 718-735; E. Miteva, « Pygmies, Twins, Monsters : Human Nature and Its Borderlines in Albert the Great », in M. Gensler – M. Mansfeld – M. Michalowska, (éd.), The Embodied Soul : Aristotelian Psychology and Physiology in Medieval Europe between 1200 and 1420, Cham, 2022 (Historical-Analytical Studies on Nature, Mind and Action, 11), p. 73-90. Albert le Grand fait du pygmée tantôt un « homme sauvage », qui a « quelque chose de l’homme dans une certaine délibération et une certaine parole » (De animalibus, 1.1.3, p. 17), tantôt un « genre de singe semblable à l’homme » (De animalibus, 4.2.2, p. 400).
Albertus Magnus, Quaestiones super libris De animalibus, 4.7, p. 142.52-54.
Alors que l’extrait concerne aussi bien les gémissements et les exclamations de douleur et de plaisir (sous-entendu des hommes) que la voix des bêtes, le Peri hermeneias précise « reçues par institution », ce qui soulève un nouveau problème : les voix des bêtes peuvent-elles être reçues « par institution » ? Quelques éléments de réponse à cette question seront apportés infra.
Albertus Magnus, De animalibus, 1.1.3, p. 17 : Adhuc autem est differentia animalium ad societatem relata penes vocare et non vocare, quoniam quaedam emittunt voces significantes aliquid communicantibus sibi animalibus, et quaedam non vocant.
Cf. aussi I. Rosier, 1994, p. 97-98 ; Albertus Magnus, Peri hermeneias, 1.2.1, p. 380a : « D’où, ce qui est la marque de la passion dans la bouche du locuteur (dicentis) est le signe et la similitude de la chose dans la bouche de l’auditeur. Ainsi donc les voix sont des marques de ces passions qui sont dans l’âme. » (« Unde quod est nota passionis in ore dicentis, est signum et similitudo rei in ore audientis. Sic ergo voces sunt notae earum passionum quae sunt in anima. »)
Albert cite aussi la douleur causée par la blessure, qui n’est pas à proprement parler un désir : « Un animal ne perçoit à partir du son vocal émis par un autre animal qu’un désir commun, à savoir le manque de nourriture, le désir de copulation, la douleur d’une blessure, l’appel du groupe. » (De homine, « De voce », art. 1, trad. fr. Irène Rosier, in Rosier, I., 1994, p. 308). Pour le texte latin : De homine, p. 215.15-18.
Albertus Magnus, De animalibus, 1.1.3, p. 17 : « Mais certains sont au contraire très bavards, comme la pie et l’étourneau : et certains [oiseaux] produisent des chants musicaux avec un beau son, comme le rossignol et l’alouette et le cygne quand il meurt ; mais certains ne chantent pas, comme l’aigle. » (Quaedam [animalium] autem sunt e contrario multae garrulitatis, sicut pica et sturnus : et quaedam istorum sunt musica canentia pulcro sono, sicut philomena et alauda et cignus quando moritur : quaedam autem non canunt, sicut aquila) ; De animalibus, 4.2.2, p. 400 : « […] les oiseaux d’un petit corps gazouillent plus que les autres à cause de la légèreté de leurs esprits et de leur sang : en effet, les petits parlent (loquuntur) plus fréquemment et surtout ceux qui sont équilibrés (moderatae), qui sont les moyens entre les petits et les grands, comme l’étourneau, le perroquet, la pie et les autres oiseaux de ce genre. Mais leur gazouillis se produit surtout au moment du coït. Mais il y a une différence dans leur gazouillis puisque certains gazouillent musicalement, comme la caille et le rossignol et beaucoup d’autres. Et certains ne chantent pas mais crient avec un certain son en appelant la femelle, comme ce qui est appelé ‘coaf’ et la colombe et beaucoup d’autres » ([…] aves vero parvi corporis plus garriunt aliis propter levitatem spirituum et sanguinis : parvae etiam frequentius loquuntur et maxime moderatae quae sunt mediae inter parvas et magnas, sicut sturnus et psitacus et pica et huiusmodi. Garritus autem earum maxime est tempore coitus. Differentiam autem habent in garritu quoniam quaedam musica sunt garritu ut coturnix et filomena et multa alia. Quaedam autem non cantant, sed sono quodam clamant vocando feminam sicut id quod coaf vocatur et columba et multa alia).
Albertus Magnus, Quaestiones super libris De animalibus, 9.28, p. 213.74-214.3.
Albertus Magnus, De animalibus, 4.2.2, p. 401 : In modo autem specifico non diversificatur vox quae uni speciei animalis est attributa. Si autem contingat, quod unus modus speciei alicuius animalis habet diversarum specierum animalium voces, sicut perdices aliquando strepunt et aliquando aliorum animalium clamant vocibus, hoc contingit per imitationem : propter quod etiam aves quae a iuventute domesticae fuerunt et alias audiverunt, tales voces imitantur, sicut etiam imitantur loquelas hominum : et ideo etiam contingit, quod aliquando quidam parvi pulli avium incipiunt non vociferare voce parentum, nisi creentur et educentur ab ipsis, aliter enim assimilant suas voces vocibus avium vel animalium quae audiunt in educatione.
Albertus Magnus, De homine, p. 215.11-13 : Et quia natura est eadem in omnibus, propter hoc suae voces et sua opera sunt similia in omnibus.
Irven M. Resnick et Kenneth F. Kitchell Jr. font état d’autres difficultés liées à l’imitation dans une partie de leur article qu’ils ont intitulée « The Problem of Imitation » (I. M. Resnick et K. F. Kitchell Jr., 1996, p. 50-55).
Albertus Magnus, De animalibus, 4.2.2, p. 401 : Iam enim visa est avis quae Graece, dicitur andochia, quae in Germania Grasemushe vocatur, et est similis filomenae, et enutrit aliquando ova avium aliarum et praecipue guguli, et haec docuit pullos aliarum avium quos enutrierat, voces suas proprias : et hoc significat, quod significatio vocis non est naturalis sicut neque locutio, sed est secundum doctrinam loquentium.
Albertus Magnus, Quaestiones super libris De animalibus, 4.7, p. 142.52-54 : Sed pro ultimo dicit Philosophus, quod locutio non est naturalis, quia locutio proprie addit supra vocem litterationem et articulationem.
Selon Albert, la capacité à apprendre constitue un facteur de rapprochement entre les animaux et les humains. Il le montre notamment lorsqu’il parle de l’ouïe comme « sens disciplinal » : conjointe à la mémoire, elle permet à certains animaux d’apprendre « certains arts libéraux faciles », tels que le saut ou la danse. En effet, Albert définit la discipline comme « une sagacité concernant les (choses) sur lesquelles porte l’art, provenant de la mémoire des sons en tant qu’ils sont des signes des choses selon le mode des concepts et des noms » (Metaphysica, 1.1.6, éd. B. Geyer, 1960, p. 9). Sur la question des sensus disciplinales, cf. notamment G. Zuccolin, « Monkeys, Pygmies, and Human Beings. Sensus disciplinales and the Hierarchy of Living Beings in Albert the Great », in Aristotle’s De sensu in the Latin tradition, 1250-1650, Florence (Micrologus XXXI, Special Issue), 2023, p. 85-104. Nous remercions vivement Isabelle Draelants (qui a donné des communications sur ce sujet en 2014, 2015, 2016 et 2018 à Nice, Nancy, Leeds et Paris) de nous avoir signalé cet article. Sur le rôle fondamental que joue l’ouïe dans l’apprentissage, cf. aussi Albertus Magnus, De sensu et sensato, 1.1.3, p. 23.1-16.
Albertus Magnus, De animalibus, 4.2.2, p. 401 : Voces autem quia naturales sunt, ideo voces hominum sunt consimiles in specie, sed locutiones variantur.
Cf. par exemple Albertus Magnus, Summa theologiae, éd. A. Borgnet, 1894, 67.1, p. 696a. Cependant, si le verset de la Genèse ne concerne en effet que l’homme, dans la pensée d’Albert le Grand, toute créature a, d’une certaine façon, été créée à l’image de Dieu : Super IV libros Sententiarum, éd. A. Borgnet, 1894, 2.16, p. 287a : « Solution. À cela, il faut dire qu’il y a une image d’équivalence et une image de similitude par imitation. Donc, il faut dire que la créature ne peut être image d’équivalence, mais bien image de similitude par imitation, selon ce mode par lequel on a dit plus haut qu’il y a une hiérarchie ascendante proportionnellement dans la similitude à Dieu et une similitude et une unité relatives à Dieu » (Solutio. Ad hoc dicendum, quod est imago aequiparantiae, et imago similitudinis per imitationem. Dicendum ergo, quod creatura non potest esse imago aequiparantiae, sed imago similitudinis per imitationem hoc modo quo supra dictum est, quod hierarchia est in Dei similitudinem ascendens proportionaliter et ad Deum similitudo et unitas).
Albertus Magnus, Quaestiones super libris De animalibus, 4.8, p. 143.39-42.
Cela renvoie à l’idée d’analogie, qu’Albert développe dans sa Summa theologiae, éd. D. Siedler, 1978, 1.6.26.1, p. 171. Comme l’écrit Alain de Libera, « le premier type d’analogie a lieu quand ce qui est prédiqué se trouve absolument en un terme et ‘selon un certain mode’ dans les autres » (A. de Libera, 1990, p. 98).
Albertus Magnus, Peri hermeneias, 1.2.3, p. 385b-386a : Alio modo consideratur vox prout institutum signum ad significandum sub certa figura et certis elementis, et sic est ad placitum, et non eadem apud omnes. […] tamen non ordinatur ad designandum animae et intellectus passionem, nisi in quantum est figurata et certis elementis determinata, et sic significativa. Et est solius hominis sic vocare : propter quod animalium brutorum imperfecta ratione voces sunt : quia sunt inarticulatae, et nullius ad extra designativae, sed in vocante significant affectum.
B. Van den Abeele, 1999, p. 304.
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