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Introduction

Autour d’un discret bicentenaire : le chimiste Guyton de Morveau, la recherche académique et industrielle, l’enseignement et la direction de l’École polytechnique
Patrice Bret
p. 5-6

Texte intégral

1Le chimiste Louis-Bernard Guyton de Morveau est mort le 2 janvier 1816. L’un des fondateurs de l’École polytechnique, il y avait enseigné de 1794 à 1811, avait contribué à la sauver sous le Directoire avec Prieur de la Côte-d’Or et en avait été directeur de 1798 à 1804. Démis de ses dernières fonctions d’administrateur de la Monnaie par la Restauration et sur le point d’être banni comme conventionnel régicide, il était encore, lors de son décès, membre de l’Institut de France et vice-président de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, présidée par Chaptal depuis sa fondation en 1801. À l’occasion du bicentenaire de sa mort, ce bulletin retrace une partie de sa carrière entre chimie académique, industrie, enseignement et administration. La revue de la SABIX apporte ainsi une utile contribution à une triple commémoration scientifique qui a permis d’enrichir et de renouveler assez largement l’image de l’un des fondateurs de de l’École polytechnique, dont le rôle et la carrière restent peu connus.

2Les Annales historiques de la Révolution française ont ouvert la marche en consacrant en mars 2016 un numéro à Louis-Bernard Guyton, « l’illustre chimiste de la République », selon l’expression de Michelet, examinant des aspects méconnus de la carrière plurielle de cet homme des Lumières et de la Révolution, depuis le Parlement de Dijon et la naissance du département de la Côte-d’Or jusqu’à celle de la République, et de la diversité de l’action d’un chimiste dont l’influence s’est étendue à l’Europe et l’Amérique.

3L’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, dont Guyton de Morveau fut l’animateur pendant vingt ans, a ensuite organisé, dans la somptueuse salle des séances dont il avait doté la compagnie savante, un colloque qui s’est tenu sous la présidence scientifique de Daniel Roche, professeur émérite au Collège de France, les 18 et 19 novembre 2016, et auquel était associé une petite exposition aussi riche qu’éphémère. Sous le titre Guyton de Morveau, des Lumières à l’Empire, les actes du colloque sortent en ce mois de juin 2017, aux Éditions universitaires de Dijon, sous la direction de Christine Lamarre, son organisatrice et la présidente de l’Académie.

4Dernier volet du triptyque scientifique de ce bicentenaire, le présent numéro vient aussi compléter l’exposition sur panneaux réalisée par Olivier Azzola, archiviste de l’École polytechnique. Non seulement celui-ci traite ici des archives de Guyton conservées à l’École et de celles qui l’y concernent ou concernent les membres polytechniciens de sa famille, mais, surtout, il a accepté d’exploiter pour la première fois celles du directeur d’une institution encore fragile, entre sa bouillonnante naissance révolutionnaire et sa militarisation napoléonienne.

5Deux jours après la mort de Guyton de Morveau, Berthollet rendit hommage sur sa tombe à son ancien confrère de l’École polytechnique, mais les élèves n’ont sans doute pas bravé l’institution pour accompagner l’ancien professeur au cimetière du Père-Lachaise, comme ils le firent deux ans plus tard pour Gaspard Monge. Dans le contexte de la Seconde Restauration, le conventionnel régicide suscita bien peu de nécrologies dans la presse française. Mais, dix-huit mois seulement après sa mort, parut en Angleterre la première biographie qui lui a été consacrée, étonnant travail d’archive et de mémoire préparée autour de la veuve de Guyton de Morveau – et son ancienne collaboratrice sous le nom de Mme Picardet – par un jeune Lombard devenu britannique, Augusto Bozzi, à la fois géologue et égyptologue. Ce témoignage de la réputation internationale de Guyton a été la principale source secondaire jusqu’à la biographie de référence, par Georges Bouchard en 1938, et aux nombreux articles de William Arthur Smeaton entre 1954 et 2000. Gageons que ce bulletin et les autres publications du bicentenaire en seront les dignes continuateurs.

Guyton de Morveau, par David d’Angers.

Guyton de Morveau, par David d’Angers.

© Archives de l’Académie des sciences

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Table des illustrations

Titre Guyton de Morveau, par David d’Angers.
Crédits © Archives de l’Académie des sciences
URL http://journals.openedition.org/sabix/docannexe/image/1835/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 26k
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Pour citer cet article

Référence papier

Patrice Bret, « Introduction »Bulletin de la Sabix, 60 | 2017, 5-6.

Référence électronique

Patrice Bret, « Introduction »Bulletin de la Sabix [En ligne], 60 | 2017, mis en ligne le 24 juillet 2018, consulté le 19 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/sabix/1835 ; DOI : https://doi.org/10.4000/sabix.1835

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Auteur

Patrice Bret

Chercheur honoraire au Centre Alexandre Koyré/EHESS-CNRSMNHN, Secrétaire général du Comité Lavoisier de l’Académie des Sciences, Président de Groupe d’histoire de la chimie de la Société chimique de France.

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