1La question du malentendu, telle que nous souhaitons l’approcher, est consubstantielle aux paradigmes dogmatiques de la communication : bien s’entendre, bien communiquer, bien se faire comprendre. On pourrait dire que l’épistémè de la communication repose sur l’efficacité symbolique des énoncés et leur nécessaire compréhension (sémiologie), la juste interprétation des intentions et des conventions que l’émetteur soumet au récepteur (sémiotique), la performance d’un acte de communication au sein d’un clan ou d’une communauté et ses conditions de félicité (pragmatique). Si la question interprétative n’est jamais oubliée par les sciences de la communication, elle est trop souvent évaluée à l’aune d’une compréhension mutuelle. La communication est devenue ce lieu et ce temps dans lesquels se logent les discours des pouvoirs et les légendes du clan. Elle est devenue une profession pour diffuser avec l’efficacité qu’on lui demande, les contenus d’une organisation industrielle, marchande, politique, militaire, informationnelle, universitaire.
2L’épistémè du malentendu n’existe évidemment pas ! Peut-on seulement concevoir une école du malentendu ? Une science du malentendu ? C’est pourtant ce à quoi nous travaillons ici : ne pas entendre ce mot dans le paradigme de la bonne communication, mais le faire éclore dans ses promesses : une rencontre, une tentative d’écouter celle ou celui que nous ne pouvons comprendre qu’au prix d’un effort, d’un déplacement. Effort d’entendre une autre langue, d’accepter qu’elle soit difficile d’accès, et je ne parle pas ici de langue au seul sens idiomatique mais aussi culturelle, religieuse, politique. Le malentendu serait le contre-pied d’une communication univoque, au profit d’une écoute de la diversité des points de vue. Je m’associe à C. et V. Servais quand elles placent le mot malentendu dans ses résonnances philosophiques et anthropologiques, et l’entendent comme une chance. Dans « Le malentendu comme structure de la communication », elles écrivent : « Admettre au contraire qu’émetteur et récepteur disposent nécessairement de versions différentes de l’interaction et qu’il n’y a pas de version plus objective qu’une autre c’est replacer l’altérité au cœur d’une communication qui est réussie parce qu’on accepte de mal se comprendre » (Servais & Servais 2009 : 21). Je m’associe à C. et V. Servais, quand elles placent le mot « malentendu » dans ses résonnances politiques : « (…) le malentendu pose de facto une question politique, parce qu’il est en rapport avec l’hégémonie et le contrôle » (ibid. : 24). Elles proposent alors un déplacement épistémologique : « Communiquer, ce ne serait pas transmettre une information d’un point A à un point B, mais faire émerger ensemble un monde dans lequel il est possible de cohabiter et d’échanger (de ″correspondre″) sans nécessairement se comprendre » (ibid. : 28). Considérons, à leur suite, que « la possibilité du malentendu est une condition de la communication, et que vouloir l’exclure suppose un contrôle sur la signification qui entraine, le plus souvent, la domination et/ou la violence » (Servais & Servais 2015b). Aux schémas de la communication, nous opposerons les esquisses du malentendu.
- 1 Ces citations sont extraites d’une visite sur les sites numériques de ces écoles en mars 2022
3Le mot « communication » est devenu une idéologie. Il suffit pour s’en convaincre d’ouvrir quelques pages d’accueil de sites d’écoles de communication et de lire la vacuité dans laquelle elles ont su figer ce mot. En voici un désolant florilège : « Toutes les entreprises ont besoin de communiquer pour faire connaître, aimer et vendre leur marque. Nous vous proposons de devenir expert de la communication » (ESGCI, École de communication à Paris) ; « …que l’on souhaite devenir manager décideur, entrepreneur de sa vie, créateur de sens, de valeur économique et sociale, savoir bien communiquer sera toujours une force » (ISTC, École de communication Paris, la grande École de Com’) ; « Nous proposons une formation qui associe vision stratégique et maîtrise opérationnelle de la fonction communication dans l’entreprise » (ISCOM École supérieure de commerce École de communication) ; « La communication est une fonction de direction qui concourt directement à la performance des entreprises » (ISCOM)1. Ainsi vont les communicants et leur idéologie de la communication : force, stratégie, maîtrise opérationnelle de la fonction communication, performance. Ces visions de la communication sont celles qui prévalent encore au sein de nombreuses approches qui font du public ou du destinataire une cible. En sociologie, en psychologie, en sciences de gestion, en sciences de l’information et de la communication, en sémiologie, l’idéologie de la communication érige in fine un rapport de force où l’émetteur doit faire valoir son point de vue nécessairement univoque et rentable.
- 2 Les deux évaluateurs ou évaluatrices de notre article, que je remercie ici, hélas anonymes comme l’ (...)
4Ce qui pose problème avec les sciences dogmatiques de la communication, c’est le paradigme des influences et des manipulations qu’elles sous-tendent. Le public, l’auditeur, le destinataire y sont toujours soumis aux volontés, au savoir-faire et aux efficacités du communicant qui dicte les lois. De nombreuses années d’enseignement en amphithéâtre me l’ont confirmé : on a beau faire l’éloge des publics intelligents, de ses libertés d’interprétations, de ses résistances à la communication du lieu commun, de ses réponses créatives et innovantes face aux situations de communication, reviendra toujours la chanson de la propagande, et son refrain « La communication est une relation contraignante, nécessaire, et d’asservissements ». Reviennent toujours sur la table la puissance et le pouvoir des mots et des images, sans considérer comment chaque mot et chaque image est libre de nous faire rêver aussi, voyager, traîner des pieds ou courir dans des chemins de traverse. Dans les rhétoriques de la persuasion et de la communication, toute une pensée critique a combattu avec vivacité le pouvoir des mots (Klemperer 1996, Butler 2004) et leurs médiatisations (Derville 2017). Mais ces logiques critiques poursuivent le postulat de l’idéologie de la communication2. Dans une épistémè du malentendu, les mots resteraient ouverts, offerts à toutes les interprétations, offerts aux ruses du public et à ses compétences de ne pas prendre le mot et l’image, le langage, pour ce qu’il prétend vouloir être entre les mains des communicants : une vérité à prendre telle quelle.
- 3 Nous empruntons ces formules à Bougnoux (2015 : 193 à 200).
5À rebours de ce schéma de la communication et ses sciences bien établies, l’épistémè du malentendu demande des ouvertures disciplinaires qui déplacent nos habitudes. Il faudrait dans un premier temps relever tout ce qui dans les écrits de la sémiologie, de la sémiotique, de la linguistique, des sciences du langage ou des sciences de l’information et de la communication souligne la richesse interprétative, valorise l’intelligence des publics à négocier sa compréhension de l’énoncé. Ce serait rendre justice aux auteurs qui n’ont cessé d’infléchir l’idéologie de la communication au sein de l’institution universitaire. Ainsi, chez les « anciens » (Saussure, Jakobson, Barthes), « la logique des acheminements du sens » ne prônait pas la langue comme une réussite systématique, mais envisageait aussi ses « évanouissements »3.
6Mais l’expérience nous a montré que le curseur de l’efficacité des énoncés et de la primauté d’un « émetteur » sur son public venait toujours se replacer au cœur d’une pensée sur la communication. C’est pourquoi nous irons ailleurs, chercher des mots et des places différentes, pour penser le malentendu comme une chance, face aux dogmes mortifères de la communication. J’invite ici le lecteur et la lectrice, au risque d’un malentendu assumé, à remodeler à l’aide d’incursions en philosophie, en psychanalyse et en anthropologie l’idéologie de la communication en épistémè du malentendu.
7Ce mot, le malentendu, ne veut strictement rien dire si on ne l’associe pas à la place que l’on occupe à le considérer. En sciences de la communication, le malentendu est un écart à l’entente entendue comme norme bien partagée, une malencontreuse circonstance qu’il faut réparer, une mésentente qui assombrit ce que devrait être une communication : toujours une réussite. Voici une définition du malentendu, proposée par Näf dans les Cahiers de l’Institut de linguistique et des sciences du langage de l’université de Lausanne :
En français, comme dans beaucoup de langues, le mot malentendu a deux acceptions, certes proches mais clairement distinctes. D’une part il signifie le fait de se méprendre sur quelque chose, en particulier sur le sens d’un mot ou d’un énoncé (synonymes partiels : méprise ou erreur) et d’autre part, un désaccord entre des personnes (synonyme partiel : mésentente) … Mais ce glissement de sens n’a rien d’étonnant vu que dans notre quotidien, une méprise sur le sens d’un mot amène souvent à une mésentente. (Näf 2016 : 116)
8Chaque science sociale, chaque théorie, va produire sa définition du mot malentendu. Par exemple, la définition de Näf, qui est généralement admise, considère le malentendu comme le résultat d’une méprise (une erreur) ou d’un désaccord (une mésentente). Cette idée d’une erreur d’interprétation ou de compréhension invite à poursuivre le paradigme de l’idéologie de la communication. Il faut aboutir à une réparation qui sous-entend que l’une des deux parties doit se plier à la langue de l’autre. Ou que les deux parties doivent trouver un consensus, négocier une langue commune que l’on va souvent puiser dans les lieux-communs du clan.
9Dans l’épistémè du malentendu, le malentendu est une lettre qui arrive toujours à son destinataire, mais d’une part l’expéditeur l’adresse sans fantasme de contrainte, et d’autre part le destinataire en fait ce qu’il veut, sinon ce qu’il peut. Aucun contrat préalable (celui de transmettre et d’entendre « comme il faut ») ne lie les deux parties. Quand le destinateur sait qu’il soumet un registre de possibilités interprétatives, et non une volonté manifeste d’imposer sa langue, le destinataire, lui, transforme, renouvelle. Ni ne conserve, ni ne perpétue. Qu’en serait-il si l’on envisageait le malentendu non pas comme une erreur, mais comme une chance, celle d’aller à la rencontre de la langue de l’autre ? Le malentendu, c’est la condition humaine de nos échanges. Car que savons-nous des mots de notre interlocuteur, des enfances dans lesquelles ils ont été forgés, des autorités qu’ils ont franchies, de leurs blessures ? Doit-on réparer un malentendu quand celui-ci est constitutif de toute forme de communication ? J’ai trouvé dans mes lectures trois définitions qui pourraient constituer le programme d’une École du malentendu. De Deguy : « Le malentendu est notre condition » (2003). De Bourdieu repris ensuite par Culioli comme un motif préalable à toute étude sur la communication : « La compréhension n’est qu’un cas particulier parmi toutes les situations de malentendu » (1967). De Baudelaire enfin systématiquement cité dans la littérature scientifique concernant le malentendu : « Le monde ne marche que par le malentendu. C’est par le malentendu universel que tout le monde s’accorde. Car si, par malheur, on se comprenait, on ne pourrait jamais s’accorder » (Baudelaire 1975 : 224). Le malentendu serait à rebours de l’idéologie de la communication : ni méprise ni désaccord, mais humaine condition avec laquelle il nous faut apprendre à entendre.
10Garand, dans un article intitulé « Figures et usages du malentendu » propose de considérer la place que chacun occupe : « Il n’est pas rare, écrit-il, que, croyant débattre d’idées et de visions du monde, des interlocuteurs négocient en réalité leur place dans le monde en tant que sujet de parole » (Garand 2009 : 90). Bien des malentendus auraient pour origine la négation de qui nous sommes pour l’autre, le non-dit d’une lutte de classe, de genre, de religion, d’histoires complexes. Cette place de chacune et de chacun est un préalable à toute interaction verbale. Là où la communication instaure une hiérarchie, le malentendu exposerait les différences et leurs heureux différends.
11C’est à Foucault qu’il faudrait confier dans l’École du malentendu une chaire sur les Ordres du discours et les conditions de nos malentendus qui mettent en visibilité les relations de pouvoir qu’instaure toute situation discursive. Je cite à nouveau C. Servais et V. Servais : « Le malentendu pose de facto une question politique, parce qu’il est en rapport avec l’hégémonie et le contrôle » (2009 : 24). La communication marchande, politique, militaire, est cette forme particulière d’échanges qui doivent aboutir à la pliure de l’autre dans les mots du pouvoir, de l’institution, du clan. Elle fait disparaître le sujet de l’énonciation qui devient le ventriloque de l’énoncé du lieu commun qui s’impose comme seule figure possible. Au contraire, le malentendu serait la conscience et l’expression d’une place que l’autre souhaiterait m’assigner et que je refuse, que je discute, que je négocie, que je peux refuser, sinon fuir. La communication me rend sourd. Poser comme préalable un malentendu dans tout acte de communication, c’est l’assurance de pouvoir s’écouter et s’entendre. S’entendre ne veut pas dire être d’accord, aplanir le monde dans un consensus, car nous pouvons nous entendre dans la dispute, dans le conflit. Le malentendu inévitable dans l’ordre humain et politique est alors une chance de remonter aux sources de la communication et refuser ses pensées hégémoniques.
- 4 Clément Rosset (1939 – 2018), est un philosophe français. Ses textes faits d’humour aussi, tout thé (...)
Il y a me semble-t-il, deux catégories d’hommes à jamais incapables d’entendre ce que vous dites : celle de vos ennemis et celle de vos amis. Rien à attendre des premiers, qui ont pris le parti de vous ignorer. Mais rien à attendre non plus, ou exactement beaucoup à craindre, des seconds, qui vous aiment tant qu’ils seront toujours incapables, par un effet de sympathie préalable et hallucinatoire, d’entendre de vous autre chose que ce qu’ils désirent s’entendre dire personnellement, pour correspondre à leurs propres soucis et fantasmes. (Rosset 1992 : 15)4
12Dans le malentendu, nous sommes généralement incapables de comprendre à sa juste hauteur celle ou celui qui nous parle ou qui nous écrit. Cette incapacité n’a rien à voir avec la qualité d’un énoncé. Elle est inhérente à la relation que nous entretenons ou que nous projetons sur celle ou celui qui s’adresse à nous. Deux figures extrêmes me viennent à l’esprit. Quelqu’un me parle avec une telle autorité que je suis dans le brouillard. Je n’entends rien, je suis incapable de répondre à son ordre. Incapable de comprendre de quoi il en retourne, bouleversé j’entends tout à l’envers. Je suis comme sidéré. Autre extrémité : celle ou celui dont je suis fou amoureux me parle. Je n’entends rien, je suis dans un état proche de l’évanouissement, et ne peux même pas lui répondre. Chaque jour, dans nos relations sociales, familiales, amicales, se jouent les scènes de nos malentendus et leurs incessantes répétitions : refus d’entendre les mots qui disent la place qui m’a été définitivement assignée, ou entente déformée par la relation d’amour que je projette dans la langue de l’autre, dans laquelle je ne peux entendre que ce que je désire m’entendre dire. L’épistémè du malentendu demande ainsi un déplacement : ce n’est pas l’énoncé qui prévaut, mais la situation d’énonciation dans laquelle il est soumis (Benveniste 1974), et ses environnements discursifs qui le contraignent dans ses dispositifs coercitifs (Foucault 1971). Ces deux regards sur nos interactions, l’énonciation et ses ouvertures anthropologiques, l’analyse de discours et ses ouvertures politiques, devraient donc être un préalable avant toute analyse de situation de communication. Ils projettent sur tout échange non pas la qualité supposée d’une communication, mais les horizons de nos malentendus, fruits des conditions de nos relations. En ce sens, envisager toute interaction comme un malentendu serait une mise à l’épreuve de notre capacité d’entendre par exemple la ventriloquie de celui qui parle pour l’institution qu’il représente et de nous faire entendre dans le respect de nos singularités. Il s’agirait de ne pas reproduire systématiquement le même schéma de nos communications figées dans leurs ordres établis de longue date et sclérosants (famille, travail, administration) mais de les transformer en aventures, en des lieux d’incertitudes où le malentendu serait l’avenir de nos compréhensions (de celui qui ne nous ressemble pas, du monde que nous ne reconnaissons pas).
- 5 En ce temps-là, notes sur Louis Althusser écrit par Rosset est à double tranchant. Après des mots q (...)
13En ce temps-là. Notes sur Louis Althusser, d’où est extraite la citation qui débute ce passage en philosophie, aurait pu trouver un autre sous-titre : Notes sur le malentendu, où la philosophie de Rosset n’impose rien mais poursuit l’idée sans l’attraper jamais ni l’arrêter5. Ces Notes se terminent par un souvenir qu’il qualifie lui-même d’assez drôle. Un mercredi, à midi, jour et heure du séminaire de Jacques Lacan à L’École Normale Supérieure, rue d’Ulm, Rosset qui avait toujours « cédé aux exigences de son appétit féroce » (Rosset 1992 : 43) pour ne pas s’y rendre, se décide enfin d’aller écouter le maître :
Je me présentais donc, un certain mercredi et à l’heure dite, dans la salle des conférences de l’École que je fus surpris de trouver, non pas comble comme je me l’imaginais, mais seulement à moitié pleine. (…) Je pris le parti de m’informer et de demander à une voisine, si c’était bien là le lieu et l’heure où devait parler Lacan. Cette dame se retourna vers moi et me répliqua sèchement : « Comment ? Vous ne savez donc pas que Lacan ne viendra pas aujourd’hui ? Il est à l’étranger pour une quinzaine de jours ». (…). C’est ainsi que j’appris d’avantage, par ma présence momentanée à un cours de Lacan où Lacan ne parlait pas, que tout ce qu’aurait pu m’apprendre Lacan en parlant : comprendre d’un seul coup, et le caractère histrionesque du séminaire de Lacan, et surtout le degré d’égarement auquel peut parvenir, lorsqu’il est convenablement entretenu, le besoin de soumission intellectuelle. (ibid.)
14Si, en effet, l’anecdote est drôle, elle souligne à nouveau ce qui pourrait esquisser les raisons du malentendu : soit un amour immodéré, qui, jusqu’au silence et dans l’absence, souligne notre capacité à entendre toujours ce que l’on veut entendre même quand il n’y a rien à entendre (ici une centaine de personnes qui viennent écouter Lacan sachant qu’il ne parlera pas). Soit la soumission irraisonnée à un ordre, ici l’institution du savoir (le séminaire, l’École Normale Supérieure, la psychanalyse) où la figure de l’autorité de Lacan « opère ». C’est en substance la conclusion de Rosset. Mais ne fait-il pas lui-même fausse promenade ? Qui nous dit que parmi l’auditoire extravagant de Lacan n’y étant pas, et donc pendant que le loup est ailleurs, certaines personnes étaient ici confortablement installées et profitaient enfin de cette absence pour flotter. Rêver. Prendre le temps de ne pas se soumettre tout en profitant enfin du dispositif de l’amphithéâtre ? S’échapper du maître ? Lacan a-t-il jamais prétendu communiquer un savoir ? Tout au mieux soumettre des poèmes que chacun fera rimer à sa manière.
15Dans son Traité théologico-politique, au chapitre II, Spinoza écrit à plusieurs reprises que la force des prophètes, leur génie, c’est leur imagination. Ils se retirent dans le désert, au sommet d’une montagne, au bord d’un lac, sous l’orage et la foudre. Ils ont une imagination débordante, et d’un froissement d’épines dans un buisson qui fait comme un souffle, ils en font une parole de dieu. Les prophètes redescendent alors de leurs hautes sphères, parfois très indécis sur ce qu’ils ont entendu, le soumettent sans certitude aux hommes de la tribu :
- 6 Comment citer ce livre sans dire qu’il est fait d’une autobiographie déplacée vers les paradigmes d (...)
Et l’extraordinaire, c’est que c’est alors ce peuple même qui dans sa conscience de soi et sa connaissance, apprend aux prophètes sourds et aveugles le sens du message que Dieu leur a délivré. (Althusser 1992 : 249)6
16Pourquoi faut-il que la tribu s’entende ? Pourquoi lui faut-il donner du sens au poème, au délire, à la folie du prophète ? Pourquoi lui faut-il assigner aux mots ouverts et pleins de sable et de vent du désert un sens clôt comme une forteresse de pierre. Pourquoi du délire elle fera loi et règle ? Pourquoi du monde des malentendus la tribu doit concevoir une communication qui finit toujours dans les institutions du pouvoir ? Pourquoi le texte prophétique suspendu à ses avenirs doit-il finir en dogme religieux pris dans les discours politiques de la cité ? Faut-il que la tribu soit définitivement communicante ? Qui fait du mirage un miracle. D’un malentendu une communication.
17On pourrait écrire, à la suite d’Althusser, puisqu’ici il s’agit de lui, que l’idéologie de la communication, c’est quand les réponses précèdent les questions. L’épistémè du malentendu, c’est quand les questions poursuivent des questions ? Aux clôtures de l’idéologie de la communication, nous préférons ici les aventures et les ouvertures du malentendu.
Le malentendu est la revanche de la philosophie et de la morale, sciences inexistantes, inutiles qui ont pour objet les choses les plus invisibles et les plus controversables . (Jankélévitch 1980 : 185)
18Le malentendu est une revanche contre la vérité (qui n’existe pas), une revanche contre les dogmes définitifs, une revanche contre celles et ceux qui déclarent inexistante la philosophie. Avec la philosophie, il faut ouvrir grand ses yeux et ses oreilles, pour ouvrir grand son esprit. Travailler les idées.
19Martin est psychologue clinicien et pédopsychiatre. Il a écrit un article intitulé « Le malentendu, une indécidabilité nécessaire » (Martin 2016). « Le malentendu, écrit-il, n’est pas un défaut, mais témoigne de l’impossibilité heureuse de réduire le sujet à une entité close, fermée, pleine, transparente, en maintenant une indécidabilité. Le malentendu n’est pas un accident qui serait second par rapport à une compréhension pleine et entière, mais l’actualisation, le témoignage d’une indécidabilité première » (ibid : 229). Il poursuit :
Le psychanalyste, pour qui le malentendu est le fondement même du discours interhumain (Jacques Lacan) ne cherche pas à atténuer cet écart, cette trace comme irruption intempestive en la réintégrant dans le champ du sens attendu et partageable de la compréhension, mais au contraire le souligne, voir (sic) la produit en intervenant de façon intempestive dans les dits de l’analysant pour y pointer l’équivoque, une autre scène, la scène de l’Autre qui excède toujours la bonne entente. (ibid.)
20Plus loin il ajoutera : « Le malentendu n’est pas un accident, mais une chance, il témoigne du fait que le sujet n’est pas assignable à un signifiant » (ibid. : 230).
21La psychanalyse, dans l’épistémè du malentendu, serait une alerte permanente, une mise en éveil, pour éviter la monosémie monomaniaque de la communication, et lui préférer les ouvertures indécises et du choix de nos mots, et du choix de nos interprétations. Plusieurs concepts fondamentaux de la psychanalyse constituent un programme qui ne donne aucun crédit à la communication mais se constituent en grammaire du malentendu ! Ainsi du transfert : cette projection de nos désirs et de nos fantasmes inconscients « sur » l’autre où l’on s’applique à faire en sorte qu’il ou elle nous correspondra. Sans le savoir, sans y penser, nous allons vers lui, ou elle, en les faisant nôtres quand ils sont autres. Alors se jouent les scènes du malentendu, créatives, riches, incertaines, qui évaluent tant bien que mal les parts imaginaires et symboliques de cette relation. Ainsi de l’inconscient : non pas un trouble indicible, mais une énergie de mots, de phrases, de textes, en constante réécriture, mouvante comme la mémoire, qui invente nos récits et les réinvente au gré de nos intérêts du jour. L’inconscient serait alors l’étendue des jeux de nos malentendus, l’inconscient structuré comme un langage, où, à la surface de nos petites communications conscientes, prendraient racine les richesses de nos malentendus. Ainsi de nos désirs inconscients : refoulés par les censures répétées sans cesse par toutes les communications des appareils idéologiques d’État (religion, famille, armée, police, mondes marchands, monde de l’éducation) : ils savent trouver des brèches dans l’ordre des énoncés autorisés, des mots fulgurants (les lapsus), des temps de rêves, des jeux de mots, et des fantasmes d’où est exclue la communication comme évidence. Et le lapsus, et le rêve, et le fantasme, et nos jeux de mots, demandent des interprétations qui ne peuvent que s’accommoder d’hypothèses où se déploient un exercice du malentendu, une chance de libertés.
22Le lapsus alors, serait l’une des figures créatives du malentendu, autorisant celui qui tord la langue à rejouer les scènes d’incompréhension de l’expérience humaine. Le sujet est contraint par la langue de l’autre, langue du père, langue de la mère qui nous assignent, langue des institutions qui nous entortillent et nous roulent dans leurs farines. Le lapsus ouvre le sens, ouvre la coquille des mots, redonne un peu de liberté au signifiant pour le projeter sur l’écran de nos malentendus. Il met en scène nos travaux interprétatifs.
23Ainsi, pour reprendre les mots de Martin, ce qu’actualise le lapsus, c’est une effraction hors du code. Ce code commun, socle de nos ententes, mais sourd à la différence de nos désirs, sourd à la différence de nos places et de nos langues. La psychanalyse cherche ça : quand ça flotte, quand ça permet les voyages de la métaphore, quand deux rives sont possibles encore, quand il faut écouter l’imprécision de nos mots pour dire la précision des tirs meurtriers des langues violentes, définitives, blessantes, stratifiées au fond de nos corps par couches de cendre. Éloge donc du malentendu comme forme de vie, pour que toujours vigilants nous écoutions bien ce que dit l’autre et l’autre en nous. Nous ne sommes pas là pour nous comprendre mais pour nous rencontrer. C’est un préalable pour vivre nos différences.
24Je tremble à l’idée de tous les malentendus qui ont façonné nos comportements. Ils sont tant et tant. Mais c’est en eux que nous faisons nos chemins. Je tremble encore plus à l’idée que nos vies seraient dessinées par un seul et définitif bien entendu.
25Il y a dans la psychanalyse une question politique implicite, celle de la place du sujet face au langues du pouvoir. Je ne résiste pas au plaisir d’évoquer une étudiante ERASMUS de Master 1 qui dans sa copie de fin de semestre citait un auteur que je ne reconnaissais pas : « Simon de Pouvoir ». Simon de Pouvoir ? Il m’a fallu un petit temps pour entendre dans ce nom et ce prénom la grande Simone de Beauvoir, transformée en son contraire. Simon de Pouvoir : dans l’indécision du son, je ne peux m’empêcher de sourire face à cette nouvelle assignation masculine de l’auteure du deuxième sexe par une étudiante allemande probablement portée par une musique plus grande, celle d’une restitution de la force qu’il faut pour s’opposer à tous les Simon de Pouvoir et à la culture du patriarcat.
26Meshreky publie un résumé de cours intitulé Le malentendu, c’est de Lacan qu’il s’agit. Elle propose une lecture éclairante de Lacan, aussi je la cite à ce sujet :
Du côté de l’analyste, exploiter le malentendu, c’est d’abord écouter chez l’analysant ce qu’il mi-dit et donc aussi ce qu’il tait. C’est donner toute leur importance à ses hésitations, ses silences, ses gestes, ses intonations de voix, ses lapsus, ses pleurs, ses rires, ses cris. C’est se situer au-delà et surtout en deçà de ce qu’il dit, sous la barre des signifiants, pour les faire parler. (Meshreky 2010 : 6)
Nous sommes des êtres parlants et plus encore des êtres parlés. Le langage nous précède toujours déjà. « Le malentendu est déjà d'avant. Pour autant que dès avant ce beau legs, vous faites partie, ou plutôt vous faites part du bafouillage de vos ascendants. (Lacan) ». On parle de nous avant de pouvoir parler. Et avant même notre propre naissance. (ibid. : 2)
27Le malentendu et ce qu’il mi-dit. La communication est ce qu’elle sur-dit. Le malentendu et le bafouillage de nos parents à notre propos. La communication est assignations. Les mots indécis de mes parents qui parlaient de moi avant que je naisse restent ceux auxquels je me réfèrerai quand le récit familial me semblera trop lourd, et ma place trop définitivement attachée à un rôle assigné, communiqué au clan, et répété à l’envi.
28Parmi les sciences du malentendu devrait figurer en bonne place l’anthropologie. L’anthropologue, c’est celle ou celui qui va à la rencontre d’autres cultures, d’autres civilisations, d’autres langues, d’autres codes, d’autres manières de faire, politiques et religieuses. Le souci, c’est que l’anthropologie, à ses débuts, est une anthropologie coloniale. Et l’autre se transforme en sauvage, en non-civilisé. C’est le nom du cours d’anthropologie que Mauss donne dès 1901 à l’École pratique des hautes études qui nous alerte : Histoire des religions des peuples non civilisés (Lambert 2014 : 385). Cette posture face à l’autre sous-entend qu’il ne s’agit pas d’approcher les différences et d’accepter les malentendus, mais d’imposer à l’autre sa conception de la civilisation. Mauss, quand il travaille sur la prière dans les sociétés australiennes à partir de textes produits par des anthropologues anglais écrit : « Les observateurs étaient naturellement hors d’état d’apercevoir ce qu’il peut y avoir de commun entre une prière chrétienne et un chant destiné à enchanter un animal » (ibid. : 284). En anthropologie coloniale, les peuples non civilisés doivent se plier aux ordres de la propagande et de la communication chrétienne, leurs violences inouïes. Nous aurions vraiment gagné en humanité en acceptant le malentendu, en écoutant le chant destiné à enchanter un animal comme un avenir possible de cohabitations entre les vivants. Ce refus du malentendu a produit le génocide des peuples amérindiens et aborigènes.
29L’anthropologie coloniale, osons-nous l’espérer, n’est plus. Elle a été repensée par l’anthropologie des mondes contemporains (Augé 1994), où l’observateur peut devenir son propre indigène (Lambert 2011 : 57). Depuis, l’anthropologie a fait de la question du malentendu un préalable à toute rencontre.
- 7 Cette question est centrale pour les anthropologues. Palomares et Tersigni la résument en citant Fa (...)
30Casajus, dans un article intitulé « Charles de Foucauld face aux touaregs. Rencontre et malentendu » raconte comment, en 1976, sa logeuse prénommée Jouwa, lui pose cette question : « Y a-t-il aussi en France de ces mauvaises gens (ärk aghâlak) qui vivent sans avoir d’enfants ? » (Casajus 1997 : 6). Casajus ajoute : « J’eus quelque peine à comprendre que les mauvaises gens étaient les petites sœurs de Jésus, religieuses qui suivent une règle inspirée du Père de Foucauld et dont quelques-unes sont établies en pays touareg. Ce qui est pour les uns l’idéal de chasteté est pour les autres la honte d’une vie affranchie du devoir d’enfanter » (ibid.). Et d’ajouter : « Pour un ethnographe débutant, la leçon de relativisme culturel était abrupte mais bonne à prendre » (ibid.). L’anthropologie est cette science sociale qui mesure l’étendue du malentendu qui sépare des sociétés et qui doit tenter de faire accepter entre les deux versions de l’interprétation du monde, le relativisme culturel qui les distingue7.
31Ainsi du totémisme et du fétichisme, vus par les blancs chrétiens comme des folies sauvages. Pourtant, les soldats chrétiens, tout civilisés qu’ils sont, portent pour se protéger des petites effigies de la Vierge Marie. Fort de leur récit, fort de leur assurance de devoir communiquer leur propagande, ils peuvent tuer. La propagande chrétienne, cette communication incapable d’entendre les malentendus, c’est le génocide des peuples amérindien (Lambert 2013 : 50).
32Ainsi des caricatures de Mahomet. Inaudibles, inenvisageables pour des étudiants d’écoles coraniques au Pakistan à qui l’on enseigne chaque jour des textes prophétiques à lire comme la communication figée d’interdits et de règles dans l’arbitraire le plus total quand, à l’autre bout du monde, « se marrent », « se gondolent », une bande de joyeux dessinateurs rompus à la caricature, à la culture de la démocratie, à la liberté d’expression, à la laïcité. Ces deux clans, chacun installé dans les habitus de leurs possibilités d’être au monde prennent-ils en considération la possibilité d’un autre public, d’une autre manière de lire, d’un malentendu et ses chances ?
33C’est l’histoire d’un militant français et d’un ouvrier algérien. Le militant, c’est Robert Linhart qui a écrit L’établi. Le livre raconte son histoire, en 1968. Il vient s’établir, malgré ses diplômes et son parcours universitaire, dans les usines Citroën, pour être proche et militer avec le « prolétariat ». Il est embauché sur la chaine de montage des 2CV. La voiture est un mythe, la chaine un enfer. Après plusieurs mois de travail, un jour, à l’usine, Robert rencontre Ali :
La rencontre d’Ali joua un rôle décisif dans la transformation de mon état d’esprit. Un choc, mais si complexe que, même aujourd’hui, je ne pourrais le définir avec exactitude alors que près de dix ans ont passé. Une bouffée d’air du grand large, la vision de masses tellement plus lointaines et plus obscures, et aussi la découverte de quelque chose de fraternel et de tragique à la fois. (…) Je n’ai connu Ali qu’un seul jour. Une journée complète de travail, de sept heures du matin à cinq heures du soir. (Linhart 1981 : 146)
34Ali est un taiseux. Mais il finit par dire à Linhart sa fierté d’être le fils d’un marabout, sa fierté d’avoir beaucoup étudié l’arabe, qu’il est marocain, d’une famille très religieuse, et que depuis la mort de son père, les siens vivent dans la misère. Quand Linhart parle de « colonialisme » pour en dénoncer la violence, Ali fait l’éloge du « colonelialisme » : « Non, le colonelialisme c’est bien. Colonel Nasser. Colonel Boumédiène. C’est bien pour nous » (ibid. : 155). Ils se parlent. Mais Ali parle vite : « Pas toujours commode, de comprendre ce que raconte Ali. Des fois ça s’emballe, ça devient haché, les mots s’entrechoquent. Il y a des coupures, de longs silences » (ibid. : 154). Et vient ce moment d’échange dans un chapitre intitulé « L’ordre Citroën » :
Ali dit :
« Non je ne fais jamais ça, c’est juif .»
Moi : « comment ça c’est juif ? »
Lui : « Ça veut dire : c’est pas bien, il faut pas le faire. »
Moi : « Mais non, juif, c’est un peuple, une religion. »
Lui : « Non, non. Juif, c’est l’envers des autres. On dit juif pour dire que c’est pas comme il faut ».
Moi : « Mais il y a une langue juive… »
Lui : « Une langue juive ? Non, non. »
Moi : « Si, elle s’appelle l’hébreu. »
Lui : « Non, écrire juif, c’est écrire l’arabe à l’envers. C’est écrit pareil mais dans l’autre sens. »
Je m’arrête
« Écoute Ali, je sais ce que je dis, je suis juif moi-même. »
Et lui, sans se démonter, avec un hochement de tête indulgent et presque une ébauche de sourire :
« Mais tu ne peux pas être juif. Toi tu es bien, Juif, ça veut dire quand c’est pas bien » (ibid. : 156).
35Linhart a dédicacé son livre ainsi : « À Ali, Fils de marabout, Et manœuvre chez Citroën ». Cette dédicace est pour moi l’ouverture d’un malentendu saisi comme une chance. C’est la reconnaissance par Robert de tout ce qui le sépare culturellement de Ali, sans que cela ne soit définitivement grave. C’est, malgré l’incompréhension, les mots coupés, les mots hachés, malgré l’hébreu qui est de « l’arabe à l’envers », cette possibilité d’entrevoir une fraternité au bout d’un long chemin à déplier les savoirs, les cultures, les croyances de l’un et de l’autre. Le geste de Linhart, celui de dédicacer son livre à Ali qu’il aurait pu accuser d’antisémitisme, ce geste-là est une reconnaissance des chances du malentendu : aller à la rencontre malgré l’abîme d’incompréhensions qui nous séparent. Étymologiquement, une dédicace, c’est la consécration d’une église. Linhart entend chez Ali l’importance de l’église de son père marabout. Il reconnaît à Ali d’autres mots et d’autres chemins. Il fait le pari qu’Ali pourrait lui aussi, à son tour, faire le chemin vers lui, le reconnaître et juif et bon, et juif et à l’endroit, dans la fraternité des manœuvres de l’Ordre Citroën. Le malentendu, c’est la promesse de cette rencontre. La bonne communication, c’est le mode d’emploi de la 2CV. Ou la bible de l’ordre Citroën qui au-delà des hommes les transformait en machines.
36L’épistémè du malentendu n’est ni une théorie, ni une science. Elle est une agilité. Elle observe les mouvements de nos langages, les déplacements de nos corps chantés par les mots, les résistances aux normes de la communication. Son objet n’est pas seulement les grammaires qui nous surveillent et les ordres discursifs que l’on transgresse par l’habilité de nos mots d’avant, flottants, allant, mais encore les places d’où nous les éprouvons, contestons, ces places qui nous constituent en sujet de l’énonciation refusant la répétition des énoncés figés par les institutions. Les lieux de la culture, peinture, gravure, dessin, cinéma, littérature, danse, théâtre, sont des lieux où le malentendu est reconnu comme forme d’échange, où les publics sont envisagés comme intelligents et leur liberté première. Les énoncés de la communication fantasmés par les relations de pouvoir, qui nous replient dans les mots du clan, fabriquent industriellement chaque jour les publics du consentement, les masses en puissance, les foules alors obéissantes.
37En conséquence, il nous faut créer l’ébauche d’une école du malentendu pour dénoncer sans appel la violence de nos mondes de communication. Atelier d’artisanat de conception d’un petit dieu dans une culture polythéiste afin de refuser les dogmes des monothéismes. Introduction à l’indécidabilité : rêves, lapsus, fantasmes, mots d’esprit. Atelier de places : théâtralité et interprétation. Animal studies : analyse des manuels de dressage des chiens policiers. Gender studies : les communications du patriarcat. Année de césure obligatoire à l’étranger pour un terrain d’observation de malentendus avec conception d’un carnet de croquis et de notes. Cours d’histoire de l’anthropologie coloniale. Cours de sémiotique des images. Atelier d’écriture de fiction. Atelier d’écriture documentaire. Séminaire des métalangages en sciences sociales : quels mots choisir pour qualifier les sciences et les refuser dogmatiques.