Sur les cérémonies urbaines et les fêtes en France au xviie siècle
Texte intégral
- 1 J. Boyer, « L’Entrée de Louis XIII à Arles en 1622 », B.S.H.A.F, 1990, p. 43-52.
- 2 F. Rochat et J. Taurisson, Entrées royales et fêtes populaires à Lyon au xve-xviiie siècles, exp. B (...)
- 3 Id. et S. Chartely, « L’Entrée de Louis XIII à Lyon, en 1622 », Revue d’Histoire de Lyon, 1902, p. (...)
- 4 A. Janik, « L’Entrée et le séjour de Louis XIII à Toulouse en novembre 1621 », Annales du Midi, t. (...)
- 5 J. Provence, Les entrées de Henri IV à Troyes (1595 et 1629), Fêtes et politique en Champagne à tra (...)
- 6 Voir aussi, Sacres et couronnements royaux, Colloque de l’université de Reims, oct. 1975 et Fêtes e (...)
1Les cérémonies urbaines sont en France issues d’une tradition qui remonte au Moyen Âge, et dont le rite fut ravivé pendant la Renaissance. Si les analyses d’ensemble manquent encore pour le xviie siècle, existent des études locales sur celles qui se déroulèrent à Paris, à Aix, à Arles1, à Avignon2, à Lyon3, à Toulouse4, à Troyes5… Le témoignage des estampes, des journaux, des archives, permet d’en cerner les réalités historiques, artistiques, sociologiques et économiques. Les victoires, mariages et naissances, arrivées dans la ville du monarque, la célébration de la Saint-Louis sont à l’origine des festivités qui nous intéressent ici6. Nous considérerons d’abord, de façon générale, les entrées et les fêtes royales, nous décrirons ensuite les réjouissances auxquelles donna lieu à Paris, en 1682, la naissance du duc de Bourgogne. Notre propos est ici, à travers des exemples assez caractéristiques, de mettre en évidence quelques pistes d’investigation.
- 7 Vanuxem, p. 22 : « Des entrées royales sous Louis XIII et Louis XIV », Médecine de France, 1959, p. (...)
- 8 Cité par R. Bacou, Collections de Louis XIV, Paris, exp. Orangerie, oct. 1977-janv. 1978, no 249.
2C’était une tradition pour certaines villes d’offrir une entrée au roi lors de ses visites. Mais il fallait au préalable recevoir son accord. Ainsi, le 14 octobre 1659, le roi refusa que Toulouse s’engageât dans des dépenses, affirmant « qu’il aimait mieux le cœur de son peuple que toutes ces marques extérieures qui ne sont pas toujours nécessaires7 ». Mais, dès le début de son règne personnel, Louis XIV fut lui-même à l’origine de plusieurs entrées ; à propos de celle qui eut lieu à Douai le 23 août 1667, après la prise de la ville, il note dans ses Mémoires8 :
« Je menai la Reine avec moi à dessein de la faire voir au peuple des villes que je venais d’assujettir : de quoi ils se sentirent tellement obligés, qu’après avoir tout mis en usage pour la bien recevoir, ils en témoignèrent qu’ils étaient fâchés de n’avoir pas eu plus de temps pour s’y préparer ».
- 9 Conservé à Versailles ; R. Bacou, op. cit., n° 249, ill.
3Un dessin de Le Brun9 montre les échevins à la porte de la ville présentant les clefs à la Reine dans son carrosse ; ce dessin préparait la tapisserie de l’Histoire du roi qui ne fut pas tissée ; seul un tableau de Van der Meulen conservé au Louvre célébra l’événement.
- 10 exp. Lyon, op. cit.
- 11 Éloges et discours sur la triomphante réception du roi en sa ville de Paris après la réduction de L (...)
4Après le passage à vide des guerres de religion, entre 1570 et 1595, l’entrée royale à Paris et en Province retrouva l’importance que lui avaient donnée les Valois. Les fêtes les plus marquantes se déroulèrent à Lyon en 1595 et 160010 pour les entrées d’Henri IV et Marie de Médicis. En 1612, Paris fêta les fiançailles du jeune Louis XIII avec Anne d’Autriche et la reine mère ordonna un grand carrousel dont tableaux, gravures et livrets conservent le souvenir. En 1622, victorieux des protestants du sud-ouest, Louis XIII rentra à Paris par Arles, Avignon, Aix et Lyon, qui lui offrirent chacune une entrée. En 1628, la victoire sur La Rochelle donna lieu à Paris à une fête magnifique11.
5Les entrées servaient à affirmer le pouvoir du monarque, et à célébrer les liens de la ville avec le Prince ; leur programme, d’une portée politique et symbolique nettement affichée, était soigneusement réfléchi par les organisateurs : en 1622, celle de Lyon s’intitulait « le soleil au signe du Lyon » ; en 1660, à Paris, les différents corps de la ville, bureau, parlement, université, clergé firent allégeance en passant par la porte Saint-Antoine, là où les princes et la Grande Mademoiselle durant la Fronde avaient fait tirer sur l’armée du roi conduite par Turenne.
- 12 K. Möseneder, Zeremoniell and monumentale Poesie. Die « Entrée solennelle » Ludwigs XIV 1660 in Par (...)
6Ces fêtes étaient très populaires. La cité s’ornait de monuments éphémères en bois, en plâtre, carton, toiles raidies et trompe-l’œil, où rivalisaient stucateurs, peintres, charpentiers pour célébrer théâtralement le monarque. On construisit 7 arcs de triomphe à Toulouse en 1621, 6 à Arles en 1622,10 à Paris en 1628, sans compter le temple de la gloire, les fontaines de vin. À Paris en 166012, l’arc du Montparnasse de la place Baudoyer, fait entièrement de plâtre, montrait le portrait du roi accueilli en musique par Apollon et les Muses, pour célébrer la renaissance des arts après la Paix ; celui de la porte Saint-Antoine, plus imposant et solennel, proclamait les vertus des souverains et celui de la place Dauphine, connu par Le Brun, célébrait Mazarin sous les traits d’Atlas médiateur et était surmonté d’un obélisque historié. On construisit aussi des théâtres et des statues vinrent compléter la décoration : celles de Thomas Regnaudin, à l’entrée du pont de la place Saint-Antoine, montrait Louis XIV en Hercule gaulois et Anne d’Autriche en Minerve.
- 13 Il est l’auteur Des entrées et réceptions solennelles des princes et des grands seigneurs, Lyon, s. (...)
- 14 À Toulouse en 1621, les inscriptions furent composées par quatre docteurs en droit et avocats du pa (...)
- 15 Il en fut de même à Toulouse en 1621.
7Tous les arts étaient sollicités et on faisait appel à des érudits pour l’ordonnance de la cérémonie. Ainsi Pierre Matthieu, futur historiographe d’Henri IV, organisa celle de Lyon en 1600. Féru d’antiquités, le chanoine Saxy conçut le programme de l’entrée de Louis XIII à Arles en 1622 ; l’illustre Ménestrier13 fut à l’origine de la plupart des fêtes à Lyon et de quelques-unes à Paris en l’honneur de Louis XIV. Le texte et les images, peintes ou sculptées, se complétaient ; sentences et devises, le plus souvent en latin, inscrites en lettres d’or sur les monuments, concouraient à l’éloge14 de la personne royale. Mais l’architecture, le texte et l’image ne faisaient pas tout. À Lyon, en 1658, une importante naumachie se déroula sur la Saône, sur le thème de la conquête de la Toison d’or, dont l’allégorie rappelait ainsi les victoires du Roi sur l’Espagne et son mariage projeté avec Marie Thérèse, qui était gage de Paix. Parfois des chars suivaient le cortège royal sur les rivières et les routes : il y en eut trois à Paris en 1628, dont l’un d’eux montrait Louis XIII à cheval au milieu d’une course. La ville se paraît de mille façons : à Arles, en 1622, les rues furent couvertes d’un drap pour protéger le cortège et à Lyon, la même année, les façades des maisons furent tendues de tapisseries empruntées à des particuliers15.
- 16 Voir exposition de Lyon, 1970, op. cit.
8Si le roi était le héros de la fête, c’en était aussi le principal acteur : par l’importance de son cortège, il lui donnait vie et en ponctuait les différents actes. Les harangues prononcées par les représentants des corps constitués célébraient de vive voix ce que les arts donnaient à voir : la puissance, les qualités, les vertus du monarque, et la soumission de son peuple. Puis on chantait des hymnes à sa gloire, où la foule éclatait en vivats. D’autres décors éphémères attendaient parfois le roi : à Lyon en 1658, le collège des Jésuites organisa un ballet dansé par ses élèves, sur le thème de « l’autel de Lyon consacré à Louys Auguste placé dans le temple de la gloire » : par allusion à la Fronde, un tableau y montra des vautours attaquant les provinces16, et dans la grande salle, au-dessus d’un temple orné des images des provinces de la Gaule, on pouvait voir le signe du lion avec Louis XIV en Apollon chevauchant cet animal.
- 17 Actuelle place des Vosges.
- 18 Venait d’abord le quadrille des Romains commandé par le Roi, celui des Persans par Monsieur, des Tu (...)
- 19 R. A. Weigert, « Les feux d’artifice ordonnés par le bureau de la ville de Paris au xviie siècle », (...)
- 20 Notons cependant qu’en 1651, à Paris, dans la cavalcade pour la majorité du roi, on représenta un c (...)
9Si, durant la première moitié du xviie, le déroulement de ces cérémonies ne semble pas avoir beaucoup évolué, les gravures montrent que, par la suite, le ton s’en modifia peu à peu et que les décors gagnèrent en solennité. Un parallèle entre le Carrousel de la place royale17 en 1612, et celui de 1662 pour la naissance du Dauphin en témoigne. En 1612, le rôle de l’architecture fut important ; le temple de la Félicité, immense château fort, se transformait en feu d’artifice à la fin de la nuit ; en 1662, le travail des maçons se réduisit à l’édification des tribunes. La place royale fut jugée trop exiguë : pour qu’elle revête un caractère imposant et noble, il fallait que la manifestation se déploie sans contrainte et l’on choisit l’actuelle place du Carrousel. Autre contraste : l’absence de machines et de chars. Le merveilleux et l’exotisme résidèrent dans le choix et la magnificence18 des costumes. Tout ce qu’il y avait de rêverie, d’étrange et d’inattendu, comme un rocher s’ouvrant laissant apparaître un monstre, ou Persée jaillissant des cieux pour défendre Andromède, finit par disparaître. Les romans de chevalerie et les allusions galantes cédèrent la place à la mythologie et à l’allégorie ; tout se fit au profit de l’ordre et de la raison. Ainsi dans l’élaboration des feux d’artifice19, on rejeta les visions mouvantes et les machines complexes20 et le support architectural, qui se résumait à un temple ou un arc, finit par l’emporter. L’architecture des arcs de triomphe fut de plus en plus grandiose, et leur décoration plus somptueuse ; ils furent couverts de figures allégoriques, de devises, de guirlandes et de trophées ; les toiles peintes jouèrent également un rôle de plus en plus important. La comparaison des arcs érigés à Arles, Avignon, Lyon, et Paris, entre 1598 à 1628, avec ceux de l’entrée parisienne de 1660, atteste de cette évolution vers une scénographie complexe, qui rompait avec l’aspect un peu maigre des décors précédents. Il reste cependant à étudier l’évolution des programmes iconographiques, à répertorier les différents éléments qui composent les décors, à mettre en évidence les étapes de ces transformations et à en expliquer les causes.
- 21 On s’adressa au peintre Jean Chalette et au sculpteur Artus Legoust.
- 22 À Toulouse, le roi donna aux maréchaux des logis et fourriers de son armée les décorations et archi (...)
10Lorsque le roi avait annoncé son entrée, et quand il en attendait un accueil triomphal, la ville seule en supportait la dépense. Les comptes des communes et les contrats passés avec les édiles et les prévôts des marchands permettent de connaître les sommes engagées pour payer artisans et ouvriers. Quand on n’avait que peu de temps pour se préparer, on faisait seulement appel aux artistes des villes voisines pour travailler à l’élaboration d’un programme assez strict, établi par un seul. À Toulouse, en 1621, il en coûta 24 726 livres : les arcs, tableaux21, colonnes, statues revinrent à 9 500 livres, le dais royal à 2 400 livres, la construction de la galerie où le roi reçut les différents corps à 2 500 livres, la collation à 3000 livres et les cadeaux divers, flambeaux, cire blanche, dragées et confitures à 1 000 livres. À Arles, en 1622, Jean Médaille reçut 400 livres pour les charpentes et menuiseries de ses arcs et 371 livres pour la chambre et la galerie destinées à la réception du Roi ; les peintres touchèrent 770 livres dont 450 pour la mise en couleurs des architectures et sculptures des arcs de triomphe et 320 pour le décor de la chambre galerie. Le total de la dépense monta à 10 000 livres. À Avignon, la même année, elle atteignit 61 000 livres, autant que le budget communal d’une année. D’autres frais venaient s’ajouter, dont le détail permet de mieux comprendre l’organisation de ces réjouissances, leurs désagréments et leurs impondérables. À Arles, on offrit une aiguière d’or d’une valeur de 94 livres au chanoine Saxy qui avait organisé le programme, donné les vers des devises et des inscriptions, et le dessin des arcs et des allégories ; en outre les 2 clefs d’or, qu’on présenta au roi en signe de soumission, coûtèrent 116 livres ; il fallut aussi payer les musiciens, le sable répandu sur les rues, les comédiens et les danseurs ; de plus, le capitaine des gardes, s’étant emparé des meubles, tentures et tapis qui ornaient la chambre galerie, les réclamations auprès de la cour ayant été sans effet, on fut contraint d’en dédommager les propriétaires. Il en fut de même à Aix, où il fallut rembourser les tapisseries et autres décorations prêtées par les notables, que le roi avait offertes à ses courtisans22.
- 23 Ce fut aussi le cas pour l’entrée toulousaine de 1621 (id).
- 24 Voir M.C. Moine, Les fêtes de la cour du Roi-Soleil, Paris, 1984.
11À Paris, l’entrée de 1660 coûta 100 000 livres, qui furent financées par deux emprunts23 ; néanmoins, la dépense fut peu de chose par rapport à celle des fêtes de Versailles données en juillet 1668 qui, selon les comptes des bâtiments du Roi, coûtèrent quelque 1 170 330 livres. Pour le carrousel de 1662, payé par les fermiers généraux, Colbert avait prévu près d’un million de livres24 ; la course rapporta cependant, car on vint de France et de l’étranger pour y assister : la fête dépassa le cadre du Louvre et des Tuileries, et tout Paris put en profiter, puisque les cinq quadrilles défilèrent à travers la ville.
- 25 Paru en 1662 sous l’égide du prévôt J. Tronçon (op. cit), le livret de la fête de 1660 contenait ég (...)
- 26 J. Tronçon (op. cit.).
- 27 La publication toulousaine, qui n’est pas illustrée, semble être due à une initiative privée.
- 28 L’ouvrage parut en 1670 : Charles Perrault, Courses de testes et de bagues faites par le roy et les (...)
12À ces dépenses s’ajoutaient parfois les frais d’édition d’un livret : à Avignon en 1600 et à Arles en 1622, Marie de Médicis et Louis XIII firent savoir qu’ils désiraient qu’on fît paraître une relation imprimée de l’entrée qu’on leur avait offerte. Il arrivait aussi que, soucieuse de son prestige, la ville prît l’initiative de la publication. Il en fut ainsi pour les entrées parisiennes de 1628 et de 166025 : les prévôts y voyaient un moyen de renouveler leur hommage au Roi, et sur le frontispice de l’entrée de 166026, ils sont représentés en train d’offrir leur ouvrage à Louis XIV. La propagande royale trouva là un terrain de prédilection. Chaque arc, chaque décoration, chaque allégorie, chaque devise sont expliqués en détail, et ce sont autant de panégyriques répétés de page en page. Les auteurs en sont les érudits qui avaient été à l’origine du programme : Ménestrier, Pierre Matthieu, le chanoine Saxy Alaud27. Certaines entrées donnèrent lieu à de riches éditions illustrées de gravures. L’importance des tirages était variable : à Arles en 1622, il fut de 200 exemplaires, moyennant 240 livres pour l’impression et 270 livres pour les 10 illustrations 7 ; à Paris, en 1660, de 100 exemplaires, dont 20 réservés aux membres du bureau, pour la somme de 2 500 livres, incluant les 13 gravures et les reliures. Alors que les plus luxueux de ces ouvrages n’étaient édités au plus tôt un ou deux ans après l’événement, on livrait parfois au public des plaquettes explicatives avant ou pendant les festivités ; ainsi, dès la fin mai 1662, on avait déjà distribué un grand nombre des brochures sur le carrousel qui devait se dérouler du 5 au 7 juin. Cela n’empêcha pas Colbert d’inclure en 1668 dans le programme de l’imprimerie Royale la publication d’un ouvrage plus prestigieux relatant la fête28 ; Charles Perrault rédigea le texte en français, que Fléchier traduisit pour l’édition latine destinée au public international. Pour l’illustration des 33 planches, on s’adressa aux plus grands artistes : Charles Le Brun et Henri de Gissey dessinèrent pour les graveurs Israël Silvestre, Gilles Rousselet et François Chauveau ; chacun fut payé royalement et, pour le seul frontispice, Rousselet reçut pas moins de 500 livres ; certains exemplaires furent enluminés par le célèbre Jacques Bailly. Cet ouvrage qui retraçait les fastes du règne fut souvent offert par la suite aux ambassadeurs et aux personnalités de marque.
- 29 J. Lothe, L’œuvre gravé de François et Nicolas de Poilly d’Abbeville, graveurs parisiens du xviie s (...)
- 30 Un autre almanach édité chez Nicolas de Poilly (L’Aix-en-Othe, 156) montre Séguier rendant hommage (...)
13Peut-on se fier à ces images éditées près de six ans après l’événement ? D’autres sources contemporaines, peu exploitées, complètent les informations de la relation, et permettent d’en vérifier l’exactitude. Ainsi, l’almanach de 1663, paru chez Nicolas de Poilly29, montre la Reine remettant aux vainqueurs des courses, le marquis de Bellefonds et le comte de Sceaux, une boîte garnie de diamants qui, selon Perrault, était « moins précieuse encore par sa richesse que parce qu’elle, renfermait le portrait du plus grand et du plus accomply monarque de la terre ». En bas, dans un médaillon au-dessus du calendrier est représentée la course elle-même30.
- 31 Pour affirmer la puissance royale, Colbert et Louis XIV recoururent plus volontiers à l’architectur (...)
- 32 L’escalier de la Trinité des Monts fut caché sous un grand rocher surmonté d’une couronne royale, e (...)
- 33 La fête dura 3 jours, toutes les activités furent suspendues ; il y eut des chars de triomphes et d (...)
- 34 Pour le feu d’artifice tiré sur la Seine, on lit que « cette agréable décoration est de l’invention (...)
- 35 Les almanachs complètent le tableau des réjouissances (La Naissance de monseigneur le Dauphin, Le J (...)
14Le Carrousel fut la dernière fête parisienne à laquelle Louis XIV assista31, mais son absence ne mit pas fin aux célébrations urbaines, même si elles y perdirent un peu de majesté. Le roi était toujours présent virtuellement se faisant représenter par Monsieur, ou Mademoiselle de Montpensier… Il en fut ainsi pour la naissance du duc de Bourgogne, en août 1682, qui suivit la fête de la Saint-Louis. Paris ne fut pas la seule ville à s’associer à cette occasion à la joie de la famille royale : à l’étranger, et à Rome32 notamment, eurent lieu de nombreuses festivités ; Dijon33, capitale du duché du nouveau-né, déploya évidemment un luxe spécial. De livraison en livraison, durant trois mois, le Mercure se fit l’écho de ces cérémonies, auxquelles il consacra plus de 200 pages, faisant appel aux graveurs pour donner une idée des décorations, malheureusement assez frustes, comme pour le feu d’artifice de l’Hôtel de Ville à Paris sur la place de grève. Outre les comptes rendus du Mercure, les livrets publiés à l’occasion apportent un complément d’information34, mais aucun ne retrace aussi bien l’atmosphère de la ville et ne donne une idée plus précise des réjouissances dans tous les quartiers35.
- 36 Ainsi, la princesse de Wurtemberg mit des bougies le long de la galerie et de la balustrade de son (...)
- 37 p. 129.
- 38 p. 146.
- 39 p. 114.
- 40 p. 109. Ils jouèrent « le Gentilhomme bourgois [sic] à cause que d’Entrées, de Baies et de Chansons (...)
- 41 Gravure par Marot fils d’après Berain, parue dans le Mercure de septembre, regard de la p. 108 (Wei (...)
15Comme pour les entrées, le corps de ville n’était pas seul à organiser les festivités ; les notables étaient invités à illuminer leurs fenêtres36 pour que la ville étincelle de toute part. « Tous les ministres éclairèrent leurs hôtels » et « il y eut si grande quantité de lumières qu’on les eut pris pour des palais enflammés37 ». À la Sorbonne, on fit des feux de joie dans la cour et devant la porte, de même qu’aux collèges du Plessis, de Navarre, d’Harcourt, de Beauvais et de Bourgogne, et chacun criait : « vive le roy, vive Monseigneur le Dauphin38 ». Les marchands du Pont-Neuf illuminèrent et décorèrent magnifiquement leurs magasins ; une des boutiques servit même de salle de bal39. Il y eut partout des grands bûchers, des fontaines de vin et des distributions de pains et de confitures. La ville offrait un spectacle féérique. Les écoles de droit donnèrent un concert de Lully et les comédiens français40 et italiens des représentations gratuites dans la rue. Les artistes logés au Louvre41 se chargèrent d’un éclairage spectaculaire, figurant le palais du Soleil. Le tout fut conçu par le dessinateur des menus plaisirs Jean Bérain et le sculpteur Girardon. Selon le Mercure, on n’avait rien vu de semblable, même à Rome : 28 toiles peintes représentant la peinture, la sculpture, l’orfèvrerie, l’architecture, les mathématiques, la géographie, etc., comme autant d’immenses bas-reliefs, proclamaient que jamais les arts n’avaient été aussi florissants que sous le règne du roi Soleil, dont le buste surmontait la porte principale. Sur la corniche, des trophées d’armes rappelaient ses victoires.
Figure 1 : Décoration montée dans la manufacture des Gobelins à l'occasion de la naissance du Duc de Bourgogne, 6 août 1682.
Leclerc, Sébastien (dit l'Ancien), Décoration, Architecture provisoire érigée dans la cour de la manufacture des Gobelins pour la naissance du duc Louis de Bourgogne : structure ornée de statues et surmontée d’un obélisque, avec l’Immortalité à son sommet.
Musée Carnavalet, Histoire de Paris, numéro d’inventaire : G.5197, licence CCØ.
- 42 p. 122-140.
- 43 H. Jouin (Charles le Brun et les arts sous Louis XIV, Paris, 1889, p. 630, n° 4, et p. 314) mention (...)
- 44 Gravure de Sébastien Le Clerc (M. Préaud, Inventaire du fonds français, Paris, 1980, n° 815).
16Outre qu’elles décrivent l’animation des rues, rarement évoquée par les livrets, les relations du Mercure sont de véritables apologies de la famille royale, et permettent la lecture iconographique des monuments. Bien qu’il ait eu recours à la gravure pour illustrer son propos, il ne fallut pas moins de dix-huit pages42 au rédacteur pour décrire la décoration de l’hôtel des Gobelins imaginée par Le Brun43, alors directeur de la Manufacture : deux pyramides de feu44, une fontaine de vin et surtout l’ornement de la porte qui servit de base au feu d’artifice (ill. 1). Sur 15 m de haut et 12 et demi de large était représentée la façade du Temple de l’immortalité :
- 45 Les tableaux de Le Brun, peints pour le roi, se trouvent aujourd’hui au Louvre.
« ce Temple (…) avoit trois portes (…). Au dessus de celle du milieu, plus élevée que les autres, estaient les Armes de France, dans un Globe soutenu de Dauphins, accompagné de Trophées, avec des Esclaves. Au dessous estait le Buste de Monsieur le Dauphin, et plus bas les Armes de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Les deux portes des costez estaient occupées, l’une par la Statue d’Hercule, l’autre par celle de Minerve, les Piédestaux de marbre, et les Statues d’or. Ces deux divinités estoietit mises là comme pour défendre l’entrée du Temple, & ne la laisser libre qu’à ceux qui par leurs vertus se seraient rendus dignes d’y avoir place (…) Entre les pilastres, en autres endroits différents, estaient des cartouches, dans lesquelles il y avait des devises faites par Mr. l’Abbé Tallemant le jeune, Intendant des devises & inscriptions des édifices Royaux. La première estait, un jeune Lyon, avec ces paroles d’Ovide (Nominibus generosus avitis) : Ce jeune lyon est fier dès sa naissance & ne se promet pas moins de force & de générosité qu’ont ceux dont il sort ; ce qui convient assez bien à Monseigneur le Duc de Bourgogne, qui suivra glorieusement les traces de ses aieux, & surtout du Roy, dont il recevra, son illustre éducation. Une fusée volante faisait le corps de la seconde devise. Pour dire que de même que cette fusée qui a en soy une matière combustible, brillera dans les airs dès qu’on y aura mis le feu. Monseigneur de Bourgogne, qui a dans les veines le sang illustre de Louis le Grand, fera briller son nom & ses vertus, quand sa Majesté y aura adjoûté ses leçons & ses exemples. La troisième était un lys, avec un autre petit lys fleury sortant de sa tige… Monsieur le Duc de Bourgogne sera aussi le vray Portrait de la candeur, c’est-à-dire des vertus de Monseigneur le Dauphin son père. Dans la quatrième Devise on voyait un Aigle montrant le soleil à son Aiglon avec des paroles tirées d’Horace qui luy servaient âme… montrant ainsi que Monseigneur le Dauphin ne peut donner au Prince son fils un héritage plus riche, que de luy donner à contempler son Aieul, dont le symbole est le Soleil, d’où il puisera toutes les vertus qui le rendront un jour digne d’estre son petit-fils.
Sur la corniche du premier Ordre, régnait, une balustrade d’or, & aux deux extrémités estoient posées deux Figures, l’une de la Justice, & l’autre de la Piété. Le milieu plus élevé, portait une haute pyramide ornée de palmes, qui renfermaient, plusieurs Actions Héroiques de Sa Majesté. Au haut de la Pyramide estait l’Immortalité tenant, en sa main un cercle d’or étoilé pour en couronner le Roy dont le Buste estait placé au. bas sur le devant du Piédestal. On avait environné ce Piédestal de Trophées, & l’on y voyait, deux Statues aux deux costez, l’une de la Gloire, & sur l’autre de la Valeur. Le reste de la Balustrade estait couvert de Trophées, avec deux grands ovales qui contenaient, deux bas-reliefs ; dans l’un desquels on avait représenté Hercule se reposant, de ses travaux, & faisant voir sous ses pieds quantité de Monstres défaits. Dans l’autre estait Minerve triomphante des Vices. Deux Divinités qui défendaient en bas l’entrée du Temple, donnaient à entendre en ce lieu que ceux qui par leur vertu avaient mérité d’y avoir place, jouissaient, ensuite d’une parfaite quiétude ; chacun était, accompagné de vers tirez de Virgile : on lisait qu’après beaucoup de travaux, enfin les Héros trouvent de la tranquillité (et que) la Vertu, après avoir esté bien exercée, trouve enfin le repos où elle aspire. Derrière cette Pyramide (…). Il y avait deux grands tableaux dans les deux autres Pans qui étaient plus en vue. Le premier de ces tableaux représentait Jason, qui enlève la Toison d’or ; & l’autre faisait voir Thésée vainqueur du Minotaure. Le grand édifice finissait par une Balustrade (…). Tous les environs étaient ornez de Tapisseries & de Tableaux, représentant d’un coté les Actions du Roy ; & de l’autre celles d’Alexandre45 ».
- 46 L’envoyé extraordinaire d’Angleterre avait mis « aux quatre principales croisées, quatre grands cha (...)
Mais là ne s’arrêtait pas l’hommage au monarque : le soir « l’artifice fit paroistre un Soleil qui s’éleva peu à peu jusque au lieu le plus éminent, & dont les rayons, étendus de toutes parts, allumèrent le Feu d’artifice », tout cela au bruit des « boëtes », au son des trompettes, et d’un concert de violons46.
Fig. 2 : Grande représentation théâtrale chez les jésuites au collège de Clermont (Paris, France) à l'occasion de l'anniversaire du roi Louis XIII.
L’une des autres décorations (ill. 2) les plus remarquées fut sans doute celle des Jésuites au collège de Clermont, dit aussi collège Louis Le Grand. La fête dura du 24 au 26 août. Elle commença par une harangue latine sur la naissance du duc de Bourgogne prononcée par le père Jouvency, en présence d’une très illustre assemblée à laquelle « M. L’Archevêque vint en cérémonie, avec sa croix portée devant luy, ce qui obligea quantité d’Evêques qui s’y trouvèrent, de se mettre en Camail & en Rochet ». La fête représentée sur la gravure du Mercure se déroula le lendemain et pendant 2 jours on put en admirer le décor : « dans la Cour, sur une estrade on avait, mis un grand portrait du Roi et tout autour seize drapeaux dans lesquels on avait peint les 128 quartiers de la descendance du Prince, et au-dessous dans des médaillons, les portraits de la Keine, de Monseigneur, de Madame la Dauphine, & des Princes et Princesses de la Maison royale. Au-dessus on voyait les portraits des 64 Rois de France et entre eux, les plus célèbres Historiens du royaume représentés en termes qui portaient la corniche ornée d’une inscription précisant que la décoration était en l’honneur du nouveau prince ». Et comme dans les entrées, au milieu de la cour, un temple avait été placé sur une montagne « représentant celui qu’Apollon avait autrefois sur le mont Claros, & que tant d’Oracles ont rendu célèbres. L’allusion du mont Claros au collège de Clermont, faisait voir le dessein qu’on avait eu, en mettant ces quatre mots sur les quatre faces de ce Temple : Horoscope royal du duc de Bourgogne ».
17L’auteur décrit longuement la décoration. Comme on le voit sur la gravure, « la cour était remplie de spectateurs, & le jour commençant à s’abaisser, les Trompettes & les Timbales firent connaître qu’on allait chanter le Te Deum, les musiciens étaient sur un théâtre dressé au milieu de la Face où est l’église. Il estoit orné de tapisseries & éclairé par plusieurs Lustres de Cristal ».
« [Enfin,] trois lanternes peintes de Soleil, de Dauphins, d’Armoiries furent mis à chaque fenêtre…, éclairant d’un seul coup les 3 étages. Des pots à feu furent placés sur les Cheminées, qu’on put voir de très loin ; puis des trompettes se répondirent du haut des deux Pavillons et on tira un grand nombre de fusées volantes. Enfin il y en eut une qui partit du rayon d’un grand soleil, où était le Portrait du Roy et cette Fusée alla mettre le feu à la Machine. »
Ces apologies dynastiques passèrent peu à peu de mode et furent abandonnées par la régence ; on se lassa des intentions politiques trop apparentes ; certes, pour retrouver l’amour et l’affection de son peuple, Louis XV ne dédaigna pas la fête, mais des fantaisies pleines de séductions en masquaient les intentions politiques, et le répertoire mythologique et allégorique n’eut plus qu’une valeur décorative : la page était donc tournée, jusqu’aux fastes de la république et de l’empire. La rapide évocation entreprise ici sur ceux du grand siècle n’est qu’une invitation à leur étude. Pour mieux comprendre l’importance sociale, politique, artistique des fêtes et des entrées, des recherches restent à entreprendre, qui prendront en compte gravures, livrets, relations de journaux et mémoires, pièces d’archives et traités, d’autant que bien des sources encore inexploitées sont souvent d’une richesse exceptionnelle.
Notes
1 J. Boyer, « L’Entrée de Louis XIII à Arles en 1622 », B.S.H.A.F, 1990, p. 43-52.
2 F. Rochat et J. Taurisson, Entrées royales et fêtes populaires à Lyon au xve-xviiie siècles, exp. Bibliothèque de la ville de Lyon, 12 juin -12 juil. 1970.
3 Id. et S. Chartely, « L’Entrée de Louis XIII à Lyon, en 1622 », Revue d’Histoire de Lyon, 1902, p. 413-4.
4 A. Janik, « L’Entrée et le séjour de Louis XIII à Toulouse en novembre 1621 », Annales du Midi, t. 108, n° 216, oct.-déc. 1996, p. 421-440 [En ligne] DOI : https://doi.org/10.3406/anami.1996.2538.
5 J. Provence, Les entrées de Henri IV à Troyes (1595 et 1629), Fêtes et politique en Champagne à travers les siècles, Nancy, 1992, p. 81-92.
6 Voir aussi, Sacres et couronnements royaux, Colloque de l’université de Reims, oct. 1975 et Fêtes et politique en Champagne à travers les siècles, Nancy, 1992.
7 Vanuxem, p. 22 : « Des entrées royales sous Louis XIII et Louis XIV », Médecine de France, 1959, p. 17-32.
8 Cité par R. Bacou, Collections de Louis XIV, Paris, exp. Orangerie, oct. 1977-janv. 1978, no 249.
9 Conservé à Versailles ; R. Bacou, op. cit., n° 249, ill.
10 exp. Lyon, op. cit.
11 Éloges et discours sur la triomphante réception du roi en sa ville de Paris après la réduction de La Rochelle le 23 déc. 1629, Paris, 1629 ; livret illustré par Firens et Tavernier.
12 K. Möseneder, Zeremoniell and monumentale Poesie. Die « Entrée solennelle » Ludwigs XIV 1660 in Paris, Berlin, 1983 et Ch. Frank, « Les artistes de l’entrée de Louis XIV en 1660 », Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français, 1990, p. 53-74. Le livret (J. Tronçon, L’entrée triomphale de leurs Majestés Louis XIV, roi de France et de Navarre, et Marie-Thérèse d’Autriche, son épouse dans la ville de Paris… Paris, 1662) a été illustré par les graveurs Coehin, Flamen, Marot et Jean Le Pautre.
13 Il est l’auteur Des entrées et réceptions solennelles des princes et des grands seigneurs, Lyon, s.d.
14 À Toulouse en 1621, les inscriptions furent composées par quatre docteurs en droit et avocats du parlement. Parmi eux, Jean d’Alard, l’auteur du livret. Contrairement à l’habitude, seules les devises étaient en latin « puisque c’étoit pour la gloire d’un monarque françois & non d’un capitaine Grec ou Romain qu’on dressoit cette pompe & de fait combien a-t-il meilleure grâce, qu’en ces actions, & en ces iours de feste & de joye, le peuple sans besoin d’interprète, puisse satisfaire à sa curiosité, & remplir sa bouche et sa mémoire des louanges de ceux dont il célèbre l’honneur & le mérite, les voyant escrites en une langue qui luy est familière & naturelle, ou du moins plus cognue & plus intelligible que ces anciennes » (p. 6,7).
15 Il en fut de même à Toulouse en 1621.
16 Voir exposition de Lyon, 1970, op. cit.
17 Actuelle place des Vosges.
18 Venait d’abord le quadrille des Romains commandé par le Roi, celui des Persans par Monsieur, des Turcs par le prince de Condé, des Américains par le duc de Guise et des Indiens par le duc d’Enghien.
19 R. A. Weigert, « Les feux d’artifice ordonnés par le bureau de la ville de Paris au xviie siècle », Mémoires de Paris et de l’île de France, 1951, p. 1-43.
20 Notons cependant qu’en 1651, à Paris, dans la cavalcade pour la majorité du roi, on représenta un combat des géants contre Jupiter (voir E. Magne, Les plaisirs et les fêtes en France au xviie siècle, Paris, Martin-Dupuis, 1930).
21 On s’adressa au peintre Jean Chalette et au sculpteur Artus Legoust.
22 À Toulouse, le roi donna aux maréchaux des logis et fourriers de son armée les décorations et architectures éphémères ; pour les racheter la ville dépensa 15 000 livres (A. Janik, p. 437).
23 Ce fut aussi le cas pour l’entrée toulousaine de 1621 (id).
24 Voir M.C. Moine, Les fêtes de la cour du Roi-Soleil, Paris, 1984.
25 Paru en 1662 sous l’égide du prévôt J. Tronçon (op. cit), le livret de la fête de 1660 contenait également les harangues en l’honneur du roi.
26 J. Tronçon (op. cit.).
27 La publication toulousaine, qui n’est pas illustrée, semble être due à une initiative privée.
28 L’ouvrage parut en 1670 : Charles Perrault, Courses de testes et de bagues faites par le roy et les princes, en l’année 1662, Paris, Imprimerie royale, 1670, in-fol. V. (voir J. Valery-Radot, « Le Carrousel de 1663 », Byblis, hiver 1926, p. 147-154).
29 J. Lothe, L’œuvre gravé de François et Nicolas de Poilly d’Abbeville, graveurs parisiens du xviie siècle. Catalogue général avec les reproductions de 482 estampes, préface de Marc Fumaroli. Paris, Paris-Musées, 1994. in-fol., XXV-390 p. M. Préaud, Les effets du Soleil, almanachs du règne de Louis XIV, exp. Louvre, 1995, n° 2.
30 Un autre almanach édité chez Nicolas de Poilly (L’Aix-en-Othe, 156) montre Séguier rendant hommage au Roi, scène qui n’est pas illustrée dans le livre de Tronçon (op. cit).
31 Pour affirmer la puissance royale, Colbert et Louis XIV recoururent plus volontiers à l’architecture de pierre qu’à celle de carton : à la suite des victoires, on fit dresser à Paris les arcs de triomphe des portes Saint-Denis, Martin, Antoine et Bernard, et dans une ville conquise comme Lille, la porte de Paris.
32 L’escalier de la Trinité des Monts fut caché sous un grand rocher surmonté d’une couronne royale, entourée, de la France désignant un dauphin…
33 La fête dura 3 jours, toutes les activités furent suspendues ; il y eut des chars de triomphes et des feux d’artifice…
34 Pour le feu d’artifice tiré sur la Seine, on lit que « cette agréable décoration est de l’invention du Sr. Clement Peintre ordinaire de la Ville, il l’a exécutée avec toute l’adresse qu’on en pouvait attendre de lui et le sieur Caresme Artificier de ladite ville, s’y doit faire admirer selon sa coustume, par quantité de beaux feux d’artifice » (Explication du Feu d’artifice dressé devant l’hôtel de ville par les ordres de Messieurs les Prévost des Marchands et Echevins, pour la naissance du Prince que nous vient de donner Madame la Dauphine), Paris, 1682.
35 Les almanachs complètent le tableau des réjouissances (La Naissance de monseigneur le Dauphin, Le Jeu de L’Oye devant Monseigneur le Dauphin, ou du Le Feu de joye, voir V Champier, Les Anciens Almanachs illustrés, Paris, 1886).
36 Ainsi, la princesse de Wurtemberg mit des bougies le long de la galerie et de la balustrade de son hôtel « un des plus beaux de Paris », et fit un feu d’artifice devant sa porte, qui fut « tiré au bruit des trompêtes et timbales » (p. 133). L’hôtel du duc de S. Simon était « illuminé jusqu’au haut des cheminées, où les mots de vive le Roy estoient écrits en lettres de feu » (p. 106).
37 p. 129.
38 p. 146.
39 p. 114.
40 p. 109. Ils jouèrent « le Gentilhomme bourgois [sic] à cause que d’Entrées, de Baies et de Chansons » : la représentation commença et se termina « par un concert de chœurs, par Vive le Roy ».
41 Gravure par Marot fils d’après Berain, parue dans le Mercure de septembre, regard de la p. 108 (Weigert, Jean I Berain, Paris, 1936, p. 191, n° 252). Pour le détail de cette fête, voir le Mercure d’août, p. 277-302 et sept. 1° partie, p. 109-113. La décoration est également détaillée dans un livret attribué à Ménestrier : L’illumination de la galerie du Louvre pour les réjouissances de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, Paris, 1682, 11 p.
42 p. 122-140.
43 H. Jouin (Charles le Brun et les arts sous Louis XIV, Paris, 1889, p. 630, n° 4, et p. 314) mentionne ce feu sans le décrire ; cet aspect de l’activité de Le Brun, sur laquelle le Mercure revient si souvent a peu intéressé les historiens.
44 Gravure de Sébastien Le Clerc (M. Préaud, Inventaire du fonds français, Paris, 1980, n° 815).
45 Les tableaux de Le Brun, peints pour le roi, se trouvent aujourd’hui au Louvre.
46 L’envoyé extraordinaire d’Angleterre avait mis « aux quatre principales croisées, quatre grands chassis de peinture transparente, qui faisaient une très belle illumination au dehors (…). Au premier Appartement (…) un Hercule assis sur des trophées d’armes représentant la France dont les armes estoient au dessus. Dans l’autre (…) il y avoit un Neptune assis sur une conque Marine, avec son Trident à la main, représentant l’Angleterre, & les Armes de sa Majesté Britanique. Au second appartement, on voyait (…) les Armes de Monseigneur le Dauphin, & de Madame la Dauphine dans un mesme écusson, au bas duquel il y avoit deux grands Dauphins. Dans le 4° (…) chassis, on voyait, les Armes des trois royaumes d’Angleterre, d’Écosse, & d’Irlande, avec la Devise du Roy d’Angleterre : Dieu est mon droit (…) Ces illuminations faisaient un très bel effet. Aussi peut-on dire que les plus habiles Peintres de Paris en ces sortes d’Ouvrages, y avoient mis la main. Tout cela fut fait en un jour ».
Haut de pageTable des illustrations
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|---|---|
| Titre | Figure 1 : Décoration montée dans la manufacture des Gobelins à l'occasion de la naissance du Duc de Bourgogne, 6 août 1682. |
| Légende | Leclerc, Sébastien (dit l'Ancien), Décoration, Architecture provisoire érigée dans la cour de la manufacture des Gobelins pour la naissance du duc Louis de Bourgogne : structure ornée de statues et surmontée d’un obélisque, avec l’Immortalité à son sommet. |
| Crédits | Musée Carnavalet, Histoire de Paris, numéro d’inventaire : G.5197, licence CCØ. |
| URL | http://journals.openedition.org/siecles/docannexe/image/12665/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 667k |
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| Titre | Fig. 2 : Grande représentation théâtrale chez les jésuites au collège de Clermont (Paris, France) à l'occasion de l'anniversaire du roi Louis XIII. |
| URL | http://journals.openedition.org/siecles/docannexe/image/12665/img-2.jpg |
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Pour citer cet article
Référence papier
Véronique Meyer, « Sur les cérémonies urbaines et les fêtes en France au xviie siècle », Siècles, 7 | 1998, 19-32.
Référence électronique
Véronique Meyer, « Sur les cérémonies urbaines et les fêtes en France au xviie siècle », Siècles [En ligne], 7 | 1998, mis en ligne le 25 mars 2025, consulté le 08 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/siecles/12665 ; DOI : https://doi.org/10.4000/144yy
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