Texte intégral
1« Si la lecture n’est pas accompagnée d’une profonde étude de la grammaire, on ne doit pas espérer faire de grandes découvertes », écrivait Marcus Terentius Varro (116-21 avant J.-C.), l’un des plus grands érudits de l’histoire, dans son célèbre ouvrage De Lingua Latina (VI, 2). Depuis, la réflexion portée sur la langue et sa place a dépassé les frontières des différentes disciplines scientifiques, même si ce sont surtout les linguistes qui s’y intéressent le plus. Or, « la grande découverte » semble toujours rester au-delà de la temporalité et des siècles qui passent - cette étoile guide penseurs et chercheurs.
2Le tournant du XXe siècle, moment décisif, privilégia comme jamais l’aspect communicatif de la langue, ce qui se confirma tout au long des décennies suivantes ; ainsi les rêves de Ludwik Lejzer Zamenhof (1859-1917), le créateur de l’espéranto, et les écrits de Ludwig Josef Johann Wittgenstein (1889-1951) sur la philosophie du langage se côtoient librement chez leurs nombreux disciples et imitateurs.
3Nous-mêmes ne sommes pas loin de Wittgenstein qui a tant écrit sur les limites de la langue et de la connaissance, quand cette exclusivité érudite devient une nécessité quotidienne de nous poser des questions telles que :
4Quels sont les mots et les phrases qui nous parlent, qui nous éveillent, qui nous transforment ? Quelle est l’importance de la formulation linguistique de nos pensées par rapport aux émotions ? Quelle est la place de la langue, l’outil de communication le plus courant, vis-à-vis des autres moyens d’expression, surtout par rapport au son et à l’image ? Autrement dit, quelle est l’importance de la langue, de notre langue et du langage que nous utilisons et en quoi elle se traduit ? Ces questions resteront toujours ouvertes même si la complexité de la problématique linguistique peut s’éclaircir à la lumière des nouvelles études.
5Ainsi, dans le sixième numéro de « Slavica Bruxellensia », vous pourrez avoir un avant-goût des débats infinis sur le domaine consacré aux présences et usages des langues. De Mikhail Bakhtin présenté par Laura Steimberg-Calabrese à Bella Ulanovskaja dans une traduction inédite de Françoise Lhoest, des réflexions sur l’altérité slave par Cécile Gautier à la psycholinguistique slave par Daniel S. Larangé jusqu’aux états physiques par Irina Kokoškina : le choix des articles est vaste et varié. En guise de « dessert » : l’interview menée par Katia Vandenborre et Eric Metz, fascinante rencontre avec le plus grand maître de la langue russe, Aleksandr Puškin, raconté par sa famille en Belgique. En petit format, comme à chaque fois, vous trouverez l’ensemble des critiques consacrées aux nouveautés libris.
6Bonne lecture et bonnes vacances à toutes et à tous !
Pour citer cet article
Référence papier
Dorota Walczak, « Édito #6 », Slavica bruxellensia, 6 | -0001, 5.
Référence électronique
Dorota Walczak, « Édito #6 », Slavica bruxellensia [En ligne], 6 | 2010, mis en ligne le 15 juin 2010, consulté le 13 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/slavica/369 ; DOI : https://doi.org/10.4000/slavica.369
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