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I. Dossier : Mémoires transnationales des révolutions au XIXe siècle (1820-1871)

Présentation

Nicolas Bourguinat et Alexandre Dupont
p. 7-13

Texte intégral

1Dans ses mémoires, l’anarchiste russe Pierre Kropotkine, issue d’une riche famille princière, évoque son travail de propagande auprès des ouvriers tisserands de Saint-Pétersbourg en ces termes :

  • 1 Pierre Kropotkine, Mémoires d’un révolutionnaire, Paris, Scala, 1989, p. 336.

Je leur racontais ce que j’avais vu du mouvement ouvrier à l’étranger, de la puissance de l’Internationale, de la Commune de 1871. Ils m’écoutaient avec la plus grande attention, ne perdant pas un mot de ce que je disais ; et alors venait la question : « Que pouvons-nous faire en Russie ? » — « Faire de l’agitation, nous organiser, leur répondions-nous ; il n’y a qu’une voie pour y arriver » ; et nous leur lisions une histoire populaire de la Révolution française, une adaptation de l’admirable « Histoire d’un Paysan » d’Erckmann-Chatrian1.

2Rôle des pérégrinations militantes et des exils dans la circulation des mémoires des révolutions ; poids des expériences révolutionnaires passées sur les recompositions idéologiques et stratégiques des mouvements politiques dans l’Europe du xixe siècle ; place de ces mémoires par-delà les frontières dans la politisation populaire ; importance des connexions et de l’inscription des mobilisations dans une histoire longue et transnationale de celles-ci : tels sont quelques-uns des traits saillants du témoignage de Kropotkine, qui rappelle dans les chapitres précédents sa fréquentation en Suisse d’exilés de la Commune, ses échanges avec eux dans les années de division de l’Association Internationale des Travailleurs entre marxistes et anti-autoritaires, sa participation à des actes de commémoration de la révolution parisienne de 1871, mais aussi les leçons qu’il en tire pour les révolutions à venir, et en particulier pour celle qu’il espère provoquer dans son pays natal.

  • 2 Valérie Sottocasa, Mémoires affrontées. Protestants et catholiques face à la Révolution dans les mo (...)
  • 3 Anne de Mathan (dir.), Mémoires de la Révolution française. Enjeux épistémologiques, jalons histori (...)
  • 4 Sylvie Aprile et Hervé Leuwers (dir.), Révolutions et relectures du passé : xviiie-xxe siècle, Vill (...)
  • 5 Pour reprendre l’expression forgée par Henry Rousso à propos de la mémoire de Vichy en France.
  • 6 Bianca Botea et Vintilă Mihăilescu, « Introduction. Mémoires performatives : faire des passés et de (...)
  • 7 Dès 1989, le numéro 5 de la Revue d’histoire du xixe siècle proposait un dossier intitulé : « 1989. (...)

3Que la mémoire des révolutions passées ait pesé d’un poids important dans la façon dont les actrices et les acteurs – ou les témoins – ont appréhendé les bouleversements politiques du long xixe siècle n’est guère une découverte : bien des travaux historiques ont analysé ce phénomène, de même que les études ne manquent pas sur la façon dont les révolutions ont engendré des mémoires multiples et souvent antagonistes ou à tout le moins divergentes2. Plus largement, dans le sillage de l’expérience matricielle de la Révolution française3, l’historiographie a souligné combien les événements politiques intenses comme les révolutions ou les guerres civiles avaient eu des répercussions importantes sur le temps long : moments de suspension du cours habituel des choses, ils bouleversent le régime d’historicité des sociétés, passé, présent et futur se percutant et se confrontant dans un temps paroxystique4 ; « passés qui ne passent pas5 », ils engendrent à long terme des mémoires qui peuvent être tantôt traumatiques, tantôt performatives6 et qui se situent toujours en tension entre l’individuel et le collectif7.

  • 8 Éric Fournier, « La Commune n’est pas morte » : Les usages politiques du passé de 1871 à nos jours, (...)
  • 9 Voir respectivement Maurizio Isabella, Southern Europe in the age of revolutions, Princeton, Prince (...)

4L’idée que ces phénomènes mémoriels aient pu dépasser les frontières n’est pas non plus entièrement nouvelle. Pour ne reprendre que l’exemple de la Commune de Paris, dans son ouvrage de référence sur la mémoire de l’événement paru en 2013, Éric Fournier pointait déjà le rôle de l’exil des communards puis, plus tard, celui de la Révolution russe de 1917 dans la transnationalisation de la révolution parisienne de 18718. Pour autant, le champ de l’histoire des mémoires semble avoir été moins traversé par le tournant transnational qui a concerné l’histoire politique du xixe siècle depuis une quinzaine d’années. Alors que les révolutions européennes et atlantiques de la fin du xviiie au début du xxe siècle sont désormais lues à partir du concept de cycles révolutionnaires et alors que les connexions, les circulations et les interactions entre ces bouleversements politiques sont au cœur du questionnaire historien sur 1820-1821, 1830-1831, 1848-1849 ou encore 1870-18719, la réalité est plus nuancée s’agissant des mémoires de ces révolutions.

  • 10 Quentin Deluermoz, Emmanuel Fureix et Clément Thibaud (dir.), Les mondes de 1848. Au-delà du printe (...)
  • 11 Charlotte Tacke (dir.), 1848. Memory and Oblivion in Europe, Bruxelles, Peter Lang, 2000. Voir cepe (...)
  • 12 Axel Körner (dir.), 1848. A European Revolution ? International Ideas and National Memories of 1848(...)
  • 13 Jean-Claude Caron, « “Printemps des peuples” : pour une autre lecture des révolutions de 1848 », Re (...)

5Le cas du Printemps des peuples en fournit un bon exemple : alors que le dernier quart de siècle a été marqué par un décloisonnement majeur de l’analyse de ce cycle révolutionnaire, comme en témoignent les publications des dernières années10, on ne dispose pas d’un ouvrage qui serait venu renouveler le collectif coordonné en 2000 par Charlotte Tacke, et intitulé 1848. Memory and oblivion in Europe11. Consacré aux mémoires de l’événement, ce livre en proposait une approche strictement nationale, tout comme le volume paru la même année sous la direction d’Axel Körner, 1848 – a European revolution ?12. Dans ce dernier, le directeur de la publication s’interrogeait en introduction sur cette nationalisation de la mémoire de 1848, en comparaison des dimensions transnationales de l’événement lui-même, et y voyait un processus de recentrement sur le national, voire le régional et le local, de mémoires qui devaient gérer une révolution qui avait échoué. Il y a une dizaine d’années encore, Jean-Claude Caron, dans son article consacré à l’expression « Printemps des peuples » constatait que l’expansion des usages de ce chrononyme au cours des dernières décennies n’avait pas conduit à l’adoption d’un regard plus transnational sur les mémoires de 184813.

  • 14 Quentin Deluermoz, Le crépuscule des révolutions, 1848-1871. Histoire de la France contemporaine, v (...)

6C’est à traquer ces mémoires transnationales des révolutions du xixe siècle que s’attachent les contributions du présent dossier. Et il faut commencer par dire un mot de la chronologie : alors que l’appel à contributions envisageait la période 1815-1871, qui englobe les quatre cycles révolutionnaires classiquement identifiés par l’historiographie du xixe siècle, l’ensemble des articles est centré sur ce que Quentin Deluermoz a désigné comme le « crépuscule des révolutions14 », soit la période allant du Printemps des peuples aux lendemains de la Commune de Paris. Comment expliquer ce resserrement chronologique, et l’absence des révolutions des années 1820 et 1830 et de leurs mémoires ? Faut-il y voir une moindre mémorialisation de ces épisodes qui se déroulent encore largement à l’ombre imposante de la Révolution française ? La conscience du caractère transnational des révolutions, pourtant bien attestée dès 1830, n’aurait-elle atteint une masse critique qu’au milieu du siècle ? Sans doute y a-t-il là un facteur d’explication partielle.

  • 15 Jürgen Osterhammel, La transformation du monde. Une histoire globale du xixe siècle, Paris, Fayard, (...)

7Une autre raison est à chercher dans les conditions de possibilité d’une circulation transnationale des mémoires : pour que cette circulation s’opère, elle doit être permise par la circulation de supports matériels ou humains qui la portent, et l’on retrouve ici une chronologie bien connue des historiens du xixe siècle, où le mitan du siècle marque un moment d’accélération dans la révolution des transports et des communications et donc dans la circulation des hommes, des biens et des nouvelles15. Ce changement porte avec lui un autre rapport au temps et à l’espace qu’illustre bien le prêtre radical autrichien Anton Füster, contraint de partir pour l’Amérique après la répression du Printemps des peuples dans l’espace germanique en 1849. Évoquant la fameuse chanson Des Deutschen Vaterland, très populaire en 1848 et qui appelait à l’unité de tous les territoires de langue allemande, Füster ironisait en rappelant son sort et proposait un foyer inattendu à la patrie allemande de la chanson :

  • 16 Anton Füster, Memoiren vom märz 1848 bis juli 1849: beitrag zur geschichte der Wiener Revolution, F (...)

Il y a encore un an, nous chantions solennellement [cette chanson], mais aujourd’hui elle sonne différemment. « Qu’est-ce que la patrie allemande ? » Est-ce l’Autriche ? Non j’ai dû la fuir. Est-ce la Prusse ? Non, on m’y a arrêté. Est-ce la Saxe ? Non, on m’en a expulsé. Est-ce Hanovre ou la Bavière ? Non, elles ont toutes deux publié des avis de recherche à mon nom. Est-ce la ville libre d’Hambourg ? Non, elle m’a jeté dehors comme l’aurait fait un prince capricieux. Où se trouve donc ma patrie allemande ? En Angleterre et en Amérique ! C’est là que les Allemands qui refusent de voir la liberté et l’honneur étouffés par les baïonnettes russes, prussiennes et autrichiennes, peuvent trouver un asile sûr et tranquille16 !

  • 17 Konstantina Zanou et Maurizio Isabella (dir.), Mediterranean Diasporas. Politics and Ideas in the L (...)
  • 18 Sylvie Aprile, Le siècle des exilés. Bannis et proscrits de 1789 à la Commune, Paris, CNRS Éditions (...)
  • 19 Maurizio Isabella, Risorgimento in Exile : Italian Émigrés and the Liberal International in the Pos (...)
  • 20 Catherine Brice, « Les monuments de papier. Exil, archives et politique après le Quarantotto », dan (...)

8La formation de communautés d’exilés occupe à l’évidence une place tout à fait majeure dans la transnationalisation des mémoires des révolutions du xixe siècle, et c’est de ce point de vue que l’objet a été d’ores et déjà abordé par l’historiographie17. On trouve ainsi des analyses portant sur le rôle du souvenir de la Révolution dans le maintien de l’engagement dans l’exil, en particulier s’agissant des exilés républicains de 185118 ou des proscrits italiens du Risorgimento19, pour n’en citer que deux exemples. De la même façon, les articles du présent dossier, ainsi que la source commentée et analysée font une large place aux exilés dans les vecteurs de diffusion, de circulation et d’hybridation des mémoires révolutionnaires du xixe siècle. Un des apports des études ici rassemblées est de mettre en avant les diffractions des mémoires des révolutions en exil. Ces diffractions tiennent à la fois à l’usage des révolutions passées comme d’un matériau à partir duquel on établit un bilan critique qui doit ensuite favoriser une action future plus efficace et débarrassée des erreurs du passé20, mais aussi à l’intervention de multiples groupes d’acteurs pour lesquels la mémoire n’a pas les mêmes fonctions ni les mêmes usages.

  • 21 Sylvie Aprile et Delphine Diaz (dir.), Les Réprouvés. Sur les routes de l’exil dans l’Europe du xix(...)
  • 22 Michel Cordillot, Utopistes et exilés du Nouveau Monde. Des Français aux États-Unis de 1848 à la Co (...)

9De ce point de vue, peut-être que l’étude des mémoires transnationales des révolutions s’avère plus aisée pour la deuxième moitié du xixe siècle parce qu’elle concerne des groupes beaucoup plus conséquents de personnes. Non seulement l’exil connaît à partir des années 1830 un net phénomène de massification21, mais les circulations globales croissantes des individus favorisent l’émergence de diasporas au sein desquelles s’intègrent les exilés et dans lesquelles la mémoire des révolutions passées peut aussi faire office de terreau pour la construction d’une identité collective diasporique22.

  • 23 Dont on peut également lire l’article sur les capitales européennes de l’asile dans l’Encyclopédie (...)

10Paris, jusqu’au coup d’État bonapartiste, peut apparaître comme un asile pour tous les peuples, pour reprendre le titre de Delphine Diaz23, mais les articles du présent dossier qui évoquent le New York des quarante-huitards (Michele Magri), le Londres d’Alexandre Herzen (Nicolas Bourguinat) pendant les décennies 1850 et 1860, ainsi les villes de Bruxelles, Lausanne ou Genève où s’établissent nombre d’exilées de la Commune de 1871 (Lola Romieux) font bien apercevoir le potentiel de ces lieux en termes d’entrecroisements et d’échanges. Même si, il ne faut pas l’oublier, certains cloisonnements existent aussi : entre Russes et Polonais, par exemple, bien que les uns et les autres se voient comme des adversaires de l’autocratie poursuivant un même but. À travers discours, hommages et célébrations, les communautés d’exilés et les réseaux d’affiliations militantes consolident et renouvellent le sentiment d’appartenance à un même monde. Le rayonnement des modèles politiques y participe aussi, tant il est inévitable de se confronter avec les précédents historiques majeurs de la révolution émancipatrice – les républicains fédéralistes espagnols du Sexenio en sont un exemple (Hernán Rodriguez Vargas).

  • 24 Nicolas Delalande, La lutte et l’entraide. L’âge des solidarités ouvrières, Paris, Seuil, 2019.
  • 25 Florencia Peyrou, « The Role of Spain and the Spanish in the Creation of Europe’s Transnational Dem (...)

11On sait enfin combien cette mobilité accrue conduit les internationalismes politiques à s’ouvrir sociologiquement et numériquement, le meilleur exemple étant celui de l’internationalisme socialiste et ouvrier qui prend son essor à partir des années 186024. Mais le phénomène est le même s’agissant de l’internationalisme démocratique et républicain, au cœur de plusieurs articles de ce dossier, et que vient illustrer le document édité dans la section centrale de ce numéro de Source(s) : le compte rendu, publié à Londres, du banquet fraternel célébrant le treizième anniversaire des révolutions de 1848 tenu à Genève en 186125. On peut d’ailleurs pointer l’absence des opposants aux révolutions dans ce panorama, alors que les circulations de contre-mémoires des révolutions se font aussi par-delà les frontières. Sans doute y a-t-il là matière à des recherches ultérieures.

  • 26 Michael Palmer, Des petits journaux aux grandes agences : naissance du journalisme moderne, 1863-19 (...)
  • 27 Pierre-Marie Delpu, Arthur Hérisson et Vincent Robert (dir.), Médias, politique et révolution en 18 (...)

12Un autre facteur décisif dans l’accélération des circulations mémorielles autour des révolutions réside dans l’essor des moyens de communication et dans la massification de l’imprimé et de sa diffusion à l’échelle européenne voire atlantique. La presse est bien sûr au cœur de ce processus, et les nouvelles traversent d’autant plus facilement les frontières que la deuxième moitié du siècle voit l’apparition d’agences de presse qui ont vocation à apporter au public des nouvelles du vaste monde à une échelle inédite26. Mais ce sont tous les supports qui sont concernés, du livre à la brochure, avec des phénomènes de construction mémorielle sur le moment et à l’échelle continentale, comme l’a montré un ouvrage récent consacré à la bataille de Mentana et à la tentative de conquête de Rome par les garibaldiens en 186727.

  • 28 Laëtitia Blanchard-Rubio, « La mise en image de la Première guerre carliste : le rôle de la presse (...)
  • 29 Eveline G. Bouwers, Public Pantheons in Revolutionary Europe : Comparing Cultures of Remembrance, c (...)

13La question de la circulation des images mérite ici une mention à part, dans la mesure où l’expansion de la gravure et de la photographie offre au public un rapport nouveau avec les événements lointains, un rapport où la médiation par le texte laisse place à l’apparente immédiateté de l’image. Le phénomène n’est pas complètement nouveau28, et les travaux qui se sont multipliés ces dernières années sur la question des martyrs politiques et des panthéons révolutionnaires dès la fin du xviiie siècle rappellent que la mémorialisation transnationale des révolutions plonge ses racines dans des processus de long terme et s’inscrivent dans le prolongement de pratiques héritées de l’époque moderne et révolutionnaire29.

14L’ambition de ce dossier, écrivions-nous dans l’appel à contributions, était de décloisonner l’appréhension du phénomène mémoriel autour des révolutions du xixe siècle, souvent envisagé dans une perspective nationale, et de montrer que ces constructions mémorielles sont tout autant marquées par les circulations, les transferts et les échanges que les épisodes révolutionnaires qui sont leur objet. Le lecteur jugera si cet objectif est atteint.

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Notes

1 Pierre Kropotkine, Mémoires d’un révolutionnaire, Paris, Scala, 1989, p. 336.

2 Valérie Sottocasa, Mémoires affrontées. Protestants et catholiques face à la Révolution dans les montagnes du Languedoc, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2004 ; Jean-Clément Martin, La Vendée de la Mémoire 1800-2018, Paris, Perrin, 2019 [1989].

3 Anne de Mathan (dir.), Mémoires de la Révolution française. Enjeux épistémologiques, jalons historiographiques et exemples inédits, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2019. Que l’on peut comparer à une approche plus classique de la question : Le xixe siècle et la Révolution française, Paris, Créaphis, 1992.

4 Sylvie Aprile et Hervé Leuwers (dir.), Révolutions et relectures du passé : xviiie-xxe siècle, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2023.

5 Pour reprendre l’expression forgée par Henry Rousso à propos de la mémoire de Vichy en France.

6 Bianca Botea et Vintilă Mihăilescu, « Introduction. Mémoires performatives : faire des passés et des présents », Balkanologie, vol. 15, n° 1, 2020, <https://doi.org/10.4000/balkanologie.2470> (consulté le 9 mai 2025).

7 Dès 1989, le numéro 5 de la Revue d’histoire du xixe siècle proposait un dossier intitulé : « 1989. Histoires de centenaires ou le devenir des révolutions. Contributions à l’histoire des centenaires des révolutions de 1830, 1848 1870 et 1871 en France et en Europe ». Voir, plus récemment, Anne Rolland-Boulestreau et Bernard Michon (dir.), Des guerres civiles du xvie siècle à nos jours : usages et enjeux des mémoires, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2022.

8 Éric Fournier, « La Commune n’est pas morte » : Les usages politiques du passé de 1871 à nos jours, Montreuil, Libertalia, 2013.

9 Voir respectivement Maurizio Isabella, Southern Europe in the age of revolutions, Princeton, Princeton University Press, 2023 ; Sylvie Aprile, Jean-Claude Caron et Emmanuel Fureix (dir.), La liberté guidant les peuples : les révolutions de 1830 en Europe, Seyssel, Champ Vallon, 2013 ; Christopher Clark, 1848, le printemps des peuples : se battre pour un monde nouveau, Paris, Flammarion, 2024 ; Quentin Deluermoz, Commune(s) 1870-1871. Une traversée des mondes au xixe siècle, Paris, Le Seuil, 2020.

10 Quentin Deluermoz, Emmanuel Fureix et Clément Thibaud (dir.), Les mondes de 1848. Au-delà du printemps des peuples, Ceyzérieu, Champ Vallon, 2023.

11 Charlotte Tacke (dir.), 1848. Memory and Oblivion in Europe, Bruxelles, Peter Lang, 2000. Voir cependant le livre peu connu mais suggestif de Leonardo La Puma, Democrazia e socialismo tra diaspora e esilio. Il dibattito politico in Europa dopo il 1848, Manduria, Piero Lacaita, 1998.

12 Axel Körner (dir.), 1848. A European Revolution ? International Ideas and National Memories of 1848, Basingstoke, Macmillan Press, 2000.

13 Jean-Claude Caron, « “Printemps des peuples” : pour une autre lecture des révolutions de 1848 », Revue d’histoire du xixe siècle, 52, 2016, p. 31-45.

14 Quentin Deluermoz, Le crépuscule des révolutions, 1848-1871. Histoire de la France contemporaine, vol. 3, Paris, Le Seuil, 2012.

15 Jürgen Osterhammel, La transformation du monde. Une histoire globale du xixe siècle, Paris, Fayard, 2017.

16 Anton Füster, Memoiren vom märz 1848 bis juli 1849: beitrag zur geschichte der Wiener Revolution, Frankfurt am Main, Literarische Anst., 1850, vol. 2, p. 302 ; cité et traduit dans C. Clark, 1848, le Printemps des peuples, op. cit., p. 660-661.

17 Konstantina Zanou et Maurizio Isabella (dir.), Mediterranean Diasporas. Politics and Ideas in the Long 19th Century, Londres, Bloomsbury, 2016.

18 Sylvie Aprile, Le siècle des exilés. Bannis et proscrits de 1789 à la Commune, Paris, CNRS Éditions, 2010.

19 Maurizio Isabella, Risorgimento in Exile : Italian Émigrés and the Liberal International in the Post-Napoleonic era, Oxford, New York, Oxford University Press, 2009.

20 Catherine Brice, « Les monuments de papier. Exil, archives et politique après le Quarantotto », dans Arianna Arisi Rota et Bruno Ziglioli (dir.), La Repubblica per passione. Studi dedicati a Marina Tesoro, Pise, Pacini, 2020, p. 66-79

21 Sylvie Aprile et Delphine Diaz (dir.), Les Réprouvés. Sur les routes de l’exil dans l’Europe du xixe siècle, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2021, chap. 2.

22 Michel Cordillot, Utopistes et exilés du Nouveau Monde. Des Français aux États-Unis de 1848 à la Commune, Paris, Vendémiaire, 2013.

23 Dont on peut également lire l’article sur les capitales européennes de l’asile dans l’Encyclopédie Numérique d’Histoire de l’Europe : Delphine Diaz, « Les capitales européennes de l’asile au xixe siècle », Encyclopédie d’histoire numérique de l’Europe, <https://ehne.fr/fr/node/14086> (consulté le 21 mai 2025).

24 Nicolas Delalande, La lutte et l’entraide. L’âge des solidarités ouvrières, Paris, Seuil, 2019.

25 Florencia Peyrou, « The Role of Spain and the Spanish in the Creation of Europe’s Transnational Democratic Political Culture, 1840-70 », Social History, n° 40/4, 2015, p. 497-517.

26 Michael Palmer, Des petits journaux aux grandes agences : naissance du journalisme moderne, 1863-1914, Paris, Aubier, 1983.

27 Pierre-Marie Delpu, Arthur Hérisson et Vincent Robert (dir.), Médias, politique et révolution en 1867. Les échos européens de la bataille de Mentana, Paris, Classiques Garnier, 2021.

28 Laëtitia Blanchard-Rubio, « La mise en image de la Première guerre carliste : le rôle de la presse et des revues illustrées », El Argonauta español, n° 12, 2015, <http://argonauta.revues.org/2261>

29 Eveline G. Bouwers, Public Pantheons in Revolutionary Europe : Comparing Cultures of Remembrance, c. 1790-1840, New York, Palgrave Macmillan, 2012 ; Pierre-Marie Delpu, L’Affaire Poerio. La fabrique d’un martyr révolutionnaire européen (1850-1860), Paris, CNRS Éditions, 2021 ; Idem., Les nouveaux martyrs, xviiie-xxe siècles, Paris, Passés Composés, 2024.

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Pour citer cet article

Référence papier

Nicolas Bourguinat et Alexandre Dupont, « Présentation », Source(s), 23 | 2025, 7-13.

Référence électronique

Nicolas Bourguinat et Alexandre Dupont, « Présentation », Source(s) [En ligne], 23 | 2025, mis en ligne le 01 octobre 2025, consulté le 16 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/sourcesarche/1034 ; DOI : https://doi.org/10.4000/14vc3

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Nicolas Bourguinat

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