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Dossier thématique

Ceci n’est pas un gadget : Pif Gadget et la merveille sous cellophane

This is not a gadget: Pif Gadget and the cellophane wonder
Bertrand Tillier

Résumés

Proposés aux lecteurs de Pif Gadget sous un cellophane transparent, annoncés en couverture et soutenus par des contenus éditoriaux, les gadgets ont fortement contribué au succès éditorial du magazine de 1969 à 1993, sous la forme d’une invitation ludique, scientifique et expérimentale. Lancé par le biais de techniques de marketing qui ne disaient pas leur nom dans un magazine communiste (1969-1973), le gadget contribua à hausser les ventes du périodique et à fonder une communauté imaginée de jeunes lecteurs, qui apprirent à cultiver, assembler ou manipuler le « gadget surprise » qui devint, moins qu’un accessoire, une sorte de rubrique en trois dimensions du journal. Les questions de lecture et culture populaires en furent déplacées vers celles de l’apprentissage par le jouet ou le jeu, pour constituer une culture matérielle et visuelle à destination des masses qui s’en emparèrent durablement, au point de patrimonialiser désormais ces petits objets.

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Texte intégral

  • 1 Bertrand Tillier, « Pif, du chien anthropomorphe à l’homo faber », communication au colloque intern (...)
  • 2 Claude Lévi-Strauss, La Pensée sauvage [1962], Paris, Presses Pocket, coll. « Agora », 1990, p. 30 (...)

1Une bonne part de l’anthropomorphisme de Pif tient à l’un des principaux traits dont ses créateurs, Arnal et Mas, l’ont doté : son sens de l’inventivité et de l’ingéniosité permanentes1. On questionnera, dans cet article, l’extension de ces qualités d’homo faber prêtées à Pif, à travers leur mise en abyme et en pratique ultérieures à destination des lecteurs du magazine Pif Gadget (pour la période 1969-1993). En effet, l’économie du bricolage, telle que Claude Lévi-Strauss l’a définie dans des pages devenues désormais classiques de La pensée sauvage2 – un moyen, par la réduction et la simplification, de se confronter à la complexité du monde qui n’est plus un obstacle, mais se trouve à portée de main –, préside souvent aux destinées de Pif dans ses gags et jusque dans leur chute comique. Elle a trouvé dans Pif Gadget un vaste domaine d’application. Celui-ci comprend, dans chaque livraison du magazine, un « Journal des jeux » de 16 pages (solutions comprises) où s’enchaînent des jeux d’observation, de langage, de code et d’énigme, des points à relier, des jeux à découper, plier ou coller… – et surtout un gadget, annoncé dès la couverture et présenté en pages intérieures (avec explications et schéma de montage). Si les premiers gadgets sont encartés dans les numéros, avec un effet de surprise sur lequel spécule un artifice tapageur d’annonce en couverture – « et son GADGET surprise » inclus en lettres noires sur fond jaune, dans une sorte d’éclat lumineux –, ils seront ensuite explicitement vantés en couverture par certains personnages de BD du magazine et finiront, à partir du n° 31, par être ostensiblement montrés sous leur blister de cellophane thermosensible et transparent, pour devenir visibles en kiosque.

  • 3 Richard Medioni, Pif Gadget, La véritable histoire, des origines à 1973, Paris, Vaillant collector, (...)
  • 4 Christophe Quillien, Pif Gadget, 50 ans d’humour, d’aventures et de BD, Paris, Hors Collection, 201 (...)
  • 5 Maël Rannou, Le communisme par la bande : transmission de l’idéologie communiste dans les bandes de (...)
  • 6 Béatrice d’Erceville, « Histoire d’un zigotron à coulisse », Le Monde, 2 mars 1981.
  • 7 Jean-Marie Charon, La presse des jeunes, Paris, La Découverte, coll. « Repères », 2002.
  • 8 Ibid.
  • 9 Pierre Georges et Alain Fourment, « “Pif” le journal gadget », Le Monde, 23 décembre 1975.
  • 10 Sur les tirages, voir les chiffres fournis par Médiaspouvoirs, n° 25, janvier 1992.

2Comme l’ont rappelé les principaux historiens du magazine – Richard Medioni3, Christophe Quillien4 ou Maël Rannou5 –, le succès de la relance du périodique tient au moins à deux raisons : d’une part, l’abandon du feuilleton de bandes dessinées au profit de la publication de récits complets ; d’autre part, l’inclusion du gadget dans chaque livraison, sous la forme d’une invitation didactique ou ludique, scientifique ou expérimentale. En outre, on peut préciser que, par une sorte de déplacement éditorial, la culture feuilletonnante s’est trouvée appliquée au gadget qu’on annonce d’une semaine sur l’autre, comme un événement à venir et à suivre : le gadget est donc moins un accessoire qu’une sorte de rubrique en trois dimensions attachée au journal, avec lequel elle forme « un tout indissociable6 ». Il y a là une pratique qui n’est pas nouvelle : depuis la fin du xixe siècle, la presse distribue sporadiquement des « primes » aux lecteurs et surtout aux abonnés. Mais Pif Gadget adopte une systématicité inédite à contre-courant de la presse pour la jeunesse7. Pour la période dite « rouge » du magazine (1969-1973), cette technique commerciale du « plus produit8 » a de quoi surprendre. En effet, les gadgets s’apparentent assez nettement à l’industrie anglo-saxonne, depuis la lessive Bonux (Procter & Gamble, 1958) jusqu’à la chaîne McDonald’s (1963). Des observateurs chagrins se demanderont d’ailleurs si, avec Pif Gadget, il n’est pas « venu le temps de la “presse-lessive”, avec ses emballages-cadeaux et des gadgets pour “faire passer la sauce”9 ». Annoncés avec éclat en couverture et soutenus par des contenus éditoriaux, les gadgets ont donc fait l’objet de lancements tonitruants par le biais de techniques de marketing qui ne disaient pas tout à fait leur nom dans un périodique communiste, en contribuant ainsi à hausser les ventes de manière exponentielle qui, en moyenne, passèrent des 100 000 exemplaires de Vaillant, le journal de Pif aux 300 000 à 500 000 exemplaires de Pif Gadget10. Quelques livraisons dépassèrent le million d’exemplaires, grâce au succès phénoménal d’un gadget : les lunettes sidérales (n° 1), le baromètre magique (n° 4), l’herbe magique Mimosa Pudica (n° 6) ou les Artemia salina (opportunément renommées « pifises », n° 60), les pois sauteurs du Mexique (n° 103)… Mais cette poignée de surprises demeurées mémorables cache une énorme production de plus d’un millier de gadgets. Leur histoire mérite d’être écrite, tant elle est restée attachée à la réputation du périodique et aux effets de nostalgie patrimonialisante que suscite le titre, comme l’indiquent les arguments de vente lors de ses relances successives en 2004-2008, 2015-2017 et 2020.

1. Politique du gadget

  • 11 P. Georges et A. Fourment, « “Pif” le journal gadget », op. cit.
  • 12 Ibid.
  • 13 R. Medioni, Pif Gadget, op. cit., p. 41.
  • 14 B. d’Erceville, « Histoire d’un zigotron », op. cit.
  • 15 Ibid.
  • 16 P. Georges et A. Fourment, « “Pif” le journal gadget », op. cit.

3En 1975, deux journalistes du Monde qui se penchent sur le succès de Pif Gadget soulignent qu’il repose beaucoup sur le gadget cristallisant « un mélange sulfureux de l’artisanat et du marketing de la BD et de l’agressivité commerciale, [d’]une alliance des créateurs et des marchands11 ». En effet, c’est une véritable « politique du gadget12 » que mettent en place les éditeurs en 1969, mais qui trouve son origine dans les petits articles (buvards illustrés, porte-clés…)13 et dans les bricolages parascientifiques ou les bidules bidimensionnels proposés ponctuellement par Vaillant dès les décennies 1950 et 1960. En offrant chaque semaine un gadget à ses lecteurs, l’équipe de Pif Gadget doit en anticiper la mise au point et en programmer la fabrication. Or « les moyens mis en œuvre sont gigantesques au regard d’une production hebdomadaire de quelques grammes14 » : le plant de sapin (n° 347) a exigé de cultiver quatre millions de pieds d’épicéa aux Pays-Bas et en Allemagne ; l’horloge intégralement conçue en plastique (n° 367) a nécessité trois ans de travail ; cinq millions de pois sauteurs ont été acquis au Mexique et importés en cargo, « soit la presque totalité de la récolte annuelle de la seule région productrice, le Yucatan15 ». Dès 1975, « la petite histoire, la légende déjà de Pif Gadget veut que durant deux années, avant le lancement, un collaborateur du groupe, M. André Limansky, aujourd’hui responsable du département recherches, ait parcouru le monde avec son cabas à gadgets, grapillant çà et là ses trésors […]16 ».

  • 17 B. d’Erceville, « Histoire d’un zigotron », op. cit.
  • 18 Philippe Baumet, « J’ai fabriqué les derniers gadgets de Pif ! », Schnock, La revue des Vieux de 27 (...)
  • 19 Dans Sud-Ouest, 19 octobre 1978, p. 21.
  • 20 B. d’Erceville, « Histoire d’un zigotron », op. cit.
  • 21 Dans Sud-Ouest, 19 octobre 1978, p. 21.
  • 22 Philippe Belhache, « Van Tam, Pif et les gadgets », Sud-Ouest, édition du Lot-et-Garonne, 4 mars 20 (...)
  • 23 Christelle Creton, « Les artistes du collège [de Sainte-Livrade] », Sud-Ouest, édition du Lot-et-Ga (...)
  • 24 Daniel Bozec, « L’usine à gags de monsieur Nicolaou », Sud-Ouest, édition de Charente Maritime, 9 a (...)
  • 25 Florence Lambert, « Le matelas chauffant, trouvaille d’Antoine Vela », Ouest-France, édition de la (...)
  • 26 B. d’Erceville, « Histoire d’un zigotron », op. cit.

4Si les premiers gadgets ont été inventés « sur un coin de table, en jonglant avec les délais17 », les éditions Vaillant se sont, semble-t-il, assez rapidement dotées d’un service dédié à la recherche et la conception, en employant jusqu’à une douzaine de personnes18 et en travaillant avec des entreprises sous-traitantes – en particulier pour le « moulage des plastiques par injection19 ». « [En 1981], le département “Conception gadget” des éditions Vaillant traite un budget de 10 millions de francs, emploie quatre personnes à temps plein, sans compter une cinquantaine de collaborateurs extérieurs : sculpteurs, créateurs de formes, dessinateurs, scientifiques, documentalistes20… ». Au sein de l’équipe, « trois personnes qui possèdent un fichier de 900 adresses21 » recherchent des idées de gadgets, pendant que d’autres évaluent les prototypes spontanément envoyés par des inventeurs en tous genres : ingénieur des Arts et Métiers et « inventeur par vocation22 », Nguyen Van Tam sera l’objet d’une curiosité médiatique au début des années 2000, pour avoir « déposé plus de 150 brevets et créé les premiers gadgets de Pif Gadget23 ». Jacques Nicolaou, le dessinateur de Placid et Muzo, a mis à profit sa formation initiale d’ajusteur dans l’aviation pour inventer quelques gadgets comme « un bateau en polystyrène motorisé par un cachet effervescent24 ». L’entrepreneur Antoine Vela, inventeur des « produits chauffants du quotidien » de la marque Chromex, compte aussi la mise au point de gadgets pour le magazine25. « Cinq mille dossiers ont dû être étudiés pour ne donner naissance qu’à un peu plus de six cents gadgets », notait en 1981 la journaliste Béatrice d’Erceville26.

  • 27 Dans Le Monde, 19 octobre 1970.
  • 28 B. d’Erceville, « Histoire d’un zigotron », op. cit.
  • 29 Eric Fottorino, « Pif ? Glop-glop ! », Le Monde, 24 janvier 2004.
  • 30 P. Georges et A. Fourment, « “Pif” le journal gadget », op. cit.
  • 31 B. d’Erceville, « Histoire d’un zigotron », op. cit.
  • 32 Pierre Calmeilles, « Socoplan, de la PME au groupe mondial », La Nouvelle République du Centre-Oues (...)

5Les contraintes sont multiples. Les gadgets sélectionnés doivent être conformes à la sécurité des enfants, alors que la réglementation en la matière est encore balbutiante, et d’autant plus qu’en 1970, de jeunes lecteurs ont été intoxiqués après l’ingestion d’un sachet d’encre sympathique en poudre qui constituait le gadget du n° 8627. La rédaction de Pif Gadget prend aussi des précautions de son propre chef. Ainsi, elle sollicite l’avis de l’Institut agronomique pour vérifier que les larves contenues dans les pois sauteurs du Mexique ne constitueront pas une menace de rupture d’équilibre pour la faune française28. Les impératifs techniques et économiques sont également forts : non monté, le gadget ne doit ni excéder 15 grammes et 3 millimètres d’épaisseur, ni nécessiter d’achat supplémentaire à l’enfant pour être fonctionnel. Son coût de production doit être compris entre 30 et 40 centimes, à quoi il faut encore ajouter le prix de l’ensachage de « la merveille sous cellophane29 » – un tiers du prix de revient du périodique est donc dédié à la fabrication et au conditionnement du gadget30 pour lequel on a songé, un temps, à solliciter des religieuses, des prisonniers ou des handicapés31, avant de recourir à une société spécialisée, la Socoplan32. Dans ce jeu de contraintes, tous les gadgets ne peuvent pas bénéficier de la même inventivité. Il faut donc jouer sur des variations parfois infimes du même principe. Ainsi, l’objet volant a-t-il été successivement adapté en papillon, delta-plane, cerf-volant, fusée, planeur, boomerang, hélice… Pour les mêmes raisons, de nombreux gadgets déclinent des figures et des jeux de société miniaturisés, des poudres solubles, des farces et attrapes, des accessoires de prestidigitation (le portefeuille mystérieux), et toutes sortes de gadgets comiques (le kazoo qui modifie la voix), absurdes (la sarbacane à tirer dans les coins, la machine à faire des œufs carrés) ou énigmatiques (la plante Mimosa Pudica, qui se rétracte au toucher).

6La « politique du gadget » de Pif Gadget est donc progressivement passée d’une dimension artisanale à une organisation industrielle, par-delà les distinctions habituelles introduites entre les périodes dites « rouge » (1969-1973) et « blanche » (1974-1993) du magazine. C’est par ce mouvement vers la spécialisation et une forme de professionnalisme que le périodique a pu satisfaire à ses ambitions éditoriales en consacrant le « gadget surprise » comme un rendez-vous hebdomadaire avec ses lecteurs. Du même coup, cette stratégie a contribué à déplacer les questions de la lecture et de la culture populaires vers celles de l’éducation, de l’apprentissage et de la vulgarisation, à travers le jeu, le jouet et l’expérimentation.

2. Les ambitions du gadget 

  • 33 P. Georges et A. Fourment, « “Pif” le journal gadget », op. cit.
  • 34 Dans Sud-Ouest, 19 octobre 1978, p. 21.
  • 35 Muriel Frat et Anthony Palou, « Pif, le cabot de la classe ouvrière », Le Figaro, 31 janvier 2015.
  • 36 P. Georges et A. Fourment, « “Pif” le journal gadget », op. cit.
  • 37 Pierre Berloquin, « Des enfants en prise directe avec la réalité scientifique », Le Monde, 17 octob (...)
  • 38 B. d’Erceville, « Histoire d’un zigotron », op. cit.
  • 39 Dans Sud-Ouest, 19 octobre 1978, p. 21.
  • 40 P. Berloquin, « Des enfants », op. cit.

7« Pif, c’est la récréation, pas l’école », soulignaient Pierre Georges et Alain Fourment dans Le Monde en 197533. La formule tend à clarifier une ambiguïté consubstantielle au magazine visant un lectorat âgé de 7 à 13 ans qui, pendant plus de vingt ans, voudra « distraire en instruisant34 », initier à la découverte et aux apprentissages de manière ludique, en séduisant les enfants et leurs parents (et sans doute aussi le monde enseignant). On peut considérer que cette ambivalence, qui marque le refus d’un choix, sera in fine fatale au gadget parfois trop ludique et tapageur, soumis aux impératifs commerciaux, comme si « le marketing avait remplacé insidieusement le “fond” du premier magazine de la jeunesse35 », en cédant aux facilités d’« une indolente non-créativité36 », pour glisser progressivement vers le simple divertissement. Pour autant, au moins durant la décennie 1970, la vocation du gadget est d’être un « anti-gadget37 », tant il réfute la futilité ou l’inutilité, puisqu’il est conçu dans le but d’amuser et d’initier. Il est donc pensé et promu à la fois comme un jouet et un vecteur pédagogique, par les domaines auxquels il introduit les lecteurs et par son accompagnement rédactionnel. « […] on fait assimiler des connaissances aux enfants, surtout sans le leur dire ! », indiquait significativement Béatrice d’Erceville en 198138. Les gadgets insérés dans chaque livraison hebdomadaire sont censés permettre aux jeunes lecteurs de « dépasser la contemplation pour gagner la découverte active, concrète, vivante39 ». L’idée est de lutter contre leur passivité en les invitant à l’action : « Qu’ils soient en pièces détachées à assembler ou achevés, ses gadgets n’existent qu’en tant que support ou prétexte d’une activité40 » – on aspire également à ce que l’enfant, sans l’aide d’un adulte, puisse cultiver sa curiosité, son ingéniosité et son habileté, en finalisant seul le montage du gadget pensé comme un objet complexe associant vulgarisation, travail manuel, sens de l’analyse et réflexion.

  • 41 B. d’Erceville, « Histoire d’un zigotron », op. cit.
  • 42 M. Rannou, Le communisme par la bande, op. cit., p. 55-56.
  • 43 Jean-Bruno Renard, Bandes dessinées et croyances du siècle, Paris, PUF, 1986, p. 109 et suivantes.
  • 44 « La magie du gadget », Sud-Ouest, 27 juin 2004.
  • 45 A. Planchon, « Pif Gadget : un demi-siècle d’aventures magiques », La Nouvelle République du Centre (...)

8On a parfois reproché à Pif Gadget d’abuser des gadgets agressifs – alors même que les BD publiées dans le magazine s’attachaient à défendre des valeurs d’humanisme et de paix – tels que les pistolets, catapultes, frondes et tire-rafales… Mais le thème le plus récurrent des gadgets concerne le domaine scientifique. Pour ce faire, la rédaction du journal sollicite régulièrement des appuis ou des collaborations avec des institutions comme le Palais de la découverte (Paris) qui « fournit une mine de sujets41 », ou avec des personnalités telles que le grand Jean Rostand qui s’exprime sur les pois sauteurs ou Jean Orcel, professeur au Muséum d’histoire naturelle, ou encore Albert Ducrocq, chroniqueur scientifique du Figaro et d’Europe 1, passionné par la conquête de l’espace et la robotique, dont il est un ardent vulgarisateur, qui a patronné l’« Opération Scientipif » pendant huit semaines en 197242. Les gadgets concernent donc la physique (l’hygromètre à cheveu), la chimie (l’encre invisible), la dynamique (l’aéroglisseur sur coussin d’air), l’électricité (le montage de plaques de cuivre et de zinc réagissant au vinaigre pour faire une pile), l’optique (lunette astronomique, microscope, tube anamorphique), le son (le cosmophone), la nature (le sapin, le pois sauteurs, les Artemia salina, la Mimosa pudica), l’archéologie (la préhistoire), l’énergie (le four solaire présenté par le dessinateur Reiser)… Cette culture scientifique renvoie souvent au « merveilleux scientifique » hérité du xixe siècle et qu’a analysé Jean-Bruno Renard43, mais Pif Gadget n’entretient pas ses lecteurs dans une forme de crédulité face à ses manifestations. Au contraire, le journal s’applique à toujours fournir une explication qui « éclaircit et rationalise les aspects mystérieux d’un phénomène44 » – y compris pour les tours de prestidigitation, qui sont invariablement donnés à comprendre et à reproduire. En mars 1973, le périodique publie six livraisons successives dotées de gadgets magiques45 : l’opération est placée sous le patronage de l’illusionniste Jean Delaude.

9Si certains gadgets ne nécessitent pas d’accompagnement particulier parce que leur consommation n’exige pas d’aptitude spécifique (les cartes de vœux, les timbres…), il faut les éditorialiser, soit en les associant – ce ne fut que rarement le cas – aux BD publiées par le magazine (comme le bracelet de Loup-Noir [n° 64] ou le collier avec les griffes de Rahan [n° 381]), soit en les accompagnant de jeux-concours, comme « Scientipif », avec la promesse de voyages à gagner pour se rendre à Cap-Kennedy.

3. Agréger des « communautés imaginées »

  • 46 M. Rannou, Le communisme par la bande, op. cit., p. 53.

10Pour une génération de lecteurs, les gadgets ont donc constitué une culture matérielle et visuelle, déployée entre la surprise et sa part d’énigme, le jeu divertissant et l’objet d’apprentissage ou d’expérimentation. C’est dans cette intrication que Pif Gadget, ne négligeant pas une sorte de surenchère, publie cinq ou six fois par an des numéros spéciaux offrant un « super-gadget » (le projecteur de diapos [n° 63], le gramophone [n° 100], l’appareil-photo [n° 166]…). La rédaction du magazine a bien compris que le gadget crée l’événement et qu’il est donc un « outil rédactionnel46 », qui donnera même lieu à Gadgetus – un petit journal exclusivement dédié au gadget, inséré à l’intérieur du journal.

11Si l’annonce et la découverte des gadgets sont des rendez-vous pris avec les lecteurs pour lesquels ils font l’événement, c’est parce qu’ils sont dotés d’une puissance d’évocation, d’éveil et d’imagination, qui est par ailleurs placée au cœur de la ligne éditoriale du magazine. On attribue souvent au gadget un nom évocateur associé à des récits légendaires censés féconder l’imaginaire des lecteurs. Dans un bref texte hyperbolique aux accents utopistes, Albert Ducrocq a théorisé « l’événement gadget » de Pif :

  • 47 Albert Ducrocq, « L’événement gadget », dans : Jean Adhémar et al., L’Aventure et l’image, Paris, G (...)

[…] il plaît, il instruit agréablement, il intéresse parce qu’il parle, parce que son simple examen, son utilisation font comprendre d’emblée les lois physiques, le principe d’appareils ; il révèle le génie des hommes mieux que des textes ; il met en contact avec la réalité, soulevant des passions, suscitant des vocations. Le succès du gadget tient au fait qu’il s’agit, sous des dehors frivoles, d’un événement important. Nous vivons l’ère où l’habileté de l’homme à travailler les substances, singulièrement les matières plastiques, le met à même de traduire sa pensée par ces gadgets appelés à représenter pour la nouvelle génération un véhicule de savoir et de connaissance, marquant une nouvelle étape dans l’acheminement de l’information, après la galaxie de Gutenberg et le petit écran, et annonçant le temps où le loisir rejoindra l’enseignement47.

  • 48 J.-M. Charon, La presse des jeunes, op. cit.
  • 49 Benedict Anderson, Imagined Communities: Reflections on the Origin and Spread of Nationalism, Londr (...)
  • 50 Gilles Plas, « Pif Gadget », Le collectionneur de bandes dessinées, n° 62, été 1989, p. 34.

12Albert Ducrocq érige donc le gadget en objet civilisationnel, ni plus ni moins. Au fond, on pourrait trouver son approche un brin emphatique et excessive. Mais, comme en atteste le courrier des lecteurs de Pif Gadget – « De vous à nous… de nous à vous » –, où le gadget est souvent évoqué (celui qu’on vient de publier ou qu’on aimerait se voir offrir), il faut reconnaître qu’il concourt à produire des effets de communauté chez des jeunes lecteurs scolarisés en masse, qui accèdent alors à une culture médiatique propre et auxquels l’argent de poche donne une sorte de pouvoir d’achat48. Le gadget fonde des phénomènes d’engouement dans les cours de récréation et crée des « communautés imaginées » – pour reprendre ici le concept de Benedict Anderson49 – d’initiés à Pif Gadget et aux gadgets eux-mêmes constituant un univers fictionnel, que tissent des contrées éloignées dans l’espace ou le temps, un rapport visible-invisible à l’infiniment grand ou l’infiniment petit… Les timbres (ceux des pays de l’Est : Pologne, Roumanie, Bulgarie, Mongolie…), qui furent proposés à plusieurs reprises comme gadgets – alors qu’ils le sont si peu – sont comme les blasons de ces « communautés imaginées ». Avec la caution de l’expert-catalographe en philatélie H. Thiaude, ces vignettes sont moins ici des objets de spéculation ou des vecteurs d’apprentissage de la spéculation capitaliste, que des vecteurs d’appartenances communautaires. L’important est que ces timbres regroupent ceux qui les détiennent, car « nul ne pourra se [les] procurer […] en dehors de Pif et la série sera offerte aux grands philatélistes tels que la reine d’Angleterre et [l’acteur] Yul Brunner50 ».

  • 51 Pierre Bruno, « Pif Gadget : qu’est-ce qu’un périodique progressiste pour la jeunesse ? », Le Franç (...)
  • 52 Dans Sud-Ouest, 19 octobre 1978, p. 21.
  • 53 Serge Airoldi, « Dévoré par la passion », Sud-Ouest, éditions du Gers, 5 juillet 2003.
  • 54 Julien Dufurier, « Jardin à croquer », Sud-Ouest, éditions du Gers, 11 août 2008.
  • 55 « Ce week-end, les plantes carnivores se dévoilent au jardin botanique [de Tourcoing] », La Voix du (...)
  • 56 Gérard Le Puill, « Une mer bientôt vidée de ses poissons », L’Humanité, 17 juin 2010.
  • 57 « J’achetais Pif Gadget et j’adorais quand il y avait des tours de magie » (Hervé Chassain, « Le cu (...)
  • 58 « C’est avec un gadget distribué par le magazine Pif Gadget que Serge Jullian-Deshayes a plongé dan (...)
  • 59 « J’ai découvert la magie dans Pif Gadget » (dans : « Le prof de philosophie est aussi magicien », (...)
  • 60 B.F., « Freddy : “On n’est pas les Einstein du coin !” », La Voix du Nord, 4 août 2009.

13L’opération « Pif est à vous » (démarquée du programme télévisé La Une est à vous) qui permet aux lecteurs d’influer sur les contenus, en en devenant les rédacteurs en chef51, l’adhépif à imprimer sur ses vêtements par transfert à chaud (1972) ou l’autocollant représentant la main de Pif destiné à être collé à l’arrière de la voiture familiale (1978) sont autant d’opérations qui, si elles finiront par virer au franc marketing, avaient néanmoins pour vocation initiale de concrétiser une communauté de « pifomanes52 » dans l’espace social. On en retrouve la trace dans le régime vocationnel, le collectionnisme et la patrimonialisation attachés à ces gadgets qui, dans leur temporalité de pratiques différées, renseignent aussi, au-delà des effets de nostalgie, sur les enjeux d’édition, de consommation et de culture de masse dont l’onde de choc se poursuivit malgré l’éclipse du journal. En effet, à partir du début de la décennie 2000, soit moins de dix ans après la mise en sommeil du magazine (1993), la presse contribue à forger la réputation vocationnelle des gadgets de Pif Gadget, en créant une sorte de communauté de papier des anciens lecteurs gadgetophiles devenus entre-temps des adultes : le botaniste Jean-Jacques Labat, spécialiste des plantes carnivores, s’est initié à sa passion dans le magazine quand il a proposé comme gadget « une dionée avec des mâchoires53 », qui l’a conduit à des études d’horticulture. « La plante est morte rapidement, mais la passion est restée », explique-t-il54. Cette dionée est aussi à l’origine de l’intérêt de l’horticulteur Philippe Dabrowski55. Le journaliste écologiste Taras Grescoe, qui milite pour « une pêche durable et respectueuse des océans », déclare avoir été initié à ces questions à travers les Artemia salina de Pif Gadget56. Nombreux sont aussi les magiciens, professionnels ou amateurs, qui situent l’origine de leur pratique dans les gadgets de prestidigitation de Pif : Denis Géraud57, Serge Jullian-Deshayes58 ou François Tournerie59. Quant à Freddy Poiret, il a découvert l’astronomie par le biais d’une « lunette dans Pif Gadget60 » qui lui a permis de se sentir autorisé, sans études supérieures, à pratiquer cette science en amateur.

  • 61 Michel Daubert, « MIAM croque Napoléon », Télérama, 23 août 2003.
  • 62 Marine Planche, « Le patrimoine : une nouvelle jeunesse ? », dans : Françoise Legendre (dir.), Bibl (...)
  • 63 A. Planchon, « Pif Gadget : un demi-siècle d’aventures magiques », op. cit.

14Dans le même temps, les gadgets de Pif deviennent des objets collectionnables – ils s’exposent et se vendent dans les salons de collectionneurs et dans les milieux bédéphiles – et patrimonialisables. En 2003, le MIAM (Musée international des arts modestes) de Sète, fondé par le peintre Hervé Di Rosa et le collectionneur Bernard Belluc, expose des gadgets de grande consommation, de Bonux à Pif-Gadget61. Les bibliothèques spécialisées commencent à s’interroger sur leurs modalités de conservation62. À l’occasion du cinquantenaire de Pif, la Maison de la magie de Blois organise une exposition « Pif Gadget, 50 ans de magie63 » qui, en 2019, a valeur de consécration par la légitimation symbolique et culturelle qu’elle confère au gadget.

  • 64 En 2020, près de 300 sapins auront été localisés (d’après Julie Rimbert, « Il salue le retour de Pi (...)
  • 65 Lysiane Beaumel, « Sur la trace des sapins de Pif Gadget », Aujourd’hui en France, 23 septembre 201 (...)
  • 66 « Le sapin Pif fait le marronnier de Noël », Libération, 23 décembre 2011.
  • 67 Violaine Domon, « Avez-vous un sapin “Pif Gadget” dans votre jardin ? », La République des Pyrénées(...)
  • 68 Ibid.
  • 69 Bruno Frappat, « D’où viennent nos arbres », La Croix, 29 novembre 2014.
  • 70 V. Domon, « Avez-vous un sapin », op. cit.

15Mais c’est surtout par le biais des plants d’épicéa offerts par Pif Gadget (n° 347, 1975) qu’à partir de 2011 s’exprime un fort effet communautaire. Joël Fauré, un Toulousain qui, enfant, avait planté en pleine terre une pousse de sapin, se lance dans le recensement des 360 000 arbres potentiellement issus du magazine, avec l’objectif d’en localiser 40 % et de les publier en ligne64. « Je lance l’appel de la forêt », dit-il avec malice et non sans nostalgie65. Du 26 octobre 2011 au 8 janvier 2012, son appel insolite suscitera plusieurs dizaines d’articles dans la presse nationale (Libération, Aujourd’hui en France, AFP) et dans la PQR de nombreuses régions de France (La Nouvelle République du Centre-Ouest, Le Parisien, Midi Libre, L’Est républicain, Le Télégramme, Le Progrès de Lyon…), au point qu’avec son sens pointu du titre Libération ironisera gentiment sur la pratique journalistique de ses confrères : « Le sapin Pif fait le marronnier de Noël66 ». Par cette initiative, Joël Fauré à qui « ses correspondants […] racontent des morceaux de vie67 » prend en charge un héritage mémoriel – celui de la communauté et de la génération des « planteurs de sapins Pif Gadget68 » qui ont été conservés, menacés, transplantés, choyés, foudroyés… Photographiés, ils sont chacun devenus l’objet d’une histoire, singularisant une vie et des souvenirs. Dans La Croix, Bruno Frappat n’omet pas de mentionner (ce qui sera un autre marronnier régulièrement mentionné y compris dans des reportages de la télévision) que « le plus étonnant se trouve à Paris, dans un jardin des Archives nationales », où un fils du directeur général de l’institution, Jean Favier, a « planté sa petite brindille69 ». Joël Fauré déclare : « C’est un peu notre madeleine de Proust à nous, […] ça nous ramène à notre enfance […]. Je me souviens du jour où, dans mon cartable, entre le livre de français et le livre de maths, se trouvaient la revue et le mini-sapin sous cellophane70 ».

  • 71 Jean-Paul Morel, « De Vaillant à Pif ou le militantisme réduit à un gadget », dans : Antoine Spire (...)
  • 72 J.-M. Charon, La presse des jeunes, op. cit.

16Le gadget, ce « plus produit » aux sirènes commerciales desquelles on reprochera à un éditeur communiste d’avoir succombé – qu’on se réfère aux lignes à charge de Jean-Paul Morel pourfendant « le gadget annexe d’un cadeau Bonux pour pigeons de la société de consommation71 » –, a indubitablement été moins un vecteur idéologique qu’un « stimulant à la vente72 » dans un contexte de forte concurrence de la presse et d’encombrement des kiosques où il faut se singulariser. Pour autant, Pif Gadget et son gadget ont joué un rôle manifeste en matière d’éveil culturel et d’éducation scientifique de la jeunesse des classes populaires et moyennes. La nostalgie des lecteurs désormais au moins cinquantenaires est l’indice de l’efficacité de cet objet éditorial que fut le gadget, moins mineur qu’on ne pourrait le croire au premier abord.

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Notes

1 Bertrand Tillier, « Pif, du chien anthropomorphe à l’homo faber », communication au colloque international Pif le chien, Dijon, Maison des sciences de l’homme / Centre Georges Chevrier, 8-9 octobre 2019.

2 Claude Lévi-Strauss, La Pensée sauvage [1962], Paris, Presses Pocket, coll. « Agora », 1990, p. 30 et suivantes.

3 Richard Medioni, Pif Gadget, La véritable histoire, des origines à 1973, Paris, Vaillant collector, 2003.

4 Christophe Quillien, Pif Gadget, 50 ans d’humour, d’aventures et de BD, Paris, Hors Collection, 2018.

5 Maël Rannou, Le communisme par la bande : transmission de l’idéologie communiste dans les bandes dessinées de Vaillant à Pif Gadget (1942-1969), mémoire de Master 1 de Lettres Modernes sous la direction de Sylvie Servoise, Laval, Université du Maine, 2014.

6 Béatrice d’Erceville, « Histoire d’un zigotron à coulisse », Le Monde, 2 mars 1981.

7 Jean-Marie Charon, La presse des jeunes, Paris, La Découverte, coll. « Repères », 2002.

8 Ibid.

9 Pierre Georges et Alain Fourment, « “Pif” le journal gadget », Le Monde, 23 décembre 1975.

10 Sur les tirages, voir les chiffres fournis par Médiaspouvoirs, n° 25, janvier 1992.

11 P. Georges et A. Fourment, « “Pif” le journal gadget », op. cit.

12 Ibid.

13 R. Medioni, Pif Gadget, op. cit., p. 41.

14 B. d’Erceville, « Histoire d’un zigotron », op. cit.

15 Ibid.

16 P. Georges et A. Fourment, « “Pif” le journal gadget », op. cit.

17 B. d’Erceville, « Histoire d’un zigotron », op. cit.

18 Philippe Baumet, « J’ai fabriqué les derniers gadgets de Pif ! », Schnock, La revue des Vieux de 27 à 87 ans, n° 1, 2011.

19 Dans Sud-Ouest, 19 octobre 1978, p. 21.

20 B. d’Erceville, « Histoire d’un zigotron », op. cit.

21 Dans Sud-Ouest, 19 octobre 1978, p. 21.

22 Philippe Belhache, « Van Tam, Pif et les gadgets », Sud-Ouest, édition du Lot-et-Garonne, 4 mars 2000.

23 Christelle Creton, « Les artistes du collège [de Sainte-Livrade] », Sud-Ouest, édition du Lot-et-Garonne, 21 juin 2001. Nguyen Van Tam aurait créé les sept premiers gadgets de Pif (d’après Xavier Sota, « Je ne fais que m’amuser », Sud-Ouest, édition du Lot-et-Garonne, 23 avril 2003).

24 Daniel Bozec, « L’usine à gags de monsieur Nicolaou », Sud-Ouest, édition de Charente Maritime, 9 août 2002.

25 Florence Lambert, « Le matelas chauffant, trouvaille d’Antoine Vela », Ouest-France, édition de la Sarthe, 5 avril 2019.

26 B. d’Erceville, « Histoire d’un zigotron », op. cit.

27 Dans Le Monde, 19 octobre 1970.

28 B. d’Erceville, « Histoire d’un zigotron », op. cit.

29 Eric Fottorino, « Pif ? Glop-glop ! », Le Monde, 24 janvier 2004.

30 P. Georges et A. Fourment, « “Pif” le journal gadget », op. cit.

31 B. d’Erceville, « Histoire d’un zigotron », op. cit.

32 Pierre Calmeilles, « Socoplan, de la PME au groupe mondial », La Nouvelle République du Centre-Ouest, édition des Deux-Sèvres, 18 septembre 2010.

33 P. Georges et A. Fourment, « “Pif” le journal gadget », op. cit.

34 Dans Sud-Ouest, 19 octobre 1978, p. 21.

35 Muriel Frat et Anthony Palou, « Pif, le cabot de la classe ouvrière », Le Figaro, 31 janvier 2015.

36 P. Georges et A. Fourment, « “Pif” le journal gadget », op. cit.

37 Pierre Berloquin, « Des enfants en prise directe avec la réalité scientifique », Le Monde, 17 octobre 1973.

38 B. d’Erceville, « Histoire d’un zigotron », op. cit.

39 Dans Sud-Ouest, 19 octobre 1978, p. 21.

40 P. Berloquin, « Des enfants », op. cit.

41 B. d’Erceville, « Histoire d’un zigotron », op. cit.

42 M. Rannou, Le communisme par la bande, op. cit., p. 55-56.

43 Jean-Bruno Renard, Bandes dessinées et croyances du siècle, Paris, PUF, 1986, p. 109 et suivantes.

44 « La magie du gadget », Sud-Ouest, 27 juin 2004.

45 A. Planchon, « Pif Gadget : un demi-siècle d’aventures magiques », La Nouvelle République du Centre-Ouest, édition du Loir-et-Cher, 19 avril 2019.

46 M. Rannou, Le communisme par la bande, op. cit., p. 53.

47 Albert Ducrocq, « L’événement gadget », dans : Jean Adhémar et al., L’Aventure et l’image, Paris, Galimard / Éditions Vaillant, 1974, p. 94.

48 J.-M. Charon, La presse des jeunes, op. cit.

49 Benedict Anderson, Imagined Communities: Reflections on the Origin and Spread of Nationalism, Londres, Verso, 1991.

50 Gilles Plas, « Pif Gadget », Le collectionneur de bandes dessinées, n° 62, été 1989, p. 34.

51 Pierre Bruno, « Pif Gadget : qu’est-ce qu’un périodique progressiste pour la jeunesse ? », Le Français d’aujourd’hui, 2008/2, n° 161, p. 127-132.

52 Dans Sud-Ouest, 19 octobre 1978, p. 21.

53 Serge Airoldi, « Dévoré par la passion », Sud-Ouest, éditions du Gers, 5 juillet 2003.

54 Julien Dufurier, « Jardin à croquer », Sud-Ouest, éditions du Gers, 11 août 2008.

55 « Ce week-end, les plantes carnivores se dévoilent au jardin botanique [de Tourcoing] », La Voix du Nord, 13 juin 2015.

56 Gérard Le Puill, « Une mer bientôt vidée de ses poissons », L’Humanité, 17 juin 2010.

57 « J’achetais Pif Gadget et j’adorais quand il y avait des tours de magie » (Hervé Chassain, « Le cuisinier est un magicien », Sud-Ouest, édition de Dordogne, 25 décembre 2003).

58 « C’est avec un gadget distribué par le magazine Pif Gadget que Serge Jullian-Deshayes a plongé dans le monde de la magie » (Stéphane Guiochon, « La magie, un art abracadabrantesque », Le Progrès de Lyon, 2 mai 2013).

59 « J’ai découvert la magie dans Pif Gadget » (dans : « Le prof de philosophie est aussi magicien », Ouest-France, édition du Calvados, 30 novembre 2019).

60 B.F., « Freddy : “On n’est pas les Einstein du coin !” », La Voix du Nord, 4 août 2009.

61 Michel Daubert, « MIAM croque Napoléon », Télérama, 23 août 2003.

62 Marine Planche, « Le patrimoine : une nouvelle jeunesse ? », dans : Françoise Legendre (dir.), Bibliothèques, enfance, jeunesse, Paris, Éditions du Cercle de la librairie, 2015, p. 184.

63 A. Planchon, « Pif Gadget : un demi-siècle d’aventures magiques », op. cit.

64 En 2020, près de 300 sapins auront été localisés (d’après Julie Rimbert, « Il salue le retour de Pif Gadget », Aujourd’hui en France, 18 décembre 2020).

65 Lysiane Beaumel, « Sur la trace des sapins de Pif Gadget », Aujourd’hui en France, 23 septembre 2011.

66 « Le sapin Pif fait le marronnier de Noël », Libération, 23 décembre 2011.

67 Violaine Domon, « Avez-vous un sapin “Pif Gadget” dans votre jardin ? », La République des Pyrénées, 26 octobre 2011.

68 Ibid.

69 Bruno Frappat, « D’où viennent nos arbres », La Croix, 29 novembre 2014.

70 V. Domon, « Avez-vous un sapin », op. cit.

71 Jean-Paul Morel, « De Vaillant à Pif ou le militantisme réduit à un gadget », dans : Antoine Spire (dir.), La Culture des camarades, D’Eluard à Pif le Chien, où en est la culture communiste ?, Paris, Autrement, 1986, p. 196.

72 J.-M. Charon, La presse des jeunes, op. cit.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Bertrand Tillier, « Ceci n’est pas un gadget : Pif Gadget et la merveille sous cellophane »Strenæ [En ligne], 20-21 | 2022, mis en ligne le 01 octobre 2022, consulté le 12 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/strenae/9343 ; DOI : https://doi.org/10.4000/strenae.9343

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Auteur

Bertrand Tillier

Professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Centre d’histoire du xixe siècle (UR 3550)

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Droits d’auteur

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Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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