“Encomia” 45, 2023
“Encomia” 45, 2023, 173 pp.
Testo integrale
1Cette dernière issue, consacrée aux «Varia», contient quelques articles pouvant intéresser nos lecteurs.
2Aurélien Berset étudie le roman Le Vieux de la Montagne de Judith Gautier (1893), qu’il aborde comme une réinterprétation du mythe des Assassins. Après avoir retracé l’origine de cette légende et ses principales variantes, il s’arrête sur plusieurs textes – La Chanson d’Antioche, La Vie de saint Louis de Joinville, Le Devisement du monde de Marco Polo, etc. – avant d’analyser la description, les relations et l’évolution des trois protagonistes du roman du xixe siècle: le comte Hugues de Césarée, la princesse sarrasine Gazileh et le Vieux de la Montagne, Raschid ed-Din. Il en ressort le caractère novateur de l’œuvre, où l’autrice recourt à l’ironie et valorise le désir féminin, proposant ainsi une relecture de la courtoisie médiévale (“Le Vieux de la Montagne” de Judith Gautier et le mythe des Assassins, pp. 11-41).
3Yuning Cheng analyse deux figures de demoiselles railleuses pour mettre en évidence un comique féminin qui transgresse les normes de l’étiquette courtoise. Dans le Tristan en prose, une demoiselle médisante, animée par l’orgueil et la colère, engage une joute verbale avec Palamède – bientôt rejoint par Tristan et Dinadan – qui aboutit à sa propre ridiculisation. Dans la Suite Vulgate, une autre demoiselle, accompagnée d’un nain (en réalité un prince transformé), réclame l’adoubement de celui-ci, en suscitant ainsi le rire de l’assemblée. Ce «couple incongru» remet en question les conventions courtoises, en particulier le lien entre semblance et essence, au cœur des interrogations de Guenièvre et Merlin (Les demoiselles railleuses et la (dis)courtoisie. Les deux facettes d’un comique arthurien féminin, pp. 55-74).
4En s’appuyant sur un corpus de cinq romans des xiieᵉ et xiiiᵉeᵉ siècles (Tristan de Béroul, Amadas et Ydoine, Jehan et Blonde, Cligès, Le Bel Inconnu), Sára Horváthy analyse différentes séquences de discours rapportés à la lumière de la théorie linguistique de Catherine Kerbrat-Orecchioni, afin d’évaluer dans quelle mesure le langage respecte ou transgresse le code courtois. L’étude prend ainsi en compte l’arrivée à la cour royale de personnages de genres et d’origines sociales variés, les formules d’adresse aux femmes selon leur rang, ainsi que les manifestations linguistiques de la moquerie, de l’insulte et de la colère. S.H. conclut que les comportements ou les propos des personnages peuvent, selon les cas, s’accorder ou non aux préceptes de bonne conduite en vigueur à l’époque («Dex, ja est la parole bele!» (“Cligès”, v. 1376). Approches énonciative et pragmatique de la parole romanesque courtoise, pp. 75-101).
5Melita Lajqi étudie les noms propres des Saxons dans la Suite Vulgate du Merlin. Si la plupart semblent avoir été créés ad hoc, trois noms – Rion, Hengist et Hargadabran – se distinguent par leur importance, chacun étant au centre d’un réseau de noms secondaires (66 sur 144 occurrences totales), qui contribue à la cohérence narrative. M.L. établit une liste fondée sur les index de M. Gaggero (2020) et G.D. West (1978), croisés avec ses propres relevés dans les versions alpha et bêta de la Suite. Elle conclut sur une mise en garde méthodologique concernant les choix des éditions critiques qui servent de base aux index, lesquelles ne tiennent pas toujours compte des variantes graphiques des noms propres (“From the Roche aux Sesnes” to our indexes of proper names. Naming Saxons in the “Vulgate Merlin Continuation”, pp. 103-132).
6En analysant les dits moraux – notamment le Dit dou Dragon – de Baudouin de Condé, Pauline Quarroz met en lumière la réflexion méta-poétique que le ménestrel développe autour des mauvaises langues. Elle souligne un paradoxe au cœur de son œuvre: fondée sur la rhétorique de la louange et du blâme, la parole de Baudouin semble inévitablement vouée à la médisance. Pour dépasser cette aporie, le poète associe à sa parole – mesurée – le bien faire: le travail formel, particulièrement manifeste dans le genre du dit, vient ainsi parfaire la poésie tout en en garantissant la justesse (De l’aporie du “mesdire” à l’esthétique courtoise du “bien dire” chez Baudouin de Condé, pp. 151-167).
Per citare questo articolo
Notizia bibliografica
Chiara Tavella, «“Encomia” 45, 2023», Studi Francesi, 208 (LXX | I) | 2026, 182.
Notizia bibliografica digitale
Chiara Tavella, «“Encomia” 45, 2023», Studi Francesi [Online], 208 (LXX | I) | 2026, online dal 01 mai 2026, consultato il 11 août 2026. URL: http://journals.openedition.org/studifrancesi/70257; DOI: https://doi.org/10.4000/16axt
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