Maxime Kamin, “Comment l’estat du monde puet estre comparé au jeu des eschecz” (Arsenal, ms. 3521, f. 264v-267r). Édition critique
Maxime Kamin, “Comment l’estat du monde puet estre comparé au jeu des eschecz” (Arsenal, ms. 3521, f. 264v-267r). Édition critique, “Romania” 142, 2024, pp. 313-339.
Testo integrale
1Gros recueil réuni vers la fin du xve siècle (pour le contenu, on pourra se reporter à Arlima), le manuscrit Arsenal 3521 est le seul à transmettre ce poème moralisant de 190 octosyllabes à rimes plates consacré au jeu des échecs. Maxime Kamin en offre l’édition critique, en situant la composition au sein de la vaste tradition médiévale, en latin déjà, consacrée à l’interprétation métaphorique du jeu lui-même. Il souligne néanmoins ce qui fait l’originalité de ce texte, dont l’auteur anonyme n’établit aucun parallélisme entre les pièces des échecs et les états de la société qu’il énumère pour autant; son attention porte en revanche sur le rôle joué par Fortune – qui distribue aveuglément ses bienfaits et ses maux, quitte à renverser la roue quand bon lui semble –, et par la mort, qui égalise tout. L’échiquier en vient ici à représenter plutôt «le terrain d’une lutte entre les divers représentants de la société civile» (p. 319). M.K. fournit, comme attendu, une description rapide du manuscrit, qui a fait partie des collections du Marquis de Paulmy, sans s’attarder, ce qui nous paraît un peu dommage, sur l’homogénéité d’un recueil dont la marque «bourguignonne» paraît reconnaissable (voir p. 324 en particulier); quelques traits linguistiques, énumérés très clairement aux p. 325-329, semblent indiquer un copiste picard, peut-être responsable aussi de la conservation de quelques archaïsmes. Le texte est accompagné de notes qui discutent en particulier des interprétations douteuses et d’un glossaire essentiel; quant à la rime fautive aux v. 151-152 («S’est bien drois que nous retourniesmes / A la terre de qui nous sommes», signalée p. 329 mais non corrigée dans le texte), ne pourrait-on pas supposer une faute pour une forme ancienne que le copiste aurait mal lue ou n’aurait pas comprise (estiemes, veniesmes)? Signalons enfin que la locution d’une course (v. 156: «Tous ensemble et tout d’une course») se lit aussi bien dans l’ancienne édition du Dictionnaire des locutions de Giuseppe Di Stefano (Montréal, 1991, la seule utilisée ici: voir p. 211a), que dans le Nouveau dictionnaire des locutions (nouvelle édition: Turnhout, 2015, p. 418c, avec la glose ‘d’affilée’).
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Notizia bibliografica
Maria Colombo Timelli, «Maxime Kamin, “Comment l’estat du monde puet estre comparé au jeu des eschecz” (Arsenal, ms. 3521, f. 264v-267r). Édition critique», Studi Francesi, 208 (LXX | I) | 2026, 193.
Notizia bibliografica digitale
Maria Colombo Timelli, «Maxime Kamin, “Comment l’estat du monde puet estre comparé au jeu des eschecz” (Arsenal, ms. 3521, f. 264v-267r). Édition critique», Studi Francesi [Online], 208 (LXX | I) | 2026, online dal 01 mai 2026, consultato il 16 août 2026. URL: http://journals.openedition.org/studifrancesi/70466; DOI: https://doi.org/10.4000/16b97
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