Jean-Benoît Krumenacker, Entre manuscrits et imprimés, Lyon et ses livres (1470-1520)
Jean-Benoît Krumenacker, Entre manuscrits et imprimés, Lyon et ses livres (1470-1520), Lyon, ENS Éditions, 2025, 254 pp.
Testo integrale
1On ne saurait trop recommander la consultation, si ce n’est la lecture suivie, de ce livre, issu de la thèse que J.-B. Krumenacker a soutenue à l’université de Lyon 2 en 2019. L’ouvrage a en effet le mérite de faire la synthèse sur une période clé dans la transmission des textes et sur la possession et production de livres dans un des centres majeurs de l’imprimerie en Europe. L’originalité de ces pages tient principalement à l’attention portée à l’«objet livre» en tant que tel, quelle qu’en soit la forme, manuscrite ou imprimée; mais aussi au dépassement de la frontière – toujours infranchissable pour certains spécialistes – entre incunables et éditions anciennes, pour ne rien dire de la division tout universitaire entre Moyen Âge et Renaissance.
2Les chapitres 1 à 4 sont centrés sur les bibliothèques rattachées aux institutions de ecclésiales: celle du chapitre de Saint-Jean (1), de Saint-Just (2), des autres bibliothèques religieuses lyonnaises (3), les «bibliothèques personnelles» des laïcs, moins documentées, faisant l’objet d’une section à part (4). À partir des chapitres 5 (L’objet livre) et 6 (L’ancien et le nouveau monde), tout cloisonnement tombe: J.-B. K. montre parfaitement comment les deux mondes, celui du livre manuscrit et celui du livre imprimé, coexistent, les professionnels, copistes et imprimeurs, obéissant certes à des commandes provenant de milieux différents, mais travaillant les uns à côté des autres pendant les décennies à cheval entre xve et xvie siècle. La seconde partie de l’ouvrage (chapitres 7 à 11) porte sur le livre imprimé et sur le contexte économique dans lequel celui-ci s’installe: sont abordés tour à tour les foires de Lyon et leurs retombées sur la fabrication et le commerce des livres (7), les coûts de fabrication (8), mais aussi le système de datation des imprimés (le nouveau style s’imposant chez les imprimeurs dès les débuts, 9), les langues et formats (10).
3Il est rare que les thèses deviennent, comme c’est le cas ici, de véritables références: les coupes, parfois draconiennes, que J.-B. K. a dû opérer pour n’exposer que l’essentiel de ses enquêtes, ont sans doute été douloureuses; mais ce travail aura eu pour résultat un livre à recommander à tous les lecteurs intéressés au monde du livre dans une période de transition si proche de la nôtre, basculant du livre imprimé vers le livre «virtuel».
4On soulignera encore l’intérêt de la bibliographie réunie aux pp. 233-241 et de l’Index des noms (pp. 243-247); ainsi que l’absence, qui nous paraît regrettable, d’un Index des titres.
Per citare questo articolo
Notizia bibliografica
Maria Colombo Timelli, «Jean-Benoît Krumenacker, Entre manuscrits et imprimés, Lyon et ses livres (1470-1520)», Studi Francesi, 208 (LXX | I) | 2026, 194.
Notizia bibliografica digitale
Maria Colombo Timelli, «Jean-Benoît Krumenacker, Entre manuscrits et imprimés, Lyon et ses livres (1470-1520)», Studi Francesi [Online], 208 (LXX | I) | 2026, online dal 01 mai 2026, consultato il 14 août 2026. URL: http://journals.openedition.org/studifrancesi/70481; DOI: https://doi.org/10.4000/16b99
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