Naomi Kanaoka, Note sur la datation et la localisation du “Mystère de saint Pierre et saint Paul” | Jean-Pierre Bordier, Brouettes, charrettes, sacs et civières. Le transport vers l’au-delà dans quelques mystères hagiographiques | Xavier Leroux, Angers et le bon roi René dans le “Mystère de saint Vincent” (Angers, 1471)
Naomi Kanaoka, Note sur la datation et la localisation du “Mystère de saint Pierre et saint Paul”, in «Pour ce que l’istoire est encoires de longue narration». Mélanges de langue et de littérature médiévales en l’honneur du professeur Gilles Roussineau, Paris, Classiques Garnier, 2025, pp. 253-285. | Jean-Pierre Bordier, Brouettes, charrettes, sacs et civières. Le transport vers l’au-delà dans quelques mystères hagiographiques, pp. 865-885. | Xavier Leroux, Angers et le bon roi René dans le “Mystère de saint Vincent” (Angers, 1471), pp. 887-902.
Testo integrale
1Quelques contributions dans les Mélanges offerts à Gilles Roussineau portent sur le théâtre du xve siècle, notamment sur le corpus des mystères.
2Revenant sur le texte qui a fait l’objet de sa thèse (Sorbonne, 2007), N. Kanaoka mène une analyse linguistique approfondie afin de proposer une date approximative et un lieu de composition pour ce Mystère, qui n’est transmis que par l’édition Paris, Veuve Trepperel – Jean Janot, inter 1512-1519. Un mystère au même titre représenté à Compiègne en 1451, dont le texte n’est pas conservé, a pu constituer le noyau pour un remaniement ultérieur (dans l’imprimé, la pièce compte presque 17000 vers); les éléments utiles à la datation portent aussi sur des emprunts importants à la Passion d’Arnoul Gréban (1452) et sur des détails qui nous semblent moins probants (la citation de la Légende dorée selon la version de Jean de Vignay ou celle de la devise de Jacques Cœur, mort en 1456, et attestée dans les textes après 1464: «A cœur vaillant riens impossible»), alors que d’assez nombreux traits phonétiques et morphologiques appuient une localisation nord-occidentale, les picardismes relevés orientant vers une région proche de l’Oise. Nous nous permettons une petite mise en garde quant à l’usage fait ici du DMF: si un mot tel que deputaire (commenté p. 278) paraît attesté jusqu’à la fin du xve siècle, c’est que ce dictionnaire se donne 1500 comme terminus ad quem; de fait le même adjectif se lit trois fois dans Perceval le Gallois de 1530 (f. 134rb, 165ra, 210va): certes, s’agissant d’une mise en prose, ce roman garde des traits archaïsants, mais cela confirme la survivance, si ce n’est la vitalité, de l’adjectif. D’autres vérifications, au moins pour les «Mots ou acceptions attestés pour la dernière fois vers 1500» (pp. 278-280) ne seraient donc pas de trop et enrichiraient encore notre connaissance du moyen français post 1500.
3Le transport des êtres humains vers l’enfer impose, tout au moins dans les mystères hagiographiques, le recours à des moyens de transport dont J.-P. Bordier dresse ici l’inventaire: sur les tréteaux sont ainsi utilisés tour à tour sacs, civières, charrettes, chariots, traîneaux, brouettes…, ce qui suppose que des corps soient transportés, et non seulement les âmes, par définition immatérielles. D’ailleurs, les textes sont explicites: le couple corps et ame, ainsi que les verbes trainer et charger, reviennent souvent, et soulignent – de même que certaines didascalies – que les diables emportent vers l’enfer l’être tout entier des damnés. Ces images ne sont pas sans rapport avec le charivari et la mesnie Hellequin, qui, de même que les mystères, semblent gommer la distance entre la vie et la mort, celle-ci séparant justement le corps de l’âme jusqu’au Jugement dernier.
4Éditeur du Mystère de saint Vincent, X. Leroux met en relief ici quelques allusions incontestables à Angers et au roi René lui-même. Il s’agit d’abord d’une liste d’auberges qui pourraient accueillir Dacien dans la ville espagnole de Valence: la plupart de ces enseignes se retrouvent en effet à Angers à la fin du xve siècle; d’autre part, l’évocation d’un «cueur d’argent / de gouctes de sable semé» n’est pas sans renvoyer à deux œuvres de René d’Anjou: Le Livre du Cœur d’amour épris et Le Mortifiement de Vaine Plaisance. On retiendra aussi le fait que, dans un cas comme dans l’autre, des messagers sont sur scène, à savoir des personnages dont la fonction est justement de «créer un lien entre l’univers dramatique et celui du public» (p. 901).
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Maria Colombo Timelli, «Naomi Kanaoka, Note sur la datation et la localisation du “Mystère de saint Pierre et saint Paul” | Jean-Pierre Bordier, Brouettes, charrettes, sacs et civières. Le transport vers l’au-delà dans quelques mystères hagiographiques | Xavier Leroux, Angers et le bon roi René dans le “Mystère de saint Vincent” (Angers, 1471)», Studi Francesi, 208 (LXX | I) | 2026, 194-195.
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Maria Colombo Timelli, «Naomi Kanaoka, Note sur la datation et la localisation du “Mystère de saint Pierre et saint Paul” | Jean-Pierre Bordier, Brouettes, charrettes, sacs et civières. Le transport vers l’au-delà dans quelques mystères hagiographiques | Xavier Leroux, Angers et le bon roi René dans le “Mystère de saint Vincent” (Angers, 1471)», Studi Francesi [Online], 208 (LXX | I) | 2026, online dal 01 maggio 2026, consultato il 08 agosto 2026. URL: http://journals.openedition.org/studifrancesi/70483; DOI: https://doi.org/10.4000/16b9a
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