Navigation – Plan du site

AccueilSuppléments à SyriaHS VL’Orient helléniséLa SyrieModalités et modèles de la figura...

L’Orient hellénisé
La Syrie

Modalités et modèles de la figuration dans les stucs architecturaux de Palmyre : le site de la source Efqa

Nicole Blanc
p. 283-298

Résumés

Les stucs figurés du site de la source Efqa à Palmyre ont tous été retrouvés hors contexte ; bien qu’en très haut relief, ils étaient dans leur quasi-totalité insérés dans l’architecture. Plusieurs, après étude, ont pu retrouver leur support : des consoles en forme de vase prenaient place sur une grande corniche, de même que des appliques, associées à des motifs, têtes, mains, appartenant peut-être à des décors muraux disparus. Un Éros en acrotère, des protomés animales se rattachent hypothétiquement à un édicule fragmentaire dont un chapiteau s’orne d’un buste d’Aglibol ; un torse masculin et une Nikè pourraient avoir complété le dispositif. Les têtes et masques, dont certains ornaient la corniche, constituent un ensemble exceptionnel, tant quantitativement que qualitativement. Ils sont inspirés des artistes et des grandes écoles de la sculpture grecque et hellénistique et témoignent de l’éclectisme des ateliers orientaux du iie s. apr. J.-C., singulièrement d’Aphrodisias dont l’influence est particulièrement sensible. Ces stucs rapidement modelés s’inspirent des grands types, figures divines, portraits de dynastes, masques de la Nouvelle Comédie, sans les copier, ce qui complique la recherche des sources et compromet l’identification des figures. L’étude présentée ici n’est qu’une première approche.

Haut de page

Texte intégral

  • 1 Ils furent présentés à l’occasion de grandes expositions : Land des Baal 1982 ; Au pays de Baal et (...)
  • 2 Les stucs figurés ont été inventoriés et enregistrés lors de trois campagnes en 2004, 2006 et 2007. (...)

1Le vaste ensemble de stucs mis au jour en 1975 lors de la construction de l’hôtel Méridien est célèbre pour ses têtes et masques, qui furent longtemps les seuls éléments connus et publiés de la découverte1. Récemment, la mission syro-française « Décors peints et stuqués de Palmyrène » (2003-2009), conduite par Hélène Eristov, a permis d’enregistrer la totalité des fragments et de proposer une restitution partielle du décor2. On peut affirmer maintenant que les éléments figurés étaient, dans leur quasi-totalité, insérés dans l’architecture. Toutefois, si cette fonction doit être prise en compte dans la recherche des modèles et la lecture des formes, par bien des aspects ces stucs en très haut relief évoquent davantage la ronde-bosse sculptée que le relief modelé. Ce traitement se distingue du bas-relief plus communément pratiqué à Rome et dans l’ouest de l’Empire mais il est habituel au Levant et plus largement à l’est du monde romain. C’est donc dans la région qu’il faut trouver la source et les modèles de ces stucs, malgré la rareté des études spécialisées. La qualité exceptionnelle de la réalisation, qui en fait par certains aspects un unicum, limite aussi le champ des comparaisons. À ce stade de l’étude, nous n’en sommes qu’à esquisser des hypothèses de lecture, qui seront illustrées ici par quelques documents particulièrement représentatifs.

Le site de la source Efqa

  • 3 Allag, Blanc & Parlasca 2010, p. 223-225 ; contra p. 199 (hypothèse de K. Parlasca qui situe l’édic (...)

2Rappelons en préambule le contexte de la découverte. Exploré sous la pression des bulldozers, le site n’a livré, à l’exception du matériel, aucune information archéologique. La documentation graphique se réduit à deux plans, levés par Ali Taha, l’assistant du regretté professeur Khaled Al-Asʾad qui dirigeait le chantier. Grâce à Jacques Seigne qui les a orientés et localisés à partir de ses propres relevés sur le site de la source Efqa, ils permettent de situer les structures dégagées dont l’orientation générale est claire : elles sont non seulement proches, mais nettement implantées et orientées par rapport à la source (fig. 1). La structure la plus à l’ouest (I) se trouve à une dizaine de mètres seulement de l’escalier monumental qui marque son entrée et elle est connectée avec la deuxième structure (II), même si les deux documents d’archive ne coïncident pas exactement dans l’alignement des murs. Le matériel, hâtivement et partiellement récupéré, n’a pas été trouvé en place. Nous savons seulement que les stucs proviennent de la deuxième zone (II) et nous en sommes réduits aux hypothèses pour les situer plus précisément sur le plan (fig. 2). Ce groupe de pièces (II) comporte un vaste espace à partir duquel on accède à la grande salle A (6,60 x 9 m) dont le mur nord s’ouvre sur la pièce B, presque carrée (5,20 x 5,50 m), seul accès vers C, la plus petite des pièces (5,20 x 4,35 m) qui termine cette succession et constitue l’aboutissement unique du parcours. Cette pièce C présente, dans son mur sud, une niche ronde d’un rayon de 0,50 m ; elle est précédée, semble-t-il, d’un muret, socle ou marche, dessiné en avant (sur 1,50 m), qui doit caractériser un espace spécialement mis en valeur. C’est très logiquement que nous avons replacé ici un fragment de fronton et pilastre formant édicule auquel nous avons rattaché les fragments de coquille, restitués dans le cul-de-four, ainsi que des éléments de son appareil décoratif (acrotère, modénature, fleuron). La corniche monumentale à appliques, le seul ensemble cohérent qui a pu faire l’objet d’une restitution, a également été rattachée à cette pièce, sa modénature étant reprise sur la corniche de l’édicule, en plus simple. Enfin, comme cette corniche existe en deux modules, nous avons fait l’hypothèse que le décor devait s’étendre à la pièce B, qui lui sert en quelque sorte de vestibule3.

Figure 1. Palmyre, site du Méridien. Plan général : la source Efqa et les vestiges replacés dans le contexte

Figure 1. Palmyre, site du Méridien. Plan général : la source Efqa et les vestiges replacés dans le contexte

© Relevés et dessins : A. Taha 1975 ; J. Seigne, source Efqa, octobre 2004 ; infographie : Th. Lepaon, février 2008

Figure 2. Palmyre, site du Méridien : l’édifice aux stucs

Figure 2. Palmyre, site du Méridien : l’édifice aux stucs

© Relevés et dessins : A. Taha 1975 ; J. Seigne, source Efqa, octobre 2004 ; infographie : Th. Lepaon, février 2008

  • 4 Ils sont exposés au Musée de Palmyre et, pour un certain nombre, illustrés dans Éristov, Blanc & Al (...)
  • 5 Tober 2013.

3Cependant de nombreux éléments figurés n’ont pu être rattachés ni à l’édicule ni à la corniche, et leur usage dans le dispositif ornemental reste problématique. La forme du revers permet au mieux de vérifier que le stuc était appliqué sur un support architectural mais l’empreinte est trop chaotique pour être clairement interprétée. Nous renonçons dans ce cadre à passer en revue de nombreux éléments qui ne relèvent que du catalogue ; ce sont en particulier des membres humains, bras et jambes en relief plus ou moins haut, à différentes échelles et dans des positions variées, qui pouvaient prendre place dans des scènes figurées dont la fonction et la place dans l’architecture nous échappent4. Difficulté supplémentaire, nous ignorons tout du décor des parois ; faut-il l’attribuer aux conditions de conservation et de restauration ? Ou doit-on faire l’hypothèse de murs recouverts de matériaux périssables, bois ou plutôt textiles, comme nous y invitent les représentations funéraires de tentures et vêtements magnifiquement ornés ? À l’appui de la seconde proposition, notons que les peintures associées à des stucs récemment mises au jour dans les maisons « hellénistiques » de Palmyre appartiennent à des frises et qu’aucun fragment n’a permis de restituer les zones médianes et basses5.

Architecture et figuration

4Même en faisant la part des critères de ramassage qui ont indiscutablement privilégié les fragments les plus beaux, l’abondance, la variété et la qualité de la figuration, en particulier sur des formes architecturales qui, canoniquement, possèdent leur vocabulaire décoratif propre — ornemental ou végétal — ne laissent pas d’interroger.

Les « consoles » : des formes hybrides

  • 6 Allag, Blanc & Parlasca 2010, p. 205-207, fig. 7-10.
  • 7 Sur la distinction entre la console et le corbeau, voir Ginouvès 1992, II, p. 147, n. 107.
  • 8 Dans ce célèbre passage (De arch., VII 5,3), Vitruve condamne le caractère irréaliste des architect (...)
  • 9 Cf. la contribution de C. Allag dans ce volume, fig. 11. Cette hybridation des formes est sans dout (...)
  • 10 Fragments conservés dans les réserves du Musée de Palmyre. En cours d’étude par C. Delplace et J. D (...)
  • 11 Will 1951, p. 98.

5La corniche dont le dispositif ornemental — le même dans ses deux formats — a pu être restitué avec certitude nous permet de caractériser précisément les modalités de la figuration dans ce contexte. Le trait le plus remarquable est la présence de grandes consoles dont l’emprise — 15-20 cm sur une élévation totale de 32-33,5 cm — et le surplomb d’une vingtaine de centimètres donnent un caractère vraiment monumental à ce qui apparaît moins comme une corniche qu’un entablement. Sur les seize exemplaires conservés, deux prennent la forme d’un cratère en cloche dont la panse est ceinte d’une guirlande de laurier à larges feuilles ponctuées de baies (fig. 4) ; un autre reproduit un skyphos, orné de deux masques dionysiaques, celui d’un jeune Satyre et d’une Ménade, de part et d’autre d’un tympanon et d’une torche enflammée (fig. 3). Les treize autres exemplaires sont constitués d’un culot orné de cannelures, de feuilles lancéolées, ou de feuilles rondes, suggérant écailles ou pétales ; l’extrémité inférieure a disparu ou n’est plus lisible6. Sur toutes, on a pu restituer le même couronnement que sur le skyphos : une sorte d’abaque festonné, orné de quatre volutes à pointes percées de trous ordonnées de part et d’autre d’un cartouche central. L’extrémité supérieure, toujours laissée brute, indique que ces consoles en fort relief devaient jouxter le couvrement de la pièce — plafond plat ou cintré — à la façon de corbeaux, même si elles ne pouvaient en assumer la fonction portante7. Ces formes n’entrent pas dans la typologie des consoles, ni d’aucune catégorie architecturale connue et offrent un aspect hybride qui en fait de véritables monstra au sens vitruvien du terme8. Elles s’apparentent au chapiteau par leur couronnement dentelé qui tient lieu de l’abaque surmontant l’échine d’un chapiteau dorique ou la corbeille d’un chapiteau corinthien, mais leur base est assez bien conservée pour exclure qu’elles se soient ajustées à des pilastres. Toutefois, la modénature terminale qui outrepasse la corniche devait jouer un rôle technique en assurant la jonction avec le couvrement. Formellement, elle évoque davantage un motif d’orfèvrerie que de sculpture : le traitement du skyphos et des cratères suggère d’ailleurs des vases métalliques, de même que les culots cannelés, moins hauts que les autres, se présentent plutôt comme des patères en coquille9. Un exemplaire à feuilles lancéolées presqu’identique a été trouvé dans une grande demeure fouillée à l’est du temple de Bel, ce qui inscrit ces formes dans la tradition locale10. Leur usage comme vaisselle de banquet sacré ou offrande cultuelle est très probable. Sur un relief découvert dans le tombeau de Qasr al-Hayyé11, on voit deux offrants richement vêtus de part et d’autre d’une table sur laquelle sont posés deux skyphoi, tandis que la scène est occupée à droite par un cratère monumental dressé sur une base (fig. 5) : ce sont les formes que reproduisent, jusque dans les détails, les consoles de stuc.

Figure 3. Grande console en forme de skyphos avec son couronnement (Musée de Palmyre)

Figure 3. Grande console en forme de skyphos avec son couronnement (Musée de Palmyre)

© N. Blanc

Figure 4. Grande console en forme de cratère (Musée de Palmyre)

Figure 4. Grande console en forme de cratère (Musée de Palmyre)

© N. Blanc

Figure 5. Relief du tombeau de Qasr al-Hayyé (Musée de Palmyre)

Figure 5. Relief du tombeau de Qasr al-Hayyé (Musée de Palmyre)

© R. Gaillarde (Gamma)

Les appliques : un statut problématique

  • 12 Dentzer-Feydy 1992, p. 86-95, fig. 29, 33-34.
  • 13 Une main brandissant un bâton ou une torche, en applique sur la moulure de feuilles, pose le même p (...)

6La recherche généalogique se complexifie lorsqu’on constate que les stucateurs peuvent décliner les mêmes formes dans des formats plus petits, en gardant leurs caractéristiques, mais en changeant leur fonction. Ainsi les consoles en forme de skyphos gardent leur couronnement festonné, traité en rebord ouvragé, mais la référence architecturale tend à s’effacer ; ils jouent un nouveau rôle dans le dispositif ornemental. Ils alternent au même niveau avec d’autres vases à boire, des coupes à panse godronnée, qui sont partie prenante d’un dispositif encore plus problématique. Dans un cas, une tête de Tychè en applique sur la panse paraît cassée plutôt qu’interrompue volontairement au niveau du cou, ce qui supposerait qu’elle se poursuive sous la corniche. Cette hypothèse n’est pas exclue puisqu’une seconde coupe de même forme, en applique aussi sur le rinceau, paraît directement impliquée dans une scène figurée : une main est distinctement visible sur son rebord, comme si un personnage la tenait, dans l’attitude familiarisée par les reliefs funéraires de défunts banquetant. Cette communication entre les différentes zones, traditionnellement étanches, du décor est illustrée par le célèbre linteau de Souweida (fin du iie s.)12 où la tête des divinités à demi-allongées sur la frise s’appuie sur la corniche à rinceau qui la couronne ; on y voit ainsi posés la main d’Aphrodite et son miroir. Peut-on retenir cette solution pour les stucs13 et supposer que la corniche couronnait dans cette section le linteau d’une porte ou autre ouverture dans le mur ? À ce jour, aucun début de restitution n’a pu être proposé dans ce sens.

  • 14 Cf. la contribution de C. Allag dans ce volume, fig. 7.
  • 15 Je remercie Marie-Christine Fayant qui m’a fait connaître ce texte à l’occasion d’une recherche sur (...)

7Autre « curiosité », les appliques en forme d’oiseaux, nichés au sens propre, au creux des caissons de soffite14. La signification de ces oiseaux est ambiguë. Leur statut d’offrande ne fait pas de doute, car on les voit souvent figurés dans les bras de dédicants, mais on ne peut exclure la composante naturaliste du motif quand on sait par Cornelius Alexander (fr. 18, l. 152-155) qu’il fallait éloigner avec des clochettes les oiseaux qui venaient faire leur nid dans les caissons de bois ornant les portes et les portiques du temple de Salomon15.

L’édicule et les éléments figurés

  • 16 Étude détaillée dans Allag, Blanc & Parlasca 2010, p. 214-217.
  • 17 Musée de Palmyre, sans inv., inédit.

8La profusion décorative qui caractérise les stucs de la source Efqa est bien illustrée par le décor de l’édicule, si fragmentaire soit-il16. Le chapiteau de la partie droite du fronton porte un buste d’Aglibol, sous une apparence gréco-romaine : il est revêtu du paludamentum et la tête, disparue, devait être légèrement de trois quarts, d’après la position du cou (fig. 7). En fort relief, si l’on en juge par la profonde cheville qui assurait la fixation, le dieu, occupant tout l’espace du chapiteau réduit à un simple cadre, devait assumer le rôle d’une sculpture, à l’égal des bustes de défunts qui s’alignent à l’intérieur des chambres funéraires palmyréniennes. Les deux faces, externe et interne, du chapiteau, sont également ornées : la guirlande de feuillages enrichie de fruits, suggérés de façon schématique par les boules terminales des tiges, participe de la sacralisation de l’édifice : il rend probable la présence de l’autel dont on conserve au Musée le couronnement de marbre sculpté de feuilles et oiseaux17, à l’intérieur de la niche sur laquelle était plaqué l’édicule.

Figure 6. Acrotères : a. Exemplaire complet avec sa base circulaire ; b. Extrémité zoomorphe (Musée de Palmyre)

Figure 6. Acrotères : a. Exemplaire complet avec sa base circulaire ; b. Extrémité zoomorphe (Musée de Palmyre)

© N. Blanc

Figure 7. Détail du chapiteau du pilastre de l’édicule : buste d’Aglibol (Musée de Palmyre)

Figure 7. Détail du chapiteau du pilastre de l’édicule : buste d’Aglibol (Musée de Palmyre)

© N. Blanc

  • 18 Parlasca 1996, fig. 3.
  • 19 Rappelons aussi que des syrinx ornaient les caissons de soffite : Allag 2014, pl. CXVI, fig. 3.

9Si la restitution ne permet pas d’aller plus loin, de nombreux éléments figurés peuvent être rattachés avec certitude à un ou des dispositifs architecturaux, en rapport ou non avec l’édicule. Des protomés animales, fixées sur une base circulaire qui donne leur sens de lecture, jaillissent d’un culot festonné, orné d’écailles ou feuilles rondes, du type employé pour certaines consoles (fig. 6a) ; le cou strié est traité à la manière d’un pelage : il suggère celui d’un félin, ce que confirme une extrémité bien conservée, en forme de tête de panthère18 (fig. 6b). La composante dionysiaque du décor, déjà suggérée par les consoles en forme de vase, se trouve ainsi confirmée19. Ces protomés, dont les dimensions permettent de restituer un surplomb minimum de 15 cm, appartenaient à un dispositif d’une certaine ampleur. Elles pouvaient être appliquées sur un linteau, de porte ou d’entrée, hypothèse la plus économique puisque nous sommes assurés d’au moins trois entrées dans le complexe B-C où se concentrent les stucs.

10On peut signaler encore un Amour en quasi ronde bosse, monté sur une base circulaire fixée par une profonde cheville à son support : il surgit d’un culot végétal, bras droit levé, torse barré par le baudrier du carquois (fig. 8) ; on lui rattache hypothétiquement un bras potelé passé dans l’attache d’un bouclier. Cette figure a pu être utilisée en acrotère : un second culot végétal de même type, monté sur une base circulaire de même format, permet de lui supposer un symétrique.

Figure 8. Amour issu d’un culot végétal : acrotère (?) (Musée de Palmyre)

Figure 8. Amour issu d’un culot végétal : acrotère (?) (Musée de Palmyre)

© R. Gaillarde (Gamma)

  • 20 Musée de Palmyre, inv. 38 ; H. conservée : 28 cm ; relief max. 7 cm ; Allag, Blanc & Parlasca 2010, (...)
  • 21 Blanc 2014.
  • 22 Éristov, Vibert-Guigue & Sarkis 2006-2007, p. 151, fig. 1-2.5.12 et 17.

11Deux figures fragmentaires, dont le revers lisse indique qu’elles étaient plaquées sur un support, semblent avoir orné des pilastres ou plutôt des piédroits au vu de leur largeur, à moins qu’elles n’aient servi de caryatide ou d’atlas : la disparition de la tête dans les deux cas ne permet pas de trancher. Leur orientation identique, de trois quarts à droite, exclut une position symétrique affrontée, suggérée par leur format analogue. La mieux conservée est un torse masculin nu, brisé aux genoux, bras droit baissé le long du corps (fig. 9) ; le bras gauche, dont seul le départ est conservé, est levé ; les traces d’une chlamyde, accrochée à l’épaule, sont visibles le long du corps20. Cette figure idéalisée, combinant divers types d’Apollon dont j’ai étudié ailleurs les probables sources21, s’inspire de la statuaire gréco-romaine présente à l’époque dans les grandes métropoles du Proche-Orient hellénisé, et dans une moindre mesure, à Palmyre. La seconde figure, dont seul subsiste le torse, se laisse identifier comme une Nikè, grâce à son vêtement caractéristique noué sous la poitrine, illustré par de nombreux exemplaires sculptés palmyréniens, et en peinture dans la tombe des Trois Frères22 (fig. 10).

Figure 9. Torse masculin idéalisé : Apollon ? (Musée de Palmyre)

Figure 9. Torse masculin idéalisé : Apollon ? (Musée de Palmyre)

© R. Gaillarde (Gamma)

Figure 10. Torse féminin : Nikè (Musée de Palmyre)

Figure 10. Torse féminin : Nikè (Musée de Palmyre)

© N. Blanc

  • 23 Tour de Iamlikhō ou Jamblique (no 51) : Gawlikowski 1970, p. 84-87, fig. 42-45 ; Henning 2013, p. 5 (...)

12Faute de restitution possible en l’état de la documentation, les modèles locaux nous aident, sinon à restituer, du moins à comprendre comment ces figures pouvaient s’intégrer dans l’architecture. Un parallèle tout proche, dans la nécropole ouest de Palmyre, est fourni par la tombe de Jamblique, datée épigraphiquement de l’an 83 apr. J.-C.23. Sur cette façade plate se détache un balcon en surplomb, qui forme une sorte d’édicule en applique, très orné : deux grandes Victoires qui donnent l’illusion d’en soutenir la base reposent elles-mêmes sur deux consoles ornées d’un masque barbu. Notons que dans le corpus des masques de la source Efqa se détache une face juvénile — Éros ou Gorgoneion — encadrée de motifs végétaux (fig. 11). Le sommet du crâne forme un support portant des traces d’arrachement ; on peut lui supposer une fonction comparable à celle des masques barbus sous les Victoires.

Figure 11. Console anthropomorphe (Musée de Homs)

Figure 11. Console anthropomorphe (Musée de Homs)

© N. Blanc

Les modèles de la figuration : éclectisme

  • 24 Eliav, Friedland & Herbert 2009.
  • 25 Voir les réflexions très éclairantes de Chaisemartin 1990, p. 119-120.
  • 26 Nathalie de Chaisemartin nous a fait généreusement profiter de sa connaissance du domaine et ses su (...)

13La qualité des stucs de la source Efqa autorise une étude stylistique approfondie, selon les méthodes traditionnelles appliquées en sculpture. En effet, si l’usage architectural de la figuration s’inscrit dans les usages locaux, les formes puisent au répertoire gréco-romain en usage en Orient24. La recherche des modèles se heurte cependant à plusieurs difficultés. Il faut prendre en compte les spécificités du matériau. Certes tous les éléments figurés étaient modelés à la main et à la spatule, dans un stuc à base de chaux, qui ne fait pas prise immédiatement à la différence du plâtre ; mais il oblige néanmoins à travailler rapidement, y compris les têtes élaborées in situ et dont l’adhérence sur le rinceau sera compromise si l’enduit n’est plus assez frais ; d’où l’économie des gestes, qui explique quelques traits communs à tous ces visages : arcade sourcilière large, iris creusé, lèvres saillantes et charnues. Autant de procédés efficaces pour des têtes qui seront vues de loin, mais qui exigent d’introduire des variantes, surtout lorsqu’un type — Ménade, masque de théâtre — revient à courte distance. Il faut interpréter en ce sens l’orientation des têtes, presque toujours tournées, à droite ou à gauche, pour introduire vie et mouvement, et rompre la monotonie engendrée par la répétition du motif. Dans ce contexte, on voit les limites d’une Kopienforschung que l’on sait déjà aléatoire dans les grands monuments de l’espace public25. L’étude des quelques cas esquissée ici n’a d’autre but que d’exposer la problématique26.

Les têtes sur la corniche

  • 27 Voir la contribution d’H. Éristov et C. Vibert-Guigue dans ce volume.

14Rappelons que ce type de décor n’est pas original ; on sait que têtes et masques, même s’ils sont rarement conservés in situ, venaient en applique sur les corniches de stuc depuis l’époque hellénistique, à Délos, Pergame et divers sites d’Asie Mineure. Toutefois, les exemples sont beaucoup plus rares en Italie romaine et la persistance de ce système à époque tardive — à Jérash par exemple27 — semble bien caractériser l’est de l’Empire qui conserve les modèles hellénistiques plus longtemps qu’à l’ouest. Toutefois, il s’agit souvent de petits formats, dont le modelé est beaucoup plus sommaire, à l’exception peut-être de Palmyre où d’autres sites ont livré de magnifiques spécimens.

  • 28 Musée de Palmyre, sans inv. : Blanc 2014, p. 341, pl. CXIX, fig. 5b.

15Parmi les soixante-dix-huit têtes récupérées sur le site de la source Efqa, seize ont pu être replacées sur le rinceau de la corniche — dans ses deux modules — et une dix-septième sur les denticules de la zone basse. Elles présentent une certaine homogénéité, en particulier une taille légèrement supérieure au reste du corpus : jusqu’à 22 cm pour les masques tragiques. En se fondant sur ce critère et sur les types figurés, d’autres têtes peuvent hypothétiquement être replacées sur le rinceau : un Satyre dont seule subsiste la chevelure à la mèche flammée caractéristique et une tête féminine au profil majestueux, yeux levés vers le ciel, peut-être héritée d’un type de Scopas28.

  • 29 Musée de Palmyre, sans inv. : Blanc 2014, p. 342, fig. 6.
  • 30 Voir les deux jeunes satyres trouvés derrière l’Odéon : Smith 1996b, p. 60-63, fig. 61-62 (après re (...)
  • 31 Morawietz 2000, p. 49-56 et figure. Nous remercions P. Linant de Bellefonds de nous avoir suggéré c (...)

16Leur diversité naît de la variété des modèles et de la juxtaposition des styles, tous empruntés aux artistes et aux grandes écoles de la sculpture grecque et hellénistique. Cet éclectisme n’est pas seulement le fait des stucateurs : il est pratiqué depuis longtemps par les ateliers d’Asie Mineure, et singulièrement ceux d’Aphrodisias dont les productions, largement diffusées dans tout le Proche-Orient jusqu’à l’époque sévérienne, ont agi, de façon plus ou moins directe et concertée, sur les créations locales. L’exemple le plus parlant est fourni par une tête de jeune Satyre, la bouche largement fendue dans un rire qui découvre les dents29, et dont on lit clairement la filiation avec les exemplaires de marbre de l’Aphrodisias hellénistique30 (fig. 12) ; sa parenté est encore plus nette avec les répliques plus tardives d’époque romaine, comme le jeune Centaure du musée du Capitole, signé des copistes Aristeas et Parias d’Aphrodisias31.

Figure 12. Tête en applique sur la corniche (Musée de Palmyre)

Figure 12. Tête en applique sur la corniche (Musée de Palmyre)

© N. Blanc

  • 32 Musée de Palmyre, inv. 15 ; Allag, Blanc & Parlasca 2010, p. 209, fig. 14. Cf. la contribution de C (...)
  • 33 Voir l’exemplaire du musée du Capitole : LIMC, VIII, s.v. « Silenoi », no 213 et figure ; Smith 199 (...)
  • 34 Musée de Palmyre, inv. 12 ; Ruprechtsberger 1987, p. 327, no 53, figure ; Zenobia 2002, p. 331, no  (...)
  • 35 Fuchs 1963, p. 15, no 3, pl. 10.

17L’inspiration dionysiaque est en effet très visible sur la corniche où, rappelons-le, les consoles en forme de cratères et coupes à boire s’intercalaient entre les têtes. Mentionnons pour illustrer la variété des modèles mis en œuvre, un autre Satyre32, dont le visage plein, exceptionnellement vu de face, et l’expression extatique réfèrent plutôt au type praxitélien du Satyre au repos33. Dans la même veine, une très belle Ménade, à l’expression grave, les cheveux en épais bandeaux ceints d’une couronne de lierre à larges feuilles34, semble dérivée d’un type d’Ariane, reproduit sur une applique de bronze de Mahdia35.

  • 36 Musée de Homs, inv. 22 ; Parlasca 1996, p. 292, fig. 5.

18Le répertoire du théâtre inspire la série des grands masques tragiques dont cinq sont maintenant rattachés au rinceau. Ils ne sont pas seulement spectaculaires par leur taille supérieure aux autres têtes, mais aussi par leur expression saisissante qui tient à un traitement plus humain et moins conventionnel du visage. Outre les exemplaires très connus — deux rois coiffés du diadème, un vieillard dont le haut bonnet phrygien permet d’identifier Priam —, citons une Korè, reconnaissable à sa longue chevelure pendante, dont la force tragique contraste avec l’économie des moyens mis en œuvre36 (fig. 13).

Figure 13. Masque tragique en applique sur la corniche (Musée de Palmyre)

Figure 13. Masque tragique en applique sur la corniche (Musée de Palmyre)

© N. Blanc

  • 37 Musée de Palmyre, inv. 16 ; Allag, Blanc & Parlasca 2010, p. 210, fig. 15.
  • 38 Musée de Palmyre, inv. 8 ; Ruprechtsberger 1987, p. 326 no 51, figure.
  • 39 Chaisemartin 1990, p. 124, fig. 9.
  • 40 Musée de Palmyre, inv. 10 ; Syrie, Mémoire et civilisation 1993, p. 309, no 248a.
  • 41 Rogge 1995.

19Parmi les autres têtes, on reconnaît encore le visage poupin d’un Amour, coiffé du corymbe37, tandis que d’autres sont moins clairement identifiables. C’est le cas en particulier des têtes féminines, six au total. L’une d’elles, caractérisée par son visage plein, ses joues larges et ses sourcils froncés, est coiffée d’un diadème38 (fig. 14) ; elle rappelle une figure du Portique de Tibère à Aphrodisias qui traduit l’influence de la grande sculpture classique du ve s. : peut-être l’Héra de Polyclète que l’on a reconnue dans plusieurs exemplaires romains de Junon39. Une autre tête de belle qualité40 a la chevelure presque entièrement couverte d’une ample coiffe, comme en portent les nourrices : faut-il y reconnaître une figure du monde divin — la nourrice de Bacchus — ou encore du mythe ? La nourrice de Phèdre est en effet figurée ainsi sur les sarcophages attiques41, autre source d’inspiration possible pour les stucateurs.

Figure 14. Tête féminine en applique sur la corniche (Musée de Palmyre)

Figure 14. Tête féminine en applique sur la corniche (Musée de Palmyre)

© R. Gaillarde (Gamma)

  • 42 Cf. la contribution de C. Allag dans ce volume, fig. 2.
  • 43 Chaisemartin 1990, p. 125, fig. 11.
  • 44 Voir par exemple le diadoche de Houghton : Smith 1988, p. 66.157, no 11, pl. 10, 5-6.

20La figure masculine de plus petit format, appliquée à la zone basse de la corniche42, semble inspirée d’un type de Méléagre, dérivé de Scopas, présent sur le portique de Tibère à Aphrodisias43. Il est identifiable à ses yeux enfoncés dans des orbites profonds, accentués par l’oblique des sourcils, et par son expression tourmentée. Toutefois, ce modèle est employé aussi pour des figures de dynastes44.

21Ces généalogies complexes et les difficultés d’interprétation qui en découlent sont mieux illustrées encore avec les stucs qui n’ont pu trouver place dans le décor.

Les autres têtes

  • 45 Voir Dentzer-Feydy 1992, p. 82-83, no 30, fig. 25-26 (musée de Suweida), voir aussi un relief trouv (...)
  • 46 Blanc 2014, p. 343, pl. CXX, fig. 8.

22Avec une cinquantaine d’exemplaires complets, les têtes sans contexte constituent le lot le plus important du corpus figuré. La plupart correspond à des types qui n’étaient pas présents sur la corniche, si l’on exclut plusieurs fragments qui peuvent lui être rattachés hypothétiquement d’après le format et le type. Cette plus grande diversité iconographique peut s’expliquer aussi par la diversité des emplacements occupés. Le décor architectonique local fait une large place au motif sur les linteaux, les chapiteaux, les consoles. Un autre témoignage est fourni par les petits naoi monolithes qui montrent des bustes placés en acrotères, dispositif que l’archéologie a rarement conservé in situ45. Le fait que les stucateurs aient suivi ces modèles est confirmé par les chapiteaux et consoles pareillement ornés de têtes et bustes, trouvés sur divers sites de la région et aujourd’hui conservés au Musée de Damas46.

  • 47 Les deux fragments sont associés dans Parlasca 1996, fig. 7.
  • 48 Queyrel 2005, p. 155, fig. 134.
  • 49 Ruprechtsberger 1987, p. 330 no 57, figure.
  • 50 Musée de Palmyre, inv. 44; Ruprechtsberger 1987, p. 330 no 59, figure.

23Les têtes isolées, en général plus petites, gardent souvent la trace d’une cheville verticale qui a pu servir à les fixer sur un corps. Ainsi, on serait tenté d’adapter une tête coiffée d’un casque à visière à un buste vêtu d’une chlamyde, pareillement chevillée, mais les deux fragments ne recollent pas47. Ce genre de casque est souvent porté par les Grecs48 mais ce n’est pas un indice suffisant pour identifier une scène particulière. Si quelques têtes sont bien caractérisées — Tyché couronnée de muraille49, Muse coiffée d’un plumet50 — la variété des types iconographiques comme celle des modes de fixation découragent les tentatives de restitution et de lecture d’un programme iconographique unitaire. De façon plus large, l’identification hors contexte reste toujours hypothétique. Quelques exemples illustreront la multiplicité des sources à mettre en œuvre pour éclairer la genèse de ces figures.

  • 51 Musée de Homs, inv. 28, H. 8,5 cm ; voir l’Alexandre (avec Héphaistion) d’Istanbul : Smith 1988, p. (...)
  • 52 Smith 1996b, fig. 326 ; Rosenbaum 1960.
  • 53 Musée de Homs, inv. 36, H. 10,3 cm, inédit.
  • 54 Moreno 1995, p. 140-147 et figure.
  • 55 Musée de Homs, inv. 25, H. 10 cm, inédit.
  • 56 Voir le Géant taurin de la frise sud de l’autel de Pergame (Queyrel 2005, p. 61, fig. 52) ou celui (...)
  • 57 Voir par exemple les Germains sur la colonne de Marc Aurèle : Becatti 1960, p. 47-82.
  • 58 Allag, Blanc & Parlasca 2010, p. 205.

24Une tête de très jeune homme, couronné d’un simple jonc, à la façon de Philippe II de Macédoine, rappelle les tout premiers portraits d’Alexandre dont il a aussi la coiffure bouclée51 (fig. 15a). Cependant cette tête d’un très petit format, dont le sommet du crâne n’est pas travaillé, occupait une place secondaire dans le décor : une cheville verticale triangulaire permet de supposer un buste, voire un personnage en pied. Il pourrait alors s’agir d’un jeune dédicant ou d’un ministre du culte, reconnaissable encore à cette couronne que l’on voit aux portraits de prêtre en Grèce, comme en Cyrénaïque ou à Aphrodisias52. Une tête barbue et moustachue53 (H. 10,3 cm), présentant aussi l’empreinte d’une cheville triangulaire, se laisse plus aisément identifier comme un Héraklès, inspiré du type de l’Epitrapezos de Lysippe54. Une autre tête sensiblement de même format, également percée d’une cheville verticale, offre une chevelure broussailleuse et un faciès torturé, labouré de rides profondes qui composent les traits d’un monstre55 (fig. 15b). Faute de lire bien distinctement un œil unique, on retiendra un Géant plutôt qu’un Cyclope56 ; mais le traitement réaliste, à la limite de la caricature, évoque aussi le barbare suppliant, avec sa bouche déformée grande ouverte et ses yeux levés, comme au pied du général vainqueur57. La thématique triomphale est bien présente dans le programme décoratif avec les différentes figurations de Nikè, en pied ou en buste, la tête casquée et le buste à chlamyde mentionnés plus haut, sans oublier des cnémides probablement placées dans les caissons de soffite58 et deux clipei isolés.

Figure 15. Têtes non situées dans le décor : a. Musée de Homs ; b. Musée de Homs ; c. Musée de Palmyre ; d. Musée de Palmyre

Figure 15. Têtes non situées dans le décor : a. Musée de Homs ; b. Musée de Homs ; c. Musée de Palmyre ; d. Musée de Palmyre

© N. Blanc

  • 59 Musée de Palmyre, sans inv., H : 9,3 cm ; Blanc 2014, p. 340, pl. CXIX, fig. 4a.
  • 60 Musée de Palmyre, sans inv., H : 7,9 cm.
  • 61 L. Laugier, in Hasselin Rous, Laugier & Martinez 2009, p. 170-191 et figure.
  • 62 Voir par exemple une lampe conservée à Amman, Musée archéologique, inv. J.2460 : Voie royale 1986, (...)
  • 63 Musée de Palmyre, sans inv., H : 9,6 cm. Blanc 2014, p. 340, fig. 4b.
  • 64 Smith 1996b, fig. 60.

25Trois têtes de Nubiens illustrent la diffusion du thème, bien répandu dans l’art hellénistique et romain mais inconnu jusqu’ici en stuc. Le revers ne permet pas de déterminer le type de support qu’ils ornaient, ni même s’ils appartenaient ou non à un corps et, de fait, ils ne présentent aucune homogénéité. L’un, figuré de profil, est coiffé d’un bonnet phrygien d’où dépassent des cheveux crépus59. La lèvre inférieure fortement saillante, le menton très proéminent le rangent parmi les représentations caricaturales. Un deuxième, également figuré de profil, rentre dans la même catégorie : traits négroïdes accentués, oreille démesurée60 (fig. 15c). Le motif, originaire peut-être d’Alexandrie, est très populaire, en particulier dans la petite plastique de terre cuite où il permet de renouveler, sur le mode réaliste ou grotesque, des sujets de genre dont les héros sont souvent de jeunes esclaves : lanternarius, jongleur, danseur, acrobate, tireur d’épine61. Traité en tête ou en buste, le motif fonctionne sur la variété des types ethniques figurés, et orne souvent vases et lampes, autres vecteurs de circulation des modèles, dont les stucateurs pouvaient aisément bénéficier62. Le troisième, en revanche, est vu de face ; les courts cheveux crépus sont surmontés d’un bourrelet, vestige de coiffe ou de support63. Le traitement du type ethnique, plus réaliste, évoque davantage un modèle sculpté : il n’est pas sans rappeler un célèbre bronze hellénistique figurant un jeune garçon trouvé à Bodrum64.

  • 65 Chaisemartin 2006.
  • 66 Parlasca 1985, pl. 63a et 64a.
  • 67 Musée de Palmyre, sans inv., H. 12,9 cm, inédite.
  • 68 Musée de Palmyre, sans inv., H. 9,6 cm, inédite.
  • 69 Pollux, Onomasticon, IV, 38 : Loisy 1989, p. 107(38).

26Comme sur la corniche, les têtes féminines ne sont pas aisées à identifier. Parmi les clefs de lecture, il faut évidemment prendre en compte le répertoire du théâtre auquel l’architecture en Orient recourt si souvent dans le décor des édifices : exemple emblématique, la frise ionique du Propylon du Sébasteion d’Aphrodisias, datée de Tibère, qui aligne sur deux niveaux des masques scéniques que l’onomastique de Pollux permet de déchiffrer65. À la différence d’autres sites à Palmyre66, les têtes féminines dont nous parlons ne reproduisent pas un masque au sens propre du terme, néanmoins certains traits caractéristiques nous invitent à rechercher les types de la comédie moyenne ou nouvelle qui ont inspiré ces visages. Ainsi, un exemplaire, bien que très fragmentaire, se laisse identifier comme une petite courtisane, grâce à la chevelure relevée et nouée en touffe au sommet du crâne avec un ruban67. Mieux conservé, un visage au menton pointu dont la coiffure en bandeau est complétée au centre d’un ornement, nœud ou bijou, présente distinctement une oreille percée68 (fig. 15d). On reconnaîtra, selon l’onomastique de Pollux « la parfaite courtisane » qui « porte des boucles d’oreilles »69.

  • 70 Blanc 2014, p. 344-346, pl. CXXI, 10a-f.

27On aura vu que l’étude du corpus figuré de la source Efqa pose de nombreux problèmes. Le premier tient à l’impossibilité de replacer nombre d’éléments dans le décor actuellement restitué, et plus largement dans un contexte architectural, même hypothétique, faute de données archéologiques. Mais ce ne sont pas les seuls obstacles à la compréhension du projet, sinon du programme, développé par les stucateurs. Selon l’angle considéré, ces vestiges appartiennent à deux univers : celui des métropoles gréco-romaines de l’Est hellénisé, et celui du monde palmyrénien. Certes, le premier domine dans les modèles de la figuration qui apparentent ces reliefs à de véritable sculptures, se donnant à voir comme telles dans cette pseudo-galerie dont on ignore la fonction et le commanditaire. Mais l’analyse iconographique et stylistique des pièces isolées doit aussi prendre en compte le contexte local. Le « collage » opéré ici est typiquement régional, et doublement : par la pratique du stuc en haut relief, héritée des revêtements figurés parthes, et par la place de la figuration dans l’architecture70. D’autres trouvailles palmyréniennes présentent les mêmes particularités que la source Efqa, ce qui pose la question des ateliers actifs dans la cité. Leur caractérisation est d’autant plus nécessaire qu’elle nous aiderait sans doute à fixer une chronologie au moins relative. Il faut pour cela une enquête large, dont ce colloque a posé les bases, sur les stucs mis au jour dans la région.

Haut de page

Bibliographie

Allag (C.) 2014
« Corniches de Palmyre : l’art de la profusion », Zimmermann 2014, p. 331-336.

Allag (C.), Blanc (N.) & Parlasca (K.) 2010
« Palmyre : stucs trouvés près de la source Efqa (site de l’hôtel Méridien) », Syria 87, p. 191-227.

Au pays de Baal et Astarté 1983
Au pays de Baal et Astarté - 10 000 ans d’art en Syrie, cat. expo., Paris.

Becatti (G.) 1960
La colonna coclide istoriata : problemi storici, iconografici, stilistici, Rome.

Blanc (N.) 2014
« Les stucs architecturaux figurés de Palmyre (Syrie) : entre modèle parthe et modèles gréco-romains », Zimmermann 2014, p. 337-348.

Chaisemartin (N. de) 1990
« Les modèles grecs classiques des têtes de la frise du Portique de Tibère », C. Rouéché & K. T. Erim (éd.), Aphrodisias Papers 1 (JRS, suppl. 1), Ann Arbor (MI), p. 119-132.

Chaisemartin (N. de) 2006
« La frise ionique à masques scéniques du Propylon du Sébasteion d’Aphrodisias », RA 41, p. 33-82.

Da Ebla a Damasco 1985
Da Ebla a Damasco - 10 000 anni di archeologia in Siria
, cat. expo., Rome.

Dentzer-Feydy (J.) 1992
« Les linteaux sculptés à figures divines en Syrie méridionale », RA, p. 65-102.

Eliav (Y. Z.), Friedland (E. A.) & Herbert (S.) dir. 2009
The sculptural environment of the roman Near East, Reflections on culture, ideology and power (Interdisciplinary studies in ancient culture and religion 9), Louvain/Dudley (MA).

Éristov (H.), Blanc (N.) & Allag (C.) 2009
Les stucs trouvés près de la source Efqa à Palmyre (DAS XVI), Damas.

Éristov (H.), Vibert-Guigue (C.) & Sarkis (N.) 2006-2007
« L’art de la peinture murale dans l’Antiquité : un tombeau peint à Palmyre », AAAS XLIX-L, p. 149-159.

Fuchs (M.) 1963
Die Schiffsfund von Mahdia, Tübingen.

Gawlikowski (M.) 1970
Monuments funéraires de Palmyre, Varsovie.

Ginouvès (R.) 1992
Dictionnaire méthodique de l’architecture grecque et romaine, II, Athènes/Rome.

Hasselin-Rous (I.), Laugier (L.) & Martinez (J.‑L.) dir. 2009
D’Izmir à Smyrne : découverte d’une cité antique, cat. expo., Paris, Musée du Louvre, 11 oct. 2009-18 janv. 2010, Paris.

Henning (A.) 2013
Die Turmgräber von Palmyra. Eine lokale Bauform im kaiserzeitlichen Syrien als Ausdruck kultureller Identität (OrA 29), Rahden.

Land des Baal 1982
Land des Baal - Syrien, Forum der Völker und Kulturen, cat. expo., Mayence.

Loisy (R.) 1989
« Catalogue des masques de théâtre d’après Julius Pollux », C. Landes (éd.), Le goût du théâtre à Rome et en Gaule romaine, cat. expo. Lattes, p. 103-108.

Morawietz (G.) 2000
Der gezähmte Kentaur. Bedeutungs-veränderungen der Kentaurenbilder in der Antike, Münich.

Moreno (P.) 1995
L’arte et la fortuna, Milan.

Parlasca (K.) 1985
« Figürliche Stuckdekorationen aus Palmyra. Altere Funde », DamMitt, p. 201-206.

Parlasca (K.) 1996
« Funde figürlicher Stuckdekorationen auf dem Gelände des Hotel Méridien in Palmyra », AAAS 42, p. 291-293.

Queyrel (F.) 2005
L’autel de Pergame. Images et pouvoir en Grèce d’Asie, Paris.

Rogge (S.) 1995
Die attischen sarkophage 1. Achill und Hippolytos (ASR IX, 1.1), Berlin.

Rosenbaum (E.) 1960
A Catalogue of Cyrenaican Portrait Sculpture, Oxford.

Ruprechtsberger (E.) éd. 1987
Palmyra. Geschichte, Kunst und Kultur der syrischen Oasenstadt, cat. expo, Linz.

Smith (R. R. R.) 1988
Hellenistic royal portraits, Oxford.

Smith (R. R. R.) 1996a
« Archaeological research at Aphrodisias, 1989-1992 »,
C. Rouéché, R. R. R. Smith, Aphrodidias Papers 3 (JRA, suppl. 20), Ann Arbor (MI).

Smith (R. R. R.) 1996b
La sculpture hellénistique, Paris.

Syrie, Mémoire et civilisation 1993
Syrie, Mémoire et civilisation, cat. expo., Paris.

Tober (B.) 2013
« Stuck und Wandmalerei », A. 
Schmidt-Colinet, W. Al-Assad (éd.), Palmyras Reichtum durch Weltweiten Handel. Archäologische Untersuchungen im Bereich der hellenistischen Stadt 1. Architektur und ihre Ausstattung, Vienne, p. 170-259.

Voie royale 1986
La Voie royale - 9 000 ans d’art au royaume de Jordanie, cat. expo., Paris.

Will (E.) 1951
« Le relief de la tour de khitôt et le banquet funéraire à Palmyre », Syria 28, p. 70-100.

Zenobia 2002
Zenobia - Il sogno di una regina d’Oriente, cat. expo., Milan.

Zimmermann (N.) éd. 2014
Antike Malerei zwischen Localstil und Zeitstil. Akten des XI. internationalen Kolloquiums der AIPMA ,13.-17. september 2010 in Ephesos (ÖAW, Archäologische Forschungen 23), Vienne.

Haut de page

Notes

1 Ils furent présentés à l’occasion de grandes expositions : Land des Baal 1982 ; Au pays de Baal et Astarté 1983 ; Da Ebla a Damasco 1985 ; Ruprechtsberger 1987 ; Syrie, Mémoire et civilisation 1993 ; Zenobia 2002.

2 Les stucs figurés ont été inventoriés et enregistrés lors de trois campagnes en 2004, 2006 et 2007. Il restait à mener des missions complémentaires de vérification en vue de la publication. À l’exception des clichés professionnels de R. Gaillarde (Gamma), la documentation est constituée de photos de travail, d’où la médiocre qualité de certaines.

3 Allag, Blanc & Parlasca 2010, p. 223-225 ; contra p. 199 (hypothèse de K. Parlasca qui situe l’édicule dans la pièce A).

4 Ils sont exposés au Musée de Palmyre et, pour un certain nombre, illustrés dans Éristov, Blanc & Allag 2009.

5 Tober 2013.

6 Allag, Blanc & Parlasca 2010, p. 205-207, fig. 7-10.

7 Sur la distinction entre la console et le corbeau, voir Ginouvès 1992, II, p. 147, n. 107.

8 Dans ce célèbre passage (De arch., VII 5,3), Vitruve condamne le caractère irréaliste des architectures figurées dans les peintures de Troisième style.

9 Cf. la contribution de C. Allag dans ce volume, fig. 11. Cette hybridation des formes est sans doute favorisée par le fait que les artisans n’hésitent pas à utiliser les mêmes motifs dans des contextes différents : ainsi les feuilles (ou écailles rondes) des consoles sont employées aussi pour figurer le plumage des oiseaux ; de même, on retrouve les feuilles lancéolées pour les ailes des aigles sur les reliefs de pierre, par exemple sur un linteau de Rahlé (Hermon) : Dentzer-Feydy 1992, p. 73, fig. 9 (tournant de l’ère).

10 Fragments conservés dans les réserves du Musée de Palmyre. En cours d’étude par C. Delplace et J. Dentzer-Feydy : voir la contribution de C. Delplace dans ce volume.

11 Will 1951, p. 98.

12 Dentzer-Feydy 1992, p. 86-95, fig. 29, 33-34.

13 Une main brandissant un bâton ou une torche, en applique sur la moulure de feuilles, pose le même problème : Allag, Blanc & Parlasca 2010, p. 213-214, fig. 20.

14 Cf. la contribution de C. Allag dans ce volume, fig. 7.

15 Je remercie Marie-Christine Fayant qui m’a fait connaître ce texte à l’occasion d’une recherche sur l’ébénisterie dans le décor architectural.

16 Étude détaillée dans Allag, Blanc & Parlasca 2010, p. 214-217.

17 Musée de Palmyre, sans inv., inédit.

18 Parlasca 1996, fig. 3.

19 Rappelons aussi que des syrinx ornaient les caissons de soffite : Allag 2014, pl. CXVI, fig. 3.

20 Musée de Palmyre, inv. 38 ; H. conservée : 28 cm ; relief max. 7 cm ; Allag, Blanc & Parlasca 2010, p. 218, fig. 26.

21 Blanc 2014.

22 Éristov, Vibert-Guigue & Sarkis 2006-2007, p. 151, fig. 1-2.5.12 et 17.

23 Tour de Iamlikhō ou Jamblique (no 51) : Gawlikowski 1970, p. 84-87, fig. 42-45 ; Henning 2013, p. 51, 95-96, 192-195, no 51, pl. 44-46.

24 Eliav, Friedland & Herbert 2009.

25 Voir les réflexions très éclairantes de Chaisemartin 1990, p. 119-120.

26 Nathalie de Chaisemartin nous a fait généreusement profiter de sa connaissance du domaine et ses suggestions ont été précieuses pour l’approche de ce corpus : nous l’en remercions chaleureusement.

27 Voir la contribution d’H. Éristov et C. Vibert-Guigue dans ce volume.

28 Musée de Palmyre, sans inv. : Blanc 2014, p. 341, pl. CXIX, fig. 5b.

29 Musée de Palmyre, sans inv. : Blanc 2014, p. 342, fig. 6.

30 Voir les deux jeunes satyres trouvés derrière l’Odéon : Smith 1996b, p. 60-63, fig. 61-62 (après restauration).

31 Morawietz 2000, p. 49-56 et figure. Nous remercions P. Linant de Bellefonds de nous avoir suggéré cette hypothèse ; l’iconographie du jeune centaure est en effet calquée très tôt sur celle du satyre.

32 Musée de Palmyre, inv. 15 ; Allag, Blanc & Parlasca 2010, p. 209, fig. 14. Cf. la contribution de C. Allag dans ce volume, fig. 10.

33 Voir l’exemplaire du musée du Capitole : LIMC, VIII, s.v. « Silenoi », no 213 et figure ; Smith 1996a, p. 128, fig. 148.

34 Musée de Palmyre, inv. 12 ; Ruprechtsberger 1987, p. 327, no 53, figure ; Zenobia 2002, p. 331, no 79, figure.

35 Fuchs 1963, p. 15, no 3, pl. 10.

36 Musée de Homs, inv. 22 ; Parlasca 1996, p. 292, fig. 5.

37 Musée de Palmyre, inv. 16 ; Allag, Blanc & Parlasca 2010, p. 210, fig. 15.

38 Musée de Palmyre, inv. 8 ; Ruprechtsberger 1987, p. 326 no 51, figure.

39 Chaisemartin 1990, p. 124, fig. 9.

40 Musée de Palmyre, inv. 10 ; Syrie, Mémoire et civilisation 1993, p. 309, no 248a.

41 Rogge 1995.

42 Cf. la contribution de C. Allag dans ce volume, fig. 2.

43 Chaisemartin 1990, p. 125, fig. 11.

44 Voir par exemple le diadoche de Houghton : Smith 1988, p. 66.157, no 11, pl. 10, 5-6.

45 Voir Dentzer-Feydy 1992, p. 82-83, no 30, fig. 25-26 (musée de Suweida), voir aussi un relief trouvé à ʿAtil, avec un buste lunaire en acrotère : p. 79, n. 60, fig. 21.

46 Blanc 2014, p. 343, pl. CXX, fig. 8.

47 Les deux fragments sont associés dans Parlasca 1996, fig. 7.

48 Queyrel 2005, p. 155, fig. 134.

49 Ruprechtsberger 1987, p. 330 no 57, figure.

50 Musée de Palmyre, inv. 44; Ruprechtsberger 1987, p. 330 no 59, figure.

51 Musée de Homs, inv. 28, H. 8,5 cm ; voir l’Alexandre (avec Héphaistion) d’Istanbul : Smith 1988, p. 67. 158, no 15, pl. 12, 3-4.

52 Smith 1996b, fig. 326 ; Rosenbaum 1960.

53 Musée de Homs, inv. 36, H. 10,3 cm, inédit.

54 Moreno 1995, p. 140-147 et figure.

55 Musée de Homs, inv. 25, H. 10 cm, inédit.

56 Voir le Géant taurin de la frise sud de l’autel de Pergame (Queyrel 2005, p. 61, fig. 52) ou celui saisi aux cheveux par une Gorgone de la frise nord (Queyrel 2005, p. 71, fig. 155).

57 Voir par exemple les Germains sur la colonne de Marc Aurèle : Becatti 1960, p. 47-82.

58 Allag, Blanc & Parlasca 2010, p. 205.

59 Musée de Palmyre, sans inv., H : 9,3 cm ; Blanc 2014, p. 340, pl. CXIX, fig. 4a.

60 Musée de Palmyre, sans inv., H : 7,9 cm.

61 L. Laugier, in Hasselin Rous, Laugier & Martinez 2009, p. 170-191 et figure.

62 Voir par exemple une lampe conservée à Amman, Musée archéologique, inv. J.2460 : Voie royale 1986, p. 227, no 293 et figure (ier-début du iie s. apr. J.-C.).

63 Musée de Palmyre, sans inv., H : 9,6 cm. Blanc 2014, p. 340, fig. 4b.

64 Smith 1996b, fig. 60.

65 Chaisemartin 2006.

66 Parlasca 1985, pl. 63a et 64a.

67 Musée de Palmyre, sans inv., H. 12,9 cm, inédite.

68 Musée de Palmyre, sans inv., H. 9,6 cm, inédite.

69 Pollux, Onomasticon, IV, 38 : Loisy 1989, p. 107(38).

70 Blanc 2014, p. 344-346, pl. CXXI, 10a-f.

Haut de page

Table des illustrations

Titre Figure 1. Palmyre, site du Méridien. Plan général : la source Efqa et les vestiges replacés dans le contexte
Crédits © Relevés et dessins : A. Taha 1975 ; J. Seigne, source Efqa, octobre 2004 ; infographie : Th. Lepaon, février 2008
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16503/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 151k
Titre Figure 2. Palmyre, site du Méridien : l’édifice aux stucs
Crédits © Relevés et dessins : A. Taha 1975 ; J. Seigne, source Efqa, octobre 2004 ; infographie : Th. Lepaon, février 2008
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16503/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 165k
Titre Figure 3. Grande console en forme de skyphos avec son couronnement (Musée de Palmyre)
Crédits © N. Blanc
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16503/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 157k
Titre Figure 4. Grande console en forme de cratère (Musée de Palmyre)
Crédits © N. Blanc
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16503/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 147k
Titre Figure 5. Relief du tombeau de Qasr al-Hayyé (Musée de Palmyre)
Crédits © R. Gaillarde (Gamma)
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16503/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 352k
Titre Figure 6. Acrotères : a. Exemplaire complet avec sa base circulaire ; b. Extrémité zoomorphe (Musée de Palmyre)
Crédits © N. Blanc
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16503/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 184k
Titre Figure 7. Détail du chapiteau du pilastre de l’édicule : buste d’Aglibol (Musée de Palmyre)
Crédits © N. Blanc
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16503/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 275k
Titre Figure 8. Amour issu d’un culot végétal : acrotère (?) (Musée de Palmyre)
Crédits © R. Gaillarde (Gamma)
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16503/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 122k
Titre Figure 9. Torse masculin idéalisé : Apollon ? (Musée de Palmyre)
Crédits © R. Gaillarde (Gamma)
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16503/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 139k
Titre Figure 10. Torse féminin : Nikè (Musée de Palmyre)
Crédits © N. Blanc
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16503/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 192k
Titre Figure 11. Console anthropomorphe (Musée de Homs)
Crédits © N. Blanc
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16503/img-11.jpg
Fichier image/jpeg, 239k
Titre Figure 12. Tête en applique sur la corniche (Musée de Palmyre)
Crédits © N. Blanc
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16503/img-12.jpg
Fichier image/jpeg, 212k
Titre Figure 13. Masque tragique en applique sur la corniche (Musée de Palmyre)
Crédits © N. Blanc
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16503/img-13.jpg
Fichier image/jpeg, 191k
Titre Figure 14. Tête féminine en applique sur la corniche (Musée de Palmyre)
Crédits © R. Gaillarde (Gamma)
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16503/img-14.jpg
Fichier image/jpeg, 102k
Titre Figure 15. Têtes non situées dans le décor : a. Musée de Homs ; b. Musée de Homs ; c. Musée de Palmyre ; d. Musée de Palmyre
Crédits © N. Blanc
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16503/img-15.jpg
Fichier image/jpeg, 326k
Haut de page

Pour citer cet article

Référence papier

Nicole Blanc, « Modalités et modèles de la figuration dans les stucs architecturaux de Palmyre : le site de la source Efqa », Syria, HS V | 2019, 283-298.

Référence électronique

Nicole Blanc, « Modalités et modèles de la figuration dans les stucs architecturaux de Palmyre : le site de la source Efqa », Syria [En ligne], HS V | 2019, mis en ligne le 07 mai 2024, consulté le 05 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/syria/16503 ; DOI : https://doi.org/10.4000/12cjf

Haut de page

Auteur

Nicole Blanc

CNRS, Archéologie & Philologie d’Orient et d’Occident, Paris.

Articles du même auteur

Haut de page

Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search