Navigation – Plan du site

AccueilSuppléments à SyriaHS VL’Asie du Sud-EstÉtude préliminaire des mortiers d...

L’Asie du Sud-Est

Étude préliminaire des mortiers de chaux et des stucs ornementaux de Batujaya, Java, Indonésie (vie-ixe siècles)

Véronique Degroot
p. 323-336

Résumés

Les temples et les stūpas de Batujaya sont à ce jour les plus anciens édifices bouddhistes connus à Java. Les fouilles ont montré l’ampleur de l’emploi de mortier de chaux dans la construction aussi bien que dans la décoration de nombreux bâtiments du site. Deux structures, Telagajaya I-C et Telagajaya I-D ont par ailleurs livré les fragments d’un riche décor stuqué : les figures humaines y côtoient les représentations animalières, les créatures mythiques, les rangs de perles ou frises de lotus. Le répertoire décoratif relève clairement de la culture hindo-bouddhique. Le style et l’iconographie de Batujaya rappelle tantôt l’art indien de l’époque (post)gupta, tantôt l’art de Dvāravatī. Batujaya, cependant, montre également des affinités avec les plus anciens temples de Java Centre, en particulier les Candi Bima et Mendut, rendant le site essentiel pour notre compréhension de la naissance de l’art javanais classique.

Haut de page

Texte intégral

  • 1 Le mot « indianisation », comme le processus culturel qu’il représente, a fait couler beaucoup d’en (...)
  • 2 Un troisième Viṣṇu a été découvert sur le même site de Cibuaya, mais il est trop fragmentaire pour (...)
  • 3 Concernant la date des inscriptions de Pūrṇavarman, consulter l’étude paléographique de de Casparis(...)
  • 4 Pour être exhaustif, il faut toutefois citer les inscriptions — seulement partiellement lisibles — (...)
  • 5 À ce sujet, voir, entre autres, Bosch 1920 et 1946, et Jordaan 1999.
  • 6 Soekmono 1979, Dumarçay 1981.

1Le site de Batujaya, découvert au milieu des années 1980 et situé dans le district de Karawang (Java Ouest), se compose d’une trentaine de tertres de faible altitude éparpillés dans les rizières (fig. 1). Passée inaperçue au-delà du petit cercle des spécialistes de l’Indonésie ancienne, la découverte de Batujaya constitua néanmoins un événement majeur pour l’historiographie de la région. Avant la mise au jour du site, les seuls témoignages de la phase initiale « d’indianisation1 » de Java étaient cinq inscriptions, émises par un certain Pūrṇavarman, roi de Tārumānāgara, ainsi que deux statues du dieu Viṣṇu trouvées à Cibuaya2. Entre ces maigres vestiges — provenant tous de Java Ouest et datés des ve-vie s.3 — et les monuments de Java Centre, il n’y avait rien4. On aurait pu croire que l’architecture et l’ornementation complexe des temples des viiie-ixe s. constituaient une génération spontanée, l’art hindo-bouddhique passant sans transition du néant à la perfection. Cet état de choses amena certains archéologues de l’époque coloniale à attribuer la construction des monuments javanais à des immigrés indiens5. D’autres experts apportèrent une explication différente : les temples plus anciens, expressions des balbutiements d’un art en devenir, auraient été détruits par les outrages du temps ou effacés par des réaménagements successifs6. Les recherches entamées à Batujaya en 1984 ont depuis lors mis au jour des monuments antérieurs au viiie s., comblant partiellement ce vide archéologique.

Figure 1. Localisation de Batujaya et Cibuaya par rapport aux sites de la culture de Buni et aux inscriptions de Pūrṇavarman

Figure 1. Localisation de Batujaya et Cibuaya par rapport aux sites de la culture de Buni et aux inscriptions de Pūrṇavarman

(d’après Manguin & Agustijanto Indradjaja 2001, fig. 5.1)

  • 7 Ces dates proviennent des recoupements faits sur la base des premières analyses de C14 et ne sont p (...)

2Batujaya est également le seul site javanais connu à avoir été occupé de façon continue du ier au ixe s. Or, dans toute l’Asie du Sud-Est, il s’agit d’une période charnière, durant laquelle les sociétés locales se sont intégrées aux réseaux internationaux reliant l’Inde à la Chine, ont adopté et adapté une langue (le sanskrit), une écriture, des religions (bouddhisme, hindouisme) et une culture politique d’origine indienne, passant de l’état de chefferies à celui de royaumes organisés. Parce qu’il éclaire les bouleversements culturels et socio-économiques qui marquèrent « l’indianisation » de l’Asie du Sud-Est, le site de Batujaya mérite d’autant plus notre attention ; chacune de ses phases, chacun de ses aspects se doit d’être étudié le plus rigoureusement possible. Dans le présent article, nous laisserons de côté les phases d’occupation protohistorique et nous concentrerons sur les monuments bouddhistes, construits et utilisés entre le vie-viie s. et le xe s.7 et, plus particulièrement, sur l’emploi qui y est fait des mortiers de chaux.

Batujaya : contexte historique et archéologique8

  • 8 Ce paragraphe est en grande partie basé sur les rapports des fouilles entreprises de 2002 à 2006 pa (...)

3Les fouilles de Batujaya ont montré que le site fut occupé dès les premiers siècles de notre ère : des traces d’une population nomade ou semi-nomade y ont été découvertes, ainsi que des sépultures relevant de la culture de Buni (iie s. av. e. c.-ive s. e. c.). Si les contacts avec le monde indien sont évidents dès cette époque — comme en témoigne la présence de céramique dite « roulettée » — il n’y a pas encore de réelle « indianisation » de la culture. Ce phénomène ne semble en effet apparaître qu’au vie-viie s., avec la construction de bâtiments religieux en briques, le plus probablement d’obédience bouddhiste.

  • 9 À ce jour, Batujaya n’a livré aucun objet de caractère hindou. Il existe toutefois un doute quant à (...)
  • 10 À propos de ces Viṣṇu mitrés, voir Dalsheimer & Manguin 1998.
  • 11 Il existe une importante littérature sur l’archéologie de Sumatra Sud. Pour un état des connaissanc (...)

4Les premières structures de briques de Batujaya seraient donc grosso modo contemporaines des statues de Cibuaya et des inscriptions de Pūrṇavarman. Pourtant, le lien entre Batujaya, Cibuaya et le royaume de Tārumānāgara ne tombe pas sous le sens : aucune inscription portant ce nom n’a été trouvée à proximité de Batujaya. De plus, les édits de Pūrṇavarman présentent ce dernier comme un roi vishnouïte alors même que les monuments de Batujaya semblent tous relever du bouddhisme9. Les inscriptions de Pūrṇavarman apparaissent davantage devoir être reliées aux Viṣṇu de Cibuaya et, au-delà, aux Viṣṇu mitrés de l’Asie du Sud-Est côtière10. On notera cependant que la présence, à Java Ouest, à époque ancienne, à la fois du vishnouïsme et du bouddhisme fait singulièrement écho à ce que l’on note à Sumatra Sud, où des statues anciennes de Viṣṇu et du Buddha ont également été découvertes11. À Batujaya, le bouddhisme semble établi dès le vie-viie s., mais certains bâtiments semblent avoir été détruits ou abandonnés dans le courant du viie s. Vers la fin de ce même siècle ou dans le courant du viiie s., le site connaît une vaste campagne de restauration et de reconstruction. Batujaya ne sera abandonné que vers le xe-xie s.

5Treize structures de briques datant de la période hindo-bouddhique ont été identifiées à ce stade. Seules certaines ont été fouillées. La plus grande structure dégagée est le Candi Blandongan (ou Segaran V). Situé plus ou moins au centre du complexe cultuel, ce grand stūpa repose sur une haute terrasse de 25 x 25 m, à laquelle on accède grâce à quatre escaliers axiaux (fig. 2-3). La plateforme est ceinte d’un haut mur, créant un déambulatoire autour du massif central. L’ensemble était vraisemblablement recouvert d’une superstructure en matériaux légers reposant sur des poteaux de bois, dont les bases de pierre ont été dégagées lors des fouilles. Un second stūpa a pu être clairement identifié : il s’agit du Candi Jiwa (ou Segaran I), situé sur un tertre proche, à 200 m au sud-est de Blandongan. La majorité des autres structures sont vraisemblablement aussi des édifices religieux, sans que l’on puisse établir avec certitude s’il s’agit de stūpas, de salles de prières ou de temples.

Figure 2. Le stūpa de Blandongan (Segaran V) après restauration

Figure 2. Le stūpa de Blandongan (Segaran V) après restauration

© V. Degroot

Figure 3. Plan de Blandongan (Segaran V)

Figure 3. Plan de Blandongan (Segaran V)

(d’après Hasan Djafar 2010, pl. 11)

Enduits et bétons à base de mortier de chaux du Candi Blandongan

  • 12 Hasan Djafar fait état de la découverte de traces de stucs « à plusieurs endroits du mur du pied de (...)

6Comme en témoignent plusieurs bâtiments, la chaux a été largement employée dans la construction et l’ornementation des monuments de Batujaya. On en a découvert des traces à Segaran II-B, Blandongan (Segaran V), Telagajaya I-A, Telagajaya I-C, Telagajaya I-D et Telagajaya V12. Il est fort probable que l’emploi de la chaux était généralisé et que tous les monuments étaient jadis recouverts d’un enduit de protection. La piètre conservation des édifices — dont il ne reste généralement que la base — et les conditions environnementales (milieu rizicole, inondations fréquentes, nappe phréatique très proche de la surface) expliquent que les mortiers de chaux n’aient, dans de nombreux cas, pas résisté aux siècles.

  • 13 En ce qui concerne la chronologie et les phases d’occupation du Candi Blandongan, voir Manguin & Ag (...)
  • 14 Cette datation se base sur les résultats d’analyse de plusieurs charbons trouvés à l’interface entr (...)

7Le grand stūpa de Blandongan est le fruit d’une histoire architecturale complexe dont la chronologie n’a pas encore été établie avec certitude13. Aussi n’en mentionnerons-nous que les étapes principales. Peu de choses sont connues du monument initial, sans doute construit vers le vie s.14, si ce n’est que sa base avait à peu près les mêmes dimensions que celle de l’édifice actuel, et que ses façades étaient rythmées de colonnes engagées. Les quelques éléments de cette première structure, qui ont pu être examinés lors de la fouille et de la restauration, ne portent pas de trace de chaux.

  • 15 Nous devons une grande partie des observations qui suivent à Christophe Pottier, architecte et maît (...)
  • 16 À propos des tablettes votives de Blandongan, voir Peter Ferdinandus 2002 et Agustujanto Indrajaya (...)
  • 17 Analyse effectuée en 2005 par Azwar Manaf (Laboratorium Pusat Kajian Ilmu Material, Universitas Ind (...)

8Le bâtiment a ensuite été fortement remanié15 : les colonnes ornementales ont été partiellement arasées et la base a été recouverte d’un nouveau parement de brique (fig. 4). Au-dessus de l’assise de réglage fut construite une haute plinthe surmontée d’un large tore. Plus haut, la façade fut ornée d’une frise de rectangles en saillie aux bords biseautés, rappelant les imitations de solives que l’on trouve souvent dans l’architecture indienne. Un réglet vint compléter la modénature de la base et établir une distinction formelle entre le soubassement et le mur du déambulatoire qui le surmonte. Dès cette deuxième phase, le temple présentait déjà plus ou moins l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui. La base, de plan carré, était agrémentée de ressauts aux angles et sur les axes (ces derniers abritant les escaliers). Les colonnes de la première phase furent recouvertes et transformées en pilastres. La plateforme sur laquelle se dressait le stūpa fut bordée d’un mur percé de quatre portes axiales et de huit baies (réparties sur les façades nord-est et sud-ouest). La datation d’une brique au C14 place cette seconde phase de construction entre 680 et 980 e. c. La découverte, en plusieurs points au pied du temple, de fragments de tablettes votives d’un type bien connu en Asie du Sud-Est, permet de préciser cette datation et d’établir que le nouvel édifice était déjà utilisé vers le viie-viiie s.16. Des traces d’enduit à base de chaux et de sable ont été repérées sur les façades extérieures, de l’assise de réglage jusqu’au tore. L’analyse de la composition de cet enduit a montré que le mélange était composé de CaO (57,7 %), SiO2 (29,8 %), Al2O3 (6,2 %), Fe2O3 (3,8 %), K2O (1,4 %) O2 (0,7 %), SrO (0,2 %) et TiO2 (0,2 %)17.

Figure 4. Blandongan (Segaran V), détail d’une colonne engagée de la première phase de construction découverte lors du démontage d’un pilastre

Figure 4. Blandongan (Segaran V), détail d’une colonne engagée de la première phase de construction découverte lors du démontage d’un pilastre

© V. Degroot

  • 18 Si le stūpa est fait des mêmes matériaux que ceux utilisés lors de la troisième phase de constructi (...)
  • 19 Cf. n. 17.
  • 20 À Telagajaya I-A, comme au Candi Blandongan, le sol de béton fait partie d’un réaménagement tardif, (...)

9Le Candi Blandongan a encore été remanié au moins une fois dans le courant du ixe s. Les escaliers d’accès ont alors été modifiés et une chape de béton a été coulée sur le sol, autour du massif central ainsi que dans les encadrements de fenêtres. Le même béton a été utilisé pour le parement du grand stūpa à âme de brique qui couronnait le massif central18. Il s’agit d’un mélange de chaux et de galets de petites dimensions (inférieures à 5 cm), posé en une couche de 10 à 15 cm d’épaisseur. La composition chimique du liant est la suivante : CaO (86,8 %), SiO2 (5,4 %), Fe2O3 (2,5 %), SrO (1,7 %), Al2O3 (1,5 %), K2O (1,1 %), PO4 (0,7 %) et O2 (0,3 %)19. Des fragments d’un sol similaire ont été mis au jour lors de la fouille de Telagajaya I-A et I-C20. À Blandongan comme à Telagajaya I-A, seule la matrice du béton a été conservée ; la surface de finissage a, quant à elle, disparu. À Telagajaya I-C, en revanche, le sol de béton a conservé son aspect d’origine.

Les éléments stuqués de Telagajaya I-C

  • 21 L’analyse de la composition chimique a montré que le liant employé dans la composition du béton de (...)
  • 22 On peut ajouter que la partie préservée n’est donc pas un simple soubassement mais bien le corps du (...)

10Le tertre de Telagajaya I se situe à environ 250 m à l’ouest du stūpa de Blandongan. Quatre structures de briques y ont été identifiées. Parmi celles-ci, Telagajaya I-C est la plus septentrionale. Le bâtiment présente un plan carré à redents de 6,5 x 6,5 m ; il est muni d’un escalier faisant saillie sur la façade nord-est (fig. 5). Seule la partie inférieure des murs est préservée, sur une hauteur d’environ un mètre. Les fouilles ont révélé la présence, tout autour de l’édifice, d’un sol de béton, parfaitement lissé, d’à peu près un mètre de large21. Les vestiges d’un sol identique, en galets et mortier de chaux, ont été découverts à l’intérieur de l’édifice, prouvant que la structure possédait un espace interne et n’était donc pas un stūpa22. Un fragment d’épaule, provenant d’une statue en stuc de grandes dimensions, a été trouvé le long du mur sud-est.

Figure 5. Telgajaya I-C, plan du temple

Figure 5. Telgajaya I-C, plan du temple

(d’après Hasan Djafar 2010, pl. 20)

  • 23 Voir Manguin & Agustijanto Indradjaja 2006 ; Hasan Djafar 2010, p. 52-54 et 86-88.
  • 24 Des vestiges d’enduit de chaux ont été découverts au Borobudur, sur les façades extérieures du Cand (...)

11Les fouilles de 2002 ont apporté un élément plus précieux encore : la découverte, parmi les décombres, de nombreux fragments d’un riche décor stuqué23. Si les archéologues connaissaient depuis longtemps l’utilisation du stuc dans l’architecture indonésienne ancienne, c’était la première fois que l’on en retrouvait plus que quelques traces éparses24. Les stucs de Telagajaya I-C sont cependant très fragmentaires et il s’avère difficile d’avoir une vue d’ensemble de l’ornementation. On peut toutefois s’essayer à dresser un premier inventaire iconographique.

  • 25 Comparer, par exemple, avec les sculptures de Deogarh ou de Khoh. Au temple des Dasavatara de Deoga (...)
  • 26 Notons que la main est représentée les doigts repliés sur la paume, ce qui laisse penser que le per (...)
  • 27 Un de ces doigts mesure près de 10 cm de long pour 2,5 cm de diamètre. Il est sans doute à mettre e (...)

12Parmi les stucs mis au jour se trouvent les fragments de six têtes humaines mesurant entre 7 et 10 cm. Quatre de ces visages sont ronds, semblables à ceux des chérubins, ce qui permet leur identification : il s’agit vraisemblablement de gaṇas, déités de second rang souvent employées comme atlantes dans le décor des temples hindous et bouddhistes (fig. 6). Ces personnages sont particulièrement communs en Inde, à Java Centre et dans la culture de Dvāravatī (Thaïlande). Des gaṇas de Telagajaya I-C, seuls les visages subsistent ; la chevelure a disparu dans quatre des cas. L’analyse stylistique est donc assez hasardeuse. Les proportions, le modelé et les yeux ronds des gaṇas de Telagajaya I-C semblent toutefois les distinguer de la plupart de leurs homologues thaïlandais des viie-viiie s. et javanais des viiie-ixe s. Une des têtes, moins ronde, n’a peut-être pas appartenu à un gaṇa (fig. 7). Elle rappelle particulièrement l’art indien (post-)gupta, non seulement par ses proportions et sa délicatesse, mais, plus spécifiquement, par le rendu des cheveux : divisés en deux par une raie médiane, les cheveux, peignés et aplatis au sommet du crâne, retombent en boucles épaisses sur les épaules25. Deux fragments de pieds, petits et dodus, ont également été découverts, ainsi qu’un fragment de main et un genou26. Au vu de leurs dimensions et de leurs proportions, ces fragments proviennent vraisemblablement aussi de gaṇas. Les seuls autres vestiges de représentations humaines sont quelques fragments de doigts de statues ou de haut-reliefs de grandes dimensions27.

Figure 6. Telagajaya I-C, têtes de gaṇas

Figure 6. Telagajaya I-C, têtes de gaṇas

© P.-Y. Manguin

Figure 7. Telagajaya I-C, stuc d’influence indienne

Figure 7. Telagajaya I-C, stuc d’influence indienne

© P.-Y. Manguin

  • 28 Sept proviennent de pattes antérieures, un de patte postérieure.
  • 29 Ce même triangle se retrouve de façon systématique sur les représentations javanaises de kālas et a (...)

13Mises à part les figures anthropomorphes, les fouilles ont livré de nombreux fragments de motifs animaliers, dont beaucoup proviennent de créatures au profil léonin. On compte ainsi huit fragments de pattes de félin28, tous suggérant que les animaux se tenaient les pattes antérieures levées. Trois têtes de félin ont également été identifiées, dont deux sont bien conservées. Ces lions ont l’aspect doux qu’ils ont souvent dans l’art javanais. On remarquera la présence d’un motif en forme de triangle situé entre les deux yeux, à la base de l’arête du nez, qui rappelle les lions de Borobudur ou du Candi Bubrah (Java Centre, fin viiie-déb. ixe s.)29.

  • 30 La tête des vyāla est tantôt plus canine, tantôt plus féline. À Java, ils ont systématiquement l’al (...)

14Deux autres têtes doivent sans doute être associées à des animaux au corps de félin. La première a souvent été identifiée comme une chèvre ou un chien (fig. 8). L’animal représenté possède en effet un long museau, ce qui lui confère un profil canin ; il est également muni de cornes striées et courbées vers l’arrière — d’où la comparaison avec une chèvre. Il n’y a pas, à ma connaissance, d’autres représentations en ronde bosse ou en haut relief de cet animal dans l’art javanais. Un animal mythique à corps de lion, long museau et cornes se trouve toutefois sur un bas-relief du Candi Mendut (corps du temple, mur nord-est) ; il fait partie d’une des deux bandes ornementales encadrant le relief de Maitreya. L’animal en question est en revanche assez commun en Inde où on désigne sous le nom de vyāla/vyālaka/yali un monstre à corps de lion, tête de chien et cornes30.

Figure 8. Telagajaya I-C, vyāla

Figure 8. Telagajaya I-C, vyāla

© P.-Y. Manguin

  • 31 À ma connaissance, les garuḍa javanais sont représentés avec des oreilles, mais jamais avec des cor (...)
  • 32 À propos du bouddha sur Phanasbodi dans l’art de Dvāravatī, voir Rungrot Thamrungrueang 2009.
  • 33 À Mendut, un griffon pourrait être figuré à la base du motif végétal qui encadre le panneau de Kṣit (...)

15La seconde tête d’animal mythique découverte à Telagajaya I-C, quoique possédant un bec, n’est manifestement pas un oiseau : elle présente également des oreilles et des cornes striées. Ce dernier détail permet a priori d’exclure l’hypothèse d’un garuḍa31. L’absence de corps auquel relier cette tête rend son identification délicate. On peut penser à Phanasbodi, animal hybride et véhicule du bouddha, assez fréquemment représenté dans l’art de Dvāravatī32. Il peut également s’agir d’une sorte de griffon, tel qu’on le voit quelquefois figuré dans l’art indien. Jusqu’à présent, Phanasbodi est inconnu à Java. Quant au griffon, il est peut-être représenté au Candi Mendut, mais de façon si stylisée qu’il est difficile de le distinguer d’un gajamukha33.

  • 34 Il est également possible que ce félin ait orné une tête de (fausse) solive, comme c’est parfois le (...)
  • 35 Sorte de tête de lion à cornes, muni d’un motif triangulaire entre les yeux, et dont le front se pe (...)
  • 36 La présence d’une mâchoire est généralement considérée comme un facteur chronologique relativement (...)
  • 37 Si la tête est effectivement celle d’un lion et non un kāla, il n’y a aucune raison particulière ni (...)

16Un dernier motif animalier a été mis au jour dans les ruines du petit temple de Telagajaya I-C. Il s’agit d’une tête de félin tenant dans sa bouche le départ d’une guirlande (fig. 9). L’aspect cubique de la pièce et la présence d’une mortaise sur sa face inférieure laissent supposer que cette figure devait couronner un pilastre34. Le front de la sculpture étant endommagé, deux identifications sont possibles : tête de lion ou kāla35. Les têtes de lion employées seules (c’est-à-dire sans corps) sont, à ma connaissance, absentes de l’art javanais classique des viiie-xe s. Le motif du kāla y est en revanche omniprésent, avec ou sans mâchoire inférieure36. Cependant, par son naturalisme, la tête de Batujaya se démarque clairement des habituels kālas javanais et je serais plus encline à y voir un lion37.

Figure 9. Telagajaya I-C, tête de lion mordant une guirlande

Figure 9. Telagajaya I-C, tête de lion mordant une guirlande

© P.-Y. Manguin

  • 38 Ce motif a été défini par Mireille Bénisti comme « une bande étroite, consitituée par une suite alt (...)
  • 39 Douze fragments de frise de lotus ont été découverts, éparpillés autour du temple, ainsi que sept f (...)
  • 40 Voir, par exemple, l’élégant stūpa de Cupuwatu, les stūpas des terrasses circulaires de Borobudur o (...)
  • 41 Contrairement aux autres temples de Java Centre, dont la superstructure est de type « dravidien », (...)
  • 42 Voir, par exemple, à Bhitargaon, Nalanda, Sirpur (temple de Laxman), Pattadakal ou Ajanta. Pour des (...)

17Les fouilles de Telagajaya I-C ont également livré de nombreux fragments de décors végétaux qu’il est souvent difficile de recomposer. Trois motifs sont particulièrement fréquents : la frise de lotus, la bande à chatons38, la fleur ouverte et un motif composé d’une rangée de perles flanquée de deux fleurs39. Dans l’architecture javanaise des viiie-xe s., on trouve une double rangée de pétales de lotus à la base des stūpas40, mais la frise simple et rectiligne ne semble pas avoir appartenu au répertoire ornemental classique (fig. 10). Le seul temple javanais où cette frise est visible est le Candi Bima, sur le plateau de Dieng, un temple particulièrement atypique et généralement daté du viiie s.41. Le motif, en revanche, est relativement fréquent en Inde, où l’on trouve des rangées de pétales de lotus sur les corniches, les niches, les piliers ou les portes42. Il est difficile de dire quelle était la position des frises trouvées à Telagajaya I-C, mais aucun des fragments ne semble avoir orné un élément circulaire — ce qui, a priori, exclut la possibilité qu’ils aient orné un stūpa. Plusieurs fragments montrent que la frise de pétales de lotus était bordée d’une rangée de perles.

Figure 10. Telagajaya I-C, frise de lotus

Figure 10. Telagajaya I-C, frise de lotus

© P.-Y. Manguin, V. Degroot

  • 43 À Borobudur, des bandes à chatons simples ornent le cou des makaras d’échiffre de la terrasse infér (...)
  • 44 Voir Bénisti 1969 et 1970.

18Les quelques fragments de bande à chatons trouvés à Telagajaya I-C sont constitués d’une suite alternée de ronds et de quadrangles aux côtés latéraux courbes. Ce type très simple de bande à chatons est extrêmement rare à Java, où les chatons ronds sont le plus souvent remplacés par des chatons bilobés où la bande prend fréquemment l’aspect d’une série florale. On trouve cependant des chatons simples (mais ovales) à Borobudur, Mendut, Sari et Sewu, des temples datés de la seconde moitié du viiie s.43. Le motif, dans sa version simple (quadrangle et rond/ovale), semble en revanche avoir été particulièrement populaire en Inde — surtout du vie au viiie s. — ainsi qu’au Cambodge pré-angkorien, de la fin du style de Sambor Prei Kuk au style de Kompong Preah (viie-viiie s.)44.

  • 45 Sur la base du plus grand de ces fragments, les niches devaient mesurer 40-60 cm de large.

19Les fleurs ouvertes étant très fréquentes dans la culture hindo-bouddhique, à toutes époques et dans toutes les positions, nous ne nous y attarderons pas. En ce qui concerne les fragments montrant un rang de perles flanqué de deux fleurs/plantes, nous noterons que tous sont courbes et devaient appartenir à un motif arqué ou une arcade. Par ailleurs, ils existent en deux dimensions différentes, ce qui suggère qu’ils proviennent de la partie haute de l’édifice. Dans la tradition architecturale indienne et javanaise, la superstructure des temples est en effet constituée de degrés reprenant en plus petit le décor de l’étage inférieur. Il est probable qu’il s’agisse de fragments d’antéfixes ou de kudu. Mises à part ces petites pièces, deux segments d’arcades d’assez grandes dimensions laissent à penser que les murs étaient rythmés par des niches45.

  • 46 Les échiffres d’escalier se terminent par une volute. Manguin & Agustijanto Indradjaja 2006 considè (...)

20D’un point de vue technique, il est intéressant de noter que toutes les sculptures et les décors ont été exécutés directement dans le stuc, sans que la brique ait été façonnée au préalable. Pour les hauts-reliefs, une brique non taillée fait office d’âme (fig. 11). Plusieurs couches de stuc sont alors appliquées jusqu’à obtenir le modelé définitif. Les seules exceptions concernent les échiffres d’escalier et les arcades de grandes dimensions, où la forme générale a été taillée dans la brique avant que celle-ci ne reçoive le décor stuqué46.

Figure 11. Telagajaya I-C, détail du dos de la fig. 7

Figure 11. Telagajaya I-C, détail du dos de la fig. 7

© P.-Y. Manguin

Ornementation de Telagajaya I-D

  • 47 Voir Manguin & Agustijanto Indradjaja 2006 et Hasan Djafar 2010, p. 54.
  • 48 Aucune porte ne s’ouvre sur cet espace interne : il s’agit sans doute non d’une pièce, mais d’un so (...)

21Sur le même tertre que Telagajaya I-C, à une cinquantaine de mètres vers le sud, ont été dégagés les vestiges d’un autre bâtiment : Telagajaya I-D47. Il s’agit d’un édifice rectangulaire de 8,4 x 5,6 m, dont les murs présentent un léger ressaut médian (fig. 12). L’escalier d’accès se trouvait vraisemblablement sur la façade nord-est. Les murs, particulièrement épais (1,6 m), ceignent un espace central de 5,2 x 2,4 m48. De nombreux fragments de briques courbes, quadrangulaires et octogonales — percées d’une mortaise — donnent à penser que le bâtiment était jadis couronné de stūpas miniatures de différentes dimensions, comme on en trouve fréquemment dans la superstructure des monuments bouddhistes de Java. La stratigraphie montre que Telagajaya I-D a connu au moins deux phases d’utilisation. La première phase commence avec la construction de l’édifice et correspond à une utilisation religieuse. Elle est suivie d’une destruction — pouvant résulter d’un abandon — et d’un réaménagement sommaire des décombres, sur lesquels on dresse alors une structure de bois.

Figure 12. Telgajaya I-D, plan de la structure

Figure 12. Telgajaya I-D, plan de la structure

(adapté de V. Bernard [rapport interne Mission Tarumanagara 2004] et Hasan Djafar 2010, pl. 21)

  • 49 Manguin & Agustijanto Indradjaja 2006.
  • 50 Les doigts font 4-5 cm de l’extrémité de l’ongle à l’articulation entre la première et la deuxième (...)
  • 51 Beaucoup plus si l’on compte tous les petits fragments bouclés, qui sont sans doute des morceaux de (...)
  • 52 Il pourrait s’agir d’oies, mais ces fragments sont d’assez grandes dimensions, ce qui est inhabitue (...)

22Des vestiges d’enduit de chaux ont été observés sur les plinthes, à un niveau contemporain de la première occupation de l’édifice. Tous les fragments de stucs ornementaux ont été trouvés le long de la façade nord-est, ce qui suggère que seule cette partie du temple en était pourvue49. Les stucs de Telagajaya I-D sont très fragmentaires et moins bien conservés que ceux de Telagajaya I-C. Dix morceaux de représentations humaines ont pu être identifiés. Un fragment de visage, deux genoux et deux nez appartiennent à des sculptures de petites dimensions — sans doute comparables aux gaṇas de Telagajaya I-C. Un fragment de front avec œil gauche, trois doigts et l’avant d’un pied proviennent de statues dont la taille devait avoisiner la taille humaine50. Parmi les motifs animaliers, les lions dominent : on en compte au moins neuf fragments — sept pattes et deux têtes51. Comme à Telagajaya I-C, la morphologie des pattes indique que les félins se tenaient avec au moins une patte antérieure levée. Un autre animal est également présent à Telagajaya I-D : l’éléphant. On en possède une oreille et deux pattes. Deux fragments d’un troisième animal — malheureusement non dentifié — ont été mis au jour lors des fouilles (fig. 13). La tête et le cou sont allongés, l’œil est en amande et l’épaule est ronde et peu marquée52.

Figure 13. Telagajaya I-D, têtes d’oie ?

Figure 13. Telagajaya I-D, têtes d’oie ?

© P.-Y. Manguin

  • 53 Respectivement dix-sept et deux fragments.
  • 54 À propos de ce motif et de son emploi à Java Centre, voir Klokke 2006, p. 56.

23Parmi les motifs végétaux, on retrouve la frise de pétales de lotus et la fleur ouverte53. Pour autant que leur état de conservation permette de le dire, les fragments de frise de Telagajaya I-D sont similaires à ceux de Telagajaya I-C et étaient également bordés d’un rang de perles. Deux chatons rectangulaires et deux chatons circulaires figurent parmi les stucs exhumés, mais ils ne sont pas en connexion et n’appartenaient peut-être pas à une bande à chatons. On compte également des rangs de perles — simples ou doubles, droits ou torsadés — ainsi que des extrémités de pendeloques (?) et des bordures de feuilles (fig. 14). Ces dernières, encadrées de deux bandes sans décor, sont d’un type bien connu à Java Centre, où elles ornent habituellement des éléments verticaux, tels les côtés des niches ou les piédroits des portes. La façon dont la feuille la plus large se recourbe vers l’intérieur rappelle particulièrement les monuments les plus anciens de Java Centre, construits dans la seconde moitié du viiie s.54.

Figure 14. Telagajaya I-D, bordure de feuilles

Figure 14. Telagajaya I-D, bordure de feuilles

© P.-Y. Manguin

Conclusion

24Les stucs ornementaux de Batujaya sont très fragmentaires. Ils permettent pourtant de faire quelques observations intéressantes. Tout d’abord, la technique du haut-relief en stuc est parfaitement maîtrisée. Ensuite, les motifs décoratifs relèvent entièrement du répertoire iconographique hindou et/ou bouddhique (gaṇas, lions, vyāla, bande à chatons, lotus), montrant que l’on a affaire à un art « indianisé » et non pas « en voie d’indianisation ». Il est en revanche plus difficile de déterminer, sur la seule base des stucs, si ces temples sont les œuvres d’artisans indiens ou d’artisans locaux. Certes, les éléments décoratifs identifiés à Telagajaya I-C et Telagajaya I-D se retrouvent également à Java Centre, mais beaucoup, comme les vyāla et la frise de pétales lotus, y sont rares. Quant aux motifs les plus typiques de l’art javanais ancien — le makara et le kāla sans mâchoire inférieure, ils ne sont pas représentés parmi les fragments exhumés lors des fouilles. Certains détails stylistiques de Telagajaya I-C sont une réminiscence de l’art (post)gupta. On serait tenté d’attribuer aux stucs de ce temple une datation relativement haute, vers le viie-viiie s.

Haut de page

Bibliographie

Agustijanto Indrajaya 2013
« Votive Tablets from Batujaya, Karawang, West Java: A Comparative Study », M. J.
Klokke & V. Degroot (ed.), Unearthing Southeast Asia’s Past. Selected Papers from the 12th Conference of the European Association of Southeast Asian Archaeologists, 1, Singapore, NUS Press, p. 246-256.

Agustijanto Indrajaya & Degroot (V.) 2012-2013
« Prospection archéologique de la côte nord de Java Centre : le district de Batang », BÉFEO 99, p. 351-384.

Baptiste (P.) & Zéphyr (Th.) éd. 2009
Dvāravatī, aux sources du bouddhisme en Thaïlande, Paris, RMN/Musée Guimet.

Bénisti (M.) 1969
« Recherches sur le premier art khmer. II “La bande à chatons”, critère chronologique ? », Arts asiatiques 20, p. 99-120.

Bénisti (M.) 1970
Rapports entre le premier art khmer et l’art indien (Mémoire archéologique 5), Paris, ÉFEO.

Bernet Kempers (A. J.) 1954
Tjandi Kalasan dan Sari (Seri Tjandi I), Jakarta, Dinas Purbakala Republik Indonesia, Penerbitan dan Balai Buku Indonesia.

Boechari 1966
« Preliminary Report on the Discovery of an Old-Malay Inscription at Sojomerto »,
Madjalah Ilmu-ilmu Sastra Indonesia 3, p. 241-251.

Boechari 2012
« Preliminary Report on the Discovery of an Old-Malay Inscription at Sojomerto »,
Melacak Sejarah Kuno Indonesia Lewat Prasasti. Tracing Ancient Indonesian History Through Inscriptions. Kumpulan Tulisan Boechari. Writings of Boechari, Jakarta, Universitas Indonesia, ÉFEO, Kepustakaan Populer Gramedia, p. 349-360.

Bosch (F. D. K.) 1920
« Een hypothese omtrent den oorsprong der Hindoe-Javaansche kunst », Handelingen v.h. eerste congres voor de taal-, land- en volkenkunde van Java, Solo 1919, p. 93-169.

Bosch (F. D. K.) 1946
Het vraagstuk van de Hindoe-kolonisatie van den archipel, Leiden, Stenfert.

de Casparis (J. G.) 1975
Indonesian Palaeography. A History of Writing in Indonesia from the Beginnings to C. ad 1500 (Handbuch de Orientalistik), Leiden, Brill.

Dalsheimer (N.) & Manguin (P.-Y). 1998
« Viṣṇu mitrés et réseaux marchands en Asie du Sud-Est : nouvelles données archéologiques sur le Ier millénaire apr. J.-C. », BÉFEO 85, p. 87-123.

Dumarçay (J.) 1981
Histoire de l’architecture de Java, Paris, ÉFEO.

Grifftihs (A.) 2012
« The epigraphical collection of Museum Ranggawarsita in Semarang (Central Java, Indonesia) »,
BKI 168/4, p. 472–496.

Hasan Djafar 2010
Kompleks percandian Batujaya. Rekonstruksi sejerah kebudayaan daerah pantai utara Jawa Barat, Jakarta–Bandung, Penerbit Klibat Buku Utama, ÉFEO-Orient, Pusat Penelitian dan Pengembangan Arkeologi Nasional, KITLV–Jakarta.

Hennequin (L.) 2009
« Nakhon Pathon au temps de Lucien Fournereau », Baptiste & Zéphyr 2009, p. 136-143.

Jordaan (R. E.) 1999
« The Śailendras, the Status of the Kṣatriya Theory and the Development of Hindu-Javanese Temple Architecture »,
BKI 155/2, p. 210-243.

Klokke (M. J.) 2006
« The History of Central Javanese Architecture. Architecture and Sculptural Decoration as Complementary Sources of Information », H. Chambert-Loir & B. Dagens (éd.), Anamorphoses. Hommage à Jacques Dumarçay, Paris, Les Indes Savantes, p. 49-68.

Kulke (H.) 1990
« Indian colonies, Indianization or Cultural Convergence?
Reflections on the Changing Image of India’s Role in South-East Asia », H. Schulte Nordholt (ed.), Onderzoek in Zuidoost-Azië. Agenda voor de jaren negentig (Semaian 3), Leiden, Vakgroep Talen en Culturen van Zuidoost-Azië en Oceanië, Rijksuniversiteit te Leiden, p. 8-32.

Machi Suhadi & Soekarto (M. M.) 1986
Laporan penelitian epigrafi Jawa Tengah (Berita Penelitian Arkeologi 37), Jakarta, Proyek Penelitian Purbakala Jakrta, Departemen Pendidikan dan Kebudayaan

Manguin (P.-Y.) 1998
« An Ancient Site Reascertained: the 1994 Campaigns at Kota Kapur (Bangka, South Sumatra) »,
Manguin (ed.) 1998, p. 61-81.

Manguin (P.-Y.) ed. 1998
Southeast Asian Archaeology 1994. Proceedings of the 5th International Conference of the European Association of Southeas Asian Archaeologists. Paris, 24th-28th October 1994, II, Hull, Centre for Southeast Asian Studies, University of Hull.

Manguin (P.-Y.) 2009
« Southeast Sumatra in Protohistoric and Srivijaya Times: Upstream-Downstream relations and the settlement of the Peneplain »,
D. Bonatz, J. Miksic, J. D. Neidel & M. L. Tjoa-Bonatz (ed.), From Distant Tales: Archaeology and Ethnohistory in the Highlands of Sumatra, Cambridge, Cambridge Scholars Publishing, p. 434-484.

Manguin (P.-Y.) & Agustijanto Indradjaja 2006
« The Archaeology of Batujaya (West Java, Indonesia): An Interim Report », E. 
Bacus, I. C. Glover & V. Piggot (ed.), Uncovering Southeast Asia’s Past: Selected Papers from the 10th International Conference of the European Association of Southeast Asian Archaeologists, Singapore, National University of Singapore Press, p. 247-257.

Manguin (P.-Y.) & Agustijanto Indradjaja 2011
« The Batujaya Site: New Evidence of Early Indian Influence in West Java »,
P.‑Y. Manguin, A. Mani & G. Wade  (ed.), Early Interactions between South and Southeast Asia. Reflections on Cross-Cultural Exchange, Singapore/India: Institute of southeast Asian Studies, Manohar, p. 113-136.

McKinnon (E. E.), Hasan Djafar & Soeroso 1998
« Tarumanagara?
A Note on Discoveries at Batujaya and Cibuaya, West Java », Manguin (éd.) 1998, p. 147-159.

Peter Ferdinandus 2002
Recent Archaeological Excavation in Blandongan Site, Batujaya, Karawang, West Java, Jakarta, Badan Pengembangan Kebudayaan dan Pariwisata.

Rungrot Thamrungrueang 2009
« L’image du Buddha sur Phanasbodhi », Baptiste & Zéphyr 2009, p. 82-95.

Sarkar (H. B.) 1971
Corpus of the Inscriptions of Java. Corpus Inscriptionum Javanicarum (up to 928 ad), I, Calcutta, K. L. Mukhopadhyay.

Soekmono 1979
« The Archaeology of Central Java before 800
ad », R. B. Smith & W. Watson (ed.), Early South East Asia. Essays in Archaeology, History and Historical Geography, New York / Kuala Lumpur, OUP, p. 457-472.

Sri Soejatmi Satari 1977
Laporan hasil survai kepurbakalaan di daerah Jawa Tengah bagian utara, kabupaten Pekalongan, Batang dan Kendal (Berita penelitian arkeologi 9), Jakarta, Proyek Pengembangan Media Kebudayaan, Departemen P & K.

Sri Soejatmi Satari 1978
New finds in Northern Central Java, Jakarta, Pusat Penelitian Purbakala dan Peninggalan Nasional (Bulletin of the Research Center of Archaeology of Indonesia 13) [Reprinted in Capita Selecta Bulletin of the National Research Centre of Archaeology of Indonesia, Jakarta, Pusat Penelitian dan Pengembangan Arkeologi Nasional, 2008, p. 83-99 ].

Vickery (M.) 1998
Society, Economics and Politics in Pre-Angkor Cambodia: the 7th-8th centuries, Tokyo, Tokyo Bundo.

Vogler (E. B.) 1949
De monsterkop uit het omlijstingsornament van tempeldoorgangen en –nissen in de Hindoe-Javaanse bouwkunst, Leiden, Brill.

Wisseman Christie (J.) 1995
« State Formation in Early Maritime Southeast Asia: a consideration of the Theories and the Data »,
BKI 151, p. 234-288.

Haut de page

Notes

1 Le mot « indianisation », comme le processus culturel qu’il représente, a fait couler beaucoup d’encre. Pour une discussion plus approfondie de ce sujet, voir, entre autres, Kulke 1990, Wisseman Christie 1995, Vickery 1998 et Jordaan 1999.

2 Un troisième Viṣṇu a été découvert sur le même site de Cibuaya, mais il est trop fragmentaire pour être daté (McKinnon, Hasan Djafar & Soeroso 1998, p. 154 et fig. 5 ; Dalsheimer & Manguin 1998, p. 102-103). J’exclus de la série des « Viṣṇu mitrés » la statue provenant de Tersono (Batang), identifiée par Sri Soejatmi Satari (1977, p. 8 et fig. 13 ; 1978, p. 4). J’ai montré ailleurs qu’il y avait de bonnes raisons d’y voir un Harihara plutôt qu’un Viṣṇu (Agustijanto Indrajaya & Degroot 2012-2013, p. 360).

3 Concernant la date des inscriptions de Pūrṇavarman, consulter l’étude paléographique de de Casparis (1975, p. 18-19). Pour une discussion de la datation des Viṣṇu de Cibuaya, voir Dalsheimer & Manguin 1998, p. 88-89 et 102-103.

4 Pour être exhaustif, il faut toutefois citer les inscriptions — seulement partiellement lisibles — de Sojomerto et Balekambang (district de Batang), ainsi que le rocher inscrit de Tuk Mas (district de Magelang). Tous sont datés paléographiquement du viie s. À ce sujet, voir Boechari 1966 et 2012 ; Sarkar 1971, no 2 ; de Casparis 1975, p. 87 ; Machi Suhadi & Soekarto 1986, p. 3-7 ; Griffiths 2012, p. 474-477.

5 À ce sujet, voir, entre autres, Bosch 1920 et 1946, et Jordaan 1999.

6 Soekmono 1979, Dumarçay 1981.

7 Ces dates proviennent des recoupements faits sur la base des premières analyses de C14 et ne sont pas définitives.

8 Ce paragraphe est en grande partie basé sur les rapports des fouilles entreprises de 2002 à 2006 par l’École française d’Extrême-Orient et le Centre National d’Archéologie d’Indonésie, sous la direction de Pierre-Yves Manguin et Agustijanto Indrajaya. On se reportera également à Manguin & Agustijanto Indradjaja 2006 ; Hasan Djafar 2010 ; Manguin & Agustijanto Indradjaja 2011.

9 À ce jour, Batujaya n’a livré aucun objet de caractère hindou. Il existe toutefois un doute quant à l’appartenance religieuse des structures les plus anciennes : à ma connaissance, aucun objet cultuel daté assurément des ve-vie s. n’a été mis au jour. Il n’y a donc pas de preuve absolue que les bâtiments anciens aient été dédiés au culte bouddhiste, comme le furent les structures postérieures.

10 À propos de ces Viṣṇu mitrés, voir Dalsheimer & Manguin 1998.

11 Il existe une importante littérature sur l’archéologie de Sumatra Sud. Pour un état des connaissances récent et une bibliographie, voir Manguin 2009. À propos des Viṣṇu de Kota Kapur, voir Dalsheimer & Manguin 1998, p. 98-100 ; Manguin 1998, p. 76-78. En ce qui concerne la statuaire bouddhique, voir Manguin 2009, p. 446-456.

12 Hasan Djafar fait état de la découverte de traces de stucs « à plusieurs endroits du mur du pied de l’édifice de Telagajaya V » (Hasan Djafar 2010, p. 57). Nous n’avons toutefois pas eu accès aux données de la fouille ; aussi ne le mentionnons-nous qu’au passage.

13 En ce qui concerne la chronologie et les phases d’occupation du Candi Blandongan, voir Manguin & Agustijanto Indradjaja 2006.

14 Cette datation se base sur les résultats d’analyse de plusieurs charbons trouvés à l’interface entre le niveau de sol contemporain de la première phase de construction du temple et le niveau directement antérieur (culture Buni récente).

15 Nous devons une grande partie des observations qui suivent à Christophe Pottier, architecte et maître de conférence à l’École française d’Extrême-Orient, qui visita Batujaya en 2003 et écrivit un rapport interne intitulé « Observations architecturales sur quelques édifices de Batujaya (Java Ouest – Indonésie, octobre 2003) ». Ce rapport se trouve en annexe du rapport d’octobre 2004 de la Mission Archéologique de Tarumanagara (ÉFEO).

16 À propos des tablettes votives de Blandongan, voir Peter Ferdinandus 2002 et Agustujanto Indrajaya 2013.

17 Analyse effectuée en 2005 par Azwar Manaf (Laboratorium Pusat Kajian Ilmu Material, Universitas Indonesia) et publiée dans Hasan Djafar 2010, p. 79.

18 Si le stūpa est fait des mêmes matériaux que ceux utilisés lors de la troisième phase de construction, il n’y a pas d’élément établissant clairement son appartenance à l’une ou l’autre phase.

19 Cf. n. 17.

20 À Telagajaya I-A, comme au Candi Blandongan, le sol de béton fait partie d’un réaménagement tardif, datant de la deuxième ou de la troisième phase de construction. À Telagajaya I-C, le sol de béton étant mieux conservé, les niveaux inférieurs n’ont pas pu être fouillés et l’on ne dispose donc pas d’informations chronologiques.

21 L’analyse de la composition chimique a montré que le liant employé dans la composition du béton de Telagajaya I-C était très similaire à celui de Segaran V : CaO (85 %), SiO2 (7,1 %), Fe2O3 (2,6 %), Al2O3 (1,7 %), SrO (1,3 %), K2O (1,1 %), MnO (0,3 %), TiO2 (0,3 %), O2 (0,3 %), PO4 (0,2 %), ZrO2 (0,1 %). Cf. n. 17.

22 On peut ajouter que la partie préservée n’est donc pas un simple soubassement mais bien le corps du bâtiment. L’information peut paraître anodine mais elle a son importance. Tous les édifices religieux javanais connus sont construits sur un haut soubassement. Ici, la différence de niveau entre le sol de la cella et le sol extérieur (en béton) n’est que de cinq assises de briques, c’est-à-dire moins de 50 cm. Soit nous avons affaire à un édifice à peine surélevé (ce qui est unique à Java mais pas rare en Inde), soit il ne s’agit que de la partie supérieure de l’édifice. Une nouvelle fouille serait nécessaire pour confirmer l’une ou l’autre hypothèse et préciser la chronologie du bâtiment. Les travaux effectués jusqu’ici par Hasan Djafar et l’Universitas Indonesia se sont limités à dégager la structure en longeant les murs. Aucun sondage n’a été effectué sous le niveau du sol de béton.

23 Voir Manguin & Agustijanto Indradjaja 2006 ; Hasan Djafar 2010, p. 52-54 et 86-88.

24 Des vestiges d’enduit de chaux ont été découverts au Borobudur, sur les façades extérieures du Candi Kalasan et au Candi Sari. Pour des photos de ces deux derniers, voir Bernet Kempers 1954, p. 16-18, 36 et 60.

25 Comparer, par exemple, avec les sculptures de Deogarh ou de Khoh. Au temple des Dasavatara de Deogarh plusieurs personnages secondaires figurant sur relief de Viṣṇu nārāyaṇa portent cette coiffure. Voir, par exemple la photo no 43719 de l’American Institute of Indian Studies, accessible via la Digital South Asia Library (http://dsal.uchicago.edu/). Pour Khoh, voir la photo no 17519.

26 Notons que la main est représentée les doigts repliés sur la paume, ce qui laisse penser que le personnage auquel elle appartenait n’avait pas les deux bras levés comme souvent les atlantes.

27 Un de ces doigts mesure près de 10 cm de long pour 2,5 cm de diamètre. Il est sans doute à mettre en relation avec le fragment d’épaule mentionné ci-dessus.

28 Sept proviennent de pattes antérieures, un de patte postérieure.

29 Ce même triangle se retrouve de façon systématique sur les représentations javanaises de kālas et assez fréquemment sur les kīrtimukha indiens et khmers.

30 La tête des vyāla est tantôt plus canine, tantôt plus féline. À Java, ils ont systématiquement l’allure de lions à cornes, comme c’est le cas, par exemple, des vyāla ornant le trône du Bouddha du Candi Mendut.

31 À ma connaissance, les garuḍa javanais sont représentés avec des oreilles, mais jamais avec des cornes.

32 À propos du bouddha sur Phanasbodi dans l’art de Dvāravatī, voir Rungrot Thamrungrueang 2009.

33 À Mendut, un griffon pourrait être figuré à la base du motif végétal qui encadre le panneau de Kṣitigarbha (corps du temple, façade sud-est, angle est).

34 Il est également possible que ce félin ait orné une tête de (fausse) solive, comme c’est parfois le cas en Inde. À Java, où les solives sont rares, on n’a encore jamais trouvé de lion dans cette position.

35 Sorte de tête de lion à cornes, muni d’un motif triangulaire entre les yeux, et dont le front se perd généralement dans un décor végétal.

36 La présence d’une mâchoire est généralement considérée comme un facteur chronologique relativement sûr, suggérant une affiliation au style de Loro Jonggrang (856 e. c.). Voir Vogler 1949.

37 Si la tête est effectivement celle d’un lion et non un kāla, il n’y a aucune raison particulière ni de la dater de la seconde partie du ixe s., ni de remettre en cause la chronologie de Vogler 1949, comme le suggère Hasan Djafar 2010, p. 88.

38 Ce motif a été défini par Mireille Bénisti comme « une bande étroite, consitituée par une suite alternée de ronds ou d’ovales et de quadrangles, le plus souvent cernés par un double trait » (Bénisti 1969, p. 69). L’auteure l’interprétait comme une représentation dans la pierre d’une parure d’orfèvrerie composée de gemmes enchâssées.

39 Douze fragments de frise de lotus ont été découverts, éparpillés autour du temple, ainsi que sept fragments de bande à chatons, huit de fleurs ouvertes et neuf du dernier motif.

40 Voir, par exemple, l’élégant stūpa de Cupuwatu, les stūpas des terrasses circulaires de Borobudur ou ceux entourant le Candi Plaosan Lor. On trouve aussi, exceptionnellement, des pétales de lotus gravés sur la doucine inférieure du corps du temple de Viṣṇu à Prambanan.

41 Contrairement aux autres temples de Java Centre, dont la superstructure est de type « dravidien », la partie supérieure du Candi Bima rappelle les śikharas des temples d’Inde du Nord.

42 Voir, par exemple, à Bhitargaon, Nalanda, Sirpur (temple de Laxman), Pattadakal ou Ajanta. Pour des photos de ce motif à Bhitargaon, voir par exemple les photos no 48216 et 48203, American Institute of Indian Studies, accessibles via la Digital South Asia Library (http://dsal.uchicago.edu/). Pour Nalanda et Ajanta, voir, dans la même collection, les photos no 38089 (Nalanda, temple 3, stūpa 3, angle nord-est), 61483 (Ajanta, grotte 1), 98342 (Ajanta, grotte 9D), 98604 (Ajanta, grotte 19) et 19135 (Ajanta, grotte 21). Pour Sirpur et Pattadakal, voir les photos no P-040378 (Sirpur, temple de Laxman) et P-006189 (Pattadakal, temple de Virupaksa), collection Kern, Leiden University Library (https://socrates.leidenuniv.nl). Des frises de pétales de lotus ornent également certains monuments pré-angkoriens, comme le temple S.I de Sambor Prei Kuk (Cambodge, viie s. ; voir Bénisti 1970, fig. 11-23). Le motif se retrouve sur un relief d’architecture figurée provenant du Phra Pathom Chedi de Nakhon Pathom (Thaïlande, art de Dvāravatī, viie s. ; voir Hennequin 2009, p. 140, fig. 4).

43 À Borobudur, des bandes à chatons simples ornent le cou des makaras d’échiffre de la terrasse inférieure, ainsi que plusieurs reliefs d’architecture figurée (par exemple, le dais du panneau Ib64). À Mendut, c’est également sur les makaras d’échiffre, mais aussi sur les colonnettes flanquant les bodhisattvas des murs extérieurs qu’on les trouve. À Sari et Sewu, une bande à chatons simples ceint les stūpas de la superstructure. On notera également sa présence en bordure des panneaux de la base du petit temple de Gedong Songo I.

44 Voir Bénisti 1969 et 1970.

45 Sur la base du plus grand de ces fragments, les niches devaient mesurer 40-60 cm de large.

46 Les échiffres d’escalier se terminent par une volute. Manguin & Agustijanto Indradjaja 2006 considère la présence d’une volute — à la place de l’habituel makara — comme un indicateur chronologique suggérant une date ancienne. Dans l’état actuel de nos connaissances et à défaut d’une étude stylistique complète, l’argument est irrecevable : des volutes ornent les escaliers de nombre de bâtiments javanais anciens (viiie s.) comme plus récents (ixe s.). C’est le cas, notamment, de nombreux temples de Gedong Songo, de la porte haute de Ratu Boko ainsi que des templions de Sewu, Plaosan Lor et Ijo. La volute d’échiffre dont le profil se rapproche le plus de celui de Telagajaya I-C est sans doute celle d’un des vestiges récemment découverts à Palgading.

47 Voir Manguin & Agustijanto Indradjaja 2006 et Hasan Djafar 2010, p. 54.

48 Aucune porte ne s’ouvre sur cet espace interne : il s’agit sans doute non d’une pièce, mais d’un soubassement, un caisson jadis rempli par un blocage de terre damée.

49 Manguin & Agustijanto Indradjaja 2006.

50 Les doigts font 4-5 cm de l’extrémité de l’ongle à l’articulation entre la première et la deuxième phalange. Sur la base du fragment d’œil et de front, la largeur du visage est estimée à 18-20 cm.

51 Beaucoup plus si l’on compte tous les petits fragments bouclés, qui sont sans doute des morceaux de crinières. Deux oreilles proviennent également vraisemblablement de lions.

52 Il pourrait s’agir d’oies, mais ces fragments sont d’assez grandes dimensions, ce qui est inhabituel pour des représentations d’oiseaux à Java.

53 Respectivement dix-sept et deux fragments.

54 À propos de ce motif et de son emploi à Java Centre, voir Klokke 2006, p. 56.

Haut de page

Table des illustrations

Titre Figure 1. Localisation de Batujaya et Cibuaya par rapport aux sites de la culture de Buni et aux inscriptions de Pūrṇavarman
Crédits (d’après Manguin & Agustijanto Indradjaja 2001, fig. 5.1)
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16512/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 198k
Titre Figure 2. Le stūpa de Blandongan (Segaran V) après restauration
Crédits © V. Degroot
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16512/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 201k
Titre Figure 3. Plan de Blandongan (Segaran V)
Crédits (d’après Hasan Djafar 2010, pl. 11)
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16512/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 292k
Titre Figure 4. Blandongan (Segaran V), détail d’une colonne engagée de la première phase de construction découverte lors du démontage d’un pilastre
Crédits © V. Degroot
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16512/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 335k
Titre Figure 5. Telgajaya I-C, plan du temple
Crédits (d’après Hasan Djafar 2010, pl. 20)
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16512/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 302k
Titre Figure 6. Telagajaya I-C, têtes de gaṇas
Crédits © P.-Y. Manguin
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16512/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 213k
Titre Figure 7. Telagajaya I-C, stuc d’influence indienne
Crédits © P.-Y. Manguin
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16512/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 142k
Titre Figure 8. Telagajaya I-C, vyāla
Crédits © P.-Y. Manguin
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16512/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 165k
Titre Figure 9. Telagajaya I-C, tête de lion mordant une guirlande
Crédits © P.-Y. Manguin
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16512/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 151k
Titre Figure 10. Telagajaya I-C, frise de lotus
Crédits © P.-Y. Manguin, V. Degroot
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16512/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 254k
Titre Figure 11. Telagajaya I-C, détail du dos de la fig. 7
Crédits © P.-Y. Manguin
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16512/img-11.jpg
Fichier image/jpeg, 132k
Titre Figure 12. Telgajaya I-D, plan de la structure
Crédits (adapté de V. Bernard [rapport interne Mission Tarumanagara 2004] et Hasan Djafar 2010, pl. 21)
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16512/img-12.jpg
Fichier image/jpeg, 236k
Titre Figure 13. Telagajaya I-D, têtes d’oie ?
Crédits © P.-Y. Manguin
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16512/img-13.jpg
Fichier image/jpeg, 168k
Titre Figure 14. Telagajaya I-D, bordure de feuilles
Crédits © P.-Y. Manguin
URL http://journals.openedition.org/syria/docannexe/image/16512/img-14.jpg
Fichier image/jpeg, 248k
Haut de page

Pour citer cet article

Référence papier

Véronique Degroot, « Étude préliminaire des mortiers de chaux et des stucs ornementaux de Batujaya, Java, Indonésie (vie-ixe siècles) », Syria, HS V | 2019, 323-336.

Référence électronique

Véronique Degroot, « Étude préliminaire des mortiers de chaux et des stucs ornementaux de Batujaya, Java, Indonésie (vie-ixe siècles) », Syria [En ligne], HS V | 2019, mis en ligne le 07 mai 2024, consulté le 11 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/syria/16512 ; DOI : https://doi.org/10.4000/12cji

Haut de page

Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search