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L’Orient des Sassanides aux Omeyyades

Décors en stuc d’époque omeyyade à Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī (Syrie)

Denis Genequand
p. 367-384

Résumés

Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī est l’un des plus grands établissements aristocratiques de la steppe syrienne. Le site a été fondé comme une madīna par le calife Hishām b. ʿAbd al-Malik en 110 de l’Hégire/728-729 apr. J.-C. Entre 2002 et 2011, une mission archéologique syro-suisse y a conduit d’importantes recherches, portant en particulier sur les infrastructures agricoles et les réseaux hydrauliques, sur les structures à vocation économique et sur l’architecture domestique autour du palais califal. Une nouvelle résidence aristocratique, dénommée le bâtiment E, a aussi été fouillée. Il pourrait s’agir d’un premier palais princier ou califal. D’abondants décors en stuc y ont été trouvés. Ce sont d’une part des éléments architectoniques et d’autre part des panneaux rectangulaires portant des décors géométriques, végétaux ou figurés. Tous sont datés de la première moitié du viiie s. Ces décors montrent des fortes influences orientales, en particulier de la Mésopotamie et de la Perse sassanide, et reflètent aussi une iconographie princière ou califale.

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Texte intégral

Introduction

  • 1 Deux articles ont déjà été consacrés à ces trouvailles : Genequand 2011 et 2017.

1D’abondants décors en stuc remontant à la haute époque islamique ont été trouvés au cours des campagnes de fouilles menées à Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī entre 2007 et 2011 par la mission archéologique syro-suisse. Il s’agit en particulier d’une série de panneaux portant des décors figurés assez spectaculaires, mais aussi d’une longue série de panneaux à décors géométriques assez originaux1.

  • 2 Genequand 2012.
  • 3 Grabar et al. 1978.
  • 4 Genequand 2008, p. 270-273 ; Genequand 2012, p. 152-159.

2Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī appartient à la longue série des établissements aristocratiques omeyyades du Bilād al-Shām2. Une inscription, aujourd’hui perdue, indique sans ambiguïté que le site a été fondé comme une madīna en 110 de l’Hégire/728-729 apr. J.-C. sur l’ordre du calife omeyyade Hishām b. ʿAbd al‑Malik. Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī est situé à 110 km à l’est-nord-est de Palmyre et a déjà été étudié dans les années 1960 par une mission américaine dirigée par O. Grabar, qui s’est avant tout attachée à l’étude de l’architecture la plus monumentale (palais, grande enceinte et bain)3. Le site est immense et comprend un palais, un bain, une grande enceinte regroupant de luxueuses maisons, une mosquée et une unité industrielle avec des pressoirs à olives, plusieurs zones très étendues couvertes de constructions en brique crue au nord, à l’est et au sud du palais, deux structures à vocations économique et agricole (les châteaux sud), un système d’adduction d’eau complexe long de 27 km, un moulin hydraulique et deux gigantesques enclos irrigués destinés à l’agriculture et couvrant plus de 9 km2 en tout. Cet ensemble peut être interprété comme une ville neuve4.

  • 5 Genequand 2008 et 2012 ; des rapports de fouilles détaillés ont été également été publiés après cha (...)

3La mission archéologique syro-suisse de Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī s’est surtout attelée à une meilleure compréhension du site dans son ensemble et a orienté l’essentiel de ses travaux sur les constructions et structures qui se trouvent à la périphérie du palais et de la grande enceinte, en particulier sur les structures à vocation économique et sur les constructions en brique crue de la zone nord5. L’étude de cette dernière a combiné fouilles et prospections géophysiques et a montré que la plupart des monticules visibles en surface sont en fait de grandes maisons dont les dimensions peuvent atteindre 40 m de côté (fig. 1, A-C et F-H). Un monument situé dans la partie centre-occidentale de la zone nord faisait toutefois figure d’exception et apparaissait comme beaucoup plus grand et mieux conservé que les autres. Il a été désigné comme le bâtiment E et a été presqu’entièrement fouillé entre 2007 et 2011. C’est là qu’ont été découverts les décors en stuc présentés dans cet article.

Figure 1. Plan de la zone nord de Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī

Figure 1. Plan de la zone nord de Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī

© S. Reynard, M. Berti et D. Genequand

Le bâtiment E

4Le bâtiment E se présente comme une double enceinte à deux cours centrales mesurant en tout 44,50 x 65,50 m (fig. 2). Les deux parties du monument — occidentale et orientale — ont été bâties en même temps mais sont complètement indépendantes l’une de l’autre et ne communiquent pas entre elles. Seuls deux secteurs, dans l’aile ouest de la partie occidentale et dans l’aile sud de la partie orientale, n’ont pas été fouillés, ainsi que de grandes surfaces dans les deux cours (fig. 3). L’ensemble du bâtiment est construit en brique crue (briques de 40 x 40 x 8-9 cm et demi-modules).

Figure 2. Plan du bâtiment E

Figure 2. Plan du bâtiment E

© M. Berti

Figure 3. Vue du bâtiment E depuis le sud

Figure 3. Vue du bâtiment E depuis le sud

© D. Genequand

5La partie occidentale du bâtiment est plus développée et a une fonction résidentielle. L’accès se faisait par une porte placée dans son angle sud-est. Cette dernière était suivie par un vestibule au plan en L aboutissant dans l’angle sud-est de la première cour. Les ailes ouest, sud et est ne présentent qu’une rangée de pièces ouvertes sur la cour et plus rarement entre elles. Certaines étaient couvertes par des voûtes en berceau, mais on ne peut exclure que quelques pièces carrées aient aussi été couvertes par des dômes. L’aile nord a un plan plus complexe avec une double rangée de pièces et un étage (fig. 4). Elle se caractérise par des pièces de plus haut standing et abritait certainement des espaces de réception, probablement à l’étage. Elle comprend une série de très grands locaux rectangulaires, parfois subdivisés par des pilastres portant des arcs. À l’exception d’un local de service (cuisine avec bassin, fours à pain, etc.) dans l’angle nord-est, tous ces locaux étaient couverts par des voûtes en berceau. Deux pièces rectangulaires beaucoup plus petites et parallèles correspondent à des salles de bain et sont dotées d’un bassin surélevé et de latrines placées dans un redan du mur. Pour autant qu’il puisse être restitué de manière fiable, le plan de l’étage était le même que celui du rez-de-chaussée et il était surmonté d’un toit-terrasse. Deux escaliers adossés aux façades ouest et nord de la cour donnaient accès à l’étage. Il n’y a pas de traces d’un portique dans la cour.

Figure 4. Vue de l’aile nord de la partie occidentale du bâtiment E

Figure 4. Vue de l’aile nord de la partie occidentale du bâtiment E

© D. Genequand

6La partie orientale de l’édifice ne comprend que trois ailes avec une seule rangée de pièces. Sa construction est contemporaine de celle de la partie occidentale. Sa porte d’entrée se trouvait sans doute dans l’aile sud, à proximité de la porte de la partie occidentale, dans le seul secteur qui n’a pas été fouillé. Dans un premier temps, l’aile nord ne comptait que trois pièces carrées vers l’angle nord-est. L’une a servi d’entrepôt pour des jarres et une autre a servi de cuisine (foyers et fours à pain) et de salle de bain (bassin de douche doublé de latrines). Dans un second temps, un grand local rectangulaire voûté et subdivisé en trois par des pilastres a été construit dans un espace qui appartenait à la cour. Un étage s’y superposait et était accessible par un escalier adossé à la façade. Les ailes est et sud ne sont composées chacune que d’une seule pièce très allongée et subdivisée en petites unités carrées par des pilastres très saillants qui supportaient des arcs. Le mode de couverture — voûtes en berceau ou dômes, les deux sont possibles — n’a pu être clairement défini. La plupart des unités carrées sont ouvertes sur la cour et rares sont celles qui présentent des installations permettant d’en définir la fonction, à l’exception de deux silos circulaires aménagés dans le sol de l’une d’entre elles. Tant l’architecture générale de la partie orientale du bâtiment, avec ses très longues pièces, que les éléments trouvés en fouilles — dépôt de jarres et silos — poussent à l’interpréter comme une sorte d’entrepôt.

7La datation du bâtiment E peut être établie en combinant les données architecturales et le mobilier, en particulier céramique. Au vu des techniques et matériaux de construction utilisés, il faut y voir un édifice plus ou moins contemporain des autres monuments omeyyades de Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī, dont l’inscription de fondation remonte à 110 de l’Hégire/728-729 apr. J.-C. Sans donnée épigraphique ou abondant mobilier piégé sous ou dans les niveaux de construction, il n’y a guère de moyen d’établir beaucoup plus précisément la date de construction et il n’est évidemment pas exclu que le bâtiment E ait précédé de deux ou trois décennies la construction du palais et de la grande enceinte. Quoi qu’il en soit, la durée d’occupation a été relativement courte et le mobilier des niveaux d’occupation et d’abandon est datable dans le courant du viiie s., donnant à penser que l’abandon s’est produit vers le milieu ou durant la seconde moitié du viiie s. Toutes les monnaies trouvées durant la fouille appartiennent aux séries des fulūs omeyyades postérieurs à la réforme monétaire de ʿAbd al-Malik.

  • 6 Sur la grande variété de plans et de tailles des résidences de l’aristocratie omeyyade, voir Genequ (...)
  • 7 Genequand 2017, p. 168-171.

8Malgré son plan atypique, le bâtiment E peut être interprété comme une résidence aristocratique mêlant à la fois une fonction résidentielle pour un personnage important — une partie des stucs décrits plus loin reflète une iconographie califale — et une fonction d’entrepôt, que ce soit pour des marchandises en transit ou plus vraisemblablement pour des productions agricoles locales6. Une hypothèse vraisemblable, présentée en détail ailleurs7, serait d’y voir une des résidences rurales que possédait Hishām b. ʿAbd al-Malik dans la région avant qu’il ne devienne calife ou, tout au moins, avant qu’il ne fonde la madīna mentionnée par l’inscription en 110 de l’Hégire/728-729 apr. J.-C.

Les stucs

9Quatre ensembles principaux de stucs ont été mis au jour, respectivement dans l’encadrement de la porte d’entrée du bâtiment (local 1), en avant de la façade nord de la cour occidentale (devant les locaux 13 et 14), dans les différentes pièces de l’aile nord de la partie occidentale (locaux 11 à 15 et 18) et dans l’angle nord-ouest de la cour orientale (devant le local 28ter).

  • 8 Urice 1987, p. 76-77.

10Le premier ensemble est le plus fragmentaire. Il comprend quelques médaillons assez épais de forme rectangulaire ou losangique à décors d’entrelacs (fig. 5), un encadrement torsadé de baie couverte par un arc et des fragments de demi-colonnes engagées bordées de denticules triangulaires (motif en dents-de-scie) (fig. 6). Ce dernier motif est clairement d’origine sassanide et est omniprésent à Qaṣr al-Kharāna en Jordanie8. Ces éléments devaient orner la porte elle-même et les parois latérales du vestibule ; comme à Qaṣr al-Kharāna, on peut imaginer les demi-colonnes appliquées contre les parois et les médaillons insérés dans des niches.

Figure 5. Médaillon rectangulaire à décors d’entrelacs et de petite croix ou fleurs à quatre pétales

Figure 5. Médaillon rectangulaire à décors d’entrelacs et de petite croix ou fleurs à quatre pétales

© M. Berti

Figure 6. Demi-colonne engagée bordée de denticules triangulaires (motif en dents-de-scie)

Figure 6. Demi-colonne engagée bordée de denticules triangulaires (motif en dents-de-scie)

© D. Genequand

11Le deuxième ensemble est très homogène et composé d’une trentaine d’arcades ou de cadres de fenêtres qui se sont effondrés en avant de la façade nord de la cour occidentale.

  • 9 Schlumberger 1986, p. 16, pl. 43, 74-80.

12Les troisième et quatrième ensembles sont assez similaires dans leur composition et comptent actuellement au moins vingt-six panneaux rectangulaires à décors géométriques, végétaux ou figurés. Ceux qui ont été trouvés dans l’aile nord de la partie occidentale sont majoritairement issus des pièces de l’étage supérieur. Les fragments d’un même panneau sont généralement peu dispersés entre les différents locaux et, en moyenne, ce sont deux panneaux par pièce qui ont été trouvés. Aucun emplacement destiné à ces panneaux n’a pu être repéré dans les maçonneries pourtant bien conservées du rez-de-chaussée de l’édifice. Certains d’entre eux sont ajourés et on peut penser qu’il s’agit de claustra fermant des fenêtres ou qui étaient peut-être superposées aux portes, à l’exemple de ce qui a été observé dans le palais de Qaṣr al-Ḥayr al‑Gharbī9. L’origine des panneaux trouvés peu au-dessus du sol dans l’angle nord-ouest de la cour orientale est plus difficile à restituer. Les fragments des différents panneaux étaient très mélangés. S’il est possible qu’ils proviennent de l’étage supérieur de l’aile nord toute proche, il n’est pas non plus exclu qu’ils aient été prélevés ailleurs dans le bâtiment et jetés dans la cour au moment ou peu après l’abandon de ce dernier.

  • 10 Il était prévu d’effectuer ces analyses après la dernière campagne de fouille dans le bâtiment E, u (...)

13Deux matériaux différents ont été utilisés pour la réalisation de ces décors, mais aucune analyse spécifique n’a été faite pour en déterminer l’exacte composition10. Les panneaux rectangulaires des deux derniers ensembles présentent une couleur blanche et sont constitués d’un mélange à base de plâtre ou de chaux avec une granulométrie assez fine. Les fenêtres ou arcades, ainsi que les médaillons et fragments de colonnes de la porte d’entrée sont faits à l’aide d’un mortier de chaux grisâtre contenant beaucoup de cendres et un agrégat sableux assez fin.

14Deux techniques ont servi pour la réalisation des décors : le moulage et la sculpture par excisions et incisions plus ou moins profondes dans une masse d’un seul tenant. Aucun des éléments en stuc ne présente plusieurs couches du matériau. Les excisions ont souvent un profil en biseau, en particulier pour les motifs géométriques et végétaux, alors que les motifs figurés tendent vers une découpe arrondie. Apparemment, tous les éléments en stuc sculpté ont été préfabriqués ; ils ont été faits en atelier, puis amenés sur le chantier pour être insérés à l’emplacement prévu.

Les fenêtres ou arcades

15Une trentaine d’arcades ou de cadres de fenêtre forment le deuxième groupe et ont été trouvés effondrés sur le sol de la cour, en avant de la façade de l’aile nord de la partie occidentale du bâtiment (fig. 7). Toutes les arcades ou fenêtres sont semblables et comprennent deux demi-colonnettes portant un panneau sommital ou linteau rectangulaire dans lequel sont inscrits un tympan, une archivolte et deux écoinçons (fig. 8).

Figure 7. Vue des arcades ou fenêtres effondrées devant la façade de l’aile nord de la partie occidentale du bâtiment E

Figure 7. Vue des arcades ou fenêtres effondrées devant la façade de l’aile nord de la partie occidentale du bâtiment E

© D. Genequand

Figure 8. Arcade ou cadre de fenêtre

Figure 8. Arcade ou cadre de fenêtre

© M. Berti

16Les demi-colonnettes sont engagées dans des piédroits et ont une section en forme de U. Elles sont hautes de 66 cm et saillantes de 5,5 cm, pour un diamètre de 7,5 cm. Elles sont dépourvues de chapiteau. L’espace central, entre les colonnettes, est toujours resté ouvert.

17Les panneaux sommitaux sont moulés et portent tous exactement le même décor. Ils mesurent en moyenne 50 x 24 cm, pour une épaisseur de 7,5 à 9 cm. L’archivolte est formée d’un bandeau semi-circulaire délimité par deux filets ; ses extrémités se superposent aux demi-colonnettes. Elle abrite une succession de sept palmettes trifoliées et deux demi-palmettes reliées entre elles. Des gouttes sont attachées au filet supérieur entre les palmettes. Le tympan est concave et orné d’un décor végétal composé de trois feuilles ou rameaux issus d’un même pied. La foliole centrale de chacun des trois rameaux est caractérisée par un enroulement terminal de forme ovale et en relief très marqué. Les écoinçons sont délimités par des filets et sont ornés d’un motif végétal formé de longues tiges terminées par des folioles ou des demi-palmettes.

18Ces arcatures formaient soit une rangée de fenêtres à l’étage supérieur, soit servaient de balustrade sur le toit-terrasse du bâtiment. Ce qui est sûr, car bien attesté par les fragments trouvés en position de chute, c’est qu’il y avait une double rangée d’arcades adossées les unes aux autres et visibles des deux côtés à la fois. Ce dernier point plaide plutôt en faveur d’arcatures servant de fenêtres au premier étage, alors que l’effondrement de l’immense majorité des fragments à l’extérieur du monument, sur le sol en avant de la façade sur cour, fait plutôt penser à la chute d’une balustrade qui se trouvait au sommet du mur.

  • 11 Gabriel 1927, p. 307, fig. 11, et Grabar et al. 1978, p. 21-22 et fig. 38, y restituent une rangée (...)

19L’un des meilleurs parallèles pour ces arcades ou fenêtres se trouve dans les arcades aveugles qui ornent le couronnement des deux tours-contreforts qui flanquent l’entrée du palais de Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī (fig. 9). À quelques détails près, les panneaux sommitaux y sont les mêmes, mais l’état de conservation ne permet plus vraiment de juger du motif occupant l’archivolte11. Les demi-colonnettes diffèrent par des fûts décorés de chevrons et surtout par la présence de chapiteaux corinthiens surmontés d’impostes sans décors. Finalement, la différence la plus notable, qui est aussi structurelle, réside dans le fait que l’entrecolonnement n’est pas ouvert, comme dans le bâtiment E, mais fermé par un panneau de fond avec un décor de rinceaux de vigne.

Figure 9. Arcade du sommet de l’une des tours flanquant la porte du palais de Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī

Figure 9. Arcade du sommet de l’une des tours flanquant la porte du palais de Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī

© D. Genequand

20Devant la similitude de la conception et de la réalisation du décor du panneau sommital des arcades du bâtiment E et du palais, on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a un lien étroit entre les sculpteurs ou les commanditaires des deux monuments. Soit les deux décors ont pu être exécutés par le même atelier dans un court laps de temps, soit l’un a pu être commandité dans le dessein de reproduire plus ou moins fidèlement l’autre. On se gardera toutefois de conclure sur la seule base stylistique que l’un des décors est plus ancien ou plus récent que l’autre car plus simple ou plus compliqué dans son exécution.

Les panneaux à décors géométriques

21Avec actuellement au moins vingt occurrences, les panneaux à décors géométriques sont, de loin, les plus nombreux. Ils appartiennent au troisième ensemble de stucs, trouvé dans les pièces de l’aile nord de la partie occidentale du bâtiment. Tous sont rectangulaires et ont des dimensions assez variables, avec une moyenne approchant 50 x 70 cm, à l’exception de quelques-uns qui sont plus petits, environ 42 x 55 cm, pour une épaisseur de 4 à 5 cm. Ces décors reposent sur la répétition régulière, à l’intérieur d’un cadre, d’un ou deux motifs géométriques ou d’entrelacs. À titre d’exemple, quelques panneaux parmi les plus complets ou significatifs vont être décrits ici.

  • 12 Stucs du palais parthe d’Assur exposés au Pergamon Museum, Berlin ; Kröger 1982, p. 102-103, no 139 (...)

22Un premier panneau, très ajouré, présente un motif répétitif composé d’un canevas de lignes verticales et obliques (fig. 10). Chaque ligne est faite de la juxtaposition bout à bout de petits éléments ovales et allongés dont la surface a été incisée. Des trous de trépan plus ou moins profonds ont été faits à chaque intersection. La composition d’ensemble du décor donne l’impression d’une multitude de petites fleurs à six pétales. Il trouve des parallèles très proches à l’époque parthe, à Assur, et à l’époque sassanide tardive, à Ctésiphon12.

Figure 10. Décor géométrique répétitif suggérant un motif floral

Figure 10. Décor géométrique répétitif suggérant un motif floral

© D. Genequand

  • 13 Kröger 1982, p. 16, no 2, Taf. 3.1 ; p. 61-62, no 61, Abb. 28c, Taf. 18.7 ; p. 156–157, no 246-247, (...)
  • 14 Schlumberger 1986, pl. 74 b ; 76 b, g-h ; 77 c ; 78 g ; 79 b ; 80 a-c ; Hamilton 1959, p. 255, fig (...)

23Un groupe de panneaux repose sur la répétition de motifs rhombiques. L’un n’est pas ajouré et présente un canevas de lignes obliques qui traversent le panneau dans deux directions et définissent des surfaces en forme de losanges, dans lesquelles sont inscrits deux motifs concentriques aux parois incurvées également proches du losange ou du parallélogramme (fig. 11). L’exécution n’est pas très régulière et la forme rhombique ou de parallélogramme varie sensiblement d’un motif à l’autre. Un autre panneau montre une alternance de zones ajourées ou non de forme rhombique inscrites dans un canevas de lignes se croisant obliquement (fig. 12). Les zones non ajourées sont composées de quatre motifs de deux petits losanges concentriques, alors que les zones ajourées comprennent quatre petits rectangles aux parois concaves insérés entre les lignes obliques du canevas. Ces deux panneaux trouvent des parallèles assez évocateurs et parfois très proches dans le domaine sassanide, par exemple à Ctésiphon ou à Niẓāmābād, où l’emploi de losanges est fréquent dans les décors géométriques en stuc et se maintient au début de l’époque islamique, comme en témoignent des fragments de Tepe Mīl13. Le canevas de lignes obliques se retrouve fréquemment parmi les claustra de Qaṣr al-Ḥayr al-Gharbī et occasionnellement parmi les panneaux et claustra de Khirbat al-Mafjar, mais plutôt avec des motifs d’entrelacs14.

Figure 11. Décor géométrique formé d’un canevas de lignes obliques dans lequel sont inscrits des losanges aux parois incurvées

Figure 11. Décor géométrique formé d’un canevas de lignes obliques dans lequel sont inscrits des losanges aux parois incurvées

© M. Berti

Figure 12. Décor géométrique formé d’une alternance de zones de forme rhombique ornées de motifs de losanges ou de rectangles aux parois concaves ; noter que le bord droit du cadre porte encore les restes d’un bourrelet d’accrochage en mortier qui servit à fixer le panneau en retrait du parement dans une embrasure

Figure 12. Décor géométrique formé d’une alternance de zones de forme rhombique ornées de motifs de losanges ou de rectangles aux parois concaves ; noter que le bord droit du cadre porte encore les restes d’un bourrelet d’accrochage en mortier qui servit à fixer le panneau en retrait du parement dans une embrasure

© M. Berti

24Un autre groupe de panneaux, plus particulier et plus innovant, mais aussi sans beaucoup de comparaisons, repose sur la combinaison de différents motifs circulaires. Le panneau représenté ici n’est pas ajouré et montre une juxtaposition assez dense de motifs composés de trois cercles concentriques (fig. 13). Des cercles plus petits occupent les interstices entre les motifs principaux.

Figure 13. Décor géométrique formé par la juxtaposition de motifs de cercles concentriques.

Figure 13. Décor géométrique formé par la juxtaposition de motifs de cercles concentriques.

© M. Berti

  • 15 Schlumberger 1986, pl. 76 a-b et i ; 77 b ; 78 a, e et g ; 80 b et d.

25Les motifs circulaires se retrouvent aussi de manière plus classique dans les entrelacs. Un panneau complètement ajouré est orné d’un entrelacs très dense et régulier de cercles (fig. 14). À chaque intersection, un renflement de la surface indique si le cercle passe sur ou sous celui qu’il croise. De tels entrelacs sont très fréquents parmi les claustra de Qaṣr al-Ḥayr al-Gharbī15.

Figure 14. Décor géométrique formé d’un entrelacs régulier de cercles.

Figure 14. Décor géométrique formé d’un entrelacs régulier de cercles.

© M. Berti

Les panneaux à décors végétaux

26Les panneaux à décors végétaux sont les moins nombreux, avec seulement deux occurrences. Ils appartiennent au quatrième ensemble de stucs, trouvé dans l’angle nord-ouest de la cour orientale du bâtiment. Ils sont très influencés par les compositions de rinceaux de l’Antiquité tardive, mais incluent aussi quelques innovations.

27Le premier représente des rinceaux d’acanthe épurés et très stylisés, alternant des feuilles à quatre folioles vues de face et des feuilles de profil à trois ou quatre folioles (fig. 15).

Figure 15. Décor végétal avec des rinceaux d’acanthe très stylisés.

Figure 15. Décor végétal avec des rinceaux d’acanthe très stylisés.

© D. Genequand

  • 16 Hamilton 1959, ch. vii ; Schlumberger 1986, pl. 65 a-b.
  • 17 Kröger 1982, p. 201-202, Taf. 94.5.

28Le second est divisé en deux registres tout à fait distincts et compte trois fragments qui ne peuvent être replacés précisément (fig. 16). Le registre supérieur est composé de rinceaux végétaux dans lesquels alternent irrégulièrement des fleurs ou rosettes à six pétales ronds et des feuillages. Les feuilles sont représentées de face ou de profil, avec trois ou quatre folioles de chaque côté. Le registre inférieur comprend principalement une série de rameaux, voire d’arbres entiers. On distingue clairement un tronc, des branches et des feuillages. Les petites feuilles — de formes lancéolée, ovale ou elliptique — peuvent évoquer des feuilles d’olivier, mais peut-être aussi n’importe quel type de feuillage distinct des classiques feuilles de vigne ou d’acanthe. Sur le fragment isolé, on appréciera le mouvement donné au tronc, qui fait penser à un arbre poussé par le vent. Une grosse grappe de raisin apparaît sur un autre fragment isolé. Des grains circulaires sont juxtaposés et attachés à l’extrémité d’une tige. Ces fruits ne s’accordent pas du tout avec les feuillages représentés dans le registre inférieur et appartiennent plutôt aux rinceaux supérieurs, malgré une taille plus grande que celle des boucles conservées. Les rinceaux du registre supérieur sont dérivés de modèles de l’époque classique et trouvent de nombreux échos dans les décors en stuc omeyyades de Khirbat al-Mafjar et Qaṣr al-Ḥayr al-Gharbī16, mais aussi à la même époque dans les anciennes provinces sassanides en Iraq et Iran17. Il est plus difficile de trouver des comparaisons en stuc pour le registre inférieur, qui apparaît comme vraiment original.

Figure 16. Décor végétal avec des rinceaux dans le registre supérieur et des arbres dans le registre inférieur.

Figure 16. Décor végétal avec des rinceaux dans le registre supérieur et des arbres dans le registre inférieur.

© D. Genequand

Les panneaux à décors figurés

29Les panneaux à décors figurés, au nombre de trois, sont évidemment les plus spectaculaires. Ils appartiennent aux troisième et quatrième ensembles de stucs, trouvés dans les pièces de l’aile nord de la partie occidentale du bâtiment et dans l’angle nord-ouest de la cour orientale. Tous sont en bas relief, relevés par des incisions plus ou moins profondes faites à l’aide d’une pointe pour préciser certains détails.

Une scène de fauconnerie à cheval

30Ce panneau est partiellement ajouré. Il représente un cavalier sur sa monture et tenant un oiseau (fig. 17). Le groupe est tourné vers la gauche et encadré par des feuilles d’acanthe qui se développent plus fortement dans les angles supérieurs et un motif végétal sous le cheval. Ce dernier et l’oiseau sont représentés de profil, de même que la partie inférieure du cavalier, dont le torse et la tête sont en revanche vus de face.

Figure 17. Scène de fauconnerie à cheval

Figure 17. Scène de fauconnerie à cheval

© M. Berti

31La tête du cheval est tournée vers le bas, mais son œil est horizontal, comme si la tête était restée droite. Deux oreilles pointues occupent son sommet et une mèche de la crinière tombe sur le front. La bouche est caractérisée par un trait vertical à l’extrémité du museau. Hormis les éléments de harnachement, peu de détails apparaissent sur le poitrail, la croupe et le reste du corps du cheval. Il est toutefois doté d’une longue queue, qui pend presque jusqu’au sol. La position de l’animal, avec trois des pattes tendues, est celle de l’arrêt ; le mouvement de la jambe antérieure droite, fléchie au-dessus du sol, indique cependant qu’il vient de s’arrêter ou qu’il va se mettre en marche.

32Plusieurs éléments du harnachement du cheval sont représentés. On distingue très bien un mors sortant de la bouche du cheval ; il est attaché aux rênes qui font le tour de l’encolure et sont tenues par le cavalier. Au sommet de la tête, deux courroies passent respectivement sur le front (le frontal) et sur le haut de l’encolure derrière les oreilles (la têtière) et se rejoignent sous le cou, derrière la mandibule. Elles ne sont pas reliées au mors par une troisième courroie (les montants). La selle est aussi parfaitement visible et composée de deux parties : la selle à proprement parler, figurée par un élément arrondi et par un pommeau saillant, et une pièce de tissu de forme trapézoïdale, dont la surface est couverte d’incisions formant une sorte de quadrillage. Cette dernière correspond soit à une couverture classique, sur laquelle est posée la selle, soit à un élément accroché à sa bordure. Une sangle verticale permet de maintenir la selle. Le harnachement est complété par une courroie de poitrail et une croupière ornée de quatre pendeloques.

33Le cavalier, dont le torse, les bras et la tête sont proportionnellement trop grands par rapport à la partie inférieure de son corps et au cheval, tient l’oiseau dans sa main droite et les rênes du cheval dans la gauche. La jambe est légèrement fléchie, pour une position assise d’équitation. Les bras sont également fléchis ou carrément pliés et sont articulés sans rupture sur des épaules très arrondies.

34Le personnage porte un vêtement d’une pièce. Des lignes incisées forment sur le vêtement une sorte de quadrillage irrégulier représentant la texture ou les motifs d’un tissu. Il faut vraisemblablement voir une robe ou un manteau dans ce vêtement. Le bas de la jambe est caractérisé par une bande sans incisions, dont la surface est en léger retrait et indique l’existence d’un pantalon sous la robe ou le manteau.

35La main droite du personnage, tendue vers le haut, montre trois doigts repliés et l’index tendu. Les pattes de l’oiseau agrippent respectivement l’ensemble de la main et l’index. La main gauche, placée sous la poitrine, tient les rênes derrière l’encolure du cheval à l’aide de quatre doigts repliés et du pouce posé dessus.

36La tête du cavalier est vue de face. Le nez est représenté sans détail par une arête verticale dans le prolongement des arcades sourcilières. Les yeux, en forme d’amande, sont encadrés par les paupières. Il subsiste quelques traces de peinture noire qui soulignaient les paupières supérieures. La bouche est indiquée par une dépression épousant précisément la forme des lèvres et relevée de peinture rouge. Une série de petites incisions verticales entre le nez et la bouche indiquent une moustache prolongée latéralement au-delà de la commissure des lèvres par quelques incisions horizontales plus longues. Directement sous la bouche, quelques autres incisions verticales marquent une barbiche, alors qu’une barbe plus fournie est représentée par une zone hachurée d’incisions obliques couvrant tout le menton et une partie des joues. Des traces de peinture noire rehaussent cette barbe.

37Le personnage porte un couvre-chef pointu qui lui encadre également tout le visage et recouvre les oreilles et l’arrière du crâne. Cette coiffure a reçu le même traitement que le vêtement décrit plus haut. Il s’agit d’un bonnet ou, plus vraisemblablement, d’un type de casque souple recouvert du même tissu que le vêtement porté par le cavalier.

38L’oiseau est représenté la tête en bas, dans une position probablement due à la place disponible dans l’angle supérieur du panneau. Il a les ailes partiellement déployées au-dessus du corps. Une série de longues et profondes incisions incurvées donne l’impression des rémiges. Le corps de l’oiseau est caractérisé par un réseau d’incisions incurvées parallèles et perpendiculaires et sa queue est triangulaire. Les jambes et les pattes rejoignent la main droite du cavalier. La tête de l’oiseau présente un front bombé avec une sorte de caroncule descendant sur la base du bec, un œil presque rond avec une excroissance vers l’arrière et un bec droit à l’extrémité arrondie.

39Malgré quelques imprécisions et maladresses dans le rendu de l’oiseau — qui pourrait plutôt faire penser à un pigeon — la composition d’ensemble ne laisse guère de doute quant à l’identification d’un rapace utilisé en fauconnerie — faucon, épervier ou plus rarement aigle — et quant à l’interprétation du panneau comme une scène de chasse.

  • 18 Schlumberger 1946-1948 et 1986, pl. 34.
  • 19 Harper 1981, p. 40-98, passim. On remarquera toutefois que quelques scènes de fauconnerie à pied ou (...)
  • 20 Wilkinson 1986, p. 205-214.

40Les scènes de chasse ne sont pas rares dans l’art de l’Antiquité tardive et de l’Islam mais, dans une écrasante majorité des cas, elles impliquent des cavaliers chassant à l’aide d’un arc ou, plus rarement, d’une lance ou d’une épée. C’est le cas de l’une des peintures contemporaines de Qaṣr al-Ḥayr al-Gharbī18, mais aussi de très nombreuses représentations sassanides, qu’elles soient sur argenterie ou sculptées dans la pierre19. Une scène de fauconnerie à cheval existe toutefois sur une des peintures d’époque abbasside trouvée à Nishapur et datée de la fin du ixe ou du xe s.20 ; d’autres, nettement plus nombreuses, mais aussi plus tardives (à partir des xie et xiie s.), existent sur divers supports.

  • 21 Hamilton 1959, p. 228, pl. XXXVI 11 ; p. 230, pl. XXXVI 6-7 ; p. 237-239, pl. XXXVI 1–3, 7 ; Foote (...)
  • 22 Goldman 1999, p. 26-27 (A.3), 29-30 (A.12), 31-33 (A.13), 40-41 (C.2) et 45 (C.11) ; Callieri 2006 (...)

41L’habillement du cavalier de Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī est somme toute assez simple et, s’il ne trouve pas de parallèles directs, peut avoir des points de comparaison dans plusieurs autres représentations du début de l’époque islamique, par exemple dans les stucs de Khirbat al-Mafjar ou sur les plaques en ivoire de Ḥumayma (Jordanie)21. Le recours à des lignes incisées se croisant perpendiculairement ou obliquement pour suggérer la texture de pièces d’habillement ou de harnachement est également souvent attesté pour des graffitis un peu plus anciens, par exemple à Doura-Europos, ou sur des graffitis d’époque parthe tardive ou sassanide, à Persépolis22.

  • 23 Harper 1981, p. 40-98, passim ; Godard 1962, p. 201-243, passim ; Schlumberger 1986, pl. 34 ; Hamil (...)

42La conception du harnachement du cheval, bien que simplifié, est proche de celle que l’on observe sur d’autres représentations sassanides ou du début de l’époque islamique. En témoignent les très nombreuses scènes de chasse de l’argenterie sassanide, les reliefs rupestres à Bīshāpūr, Naqsh-i Rustam ou Ṭāq-i Bustān, la peinture avec scène de chasse de Qaṣr al-Ḥayr al-Gharbī et les chevaux en stuc de Khirbat al-Mafjar23.

  • 24 ʿAbd al-Ḥamīd b. Yaḥyā, Risāla ʿan Marwān ilā ibnihi ʿAbdallah ; Ghiṭrīf Ibn Qudāma al-Ghassānī, Ki (...)

43On remarquera enfin que, tant dans le domaine sassanide que dans le monde islamique, ce sont des monarques, des princes ou des personnages importants qui ont le rôle principal dans les scènes de chasse à cheval, scènes qui d’ailleurs relèvent généralement de l’iconographie princière. Il est donc parfaitement possible d’imaginer que le panneau de Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī puisse représenter un prince ou un calife omeyyade. La chasse a eu un rôle important parmi les activités de la vie de cour des Omeyyades. En témoignent les mentions de chasse dans la risāla de ʿAbd al-Ḥamīd b. Yaḥyā et surtout le plus ancien traité de fauconnerie connu, le Kitāb ḍawārī aṭ-ṭayr de Ghiṭrīf Ibn Qudāma al-Ghassānī, rédigé et compilé à Baghdad par un personnage d’origine syrienne qui fut maître de chasse des califes Hishām b. ʿAbd al-Malik — commanditaire de la plupart des constructions monumentales de Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī — et al-Walīd b. Yazīd24.

Une danseuse ou une courtisane

44Ce deuxième panneau à décors figurés est divisé en deux registres superposés de même surface : un registre supérieur figuré, qui n’est presque pas ajouré, et un registre inférieur géométrique et végétal fortement ajouré (fig. 18).

Figure 18. Danseuse ou courtisane dans un cadre architectural

Figure 18. Danseuse ou courtisane dans un cadre architectural

© M. Berti

45Le registre inférieur est caractérisé par des bandes horizontales et verticales formées d’une alternance de rectangles aux parois concaves et de petits triangles joints deux par deux par une de leurs pointes. Ce canevas défini des zones plus ou moins circulaires qui sont occupées par des motifs végétaux, des fleurs à quatre pétales trilobés.

46Le registre supérieur comprend une figure féminine apparaissant dans un cadre architectural. La figure est représentée à partir de la taille, en position frontale. Elle est nue et ses avant-bras sont ramenés sur la poitrine et le ventre. Le sein gauche de la femme est visible et l’autre est caché par sa main droite, dont tous les doigts sont représentés tendus. Lorsque les doigts sont bien conservés, les ongles sont distincts et portent des restes de peinture rouge. Deux bracelets ornent les bras du personnage, juste au-dessus des coudes et un élément circulaire se trouve autour de son cou, vraisemblablement un collier. Le visage est ovale et parfaitement symétrique. La bouche est faite d’une incision de forme convexe avec de légers renflements pour indiquer la forme des lèvres. Elle est également soulignée par de la peinture rouge. Le nez est vertical et rectangulaire, avec une arête centrale qui rejoint celles soulignant les arcades sourcilières. Les yeux, en forme d’amande, sont encadrés par des paupières fortement marquées et sont soulignés par des restes de peinture noire. Le front est complètement dégagé et la chevelure encadre une grande moitié du visage. Les cheveux, rassemblés en longues boucles, sont ramenés vers le sommet et l’arrière du crâne.

47La position des bras du personnage évoque l’exécution d’un mouvement de danse, activité qui est compatible avec sa nudité partielle et les bijoux accrochés à ses bras et son cou. Il faut logiquement voir dans ce panneau la représentation d’une danseuse ou d’une courtisane.

48Le cadre architectural dans lequel est inscrit le personnage est très particulier. Il s’agit d’une arcade comprenant un arc, qui est articulé sur des bras humains tenant des feuilles d’acanthe et reposant sur des colonnes. L’arc est en plein cintre et forme un demi-cercle outrepassé ; il porte un décor torsadé. L’arc est directement articulé sur les bras humains qui font office d’impostes. De chaque côté, un bracelet sert de sommier et assure la liaison entre le bas de l’arc et le coude du bras. Les avant-bras reposent sur des colonnes constituées de fûts torsadés et de chapiteaux corinthiens. Les avant-bras sont couverts par une manche de vêtement qui porte le même motif de lignes obliques que les habits des personnages masculins. Les deux bras sont terminés par une main tenant un manchon circulaire de forme évasée, lisse sur sa partie inférieure et cannelé sur sa partie supérieure, et terminé par une collerette. Une feuille d’acanthe à cinq folioles est fichée dans chacun des manchons et occupe toute la surface des angles supérieurs du panneau. Des traces de peinture rouge sont encore présentes dans les cannelures des manchons et dans les creux des folioles. Ces manchons évoquent fortement les caulicoles cannelés précédant les calices et volutes des chapiteaux corinthiens du début de l’époque romaine, dont quelques beaux exemples ont toujours été visibles à Palmyre.

  • 25 Ce qui rappelle les parapets en stuc des portiques et galeries de Qaṣr al-Ḥayr al-Gharbī et Khirbat (...)

49Au premier abord, les deux registres semblent complètement indépendants, mais le registre inférieur pourrait aussi être compris en termes d’architecture et interprété comme un parapet derrière lequel se tient la danseuse ou la courtisane. Cette dernière se trouverait alors à sa fenêtre, sur un petit balcon ou dans la galerie d’un portique25.

  • 26 Foote 1999, p. 425-426, fig. 5-6.
  • 27 Humbert 1997.
  • 28 Schlumberger 1986, pl. 68 d-e.
  • 29 Hamilton 1959, p. 228-236, pl. XXXV 3 et LV 1.
  • 30 Hamilton 1959, p. 95, fig. 50 ; p. 98, fig. 52 ; p. 172, pl. XLI 2, pl. CVII.
  • 31 Kröger 1982, p. 78-80, Abb. 37-40 ; p. 191, Abb. 120, Taf. 78.2.

50Si l’on excepte le registre inférieur, dont les éléments constitutifs trouvent facilement des parallèles dans les décors en stuc sassanides ou dans ceux de Qaṣr al-Ḥayr al-Gharbī et Khirbat al-Mafjar, ce panneau présente deux motifs principaux qui ont été combinés : une figure féminine et une arcade. Le second est un motif récurrent de l’art de l’Antiquité tardive et de l’époque omeyyade qui peut prendre des formes variées, comme en témoignent les arcatures de Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī décrites plus haut. Les arcades habitées sont également fréquentes sur tous types de supports aux débuts de l’Islam, par exemple sur les ivoires de Ḥumayma26, sur le brasero de Mafraq/al-Faddayn27 ou en stuc sur les façades des monuments de Qaṣr al‑Ḥayr al-Gharbī28 et Khirbat al-Mafjar29. Ce qui est très rare, en revanche, c’est la manière dont l’arcade a été conçue en associant des éléments architecturaux (colonnes couronnées de chapiteaux et arc torsadé), humains (coude, avant-bras, main) et végétaux (caulicoles et feuilles d’acanthe) dans une composition qui ne trouve des parallèles que dans le bain de Khirbat al-Mafjar30, mais pourrait être un lointain écho des tores d’archivoltes des īwān-s sassanides qui se terminent en draperies nouées31.

  • 32 Vibert-Guigue & Bisheh 2007.
  • 33 Hamilton 1959, p. 233-236, pl. XXXV 3 et LVI 6-9.
  • 34 Schlumberger 1986, pl. 64 c, 65 c, 67 b-c.

51L’art omeyyade a quant à lui produit un nombre important de figures féminines plus ou moins dénudées, que ce soit sur les peintures de Quṣayr ʿAmra32 ou parmi les stucs de Khirbat al-Mafjar33 et Qaṣr al-Ḥayr al-Gharbī34. Ce sont des figures souvent associées à la danse ou au service, voire à l’activité sexuelle, qui font partie de la vie de cour des Omeyyades : danseuses, servantes et courtisanes.

Un personnage debout et tenant une épée (le « calife debout »)

52Le troisième panneau à décors figurés est partiellement ajouré. Il représente un homme en pied en position frontale, autour duquel sont organisés des motifs végétaux (fig. 19).

Figure 19. Personnage debout en position frontale et tenant une épée

Figure 19. Personnage debout en position frontale et tenant une épée

© D. Genequand

53L’homme est représenté debout en position frontale, les pieds tournés dans des directions opposées. Il a les bras repliés sur sa poitrine et tient une épée devant lui. Il porte un vêtement — robe ou manteau — de forme ample et évasée vers le bas et qui descend jusqu’aux chevilles. L’ensemble de cet habit a été couvert d’incisions plus ou moins perpendiculaires pour signifier sa texture ou son motif. La partie inférieure présente aussi des ondulations qui indiquent les plis du vêtement. Sur chaque cheville, le bas d’un pantalon est discernable entre la chaussure et la robe.

54On peut penser que les mains sont posées sur la poignée ou le pommeau de l’épée. La poignée présente, en effet, trois bourrelets partiellement conservés qui peuvent être soit la poignée elle-même, soit les doigts repliés de la main gauche du personnage. Dans tous les cas, la main droite est au-dessus et repose soit directement sur le pommeau, soit sur la main gauche. Une partie de la garde de l’épée est visible et la lame paraît être dans un fourreau, ainsi qu’en témoignent les deux rainures peu profondes qui ornent ses côtés et dans lesquelles quelques traces de pigment rougeâtre subsistent.

  • 35 Sur l’association de ces fragments, voir Genequand 2017, p. 165-167.

55Il y a de nombreuses lacunes dans et autour de la tête du personnage et seuls des fragments détériorés de son visage ont été trouvés. Ce dernier a une forme ovale. Une incision horizontale marque la bouche. Une petite partie de la naissance du nez relié à une arête d’arcade sourcilière, ainsi que l’œil gauche, en forme d’amande et entouré des paupières, sont conservés. Directement sous la bouche, une toute petite barbiche verticale est spécifiée par quelques courtes incisions. Une barbe fournie couvre en revanche tout le menton et une partie des joues. Malgré l’absence de collage entre les différents fragments, il est probable qu’un fragment d’un angle supérieur de panneau, avec une partie d’une longue chevelure, appartient à ce personnage35.

  • 36 Schlumberger 1986, p. 15, pl. 64 a.
  • 37 Hamilton 1959, p. 228-232, pl. LV 1 et 5.

56La sculpture en stuc d’époque omeyyade a fourni deux fameuses représentations frontales de personnages, l’un assis à Qaṣr al-Ḥayr al-Gharbī et l’autre en pied à Khirbat al-Mafjar. Toutes deux sont en ronde bosse, approchent la grandeur nature et sont censées représenter un calife. La sculpture de Qaṣr al-Ḥayr al-Gharbī est assez endommagée et représente un calife assis de face, dans une position clairement réminiscente de celle des monarques sassanides sur les scènes de trône36. Il est vêtu à la mode persane. Le calife en pied de Khirbat al-Mafjar est plus révélateur et provient de la façade du bain37. Il porte, sur des pantalons bouffants, une longue robe aux pans décorés de galons de perles et serrée à la taille par une ceinture. Il tient devant lui, dans sa main gauche, la poignée d’une épée partiellement sortie de son fourreau. Le haut du corps n’est pas connu, à l’exception de sa tête caractérisée par une longue barbe et une moustache. Le traitement en ronde bosse et le style ne sont évidemment pas les mêmes que sur le panneau de Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī, mais la forme et la position du personnage sont très proches : position frontale, robe évasée allant presque jusqu’aux pieds, épée devant le corps.

  • 38 Foss 2008, p. 66-81 ; Heidemann 2010, p. 175-176, fig. 21-24.

57Des représentations similaires d’un calife en pied existent sur les monnaies du type dit « au calife debout », qui marque la première étape de la réforme monétaire de ʿAbd al-Malik38. Pour autant qu’on puisse juger des détails, le calife apparaît toujours comme un homme barbu aux longs cheveux, portant une robe descendant jusqu’aux pieds ou aux chevilles et tenant dans ses mains une épée au fourreau relativement large.

  • 39 Harper 1981, p. 99-122, fig. 25-27 et 43, pl. 19 et 33-36.

58Il faut ajouter que la représentation d’un personnage debout ou assis en position frontale et tenant une épée droite devant lui avec une ou deux mains est relativement fréquente sur les scènes de trône des monarques sassanides, que ce soit sur l’argenterie ou les reliefs rupestres39.

59Ces représentations antérieures et les parallèles contemporains représentant des califes renforcent l’idée que le personnage debout avec une épée du panneau de Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī est un calife, probablement comme celui de la scène de fauconnerie.

Datation des stucs

60Une datation omeyyade, vraisemblablement dans la première moitié du viiie s., a été affirmée ou sous-entendue tout au long de la description des sculptures en stuc du bâtiment E. La raison principale en est la stratigraphie mise en évidence par la fouille et présentée brièvement en début d’article. En effet, hormis une pièce à côté de l’entrée qui a fait l’objet d’une petite réoccupation dans le courant du ixe s., le bâtiment a été définitivement abandonné vers le milieu ou durant la seconde moitié du viiie s., puis est tombé en ruine.

  • 40 Grabar et al. 1978, p. 67-68, 175-178 ; fig. 132-133, 135, 139-142 et App. 1-18.
  • 41 Daiber & Becker 2004, chap. ix-xv ; Haase 2007 sur l’évolution stylistique des décors en stuc d’épo (...)

61Les panneaux à motifs géométriques trouvent des parallèles parmi les stucs de la première moitié du viiie s., mais ont surtout de fortes affinités avec les décors antérieurs de l’époque sassanide, ce qui ne plaide pas pour une datation au début de l’époque abbasside. La comparaison avec les décors trouvés par la mission américaine dans l’une des maisons (secteur VI) de la grande enceinte de Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī est révélatrice à cet égard. Ils sont considérés comme légèrement antérieurs à ceux de Raqqa, qui remontent au règne de Hārūn al-Rashīd (786-809), et sont datés du dernier tiers du viiie s. ou peut-être plus précisément des années 760-78040. Trouvés sur le même site et sculptés dans un style radicalement différent — un style très proche de celui des stucs des palais de Hārūn al-Rashīd et de sa cour à Raqqa41 — ils ne peuvent que conforter une datation des stucs du bâtiment E dans la première moitié du viiie s.

Conclusion

62La mise au jour d’un ensemble de décors en stuc sculpté dans le bâtiment E de Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī constitue sans aucun doute une découverte importante, aussi bien pour la connaissance de ce site califal majeur des débuts de l’Islam en Syrie, que pour l’histoire de l’art islamique en général et son évolution durant une période charnière.

63Cet ensemble de décors sculptés en stuc est d’inspiration plutôt orientale et trouve de bons parallèles, tant stylistiques que techniques, dans le monde mésopotamien et persan d’époque parthe et surtout sassanide puis islamique. Cet aspect oriental, qui transparaît également dans le choix des motifs géométriques et leur répétition, dans l’habillement des personnages et dans une partie du travail de sculpture en bas relief, rattache cet ensemble et le site où il a été trouvé au domaine culturel de la Mésopotamie (Jazīra et Iraq), par opposition au domaine syro-palestinien. Ce dernier est représenté en particulier par les stucs de Khirbat al-Mafjar et Qaṣr al-Ḥayr al-Gharbī, où prédominent le haut-relief et la ronde-bosse et où les influences de la tradition romano-byzantine se font beaucoup plus sentir.

La mission syro-suisse de Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī était dirigée par l’auteur de ces lignes et W. al-Asʿad, directeur du bureau de Palmyre de la Direction Générale des Antiquités et Musées de Syrie (DGAM). La mission a bénéficié du soutien financier de la Fondation Suisse-Liechtenstein pour la Recherche Archéologique à l’Étranger (SLSA, Zürich) de 2002 à 2011, ainsi que de la DGAM. Que ces deux institutions trouvent ici l’expression de mes remerciements, ainsi que le Dr B. Jamous et le Dr M. al-Maqdissi, qui étaient alors respectivement Directeur général et Directeur du Service des fouilles de la DGAM. Mes remerciements vont aussi à M. Berti qui a très activement participé au remontage des panneaux de stuc sur le terrain et a assuré le traitement informatique de toutes les illustrations, ainsi qu’à E. Allaoua, E. Dantec, M. Dupuis, A. Guillou et M. Haldemann qui ont conduit la fouille des secteurs du bâtiment E où ont été trouvés les décors entre 2007 et 2011.

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Bibliographie

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Qasr Kharana in the Transjordan, Durham, ASOR.

Vibert-Guigue (C.) & Bisheh (G.) 2007
Les peintures de Qusayr ʿAmra. Un bain omeyyade dans la bâdiya jordanienne (BAH 179), Beyrouth, Ifpo.

Wilkinson (C. K.) 1986
Nishapur. Some Early Islamic Buildings and Their Decoration, New York, Metropolitan Museum of Art.

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Notes

1 Deux articles ont déjà été consacrés à ces trouvailles : Genequand 2011 et 2017.

2 Genequand 2012.

3 Grabar et al. 1978.

4 Genequand 2008, p. 270-273 ; Genequand 2012, p. 152-159.

5 Genequand 2008 et 2012 ; des rapports de fouilles détaillés ont été également été publiés après chaque campagne dans SLSA-Jahresbericht entre 2002 et 2011.

6 Sur la grande variété de plans et de tailles des résidences de l’aristocratie omeyyade, voir Genequand 2006.

7 Genequand 2017, p. 168-171.

8 Urice 1987, p. 76-77.

9 Schlumberger 1986, p. 16, pl. 43, 74-80.

10 Il était prévu d’effectuer ces analyses après la dernière campagne de fouille dans le bâtiment E, une fois tous les décors en stucs rassemblés. La guerre civile en cours en Syrie depuis l’été 2011 n’a permis ni d’achever la fouille ni de retourner sur place.

11 Gabriel 1927, p. 307, fig. 11, et Grabar et al. 1978, p. 21-22 et fig. 38, y restituent une rangée d’acanthes.

12 Stucs du palais parthe d’Assur exposés au Pergamon Museum, Berlin ; Kröger 1982, p. 102-103, no 139, Abb. 57, Taf. 43.2.

13 Kröger 1982, p. 16, no 2, Taf. 3.1 ; p. 61-62, no 61, Abb. 28c, Taf. 18.7 ; p. 156–157, no 246-247, Abb. 89-90, Taf. 65.1-2 ; p. 202-203, Abb. 132, Taf. 96.6.

14 Schlumberger 1986, pl. 74 b ; 76 b, g-h ; 77 c ; 78 g ; 79 b ; 80 a-c ; Hamilton 1959, p. 255, fig 201 ; p. 283, fig. 238.

15 Schlumberger 1986, pl. 76 a-b et i ; 77 b ; 78 a, e et g ; 80 b et d.

16 Hamilton 1959, ch. vii ; Schlumberger 1986, pl. 65 a-b.

17 Kröger 1982, p. 201-202, Taf. 94.5.

18 Schlumberger 1946-1948 et 1986, pl. 34.

19 Harper 1981, p. 40-98, passim. On remarquera toutefois que quelques scènes de fauconnerie à pied ou à cheval sont attestées dès le IIe et le Ier millénaire av. J.-C. en Anatolie et en Mésopotamie, ainsi qu’à l’époque romaine en Italie et en Gaule et à l’époque protobyzantine sur des mosaïques de Grèce (Argos), d’Afrique du Nord (Carthage, Tabarqa) et du Proche-Orient (Mādabā).

20 Wilkinson 1986, p. 205-214.

21 Hamilton 1959, p. 228, pl. XXXVI 11 ; p. 230, pl. XXXVI 6-7 ; p. 237-239, pl. XXXVI 1–3, 7 ; Foote 1999, p. 425-427, fig. 5-7. Ces comparaisons sont développées et discutées en détail dans Genequand 2011 et 2017 ; sur le casque souple voir aussi Wilkinson 1986, p. 209, fig. 2.42.

22 Goldman 1999, p. 26-27 (A.3), 29-30 (A.12), 31-33 (A.13), 40-41 (C.2) et 45 (C.11) ; Callieri 2006 (graffiti 2-6).

23 Harper 1981, p. 40-98, passim ; Godard 1962, p. 201-243, passim ; Schlumberger 1986, pl. 34 ; Hamilton 1959, p. 237-239, pl. XXXVI 1-5.

24 ʿAbd al-Ḥamīd b. Yaḥyā, Risāla ʿan Marwān ilā ibnihi ʿAbdallah ; Ghiṭrīf Ibn Qudāma al-Ghassānī, Kitāb ḍawārī aṭ-ṭayr.

25 Ce qui rappelle les parapets en stuc des portiques et galeries de Qaṣr al-Ḥayr al-Gharbī et Khirbat al-Mafjar : Schlumberger 1986, p. 15-16, pl. 68-69bis ; Hamilton 1959, p. 21-22, 27-28, 242-281, pl. CI et CII.

26 Foote 1999, p. 425-426, fig. 5-6.

27 Humbert 1997.

28 Schlumberger 1986, pl. 68 d-e.

29 Hamilton 1959, p. 228-236, pl. XXXV 3 et LV 1.

30 Hamilton 1959, p. 95, fig. 50 ; p. 98, fig. 52 ; p. 172, pl. XLI 2, pl. CVII.

31 Kröger 1982, p. 78-80, Abb. 37-40 ; p. 191, Abb. 120, Taf. 78.2.

32 Vibert-Guigue & Bisheh 2007.

33 Hamilton 1959, p. 233-236, pl. XXXV 3 et LVI 6-9.

34 Schlumberger 1986, pl. 64 c, 65 c, 67 b-c.

35 Sur l’association de ces fragments, voir Genequand 2017, p. 165-167.

36 Schlumberger 1986, p. 15, pl. 64 a.

37 Hamilton 1959, p. 228-232, pl. LV 1 et 5.

38 Foss 2008, p. 66-81 ; Heidemann 2010, p. 175-176, fig. 21-24.

39 Harper 1981, p. 99-122, fig. 25-27 et 43, pl. 19 et 33-36.

40 Grabar et al. 1978, p. 67-68, 175-178 ; fig. 132-133, 135, 139-142 et App. 1-18.

41 Daiber & Becker 2004, chap. ix-xv ; Haase 2007 sur l’évolution stylistique des décors en stuc d’époque abbasside dans le nord de la Syrie.

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Table des illustrations

Titre Figure 1. Plan de la zone nord de Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī
Crédits © S. Reynard, M. Berti et D. Genequand
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Titre Figure 2. Plan du bâtiment E
Crédits © M. Berti
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Titre Figure 3. Vue du bâtiment E depuis le sud
Crédits © D. Genequand
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Titre Figure 4. Vue de l’aile nord de la partie occidentale du bâtiment E
Crédits © D. Genequand
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Titre Figure 5. Médaillon rectangulaire à décors d’entrelacs et de petite croix ou fleurs à quatre pétales
Crédits © M. Berti
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Titre Figure 6. Demi-colonne engagée bordée de denticules triangulaires (motif en dents-de-scie)
Crédits © D. Genequand
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Titre Figure 7. Vue des arcades ou fenêtres effondrées devant la façade de l’aile nord de la partie occidentale du bâtiment E
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Titre Figure 8. Arcade ou cadre de fenêtre
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Titre Figure 9. Arcade du sommet de l’une des tours flanquant la porte du palais de Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī
Crédits © D. Genequand
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Titre Figure 10. Décor géométrique répétitif suggérant un motif floral
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Titre Figure 11. Décor géométrique formé d’un canevas de lignes obliques dans lequel sont inscrits des losanges aux parois incurvées
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Titre Figure 12. Décor géométrique formé d’une alternance de zones de forme rhombique ornées de motifs de losanges ou de rectangles aux parois concaves ; noter que le bord droit du cadre porte encore les restes d’un bourrelet d’accrochage en mortier qui servit à fixer le panneau en retrait du parement dans une embrasure
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Titre Figure 13. Décor géométrique formé par la juxtaposition de motifs de cercles concentriques.
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Titre Figure 14. Décor géométrique formé d’un entrelacs régulier de cercles.
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Titre Figure 15. Décor végétal avec des rinceaux d’acanthe très stylisés.
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Titre Figure 16. Décor végétal avec des rinceaux dans le registre supérieur et des arbres dans le registre inférieur.
Crédits © D. Genequand
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Titre Figure 17. Scène de fauconnerie à cheval
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Titre Figure 18. Danseuse ou courtisane dans un cadre architectural
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Titre Figure 19. Personnage debout en position frontale et tenant une épée
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Pour citer cet article

Référence papier

Denis Genequand, « Décors en stuc d’époque omeyyade à Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī (Syrie) », Syria, HS V | 2019, 367-384.

Référence électronique

Denis Genequand, « Décors en stuc d’époque omeyyade à Qaṣr al-Ḥayr al-Sharqī (Syrie) », Syria [En ligne], HS V | 2019, mis en ligne le 07 mai 2024, consulté le 11 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/syria/16898 ; DOI : https://doi.org/10.4000/12cjl

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