Navigation – Plan du site

AccueilNuméros48Éditorial

Texte intégral

1Avec ce numéro 48, le second de l’année 2019, qui paraît avec un retard dû aux circonstances exceptionnelles que la France et le monde vivent en ce moment, la revue Technè fête ses 25 années d’existence au service de la valorisation de la recherche sur le patrimoine matériel et sa conservation pour les générations futures. C’est aussi le 2e numéro qui paraît selon la nouvelle formule inaugurée depuis la reprise éditoriale complète par le C2RMF en 2018. On y trouvera un très beau dossier consacré aux Couleurs de l’Antique, qui rassemble l’essentiel des contributions scientifiques à la 8e table ronde sur la polychromie antique organisée par le C2RMF en novembre 2016, suivi de deux articles de Varia sur des thèmes apparentés. Ce numéro est donc une véritable ode à la couleur, celle qui « enlumine », depuis l’Antiquité, l’architecture, la sculpture – qu’elle soit en pierre, stuc, bois, terre cuite et même, plus insolite pour certains, en bronze –, les objets cultuels ou d’usage quotidien, et le mobilier. Si la couleur, on le sait, est au cœur de la revue Technè depuis sa création, trois dossiers ont déjà été consacrés plus spécifiquement à la couleur « en trois dimensions » (n° 36, 39 et 40). Le présent numéro vient mettre un point d’orgue à cette série, sans l’interrompre, car la recherche sur les traces souvent ténues, voire invisibles à l’œil nu, de ces couleurs fréquemment lavées, raclées, grattées, recouvertes, continue et nous livrera d’autres découvertes.

2Ce numéro est aussi le dernier, à notre grand regret, qu’aura préparé avec autant de science que de soin notre collègue Brigitte Bourgeois, rédactrice en chef de la revue depuis 2011, qui quitte le C2RMF cet été pour une retraite bien méritée. C’est l’occasion ici de rendre hommage à celle qui a dirigé la rédaction de la revue avec rigueur, méthode, enthousiasme, persévérance et courage également lorsqu’il a fallu reprendre en pleine charge l’édition et la fabrication de la revue, et franchir le cap de la publication numérique.

3On peut dire que la carrière de Brigitte Bourgeois illustre parfaitement les centres d’intérêt de la revue et qu’elle incarne à elle seule les vertus de l’interdisciplinarité que Technè promeut avec force : en effet, docteur en histoire grecque, titulaire d’une habilitation à diriger les recherches, elle est aussi restauratrice diplômée de l’IFROA en arts du feu. Elle passe en 1987 le concours de conservateur du patrimoine en archéologie grecque et romaine, major de sa promotion, puis devient responsable de la filière Archéologie au service de restauration des musées de France ; elle sera notamment chargée d’organiser les nouveaux ateliers de restauration des objets archéologiques du pavillon de Flore.

4Mais Brigitte Bourgeois est avant tout chercheur, passionnée par la matière et le devenir de l’art grec, de l’Antiquité à l’époque moderne : Scholar au Getty Research Institute, puis pensionnaire à l’INHA, elle a aussi été membre de l’équipe doctorale de l’École du Louvre. Promouvant l’utilisation du vidéo-microscope pour traquer à la surface des œuvres, notamment des marbres antiques, les traces les plus infimes de polychromie ou d’anciens traitements, elle engage dès les années 2000 un programme de recherche sur la polychromie des marbres de Délos avec Philippe Jockey et l’École française d’Athènes. Avec Violaine Jeammet, conservatrice générale au département des Antiquités grecques et romaines du musée du Louvre, elle porte le même regard acéré aux figurines en terre cuite polychromes, appuyé par les travaux d’analyse de la matière picturale menés par la regrettée Sandrine Pagès-Camagna, puis par Yannick Vandenberghe, physico-chimistes au C2RMF. D’autres recherches se poursuivent sur les figurines du musée national archéologique d’Athènes, à nouveau avec le soutien de l’École française d’Athènes. Enfin, elle est l’auteur de nombreuses conférences et publications sur l’histoire de la restauration des antiques et sur la polychromie de la sculpture grecque, qui font référence.

5On doit aussi à Brigitte Bourgeois d’avoir organisé sa succession avec une nouvelle et dynamique équipe de rédaction. Le flambeau est donc passé entre de bonnes mains et nous comptons bien que, dans sa retraite qu’on imagine studieuse, Brigitte poursuivra ses contributions scientifiques et soufflera discrètement sur la flamme pour l’entretenir et soutenir ses collègues.

Haut de page

Pour citer cet article

Référence papier

Isabelle Pallot-Frossard, « Éditorial », Technè, 48 | 2019, 3.

Référence électronique

Isabelle Pallot-Frossard, « Éditorial », Technè [En ligne], 48 | 2019, mis en ligne le 01 juillet 2021, consulté le 13 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/techne/1688 ; DOI : https://doi.org/10.4000/techne.1688

Haut de page

Auteur

Isabelle Pallot-Frossard

Conservateur général du patrimoine, directeur du Centre de recherche et de restauration des musées de France (isabelle.pallot-frossard[at]culture.gouv.fr).

Articles du même auteur

Haut de page

Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search